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- Par Mark Sommer,
news staff reporter
- Derek Gee/Buffalo News,
30 janvier 2005
- [Texte
intégral]
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- L'église de scientologie s'est installée dans un immeuble rénové
de la rue principale de Buffalo [grande ville à la pointe Est du lac Erie, au
nord-est de New York], et elle a déclaré que la ville était la base nord-est
des USA de leur foi.
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- Jeremy Perkins ne voulait pas prendre ses vitamines.
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Il lui arrivait de prendre la douzaine de comprimés vitaminiques
dont sa mère Elli croyait qu'ils feraient disparaître ses illusions et ses voix
intérieures. Mais pas ce jour-là. C'était un matin froid de mars 2003 dans la maison blanche
qu'occupait la famille Perkins dans une rue passante de Amherst.
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- Jeremy tira la
chasse d'eau. "Je ne voulais pas les prendre, car je me sens toujours mieux
quand je ne les prends pas, expliqua Jeremy, 28 ans, à la police de Amherst. Je
lui ai dit que je n'en voulais pas aujourd'hui. Perkins n'aimait pas non plus que sa mère lui dise de prendre
une douche. Il lui obéit, mais quand il eut fini, il s'entailla aux poignets
avec un couteau de cuisine. "Je ne tenais pas à mourir, expliqua-t'il, alors, j'ai décidé
que c'est Maman qui devrait mourir. Jeremy Perkins était membre de l'église de
scientologie.
-
- Les croyances de l'église en une illumination spirituelle et en
l'amélioratrion de soi sont basées sur les enseignements philosophiques et
psychologiques de feu le fondateur de la scientologie, L. Ron Hubbard, écrivain
de science-fiction.
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- Puisque Jeremy et sa Maman croyaient en la position scientologue
stricte d'opposition à la psychiatrie, il ne prenait pas les médicaments dont
les professionels expliquent qu'ils auraient pu le guérir de sa maladie - et
sauver la vie de sa mère.
-
- L'opinion anti-psychiatrique scientologique est l'une des causes
pour lesquelles l'organisation continue à être mondialement source de
controverse et bien souvent, source de condamnations. Elle dit avoir 8 millions
de membres dans le monde dans 154 pays, comprenant environ 500 membres à l'Ouest
de l'état de New York.
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- L'église a du crédit pour ses enseignements anti-drogues et
pro-alphabétisation. Mais les gouvernements l'ont critiquée, les anciens membres
et les experts sectologues disent que l'église est une secte autoritariste, une
machine à pèze qui peut ruiner la vie des gens.
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- En novembre 2003, la branche de la scientologie à Buffalo a
déménagé dans un batiment rénové du XIXe siècle. Du fait des controverses
généralisées et de sa présence régionale augmentée, le Buffalo News a examiné
les pratiques de l'église, ses procès, et a interviewé plus de 60 personnes y
compris des sciento- logues, des avocats, d'anciens membres devenus des critiques
du mouvement, des professionels de la médecine, des officiels d'ici et du comté,
et les cibles des procès scientologues.
-
- Parmi les critiques, voici ce qu'a découvert le
journal:
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- La scientologie peut déchirer les familles
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- L'église de Buffalo
exerce des pressions envers certains de ses membres pour qu'ils rompent les
contacts avec ceux qu'ils aiment s'ils sont critiques de la
scientologie.
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- Elle se sert de pratiques trompeuses
-
- Certaines des méthodes de
recrutement de l'église à Buffalo, telles le "test de personnalité gratuit",
manquent de crédibilité professionnelle.
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- L'église tente d'obtenir un légitimité au moyen d'alliances avec
des gouvernements
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- L'église de Buffalo a courtisé les officiels de Buffalo et du
Comté pour tenter d'échapper à sa répu- tation de secte.
-
- Le maire Anthony M.
Masiello les a obligés en déclarant un "Jour Eglise de scientologie de Buffalo";
des cadres de la prison du Comté se sont joints à ceux de l'église pour essayer
d'obtenir la mise en place d'un programme de l'église supposé lutter contre les
drogues au Centre Pénitentiaire d'Erie.
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-
- Elle pratique harcèlement et intimidation
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- L'église de
scientologie s'est servie de poursuites judiciaires pour faire taire les
critiques et d'enquêteurs privés pour les espionner.
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- La poursuite spirituelle coûte cher
-
- Progresser spirituellement
dans l'église de scientologie peut revenir à des centaines de milliers
d'euros.
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- Opposition
à la psychiatrie
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- Et, comme nous l'avons vu avec ce qui s'est passé dans la
famille Perkins, l'église de Buffalo s'oppose à la psychiatrie - les
scientologues désignent l'église par les termes "L'org de Buffalo" - org
signifiant ici Organisation.
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- L'obéissance d'Elli Perkins à cette opposition lui a coûté la
vie
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- "Elli était certaine qu'il ne faille pas permettre les
médicaments à usage psychiatrique", explique Dawn Pastva de Kenmore, amie de la
famille depuis longtemps. "Elle expliquait que c'était opposé à tous les
fondements [de la scientologie], et que la psychiatrie, c'était l'équivalent du
démon."
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- Le matin de l'anniversaire de feu L. Ron Hubbard, le 13 mars
2003, Jeremy Perkins entra dans la cuisine, saisit un couteau de 30 centimères,
et le cacha dans son dos.
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- Dans son état délirant, il craignait que ses parents l'envoient
cet après-midi-là vivre pendant un certain temps chez quelqu'un du Southern
Tier. Il pensait que sa mère voulait le rendre plus malade au moyen
des vitamines. Et il pensait que sa mère avait un mauvais
oeil. Elli Perkins, scientologue depuis plus de 30 ans, parlait au
téléphone lorsque Jeremy la poussa dans sa chambre. Il la frappa 77 fois.
-
- Il fut arrèté le matin même et mis en détention. Un grand jury
l'inculpa trois mois plus tard pour meurtre au second degré et usage
d'armes.
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- Rejeter la psychiatrie
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- La position anti-psychiatrique de la scientologie remonte au
rejet de l'établissement médical, rejet mis en place dès 1950 dans le livre
d'Hubbard, la Dianétique Science Moderne de la santé mentale (réintitulé en
France pour raisons "légales" Dianétique, la Puissance de l'esprit sur le
corps.)
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- Peu après sa publication, le psychologue Rollo May écrivait dans
le New York Times "Des livres de cet genre font du tort à cause de leurs
promesses grandioses faites à des personnes perturbées, et en raison de leur
hyper-simplification des problèmes psychologiques de l'être
humain."
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- Hubbard croyait que la psychiatrie se composait de "criminels
psychotiques" et il était convaincu que la psychiatrie était derrière les
critiques de la scientologie. Ce point de vue n'a pas changé chez les chefs de
l'église. "La psychiatrie nous attaque parce qu'elle sait que notre
technologie marche, explique Teresa Reger d'Aurora Est, présidente de
scientologie Buffalo."Ils font des milliards de dollars en droguant les gens, en
leur filant des électrochocs; fondamentalement, ils les blesssent et les
estropient."
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- L'opposition à la psychiatrie s'étend à la naissante
bioinformatique du Campus de Niagara, à quelques enca- blures de
l'église. "Je crois [que la bioinformatique] est horrible, explique Madame
Reger: la drogue est la chute de l'Amérique, et c'est ce que ça
représente."
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- Ces opinions dominaient lors de l'exposition graphique tenue au
Langston Hughes Institute en septembre, et lors d'une seconde exhibition apparue
récemment au County Hall, toutes deux élaborées par une façade de la
scientologie. Elles avertissaient : "des millions d'enfants reçoivent des
drogues semblables à la cocaïne pour des difficultés scolaires ou de
comportement."
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- "La maladie mentale n'existe pas, exactement comme Dieu n'existe
pas selon moi, explique Thomas Szasz, psychiatre de Syracuse souvent utilisé par
la scientologie. "Le public a besoin de ça pour exister, parce que ça lui donne
une voie facile pour traîter ces choses."
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- La famille Perkins pratiquait la scientologie avec dévotion et
campait sur ses opinions anti-psychiatriques. Donald Perkins, le père de Jeremy, fut membre de l'église de
Buffalo dans les années 70. Elli était une scientologue avancée, "auditrice" de
niveau supérieur (un genre de conseil psychologique) et elle travaillait à temps
partiel pour l'org; elle devait bientôt y travailler à temps
complet.
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- Danielle Carlson, soeur ainée de Jeremy, est également auditrice
scientologue avancée, son mari Jeffrey étant le directeur exécutif de l'org de
Buffalo. Les membres de la famille ont refusé qu'on les questionne pour
ce récit.
