TRIBUNE LIBRE DU CANTON DU JURA

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Ces textes ont pour seul but d'amener plus de transparence dans un canton dominé par une classe politique arrogante pratiquant des méthodes qui semblent pour le moins exclusives.

Votre coup de gueule est le bienvenu, même si cela concerne un autre canton, une autre opacité cantonale... une aberration administrative ... un prosélytisme abusif... une star manipulée ...

Le Gravis

Voir aussi:  Tribune Libre anti-scientologie

 

Les coups de gueule

Coups de gueule de Jean-Marie Joset, fondateur du Front de Libération du Jura (FLJ):

Coups de gueule de Jean-Luc Barbier, fondateur et président de l'AVDS, du Centre Info-Sectes (Lausanne) et co-fondateur de l'AMR (Association Musique de Recherche / Genève):

Le coup de gueule de Walter Renfer contre la Méditation transcendantale (MT)


Le coup de gueule de Jean-Claude Rennwald contre le ministre jurassien Jean-François Roth


Le coup de gueule du Gravis concernant la «Méditation Transcendantale» (MT) dans le Jura


Le coup de gueule de la députée Lucienne Merguin contre Jean-François Roth un ministre jurassien qui transcende la réalité ...


Quelle est la tolérance des croyants pour les athées ?


Les autorités du canton du Jura sont-elles laxistes face aux dérives sectaires ? 


Les sectes veulent infiltrer les secteurs sensibles

Dans le Jura il n'y a pas que l'avocat Alain Schweingruber dont les méthodes sont contestables


La TSR a-t-elle peur de la scientologie se demande le GRAVIS, le groupe d'aide aux victimes de la scientologie


Crise économique: Les USA mettent sous pression la Suisse


Un supercanton pour répondre à la question jurassienne


Le coup de gueule de Jean-Luc Barbier au sujet des scientologues dissidents «Freezone»

 
Les maltraités d'Histoire jurassienne
par Jean-Marie JOSET , 12 septembre 2003
 
 
«C'est ceux qui ont la parole qui sont dangereux. Et quand il n'y en a qu'un qui parle ...»
 
Photo : Danièle Ludwig
 
Préambule
 
Ceux qui se sont lancés dans la narration de l'Histoire jurassienne récente, càd. depuis 1947, n'ont présenté que des "maltraités d' Histoire jurassienne". Ils ont ignoré, falsifié ou nié, éliminé, des faits probants ayant changé le cours de l'Histoire, ceci dans le but d'attribuer à Béguelin et au Rassemblement Jurassien (le RJ, ndlr), des mérites qui ne sont pas les leurs et des titres auxquels ils n'ont pas droit.
 
Pour avoir été acteur principal, témoin, voire opposant et dénonciateur d'atteinte à l'honneur de ce canton et de leurs auteurs, je me dois de faire oeuvre de mémoire et de rétablir la vérité, pour mes enfants d'abord et pour la jeunesse de ce pays, non contaminée, ensuite, afin de les préserver de la manipulation et qu'ils ne soient pas victimes de l'imposture.
 
Pour les plus âgés, complices de Béguelin ou ses manipulés - et fiers de l'être, - la vérité sera considérée comme un sacrilège.
 
Preuves à l'appui, je démontre par l'écrit qui suit, "La fin d'une supercherie - Autopsie d'une trahison", un résumé succinct mais exact, le destin, les causes de l'éclatement de ce pays, voulu, programmé, inéluctable. De l'auto-démolition.
 
Je suis bien conscient qu'après avoir été seul pour me battre pour ce canton (Marcel Boillat n'étant qu'un boulet) , seul pour pour mener les actions mentionnées, je me retrouve seul à dire la vérité, seul contre des médias qui la refuse pour faire passer la leur, seul à faire face à une population que Béguelin méprisait, (il la traitait de piétaille) qui a été manipulée sans qu'elle s'en rende compte et qui n'est pas prête à brûler ce qu'elle a adoré.
 
