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La scientologie n'est en fait qu'une escroquerie brutale et complète cherchant à infiltrer la société
 
Vies détruites. Fortunes envolées. Crimes fédéraux
 
Article du Time Magazine, le 6 Mai 1991, Richard Behar
[Texte intégral]
 
 
Cet article a été attaqué sans relâche par la scientologie qui avait porté plainte pour "diffamation. Elle a perdu toutes les étapes des procès, de 1991 à 2001, le dernier épisode s'est passé devant la Cour Suprême de Californie.
 
Préambule
Suicide
Le 1er Amendement sert de bouclier
Racket
Stars et idoles
Revenus de l'affaire
Trucage "best-sellers"
Hubbard
Explications de la "technologie"
Le tout-religieux
Hubbard le voleur
Tarifs de leurs "services"
Comble de cupidité
Espionnage de clients
Influences publiques
Scientologie, psychiatrie et Prozac
John D. Rockfeller
Soins scientologues
Traitement des drogues
Escroquerie financières
Steven Fischman
Scientologie et édition
Ecraser l'"ennemi"
Nombreuses procédures contre Me Michael Flynn, avocat des victimes
Scientologie et le Fisc
Scientologie à l'étranger
Travolta leur porte-parole pour quelle image ?
L'argent de mines à Vancouver
S'étendre à l'extérieur des Etats-Unis
Les scientologues et moi (Scientologie et Richard Behar l'auteur de cet article)
 

 
Suicide
 
Les apparences montraient que Noah Lottick de Kingtson, Pennsylvanie, avait été un garçon normal de 24 ans, heureux de vivre et cherchant sa place au soleil. Le dernier jour de Juin dernier, ses parents étaient effondrés d'un chagrin quasiment catatonique en venant chercher le corps de leur fils à New York. Ce jeune universitaire engagé dans des études de russe avait sauté par la fenètre du 10e étage de l'Hotel Milford Plaza; il avait rebondi sur le toit de tissus d'une limousine.
 
Lorsque la police arriva, ses doigts se recroquevillaient sur 171 dollars, le seul argent qu'il n'ait pas encore donné à l' église de Scientologie, ce groupe philosophique destiné à "s'aider soi-même" qu'il avait rencontré quelques sept mois auparavant. Sa mort a poussé son père Edward, médecin, à entamer ses propres enquètes sur l'église. "Nous pensions que la sciento- logie était une genre d' Institut Carnegie" a-t'il dit "mais je crois désormais qu'il s'agit d'une école pour psychopathes". Leurs prétendues thérapies sont des manipulations. Ils prennent les meilleurs et les plus brillants, puis les détruisent." Les Lottick veulent porter plainte contre l'église qui a contribué à la mort de leur fils, mais cette idée les a effrayés.
 
Bouclier du premier amendement
 
Depuis près de quarante ans, la grosse affaire scientologue se fait un bouclier du Premier Amendement (*) et se cache derrière une batterie d 'avocats criminalistes excessivement bien payés ou de détectives fuyants. (* le Premier amende- ment de la constitution américaine garantit la liberté de religion et la non-interférence du gouvernement dans les reli- gions). L' Eglise de Scientologie est l'oeuvre de l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard; elle a pour but de "mettre au clair" les gens - leur ôter leurs malheurs - et se définit elle-même comme une religion.
 
Racket
 
L'église est en fait un énorme racket extrèmement profitable qui survit en intimidant ses adeptes et ses critiques d'après un modèle assez maffieux. Il y eût quelques époques au cours de la dernière décade au cours desquelles les poursuites engagées contre la scientologie semblaient en faire reculer la menace. Onze scientologues du haut de la pyramide, dont la femme de Hubbard, furent expédiés en prison au début des années 80 pour cambriolage, infiltration et écoutes téléphoni- ques de plus de cent agences privées ou gouvernementales, afin d' interrompre leurs enquètes sur la secte. Au cours des dernières années, des centaines d' anciens adhérents à la scientologie ont quitté l'église et l'ont critiquée; certains ont porté plainte pour violences physiques ou mentales. Certains ont gagné leurs procès; d'autres ont accepté des compromis pour des montants supérieurs à 500 000 dollars. Dans divers cas, les juges ont estimé l'église "paranoïde et schizophrène", ou encore "corrompue, sinistre et dangereuse". L'outrage et les poursuites n'ont cependant pas réussi à écraser la scientologie.
 
Ce groupe, qui prétend avoir 700 centres dans 65 pays, menace plus que jamais insideusement et hypocritement. La Scientologie tente de prendre le courant, une stratégie qui a mis le feu à une nouvelle campagne de poursuites contre elle, visant à lui faire respecter la loi. De nombreux adeptes ont été accusés de commettre des escroqueries financières, alors que l'église continue d'attirer de nouvelles proies grâce à un vaste front de groupes (sociétés, publicité, soins ou éducation). A Hollywood, la scientologie a amassé une bonne liste d' adeptes, les stars étalons, par un recrutement agressif qui les envoie se faire chouchouter dans les "Centres de Célébrités" de l'église, une sorte de chaîne de clubs offrant un entraînement et des conseils coûteux, auxquels s'ajoutent des conseils de carrière.
 
Stars et idoles
 
Parmi ces adeptes on trouve des idoles de l'écran comme John Travolta, Tom Cruise, les actrices Kristie Alley, Mimi Rogers et Anne Archer, le Maire de Palm Springs et l'acteur Sonny Bono, le jazzman Chick Corea et même Nancy Cartwright ou la célèbre voix de dessins animés Bart Simpson. Les membres ordinaires n'ont néanmoins pas droit à une scientologie aussi reluisante. Le Réseau de Prise de Conscience des Sectes (C.A.N.) dont les 23 divisions dénoncent quelques 200 sectes de "contrôle mental" affirme qu' aucune autre secte ne provoque autant d'appels à l'aide que la scientologie. Cynthia Kisser, directrice du réseau dont le QG est à Chicago, dit ceci: "La Scientologie est sans nul doute le plus brutal, le plus classi- quement terroriste, le plus lucratif et le plus procédurier de tous les groupes sectaires qu'ait jamais vu ce pays. Aucune secte ne tire plus d'argent à ses membres." Vicky Aznaran, l'un des six personnages clé de la scientologie jusqu'à ce qu' elle en file en 1987, ajoute: "C'est une organisation criminelle, d'un bout de l'année à l'autre; des tueurs en série comme Jim et Tammy Bakker font figure de gamins de maternelle, par comparaison."
 
Pour comprendre l'étendue du phénomène, TIME a mené plus de 150 interviews et lu des centaines de pages d'attendus de jugements et de documents internes de la secte. Les officiels de l'église ont refusé de répondre. L'enquète profile l'ima- ge d'un business dépravé mais cupide. La plupart des sectes ont échoué à passer le cap de la mort de leur fondateur, mais la scientologie a réussi à prospérer depuis la disparition d' Hubbard en 1986.
 
Revenus de l'affaire
 
Dans les pièces jointes à un dossier de justice, l'une des multiples entités légales de la secte (le RTC, ou Centre de Tech- nologie Religieuse) indiquait 503 millions de dollars de revenus pour 1987. Les repentis de très haut niveau signalent que l'organisation apparentée aurait détourné environ 400 millions de dollars dans des comptes en banque du Liechtenstein, de Suisse ou de Chypre. La Scientologie dispose probablement d'environ 50 000 membres actifs, bien moins que les 8 millions qu'elle prétend; leur chiffre gonflé sonne pourtant vrai, car on peut estimer que des millions de gens ont été influencés d'une façon ou d'une autre par ses activités. La Scientologie est sous la coupe de David Miscavige, 31 ans, éjecté du lycée, et scientologue de seconde génération. Les repentis le décrivent sournois, brutal, et si paranoïaque qu'il garde toujours un plastique tendu sur ses verres d'eau. Son obsession est de parvenir à rendre la scientologie crédible avant l'an 2000.
 
Trucage "best-sellers"
 
Quelques tactiques utilisées par le groupe: - Se servir de la puissante société Hill et Knowlton pour tâcher de faire oublier l'image globale de groupe marginal. - Joindre des noms aussi prestigieux que Pepsi et Sony comme sponsors du jeu "Bonne Volonté" de Ted Turner. - Acheter de grandes quantités de ses propres livres dans les librairies pour faire passer ses ouvrages dans les listes de best-sellers. - Faire passer de pleines pages d'annonces publicitaires dans des revues comme Newsweek et Business Week, en nommant la scientologie une "philosophie", acheter des quantités de passages TV ou dans les journaux pour vendre une pléthore de livres de la secte. - Recruter des professionnels riches et respectables au moyen de pages de consultation sur le WEB (Internet) - pages silencieuses quant à leur filiation scientologique.. Le fondateur de cette entreprise était en partie conteur, en partie escroc.
 
Hubbard
 
Né en 1911 dans le Nebraska, Hubbard a servi durant la deuxième guerre mondiale; il s'est très vite plaint ensuite de ses "tendances suicidaires" et de son "mental sérieusement perturbé" auprès de l'administration des anciens combattants. Il n'avait qu' un relatif succès comme écrivain de science-fiction bas de gamme. Des années après, l'église le décrivait en "héros de la Seconde Guerre Mondiale, très décoré, qui en serait sorti invalide et aveugle, ayant été deux fois déclaré mort... et miraculeusement soigné grâce à...la Scientologie! Le diplôme de Doctorat de "l'Université des Séquoias" était un faux commandé par courrier. En 1984, lors d'un procès de la scientologie contre l'écrivain d'une biographie (d' Hubbard), un juge californien a jugé Hubbard "menteur pathologique".
 