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- Teresa Reger, la directrice, ne croit pas qu'on doive montrer la
scientologie du doigt sous prétexte qu'elle rejette la
psychiatrie. "La seule chose que fasse notre religion, c'est de tenter
d'amener les gens à être ensemble. Nous espérons que les gens ne prennent pas de
drogues, qu'ils réparent leurs mariages, et nous enseignons aux enfants à lire,"
explique Reger.
- La Vie de Jeremy
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- Jeremy Perkins était amical et facile, de nature timide. Il
avait des goûts pour l'art, comme Elli, qui peignait sur verre des scènes
champètres.
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- Perkins avait eu des difficultés à l'école, et il redoubla. Plus
tard, il quitta le lycée de Williamsville North.Il aimait jouer de la batterie, parfois avec un groupe d'amis.
Perkins commença à travailler dans l'affaire de son père Donald
et ça marcha bien jusqu'à l'été 2002, d'après un avocat de la défense. Ses
résultats déclinèrent, faisant de lui un risque pour sa propre sécurité, si bien
que son père le congédia. Ce qui troubla le plus son père, c'est qu'il répondait
mal aux questions.
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- Vers cette époque, la police l'arrêta après une échauffourée au
Campus de l'université de Buffalo. Il expliqua sa présence : "il y a des voix
qui me disent de trouver Diana, la princesse romaine, dans le parking de
l'école."
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- Ron Epstein, ami proche et voisin, expliqua qu'on avait fait
passer Jeremy dans trois hôpitaux pour une évaluation psychiatrique : le Buffalo
General Hospital, l'Erie County Medical Center et le Millard Fillmore Suburban
Hospital.
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- Une lettre de sa soeur Danielle Perkins Carlson au journal
raconte que son frère a reçu des évaluations psychiatriques à au moins trois
reprises.
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- "Mes parents l'ont aussi amené à un neurologue qui confirma
qu'il n'était pas dangereux pour les autres ou pour lui", dit-elle dans son
courrier. La lettre ne donne pas de précisions, et Madame Carlson a refusé
d'être interviewée.
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- John R. Nuchereno, l'avocat nommé d'office pour Perkins,
explique qu'on avait emmené Perkins faire des scanners dans deux
hopitaux. Mais il insiste : la famille, y compris Danielle, n'a jamais
parlé d'autres soins psychiatriques. "Je savais seulement ce que m'a dit la famille et Jeremy, c'est
à dire qu'il n'a reçu aucun traitement ou évaluation
psychiatrique." Nuchereno ajoute que la famille a continué à rejeter le
traitement par psychotropes.
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- Au cours des huit mois précédents le meurtre, Jeremy souffrait
d'hallucinations, imaginait que des extra- terrestres le poursuivaient, et se
prenait pour le chanteur Jim Morrison.
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- Les Perkins pensaient que le comportement erratique de Jeremy
pouvaient provenir d'une blessure à la tête subie alors qu'il conduisait le
camion. Elli se demandait s'il n'avait pas pris des hallucinogènes lors d'une
sortie en boite la semaine suivante. "Ils tentaient de penser à tout ce qui n'était pas d'origine
psychologique", dit Pastva. "Comme son comportement devenait de plus en plus bizarre, il
était évident qu'il avait besoin de soins psychiatriques", explique Me
Nuchereno. C'est là qu'ils ont commencé les cures de
vitamines."
- Dégradation
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- Elli Perkins demanda de l'aide au Centre de médecine Holistique
Maulfair à Topton, en Pennsylvanie.
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- Maulfair, scientologue, demanda qu'on lui envoie un échantillon
de cheveux de Jeremy pour le diagnostic.
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- La famille lui rendit visite, et Maulfair expliqua que Perkins
avait dans l'organisme un taux élevé d'arsenic et de métaux toxiques, dont du
titane, et il recommanda un coûteux traitement par
intraveineuses. Le psychiatre légiste R.P. Singh de Rochester examina Perkins
pour le compte du tribunal. "Aucun élément scientifique ne permet de fonder un traitement
sur des échantillons de cheveux", dit-il.
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- Maulfair refusa, par l'intermédiaire de son épouse, de répondre
à nos questions.
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- Elli Perkins décidé de préparer elle-même ses suppléments
vitaminiques, ajoute l'avocat, mais ils n'eurent guère d'effets sur le déclin de
Jeremy.
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- Ron Epstein, le voisin, explique que la famille aurait passé
"des centaines" de coups de fil pour aider leur fils."Il ont cherché dans toutes les voies que leur autorise leur
système de croyances; et bien que scientologues, je crois qu'ils en étaient
arrivés à un point où la médecine alternative ne marchait pas et qu'ils
voulaient passer outre."
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- Deux jours avant l'attaque de Jeremy, Elli appela l'église pour
qu'elle l'aide pour son fils, explique Anne-Marie Dunning, qui était alors
l'officier d'éthique de l'église. Elle dit que Carlson, beau-frère de Jeremy et
directeur de l'église, lui dit de transmettre à Elli de se débrouiller pour que
Jeremy reste occupé.
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- L'église avait classé Jeremy "Source Potentielle de Trouble Type
III", explique Dunning, c'est à dire, pour Hubbard, quelqu'un d'entièrement
psychotique et pour qui il n'existe pas de traitement de nature
mentale.
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- Reger nia d'abord que Jeremy ait jamais été scientologue ou
qu'il ait pris des cours dans l'org. Elle admit ensuite qu'il avait été
membre. En fait, Dunning raconte qu'il avait pris des cours à l'org de
Buffalo jusque vers la fin 2002. Il avait signé un "contrat d'un milliard d'années" (l'église
croit en la réincarnation, ce contrat tient pour les vies futures). Il avait
travaillé pour une branche élite de la scientologie à Los Angelès à la fin des
années 90, explique Dunning, bien qu'il ne semble pas qu'il y soit
allé.
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- Le Magazine Source de scientologie révèle qu'il avait pris un
cours en 1999 à bord du navire de l'église généralement ancré dans les
Caraïbes. Et il était d'autre part membre à vie de l'IAS, l'association
internationale des scientologues, tout comme sa famille explique
Dunning.
- Contrôle des dommages subis
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- La scientologie présente invariablement une image publique
brillante et flatteuse, renforcée par sa littérature et ses présentations
publiques.
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- Le meurtre d'Elli Perkins, survenu seulement cinq mois après
l'ouverture du nouveau bâtiment de l'église à Buffalo, risquait d'entamer cette
image à un moment critique.
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- Après que Jeremy ait frappé sa mère, l'église commença à noyer
les traces pouvant mener de Jeremy Perkins à la scientologie, expliquent Dunning
et son mari. "Ça leur faisait très peur, dit M. Dunning, mari d'Anne-Marie et
directeur exécutif député de l'église avant que la couple ne quitte la
scientologie en mai 2003.
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- Autre souci: Elli Perkins était classée "Thétan Opérant, OT",
c'est à dire scientologue de haut niveau.
-
- Anne-Marie Dunning explique
: des choses terribles ne sont pas
supposées leur arriver, et ils ne doivent sûrement pas se faire
assassiner." "Ils craignaient que cela démontre que les OT ne sont pas
différents des autres, car c'est ce qu'il vendent, des "différences". Si elle
avait obtenu le salut, comment se faisait-il qu'elle se soit brutalement faite
assassiner par son fils ?
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- D'après les Dunnings, voilà ce qui s'est passé juste après la
mort d'Elli Perkins : Une poignée de chefs de l'église sont arrivés par avion de New
York et Clearwater dans les 24 à 36 heures qui ont suivi la mort d'Elli Perkins.
Un membre du bureau des affaires spéciales de l'église - le
bureau juridique - arriva de New York. Ces chefs rassemblèrent le management local de l'église et leur
dirent de ne pas parler du tout de la mort d'Elli Perkins avec qui que ce soit,
et surtout pas avec les journalistes. "Ils nous ont dit "Ne dites rien du tout, nous manierons ça.
C'est un boulot pour les échelons d'en haut," se souvient Rich.
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- Ceci comprenait le fait d'éviter toute référence à la
scientologie dans l'annonce du décès d'Elli Perkins dans les journaux, bien
qu'on ait demandé des donations à l'intérieur de l'église pour faire paraître
une annonce.
- Pas de soins convenables
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- Si les officiels scientologues ont fait de leur mieux pour
mettre de la distance entre les Perkins et l'église, le système judiciaire l'a
de son côté mis dans les tablettes publiques.
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- Le témoignage d'expert lors du procès de Jeremy au tribunal du
Comté d'Erie suggéra que le rejet de la psychiatrie moderne avait contribué à
empirer son état mental et peut-être, la tragédie qui en a découlé.
