LA
PROLIFERATION DES SECTES AUX USA
La liberté de parole utilisée pour
compromettre les libertés démocratiques
-
Joseph CISAR
- Ici
le
résumé des points traités
-
- Communication envoyée par Joseph
Cisar
pour la Conférence de NOVOSIBIRSK, 9-11 nov.
2004
- Traduction Jacques Richard, président
honoraire de la FECRIS

- «Sectes totalitaires et Etat démocratique»
-
- Joe Cisar, ancien combattant du Viet-Nam,
puis Scientologue de haut rang, membre de la «Sea-Org», s'est évadé de la
«corporation» en 1997, après
qu'un responsable d'«éthique»
lui ait demandé de retourner dans les sous-sols
du Cedar Complex à Los Angeles, où
suite à un concours de circonstances il avait
rencontré des condamnés au RPF (Rehabilitation
Project Force), un des sinistres lieux concentrationnaires
de la Scientologie (d'après Stephen A. Kent,
Brainwashing Scientology's RPF, oct, 2000).
-
- Introduction
-
-
L'auteur Américain n'est pas affilié
à une organisation, mais il a une expérience
personnelle de l'endoctrinement dans une secte.
Il a une formation universitaire sur les médias,
et il est coutumier de chroniques sur les sectes
dans les médias aux Etats-Unis, en Allemagne
et en Russie. Dans le présent article il
donne un compte-rendu personnel d'évènements
choisis pour leur exemplarité quant à
la manière dont les sectes se sont étendues
aux Etats-Unis au cours des deux dernières
décades.
-
- Position du problème
-
- Cet
article est confronté au problème
de la description exacte d'une action non scientifique: Comment des sectes se servent des médias
pour déterminer un effet direct sur la démocratie.
D'une certaine façon cette action de la part
de sectes procède du mélange de deux
arts: se servir de n'importe quoi pouvant servir
une cause. Peu importe à quoi cela entraîne
pourvu que l'effet soit obtenu; et d'autre part
se servir de la science, ce qui va jusquâ'à
employer la technologie grâce à laquelle
cet art (de se servir de n'importe quoi) est produit.
-
-
Les sectes destructrices emploient des méthodes
qui induisent des opinions sans informations à
la base. Elles usent pour les relations publiques
de méthodes visant à ne pas être
reconnues par les médias. Au cours des deux
dernières décades ces actions ont
déterminé des effets sur la politique
des USA. Un effet de ce genre a été
la collaboration, ou tout au moins la perception
par le public d'une coopération sur des points
essentiels de la part de sectes à partir
d'églises, d'institutions d'enseignement,
de milieux gouvernementaux ou commerciaux, y compris
à partir de médias.
-
- Faits potentiellement
significatifs
-
- 1. Les lois sur la diffamation favorisent
les accusateurs riches et procéduriers
-
- Dans
le système judiciaire américain les
accusateurs n'ont pas à payer de dédommagements
s'ils ne gagnent pas dans un procès en diffamation.
Considérant les éditeurs se défendant
contre les accusations en diffamation par des sectes, cela signifie pour eux que les dépenses
judiciaires sont de première importance,
quand des articles contiennent certains mots facilement
repérables par le public, et qui sont critiques
envers les sectes, tels que «cult»(secte), «destructive»,
ou «totalitaire».
-
- Par exemple, quand
le magazine Time a été poursuivi en
1991 pour un article intitulé: «Scientology: the cult of greed» (la secte de la rapacité),
il a été rapporté que l'éditeur
du magazine a dépensé 7 millions $
pour sa propre défense. En plus de cela,
les agents de la Scientologie n'ont pas exclu d'autres
actions judiciaires pour une période de dix
ans.[1]. Même, bien que le tribunal ait statué
en première instance contre la Scientologie,
et en faveur de Time, le magazine a dépensé
tant d'argent pendant tant d'années pour
se défendre contre la «secte du pouvoir», qu'apparemment d'autres éditeurs
ne veulent plus courir le risque d'évoquer
la Scientologie en termes de «cult»,
même si le mot «secte», en lui-même
ne fournit pas forcément le motif pour un
procès.