Le silence, le désintérêt des Jurassiens est celui de gens trompés et qui reste un non-dit. Mais la vérité fait son chemin.
A propos du dixième anniversaire de la disparition de R. Béguelin
La fin d'une supercherie - Autopsie d'une trahison
 
Le Rassemblement jurassien a été fondé en 1947. En 1951, Berne reconnait le Jura des 7 districts ainsi que le drapeau jurassien. En 1959, une première consultation sur l'ensemble du Jura donne une faible majorité rejetante.
 
En 1962 débutent mes actions au sein du Front de Libération Jurassien (FLJ) qui secouent le Jura, Berne et la Suisse et font prendre conscience à celle-ci du problème jurassien.
 
Mon arrestation en 1964 est due à la délation de R. Béguelin, qui a utilisé sa fonction pour se venger de l'avoir privé d'une de ses conquêtes extra-conjugales, ce qui lui avait valu l'épithète de "cocufieur cocufié".
 
En 1966 avait eu lieu le procès de Lausanne qui a eu un impact indéniable en Suisse et a internationalisé le problème jurassien. A l'issue de ce procès, R. Schaffter avait déclaré : dans un accès de franchise ou d'inconscience : "Le FLJ a fait davantage avancer la question jurassienne en 18 mois que ne l'a fait le RJ en 18 ans"
 
A plusieurs reprises, des conseillers nationaux ont tenté de faire entrer le problème jurassien sous la coupole fédérale. Mais à chaque fois, l'entrée en matière leur a été refusée. C'est ainsi qu'en 1968, du fond de ma cellule, j'ai fait parvenir une demande en grâce qui a été traitée par l'Assemblée fédérale. Jean Wilhem l'avait courageusement défendue. c'est alors que le conseiller aux Etats, Blaise Clerc de Neuchâtel, était intervenu pour demander l'intervention fédérale, disant que la confédération ne pouvait pas me refuser la grâce sans intervenir d'une autre façon. C'est ainsi qu'un mois plus tard, la Commission confédérée des bons offices était créée.
 
Quelques mois plus tard, à Moutier, Béguelin faisait voter l'exclusion du district ALLEMAND de Laufon par l'assemblée des délégués à Moutier, provoquant ainsi le début de l'éclatement de la Patrie jurassienne et une véritable trahison.
 
Afin d'atténuer mon succès et se l'accaparer, il avait fait accepter par la foule à Delémont, une intervention auprès de la Confédération afin de mettre en marche une procédure pour un Jura à six districts, ce qui lui permettrait de satisfaire sa haine germanophobe. Il démolissait ainsi, avec la soutien de gens irresponsables, le Jura historique pour un Jura ethnique Bien plus tard, il a utilisé l'argument fallacieux des "caisses noires" bernoises pour camoufler sa trahison.
 
En 1970, M Henri Huber, conseiller d'Etat bernois, était venu à Moutier, faire une conférence sur les modalités du plébicite. A cette occasion, il avait déclaré textuellement, - une franchise qui avait eu l'effet d'un bombe -, "Ce n'est pas à cause du RJ, mais à cause des ACTIONS du FLJ, que le Gouvernement bernois a changé de politique". C'est aux mêmes actions qu'est dû l'abandon du projet de place d'arme aux Franches-Montagnes, ainsi que la venue du conseiller fédéral Wahlen à Saignelégier.
 
Cette déclaration avait été reçue comme une baffe par Béguelin qui s'était rendu compte que je lui passais devant, que lui (et le RJ puisque l'un était l'autre) étaient toujours à la remorque des évènements et que ses gesticulation n'avaient aucun effet positif. C'est alors qu'il commença à qualifier le RJ de "mouvement de libération", plagiant le FLJ.
 