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- Au départ, on diagnostiqua lors de l'expertise psychiatrique
ordonnée que l'état mental de Jeremy corres- pondait à une paranoïa schizoïde
chronique à traiter au moyen de médicaments psychiatriques.
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- Le psychologue Joseph Liebergall concluait: "On n'a pas
correctement fait face à la schizophrénie en cours," On ne sait depuis quand
elle agissait, mais on n'a pas accordé de traitement à cet
homme."
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- Le psychiatre légiste est allé plus loin; il a témoigné devant
les tribunaux en janvier 2004 que si Perkins avait correctement été traité par
la psychiatrie, "sa mère serait encore en vie aujourd'hui".
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- Ce fut le coeur de la défense de Nuchereno.
"Jeremy était un brave type qui n'avait jamais fait de mal à une
mouche, expliqua l'avocat de la défense; s'il avait reçu les soins
psychiatriques compétents, il ne se serait pas trouvé dans la situation qui fut
la sienne."
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- La Cour a estimé qu'il n'était pas en possession de ses moyens
et l'a fait interner au Centre Psychiatrique Rochester.
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- Pastva, l'amie d'Elli Perkins, se demande si les choses auraient
été différentes en cas d'intervention psychia- trique. "Dans notre groupe d'amis, on essayait de faire un "parallèle
scientologie" en se demandant ce qui se passait pour Jeremy : s'agissait-il d'un
problème physiologique ? L'ennui, c'est qu'on n'arrivait pas à détermi- ner ce
qu'est la scientologie. Mais on aimait Elli, une belle âme, et après tout, on
s'est dit que c'était sa religion et qu'on ne pensait pas que c'est ce qui
allait la tuer."
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- La Présidente scientologue locale Reger a exprimé de la
tristesse à propos de la tragédie, mais a dit que ce n'était pas l'opinion de
l'église à propos de la psychiatrie qu'il fallait blâmer, faisant observer que
des gens traités par drogues psychiatriques avaient commis des
meurtres.
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- Danielle, la soeur de Perkins expliquait dans sa lettre au
journal : "Mon frère a été confié aux mains des psychiatres. Ils ont essayé
toutes les drogues possibles pour "l'aider", mais ça n'a servi à
rien.
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- Comme bien des scientologues, Jeremy avait une page web sur
Internet avec une brève biographie. La page, apparue voici six ans, a été
effacée par l'église peu après la mort d'Elli.
-
- La biographie expliquait que Jeremy aimait jouer de la batterie,
qu'il était scientologue depuis toujours, et qu'il aurait eu bien plus de
problèmes si ses parents n'avaient pas été scientologues.
-
- "La scientologie m'a aidé à prendre le contrôle de mon
existence, concluait-il. La scientologie m'a aussi aidé à comprendre
l'avenir."
-
- e-mail:
msommer@buffnews.com
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- Rapport spécial sur l'église de scientologie
- Être dedans, puis en sortir
-
- Par Mark Sommer,
News Staff Reporter
- Derek Gee/Buffalo News,
31 janvier 2005
- [Texte
intégral]
- Les Dunnings ont ressenti le puissant attrait de la scientologie dans leur
existence,
- jusqu'à ce qu'il ne reste plus de place pour quoi que ce soit
d'autre.
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- Rich et Anne-Marie Dunning sont entrés en scientologie à Buffalo car ils
voulaient aider à sauver le monde.
-
- Lorsqu'ils quittèrent leurs jobs de cadres de l'église le jour
de la Fête des mères de 2003, c'était pour se sauver eux-mêmes.
Ce couple de Niagara Falls en était venu à la conclusion que
l'église était une secte autoritariste destinée à faire de l'argent, et qui
lavait le cerveau de ses adhérents.
- Ils doivent le savoir
: c'est ce qui leur est
arrivé
-
- Les Dunning expliquent que l'église demandait une obéissance
sans discussion à chacune des règles internes, croyances ou décisions. Ils
disent qu'elle discipline ses membres au moyen d'un système de sécurité élaboré,
incluant l'usage de dossiers personnels, d'un genre de détecteurs de mensonges;
ainsi que d'un système d'information-délation des uns sur les autres, y compris
au sein des couples; et qu'elle a son propre système de justice.
-
- L'église avait en outre pratiquement acquis le contrôle de leur
fille de neuf ans... "On vous dit que c'est votre vie au dehors qui vous crée des
ennuis. Votre vie entière est supposée tourner autour de la scientologie et de
rien d'autre, explique Richard Dunning, 31 ans, qui fut employé par l'église
d'octobre 2001 à mai 2003. "On finit par oublier que le monde extérieur
existe".
-
- Il travaille comme technicien de labo chez Niabraze Corp. à
Tonawanda, et en scientologie, il était le vice-directeur exécutif. Anne-Marie
Durning a passé là-bas six mois comme "officier d'éthique".
-
- Aujourd'hui, les Dunning ont rompu tous les liens avec la
scientologie et tentent de reconstruite leur vie.
-
- Al Buttnor, porte-parole de l'église au Canada, rappelle qu'il
n'est pas inhabituel que de nouveaux membres d'une religion comme la
scientologie la quittent pour, comme l'explique le professeur d'université
méthodiste Leonie Kliver "transformer de petites anomalies en erreurs
monstrueuses. Ils transforment leur déception personnelle en trahison
malintentionnée."
-
- Beth Akiyama, porte-parole scientologue de New-York, explique
que les Dunning n'ont pas bien compris la scientologie.
-
- Akiyama dit
:"Leurs racontars sont complètement faux et tellement
distordus que cela démontre leur absence de compréhension de la
scientologie."
-
- Des scientologues de Buffalo nient aussi ce que disent les
Dunning. Ils défendent l'église - dont ils disent qu'elle a environ 500
membres locaux : ce serait un endroit où les habitants de la région utilisent la
religion philosophique pour parvenir à l'illumination et à l'amélioration de
soi. La conception la plus erronée, c'est qu'il s'agirait d'une
secte, d'une société secrète, fermée, dit Teresa Reger de East Aurora,
présidente de l'église locale. "C'est tellement risible, puisqu'il n'y a pas de
groupe plus ouvert qu'on puisse imaginer."
- Changer en mieux
-
- Les scientologues de Buffalo expliquent que l'église a amélioré leurs
vies.
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- "J'ai pu améliorer mon intégrité personnelle au point d'être certain de
moi-même, dit Mary Ojeda, ancienne habitante de Buffalo qui vit à Glen Falls et
crédite la scientologie de l'avoir détournée de l'usage de la cocaïne. "J'ai de
nouveau pu poser mes pieds fermement par terre."
-
- L'église combat les drogues au moyen des Maréchaux Sans-Drogue
(Drug-Free-Marshalls), groupe créé pour cibler la jeunesse, et au moyen d'un
programme élaboré par Hubbard, fondateur de la scientologie.
-
- L'église de Buffalo travaille avec la Commision des citoyens pour les droits
de l'homme créée par la sciento- logie pour lutter contre la psychiatrie.
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- Certains de ses membres travaillent en tant que Ministres volontaires,
offrant de l'aide lors des désastres comme le 11 septembre ou le
Tsunami.
-
- Elle présente aussi la "technique d'étude" hubbardienne pour combattre
l'illetrisme. Ces enseignements sont offerts à l'église et au centre "Joie d'Apprendre", un
petite école privée liée à la scientologie, ouverte depuis l'an passé dans le
building Pierce Arrow sur Elmwood avenue.
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- Le principal patron de l'église de Buffalo est Joseph Sgroi, de Sgroi
Finances, une société de planification financière de West Seneca. Cet habitant
de Williamsville a donné plus d'un million de dollars pour le building de
l'église, plus deux autres millions pour sa rénovation et encore 470'000 destinés
aux projets de rénovation nationaux et internationaux scientologiques.
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- Sgroi vante les programmes d'amélioration sociale de l'église, en particulier
sa technique d'étude. Mais la "tech d'étude" made in sciento a rencontré de la
résistance, à Buffalo comme ailleurs.
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- Tracy Diina, directrice des volontaires d'alphabétisation des Comtés d'Erie
et de Buffalo raconte que l'église l'a contactée pour qu'elle utilise le
programme d'étude de Hubbard. Elle a refusé. "Mon souci principal venait du fait que leur méthodologie d'étude ne me
paraissait pas saine sur le plan éducatif. Ils ne purent pas démontrer les
principes sur quoi ils se fondaient."
- Ce n'est pas un croyance chrétienne
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- Les Dunning rappelent qu'au début, l'accueil chaleureux de l'église pour les
nouveaux membres les avait séduits.Ils ont absorbé ses buts de "clarifier la planète" des maladies mentales et
des conflits.