-
- Ceci, combiné avec les raisons
citées plus haut, peut être considéré
comme un facteur majeur quant à l'absence
dans les médias américains du mot
«secte» employé en référence
aux sectes qui agissent aux USA
-
- Un exemple contemporain: lorsque dernièrement Margaret Singer, auteur
de «Sectes parmi nous», a écrit
son introduction, elle a été dissuadée
de nommer les organisations auxquelles elle se référait
en composant son livre, ceci à cause des
possibles procès en diffamation sus mentionnés.
Le choix était clair; si en tant qu'auteur
elle avait qualifié de «sectes»
les organisations sur lesquelles elle écrivait,
elle n'aurait pas obtenu que son livre soit publié.
Alors même que cela peut sembler mineur par
ce que ce n'est pas un fait particulièrement
spectaculaire, la littérature universitaire
ne sert pas de base en matière judiciaire
et pour le droit administratif. [2]
-
- 2. La peur de
poursuites a été exploitée
-
-
Une interaction moins spectaculaire concernant les
sectes s'est produite au sein du système
judiciaire américain: un des leaders d'organisation
sectaire, Sunn Myung Moon, fondateur de l'église
de l'Unification, a réussi, selon toutes
apparences, à gagner la sympathie de certains
«Evangélistes». Précisément,
si le gouvernement ne pouvait pas envoyer Moon en
prison, c'était parce que cela pouvait facilement
être présenté, dans le contexte
des années 1984, de telle sorte, que des
Chrétiens ne faisant pas partie d'églises
majoritaires, ou des fondamentalistes, auraient
pu aussi être emprisonnés du fait de
leurs croyances. Le Rev. Jerry Falwell est une personnalité
que l'on doit citer à cet égard [3].
Dans ce cas-là, Moon a retourné sa
condamnation à son propre avantage en gagnant
un sympathisant important du point de vue médiatique.
La peur de poursuites apparaît comme un facteur
important dans l'alliance de sectes fondamentalistes
actuelles à la fois aux USA et en Europe,
particulièrement en France.
-
- 3. Affirmer (leur)
liberté vis-à-vis d'interventions
du Gouvernement
-
- Un groupe différent de fondamentalistes
qui a fourni un soutien aux sectes, est la CBN (Christian
Broadcasting Network) très respectée,
et très influente par ses relations publiques.
Son fondateur, Pat Robertson a été
candidat à la Présidence dans les
années 80. Alors que Robertson donnait et
donne encore une voix publique pour l'opposition
à certaines sectes, l'héritier de
son empire médiatique n'a pas toujours fait
la différence entre CBN, et ceux qui sympathisent
ouvertement avec ses demandes pour l'extension des
droits en faveur des organisations religieuses.
-
- Alors que CBN n'appuie pas forcement des sectes
spécifiques, elle a diffusé des écrits
s'opposant à la loi française grâce
à laquelle les Français avaient obtenu
la possibilité de poursuivre des organisations
manipulatrices. [4]
-
- Ainsi un manque organisé
de confiance dans le gouvernement, combiné
avec une hausse organisée de la peur de vérifications
et de poursuites peuvent avoir été
un facteur plus important quant à l'opposition
de CBN à la loi française plutôt
qu'une mauvaise action délibérée.
L'opposant le plus patent à cette loi française
spécifique, la Scientologie, diffère
nettement (de CBN, ndt), en ce qu'elle
a une histoire faite de problèmes judiciaires
et de méfaits, pas seulement en France. Il
faut noter que beaucoup d'autres religions majoritaires
appuient les nouvelles lois, qui, aux USA,donnent
aux organisations religieuses des avantages supplémentaires
à la fois pour les individus et pour d'autres
organisations.
-
- 4 . Abandon des valeurs pour recruter
des membres
-
- D'autres organisations religieuses soutiennent
les tactiques de recrutement des sectes, tactiques
auxquelles il y a vingt ans elles étaient
opposées. Par exemple des membres potentiels
peuvent se voir dire de fonder une décision
importante sur autre chose que de l'information,
décision telle que celle de quitter leur
métier et de travailler sans salaire pour
la secte. Une base de décision typique, au
lieu d'une information, consiste en le jeûne,
et à rester toute la nuit à prier.
Il est typique que des organisations religieuses
présentent cela comme une tactique de survie
grâce à laquelle des gens qui autrement
n'ont aucun autre endroit où aller, peuvent
prendre part à une communauté saine,
sociale, religieuse.
