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LA FACE CACHÉE DE L'ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE Qu'est-ce que la Scientologie ?
Une thèse d'un policier français démontre que la scientologie est une secte dangereuse (Le Temps - 15 novembre 2012) 10 ans après, la thèse d'Arnaud Palisson sur la Scientologie est confirmée par la Cour d’appel de Paris (7 février 2012) «La scientologie: une secte DANGEREUSE» Thèse d'Arnaud Palisson (antisectes.net - 3 novembre 2002) |
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Jeudi dernier, le 2 février 2012, la Cour d’appel de Paris a confirmé un jugement de première instance et a condamné deux organisations parisiennes de scientologie en tant que personnes morales pour escroquerie aggravée en bande organisée, de par l’utilisation d’un test de personnalité en vue de persuader frauduleusement les victimes d’acheter des produits et services de scientologie. La Cour a prononcé des amendes d’un montant total de 600.000 € – près d’1M$ canadiens. Il s'agit de la sanction la plus sévère jamais prononcée pour escroquerie contre une organisation en France. Revenons en arrière de très exactement dix ans (et quelques heures). Le 1er février 2002, à l’Université de Cergy-Pon- toise, je soutiens ma thèse de doctorat en droit criminel (free download), consacrée à l’Église de scientologie. En recourant uniquement à des sources ouvertes, j’y développe notamment les idées selon lesquelles il convient:
À cette époque, je suis officier de police à la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG – aujourd’hui DCRI). J'y occupe les fonctions d’analyste du renseignement chargé du suivi des sectes au plan national. En octobre 2002, devant une centaine de magistrats, diplomates, militaires et policiers français et étrangers réunis à l’École nationale de la magistrature (ENM) de Paris, je donne une conférence de trois heures consacrée à l’Église de scientologie. À cette occasion, je transmets des copies de ma thèse à deux juges d’instruction. L’un est belge et instruit outre-Quiévrain un important dossier de scientologie; l’autre est française et instruit la grosse affaire de l’Église de scientologie- Celebrity Centre de Paris (celle-là même qui s’est achevée la semaine dernière devant la Cour d’appel). La revanche du paria du renseignement sur la haute administration française Dès lors, ma thèse ne quittera plus le bureau des deux magistrats. Elle atterrira également quelques mois plus tard sur le bureau d’un juge d’instruction suisse. Malgré la succession des magistrats qui instruiront l’affaire du Celebrity Centre de Paris, ma thèse va demeurer le document juridique de référence. Le dossier d’instruction, ouvert en 1999 de façon traditionnelle, se voit stratégiquement réorienté à la lumière de mes écrits universitaires. Graduellement, les juges d’instruction :
Connue jusqu’ici de quelques initiés, ma thèse devient publique la 13 novembre 2002, lorsque Le Figaro y consacre une pleine page, sous la plume de Christophe Cornevin. Le même jour, ma thèse est disponible en intégralité sur Internet – via le site de Roger Gonnet, ancien responsable de l’Église de scientologie de Lyon, devenu le principal opposant français de la secte. La Scientologie parisienne, d’ordinaire bien renseignée, n’a rien vu venir. Mais elle va régir avec célérité et une certaine efficacité. Le mois suivant, l’Église via ses avocats demande officiellement au ministre de l’Éducation nationale que mon diplôme de docteur en droit soit annulé. L’organisation évoque mon travail partisan, dénué d’objectivité et de toute méthodologie scientifique. Mais elle n’obtient pas de réponse du ministère de la rue de Grenelle Apprenant que la maison d’édition suisse Favre se prépare à publier une version vulgarisée de ma thèse, l’Église de scientologie démarche Pierre-Marcel Favre et lui demande instamment de renoncer au projet, en joignant une hasardeuse analyse de ma thèse. Nouvel échec. Note: J’aurais l’occasion de publier sur Internet une longue et cinglante réfutation des arguments avancés par ces deux documents. Paradoxalement, c’est en se tournant en désespoir de cause vers le Ministère de l’intérieur que l’organisation obtiendra un certain succès. En avril 2003, les avocats de la scientologie parisienne contactent le cabinet du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Ils demandent à ce que ma thèse de doctorat soit retirée d’Internet. Ils trouvent une oreille attentive en la personne du directeur de cabinet, un certain Claude Guéant (qui est lui-même aujourd’hui ministre de l’intérieur). Selon le principe des dominos administratifs, la consigne du cabinet redescend jusqu’à moi. Mon