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- L'église plaisait aussi à Rich car il désirait être accepté dans un groupe.
Cette recherche l'avait vu passer chez les skin-heads racistes dans son
adolescence - chose qu'il regrette "de toutes ses fibres" - puis il explora les
religions.
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- Dunning avait pris des drogues psychédéliques longtemps avant, si bien que le
programme de désintoxication de l'église l'avait attiré.
Ce qui a plu aux Dunning fait partie de ses principales ventes.
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- La scientologie promet de mener ses membres à l'illumination, de les
débarrasser de substances toxiques, et leur fournit une communauté complètement
absorbante de croyants de mêmes orientations.
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- La scientologie n'adore pas de dieu, cependant, bien qu'elle croie en un
"Etre Suprême". Ce n'est pas une religion chrétienne et elle n'est pas liée à la
Science Chrétienne. Cette absence de croyance centrée sur Dieu conduit à des questions
: la
scientologie est-elle une religion ?
-
- Les membres insistent: pour eux, c'en est une.
"Les croyances philosophiques fondamentales sont religieu-
ses", explique Jeff
Hahn, planificateur financier diplômé. La croyance que l'homme est un être
spirituel fondamentalement bon, qu'il peut mener une vie de niveau spirituel
plus élevé et que sa relation avec l'être suprême est unique et personnelle et
non liée au jugement des autres."
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- Mais d'autres contestent et disent qu'il s'agit d'un business et non d'une
religion. "J'ai reçu une éducation catholique et j'ai toujours cru en Dieu. Mais on ne
lit jamais rien en scientologie qui ait trait à Dieu, explique Tory Christman,
ex-membre habitant en Californie. La vérité, c'est qu'Hubbard ne croyait pas en
Dieu, pas vraiment : c'est la "Tech" qui est la religion.
- Esprit commerçant
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- Une fois engagés à l'église de Buffalo, les Dunning découvrirent que le
personnel était constamment sous pression pour amasser de l'argent. On est
focalisé à améliorer les "stats" hebdomadaires, qui servent à mesurer les
performances de l'église sur des points comme les rentrées d'argent et de
membres.
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- Les Dunning ont été entraînés à persuader les membres d'acheter des cours
fort chers et des paquets de 12h1/2 "d'audition".
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- Le bâtiment de l'église est attirant, brillant de bois vernis, de peinture
fraiche et d'écrans plasma hi-tech. Le rez-de-chaussée, haut de deux étages, comprend une salle équipée de longs
bureaux destinés à lire et étudier les textes scientologues. Depuis la
mezzanine, des employés de l'église surveillent et signalent les étudiants dont
ils pensent que leur étude n'est pas parfaite.
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- Le "sanctuaire" est au quatrième étage, entouré de panneaux vantant les
accomplissements d'Hubbard. Il existe aussi un bureau réservé à Hubbard, comme
s'il n'était pas mort depuis près de vingt ans.
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- Les prix des cours et auditions offerts par la scientologie grimpent très
vite. Cela démarre à quelques douzaines de dollars, puis ça grimpe rapidement pour
dépasser 12'000 dollars pour certains cours avancés - voire des dizaines de
milliers de dollars quand on achète cela par lots. Il peut en coûter plus de 300'000 dollars au cours de l'existence pour
traverser le "Pont vers la Liberté Totale", confirme le président local
Reger.
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- "Ce n'est pas différent de ce qui se passe pour un étudiant passant quatre
années à Harvard, ajoute-t'elle. Non seulement nous attirons les classes
supérieures, des gens qui réussissent, mais bien des gens qui n'en font pas
partie viennent chez nous et le deviennent grâce à la scientologie."
-
- Mais les Dunning, estimèrent quant à eux que des traitements aussi coûteux ne
collaient pas. "Je me sentais vraiment piteux d'exiger de gens n'ayant pas le sou de venir
m'apporter des sommes dont ils ne disposaient pas, explique Rich; pourtant, les
gens en voulaient, il suffisait de trouver le bouton qui leur ferait prendre la
décision d'en vouloir encore plus."
- Un contrat d'un milliard d'années
-
- L'expérience la plus effrayante vécue par la famille concerne
- leur fille
Alicia, lorsqu'elle avait neuf ans.
-
- En 2003, Alicia signa un contrat l'engageant pour un milliard d'années - les
scientologues croient en la réincarnation. Sa maman contresigna le contrat.
C'est un engagement dans la Sea Org, l'organisation "maritime" des élites de
l'église; un groupe de dévoués adeptes. Ce groupe a une structure militaire, ses
membres portent des uniformes ressemblant à ceux de la marine. Un peu plus tard,
Alicia serait partie à la Sea Org où elle aurait été éduquée à New York pour
faire carrière en scientologie.
-
- Dunning se rappelle "ça n'était pas comme si on allait nous la prendre;
c'était un honneur. On allait l'éduquer pour qu'elle fasse partie de la
direction internationale."
-
- Le contrat fut annulé lorsque les Dunning quittèrent l'église. Alicia a
maintenant 11 ans, et ses parents ne parviennent pas à comprendre comment ils en
ont presque arrivés à lui permettre de partir.
-
- Rich Dunning hausse les épaules en se souvenant de ce qu'avait dit le
scientologue membre de la Sea Org qui l'avait fait signer en partant: "Je
reviendrai quand elle aura treize ans".
-
- Beth Akiyama, la porte-parole de New York, explique que le contrat était fait
de plein gré. "C'est comme quand vous signez pour devenir bonne soeur, c'est pour
l'éternité", ajoute Akiyama. [NDW: elle omet de dire qu'on ne prend pas de
voeux définitifs de fillettes de neuf ans, chez les soeurs]
-
- Les Dunning racontent quelques anecdotes bizarres qui leur sont arrivées
pendant leurs 18 mois en scientologie.
-
- Le samedi avant Pâques 2003, on les somma de venir très vite à une réunion du
staff (= employés). Cette réunion faisait suite à deux morts tragiques à un mois
d'intervalle de deux scientologues de haut niveau. Elli Perkins, tuée par son
fils, et Marie Bolt, tuée lors d'un accident de voiture.
-
- L'église croit que les scioentologues spirituellement avancés ne subissent
pas de destins malheureux, expliquent les Dunning. On craignait qu'il y ait une
"personne suppressive" dans les rangs, et qu'elle soit en cause de quelque
façon.
-
- Une personne suppressive fait partie des 2,5 % de la population dont Hubbard
déclaré qu'ils étaient prédisposés contre la scientologie.
-
- Un membre de la Sea Org extérieur à l'organisation vint à cette réunion. Les
staffs furent enfermés dans une pièce, fenètres fermées, et le directeur
éxécutif Jeff Carlson, le gendre du père de la maman assassinée, gardait la
porte pour empècher qui que ce soit de sortir, racontent les Dunning.
Ils ne trouvèrent en fin de compte aucun "suppressif".
-
- Anne Marie Dunning avait décidé d'aller faire ses courses de Pâques pour les
enfants cet après-midi là. Elle avait pensé ne pas se rendre à cette réunion,
mais craignit qu'on lui "assigne une Condition de Trahison" si elle faisait
passer ses propres besoins avant ceux de l'église. Cela l'aurait contrainte à
faire ensuite davantage de "confessions" écrites" de ses transgressions morales,
puis de subir une "vérification de sécurité" surveillée par un genre de
détecteur de mensonges appelé l'E-Meter ou électromètre.
- La décision de partir
-
- Les parents des Dunning les avaient alertés à propos de la scientologie. Un
soir, ils leur mirent sous les yeux des documents démontrant qu'il s'agissait
d'une secte dangereuse. Mais comme on avait enseigné aux Dunning que ces informations pouvaient faire
du tort, ils décidèrent de rendre l'enveloppe fermée, sans la lire.
-
- Mais une fois Anne-Marie endormie, Richard sortit les papiers. Il avoue que
ce qu'il lut lui semblait vrai. Mais il n'osa pas en parler à Anne-Marie, car
elle aurait été forcée d'envoyer aux responsables de l'église un "Rap-
port de
connaissance" sur son mari, en détaillant ses doutes. J'avais peur qu'elle me dénonce, dit-il.
-
- Le lendemain, les Dunning donnèrent l'enveloppe à Carlson, qui demanda s'ils
avaient lu le contenu. Satisfait qu'ils disent que non, Carlson leur dit qu'il
faudrait "manier ou déconnecter de leurs familles."
-
- Carlson n'a pas rappelé quand nous voulions le questionner.
Buttnor, le porte-parole canadien, explique que la progression spirituelle
n'est possible qu'à condition de ne pas être encombré par des gens qui
s'opposent à la religion. La "déconnexion" est le dernier remède,
dit-il.