Alors que M. Huber parle d'actions - ce que considère être des actes de résistance - nos tripatouilleurs d'Histoire (Rennwald, Kohler et d'autres) les qualifient "d'attentats terroristes", sans jamais parler des résultats obtenus tels que présentês dans ces lignes, ni des raisons de l'auto-démolition de ce canton.
 
Le 17 mai 1974, jour de l'assemblée des délégués du RJ à Porrentruy a été une journée noire pour ce pays, puisque ce fut l'acceptation des modalités du plébicite.
Mais quel est donc ce canton qui s'ampute volontairement d'une partie de son territoire ?
 
Il était très triste de voir ces Jurassiens, manipulés et exités, décider pmqu'allègrement, de l'éclatement du Jura. Il était évident que le Sud, en cas de oui, retournerait avec Berne afin d'échapper aux méthodes fascistes de Béguelin, qui avait insulté sa frange alémanique toute sa vie.
 
Faisant alors partie du comité directeur, j'avais été le premier sinon le seul à demander le boycottage de ce plébicite, afin de reprendre les mêmes modalités qu'en 1959. La seule abstention avait été la mienne, ne pouvant ni voter oui à l'éclatement ni non à un canton à sept districts, évidemment, pour la création duquel je m'étais battu.
 
Le fascicule rédigé par Béguelin pour le 23 juin et distribué dans tout le Jura annonçait clairement que le district ALLEMAND (sic) de Laufon pourrait demander sa réintégration dans le canton du Jura (à trois districts) - alors qu'il n'en était pas encore sorti, - le oui était "la solution définitive de justice et de démocratie", les pétainistes capitulaient avant de combattre, avouant qu'ils se contenteraient "d'un canton
à territoire limité".
 
Il est évident que Béguelin (R. Schaffter ne s'est jamais opposé à ses folies), a fait éclater le Jura et que sans lui il serait encore entier. La seule victoire est celle de la purification ethnique voulue par Béguelin, avec l'aide d'un peuple aveugle et docile. Les trois districts restants sont ceux dont Berne n'a pas voulu.
Béguelin et Schaffter ne sont ni des "fondateurs", ni des "pères de la patrie",
mais les fossoyeurs, de l'unité jurassienne.
 
L'imposture est maintenant gravée dans la pierre puisque sur la tombe de Béguelin, on peut lire: "il a rendu au Jura sa fierté et sa liberté". Il mérite bien celà pour avoir déchiré notre drapeau qui n'a plus aucun sens et est même usurpateur.
 
L'éclatement a été programmé bien à l'avance et en connaissance de cause, les limites pouvant être définies sur la base des élections précédentes. Le PDC est devenu "jurassien" lorsque le canton de Berne a refusé d'augmenter ses conseillers d'Etat de 7 à 9, le privant de sa portion de soupe aux choux. Sans influence dans le canton de Berne, il serait dominant dans un nouveau canton.
 
Cette opinion m'a été suggérée par le fait qui s'était produit à l'assemblée de la Fédération du RJ de Delémont, le 20 juin 1974 à Courroux. Nous avions assisté à l'irruption, à 23.00 h. du juge Boinay flanqué d'un jeunet répondant au nom de Pierre Boillat, inconnus au bataillon, venus recommander le oui. Quatre plus tard, ce dernier réapparaissait comme "ministre".
 
La curée se déroula comme prévu : Béguelin devint le premier citoyen du canton (dans un canton à 7 districts il en aurait été le premier chômeur), François Lachat en devint le grand manitou et planqua sa soeur et son frère qui, d'avocat stagiaire devint président de tribunal, R. Schaffter entra dans l'administration, avec sa femme au moment ou les autres en sortent, pour lequel on créa un poste qu'on annula ensuite et devint même conseiller aux Etats avec le succès qu'on connait, R. Jardin devint "ministre" et planqua le reste de sa famille, G. Donzé planqua son frère. Oubli : Béguelin planqua sa fille.
 