Hubbard a écrit un "texte sacré" de scientologie en 1950: Dianétique, la science moderne de la santé mentale (renommé Dianétique, la Puissance de la Pensée sur le Corps, ndt). Il introduisait alors une technique psychothérapeutique brute qu'il appella "l'auditing" (aussi appelée audition en français). Il créa par ailleurs un détecteur de mensonge simplifié (l'électromètre ou E-meter) destiné à mesurer les changements électriques de résistance de la peau pendant la discussion de détails intimes du passé avec le patient.
 
Explications de la "technologie
 
Hubbard disait que les misères proviennent des aberrations mentales enregistrées dans le passé, des sortes de trauma- tismes (qu'il nomme engrammes). Les séances de conseils avec l' E-meter (électromètre), disait-il, pouvaient faire sauter les engrammes, soigner la cécité, et même améliorer l'intellignece et la beauté. Hubbard n'a cessé d'ajouter des étapes de plus en plus coûteuses que ses adeptes devaient emprunter.
 
En 1960, le gourou décréta que les humains sont en réalité constitués de "conglomérats d'esprits" (qu'il appelle des thétans) qui auraient été exilés sur terre par un empereur cruel de la galaxie nommé Xenu. Bien entendu, il fallait aussi auditer ces thétans (supplémentaires!). Une décision interne de l' IRS (Internal Revenue Service, le fisc américain) a privé l'église de son exemption d' impôts. Une cours fédérale a décrété en 1971 que les prétentions médicales d' Hubbard n'étaient que fichaises et que l'audition avec électromètre ne pouvait mériter l'appellation de traîtement scientifique.
 
Le "tout-religieux"
 
Hubbard a réagi en fabriquant du tout-religieux, tentant d'obtenir la protection du Premier Amendement pour les rites étranges de la scientologie. Ses "conseillers" ont commencé à porter des habits cléricaux; on a construit des "chapelles", les Franchises [accordées par la secte contre espèces et pourcentages] sont devenues des "Missions", les honoraires des "Donations fixées", et la comique cosmologie hubbardienne écrite fut rebaptisée "écrits sacrés". Au début des années 1970, l' IRS a mené ses propres séances d'audit des comptes et prouvé qu' Hubbard écumait des millions de dollars prove- nant de l'église, et les envoyait par diverses sociétés bidon à Panama ou dans des comptes en Suisse. Les scientologues ont en outre volé des documents à l' IRS, expédié de fausses déclarations au fisc et harcelé les fonctionnaires du centre des impôts.
 
Hubbard le voleur
Fin 1985, des repentis de haute volée ont accusé Hubbard d'avoir volé plus de 200 millions de dollars à l'église: l' IRS a cherché à poursuivre Hubbard pour fraude fiscale. Les membres de la secte ont travaillé jour et nuit pour mettre en lam- beaux les documents que cherchait l' IRS, comme l'a dénoncé le repenti Aznaran qui faisait alors partie de l'opération. Hubbard, qui se cachait depuis 5 ans, est mort avant que la poursuite criminelle ait pu être éxécutée. Désormais, l'église invente de nouveaux services coûteux; elle y met le même zèle que son fondateur. La doctrine scientologique prône le fait qu'il y a de graves risques, même pour une personne devenue "claire et libérée de ses engrammes" de ne pas aller sur les niveaux supérieurs encore plus chers.
 
Tarifs de leurs services
 
D'après la dernière tarification de l'église, les "recrues" (Hubbard les appelle des "viandes crues") prennent des séances pouvant atteindre 1000 dollars de l'heure, soit 12'500 $ pour une "intensive" de 12h30 (soit en francs de l'époque, 6000 F de l'heure). Les psychiâtres disent que ces séances peuvent provoquer une euphorie contrôlant le mental, qui poussera les gens à en demander davantage. Pour payer ces honoraires, les arrivants peuvent gagner des "commissions" en recru- tant de nouveaux membres, en devenant eux-mêmes auditeurs (Miscavige l'est devenu à douze ans) ou en rejoignant le staff (le personnel) de l'église, ce qui permet de recevoir de l'audition "gratuite"... en échange de contrats d'un milliard d'années de labeur! "Assurez-vous que des quantités de corps entrent dans la boutique", implorait Hubbard dans un de ses bulletins au staff. "Faites de l'argent, faites davantage d'argent... peu importe comment vous les amenez, ou pourquoi ils viennent, faites-le, tout simplement."
 
Harriet Baker a appris à la dure les manières de vendre la religion scientologue. Lorsqu'elle perdit son mari d'un cancer, à 73 ans, un scientologue s'amena chez elle à Los Angeles pour lui fourguer un "paquet" à 1'300 dollars "pour la guérir de son chagrin". Quelques 15'000 dollars plus tard, les scientologues découvrirent que la maison n'était pas hypothéquée. Ils arrangèrent un prèt sur hypothèques de 45'000 dollars, qu'ils la forcèrent à leur donner pour acheter davantage d'audition; ça dura jusqu'au moment où les enfants de Madame Baker la firent ressurgir de son brouillard.
 
Fin Juin, elle a exigé le remboursement de 27'000 dollars de services non reçus: deux scientologues armés d'un électromètre sont aussitôt arrivés sans rendez-vous chez elle pour l'interroger. Mme Baker n'a jamais récupéré son argent et a dû vendre sa maison en Septembre.
 
Avant que Noah Lottick ne se donne la mort, il avait versé plus de 5'000 dollars pour acheter des services à l'église. Son comportement devenait bizarre. Il a dit une fois à ses parents que les scientologues pouvaient lire dans la tête des autres. Lorsque son père souffrit d'un gros infarctus, il insista sur le fait que c'était psychosomatique. Cinq jours avant de sauter dans le vide, Noah fit irruption chez ses parents en leur demandant pour quoi "ils répandaient des rumeurs menson- gères sur son compte" - une illusion qui poussa son père à appeler un psychiâtre. C'était déjà trop tard. Sur un bouquet de fleurs offert à ses funérailles, on pouvait lire "De la part des amis de Noah en Dianétique"; mais aucun des membres de la secte n'a pointé le nez. Une semaine plus tard, les officiels du centre déroulaient le tapis rouge de leur centre aux parents de Noah.
 
Comble de cupidité
 
Un des patrons de l'affaire leur a dit que Noah était encore au centre quelques heures avant sa mort, mais cette version a été niée après l'identification du corps. Pire à dire, la secte a même lésiné à rendre aux parents les 3'000 $ que Noah avait encore sur son compte dans l'affaire: ils insistaient sur le fait qu'il "s'agissait d'une donation" de leur fils. L'église a inventé des centaines de services et de marchandises pour lesquelles elle exige des "donations". Avez-vous quelque difficulté à avancer sur leur "Pont", c'est à dire, sur leur échelle d'illumination? Alors, on peut "revoir" votre cas pour un petit 1'250 $. Voulez-vous savoir pourquoi les "thétans" sont coincés dans l'univers phyisque? Essayez donc les 52 cassettes du "Phila- delphia Doctorate's Course"enregistrées en 1952, pour 5'225 $ (environ 30'000.- FF, soit 600.- FF la conférence, ndt). Vous avez aussi, pour les collectionneurs, la série de 22 livres reliés cuir portant sur des sujets allant des radiations à l'éthique scientologue, pour seulement 10'000 FF.
 
Afin de leurrer des adeptes plus riches et sophistiqués, la scientologie fait appel à une vaste série d'escroqueries finan- cières et de groupes de façade, parmi lesquels on trouvera: - Les CONSEILS: Sterling Management System, formé en 1983, a récemment été citée comme une des entreprises ayant un des plus forts taux de croissance (revenus estimatifs en 88: 20 millions de dollars) Sterling expédie régulièrement à ses abonnés (triés parmi les professions médicales, essen- tiellement dentistes) une lettre gratuite leur promettant d' importantes augmentations de leurs rentrées. La société offre des séminaires et des cours qui coûtent généralement dans les 10000 dollars. Le but véritable et caché de Sterling, c'est d' attirer cette clientèle en scientologie. "L' église ayant un produit pourri, dit Peter Georgiades, avocat qui représente les victimes de Sterling. "Sterling appâte puis redistribue ailleurs".
 
Le fondateur de Sterling, Gregory Hugues, fait maintenant l'objet d'une enquète de la part du Conseil des Dentistes Cali- forniens pour incompétence. Neuf poursuites sont en cours pour incurie professionnelle (7 autres ont été réglées à l'amia- ble), elles concernent surtout des travaux d'orthodontie effectués sur des enfants. De nombreux dentistes ont été attirés dans la secte contre leur gré, et ont porté plainte ou menacent de le faire. Le dentiste Robert Geary de Medina (Ohio), qui a acheté un séminaire à Sterling en 1988 a subi "les tactiques de pressions les plus extrèmes qu'il ait jamais rencontré". Les officiels de Sterling ont dit à Geary qu'ils n'avaient aucun rapport avec la scientologie, dit'il, mais Geary affirme qu'ils l'ont convaincu, lui et sa femme Dorothée, que leurs problèmes nécessitaient l'audition. En cinq mois, Geary a dépensé 130'000 $ pour des services, plus 50'000 pour des "livres reliés à l'or, ayant valeur de placement", autographés d'Hubbard.
 