-
- 5. Employer la reconnaissance
du Gouvernement pour affirmer que l'organisation
est (honorable) «under control»
-
- Par
un geste qui renforce le lien possible entre les
sectes et les religions, dans une perspective financière,
le leader de l'église de Scientologie, David
Miscavige, a obtenu un avantage pour des dizaines
d'organisations Scientologues, tel qu'aucune autre
organisation ni fondamentaliste, ni autre, n'en
a obtenu aux USA. Miscavige a manoeuvré pour
obtenir l'exemption d'impôts pour les actions
scientologues de «counselling» (soi-disant
«pastorales», ndt). Il l'a fait au
moyen du secret à garder pour protéger
la discrétion («privacy») de
la corporation; et ceci en dépit du fait
que les marchandises et les services offerts par
la Scientologie sont vendus sous des conditionnements
commerciaux.
-
- Cet exploit a été réalisé
en 1993, environ dix ans après que onze des
dirigeants de la Scientologie aient été
mis en prison pour cambriolage de bâtiments
gouvernementaux, et pour surveillance illégale
du Gouvernement, y compris de l'IRS (Trésor
Public Fédéral). A partir de ce moment
la Scientologie a pu se promouvoir, et s'est vraiment
promue dans le reste du monde comme étant
officiellement reconnue pour une authentique religion
par le Gouvernement des USA.
-
- 6. Le rapport annuel
américain sur la liberté religieuse.
-
-
Une liaison importante a été établie
entre les sectes, les églises et l'Etat en
1998, lorsque le Congrès des USA a voté
le «International Religious Freedom Act».
Le but primitif de cette loi était d'aider
dans le monde entier les gens qui étaient
persécutés injustement du fait de
leur religion.
-
- En tant que l'un des initiateurs
de la loi, le Sénateur américain Arlen
Specter a écrit le 12 septembre 2000 en réponse
à une enquête: «La grande tragédie
non écrite des droits de l'homme dans la
présente décade est que des Chrétiens,
des Tibétains, des Bouddhistes, des Juifs
et d'autres minorités religieuses sont persécutées
en grand nombre dans le monde entier. Les meurtres,
les viols, les emprisonnements, la torture et l'enlèvement
sont coutumiers envers beaucoup de croyants, dans
un grand nombre de pays».
-
- Pour les pires
transgresseurs, continuait le sénateur, la
loi impose des sanctions commerciales proportionnées
ciblées. Il est significatif pour le propos
du présent article, que la loi ait été
écrite à l'origine en réponse
au viol physique des gens, et non pas en réaction
de la part de groupes sensibles au fait d'être
qualifiées «cult» ou «sect», ce qui est plus du domaine de la liberté
de langage, qu'une action relevant du pénal.
-
- Cependant au cours du processus destiné à
faire voter la loi, l'expression («cult»)
a été introduite dans la loi, expression
qui a permis à un groupe autoproclamé,
et même à un groupe qui employait systématiquement
une technologie destructive, de rapporter à
l'ambassade américaine une longue série
d'incidents survenus dans des pays étrangers
comme des entraves mises à la liberté
de pratique religieuse. Conséquemment dans
le rapport annuel du Département d'Etat sur
la liberté religieuse et sur les droits de
l'homme, différents pays ont fait l'objet
d'un avertissement s'ils employaient les mots «cult» ou «sect» pour décrire
les «cults» américains.
-
- Il
n'y a rien d'illégal aux USA, ni en dehors
d'eux quant au fait d'appeler secte une secte mais
le Département d'Etat a dit que cette pratique
«stigmatise» les «minorités
religieuses». L'administration, qui, au
départ se souciait de meurtre et de torture
en relation avec l'appartenance religieuse, s'inquiète
au lieu de cela de ce que les mots «sect»ou «cult» soient employés
pour qualifier un groupe ou une personne en faisant
partie.
-
- Cette notion n'a pas force de loi de par
la loi elle même, mais elle a réellement
la force de menaces de sanctions par les USA.
-
- 7
Comment le mot «cult» est devenu impropre
au plan politique.