-
- En Scientologie, nous parlons raison, compréhension, amour, " dit-il. Si
quelqu'un de votre famille a un désaccord, il faudrait être en mesure d'y faire
face.
-
- Les Dunnings commencèrent à espacer les contacts avec leurs parents, jusqu'au
moment où ils commen- cèrent à discuter entre eux de leur insatisfaction vis-à-vis
de l'église.
-
- Rich Dunning dit que le travail perpétuel pour l'église finissait par de
transformer en péage physique et psychique.
-
- Richard: "On est très souvent sur place, on se chope des tonnes d'ordres, on
est privé de sommeil au point de devenir un zombie." Il ajoute qu'un important produit de catalyse de leur décision de partir fut
la lecture sur Internet de témoignages d'anciens membres, témoignages qui
ressemblaient au sien.
-
- Pour Anne-Marie Dunning, c'est un moment d'illumination en mai 2003 qui lui
rendit la paix. "Quand j'ai décidé de partir, le seul truc qui me venait à l'esprit, c'est
"Oh mon Dieu, je vais être déclarée suppressive; je l'ai dit à Maman. Que
vais-je faire ? "Elle m'a regardée droit dans les yeux, et a répondu: "Bon, et ça veut dire
quoi, dans le monde réel ?"
-
- e-mail:
msommer@buffnews.com
|
-
- Il arrive parfois que l'église reçoive un support officiel bien
senti
-
- Par Mark SOMMER,
News Staff Reporter
- Derek Gee/Buffalo News, 1er février 2005
- [Texte
intégral]
- Comment les leaders politiques ont aidé les efforts de la
scientologie
-
- Des doutes
sont émis par des professionnels à propos des
- traitements anti-drogues prescrits par l'église
de scientologie
-
- Lorsque l'église de scientologie fit sa tonitruante ouverture à Buffalo en
novembre 2003, les scientologues locaux ont poussé le Maire Anthony M. Masiello
à décréter un "Jour Eglise de Scientologie de Buffalo".
Il le fit. Mieux, ce sont les scientologues qui écrivirent le speech du
maire. Il le fit passer.
-
- A Buffalo comme ailleurs dans le monde, la scientologie
recherche la légitimité afin de contrer les accusations de
sectarisme. Les décideurs locaux et d'autres officiels ont été heureux de
l'obliger ainsi.
-
- Observez que lorsque leur Corps de Ministres Volontaires apparut
à la fête d'Erie l'été dernier, le président de la législature du Comté George
A. Holt publia une proclamation les félicitant pour leur travail : Holt expliqua ensuite
: "La scientologie est une communauté
chrétienne très positive et productive".
-
- Or, la scientologie n'est pas un religion chrétienne, et
contrairement à ce que le terme pourrait le laisser entendre, elle n'est en rien
liée à l'Eglise de la Science Chrétienne (Eglise du Christ,
Scientiste).
-
- Holt approuva par ailleurs l'exposition anti-psychiatrie du 24
janvier au rez-de-chaussée du bâtiment du Comté, élaborée par un groupe créé par
la scientologie, avant que la Juge administratif Sharon S. Townsend la fasse
expulser afin d'éviter d'influencer les jurés.
-
- Et quand les scientologues voulurent importer à Buffalo un
traitement anti-drogues à la scientologue, un patron de l'église paya le voyage
au Mexique de deux cadres du Centre Pénitentiaire d'Erie pour qu'ils le voient
en cours de fonctionnement.
-
- Le Surintendant H. McCarthy Gipson tenta d'introduire le
programme "Seconde Chance" en question dans la prison du Comté, ce qui pouvait
coûter 700000 dollars au contribuable. Ce projet est en instance faute d'argent
pour l'instant.
-
- Les critiques, y compris d'anciens membres, disent que la
scientologie est une secte prédatrice qui menace les familles et les
communautés. Et ils pensent que Buffalo serait mur pour la
moisson.
-
- "Si j'habitais Buffalo, j'observerais de très très près ce
groupe à la lumière de sa réputation dans le monde, explique Cynthia Kisser,
ancienne directrice exécutive du CAN à Chicago (le CAN fut l'équi- valent de
l'association ADFI française; il a été détruit par la scientologie). Les
intentions cachées de la scientologie pourraient ne pas convenir à la société en
général."
-
- Stephen Kent, sociologue de l'Université canadienne d'Alberta
partage son point de vue; le Professeur Kent a beaucoup écrit sur la scientologie; ses
travaux sur les groupes nocifs ont été avalisés.
-
- "La stratégie des scientologues consiste à utiliser les
officiels dans ses efforts de légitimité, dit Kent. On peut se demander ce que
savaient les officiels de Buffalo de l'organisation à laquelle ils donnaient
leur caution."
-
- L'église se dit victime de bigoterie religieuse et accuse le CAN
dont Cythia Kisser était la présidente d'être un "groupe de
haine". "Comme toutes les idées nouvelles, la scientologie a été
attaquée par les gens mal informés et par ceux craignant que leurs intérêts
soient menacés," ajoute Teresa Regers, présidente de scientologie
Buffalo.
-
- Beth Akiyama, une porte-parole scientologue, explique que
l'appui du Maire a une grande importance. Elle précise : Nous partageons l'avis du maire sur le futur de la
cité et nous travaillons dur pour y parvenir.
- Atmosphère hollywoodienne
-
- L'église de scientologie est installée à Buffalo depuis 1967 et
cherche de nouveaux membres ainsi que des symboles d'acceptation de la part des
administrateurs locaux.
-
- Il y a un peu plus d'un an, les choses ont changé. Le centre de
Buffalo est devenu le coeur scientologue pour partie de l'Ohio, de la
Pennsylvanie, du Canada méridonal et de l'ouest et du nord de l'état de
New-York.
-
- En même temps, on a constaté une amélioration de l'acceptation
par la communauté et des efforts de recrutement régionaux, dont une campagne de
vente "Dianétique" à la galerie Walden.
-
- La scientologie a acheté le bâtiment pour 400'000 dollars.
auxquels s'ajoutèrent les 2 millions de rénovations du building de brique de 4
étages donnant sur les rues Virginia et Principale. Ce sont quelques 1400 person-
nes, venant surtout d'autres états-
qui bravèrent une journée glacée de novembre 2003 pour la Grande Journée
d'Ouverture à l'extérieur du nouveau bâtiment.
-
- L'église a cultivé ses relations
avec des stars holllywoodiennes, ce qui nous a fourni une fête relevée où l'on
croisait Jenna Elfman, la rock star Billy Sheehan, le chef de l'église David
Miscavige et le maire Masiello.
-
- Il y avait aussi une scène à tapis rouge et un télé-prompteur -
quelque chose qu'on avait guère vu jusque là dans les manifestations de
Buffalo.
-
- Des brochures "Le Chemin du Bonheur" d'Hubbard, portant - avec
l'autorisation de la mairie - le sceau de la ville et une photo de la mairie en
couverture, ont été distribuées pour renforcer le symbole de prise de possession
scientologue.
-
- Miscavige, successeur d'Hubbard, a parlé en public, lors d'une
de ses rares apparitions. Puis le maire lança une frénésie populaire en félicitant la
scientologie et son potentiel à Buffalo. "Amenez l'église de scientologie de Buffalo jusqu'à la taille de
Saint Hill et au delà", exhorta le maire, répétant un cri de ralliement
scientologue symbolisant l'expansion rapide de l'organisation à St Hill en
Angleterre vers 1965.
-
- L'obtention des félicitations publiques du Maire fut un gros
coup de relations publiques pour l'église.
- Comment le maire en savait-il tant sur la
scientologie ?
-
- Il ne savait rien.
"Ils avaient tout mis sur le télé-prompteur, admit ensuite
Masiello. Je n'ai fait que corriger et utiliser ce qu'ils m'ont donné; je l'ai
lu plusieurs fois, et si j'avais pensé que ce fut critiquable, je ne l'aurais
pas fait." Le maire a dit que l'église avait concocté sa propre
proclamation, faisant observer qu'il lui manquait du personnel pour écrire les
nombreuses demandes de proclamation qu'il reçoit. [nota: le traducteur fait
observer ici que lorsqu'il était dirigeant scientologue, il a fait passer nombre
d'articles et d'annonces gratuites pour la scientologie dans les journaux sans
que ces articles soient corrigés ou annulés.]
-
- Masiello rappelle qu'il ignorait les controverses dont la
scientologie fait l'objet depuis des décennies. Mais si ç'avait été le cas, ça
n'aurait rien changé : il était reconnaissant à l'église d'investir un bloc
décati et de res- taurer un bâtiment depuis longtemps négligé.
