Nombreux suicides en scientologie

Gérard Mirault: il s'est pris pour le messie (L'Express novembre 2000)

Patrick Vick se jette de la fenêtre après une matinée passée au centre de dianétique de Lyon (France-Soir, janvier 1992)

Noah Lottick, il accuse ses parents de colporter de fausses rumeurs (Reader's Digest, octobre 1991)

François tentait d'échapper aux sollicitations incessantes de la secte. L'Eglise de scientologie tente de faire du chantage sur les parents de la victime (Le Point, octobre 1991)

Pour Reto la thérapie de scientologie était un supplice. Les scientologues de Zurich ne cessèrent de le harceler jusqu'à sa mort (Tages-Anzeiger, mars 1992)

Suicide d'un employé de l'Eglise de scientologie de Paris, il était contraint de dormir dans sa voiture (1990)

L'Eglise de scientologie incite Alain à se suicider. Il témoigne pour anti-scientologie son calvaire en scientologie (octobre 2004)


Commentaires du Gravis

La scientologie est une escroquerie médicale. (2 août 2005)


 
Expertise médicale du professeur Hans Kind, Ancien directeur de la Policlinique psychiatrique  de l'Hôpital universitaire de Zürich:
 
Avant propos
 
Buts de l'expertise
 
1. La théorie de base de la Dianétique sur la structure et le fonctionnement de la psyché humaine
 
2. Description de la Dianétique comme thérapie des troubles de l'âme
 
3. Risques de la Dianétique à la lumière de la recherche en matière de psychothérapie
 
4. Le cas de Madame S.B
 
5. Le cas de Mme L.B.
 
6. Les cas de S.F. et de L.S.
 
Les conclusions du professeur Hans Kind :
 
1. Que peut-on dire, du point de vue médico-psychiatrique, sur l'état de santé de Mme L.B. au moment où vous l'avez examinée et au moment où elle est sortie de l'Organisation de Scientologie (env. octobre 1987) ?
 
2. Voyez-vous un rapport entre l'état de "décompensation psychotique" de Mme L.B., observé par Mme Dr. méd. H.H. en octobre 1987, et les pratiques de Scientologie qui vous ont été décrites par Mme L.B. ?
 
3. Que peut-on dire, sur la base des connaissances actuelles de la psychothérapie (psychiatrie),. du modèle proposé par la Dianétique (Scientologie) pour les maladies psychiques et physiques (cause, origine, guérison, etc.) ?
 
4. L'argumentation et les '''preuves'' que la Dianétique/Scientologie fournit dans ses écrits correspondent- elles aux exigences d'un concept scientifique généralement reconnu ?
 
5. Que penser, du point du vue psychothérapeutique/psychiatrique, des méthodes d'audition de la Sciento- logie ?
 
6. Y a-t-il des parallèles avec d'autres méthodes que l'on désigne communément sous le terme de, "lavage de cerveau" et, si oui, en quoi consistent-ils ?
 
Gérard Mirault, mort le 30 décembre 1984
 
L'Express, 22 novembre 1990
 
Gérard Mirault, informaticien de 38 ans, a été retrouvé mort, par -15 degrés, le 30 décembre 1984, à l'aube, sur le plateau du Larzac. Se prenant pour le Messie, il avait quitté son domicile la veille, entièrement nu, pour assister au lever du soleil.
 
Son épouse est formelle : Gérard avait basculé depuis qu'il avait rencontré la scientologie.
 
Patrick Vick mort le 24 mars 1988
 
France-Soir, 15 janvier 1992
 
"Avant de fréquenter le centre de dianétiquue, mon mari était bien portant et n'avait aucune tendance suicidaire." Pourtant, le 24 mars 1988, sous les yeux de sa femme Nathalie, Patrick Vick enjambe la fenêtre de son apparte- ment et fait une chute mortelle de 12 étages. Après une rapide enquête, les policiers apprennent que ce dessinateur industriel de 33 ans était en dépression depuis plusieurs mois.
 
L'affaire est classée en mai 1988, mais Nathalie refuse de baisser les bras. Elle porte plainte et se constitue partie civile pour homicide involontaire, escroquerie et exercice illégal de la médecine. Elle met en cause le centre de dianétique lyonnais, filiale de "l'Eglise" de scientologie dont son mari était un adepte depuis janvier 1986.
 