Geary dit que non seulement les scientologues ont appelé sa banque pour augmenter le crédit de sa carte bancaire, mais qu'ils ont de surcroît imité sa signature pour faire un retrait de 20'000 $. "C'était dingue, se souvient-il; "Je ne pouvais même pas obtenir une quelconque preuve de leur part sur ce que je payais !". A une période, Geary dit que les sciento- logues ont gardé sa femme en otage dans une cabane de montagne, après une hospitalisation suite à une crise nerveuse.
 
Espionnage de clients
 
En Octobre dernier, Sterling annonçait une mauvaise nouvelle à un autre dentiste, M. Gower Rowe de Gasden, Alaska, et à sa femme Dee. Les tests montraient que s'ils n'achetaient pas d'audition, leur cabinet pérécliterait, et Dee violerait un jour leurs enfants. Le mois suivant, les Dee s'envolèrent pour Glendale, en Californie, où ils faisaient l'aller-retour entre leur hotel et le centre de Dianétique. "Nous avions l'impression de gens brillants, tellement ils semblaient savoir de choses sur notre compte, se souvient Dee; "puis nous avons alors remarqué que notre chambre était sur micro"... Ayant filé du centre mais délestés de 23000 dollars, les Rowes ont dit qu'ils avaient été pourchassés par des scientologues à pied et en voiture. Les dentistes ne sont pas seuls à risquer: la scientologie s'attaque aussi aux pédiatres, aux chiropracteurs et aux vétérinaires.
 
Influence publique
 
Un front sciento, la "fondation de la Voie du Bonheur" a distribué 3,5 millions d'exemplaires d'une brochure d' Hubbard sur la morale, à des millliers de groupes d'enfants dans des dizaines de pays. L'église appelle ça le "plus grand projet de dissémi- nation de l'histoire scientologue". Applied Scholastics (en France : GAME, cad. groupement d'amélioration des méthodes d'enseignement): c'est le nom porté par un autre front qui cherche à faire adopter un programme pédagogique dans les écoles publiques, surtout lorsqu'il s'agit d'écoles peuplées par les minorités. Ce groupe projette ausi un campus de 400 hectares ou il entraînerait des éducateurs aux diverses méthodes hubbardiennes. Un autre groupe dont l'appelation ne doit rien au hasard se nomme "Comité des Citoyens pour les Droits de l'Homme": il a surtout pour but de faire la guerre aux psychiâtres, qui sont les principaux concurrents de la secte [selon elle ! ndt].
 
Scientologie, psychiatrie et Prozac
 
Le Comité cherche surtout à faire des rapports pour discréditer la psychiatrie et le domaine de la santé mentale en géné- ral. Il est en guerre ouverte avec les Laboratoires Lilly, les créateurs du Prozac, ce médicament qui domine les best-sellers parmi les anti-dépresseurs. En dépit des preuves concrètes, les membres de ce groupe, qui se sont nommés "destructeurs de la psy", prétendent que le Prozac entraîne le suicide ou le crime. Grâce à des mailings importants, à des interventions dans des débats et à un sit-in continu [harcèlement des élus, ndt], les gens du CCDH ont réussi à enflammer quantités de poursuites contre Lilly. Un autre groupe lié à la sciento est "l'association des hommes d'affaires américains Inquiets". Il organise des rassemblements anti-drogues et donne des récompenses de 5'000 $ aux écoles comme méthode pour y recruter des étudiants et y acquérir les faveurs de l'enseignement.
 
John D.Rockfeller
 
En Virgine, en 1987, le sénateur John D. Rockfeller IV a par mégarde recommandé cette association au Sénat. En Août dernier, l'auteur Alex Haley donnait le ton des conférences successives lors du banquet annuel de ce groupe à Los Ange- les; comme il l'a dit ensuite:"Je ne savais pas grand chose de ce groupe: je suis Méthodiste de religion." L'ignorance sur la scientologie peut devenir embarrassante: il y a deux mois, le gouverneur de l'Illinois Jim Edgar a fait la remarque que "le fondateur de la scientologie ayant résolu le problème de l'aberration humaine, le 13 Mars serait décrété "Jour de L. Ron Hubbard". Il s'en est excusé peu après, quand il a appris qui était Hubbard.
 
Soins scientologues
 
"HealthMed" est une chaîne de cliniques qu'un scientologue dirige; elle promeut un usage excessif et éreintant de sauna, de vitamines et d'exercices, fabriqué par Hubbard pour "purifier le corps". Les experts dénoncent ce régime comme vulgaire tricherie; il est potentiellement dangereux, mais cela n'empèche pas HealthMed de solliciter les Comités d'entreprises ou les services publics pour trouver de la clientèle. La chaîne est très liée par un ouvrage nouveau "Régime pour une planète empoisonnée", du journaliste David Steinman, qui conclut que quantité d' aliments sont dangereux (par exemple, les caca- huètes, le poisson, les pèches et certains fromages). Le Professeur de Chirurgie C. Everett Coop a qualifié l'oeuvre de "poubelle" et la FDA (Administration des Aliments et Drogues, ndt) a publié une note expliquant que Steinmann avait triché sur ce que la FDA avait écrit. "HealthMed est une passerelle vers la scientologie, et le livre de Steinman un mécanisme d'appel", a dit le Docteur William Jarvis, président du Conseil National contre les Fraudes Médicales". Steinmann, qui décrit Hubbard comme un "chercheur", nie tout lien avec l'église et prétend que "HealthMed n'a aucune affiliation avec l'église".
 
Traitement des drogués
 
Le programme de Purification d'Hubbard constitue l'ossature de Narconon, une chaîne scientologue de 33 centres de réha- bilitation présents dans 12 pays - certains sont logés dans des prisons sous le titre "CRIMANON". Narconon, véhicule classique destiné à attirer les toxicomanes en scientologie, compte désormais ouvrir le plus grand centre de trâitement des drogués au monde, un bâtiment de 1400 lits situé dans la réserve indienne proche de Newkirk, Oklahoma (2400 hab. - Lors d'une cérémonie en 1989, le leader de "l'association pour une Vie et une Education Meilleures" a présenté à Narconon un chèque de 200 000 dollars et une plaquette vantant le travail fait. Il s'est trouvé que cette deuxième association est aussi satellite scientologue. La ville se bat de nos jours pour rejeter la secte, qui a son tour utilise ses tactiques habituelles d'enquètes par des détectives privés sur le compte du Maire et du journaliste local.
 
Escroqueries financières
 
Trois scientologues de Floride, dont Ronald Bernstein, gros contributeur à la guerre internationale au coude à coude menée par l'église plaidaient coupables en Mars pour s'être servi de leur société numismatique pour blanchir de l'argent. D'autres activités notoires de l'église comprennent: rendre le sombre "stock exchange" de Vancouver encore plus sombre (voir encart) [encart non fourni ici, ndt] ; concocter la mise en place d' espions au sein de la Banque Mondiale, du Fond International Monétaire et de la Banque Import - Export des USA. Le but était le suivant: obtenir l'information interne sur les pays qui allaient être privés de crédits afin que les commerciaux liés à la scientologie puissent faire des profits illégaux en prenant des positions "à court " sur les monnaies de ces pays. Dans le Marché des actions, la pratique "à court" impli- que l'emprunt sur des actions cotées en bourse, dans l'espoir que le prix descende avant que les stocks ne soient remis sur le marché et rendus au prèteur.
 
Les Frères Feschbach -( Kurt, Joseph et Matthew,) de Palo-Alto, Californie, sont devenus les meilleurs vendeurs "à court" des USA, ayant plus de 500 millions de dollars en activité; ils ont 60 exmployés et disent avoir obtenu une rentabilité supérieure au Dow Jones pendant l'essentiel des années 80. Et, disent-ils, ils le doivent aux enseignements de la sciento- logie, dont le fonds "guerre au coude à coude" a reçu 1 million de dollars de leur part. Les Feschbach embrassent de plus les tactiques de l'église; ils sont le terreur des stocks exchanges.
 
Lors des interrogations au Congrès en 1989, les patrons de plusieurs sociétés ont dit que les opérateurs des Feschbach avaient répandu de fausses informations auprès de diverses agences gouvernementales et sous divers déguisements -- par exemple, faire comme s'ils faisaient partie de la Commission Officielle des Garanties et Echanges -- afin de discréditer les sociétés et faire baisser le prix du stock. Michael Russell, qui dirigeait une chaîne de journaux d'affaires, a témoigné que les Feschbach appelaient ses banquiers et intervenaient dans ses prèts bancaires. Les Feschbach ont aussi envoyé des détectives à la recherche de crasses sur les sociétés, crasses qu'ils donnaient ensuite en pâture aux reporters d'affaires, aux Brokers et aux dirigeants de société de Capitaux (Funds).
 
Les Feschbach, qui arborent des vestes portant le solgan " Démolisseurs de Bourse" insistent sur le fait que leur affaire est nette. Il se trouve pourtant que dans les preuves possibles d'espionnage du commerce d'actions, des officiels au niveau fédéral sont en train d'enquèter pour savoir si les Feschbach ont reçu des informations confidentielles d'employés de la FDA (Administration des Aliments et Médicaments).
 
Les frères semblent s'être alignés sur la manie scientologue de s'en prendre à la psychiatrie et à la médecine: nombre de leurs cibles sont des sociétés bio-technologiques ou du domaine de la santé. "Si la vente légitime au "court" accomplit un service utile en diminuant des stocks excessifs, " dit Robert Flaherty, éditeur du Magazine Equités, qui critique les frères, "les Feschbach ont toutefois brisé de bonnes mises en train (d'affaires par leur méthode)".
 