chef de service me dit en substance: «soit vous retirez votre thèse d’Internet, soit vous quittez le groupe Cultes et sectes.» Ma thèse restera en place. Pas moi. Le mois suivant, mon livre sort en librairie. Je deviens alors une sorte de paria, un fonctionnaire dont on ne sait plus quoi faire. Alors que je préparais mes cartons pour un détachement à la nouvelle Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), soudain, silence radio. Le président de la Mission, Jean-Louis Langlais, ne prendra même pas la peine de m’appeler au téléphone pour me dire que mon transfert rue de Bellechasse est annulé. Parallèlement, les avocats de l’Église de scientologie mettent la pression sur le directeur de l’École nationale de la magistrature. Le centre de formation, sur de l’Ile-de-la-Cité, m’est désormais interdit. Celui qui me succédera à cette tribune sera le journaliste Serge Faubert, très grand connaisseur de l’organisation sur laquelle il a écrit un ouvrage d'investigation incontournable aujourd’hui encore. Et aux magistrats qui lui demandent où trouver des pistes juridiques sur la Scientologie, Serge Faubert (qu’il en soit remercié) exhibe mon livre ! À la DCRG, après quelques mois à l’écart dans un autre groupe, je demande et obtiens une mutation à l’autre bout du couloir, dans une section antiterroriste. J’y resterai deux ans et demi. Au bout du compte, certes, ma thèse de doctorat a trouvé grâce aux yeux d’une poignée de juges d’instruction en Europe. Mes mésaventures seront en partie relatées par Charlie-Hebdo et un documentaire diffusé sur Canal+. Mais, pour le policier que je suis, quelque chose est cassée dans la machine:
Mais jeudi dernier, exactement dix ans après ma soutenance de thèse, la Cour d’appel de Paris vient d’asséner une gifle à tous ces fonctionnaires aux ordres: j’avais raison. Que l’on ne s’y trompe pas. Je ne suis ni aigri, ni revanchard. Au vu de l’évolution de la Miviludes, je sais que je n’y aurais pas tenu deux mois. Par ailleurs, avec Claude Guéant comme locataire de la Place Beauvau, ma progression de carrière au ministère de l’Intérieur en aurait pris un coup. Enfin, ce sont en grande partie mes déboires administratifs qui m’ont conduit à aller voir au Canada si l’herbe était plus verte. Et c’est indéniablement le cas. Autrement dit: Non, rien de rien. Non, je ne regrette rien. Mais, à 5500 kilomètres de Paris, un océan plus loin et 10 ans après, qu’il me soit permis d’exulter. Je ne sais pas si la véritié finit toujours par triompher, mais en l’espèce, elle aura pris son temps…
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RPF, "Rehabilitation Project Force", le projet de rédemption par la force
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Ce livre, dont la lecture doit être recommandée à tous ceux qui veulent approfondir le fonctionnement de la Scientologie est issu d'une thèse en sciences criminelles. un travail ayant été reçu avec la mention Très Honorable et les félicitations du jury. L'auteur, Arnaud Palisson, s'attache à démontrer que la doctrine sectaire de la scientologie est génératrice d'un certain nombre d'infractions pénales. Il suffit donc d'analyser le contenu de la doctrine pour y trouver les directives constitutives de diverses atteintes à la loi du pays dans lequel agit la secte. En effet, aux yeux de l'auteur, qui a étudié de près les instructions internes de la scientologie, la secte a mis en place tout un corpus normatif interne qui se superpose aux lois nationales. Ce système normatif, qui aux yeux de l'adepte scientologue a valeur de loi, a pour objectif concret de faire subir et parfois commettre par l'adepte un certain nombre d'infractions pénales. L'auteur analyse le processus complexe qui permet de comprendre comment l'adepte, qui au départ est victime de manouvres frauduleuses ayant pour but de faire adhérer à la secte, sera lui-même par la suite amené à participer à des actions illégales à seule fin de pouvoir progresser dans la hiérarchie sectaire. Arnaud Palisson considère que les diverses organisations représentant en France la scientologie peuvent être considérées comme des "personnes morales" dont les organes ou représentants (dirigeants et adeptes) commettent pour son compte des infractions pénales en tant que auteurs ou complices. À ce titre elles pourraient être traduites devant les tribunaux pour des faits tels que l'escroquerie, l'exercice illégal de la médecine, et même la séquestration. Les scientologues restent "extrêmement chatouilleux" lorsque sont évoquées leurs condamnations judiciaires et la parution de cet ouvrage provoque leur "hargne". (D'après L'Express, 26.06.2003) |
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