"Patrick suivait des cours depuis deux ans, explique Nathalie. Il a rapidement plongé dans un état dépressif. Il culpabilisait et intellectuallsait énormément. Il avait maigri et il était de plus en plus fatigué. La veille de son suicide, Patrick n'est pas allé à son travail. Il a passé la matinée au centre de dianétique.
 
A midi, il est rentré pour déjeuner. Il tenait des propos incohérents. L'après-midi, il est retourné chez les scientologues. Quelques heures plus tard, un adepte m'a téléphoné pour me dire que Patrick n'allait pas bien, que son état était préoccupant.
 
Le soir, il est revenu en état de profonde dépression. Il a tourné en rond une partie de la nuit et a menacé de mettre fin à ses jours. Il avait sur sa table de nuit une boîte d'allumettes contenant des gélules prescrites par un responsable du centre. Vers 5 heures, il s'est levé et s'est approché de la fenêtre. J'ai tenté en vain de le raisonner. Il s'est débattu et s'est jeté dans le vide".
 
Noah Lottick
 
La scientologie c'est une école de psychopathes
 
Sélection du Reader's Digest, octobre 1991
 
En apparence, Noah Lottick, étudiant en russe résidant à Kingston, en Pennsylvanie, était un garçon ordinaire de vingt-quatre ans qui cherchait sa place dans le monde - jusqu'à ce qu'il découvre "l'Eglise" de scientologie. En moins d'un an, il lui versa plus de 5'000 dollars. 
 
Son comportement devint étrange. Il confia à ses parents que ses instructeurs en scientologie étaient réellement capables de lire dans les esprits.  Quand son père eut une grave crise cardiaque, il soutint que c'était purement psychosomatique.
 
Un jour, il fit irruption chez ses parents et exigea de savoir pourquoi ils répandaient de "fausses rumeurs" sur son compte - fantasme qui décida finalement son père à faire appel à un psychiatre. C'était trop tard. Quelques jours après, le jeune homme se jetait du neuvière étage d'un hôtel de New York et s'écrasait sur le capot d'une voiture.
 
Ses parents, anéantis par la douleur, essayèrent de reconstituer l'emploi du temps de ses derniers jours. Un dirigeant de la secte avait déjà déclaré à Mme Lottick avoir entendu dire que son fils était venu à "l'Eglise" peu avant sa disparition. Mais, après que son corps eut été identifié, les scientologues affirmèrent n'avoir aucune trace de sa visite. Ils chicanèrent même les Lottick à pro­pos d'une somme de 3'000 dollars que leur fils avait versée pour des prestations de services qui n'avaient jamais été exécutées, et qu'ils affirmaient avoir été un "don2 ...
 
"Leurs prétendues thérapies sont des manipulations, déclare le Dr Edward Lottick, père de Noah. Nous avions pensé que la scientologie était un peu comme les cours Dale Carnegie pour mieux réussir dans la vie. Je crois maintenant que c'est une école de psychopathes".
 
François, mort mi-juillet 1991
 
L'Eglise de scientologie de Paris pratique le chantage
 
Le Point, 26 octobre 1991
 
En 1989, "l'Eglise de scientologie" recrute un jeune homme de 28 ans : François. Il s'investit à fond, suit des cours et subit des "auditions" pour environ 40'000 F. Il passe des heures enfermé, à répondre aux questions d'un "auditeur", relié à un électromètre, ce détecteur de mensonges ultrasensible.
 
"Rappelle-toi un moment réel pour toi", lui demande par exemple l'auditeur. François répond. Et tant que l'aiguille de l'électromètre oscille, on lui repose la question. Jusqu'à dix fois de suite. Puis vient une autre question: "Souviens- toi d'une grande souffrance" ou "Raconte une image traumatisante de ton adolescence".
 
Et ainsi de suite, des heures durant, jusqu'à l'abrutissement. Une thérapie sans résultat tangible pour François. Il suit alors 'un des traitements chocs de "l'Eglise" : la "procédure de purification". Au menu : quatre heures de sauna par jour et une absorption massive de vitamines et de niacine. Selon les experts, pris à haute dose, ce dérivé de la vitamine B3 peut entraîner des comportements anormaux.
 