Steven Fishman
 
De temps à autre, les singeries en affaires envoient un scientologue derrière les barreaux. En Août dernier, un ex-adepte dénommé Steven Fishman a entamé ses cinq années de prison en Floride. Son crime: Voler à son employeur (gros cour- tier) des confirmations en blanc pour des stocks, dont il se servait ensuite comme preuve qu'il posédait les stocks afin de pouvoir engager ensuite des poursuites groupées . Fishman a fait environ 1 million de dollars entre 83 et 88 et en a dépensé plus de 30 % en livres et cassettes scientologues. La Scientologie nie toute participation à l'escroquerie de Fishman, prétention tout à fait contestée par Fishman et par Uwe Geertz, son psychiatre depuis fort longtemps, hypnologue renommé en Floride. Tous deux disent que lorsqu'il a été arrèté, l'église a ordonné à Fishman de tuer son psychiâtre, puis de se suicider (ce que la secte nomme dans son jargon faire un "EOC", qui signifie une Fin de Cycle).
 
Publication de livres
 
La malfaisance de la scientologie a également envahi l'édition. Depuis 1985, au moins une demi-douzaine de livres d' Hubbard sont parvenus sur la liste des best-sellers. Cela va de la '''décologie" de 5000 pages de science-fiction dont voici quelques titres "Genèse Noire, L'Ennemi Intérieur, Une Affaire Etrangère" à son vieux livre d' il y a 40 ans, La Dianétique. En 1988, la publication commerciale Editeurs HEBDO (Publishers Weekly) a remis à son auteur décédé la plaque commé- morative pour l'apparition de la Dianétique dans les liste des Best-sellers 100 semaines d'affilée. Les critiques qualifient d'illisibles la plupart des oeuvres d'Hubbard, et certains repentis disent que ce sont des gens de l'église qui les ont écrit. Même si c'est le cas, l'église a envoyé des armées d'adeptes acheter les livres du groupe chez des distributeurs tels que D. Walton et Waldenbooks, afin de soutenir l'illusion des ventes 'best-seller' de leur auteur préféré. Un ancien dirigeant chez Dalton's a dit que certains livres arrivaient chez lui avec les anciennes étiquettes de la chaîne pas décollées. La Scientologie prétend qu'elle a vendu 90 millions d'ouvrages d'Hubbard de par le monde. Ce schéma qui consiste à élaborer des chiffres pour les convertir en crédibilité est attisé par une campagne sans précédent dans les magazines et radios, dans l'histoire de l'édition.
 
Ecraser l"ennemi"
 
La scientologie utilise d'énormes ressources pour écraser ses critiques. Depuis 1986, Hubbard et son église ont fait l'objet de quatre livres inamicaux, tous publiés par de petits éditeurs courageux. Dans chaque cas, les auteurs ont été mécham- ment poursuivis en justice et apostrophés. L'un des règlements d'Hubbard fait que tous ceux qui sont perçus comme "ennemis" sont "gibier de potence" et font l'objet de "tromperies, poursuites légales, mensonges et destruction". Ceux qui critiquent l'église, qu'ils soient journalistes, docteurs, avocats et même juges, se trouvent rapidement enlisés dans les procès sans fin, espionnés par des détectives, accusés de crimes qu'on leur fabrique, frappés ou menacés de mort.
 
La psychologue Margaret Singer, critique hors pair de la scientologie et Professeur à l'Université de Berkeley, Californie, voyage désormais sous un nom d'emprunt afin d'éviter le harcèlement. Après que le Time de Los Angeles ait publié une série d'articles critiques de l'église l'été passé, les scientologues ont dépensé environ 1 million de dollars à placarder les noms des journalistes sur des centaines de panneaux d'affichage et de bus partout en ville. Au-dessus de leurs noms, on trouvait des citations hors de contexte qui pouvaient faire penser que les articles étaient positifs pour l'église. La pire des craintes qu' inspire l'église vient de ses avocats. Hubbard a prévenu ses adeptes: "Méfiez-vous des avocats qui vous disent de ne pas porter plainte... le but du procès est de harceler et de décourager plutôt que gagner..." Résultats: la scientologie a fait des centaines de procès contre ceux qu'elle croit ennemis, et paie de nos jours dans les 20 millions de dollars annuels à une bonne centaine d'avocats. L'un des buts pour l'affaire légale, c'est d'enterrer l'opposition sous les paperasses ou de la mettre en faillite.
 
L'église a 71 dossiers de justice en cours, rien que contre l'IRS. L'un d'eux, (Miscavige contre IRS), a forcé à établir un index pour les 52'000 pages de documents.
 
Nombreuses procédures contre Me Michael Flynn, avocat des victimes
 
L'avocat Bostonien Michael Flynn, qui s'est occupé de victimes de la scientologie de 79 à 87, a dû subir personnellement 14 procès frivoles (sans fondement), tous abandonnés ensuite. Un autre avocat, Joseph Yanny, croit que " l'église a telle- ment perverti la justice et le système judiciaire qu'on devrait l'empècher de chercher quelque justice que ce soit devant les tribunaux. "Il devrait le savoir: il a représenté la secte jusqu'en 1987 , quand on lui a demandé d'aider l'église à voler des dossier médicaux de la partie ennemie et de faire chanter l'avocat de l'opposition (qui aurait été rossé, en définitive). Puisque Yanny a cessé de représenter l'église, il a servi de cible à des menaces de mort, des cambriolages, des poursuites au tribunal et autres harcèlements.
 
Les critiques de la scientologie soutiennent que le gouvernement doit tomber sur le dos de l'affaire de façon globale et organisée. "Je me demande vraiment où est le gouvernement", dit Toby Plevin, un avocat de Los Angeles qui manie les victimes."On ne devrait pas laisser cette affaire à des avocats privés; car Dieu sait combien d'entre nous craignent de s'engager " Mais même les agents chargés de faire respecter la loi sont précautionneux; ils marchent sur des oeufs dès qu'il s'agit d'affaires de l'église.", dit un détective privé de Floride qui traque la secte depuis 1988. "Il faudra un effort fédéral véritable, et des tonnes d'argent et de main d'oeuvre."
 
Scientologie et le Fisc
 
Jusque là, c'est l' IRS qui a donné le plus de fil à retordre à la secte, qui croit que les successeurs d'Hubbard peuvent avoir conservé les clés du coffre de l'église et se servir. Depuis 1988, lorsque la Cour Suprème a tranché définitivement sur la révocation des statuts non-lucratifs accordés antérieurement à l'église, un gros effort est entrepris sur les comptes de chaque centre de l'église dans le pays. Un agent de l' IRS, Marc Owen, a estimé que des milliers d'employés de l'IRS y étaient impliqués. Un autre, dans un memorandum interne, espère vraiment "la désintégration finale" de l'église. Une petite lueur d'espoir a brillé en Juin dernier, lorsque une cour d'appel a jugé que deux cassettes contenant des conversations entre des officiels de l'église et leurs avocats servait de preuve d'un plan destiné à "commettre des fraudes fiscales dans le futur. L' IRS et le FBI ont interviewé des scientologues repentis au cours des trois dernières années, en partie pour trouver les preuves d'un cas de racket énorme apparu l'été dernier.
 
Les agents fédéraux se plaignent que le Département de la Justice ne veuille pas accorder plus de crédits au soutien des opérations de guerre à couteaux tirés contre la scientologie, ou pour en finir avec les jihads notoires de l'église contre les agents, pris indiviuduellement. "Mon opinion est que l'église dispose d'un service de renseignements excessivement effica- ce, qu'on peut même comparer à celui du FBI", dit Ted Gunderson, un ancien dirigeant du bureau du FBI à Los Angeles.
 
Scientologie à l'étranger
 
Les gouvernements étrangers ont frappé plus fort que nous sur l'organisation. Au Canada, l' église et neuf de ses membres seront jugés en juin pour vols de documents d'état, (dont bon nombre ont été retrouvés lors du gigantesque raid de police contre les quartiers généraux de l'église à Toronto). L'église a proposé de donner 1 million de dollars aux pauvres si on abandonnait la poursuite, mais le Canada a repoussé l'offre. Depuis 1986, les autorités françaises, espagnoles et italiennes ont effectué des raids dans plus de 50 groupements scientologues. En cours, des procès à l'encontre de plus de 100 membres outre-atlantique, incluant des causes telles que : escroquerie, extorsion, fuite, coercition, pratique illégale de la médecine et extorsion envers des personnes diminuées mentalement. En Allemagne, le mois dernier, des politiciens très en vue ont accusé la secte d'infiltrer un des partis importants et de lancer un recrutement énorme dans les pays de l'est.
 
Travolta leur porte-parole pour quelle image ?
 