L'église s'était également impliquée dans des efforts de
netto- yage locaux. "C'est pour ce qu'ils faisaient dans ce quartier que j'étais
enthousiaste," dit-il.
-
- L'an passé, Masiello a publié une seconde proclamation à la
demande de l'église, déclarant le 13 mars "Jour L. Ron Hubbard". L'ex-gouverneur
de l'Illinois Jim Edgard avait publié une proclamation similaire au début des
années 1990, mais l'avait ensuite annulée pour mettre de la distance avec le
fondateur controversé de la scientologie.
-
- Le maire ne fut pas seul à utiliser ce qu'avait écrit la
scientologie lors de l'ouverture. Les scientologues ont aidé à élaborer ce qu'a
dit Brian Davis, membre du Conseil d'Elicott.
-
- Davis a dit
: "Toutes les grandes religions ont pour mission
d'aider leurs adeptes, a-t'il clamé. D'après ce qu'on a vu de votre nouvelle
église, vous l'avez amenée à un niveau plus élévé."
-
- Davis a aussi félicité les scientologues pour leur programme de
traitement des drogues, bien que celui-ci ait été banni à San Francisco et qu'il
soit en cours d'investigation au ministère de l'éducation californien. Ses
méthodes de désintoxication sont similaires à celles du programmes promu à la
prison du Comté d'Erie.
-
- Davis a admis ensuite que sa connaissance de la scientologie
provenait essentiellement des brochures et vidéos que l'église lui avait
procurées.
- Scientologie ville
-
- L'impact qu'aura la scientologie sur Buffalo reste à déterminer.Observons donc une communauté où la scientologie a pris racine et voyons ce
qui peut s'y passer.
-
- Voici une trentaine d'années, Clearwater, Floride, était une cité
financièrement déprimée, un peu comme Buffalo, lorsque l'église commença à y
acheter des propriétés sous un nom d'emprunt. Actuellement, Clearwa- ter aurait tendance à devenir la ville scientologue, un
peu comme Salt Lake City est la ville mormone. Mais les relations de l'église
avec les officiels de l'administration locale, les journaux et bien des
habitants ont souvent été hostiles.
-
- Le St Petersburg Times a accusé l'organisation d'être une secte menaçant la
communauté.
-
- Gary Weber, qui travaillait aux Relations Publiques et aux affaires
juridiques de l'église a expliqué au Buffalo News qu'il avait contribué à une
campagne destinée à répandre des rumeurs pour discréditer des officiels et un
journaliste.
-
- Hubbard nous enseignait à toujours attaquer et ne jamais nous défendre,
ajoute Weber, qui a quitté l'église voici 20 ans et travaille pour un inspecteur
aéronautique à Ontario, en Californie. "Toute personne qui attaquerait ce qui
représente le "salut de l'humanité" - c'est ce qu'on nous disait - doit être
détruite. Ils font exprès d'être brutaux, car ainsi, personne ne
résiste.
-
- Akiyama, la porte-parole, a refusé de dire si l'église s'était impliquée dans
une campagne de rumeurs. "C'est du rabattu, une vieux poncif," a-t'elle répondu.
Mais Akayama indique que l'église entretient depuis quelques temps
d'excellentes relations avec le conseil municipal de Clearwater et fait observer
que la Maire Frank Hibbard a récemment pris la parole lors d'une célébration de
l'église.
-
- Constante de la présence scientologue à Clearwater
? son augmentation.
L'église est devenue le plus gros propriétaire foncier du bas de la ville,
tandis que la population passait pendant la même période de 80'000 en 1980 à
110'000.
-
- L'église ouvrira bientôt son bâtiment de 50 millions de dollars qui tient
tout un pâté et elle a des vues sur un immeuble d'appartements de 15 étages.
Elle envisagerait la construction d'un auditorium de 40 millions de
dollars.
-
- Cela s'ajoutera aux 21 bâtiments et à la douzaine de vides qu'elle possède
déjà. Elle a payé l'an passé 605'000 dollars de taxes sur les propriétés qui ne
sont pas utilisées à des fins religieuses, comme les chambres d'hôtel et
restaurants.
-
- Près de 7'000 adeptes scientologues vivent dans la ville basse, dont 1'400
membres du personnel du corps d'élite "Sea Organization" qui gagnent 75 dollars
par semaine plus la nourriture, le logement et des avantages en 2004, selon le
St Petersburg Times. [ndt: le chiffre de 7'000 scientologues est contestable;
selon des calculs effectués à partir de documents scientologues, il y a
probablement moins de 500 clients de la scien- tologie présents en même temps en moyenne
à Clearwater, et la Floride tout entière ne paraît pas comporter plus de 6'000
membres : il n'y avait par exemple que 1'552 sites web personnels de scientologues
en février 2005]
- Traitement contre la drogue
- A Clearwater comme ailleurs, l'église promeut une programme de
désintoxication des drogues qu'elle intitule "Procédure de Purification"
(Purification Rundown). Pour certains membres, c'est la porte d'entrée en
sciento- logie. Le programme - identique à celui qu'elle délivre à Buffalo, oblige à avaler
de vastes doses de niacine et d'autres vitamines, minéraux, du calcium avec du
magnésium, et de l'huile. Il exige aussi des séances de sauna pour exsuder les
résidus et de l'exercice physique pour stimuler la circulation.
-
- Hubbard croyait que les toxicomanes conservent des images mentales
d'expériences de drogue passé, images supposées les maintenir dans le passé, et
il pensait que le corps emmagasinait les drogues ainsi que les toxi- nes. Il
disait que sa procédure de purification effaçait les drogues dans le corps et le
mental.
-
- Ce programme, qui peut coûter des milliers de dollars, est considéré comme un
"rite religieux". Mais il en existe un forme qui serait "laïque", dit l'église,
utilisée sous license de l'église chez les associations Narconon [Non à la
Drogue Oui à la Vie] et Crimanon / Criminon /Seconde Chance , cette dernière
servant dans les prisons.
-
- C'est ce programme "Seconde Chance" que scientologues et cadres de la prison
d'Erie planifient ensemble pour qu'il soit utilisé au Centre Pénitentiaire du
Comté.
-
- Les théories "scientifiques" d'Hubbard et ses méthodologies ont attiré les
critiques des spécialistes en toxicomanie. L'ex-Chirurgien-général C. Everett
Kopp a critiqué les théories hubbardites de traitement des drogues qui avaient
été présentées dans un ouvrage destiné à les vendre.
-
- Koop écrivit
: "Mon conseil est d'éviter leur système de désintoxication. Je
ne pense pas qu'Hubbard soit crédible dans le monde scientifique."
Pourtant, les officiels de la prison d'Erie semblent y croire.
-
- C'est en mars 2003 qu'on vit apparaître les premiers liens entre la
scientologie et la direction de la Prison du Comté. Six prisonniers allèrent
travailler pendant un mois à rénover le nouveau local de l'église sur la
recommandation du patron scientologue Joseph Sgroi. Le sheriff Patrick M.
Gallivan fit cesser la pratique en question après qu'un article du journal ait
révélé cet arrangement.
-
- En Octobre 2001, Sgroi avait déjà offert le voyage à Mexico au Surintendant
Gipson et à son député Robert Huggins (qui a pris sa retraite depuis), pour
qu'ils observent "Seconde Chance" à l'oeuvre dans deux prisons
mexicaines. Gipson en était revenu impressioné.
-
- Il a dit
: "J'avais essayé d'obtenir un programme contre la toxicomanie en
interne depuis que je suis arrivé en 1998. Je suis allé là-bas avec une attitude
très négative: j'allais être l'avocat du diable. Mais je suis revenu en y
croyant."
-
- J'ai rencontré de vrais drogués à la prison de Tijuana, ces gars avaient
changé leur vie : ils ne voulaient plus et n'avaient plus envie de drogues. Ca
m'a ému au point que j'en ai eu la larme à l'oeil".
-
- On a ajourné ce plan de traitement quand les contraintes budgétaires ont
imposé de changer l'utilisation des fonds, explique le surintendant.
-
- Gipson, qui n'est pas scientologue, explique qu'il voudrait continuer à
travailler avec les scientologues locaux pour amener ce programme anti-drogues à
Buffalo.
-
- e-mail: msommer@buffnews.com
|
-
- Rapport spécial sur l'église de scientologie
-
- http://www.buffalonews.com/editorial/20050202/1064176.asp
-
- Par Mark SOMMER,
News Staff Reporter
- Derek Gee/Buffalo News, 2 février 2005
- [Texte
intégral]
- Les critiques venant du dehors sont inacceptables
-
- Les parents qui mettent la scientologie en doute constatent que
- les membres
de leur famille rompent tout lien
-
- Il y a deux ans, Tanya Durni a reçu une lettre de son frère.