-
- En répandant ce concept
de réserver l'usage du mot «cult»
à la stigmatisation de minorités religieuses,
il est vraisemblable que, pour se justifier, le
Département d'Etat s'est référé
à une catégorie de littérature
universitaire produite par des universitaires de
langue anglaise.
-
- Pendant les vingt dernières
années certains universitaires ont procuré
une quantité de conclusions ne pouvant qu'être
utiles aux sectes qui s'efforcent d'éviter
d'être reconnues et repérées
dans le domaine de l'opinion publique et dans celui
de la manipulation mentale. Par exemple plus d'un
universitaire s'est servi du conflit de Waco, au
Texas, avec la secte «Branch Davidian»,
comme typique de «moral panic» [5] dans
une tentative d'illustrer que l'emploi du mot «cult» réduit la responsabilité
du public et celle de la police.
-
- Précisément,
pendant les quelques mois au cours desquels les
«Brach Davidians» étaient assiégés
dans leur enceinte au Texas, les médias les
dénommaient constamment «cult».
Sur le plan pratique, une raison d'employer le mot
«cult» vient de ce que c'est un mot
que la plupart des gens comprennent facilement.
De plus «cult» convient très
bien au raccourci qui est indispensable dans l'industrie
de l'information. Ce n'est pas un phénomène
ne concernant que les sectes.
-
- Selon la littérature
universitaire, pourtant, quand le public a vu le
mot «cult», les gens sont devenus
furieux à l'excès et ils ont demandé
aux Autorités une action décisive
immédiate. Le FBI, sous cette pression bouillonnante,
n'a pas eu vraisemblablement d'autre choix que d'opérer
le raid fatal sur les «Branch Davidians».
Ce changement de priorité a servi de base
à la conclusion que l'usage du mot «cult» a réellement contribué
à l'absurde perte de vies humaines.
-
- Ce raisonnement
a été employé dans le cas spécifique
de Waco, mais apparemment il n'a pas expliqué
le suicide collectif suivant, qui s'est produit
à San Diego, Californie, avec Heaven's Gate,
qui n'avait pas été catalogué
«cult» dans les principaux médias
avant Cette catastrophe. Ce raisonnement n'explique
pas non plus pourquoi les adeptes de sectes Qualifiés
«cult» dans les milieux du divertissement,
qui eux aussi sont cités de façon
péjorative, tels que Star Trek, Elvis Presley,
le Hobbit et de nombreux autres que Star Trek, Elvis
Presley, le Hobbit et de nombreux autres sont non
seulement en vie, mais prospères et réussissent.
-
- Par rapport à ces mouvements, le fait d'avoir
été présentés comme
«cult», peut même être considéré
comme facteur de réussite, et comme digne
d'être imité. En dépit de cette
contradiction, des organisations particulièrement
sensibles au pouvoir de la
chose écrite continuent de fournir le témoignage
que l'emploi du mot «cult» a un effet
négatif sur leurs membres.
-
- Combiné
avec le procès de la Scientologie contre
le magazine Time, le sens préférentiel
donné à ce mot, a presque retranché
le mot «cult» des médias américains,
même dans le cas de plus en plus rare où
une secte en pleine action, manipulatrice et destructrice
fait l'objet d'informations.
-
- 8. Comment les sectes
considèrent leurs anciens membres.
-
- Une autre
conclusion présentée par des Universitaires
de langue anglaise, qui a été utile
aux sectes a été le «Satanic
Cult Scare» (alarme sur la secte satanique).
L'auteur [6] de cette théorie devenue très
répandue disait que les anciens membres de
sectes n'étaient pas crédibles lorsqu’ils
citaient un Sataniste qui mentait sur son ancienne
secte.
-
- A partir de cela, quand d'anciens membres
de sectes témoignaient sur leurs anciennes
sectes, les références au «great satanic scare», ou à une autre
littérature aussi imaginaire ont été
employées pour renforcer la généralisation
que les «apostats», c'est-à-dire
ceux qui ont abandonné les sectes, sont
relativement non-crédibles.
-
- Le contexte
de cette vaste généralisation a rendu
de même valeur les sectes américaines
traditionnelles du 19ème Siècle et
les nouvelles sectes du 20ème. Ainsi cela
a formé un lien entre ces deux groupes dans
les milieux universitaires. Il peut y avoir une
petite part de vérité dans l'idée
que les apostats ne soient pas crédibles,
mais il serait plus correct de dire que les informateurs,
en général, appartenant ou non à
une secte sont tristement non crédibles.