François persévère, monte les échelons. Mais, un beau jour, il craque : il se rend compte que les 80'000 F qu'il a investis dans la scientologie ne lui ont rien apporté. Pis : son état s'est considérablement dégradé. Il a les plus grandes difficultés du monde à échapper aux sollicitations incessantes de la secte.
 
 
"L'Eglise" le hante jour et nuit. Et, à la mi-juillet 1991, c'est le drame : François se suicide. Avec pour toute explication une courte lettre dans laquelle il imagine le bonheur qui aurait pu être le sien "si l'église de scientologie n'existait pas", conclut-il dans une formule terrible.
Chantage de l'Eglise de scientologie de Paris
 
Ses parents, désemparés, vont demander des comptes à cette bien étrange "Eglise". Et là, dans le silence d'un petit bureau de la rue Legendre, à Paris, un haut dirigeant de la branche française leur propose un marché inouï. Un chantage plutôt : le remboursement intégral des sommes versées par François à la secte contre un engagement écrit des parents de ne jamais nuire à "l'Eglise" dans l'avenir.
 
Et, pour que les choses soient bien claires, d'une main il tient le chèque et de l'autre une attestation déjà toute prête. Ne manque que la signature des parents ! "L'Eglise" n'a apparemment pas la conscience tranquille.
 
Silence terrible. la mère de François défaille. Finalement, son père, excédé, se jette sur les deux papiers, s'en
empare, empoigne son épouse et disparaît avec elle dans la rue.
 
Reto, mort le 25 août 1991
 
Tages-Anzeiger, du 26 mars 1992
traduction ASDFI
 
Reto était scientologue. Il a fait des dettes au profit du centre américain de la secte. Il a alors sombré dans un état de détresse psychique. Maintenant, Reto est mort. Il s'est précipité dans une rivière du haut d'un pont.
 
Dans deux expertises, le Prof. Hans Kind établit un net rapport entre le suicide de Reto et ce qu'il a vécu en scientologie. Reto était âgé de 34 ans. C'était un homme de nature très joyeuse et un peu timide. Ayant lu une publicité selon laquelle nous n'utiliserions que le 10 % de notre potentiel mental, il commanda le livre "la Dianétique" de Ron Hubbard.
 
Sa boîte aux lettres fut alors envahie de prospectus de la scientologie. Un jour, il se laissa convaincre de faire un test de personnalité. le résultat fut accablant. "Tu n'es personne, tu ne vaux pratiquement rien", lui expliqua la scientologue qui exploitait le test. "C'était le pire qu'elle pouvait me dire; je ne m'étais jamais senti aussi nul", écrivit plus tard Reto dans son carnet.
 
La scientologue lui promit de l'aide et lui prescrivit de suivre le cours de communication, où il devait regarder la monitrice pendant des heures dans les yeux. Dans son carnet de notes, qu'il écrivit ultérieurement sur le conseil de ses médecins, il décrit la procédure comme une sorte d'hypnose.
 
Les scientologues lui vendirent ensuite le "programme de purification" pour la somme de 3'400 francs. Les séances de sauna de 3 - 4 heures qu'il fallait suivre chaque jour ne lui firent aucun bien :-, "J'avais d'affreux maux de tête, comme si mon crâne allait éclater". Il se sentait mal et devait vomir. "C'était des douleurs que je ne peux pas décrire" rapporte-t-il dans son carnet.
 
Au bout de 3 semaines, ses mentors le persuadèrent d'acheter 37,5 heures d'audition, une thérapie scientologiste. Le prix de l'heure revenait à 393 francs. Reto chercha en vain à résister. "Tu as un commerce, tu peux très bien prendre un crédit" lui dit la scientologue qui s'occupait de lui.
 