Parfois, même les plus fidèles zélotes ne peuvent compter sur une vraie protection. John Travolta, la star, 37 ans, a servi de porte-parole officieux à l'église, bien qu'il ait dit en 83 qu'il était opposé à sa direction. Les renégats de haut niveau ont dévoilé qu' il avait longtemps craint qu'en cas de départ, les détails de sa vie sexuelle ne soient rendus publics. "Il a eu bien du mal à l'avouer, se souvient William Franks, ancien directeur du Conseil de l'église. Aucune menace directe n'était faite, mais c'était implicite. Si vous partez, ils commencent aussitôt à fouiller dans tout ce qui est possible." Franks a été mis dehors en 1981, après avoir tenté de réformer l'église. L'ancien patron de la sécurité de l'église, Richard Aznaran, se souvient de l'actuel couronné, Miscavige, répétant aux staffs des blagues à propos du comportement soi-disant promiscue de Travolta. A l'heure qu'il est, toute menace de dénoncer Travolta semble inutile: en mai dernier, un acteur porno male a obtenu 100'000 dollars pour un article racontant sa prétendue liaison deux ans durant avec la star. Travolta refuse tout commentaire, et en Décembre, son avocat a repoussé des questions à ce propos, disant qu'elles étaient "bizarres". Deux semaines plus tard, Travolta annonçait son mariage avec l'actrice Kelly Preston, une autre scientologue.
 
Peu après la mort d' Hubbard, l'église a eu recours aux soins d'une société respectée dans le domaine du Conseil en Marketing, la Cie Trout and Ries, basée dans le Connecticut, afin de redorer son blason auprès du public. "Nous avons été brutalement honnètes," a dit Jack Trout, "en leur conseillant de nettoyer leurs activités, d'en finir avec la controverse et même, d'arrêter d'être une église. Ce n'est pas ce qu'ils voulaient entendre." Ils sont allés se servir auprès d'une autre société, l'une des plus importantes du pays pour ses annonces, Hill et Knowlton, dont les cadres refusent de discuter les questions financières engagées. "Je suppose que Hill et Knowlton doivent croire que ces gars ne sont pas tout à fait des martiens", dit Trout - "à moins que ce ne soit que pour l'argent?" L'une des stratégies principales qu'use la scientologie consiste à se prétendre 'persécutée' par d' intolérants anti-religieux. Elle est assistée en cela par l'Union des Libertés Civiles américaine et par le Conseil National des Eglises. Mais en fin de compte, il n'y a que l'argent qui compte en scien- tologie. Tant que les opposants sont écrasés un jour ou l'autre, les dirigeants et avocats de scientologie continuent à encaisser des millions de dollars.
 
L'argent de mines à Vancouver
 
L'une des sources de fonds de notre église basée à Los Angeles gît à la bourse auto-régulée de Vancouver, Colombie Britannique, souvent nommée capitale mondiale des escrocs. Les échanges portent sur une liste de 2300 valeurs et totalisent 4 milliards de dollars par an. Les journalistes locaux et les initiés disent que l' essentiel va des liquidations totales aux pires escroqueries. Deux scientologues y opèrent: Kenneth Gerbino et Michael Baybak, vétérans de la scien- tologie depuis plus de 20 ans, à Beverley Hills, et donateurs importants pour la secte. Gerbino, 45 ans, est conseiller financier, contrepartiste à la bourse et publie une lettre financière nationale. Il s'est vanté en scientologie de devoir sa réussite de preneur d'affaires à L. Ron Hubbard.
 
C' est peu dire, car si l'indice Dow Jones industriel a plus que doublé depuis 1985, la rentabilité cumulée de la lettre de Gerbino n'a été que de 24 % pendant la même période. Ca n'empèche pas les gains à court terme de Gerbino d'être énormes. Une enquête d' Octobre a montré qu'il était le seul à avoir engrangé des bénéfices au dernier trimestre 1990 - grâce aux valeurs sur l'or et autres. Pour le premier trimestre de 1991, Gerbino était à sec. Baybak, 49 ans, qui fait tourner une affaire de relations publiques n'employant que des scientologues, n'a apparemment pas de problèmes de conscience à concocter des reprises hostiles envers des sociétés qui l'avaient engagé pour faire leur pub. Ni l'un ni l'autre n'ont accepté l'interview pour notre article, mais les deux ont menacé de poursuites judiciaires. "Quand ces gars s'amènent, ils raflent les sociétés, liquident le stock, vendent leurs participations, et il n'en reste rien, " dit John Campbell, ancien avocat d'affaires qui fut directeur de la société minière Athena jusqu'à ce que Baybak et Gerbino la raflent. Le schéma est devenu familier. La paire a d'abord promu un placement à risque nommé "Ressources Skylark" dont l'action cota près de 4 dollars en 87. L'affaire s'effondre et l'action coûte dans les 2 cents. Ils ont trompetté que NETI Techno- logies, une affaire de software, serait "le XEROX du 21e siècle"; en 1984, l'affaire a atteint plus de 120 millions $ de valeur boursière, avec l'aide de Baybak. La société a fait ensuite faillite et ses actions ne sont plus cotées sur le marché de Vancouver.
 
Baybak apparaît en 1989 au sommet des "Placements à risque" de Wall Street, disant qu'il avait 35 tonnes de timbres rares du Moyen-Orient - valeur 100 millions de dollars - et qu'il achetait la plus grande collection mondiale de timbres Arabes (valeur 350 millions $). Steven C. Rockfeller Jr, de la famille des pétroliers, et le champion de Hockey Denis Potvin ont pris des postes de direction dans la société; mais tous deux les ont quittés lorsqu'ils se sont aperçus que les timbres ne valaient pratiquement rien. "Ces timbres avaient été fabriqués par des nations des déserts afin d'exploiter les phila- télistes," a dit Michael Laurence, éditeur de "Nouvelles des Timbres - Linn" le plus fort tirage des journaux philatéliques américains. Après avoir atteint 6 $, l'action a entamé sa descente habituelle, Baybak se débarrassant peu à peu de ses propres actions. Elle vaut désormais 18 cents.
 
Athena Gold, l'objet des attentions actuelles de Baybak et Gerbino, a été fondé par l'entrepreneur William Jordan. Il s'est adressé à un courtier de Vancouver pour l'aider à financer la société, une affaire d'un millier d'hectares vers Reno. Le courtier a promis d'obtenir 3 millions de dollars et a fait entrer Gerbino et Baybak dans l'affaire. Jordan n'a jamais touché la majorité des fonds, mais les membres de la secte ont fini leur affaire avec un bon paquet d'actions et d'options bon marché. Ils ont ensuite choisi des directeurs qu'ils connaissaient et entamé une série de manoeuvres complexes pour empècher Jordan de voter ses propres droits aux voix et l'extirper de la société. "J'ai été un flic honnète toute mon existence, et j'ai vu toute sorte des pires criminels, et ça, c'est un bel exemple," a dit Thomas Clark, porteur de parts d'Athena et vétéran de la police de Reno qui cherchait à aider Jordan à récupérer la mine d'or. "Ils ont volé la propriété de cet homme".
 
Avec Baybak à la tête d'Athena, les deux scientologues et leur staff promeuvent l'affaire, pas toujours clairement. Une lettre adressée aux actionnaires en même temps que le rapport 1990, prétend qu'une des plus grande affaire minière américaine, Placer Dome, a engagé 25,5 millions de dollars pour développer Athena. Voilà qui est tout à fait nouveau pour Placer Dome: "On n'a pas même d'engagement préalable ... nous n'allons pas dépenser cet argent à moins que l'enquète ne prouve l'intérêt d'une telle dépense," a dit Cole Mc Farland, dirigeant chez Placer Dome.
 
Baybak représentait Western Resource Technologies, une affaire de pétrole et essence, mais s'est fait remercier en Octobre. Steven Mc Guire, président de Western Resource, disait en riant "C'est un mec des Relations publiques qui a besoin d'un mec de Relations Publiques ...". Mais Mc Guire ne peut pas rire vraiment librement : Baybak et d'autres scientologues, y compris le fonds de L. Ron Hubbard, possèdent encore pas mal d'actions de sa société.
 
 
(La section qui suit ne se trouvait que dans l'édition internationale de TIME Magazine)
 
S'étendre à l'extérieur des Etats-Unis
 
Au Canada, la scientologie a recours à une équipe comprenant Clayton Ruby, l'un des plus célèbres avocats de droit civil, afin de se défendre elle-même ainsi que ses 9 membres qui vont faire face en Juin au jury à Toronto. Les accusations: vol de documents concernant la scientologie au Ministère de la Justice, à l'association Canadienne pour la Santé Mentale, à deux services de police et à d'autres institutions. Le procès prit sa source en 1983 lors d'un raid général conduit par surprise au QG de Toronto, par plus de cent policiers venus en bus loués; quelques 2 millions de pages de documents furent saisis en deux jours. Clayton Ruby, dont les manoeuvres juridiques ont retardé le procès deux ans durant, tente maintenant de faire abandonner l'affaire sous prétexte de "délai trop long"... Le Ministère Espagnol de la justice a refusé deux fois le statut de religion à la Scientologie, mais cela n'a pas ralenti l'expansion de l'église.
 
En 1989, le Ministère de la Santé a publié un rapport qualifiant la secte de "totalitaire" et de "charlatanerie pure et simple". L'année précédente, les autorités avaient mené des raids dans 26 centres de l'église, avec comme résultat l'inculpation de 11 scientologues pour falsification des comptes, coercition et fuite de capitaux. "Le vrai Dieu de cette organisation est l'argent", a dit le magistrat instructeur Jose Maria Vasquez Honrnbia, avant de faire monter la hiérachie des juridictions à ce cas, car il était trop complexe pour la sienne. Eugène Ingram s'est vanté d'avoir fait retirer l'affaire à Honrnbia sous prétexte qu'il aurait communiqué des documets non autorisés à la presse.
 