D'un point de vue positif, il est probablement convenable
de dire que les anciens membres en savent plus sur
leur secte, que ceux qui ne l'ont pas été,
même si c'est à un moindre degré.
-
-
9. Les commerces usent de techniques de dissimulation
pour accroître les ventes.
-
- Un exemple de mise
en oeuvre préparatoire à une technologie
trompeuse et possiblement dangereuse est illustrée
par le «undercover marketing» (démarchage
secret). Ce démarchage secret, comme il correspond
aux sectes, peut être illustré en soulignant
la différence entre cult dans le sens de
divertissement et secte de tromperie. Par la promotion
d'un jugement sans information préalable,
avec de plus la suppression de la communication
et le discrédit ou la prise de contrôle
sur les sources de désaccord, on peut dire
que les sectes destructrices s'efforcent de brouiller
les pistes entre la manière dont elles se
définissent elles-mêmes et leur clientèle.
-
-
Ceci est effectué comme une tactique de survie,
précisément pour éviter d'être
perçues, reconnues et identifiées.
Dans un divertissement «cult», au
contraire, la limite entre les acteurs et le public
est normalement clairement disposée sous
forme d'un écran par exemple. Les sectes
trompeuses, de quelque façon envoient leurs
agents parmi le public. Le public peut ne pas être
au courant de ce qu'il est visé. Les acteurs,
au lieu de représenter ouvertement la réalité
depuis une scène, opèrent comme des
membres du public afin d'altérer sa perception
de la réalité.
-
- Dans la pratique commerciale
US, cette pratique a été appelée
«undercover marketing». Selon la description
de ce «job» un acteur est payé
pour combler l'attention du public sur le produit
d'une société (un nouveau gadget électronique
ou un livre récemment publié), comme
s'il (ou elle) n'était pas un acteur payé
pour cela. Le but immédiat, est bien sûr
de lancer un slogan pour la compagnie, et l'objectif
à long terme est de faire plus de profit.
-
- 10. Les contrats comme moyens de se déresponsabiliser.
-
-
Dans l'exemple précédent l'agent-acteur
fonctionne non pas comme un membre de la respectable
société, mais comme quelqu'un d'indépendant,
qui propose un contrat. Il n'est pas du tout inhabituel
pour une compagnie honorable de prendre des contacts
avec des Participants à son opération
qui soient potentiellement en marge de la loi, ou
en tous cas moralement inacceptables.
-
- Ceci peut
inclure de collecter des noms, des informations
personnelles
et des numéros de téléphone
pour dans un but de «télémarketing». Le télémarketing, comme les
sectes, peut être un moyen utile, mais on
en a abusé pendant tant d'années que
les agents de télémarketing en général
ont acquis dans l'ensemble une mauvaise réputation.
-
- 11. Les médias deviennent moins vigilants
-
-
En partie à cause des restrictions budgétaires
et de la concurrence accrue, les médias peuvent
aussi profiter, au point de vue commercial d'une
restriction d'information.
-
- Dans ce cas, lorsqu'une
société publie un document informatif
sur elle-même, et qu'une agence d'information
en parle comme d'une nouvelle, le public peut ne
pas être au courant qu'il lit un très
préjudiciable plaidoyer pro domo pour le
produit d'une société, mais il peut
interpréter l'article comme un exposé
responsable, objectif et équilibré.
-
-
Un bon exemple à cet égard, ce sont
les articles répétitifs des Raëliens
sur les bébés humains clonés.
-
- Conclusion
-
- Pour des raisons qui ne sont pas tout
à fait claires, il existe une contradiction
dans la situation des sectes, qui systématiquement
se servent de moyens trompeurs dans leur propre
démarchage subreptice. (ndt: dans un souci
de fidélité, le traducteur préfère
laisser les lignes suivantes dans leur écriture
originale)
-
- «Namely, if a cult wanted to promote
itself as a cult for business purposes, a direct,
a positive way of accomplishing this would be to
strive primarily to improve the reputation of cults
in general, in other words to market cults as an
indispensable commodity. Deceptive cults, however, continue to cloud the issuealtogether with PR
methods that do not constructively use the power
of informed jugement. At the present time, cults
routinely portray the arbitrary outcome of their
own methods as an abundance of views that is so
necessary for a democracy to exist and continue».