Reto refusa de faire un emprunt de 50' 000 francs. La scientologue remplit alors un chèque en blanc pour 13'800 francs,(9'000 euro) qu'il signa après de longues pressions. Reto engagea son assurance­vie auprès d'une banque et obtint le crédit. Les scientologues purent alors encaisser le chèque.
"Qu'avez-vous fait de moi ? "
 
Dans son carnet de notes, Reto. décrit l'audition comme des heures de supplice. "Qu'avez-vous fait de moi ? Je ne suis plus le même homme". Les scientologues réussirent cependant à le persuader de suivre un autre cours. Sa mère et ses frères et soeurs ne savaient alors pas qu'il fréquentait l'''Eglise'' de scientologie. Sur le conseil des scientologues, il leur dit seulement qu'il suivait des cours de formation.
 
Le 14 janvier 1990, Reto passa par des alternances d'humeur inexplicables, allant de la dépression à l'euphorie. Le dimanche, je voulais me tirer une balle dans la tête avec le fusil d'assaut. Je commençai alors à écrire mon testament. Je faisais l'éloge de la scientologie sur tous les tons et écrivis que le monde disparaîtrait de toute façon en l'an 2'000" confia-t-il à son carnet. (Reto faisait probablement allusion à une prédiction de Ron Hubbard annonçant la fin du monde).
 
Le même jour, il dit à un collègue, avec qui il partit danser le soir, qu'il allait super bien. Le jour suivant, il se sentit mal, ce pourquoi il se rendit chez sa mère. "Il fut soudainement saisi de crampes épouvantables dans tout le corps. Il se tordait de douleur et balbutiait qu'il devait partir, que c'était le moment pour lui" raconta sa mère au "Tages­Anzeiger".
 
 Le médecin appelé d'urgence le fit conduire à l'hôpital de Herisau. Comme Reto parla de son expérience avec la scientologie, le médecin de l'hôpital le fit transférer dans une clinique psychiatrique. C'est seulement alors que sa mère apprit son engagement en scientologie.
Il se sent traqué
 
Reto se remit relativement vite de son effondrement psychique. Il trouva la force de se distancer de la scientologie et de réclamer l'argent qu'il avait déboursé pour ses cours et son matériel. Mais il fut rapidement frappé par la prochaine crise.
 
D'autres suivirent, à intervalles toujours plus courts. Les scientologues lui téléphonèrent et lui écrivirent à plusieurs reprises.
 
Même à la clinique psychiatrique, où il fut amené en tout cinq fois, ils ne lui laissèrent aucun repos, jusqu'au moment où la direction de la clinique prit sur elle de ne plus transmettre d'appels téléphoniques.
 
Reto écrivit alors aux scientologues : "Si vous ne cessez pas immédiatement votre pression psychologique, je m'adresserai à un avocat".
 
Après son troisième séjour en clinique psychiatrique, il fonça avec sa voiture contre un mur, non loin de chez lui. La police ne trouva aucune trace de freins; contrairement à son habitude, Reto ne portait pas de ceinture de sécurité. En état de choc, il marcha jusque chez sa mère. Il fut amené à l'hôpital avec de nombreuses blessures. Il expliqua plus tard, à la clinique, qu'il avait agi sous l'effet d'une contrainte intérieure.
 
Après sa guérison et un nouveau séjour en clinique, il se reprit et s'adressa à un avocat. La scientologie remboursa alors une grande partie des sommes versées. Mais Reto ne s'en tint pas là : il se décida à porter plainte contre la scientologie pour atteinte à son intégrité psychique et demanda des dommages-intérêts.
 
En vue de préparer le procès, le Prof. Hans Kind, ancien directeur de la policlinique psychiatrique de Zurich, établit une expertise concluant que les événements vécus par Reto dans le cadre de la scientologie avaient joué un rôle direct dans le déclenchement d'une psychose.
 
La phase de stabilité ne dura pas longtemps. Reto souffrait de plus en plus d'un sentiment de persécution ("Je ne sors pas, les scientologues m'attendent dehors"). Il était aussi devenu insomniaque. Il se réfugiait dans un monde fictif et agissait souvent comme s'il était en état de transe, rapportent sa mère et sa soeur.
 
Il mena une vie de plus en plus renfermée. "Les scientologues m'ont, ils sont après moi" dit-il à sa mère. Dans son carnet, il nota : "J'étais programmé au point que j'en vins à écrire mon testament".
Il se jette dans une rivière
 
Comme Reto ne rentra pas un soir à la maison - il dormait alors la plupart du temps chez sa mère - sa soeur et son frère s'alarmèrent. Ils partirent à sa recherche et trouvèrent sa voiture, abandonnée, près d'un pont non loin de son domicile. "Comme nous ne le trouvions pas, nous avons alerté la police" dit sa soeur.
 