En ce qui me concerne et étant donné mes activités patriotiques, j'avais de la peine à me réinsérer. Sur la base d'une maturité commerciale et de 5 langues, j'avais postulé pour un travail dans le département de J.P. Beuret.
 
Un ami avait téléphoné à J. C. Montavon - ancien chef bélier et émule de Béguelin - lequel avait répondu : "Il n'y a rien pour Joset".
 
Fr. Lachat, que j'avais interpelé m'avait répondu : "C'est difficile. En fait, ils avaient fait disparaitre mon dossier.
 
Toutefois, j'avais appris que Béguelin avait reçu un montant d'environ Fr. 130'000.- pour travaux fictifs, apparemment de Fr. Lachat. J'avais interrogé le "ministre" Boillat qui ne l'avait pas nié, mais avait précisé que c' était "beaucoup moins", sans indiquer de montant. Ce montant provenait des fonds mis à disposition par la Confédération pour installer ce canton.
 
Je me suis rapidement rendu compte, dès la mise en marche de ce canton, que le climat de haine, d'agression, de conflit permanent créé et entretenu par Béguelin, allait à l'encontre de toute solidarité. c'est ainsi que j'avais regroupé dans une Association des Résistants Jurassiens et Anciens Prisonniers (ARJAP) tous ceux qui, à des titres divers, avaient été aux prises avec la Justice en relation avec la cause. J'estimais qu'une amnistie était le premier geste à faire par ce canton, geste d'indépendance et de solidarité, geste symbolique afin de blanchir et de reconnaître les siens.
 
Il incombait à Béguelin député, de déclencher et de soutenir la procédure au nom du RJ. Il n'en fit rien et même s' y opposa. J'ai dû faire preuve d'acharnement - au nom de l' ARJAP- pour obliger François Lachat à s'occuper de l'affaire, ce qu'il fit en traînant les pieds.
 
Un vote à ce sujet a eu lieu lors d'une séance du parlement à Porrentruy en 1983, fixé juste après la pause. Présent jusque­là, Béguelin avait alors pris la fuite juste avant le vote. incapable de lever un doigt POUR le Jura, il avait démontré ne pas être un Jurassien, mais un anti-Bernois, un manipulateur fuyant ses responsabilités morales.
 
Le même schéma s'est reproduit avec Mme Tendon de Courfaivre, emprisonnée par le juge Steulet durant 33 jours (celui-là même qui, m'apportant des pommes pouries à Thorberg, m'avait déclaré : "Vous ne l'aurez jamais votre Jura"), et qui avait été récompensé ensuite en étant nommé procureur. Toujours au nom de l'ARJAP, j'avais dû me battre avec le fameux "ministre" Boillat qui avait fini par céder et lui accorder un certain montant, montant remis par F. Mertenat et JP Beuret lors d'une cérémonie où je n'avais pas été invité - et qui s'étaient arrogé la beauté du geste,- sans que ce soit dit que c'est moi qui les y avais obligés. Là aussi, Béguelin avait démontré être réfractaire à tout geste de solidarité et avait refusé sa collaboration.
 
Sa déviance narcissique, son manque de scrupules, son despotisme sa manière de se présenter soit en héros, soit en victime, sa méthode de taxer de pro-bernois celui qui ne partageait pas sa folie, sa possibilité de démolir psychologiquement celui qui le contrait, tout celà n'a été possible que grâce aux moyens - usurpés - dont il disposait : rédacteur en chef du Jura Libre pour publier et imposer ses vues, et secrétaire général qui lui permettai t d'intervenir dans les sections et donner ses mots d'ordre, celà avec la complicité de comparses à sa solde.
 
C'est ainsi qu'il a attaqué Georges Hennet, Jean Wilhelm, Gabriel Roy, Louis Domeniconi, Jean-Luc Vautravers et d'autres, les donnant aux chiens. Aucun n'est sorti indeme de ses campagnes de dénigrement. Il a semé la division au sein du RJ, imposé le manichéisme (ami/ennemi) et obtenu du comité directeur, - suprême forfaiture - l'exclusion de la fédération de Delémont du Rassemblement jurassien, formant, avec quelques pions, une fédération parallèle. Depuis, la chute continue ...
 