-
- «Les sectes
mensongères continuent à employer
les médias pour dissimuler leurs véritables
intentions, en se servant de méthodes louches
de «public relations». Une partie
de ces efforts, dont le but est de mettre les gens
sous [leur] influence, consistant à se présenter
comme agissant en faveur des gens. Pourtant les
sectes ne sont pas une structure démocratique
faite à partir des gens et pour les gens.
Celles-ci sont des sectes qui s'efforcent de se
faire valoir elles-mêmes en se servant des
gens et de leurs institutions démocratiques
».
-
- Trad J.R. 8 janvier 2005
-
- Notes:
-
- [1] «Court
passes on Scientology libel case», 1 October
2001, Associated Press
-
- [2] Michael Burleigh, "Germany
turns Eastwards", Cambridge Press 1988, PAN books,2002
-
-
[3] e.g., september 30,1994, Washington City Paper
-
-
[4] "Under suspicion: Faith in France", George Thomas,
19 june 2002, Christian Broadcasting Network
http://cbn.org/CBN/News/020619a.aspnews
/
[5] Stuart A. Wright. Media coverage of Unconventional
Religion: any "Good News" for Minority Faiths
? Review
of Religious Research, 39(2), 101-115, Dec 1997.
Also Robert Bartolomew. Title of article: collective
delusions: a skeptic's guide, The Skeptical Inquirer,
21, 23-33, may/june 1997.
[6] David G. Bromley.
The Satanic Cult Scare. Culture and Society, 28(4)
55-66, May/June1991.
|
|
"Under
Suspicion: Faith in
France"
by
George Thomas ("CBN News," July 25,
2003)
Using
the equivalent of America's FBI, the French
secret police have increased their scrutiny
on minority groups across France.
PARIS
– One of the oldest democracies in Europe is
accused of violating religious freedoms. France
made headlines, when it took bold steps to control
the activities of certain religious and spiritual
groups.
Passing
a controversial anti-cult law two years ago,
France embarked on what some feared was a trend
to restrict and oversee religious movements.
But the French are not alone. Several other
European governments have expressed interest
in adopting similar laws.
Thousands
gather at a Sunday morning church service in
the Mulhouse, France to worship, pray and hear
from God. It's a familiar scene repeated weekly
across this country and around the world.
But
in this country, where the Constitution states,
"France shall respect all beliefs,"
evangelical churches like one CBN News visited
in the town of Mulhouse, are under suspicion.
Such scenes of absolute devotion to God are
increasingly viewed as fanatical, irrational.
Some even call this church, the largest charismatic
church in the country, a cult.
That
makes Pastor Samuel Peterschmitt's job of bringing
the Gospel to the ends of the earth, all the
more challenging. "Now in France, it is
very difficult to preach the Gospel," said
Peterschmitt.
And
he should know. French security authorities
monitor his services. The pastor explained to
us how this practice works, how the authorities
mingle among the crowd, listening and writing.
"Yes, they are taking information and they
know everything. They want to see what we are
doing," said Peterschmitt.
The
church in Mulhouse is not alone. Using the equivalent
of America's FBI, the French secret police have
increased their scrutiny on minority groups
across France.
Baptists,
evangelicals, and Protestants, along with Mormons,
Jehovah's Witnesses and the Church of Scientology,
report growing intolerance and discrimination.
To
legitimize their crackdown, the government in
Paris has armed judges with a new and powerful
weapon: an anti-cult law to battle the growing
influence of religious movements. Catherine
Picard, a member of the French National Assembly,
helped write the new law.
Picard
is proud to say that the goal is to prevent
groups of a "cult-like character"
from using "psychological and physical"
pressure to recruit and retain followers. "With
this new law, at no time can anyone manipulate
someone by forcing them to join a group,"
Picard said.
Section
I of the anti-cult law makes "mental manipulation"
a crime. Anyone found guilty of causing "a
state of psychological or physical subjection
resulting from serious and repeated pressures
or techniques designed to alter judgement"
faces five years imprisonment.