Après une attente interminable, un fonctionnaire vint apporter la nouvelle que Reto était mort : il s'était jeté dans la rivière. C'était le 25 août 1991. (Conformément au désir exprimé par la famille, nous avons attendu un certain temps avant de publier l'histoire de Reto).
 
Après la mort de Reto, le Prof. Kind entra en contact avec les médecins qui l'avaient soigné à la clinique et compléta sa première expertise. Le Prof. Xind relève que les problèmes psychiques massifs dont souffrait Reto ("psychose schizophrénique aiguë, dépersonnalisation et perte du sens de la réalité") s'étaient manifesté pour la première fois après le contact avec la secte.
Des médicaments interdits par la scientologie
 
Reto croyait que sa mort était imminente. Il aurait entendu, dans le contexte de son expérience scientologique, des voix qui lui ordonnaient de se tirer une balle dans la tête. Il s'avéra aussi, fait lourd de conséquences, que Reto refusait quelquefois de prendre les médicaments qu'on lui prescrivait parce que c'est interdit par la scientologie.
 
En outre, le Prof. Kind reproche aux scientologues d'avoir commis des fautes graves sur le plan psychologiue vis-à-vis de Reto. Selon l'expertise du Prof. Kind, il y a un net rapport entre le contact avec la scientologie, l'effondrement psychique et le suicide.
Les scientologues : Nous ne sommes pas responsables.
 
Le porte-parole de la scientologie, Jürg Stettler, conteste catégoriquement qu'il y ait un rapport entre le suicide de Reto et la scientologie. Il relève que Reto a fait plusieurs séjours dans une clinique psychiatrique après le dernier cours de scientologie et qu'il s'est donné la mort une année et demie plus tard.
 
D'après Jürg Stettler, les médicaments pour le traitement des troubles psychiques peuvent conduire à une dépression. En outre, Reto a été "déprogrammé par des adversaires de la secte, ce qui aurait aggravé ses problèmes. A son avis, le suicide aurait pour origine une réaction psychique extrême consécutive à un état d'angoisse intense que Reto aurait ressenti le 12 janvier 1990 alors qu'il circulait en voiture à travers un épais brouillard."
 
 
Commentaire du Gravis:
La scientologie est une escroquerie médicale
 
A lire les justifications ci dessus du représentant de la scientologie, M. Jürg Stettler, nous avons l'évidence que l'Eglise de scientologie est INCAPABLE d'assumer sa responsabilité.
 
Mais il est vrai que pour des personnes manipulées par l'endoctrinement et l'idéologie totalitaire de Ron Hubbard il n'existe aucune place pour le moindre doute, et encore moins pour la plus petite des remises en cause.
 
Une telle attitude de la scientologie n'est donc aucunement surprenante. Elle est grandement préjudiciable à la santé de nos citoyens qui sont abusés et exploités par cette Eglise nuisible.
 
Cela devait être dit.
 
Le Gravis
Un employé de la scientologie de Paris se suicide ,
il était contraint de dormir dans sa voiture
 
Depuis novembre 1989 j'ai aidé mon meilleur ami à sortir de la Scientologie. Après un séjour de six mois dans cette secte, il était destructuré, destabilisé, ayant perdu toute créativité.
 
SEPTEMBRE 1989
 
Suite à un arrêt prolongé dû à un accident de travail, Jean-Louis, étant abonné à la Bibliothèque Municipale de Pontarlier, a loué le livre "La Dianétique - La Puissance de la Pensée sur le Corps" (L.R. Hubbard).
 
A la suite de cette lecture, Jean-Louis a contacté l'Eglise de Scientologie de Mulhouse dans le but de recevoir plus d'informations sur le sujet traité dans le livre. C'est à ce moment qu'il devient adepte de la Scientologie et qu'il lui a été vivement conseillé, au vu des premières analyses effectuées dans ce Centre (pour un montant de 3'050.- F), de se rendre à l'Eglise de Scientologie de Paris, 65 rue de Dunkerque.
 