Mais ce n'était pas aimable. Fred Lennox expli- quait qu'il "déconnectait"
complètement d'elle. Son délit ? Avoir critiqué la scientologie, en particulier dans un forum sur
Internet. Ça a secoué sa soeur, qui tient une boutique au golf de Oak Hill
à Rochester.
-
- C'est comme si quelqu'un m'avait dit "Ton frère vient de
mourir", explique-t'elle. Mais ce qui est arrivé à Tanya ce jour-là n'a rien d'inhabituel.
Les parents et amis des scientologues, y compris leur époux, les
enfants ou les parents - qui ne seraient pas d'accord avec la scientologie sont
estimés "Suppressifs" - Ce qui signifie que l'église considère qu'ils veulent
détruire et faire du tort à la scientologie.
-
- Les directives sévères de feu L. Ron Hubbard, fondateur du
mouvement, exigent que les membres persuadent leurs proches de cesser les
critiques - sinon, ils coupent tout contact.
- Les critiques racontent qu'ils ont vu ce même scénario se
reproduire sans cesse
-
- Cette règle est particulièrement mauvaise pour les familles,
c'est comme une porte d'acier qui empêche toute forme de dialogue avec les gens,
explique le Révérend Robert W. Thornburg, doyen émérite de la Chapelle Marsh de
l'Université de Boston, expert en pratiques religieuses
destructrices.
-
- "La plus forte menace scientologue - grâce à quoi elle
contrôle les membres - consiste à les étiqueter suppressifs, explique Richard
Dunning de Niagara Falls, ancien vice-directeur de la scientologie de Buffalo
entre octobre 2001 et mai 2003.
-
- Du fait qu'Hubbard a écrit que les gens suppressifs gènaient la
progression spirituelle, leur influence sur la scientologie doit être minimisée
ou totalement éradiquée.
-
- Joseph Sgroi, le plus important mécène de la scientologie à
Buffalo, explique que cette pratique est utilisée en dernier ressort, uniquement
lorsque quelqu'un continue à être hostile à sa religion.
"Si un parent a un effet "incroyablement négatif" et refuse de
changer, dit-il, "ce peut être normal de ne plus avoir affaire à
lui." "Le concept n'est pas de détruire les familles, mais de les
souder," dit-il.
-
- Al Buttnor, le porte-parole canadien de l'église, explique que
les scientologues accordent beaucoup d'impor- tance au mariage, à l'éducation des
enfants et à la famille.
-
- Tanya Durni n'est pas seule à être accusée par le centre de
Buffalo de répandre des points de vue anti-scientologie. L'église a accusé le frère ainé de Fred Lennox, Jeff, de faire
passer de la "Propagande Noire" car il a dit à Fred que la scientologie était
une secte.
-
- Ils ont expédié une lettre aux accents menaçants, expliquant
"qu'il disait de smensonges sur la scientologie", dit Fred. Au bout du compte, l'église a dit à Fred de passer devant son
Comité d'Investigation ("Board of Investigations"). Il devait subir une
"vérification de sécurité", un sec check. Il s'agit d'une méthode au cours de
laquelle on pose des questions à un scientologue sur ses transgressions morales,
en se servant d'un genre de détecteur de mensonges nommé
"électromètre".
-
- Les membres de la famille ont dit que son engagement dans le
mouvement avait beaucoup affecté ses autres parents. Tanya se souvient
: "Pendant des années, je n'ai rien dit au
sujet de la scientologie. Rien à faire, c'était comme si elle nous
contrôlait."
- Frank Green, qui habite Blasdell, a posté quelques commentaires
critiques de la scientologie sur Internet. Comme pour madame Durni, il explique que la scientologie a
essayé de détruire sa relation avec un parent, dans son cas, c'était sa nièce
Heather Barvian, scientologue.
-
- Les actions ont mené Monsieur Green, retraité d'une aciérie, à
faire une manifestation tout seul devant l'église, en septembre. Il a pris un
panneau marqué "La $cientologie détruit les familles", avec le $ du dollar au
lieu de la lettre S.
-
- Il explique: "Elle a saboté la famille, démoli l'entente avec ma
nièce et mes petits-neveux. Pendant des années, ce fut le vrai cauchemar. Je
savais que ce n'était pas la Heather que je connaissais qui faisait ça. On l'y
poussait."
-
- Mme Barvian, qui habite désormais au Colorado, nie que la
scientologie soit pour quoi que ce soit dans cette rupture. Elle dit que son oncle a posté des messages sur Internet,
menaçant de kidnapper sa famille hors des griffes de la scientologie et de la
ramener dans l'état de New York. Elle dit qu'il a aussi essayé de l'empêcher de
mettre un terme à son mariage, union qu'elle estimait abusive. Green dit que tout cela est faux.
-
- Les critiques de la scientologie décrivent les bases
scientologues comme étant des instruments de contrôle efficace envers les
membres.
-
- Le livre d'Hubbard "Introduction à l'éthique" donne une liste de
plus de cent "délits" "crimes et "crimes capitaux" faisant partie du code
disciplinaire de l'église.
-
- "C'est un système de contrôle extrême, qui vous colle dans une
bulle étanche", dira Dunning, l'ancien directeur de Buffalo. "On n'ose pas
discuter avec qui que ce soit ni lire quoi que ce soit qui soit critique du
mouvement, car Hubbard explique que cela fait de vous un
complice."
-
- Les crimes graves comprennent le fait d'avoir des relations avec
des critiques de la scientologie, ou de se moquer des règles
scientologiques.
-
- Le Professeur Stephen Kent, sociologue de l'Université
canadienne d'Alberta, qui a longuement disserté sur l'église, explique que
l'attitude agressive de la scientologie envers ses critiques y compris les
parents est en fait intrinsèque. "Apprendre le système éthique interne alternatif de la
scientologie est une part intrinsèque du fait d'être adepte, ce qui fait que la
survie de la scientologie est vitale, et ce qui rend l'attaque envers les
critiques indispensable", dit-il.
-
- Le Buffalo News a obtenu une copie de "l'Ordre d'Ethique" de
l'église à propos de Fred Lennox; il est daté du 1er mars 2002. L'ordre dit que
Lennox doit "manier ou déconnecter" de sa soeur. Il ajoute: "Il a été porté à
mon attention que la soeur de Fred a répandu de l'entheta sur Internet
[néologisme hubbardien qui signifie contre-survie, opposé à la scientologie].
C'est la seconde fois que cela se produit pour la soeur de Fred au cours des
huit derniers mois. Fred est informé que s'il ne manie pas ou ne déconnecte pas,
il sera déclaré PTS type A (source potentielle de troubles dans
le jargon scientologue,
ndt).
-
- Cette déclaration de "PTS" empêcherait le scientologue de
continuer à prendre des cours ou des séances d'audition (conseil) exigés pour la
progression spirituelle.
-
- Arnold Markovitz, directeur de la Hotline sur les sectes que
fourni le Conseil Juif à la famille (Jewish Board of Family) et les Services à
l'enfance de New York City, raconte que l'agence rencontre des clients angoissés
par les ordres de déconnection scientologues. "Si les parents se plaignent - on voit souvent ça avec des
parents d'enfants adultes, le membre essaie de manier; mais si la critique
persiste, il y a une distanciation progressive jusqu'à la lettre de
déconnection."
-
- C'est ce qui s'est passé pour la soeur de Lennox voici deux ans.
Elle dit qu'elle l'a averti que quand elle déposerait ses critiques publiques
sur la scientologie, l'église le forcerait à ne plus lui parler."
Il insistait : "cela n'arriverait jamais", se
souvient-elle.
- Lennox, 46 ans, a passé la moitié de son existence en
scientologie. Tracy Kane, sa soeur ainée, explique qu'il s'agissait d'un
enfant très sensible, avec une entente particulière pour les enfants et les
animaux. Les mem- bres de la famille supposent qu'il a eu des difficultés pour
apprendre qui n'ont pas été diagnostiquées. Elle ajoute qu'il a été recruté à
une période où il semblait particulièrement frangile.
-
- Cela corroborerait une tendance de l'église à viser des gens
impressionables, explique Thornburg, spécialiste en pratiques religieuses
destructrices qui considère la scientologie comme une secte.
-
- Chez ceux qui n'ont pas l'impression d'être à leur place, cela
développe un sens d'appartenance immédiat; ils contrôlent les gens qui y
pénètrent aussi complètement que tous les groupes destructifs que j'ai
étudiés."