Courts
can dissolve religious groups and impose heavy
fines. "The goal is to punish illegal religious
practices that harm the dignity of individuals,"
said Picard.
"In
my opinion, the goal of this law is the completion
of the French Revolution — the eradication of
religion in the life of the public in France
and the opening of the door for a purely secular
society," said Joel Thorton of the European
Center for Law and Justice, based in Strasbourg,
France. The ECLJ is the international arm of
the Virginia-based American Center for Law and
Justice.
Thorton
fears the anti-cult law could even criminalize
evangelism by deeming it an exercise in "serious
and repeated pressure."
"This
law puts a person, who has a sincerely held
religious belief that they need to work to convert
people to their religious beliefs, it puts them
at odds with the government almost from the
moment they begin to evangelize people in public
or in private," he said.
Ironically,
in a nation that touts its motto, "Liberty,
Equality and Brotherhood," Picard has a
warning for proselytizers. She said, "Proselytizing
is not authorized by the French government.
When religious groups talk about having the
right to proselytize — the local government
may authorize such activities, but in reality,
such practices are illegal."
Some
argue the anti-cult movement in France intensified
in 1995 following the mass suicide-murders of
members of a secretive cult group.
Two
years later, a commission formed to investigate
the cult movement in France presented the French
parliament with a list of a 172 groups considered
dangerous. Among those implicated were Catholic
charismatics and evangelicals.
"From
that day on we were branded a sect, a cult in
France," said Pastor Vince Easterman, whose
evangelical church in Paris was among those
blacklisted. "After that list appeared,
there was never an opportunity to defend ourselves,
there was never an opportunity for an appeal."
After
six years of legal wrangling, Easterman was
forced to change the name of his church from
Christian Life to Union of Protestant Assemblies.
Since then, other churches have even considered
removing the word "evangelical" from
their names for fear of negative media attention.
"There
is no doubt that in the last 10 years, France
has become increasingly hostile to the Gospel,
and we have had to adapt ourselves to a changing
society, a society that has little respect for
the Bible and Christian moral values,"
Easterman said.
Other
elements of the French law include a ban on
advertising or opening religious centers near
schools, hospitals, or retirement homes. Churches
that traditionally help the down and out run
the risk of being criminally convicted. Targeting
the youth is also illegal.
"If
we want to have children's church, Sunday school,
that can be seen as influencing minors,"
he explained. "If we do work for old people,
it’s preying on vulnerable. If we want to have
a time of prayer and fasting, it’s seen as deprivation
of food and sleep."
International
human rights groups have condemned the law as
anti-democratic and anti-religious. And the
problem could spread. "If something is
not done in France, you are going to see this
law move across Europe, I believe, and you'll
see a Europe that is united in its hostility
to religion," Thorton said.
A
dozen European countries are now searching for
tactics to contain faith groups. And it is not
just the Europeans. China's Communist leaders
are also looking to draw up similar laws based
on the French model to monitor religious activities
in that country.
Picard
acknowledged, "I met with the Chinese leader
of religious affairs."
"That's
not something that you want to be walking around
and bragging about," said Thorton.
Meanwhile,
French and European lawmakers are fueled by
growing public resentment against a perceived
intrusion by American religious groups. "One
person even suggested that it was America's
new way of invading Europe and exercising an
imperial influence in Europe through the cults
and evangelical churches," said Easterman.
"Europe
is very concerned about protecting its democracies,"
Picard said. "We are fully aware that behind
all these prominent religious movements, 90
percent of which comes from the United States,
there are hidden agendas that are against the
democracies."
Back
in Mulhouse, Pastor Peterschmitt braced for
a court battle. A former church member, armed
with the new law, brought charges against the
congregation. If convicted, Peterschmitt could
be imprisoned. His church would be shut down.
But
he says he is not afraid of going to jail. "No
way," he said. "Why must I be afraid?
I cannot say that I will be happy. But if I
must go because I preached the Word of God and
because the church wants to do the will of God,
it will be in this thinking a joy!"
It
is too early to predict whether enforcing this
anti-cult law, passed here in French National
Assembly, will become the norm or the exception.
In the meantime, Christians in France and across
Europe are bracing for what they fear could
be a growing wave of religious intolerance.
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