Retournons en 1968 où, après quatre ans et huit mois de prison, - avec le succès de mes actions mention- nées ci-dessus -, j'ai été reçu à st-Georges à Delémont. Le comité directeur siégeait dans une salle atte- nante. Il avait fallu les arracher à leurs chaises pour qu'ils viennent me saluer. Béguelin avait pris le fuite. Je suis donc allé le trouver le lendemain dans son bureau et lui annoncer que j'étais là. Il était furieux de ne pas avoir pu m'expulser comme il l' avait fait avec Hennin et Boillat (celui-ci n'a pas pu s'évader, puisque c'était ouvert).
 
Il avait alors eu cette phrase historique :
"Vous devriez partir à l'étranger, ici vous n' aurez que des ennuis".
 
Avec dix ans d'avance, le "Prophète" avait annoncé la couleur de ce que serait ce canton. En fait de saloperies, j'ai été choyé par ce canton avorton et même mes enfants en sont les victimes et les otages aujourd'hui.
 
Il y a exactement dix ans, je suis souvenu de ce proverbe arabe qui dit : "Assieds-toi au bord de la rivière (ou de la route) et regarde passer le cadavre de ton ennemi".
 
Après deux générations, le béguelinisme est ancré dans les moeurs. Il fait partie de la mentalité. Il est pour le moins curieux pour moi, d'être confronté à une meute toujours prête à aboyer et à montrer les dents, sans connaître les raisons de cette attitude. La lutte, les sacrifices et le prix payé pour tirer ces gens d' une tutelle dont il n'auraient jamais dû sortir, resteront pour moi l'erreur de ma vie.
 
Jean-Marie Joset, 12 septembre 2003
 
(Texte distribué aux membres du Parlement jurassien
à l'occasion du dixième anniversaire de la disparition de R. Béguelin)
 
 
Au sujet de Roland Béguelin lire également:
Roland Béguelin quinze ans après sa mort (Quotidien Jurassien, le 8 septembre 2008)
 

 

Le journaliste Vincent Philippe publie un livre sur
Roland Béguelin quinze ans après sa mort

Propos recueillis par Pierre-André Chapatte

Quotidien Jurassien, le 8 septembre 2008
[Texte intégral]

Roland Béguelin, La Plume-Epée. C'est sous ce titre que va paraître prochainement le livre de Vincent Philippe, journaliste, actuellement correspondant du Quotidien Jurassien à Paris après l'avoir été depuis 1964 pour 24Heures et La Tribune de Genève jusqu'en 1994. C'est son sixième ouvrage, après son Jura République paru en 1978, deux romans, des récits et des nouvelles.

Cet ouvrage sur l'ancien secrétaire général du Rassemblement Jurassien disparu le 13 septembre 1993 dans sa 72e année, rassemble sur 400 pages de très nombreux témoignages recueillis auprès de témoins de l'époque et glanés dans deux fonds, le Fonds de Roland Beguelin ouvert pour la première fois, et le Fonds de Pierre Billieux, secrétaire général du Rassemblement jurassien avant M. Béguelin qui occupa le poste dès 1953.

Pourquoi un nouveau livre sur Roland Béguelin ?

Vincent Philippe: – Il n'existe qu'un livre sur Béguelin, celui d'un autre journaliste, Claude Froidevaux, paru en 1977. Il existe donc peu de chose sur lui. Roland Béguelin n'a cessé d'écrire. Il ferraillait beaucoup et à tout propos.

C'est un des aspects de son caractère, un peu daté. Il adressait par exemple une lettre à une compagnie pétrolière pour protester entre la vente de revues pornographiques dans ses stations services ... Il était toujours à l'affût, sa pensée n'était jamais au repos. Et il conservait tout, les doubles de lettres compris. J'ai donc eu accès à une foule de documents qui permettent de mieux comprendre le personnage et l'histoire.