-
- Lennox est entré en 1980, il est devenu employé de l'église de
Buffalo en 1984, et membre de l'élite sciento- logue "Sea Org" en 1986. Il est
alors parti à Clearwater, Floride. L'église croit en la réincarnation et Lennox
a donc dû signer le contrat d'un milliard d'années avant de joindre la Sea
Org.
-
- Lennox a finalement quitté la Sea Org et repris ses cours
scientologues à Buffalo.Il vivait chez ses parents en 2001, avec un travail à 7 dollars
de l'heure, lorsqu'il hérita de 25'000 dollars, raconte Tanya
Durni.
-
- Peu après avoir parlé de son héritage à un cadre scientologue,
du courrier et des nouvelles cartes de crédit arrivèrent chez lui, incluant de
grosses dépenses faites en scientologie.
-
- "Il fallait connaître Fred pour se rendre compte qu'il ne savait
même pas demander une carte de crédit, dit sa soeur; il a vraiment fallu
l'emmener pou qu'il puisse ouvrir un compte en banque: c'est eux qui ont appelé
et qui ont dû lui faire signer les demandes sur la ligne en
pointillés."
-
- Peu après, Fred partait en croisière sur le navire scientologue
qui croise dans les Caraïbes, et où les sciento- logues prennent des cours
coûteux. Durni pense que la scientologie a poussé son frère à aller sur
le bateau pour l'isoler et lui faire dépenser plus vite encore son
héritage.
-
- Lennox était supposé passer une semaine là-bas; puis
deux. Au bout de 41 semaines et demie, Durni appela en lui racontant
qu'il y aurait davantage d'argent dans l'héritage. Il fut de retour en moins de
quarante-huit heures, dit-elle.
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- Sa soeur explique qu'en si peu de temps, il avait non seulement
dépensé tout l'héritage, mais qu'il s'était mis dans les dettes jusqu'au cou: il
devait 40'000 dollars, et avait donc dépensé 65'000 dollars en cours, livres et
cassettes, frais de voyage, et à rembourser une "dette de déserteur" à
l'église.
-
- La dette de déserteur (freeloader debt) constitue ce que doit un
employé scientologue quand il quitte avant la fin du contrat d'un milliard
d'années, s'il veut quand-même rester membre du groupe. L'église explique que
c'est le remboursement des cours pris "gratuitement" pendant qu'on est
employé.
-
- Teresa Reger, présidente de l'église de Buffalo, a pris la
défense de la durée du contrat et de la pénalité qu'on paie quand on veut le
rompre. "C'est la règle qu'ils connaissent quand ils signent le
contrat", dit-elle.
-
- Sa soeur ainée Kane, illustratrice de livres pour enfants à
Durham, New Hampshire, pense que la scientologie a tiré profit de son frère de
façon éhontée. "Lorsqu'il a hérité, j'ai vu comment ils l'ont sucé et fait
tourner ses cartes de crédit pour obtenir de l'argent qu'il n'avait pas,
explique Kane; puis ils l'ont laissé à nouveau tomber, car ce n'est pas
quelqu'un qui peut remuer le monde; pour eux, il ne vaut qu'en proportion de son
argent."
- Personnalité changée
-
- La famille Lennox avait espéré que Fred, qui travaille à temps
partiel dans une boulangerie de supermarché, quitterait la
scientologie. Ils ont tenté une intervention voici plusieurs années, avec
l'aide d'une personne qui conseille les victimes de sectes.
-
- "J'ai alors observé une chose effrayante
: on voyait qu'il était
contrôlé par quelque chose," se souvient sa soeur ainée.
-
- Le journal a tenté d'atteindre Fred Lennox qui a refusé, mais
les scientologues ont dit qu'ils essaieraient d'entrer en contact avec
lui.
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- Mardi, une déclaration signée de Fred Lennox faxée au journal
racontait "qu'il devrait être libre de faire ce qu'il veut de sa vie et de son
argent. "Je n'ai pas de regrets d'avoir donné l'argent à mon église et
je l'ai fait librement, dit la lettre. Je vis ma propre vie, et pas celle que me
dictent ma soeur ou les membres de ma famille."
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- La lettre continue: "J'ai des buts et des rêves et mon église
m'aide dans ce sens. Le problème vient des gens qui m'empêchent d'atteindre mes
buts et mes rèves ... si ma soeur cessait de rendre ma vie misérable par rapport
à mon église et mes choix dans l'existence, je serais heureux de discuter avec
elle. Il y a eu une période où nous étions très proches et ça me
manque."
-
- Jeff, le frère de Fred, explique que le journal a reçu cette
lettre parce que Al Buttnor a contacté Fred et demandé une déclaration pour
l'article du journal. Fred a dit à son frère qu'il n'avait rien fait dans
l'église "depuis longtemps" lorsqu'elle l'a contacté et qu'elle lui a demandé
d'écrire la déclaration, ce qu'il a fait lundi avec l'aide des cadres
scientologues.
-
- Mardi matin, Jeff Lernnox a dit que son frère paraissait parfois
fier de l'église, et intimidé à d'autres. Il a comparé par métaphore trois ou quatre fois la scientologie
à la maffia; je ne l'ai jamais entendu dire ça avant, dit Jeff."
Il y avait comme un vent de futilité, ajouta
Jeff.
-
-
"Quand aux efforts de Tanya contre la scientologie, Jeff cite
alors ce que Fred en a dit: "Autant jeter des cailloux sur l'Empire State
Building".
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- e-mail: msommer@buffnews.com
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- Washington montre la France du doigt
- pour ses lois contre les
sectes
-
- AFP, 8 novembre 2005
- [Texte intégral]
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- WASHINGTON - La France est montrée du doigt, dans un rapport annuel du
département d'Etat américain publié mardi, pour sa "législation restrictive"
visant les minorités religieuses que les Français qualifient de "sectes"
ou de "cultes dangereux".
-
- La France n'apparaît qu'à la fin du 7e rapport américain sur les libertés
religieuses dans le monde, bien derrière des pays comme la Birmanie, la Chine ou
Cuba accusés d'avoir des "actions totalitaires ou autoritaires pour contrôler
les croyances ou les pratiques religieuses".
-
- Comme il l'avait fait l'an dernier, le département d'Etat insiste sur les
"inquiétudes" de certains groupes reli-
gieux à propos des lois de 2001
dite About-Picard, contre les dérives sectaires, et de 2004 sur l'interdiction
du port de signes religieux à l'école publique.
-
- Mais Washington ne manque pas de souligner que la Constitution française
"garantit la liberté de religion et (que) le gouvernement respecte
généralement ce droit dans la pratique".
-
- Paris a une "politique établie de surveillance de l'activité des cultes
potentiellement dangereux", avec la création en 2002 de la Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
-
- Le document souligne en particulier la
condamnation, en juillet 2005, d'Arnaud Mussy, gourou de la secte
apocalyptique Néo-Phare, à trois ans de prison avec sursis.
-
- La justice française s'était appuyée sur la loi
About-Picard pour condamner le gourou, reconnu coupable d'avoir "abusé
frauduleusement de l'état d'ignorance et de faiblesse de plusieurs personnes en
état de sujétion physique et psychologique".
-
- Des membres de l'église de Scientologie, non considérée comme une secte aux
Etats-Unis, ont fait état de cas de discrimination, de plaintes sans fondement
et de poursuites pour activité prétendument frauduleuse, précise aussi le
rapport.
[..........] Pour plus
d'informations: rapport
annuel - www.state.gov
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- Une
condamnation non acceptable selon le
- rapport annuel du
département d'Etat américain
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- AFP, 10 décembre 2004
- [Texte intégral]
- Un gourou de secte condamné pour abus "sujétion psychologique"
fait appel
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- NANTES - Arnaud Mussy, gourou de la secte apocalyptique Néo-Phare, condamné
en novembre à trois ans d'emprisonnement avec sursis à Nantes en vertu d'une
nouvelle loi renforçant la répression des sectes en France, a fait appel du
jugement, a-t-on appris jeudi auprès de son avocat.
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- Arnaud Mussy, 38 ans,
condamné le 25 novembre par le tribunal correctionnel de Nantes en vertu de la
loi d'About-Picard du 12 juin 2001 pour avoir "abusé frauduleusement de l'état
d'ignorance et de faiblesse de plusieurs personnes en état de sujétion physique
et psychologique", a fait appel le 2 décembre, a indiqué à l'AFP son défenseur,
Me Fabrice Petit.
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- Ce jugement était la première application en France de la loi
d'About-Picard.
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- M. Mussy, qui dit être le Christ, avait été poursuivi après le suicide d'un
membre de 29 ans de la secte Néo-Phare, Jérémie, le 14 juillet 2002, et à
la tentative de suicide de deux autres membres durant le même mois.
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