En France, il a fallu un mort pour pousser le gouvernement à agir: 16 scientologues ont été inculpés l'an passé pour escroquerie, complicité dans l'exercice illégal de la médecine [et homicide involontaire, ndt] suite au suicide d'un dessi- nateur industriel à Lyon. Les enquèteurs avaient découvert des médicaments fournis illégalement par l'église. Parmi ceux qui sont poursuivis, on trouve le Président des Opérations en France et le patron du Centre des Célébrités, basé à Paris, ce centre s'occupant des membres célèbres.
 
Hors des Etats-Unis, c'est en Allemagne que la secte paraît être la plus active. L' Avocat Général de l'état de Bavière catalogue la secte comme "nettement totalitaire" et "exclusivement intéressée à exploiter les clients qui y pénètrent". En 1984, près de 100 policiers ont fait un raid sur l'église à Munich. On dit qu'à cette époque, les inspecteurs du Fisc amé- ricain collaboraient avec les officiels de Munich pour tenter de prouver que la secte n'était qu'une affaire commerciale. Plus récemment, les autorités de l'état de Hambourg ont commencé à revoir les statuts " à taxation réduite" de l'église, pendant que des membres du parlement tentent de poursuivre en section criminelle.
 
Dans une autre genre, des consultants-conseils liés à l'église ont infiltré de petites et moyennes entreprises un peu partout en Allemagne, ce qu'a démontré l'hebdomadaire DER SPIEGEL; ces consultants, qui cachent bien sûr leurs liens avec la scientologie, endoctrinent les employés en utilisant les méthodes hubbardiennes. Une organisation anti-sectes allemande estime que la scientologie dispose d'au moins 60 groupes de façade ou d'infiltration actuellement opérationnels. La politique allemande semble aussi attirer les zélotes Hubbardiens. En Mars, les Démocrates Libres - des partenaires du Chancellier Helmut Kohl au sein de la coalition majoritaire à Bonn - ont accusé la scientologie de chercher à inflitrer leur branche d' Hambourg, pendant que le parti principal d'opposition, les Démocrates Sociaux, exposaient à titre d'avertis- sement les manoeuvres de la scientologie destinées à exploiter l'ancienne Allemagne de l'Est communiste.Même des officiels au niveau fédéral servent à l'église: Le Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères Hans Dieter Genscher a involontairement endossé le message scientologue suivant : "En effet, le monde serait plus beau si les principes formulés dans cette brochure rencontraient davantage d'écho, afin qu'une vie caractérisée par la raison soit possible."
 
(Fin de la section exclusivement présente dans l'édition internationale de Time Magazine)
 
 
Les scientologues et moi
 
Il se passe bien vite d'étranges phénomènes autour de ceux qui commencent à > écrire sur la scientologie. La journaliste Paulette Cooper a écrit, dès 1971, un livre sur la secte. Ceci a conduit l'église à fomenter un complot, "l'opération Freak- out" (opération "mauvais trip" ou "débauche", ndt), dont le but, découvert dans les documents de l'église, était "de faire enfermer Paulette Copper en prison ou en asile". Cela a failli marcher: en se faisant passer pour Paulette Cooper, des scientologues ont réussi à la faire inculper en 1973 pour [prétendues] menaces de faire sauter l'église. Paulette a aussi enduré 19 procès par l'église; et n'a été finalement tranquille qu'après que le FBI ramène les preuves, lors du raid de 1977, qu'elle n'était pour rien dans les affaires de menaces à la bombe. Aucun scientologue n'a même été poursuivi dans cette affaire.
 
Pour le TIME, ils ont loué au moins dix avocats et six détectives privés pour tenter de me discréditer, me menacer et me harceler. Le 12 Octobre dernier, peu après avoir entamé mon travail sur le sujet, j'avais un rendez-vous avec Eugène Ingram, ancien flic balancé de la Police de San Francisco en 81 pour avoir en principe entretenu des liens avec des prosti- tuées et des dealers de drogues; Eugène Ingram est le principal des "privés" travaillant pour la sciento: il m'avait dit être en mesure d'arranger un repas avec David Miscavige, patron de l'église. Quelques heures avant ce repas, le "Conseil National Supérieur de l'Eglise", Earl Cooley, m'a téléphoné pour me dire que je serais seul à table.
 
Seul peut-être, mais pas oublié. Le soir, ai-je appris ensuite, une copie de mon rapport de crédit personnel avec infor- mations détaillées sur mes comptes en banque, adresse personnelle et numéro de Scéurité Sociale - avait été illégalement retiré d'un bureau national de crédit , "Transunion". La société bidon qui l'a reçu, "Educational Funding Services" de Los Angeles, a donné une adresse proche du QG scientologue de Los Angeles. Le propriétaire de l'adresse, est un privé nommé Fred Wolfson ; il a admis qu' un associé d' Ingram avait loué ses services pour obtenir des rapport de crédit sur plusieurs personnes. Wolfson dit que les avocats scientologues "avaient des jugements à faire éxécuter contre ces personnes, et qu'ils voulaient obtenir l'argent". Wolfson dit maintenant qu'il s'agit "de gens vicieux, des vipères". Ingram nie, par l'inter- médiaire de son avocat, toute implication dans cette fraude.
 
Au cours des cinq derniers mois, des détectives privés ont pris contact avec mes relations, qu'il s'agisse de mes voisins ou d' un ancien collègue, afin d'enquèter sur des sujets tels que ma santé (comme mon crédit, elle est excellente), ou pour savoir si j'avais des ennuis avec l' IRS (contrairement à la secte, je n'en ai pas). Deux types ont demandé de bon matin à l' un de mes voisins d'appartement à Manhattan si j' habitais bien là. J'ai finalement appelé Cooley pour exiger que cesse ce non-sens; il a > promis d'y veiller.
 
Après cela, un avocat m'a fait une assignation à comparaître, pendant qu' un autre suggérait que je pourrais posséder des actions d'une société dont je disais qu'elle pourrait avoir été reprise par la scientologie (il me menaça aussi de contacter la Commission Securité et Echanges). Un ami proche, de Los Angeles, reçut un coup de fil perturbant d'un membre de l'église de scientologie qui cherchait des choses à mon sujet - une indication que la secte peut avoir obtenu mes relevés télépho- niques illégallement. Deux détectives m'ont contacté, se posant en amis et victimes de la secte, pour me faire de soi- disant déclarations négatives sur l'église. Certaines de mes conversations avec eux ont été enregistrées et présentées sous forme de "témoignages assermentés" (affidavits) par les avocats de l'église aux miens, comme "preuve" que j' avais des a-priori contre la scientologie.
 
Parmi les commentaires que j'ai faits à l'un des détectives, qui se présentait sous le nom de Harry Baxter, ami de la famille de la victime, il y avait "on y entraîne les gens à mentir". "Baxter" et ses collègues sont en mauvaise position pour nier cette affirmation: son vrai nom est Barry Silvers, et c'est un ancien enquèteur du département "Force de choc contre le crime organisé" du ministère de la justice.
 
Richard Behar
 

http://www.spj.org/pressNotes.asp?REF=361

DIX ANS APRES...

LE TRIBUNAL REFUSE DE RECONSIDERER LE PROCÈS SCIENTOLOGIE

Dix ans après que le Magazine TIME ait écrit un article couronné de récompenses, et qualifiant l'église de scientologie de secte avide, la Cour Suprème a refusé lundi de reconsidérer le jugement du procès en diffamation lancé par l'église.

Time Warner Inc. avait âprement défendu l'article de dix pages et expliqué qu'il refusait "de se laisser intimider par les ressources légales apparamment illimitées de l'église".

Le mouvement disait que l'auteur avait des préjugés et qu'il n'avait interviewé que les critiques de la scientologie, ce mouvement fondé par l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard, qui exige que ses membres prennent des cours et des conseils pouvant coûter des milliers de dollars.

L'article de mai 1991 intitulé "Scientologie, la secte avide", expliquait que le mouvement "est en réalité une escroquerie brutale et globale".

Time a dit que cet article de couverture avait remporté le Prix Gerald Loeb attribué au journalisme d'affaires et de finances; le Prix Worth Bingham, et le Prix Conscience dans les médias attribué par la société américaine des journalistes et auteurs

 

 TÉMOIGNAGE: ESCLAVE DE LA SCIENTOLOGIE A 13 ANS

Mon nom est Tonya Burden
Apprendre à mentir
L'EPF, le "Projet Force de Biens"
Servante de Ron Hubbard
Violation des Droits de l'Homme
Flag : un gros mensonge
Le RPF "Redemptory Project Force"
2,5 dollars comme salaire...
 
Mon nom est Tonya Burden
 
Mon nom est Tonya Burden, de Las Vegas, Nevada. J'ai 20 ans. Vers le 3 Mars 1973, alors que j'avais treize ans, mon père et ma mère furent recrutés en scientologie. J'ai moi-même été recrutée en scientologie par Billy Kohn et j'ai signé mon contrat d'un milliard d'années à la Sea Org (Organisation Maritime, "l'élite" de la secte, ndt) vers la même date.
 
Kohn nous avait déclaré que nous serions en poste dans les locaux de Las Vegas, que nous aurions un espace bien meublé et suffisamment grand, que nous mangerions bien et gagnerions assez d'argent, et que nous disposerions aussi de deux jours de sortie par semaine. Papa vendit sa Cadillac et ses voitures de sport, et nous partîmes pour Los Angeles avec le recruteur.
 