— Avez-vous craint qu'il ne tombe dans l'oubli ?

Roland Béguelin est toujours bien présent chez ceux qui l'ont connu. Mais beaucoup de jeunes ne savent sans doute plus qui il était. Et puis le monde a tellement changé que cette passion de notre jeunesse à nous doit paraître très étroite aux jeunes d'aujourd'hui.

Roland Béguelin aurait voulu écrire l'histoire de son combat. Il n'en a pas eu le temps. Je le fais d'une certaine manière en le citant largement.

— Et pourquoi ce titre «Plume-Epée» ?

La plume parce qu'il a mené son combat par l'écrit. L'épée parce que c'est pointu et tranchant. Pour Roland Béguelin, les choses n'existent que si elles ont été bien pensées et écrites. Sa pensée est claire et bien organisée. Sa langue n'est pas poétique, mais efficace. Ce titre résume bien sa personnalité et son combat.

— Votre livre paraît un peu à contretemps de l'histoire, alors que les Jurassiens du Nord et du Sud discutent au sein de l'Assemblée interjurassienne de leur destin ...

Mon livre n'est pas un ouvrage politique, ni un pamphlet, mais un livre d'histoire telle que la raconte un Jean Lacouture. J'ai cherché à être équitable, j'essaie d'entrer dans la logique des gens, je donne par exemple longuement la parole à un Roland Staehli. Cela dit, j'espère bien que ce livre suscitera des réactions parce que Roland Béguelin a beaucoup dérangé.

Si le Jura n'avait pas été victime d'une si extraordinaire injustice - la partition du Jura malgré un vote positif au plébiscite du 23 juin 1974 sur l'ensemble des sept districts, le Laufonais compris qui devait voter non pour garder sa liberté de choix plus tard - Roland Béguelin serait allé à la pèche. Sans le rappel de cette injustice, on ne comprend pas Béguelin.

— Avec le recul, l'histoire n'a-t-elle pas plutôt donné raison à Roger Schaffter, l'homme du dialogue, plutôt qu'à Roland Béguelin et son Etat de combat ?

Le système fédéral a amorti assez vite le Jura. Je ne sais pas si la méthode aboutira. L'alternative pour le nouveau canton du Jura était celle-ci: soit entrer en conflit ouvert avec Berne pour provoquer l'intervention de la Confédération - c'était l'Etat de combat de Béguelin -, soit ouvrir le dialogue - c'est la voie qui a été choisie.

– Il n'empêche que Roland Béguelin s'est retrouvé assez vite isolé et a rompu avec beaucoup de ses amis de lutte ...

Cela tient à son caractère. Béguelin appartient à ce cercle de personnes très intelligentes qui, en vieillissant, ont de la peine à entrer dans la logique des autres et s'enferment dans leur propre pensée. La tendance à l'autoritarisme est apparue très tôt chez lui.

Mais il n'y aurait pas de canton du Jura s'il n'y avait pas eu un homme aussi tenace, refusant la politique des bons types. David, pour gagner contre Goliath, doit être insupportable. C'est sa grandeur.

— Qu'est-ce qui vous fascine chez Roland Béguelin ?

Beaucoup de choses, mais certaines me déplaisent aussi. Sa francophilie et ses théories ethniques lui ont donné une compréhension étroite du monde. Il y a quelque chose de provincial chez lui. Mais attention, il n'y a jamais eu une once de racisme et de xénophobie chez lui. Il s'en est pris à une situation historique qui a conduit à un brassage de la population. Ce que je constate chez lui, c'est un certain déter- minisme. Parce que les gens parlent une méme langue, ils seraient tous pareils. Or c'est beaucoup plus com- pliqué que cela. Roland Béguelin avait cependant évolué au contact de ses fréquentations, au Québec, en Afrique. Il a compris progressivement que la francophonie n'était pas l'ethnie.

