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ANTI-SCIENTOLOGIE

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Le Gravis

 

TRIBUNE LIBRE DU CANTON DU JURA

Coup de gueule de Jean-Luc Barbier, président de l'AVDS
(Association d'Aide aux Victimes de la Dianétique et de la Scientologie)

 Index des coups de gueule

 
Les confessions et leurs utilisations par l'Eglise de scientologie
 
Tout d'abord parler de confession dans l'Eglise de scientologie est totalement tendancieux, car ce sont en fait des interrogatoires dont le principal but est de contrôler la présence des adeptes et de les empêcher d'émettre la moindre critique.
 
En scientologie une attitude de non-soumission est dénoncée dans un rapport au «département de l'éthique de scientologie» et une confession-interrogatoire est aussitôt exigée par l'"officier d'éthique de scientologie".
 
Si vous refusez un tel interrogatoire, ou les sanctions qui s'en suivent (généralement l'achat d'autres cours de scientologie ... ou la déconnection d'un proche ...), vous n'avez plus le droit de recevoir la thérapie scientologue ni de suivre vos cours de scientologie ! (cf Les conditions d'éthique de la scientologie)
 
La formation d'officier d'éthique dure au plus 3 semaines et un officier d'éthique peut à tout moment ordonner des vérifications de sécurité pour fouiller le moindre recoin de votre vie. Ce sont alors des auditeurs de scientologie qui prennent le relai et qui vous font subir des interrogatoires sans fin selon des listes préparées par Ron Hubbard. (Questions du style : As-tu couché avec une personne de la mauvaise race ? As-tu volé l'Eglise de scientologie ? As-tu empêché quelqu'un de payer ce qu'elle devait à la scientologie ? etc.)
 
Ces interrogatoires, les «vérifications de sécurité», sont à vos frais et l'officier d'éthique reçois parfois 10% de commission, si ce n'est celui qui vous a introduit en scientologie, le Field Staff Member (FSM)!
 
Lors des cours supérieurs de scientologie, les confessions doivent être signées et écrites de votre main. Elles sont une contrainte bien déguisée. Quant aux vérifications de sécurité, il vous sera impossible de vous y soustraire si vous souhaitez commencer vos séances d'exorcisme des niveaux confidentiels, et elles vous en coûteront plus de 500 euros de l'heure (tarif en 2005) !
La scientologie agit à l'opposé des lois suisses
 
Contrairement aux Eglises officielles où vos confessions sont détruites à la mort du pasteur et vos confidences protégées par la loi, en scientologie il n'y aucune garantie de confidentialité et encore moins de leur destruction  !  (voir l'encadré concernant les Eglises officielle)
 
De plus, en scientologie il n'existe aucun organe de surveillance comme le Consistoire genevois pour l'Eglise nationale protestante, ou l'ordre des médecins pour ce qui concerne les psychiatres, docteurs, infirmiers, etc...
 
De nombreux ex-scientologues nous disent avoir peur que la scientologie utilisent leurs confession, cela d'autant plus qu'il arrive parfois que dans des lettres ou téléphones anonymes des éléments provenant de dossiers d'adeptes s'y retrouvent comme par enchantement ... sans compter que Ron hubbard dans le livre «Le gourou démasqué» de Russell Miller est décrit comme un personnage peu scrupuleux.
 
Les confessions dans les mains de la scientologie sont une épée de Damoclès et empêchent les victimes de témoigner, comme cet homme qui a confessé avoir tué un jeune homme par un coup de pied malencontreux, où cet autre qui a confessé avoir fait deux emprunts bancaires simultanés.
 
Certaines victimes de la scientologie sont même terrorisées de quitter l'Eglise de scientologie pour cette simple raison.
 
Quant à moi, j'ai demandé à plusieurs reprises la remise de mes dossiers personnels, mais à aucun moment les scientologues ont accepté mes demandes. Ils ont soit indiqué qu'il n'existait aucun document me concernant (gros mensonge) soit ils ont refusé mes courriers recommandés ...
 
Les scientologues possédant ces pseudo-confessions sont passés maîtres dans le chantage. Il faut que nos autorités contrôlent leurs agissements illégaux.
 