OCTOBE 1989
 
Sans nouvelles de Jean-Louis depuis 15 jours je me suis inquiété de son silence inhabituel.
 
FIN OCTOBRE 1989
 
Réapparition de Jean- Louis aux Fourgs, lequel déclare qu'il allait faire une séance de purification de 3 semaines (facture N° 340 du 18.10.89, 25 Heures programme purification pour un montant de 39'200.00 F, inclus remise de 30%, et facture N° 718 du 24.10.89, 12 Heures 30 d'audition pour un montant de 16'720.00 F, inclus remise 20% lAS + 5% AP), qu'il allait être employé dans la Scientologie et qu'après 6 mois de cours serait auditeur avec une rémunération au SMIC pour débuter, et à 6'000.00 F après une année.
 
MI-NOVEMBRE 1989
 
Me trouvant en Suisse, je tombe par hasard sur la revue "Coopération", revue distribuée gratuitement. Ayant lu le témoignage d'une famille genevoise, je me suis aperçu du danger que courait mon ami, cette revue déclarant la Scientologie comme sectaire. Suite à cet article, j'ai fait des recherches à la Médiathèque de Besançon.
 
Muni de ces renseignements j'ai commandé dans une Librairie les livres "Voyage au centre de la Secte" "Les Nouvelles. Sectes" etc... afin d'essayer de comprendre la démarche suivie par mon ami.
 
Dorénavant il logerait dans sa voiture
 
FIN NOVEMBRE/DEBUT DECEMBRE 1989
 
Retour de Jean Louis, lequel m'informe avoir remis une somme d' environ 60'000.00 F à la Scientologie, qu'il quitte son appartement définitivement afin d'aller vivre à Paris, et que dorénavant il logerait dans sa voiture.
 
A cette occasion je suis effaré de constater le nombre de gélules de "vitamines" qu'il prend par jour (18 à midi, 12 le soir). Pendant son séjour il a reçu un certificat de purification à son domicile.
 
Ayant reçu de la scientologie une autorisation d'absence d'une durée d'une semaine pour déménagement et étant absent depuis 8 jours, il reçoit, le lundi 27 Novembre 89, un ordre de rappel urgent de l'Eglise de Scientologie de Paris, lui demandant les raisons de son non-retour.
 
Avec leur accord, Jean-Louis prolonge son séjour jusqu'au vendredi suivant.
 
C'est alors que je me propose de le raccompagner à Paris et que Jean-Louis m'invite à passer un test de personnalité gratuit, que je refuse. Après mon passage devant le 65 Rue de Dunkerque, l'aspect extérieur du bâtiment et sa vitrine ont renforcé mon inquiétude.
 
DEBUT DECEMBRE 1989
 
Muni de publicités sur la Dianétique remisent par Jean-Louis, je me décide à commander le livre "Self Analyse". En retour de courrier je reçois une lettre de Jean-Louis qui déclare : "Je pense que tu vas mieux maintenant, sinon travailles dur le bouquin que tu vas recevoir, il offre des possibilités à la mesure de la volonté qui y est employée, c'est-à-dire illimitée".
 
FIN DECEMBRE 1989
 
A l'occasion des fêtes de Noël, je lui expédie un colis contenant des sucreries et un agenda. A la suite de cet envoi j'ai reçu une lettre de Jean-Louis me remerciant, mais désapprouvant mon geste. Au soir du réveillon du 31 Décembre 1989 j'ai téléphoné à l'Eglise de Scientologie de Paris afin de parler à Jean-Louis. On m'a informé qu'il était absent et qu'il se reposait dans l'Eglise.
 
Entre-temps j'ai reçu une lettre de Jean-Louis dans laquelle il me disait : "j 'espère avoir l'occcasion de te revoir, mais il n'y a rien de moins sûr car je viens de donner mon accord à une éventuelle mutation au Danemark à Copenhague, cela se ferait à une vitesse éclair si tel était le cas (à 3 jours), peut-être que ce sera fait quand tu recevras cette lettre. Le contrat, s'il m'est présenté, m'engagera seulement pour 1 million d'années".
 