 

Roland Béguelin, la Suisse et le Jura aujourd'hui

— Roland Béguelin n'aimait pas la Suisse, est-ce vrai ?

Je montre dans mon livre que Béguelin a longtemps défendu l'esprit de la Suisse contre elle-même. Il n'y a pas meilleur défenseur du fédéralisme que lui. C'est l'échec de son argumentation fédéraliste qui l'a tourné. Son rapport à la Suisse est celui d'un amour déçu. Il en a conçu une véritable hostilité.

— Et que dire de son aversion pour l'allemand ?

Il avait une allergie à l'égard des dialectes suisses alémaniques. C'est très subjectif. Et pas juste car cela a contribué à aggraver sa colère contre la Suisse. Si la Suisse n'a pas compris la Question jurassienne, c'est à cause il de sa majorité alémanique. Faut-lui donner tort ?

— Que dirait Roland Béguelin du Jura aujourd'hui ?

Il ne manifesterait pas le moindre signe de résignation à la fatalité. Il resterait très méfiant à l'égard des grandes déclarations peut-être vides. Il ne donnerait son accord qu'à quelquechose de concret. Je pense qu'il serait toujours le même. Un personnage plus admiré qu'aimé, placé dans une situation qui n'était pas un jeu d'enfant. L'histoire a besoin à certains moments de tels caractères.

(pac)


• Roland Béguelin, Plume-Epée, Vincent Philippe, aux Editions de L'Aire, 400 pages
  (à paraître le 18 septembre 2008)

 

 Le Jura et les sectes - divers articles de presse

 

Le coup de gueule du président de l'AVDS

Le gouvernement jurassien a-il un comportement sectaire ?

Dans le canton du Jura lorsque si vous luttez contre les groupes nuisibles et sectaires, comme par exemple l'Eglise de scientologie, une autorité cantonale : le vice-chancelier M. Jean-Claude Montavon, recommandera de mettre votre courrier dans sa poubelle.
 
Il vous accusera également de déposer des plaintes pour revendiquer des droits imaginaires et de façon maladive.
 
En cautionnant M. Montavon le gouvernement jurassien montre qu'il n'est pas conscient de l'impact sur la population d'un tel irrespect de nos lois et cela au plus haut niveau de l'Etat.
 
Une telle attitude peut amener les citoyens à commettre des actes illégaux, ne serait-ce que pour se faire entendre du Parlement.
 
Voltaire, sauf erreur, disait à ce sujet : "Celui qui empêche son ennemi de s'exprimer commet le crime le plus terrible".
 
Encore merci Monsieur Jean-Claude Montavon pour votre manque de courtoisie. Nous vous avions pourtant demandé de nous adresser vos excuses. Sans doute notre demande a-t-elle fini dans votre poubelle !
 
Jean-Luc Barbier,
Président de l'AVDS
Association d'aide aux victimes de la dianétique et de la scientologie
 

 
Communiqué de l'AVDS et commentaires déplacés du vice-chancelier Jean-Claude Montavon (Les commentaires de M. Montavon sont au bas du communiqué.)
 
Caricature: Jean-Claude Montavon doit quitter le Parlement jurassien (LQJ - juin 2008)

Définitions des mots employés par le vice-chancelier, M. Jean-Claude Montavon :

Quérulence : (nom féminin) Tendance morbide à rechercher les querelles et à revendiquer des droits imaginaires, caractéristique de certaines psychoses. Dérivé : quérulent, quérulente (adjectif)

Paperasse : (nom féminin) Papier écrit, considéré comme inutile ou encombrant.

Source: définitions du dictionnaire «Petit Robert»

 

Jean-Claude Montavon doit quitter le Parlement !

Jean-Claude Montavon aurait voulu poursuivre sa carrière au Parlement après sa retraite. Voici la caricature publiée à ce sujet par Le Quotidien Jurassien au printemps 2008.