Jean-Luc Barbier, le 24 juillet 2005
 
«Le secret pastoral dans l'Eglise nationale protestante de Genève par le juge Pierre-C Weber»
(Texte de Fabienne Cellérier)
 
Secret pastoral : un ministre doit-il parfois se taire ?
 
[Texte intégral]
 
Un mourant avoue au pasteur qui reçoit ses dernières paroles qu'il est l'auteur d'un crime pour lequel un innocent a été frappé d'une lourde peine. Malgré toutes les supplications, l'homme refuse que cet aveu soit porté à la connaissance de la justice. Le pasteur ne pourra-t-il rien faire pour réparer cette erreur judiciaire ?
 
Quelle place pour le secret dans un ministère de la Parole ? Troublante question du juriste au théologien. C'est en tous cas celle que suggère le juge Pierre-C. Weber dans un fascicule tiré d'une conférence donnée le 2 février dernier devant la Compagnie des pasteurs.
 
L'auteur a interrogé l'Ecriture qui, toute en nuances et en contradictions, affirme en substance qu'«il y a un temps pour se taire et un temps pour parler» (Qo 3, 7). Le droit canonique, lui, se fait plus radical et menace d'ex­communication toute violation du secret sacramentel. Dans la tradition protestante qui ne considère pas la confession comme sacrement, le secret professionnel n'a pas été reconnu en tous temps, Qu'en est-il aujourd'hui ?
 
En l'absence de dispositions émanant de la Constitution de l'ENPG, c'est l'article 321 du Code pénal qui definit la fonction du secret pastoral.
 
Cet article énumère les différents corps de metiers et leurs auxiliaires qui, sur plainte, risquent une penalisation pour avoir devoilé un secret. Grâce aux précisions du Juge Weber, on apprend que sont compris comme auxiliaires de l'ecclésiastique outre son conjoint, tous ceux qui agissant sous l'autorité, directe d'un pasteur responsable, sont susceptibles de partager un secret. En revanche, les auxiliaires d'un diacre, curieusement, n'entrent pas dans cette catégorie, les diacres étant eux-mêmes considérés comme auxiliaires du pasteur. De même, au regard de la loi, les laïcs exerçant un ministère ne sont pas soumis au droit et devoir du secret.
 
On est frappé de cette solennelle rigueur avec laquelle la loi entoure le secret pastoral. C'est qu'il s'agit de garantir le droit de la personnalité et, sur le plan ecclésial, de favoriser le ministère du pardon. Ainsi, le secret est­il dû pour l'éternité : au décès du pasteur, il convient de détruire ses archives, fichiers et correspondance.
 
Le ministre malveillant ou négligent risquera une sanction sur le plan disciplinaire, civil et pénal. Mais cette obligation, aussi rigoureuse soit-elle, comporte des limites : la pratique établit qu'en certaines circonstances, le pasteur n'est pas punissable. Entre autres situations, s'il peut se prévaloir d'un état de nécessité où le secret contreviendrait à un bien vital d'autrui.
 
Le minIstre ne peut être poursuivi non plus s'il agit avec l'accord écrit d'une autorité supérieure «Force est, cependant, de constater que cette autorité supérieure des pasteurs genevois n'existe pas», observe le juge Weber qui désigne le Consistoire comme seule autorité susceptible d'être dotée de cette compétence.
 
En ce qui concerne l'obligation de témoigner, il peut y avoir conflit si la personne tenue au silence est porteuse d'un témoignage prépondérant. En pareil cas, le pasteur genevois est renvoyé à sa propre conscience : existe-t-il ou non un intérêt supérieur qui commande de briser le secret ? Au regard de la loi, il semble qu'il ne risque rien à se taire, mais s'il se trompe à parler, il lui reste comme dit l'auteur «les fortes paroles de Calvin sur la consolation d'être persécuté pour la justice»
 
Dès lors, aux prises avec sa conscience, le pasteur méditera sur la tension qui l'habite entre le respect absolu au confident et l'accomplissement de son devoir social. La troublante question du juge Pierre-C. Weber demeure.
 
Fabienne Cellérier
 

 
«Le secret pastoral dans l'Eglise nationale protestante de Genève» par Pierre-C. Weber, Juge à la Cour de Justice