DEBUT JANVIER 1990
 
Affolé par cette lettre, je me rends à Paris dans l'espoir de rencontrer Jean-Louis. arrivant à l'Eglise de Scientologie, 65 Rue de Dunkerque, aux environs de 18 h 30, la réceptionniste m'a dit qu'il se reposait, qu'il avait encore deux heures d'audition, qu'il prenait son travail à 22 H 30 et que je pourrais le rencontrer à ce moment-là.
 
Lors de mon deuxième passage, je rencontrais Jean-Louis, lequel a été questionné, tout d'abord par téléphone, ensuite de façon privée, sur ma présence. Jean-louis a déclaré que j'étais un ami et qu'il n'y avait rien à craindre. Suite à cela il m'a dit qu'il n'avait pas le droit de parler aux personnes étrangères à "L'Org." pendant les heures de travail. ("L'Org" = organisation de scientologie, ndlr)
 
Le lundi suivant Jean-Louis m'a informé qu'il ne pouvait plus dormir dans les locaux de l'Eglise de Scientologie et qu'il allait redormir dans sa voiture.
 
FIN JANVIER 1990
 
J'ai décidé de contacter l'ADFIS à LAUSANNE afin d'avoir plus de renseignements concernant l'Eglise de Scientologie. C'est là que j'ai adhéré à cette Association afin de pouvoir venir en aide à mon ami au moment opportun.
 
DEBUT FEVRIER 1990
 
J'ai reçu une lettre de Jean-Louis me demandant de mes nouvelles. ensuite je n'ai plus rien reçu.
 
16 heures de travail par jour, très peu de sommeil
 
FIN FEVRIER/DEBUT MARS 1990
 
Etant inquiet de la disparition de Jean-Louis, j'en informe la famille le dimanche 25 Février 1990. Le lundi suivant, j'ai été informé de la présence de Jean-Louis dans la région de PONTARLIER, et me suis empressé d'aller le rencontrer.
 
C'est alors qu'il m'a informé de son séjour au Centre Européen de Copenhague, qu'il y était resté trois jours et qu'il avait mal supporté celui-ci car le régime y était très sévère (16 heures de travail par jour, très peu de sommeil, malnutrition). Jean-Louis m'a déclaré s'être rendu à Copenhague car il n'avait plus d'argent et qu'ainsi il pouvait poursuivre ses cours en étant nourri et logé, moyennant ce travail pour la Scientologie (travaux manuels).
 
Le 2 Mars 1990, une fois de plus je le raccompagne à PARIS. Lors de ce retour il m'a déclaré qu'il ne voulait plus travailler pour la scientologie et qu'il devait signer un formulaire attestant qu'il ne faisait plus partie de la Scientologie.
 
COURRIER DU 14 MARS 1990
 
Jean-Louis m'a informé avoir repris du service à "L'Org". Cette décision m'a surpris mais je devais plus tard avoir confirmation qu'il avait eu, à cette époque, une rentrée d'argent.
 
AVRIL 1990
 
Dernier courrier de Jean-Louis me donnant rendez-vous à PARIS.
 
Le Vendredi 13 au soir nous nous rencontrons et il m'a déclaré qu'il ne débourserait plus d'argent pour la Scientologie, s'étant rendu compte qu'il se passait quelque chose d'anormal. Etant hébergé chez Madame Odile LECUYER à MORANGIS (adepte de la Scientologie), il avait débuté des cours de chauffeur de taxis.
 
15 MAI 1990
 
Jean-louis reçoit une feuille d'acheminement "route off" lui spécifiant son rejet de l'Eglise de Sientologie.
 
JUIN/JUILLET / AOUT 1990
 
Ayant été rassuré par sa sortie de cet Organisme, je me suis moins inquiété. Entre-temps j'ai reçu deux lettres m'informant que tout se passait bien et qu'il travaillait comme taxi de nuit.
 
31 AOUT 1990
 
Je me suis rendu à PARIS afin de rencontrer Jean-Louis, lequel m'attendait à la gare. A cet instant il m'informe ne plus travailler. Etant donné que la Scientologie lui avait déclaré que s'il ne pouvait travailler pour eux, il serait incapable de faire un travail extérieur à leur organisme. Je le trouvais complètement démoralisé.
 