La Scientologie me plaça dans "l'organisation des Cadets" tandis que mes parents étaient affectés à l'Organisation Saint Hill Américaine (ASHO en abrégé). L'org des cadets était dirigée par Dorothy Jefferson et située 811 Beacon Street à Los Angeles, dans un bâtiment de deux étages qui abritait environ 400 enfants. Elle avait pour but d'enseigner la scientologie aux enfants. Mes obligations consistaient à nourrir, laver et prendre soin des enfants. Une autre fille et moi étions les aînées des enfants. Les conditions de vie étaient ignobles. Il y avait des morceaux de vitres cassées par terre, des fils éléctriques dénudés là où jouaient les enfants. On nous nourrissait mal. On nous a plusieurs fois servi du lait contenant des cafards. On ôtait les cafards à la main avant de  servir à table. En plus de m'occuper des enfants, je devais nettoyer les toilettes chaque jour. J'ai écrit à L. Ron Hubbard pour lui expliquer les conditions, mais rien n'a changé.
 
On ne laissait pas les enfants avec leurs parents. La scientologie autorisait une visite tous les quinze jours, et seulement pendant trois quarts d'heure à l'heure des repas. Mes parents furent placés à l'ASHO et quittèrent la scientologie en Septembre 1973, alors que j'étais à bord du navire Apollo.
 
Un homme arriva de Flag (QG de la secte, ndt) à l'org des cadets. Le QG de Flag était à bord de l'Apollo. Ce type parla de la "Source", c'est à dire, L. Ron Hubbard. Hubbard avait besoin de "messagères" et d'autres gens pour travailler à bord du bateau.
 
J'ai quitté l'org des cadets au bout d'environ trois mois, pour aller à FOLO, autre service scientologique logé au "Manor" de Franklin Street à Los Angeles. On me mit au service "FRU" (Unité Préparation de Flag) chez FOLO. C'est Chuck Pierce qui dirigeait l'unité. Le programme était destiné à faire passer des "vérifications de sécurité" pour s'assurer que les gens con- viendraient comme sujets d' Hubbard à bord de l'Apollo.
 
Pendant les questionnaires, ils cherchaient à savoir si j'étais liée à des "personnes suppressives" - c'est à dire des gens hostiles à la secte. On me fit passer un test de personnalité, un autre de QI, et d'autres encore. Je reçus de l'endoctrinement (lavage de cerveau) pendant trois mois. Et finalement, on m'accepta et on m'envoya au Briefing.
 
Le Briefing eût lieu en Août 73 ou vers cette période. C'est Peter Cook qui m'instruisit pour donner certaines réponses à des questions que pourraient poser des non-scientologues. Il s'agissait surtout de pouvoir répondre aux questions qu'on me poserait à terre, quand je serais nommée à bord de l'Apollo. Nombre des choses qu'on m'apprit étaient des mensonges. La localisation et les activités de l'Apollo demeuraient secrètes. On me disait que si un agent des douanes ou autre non-scientologue me posait une question sur la destination, il faudrait répondre que j'étais "en transit".
 
Apprendre à mentir
 
Peter Cook m'instruisit sur le récit "de couverture"; il fallait dire que j'étais "en transit"sur OTC (Corporation Operation Transport"), une unité d'enseignement de la gestion à bord du bateau. Il m'a démontré ce que c'était en se servant de "démonstration en pâte à modeler": il faisait un bateau, des bonshommes en pâte, et imitait les interactions avec les autres gens, de façon à ce que je donne les réponses standardisées.
 
J'ai pris l'avion pour New York après ça, et j'ai été reçue par Kevin Campbell. Il travaillait dans un bâtiment à New York, aidant RONY. J'ai appris ensuite que RONY était une liaison recevant des télex codés depuis l'Apollo, télexes ensuite rééxpédiés à d'autres "orgs" dans le monde. Une fois à bord, je rencontrerais Mike Henderson, qui prenait les messages du bateau et les envoyait à RONY. Parfois, Henderson recevait les télex de Rony à terre. Je compris ces principes une fois messagère de L. Ron Hubbard.
 
Campbell me mit sur un avion et me dit de rencontrer Chuck Adams à destination: Lisbonne. Au Portugal, je rencontrai Adams qui m'informa que le bateau avait pris la mer. Quelques heures plus tard, il sut que la destination était Madère. On me mit sur un avion vers Madrid, où je changeais d'avion  pour aller à l'île de Madère.
 
Questionnée par les agents de la douane, je leur dis que j'étais "en transit"; je pris le taxi qui m'amena à l'Apollo.
 
Je vis donc l'Apollo pour le première fois, et fut très déçue de son état lamentable. Une fois à bord, on me mit sous la garde d'un "buddy" (un instructeur) qui devait m'apprendre le bateau en deux jours. C'était l'un des cinq bateaux que la scientologie utilisait, et depuis lesquels Hubbard dirigeait les organisations du monde entier. Il y avait environ 3 à 500 membres de la "Sea Org" à bord. On me mit dans une couchette dans les dortoirs des femmes, et je fus assignée à l'EPF "Projet Force des Biens".
 
L'EPF le "Projet Force des Biens"
 
L' EPF servait à juger quelle était la résistance de la personne. On me dit que ça me transformerait en "un vrai marin". A l'EPF, on démarrait à 6 heures du matin. Je nettoyais des vêtements de 6 heures à midi sans interruption ni casse-croûte. On lavait les vêtements à la main dans une cuvette, et il fallait rincer dans TREIZE cuvettes séparées. Puis les suspendre pour les faire sècher.
 
Ensuite, on avait une heure pour déjeûner et on m'envoyait nettoyer les cabines. Il fallait que l'inspection "gants blancs" soit convenable, c'est à dire que l'inspecteur passait les gants blancs dans les coins etc; s'il trouvait des traces de pous- sière ou autre, on me forçait à faire des tours de bateau en courant, avant de me renvoyer au nettoyage. Un tour de bateau fait dans les 3 ou 400 mètres. La journée s'achevait vers minuit.
 
Les jours de pluie, il fallait repasser les vètements pour les faire sècher. Cela voulait dire repasser la matin et le soir. Et plus d'une fois, toute la nuit, en terminant à 6 heures du matin. Il m'arrivait de passer trois ou quatre jours sans dormir. Je tombai un jour de sommeil sur la table de repassage, le fer à la main. Ma supérieure, Doreen Gilliam, me prit en train de dormir et me cria dessus comme une folle. Elle m'envoya faire des tours de pont en courant et m'assigna "une condition de doute", c'est à dire qu'il fallait que je fasse 15 heures de "projet- travail-amende", en supplément du reste, aux heures des repas ou de repos, jusqu'à ce que j'ai fini mon projet. Pendant toute cette punition, je n'avais pas le droit de parler à quiconque, je mangeais seule; et finalement, j'ai parlé, et j'ai dit que j'en avais assez. On m'a expédiée voir le Comman- dant des Messagères, qui me punit d'un mois de cuisine, où je lavais les plats et les casseroles. J'ai fait ça tout un mois et suis retournée sur l'EPF.
 
L'EPF était comme une prison. Il fallait que je m'adresse à tous les gens en leur disant "Sir", et on me laissait seulement quinze minutes pour manger.On ne me laissa quitter l'EPF que quand j'eus fait mes preuves. J'avais le cerveau complètement lavé pour bien  obéir aux ordres. On me donnait 2,9 dollars par semaine (20 F, ndt) pour ce travail.
 
Pendant que j'étais sur l'EPF,  je n'entendis jamais parler de mes parents, ni lettres, ni appels téléphoniques. A bord, je reçus un télex de Peter Albert, qui était Chef de la Justice sur le Continent à FOLO: il m'informait que mon père avait été déclaré par la scientologie "Personne Suppressive": ils disaient qu'il était un 'espion' ennemi de la scientologie'. J'ai commencé à pleurer et demandé à m'en aller en leur disant que je pourrai convaincre mon papa de revenir en scientologie.
 
Dede Riesdorf, le "supercargo" (niveau adjudant) de notre "org" ne me permit pas de m'en aller. Je lui ai expliqué que je voulais réunir mon papa et ma maman, mais elle refusa. Elle me dit alors de "déconnecter" parce que mes parents étaient tous deux des SPs (personnes suppressives, une injure maximale au sein de la secte). La déconnexion, ça voulait dire: plus aucun contact avec mes parents. Ils m'expliquèrent que mes parents ne feraient pas leur chemin dans la vie, mais que moi, si.
 
Tony Armstrong, l'officier commandant, m'assigna une autre "condition de doute" et me renvoya sur l'EPF. Elle disait que si je voulais partir, il fallait que je retourne à l'EPF. On m'assigna automatiquement les quinze heures de "projet travail amende" de la condition de doute. Je repris l'horaire 6 heures minuit, travaillant parfois 24 heures par jour. Un mois plus tard, on me renvoya étudier les "Routines d'Entraînement", les "TRs".
 
Pendant ces exercices, deux personnes et moi devions porter les messages de LRH. Il fallait l'écouter, le répéter de la même manière, et faire les saluts.
 
Servante de Ron Hubbard...
 
Faire "l' Ombre" faisait partie du lot: c'est comme ça que j'ai appris à servir LRH. J'ai suivi une autre messagère pour l'observer quand elle lui passait sa casquette, allumait ses cigarettes, lui portait le cendrier, et préparait ses habits. Finalement, je fis ça aussi.
 
Etant sa servante, je m'asseyais dehors à la porte, et je l'aidais à se tirer du lit quand il appelait "Messagère !". Je réagissais en lui allumant ses cigarettes, en portant le cendrier, en préparant ses toilettes, et en l'aidant à s'habiller. Après, je passais dans son bureau pour le vérifier, et je passais l'inspection gants blancs. Il se fichait très souvent en colère quand il voyait une poussière ou qu'il sentait le savon sur ses habits. C'est pour ça que nous utilisions treize cuvette successives pour rincer.
 
Après, je lui préparais sa salle d'audition: il s'auditait lui-même. Je lui préparais un casse-croûte. Il se faisait des séances d'audition de plusieurs heures. Plus tard, je faisais passer ses messages: je les amenais à la pièce de télex, d'où ils partaient vers les orgs à terre. Ils partaient parfois des ports quand nous étions à l'ancre.
 
Violation des Droits de l'Homme
 
Quand j'étais à bord du bateau, j'ai observé pas mal de punitions pour des péccadilles ou des erreurs sans importance par rapport aux règlements très stricts d'Hubbard. A plusieurs reprises, j'ai vu des gens expédiés dans les puits d'ancre du bateau sur ordre direct d'Hubbard. Ces endroits étaient minuscules, sales et puants, et couverts de rouille. J'ai vu un gamin gardé là pendant trente nuits, hurlant et pleurant pour qu'on le libère. On ne le laissait sortir que pour aller nettoyer les boues là où l'eau passe. Je crois que son 'crime' était de s'être servi d'un instrument de musique, une flûte, sans permission. J'ai aussi vu un garçon et une fille jetés là-dedans parce qu'ils avaient eu des relations romantiques avec d'autres personnes. Hubbard interdisait fanatiquement les relations sexuelles, ou "out-2D" comme ils disent. Les gens mariés avaient le droit de se voir, mais c'était très contrôlé aussi.
 
Un gros mensonge
 
LRH me raconta qu'il vendait le bateau et qu'on allait à terre. On le vendit vers Octobre 1975. Quelques 500 personnes arrivèrent à Daytona Beach. On loua plusieurs hotels là-bas. Quelques mois plus tard, on partit pour Clearwater, au Fort Harrison. Hubbard commença par appeler la sciento "Les Eglises Unifiées", alors qu'aucune église n'était en jeu. Finalement, le Maire Cazarès découvrit que ce nom cachait la scientologie.
 
J'ai découvert tout ça en lisant des papiers de relations publiques, que des officiers de relations publiques préparaient, et qui expliquaient ce qu'était la façade des "Eglises Unifiées".
 
La discipline scientologue
 
Au Fort Harrison, des gardes de la sécurité gardaient les sorties pour empècher les staffs de filer à l'anglaise , on dit "blower" en scientologie. On ne permettait pas aux gens de s'en aller. Il y en a trente ou 40 qui ont essayé. Ils se faisaient reprendre et envoyer au "RPF" (Projet Force de Réhabilitation), un camp de concentration scientologique où les gens qui "présentent une menace envers la sécurité" sont sous bonne garde. Le RPF était dans un entrepôt du Fort Harrison.
 
Certains eurent le droit de s'en aller après avoir passé par les "vérifications de sécurité", avoir été fouillés, s'être fait confisquer les livres et matériaux scientologiques, même ceux qu'ils avaient payés. Il leur fallait aussi signer des documents sur leurs "crimes" et divers autres préparés par l'Office du Gardien, le "GO", qui est le bras armé de la scientologie.
 
Une fois au Fort Harrison, je suis restée messagère de LRH. J'observais le contrôle exercé par LRH sur les diverses orgs du monde entier, depuis le Fort Harrison. Il se servait d'une quinzaine de codes différents pour cacher ses opérations, pro- grammes et règlements qu'il envoyait au monde entier. J'ai personnellement délivré des messages concernant l'opération "Snowwhite" (blanc comme neige), Freakout (Déboussoler), ou "Goldmine (mine dor), ainsi que d'autres opérations scien- tologiques secrètes et illégales. J'ai aussi classé ces opérations dans les classseurs personnels d'Hubbard, et ensuite, dans ceux du GO.
 
Toutes les communications télex transitaient par les messagères; les télex étaient codés en direction de Los Angeles, Office du Guardien; Folo; RONY; Afrique; Henning Hedt; Arthur Maren, Jane Kember et quelques autres endroits et indi- vidus. On expédiait des télex dans les bureaux GO du monde entier. Un des télex demandait des tuyaux sur l'éducation du Maire Casarès. Il la trouva grâce à un détective privé.
 
LRH déclarait que des gens étaient des suppressifs quand ils filaient de la scientologie. il envoyait des télex aux Offices du Guardien avec leur liste. J'ai vu les noms de ceux qu'il déclarait suppressifs.
 
En Février 1976, LRH quitta Clearwater pour New York. J'ai continué le même travail qu'avant, codage et décodage, mais pour le compte du GO. Je recevais quantité de messages d'Hubbard. Quand il partit à La Quinta en Californie, j'ai continué le même train-train codage-décodage, sept jours par semaine, jusqu'en Août 1977.
 
Le RPF, "Redemptory Project Force"
 
En Août, j'ai refusé d'obéir à un certain ordre et on m'expédia aux cuisines où je dus faire les mêmes tâches abjectes jusqu'à ce que je sois cassée émotionnellement, et qu'on m'expédie au RPF sous les ordres directs d'Hubbard.
 
Au RPF, on est étiqueté comme "traître" et forcé à travailler 18 heures par jour, souvent nourris de quelque riz et haricots à l'eau. J'ai personnellement pu voir une personne enchaînée aux tuyauteries de la chaufferie du Fort Harrison pendant des semaines. J'ai vu des gens du RPF qui hurlaient et pleuraient constamment pendant "l'audition à l'électromètre" (c'est un appareil qui sert de détecteur de mensonges - pendant l'audition). Les prisonniers du RPF étaient forcés à "auditer" pour faire sauter leurs "buts malfaisants" contre Hubbard et la Scientologie. J'ai pleuré à peu près tout le temps que j'étais au RPF.
 
Finalement, en Novembre 1977, j'ai décidé de m'échapper. Vers 4h30 du matin, j'ai volé les clefs d'un garde qui dormait à la porte de notre chambrée. J'ai passé par une conduite d'aération en rampant, et vu le téléphone. J'ai appelé mon père et lui ai tout raconté. Il m'a dit qu'il envoyait mon oncle me prendre à Fort Lauderdale. J'ai convaincu les officiers du RPF que mon oncle était un VIP aux "Dauphins de Miami" - ce n'était pas vrai - qu'il avait demandé à me voir, et que ça pourrait faire mauvais effet s'il ne pouvait me voir. J'ai pu finalement m'échapper grâce à lui et je suis revenue à Las Vegas.
 
A peu près quinze jours après mon retour, deux agents d'Hubbard sont venus chez moi en disant qu'Hubbard voulait me voir. Je leur ai dit que je ne reviendrai jamais plus. Mais ils m'ont demandé de venir boire un café, et j'ai accepté. Je suis montée devant dans la voiture, entre eux deux. Au bout de quelques minutes, j'ai remarqué qu'ils prenaient l'autoroute., et j'ai demandé où on allait. Ils m'ont dit qu'on partait voir Hubbard à Los Angeles.
 
On m'a enfermée en arrivant, et forcée à faire une "vérification de sécurité" à l'électromètre. J'avais terriblement peur, je pleurais, je leur ai dit qu'il y avait une réunion de famille pendant le week-end, que j'avais des parents et des amis policiers à Las Vegas, qu'il fallait que je rentre pour les vacances. Je les ai convaincus de me relâcher, et je suis revenue en bus à la maison. Des semaines durant, ils ont continué à m'appeler pour savoir quand je reviendrai. J'ai dit: JAMAIS.
 
2,5 dollars comme salaire
 
J'ai passé cinq ans entre 13 et 18 ans, en scientologie. On m'a payé dans les 2,5 dollars par semaine, et une fois, 17,5 dollars. Je n'ai eu aucune formation; en réalité, on montrait de fausses classes aux officiels de l'éduication de Clearwater pour les empècher de découvrir que nous dormions par terre dans des entrepôts, parfois sans même un matelas.
 
L'organisation détient encore dans les 800 dollars d'affaires m'appartenant. Quand je leur ai demandé de me les renvoyer, ils m'ont facturé pour 58'000 dollars [de formation supposée, ndt], je leur ai réexpédié la facture; ils m'en ont renvoyé une de 36'005,70 dollars, jointe à ma déclaration.
 
En Décembre 1979, après une action de groupe en justice contre la scientologie par divers anciens membres, j'ai obtenu une "proclamation d'amnistie" [d'Hubbard] que je joins également. Il se peut que certains anciens membres puissent se faire avoir par cette "amnistie" et qu'ils retournent en scientologie. J'ai très peur pour eux, car je sais ce qu'on y trouve. J'espère seulement que le public apprendra ce que fait Hubbard.
 
Les faits dont j'ai personnellement connaissance dans l'affidavit présent sont vrais. Je crois que les autres faits dont je n'ai pas personnellement connaissance mais qui sont basés sur mes informations et sur ce que je crois sont également vrais. Les dates sont citées au mieux de mes souvenirs, mais je ne suis pas strictement sûre de leur exactitude.
 
Signé sous peine de pénalité de parjure ce 25 Janvier 1980, à Las Vegas
Tonya C. Burden de Las Vegas, Nevada.
 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» résumé
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» html
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» pdf
«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
                                        
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