Jean-Louis disposait d'une somme pouvant subvenir à ses besoins pour une durée d'environ 3 mois et il montrait des tendances suicidaires.
 
SEPTEMBRE 1990
 
Le 8, nouvelle rencontre avec Jean-Louis qui m'informe qu'il se rendrait dans la région de PONTARLIER vers mi-septembre.
 
Le 23.09 Jean-Louis est venu me rendre visite. Il avait une semaine de retard sur la date prévue, suite à une panne de voiture. Lors de la conversation il m'informe ne disposer que d'une somme lui permettant de vivre 15 jours.
 
Suite à ses déclarations je contactais l'ADFIS, lesquels me conseillent de me mettre en rapport avec l'ADFI PARIS. Rendez-vous est donc pris le Samedi 29 Septembre. Ce jour-là Jean-Louis est venu me chercher à la gare et m'a accompagné jusque devant les locaux de l'ADFI.
 
On rembourse les personne insatisfaites, mais ...
OCTOBRE 1990
 
Le 7 Octobre retour de Jean-Louis aux Fourgs, lequel répond à mon invitation d'hébergement. Après son retour, et suite aux déclarations de François BONNET dans l'émission de radio "Découvertes" sur EUROPE N°l en Juillet 1990, qu'ils remboursaient la somme totale aux personnes insatisfaites, je contacte Madame Odile LECUYER afin de lui demander le processus à suivre pour que Jean-Louis se fasse remboursé des sommes versées à l'Eglise de Scientologie.
 
Cette dame m'a conseillé de faire un courrier "non recommandé".
 
NOVEMBRE 1990
 
Sans réponse à ce courrier, et après plusieurs conversations téléphoniques avec Odile LECUYER, Madame REVEILLERE et Joasem AMI, je réexpédie une lettre "recommandée avec Accusé de Réception" (qui a été acceptée) dans laquelle je les informe, au vu de l'état dépressif et suicidaire de Jean-Louis que seule leur responsabilité serait en cause au cas où il arriverait un quelconque problème à Jean-Louis.
 
3 DECEMBRE 1990
 
Le matin je téléphonais à Odile LECUYER, laquelle me mis en contact avec Madame REVEILLERE. Lors de cette conversation elle m'a informé que le remboursement ne pouvait s'effectuer que dans les 3 mois suivant le départ du Membre. Ayant peur de la réaction de Jean-Louis je ne lui ai pas dit.
 
A 20h30 Jean-Louis décide de partir. Lorsque je lui demande pour où, il me répond : "AU CIEL".
 
N'ayant réussi à le retenir, j'apprenais le lendemain qu'on l'avait trouvé décédé dans sa voiture.
 
 
Christian G
le 21 décembre 1990
 
ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE DE LAUSANNE
INCITATION AU SUICIDE
 
Le témoignage d'Alain, ex-adepte de la scientologie lausannoise
 
Témoignage recueilli par anti-scientologie, octobre 2004
 
Alain (prénom d'emprunt) a 28 ans aujourd'hui. A 14 ans, entraîné par sa maman il commence la scientologie à Lausanne. Son parcours le conduira en 1994 à un suicide manqué causant la mort d'un passant dans sa chute.
 
Alain a insisté: il faut rappeler dans son témoignage qu'il est classé schizophrène. Il faut dire que les psychiatres ont respecté ses droits, mais pas les scientologues. Il tient beaucoup à ce que je ne déforme pas ce qu'il m'a raconté de sa vie. Il aime beaucoup discuter de Droits de l'Homme, et de statistiques.
 
Alain est intelligent, il parle bien; il dit qu'il est grand; je ne l'ai jamais rencontré mais j'ai discuté de nombreuses heures au téléphone avec lui. Son discours est logique, et en ce qui me concerne, il m'a semblé qu'un de ses défauts était le manque de patience, peut-être est-ce cette impatience qui le fait classer chez les schizophrènes, ou d'autres choses que nous n'avons pas abordées au cours de ces entretiens.
 
Alain tient à faire savoir au monde entier tout ce que la scientologie lui a fait endurer, et ce qu'a subi sa famille, en particulier sa maman, pour avoir écouté les mensonges des scientologues.
 
La maman d'Alain est entrée en scientologie pour aider son fils qui avait des difficultés comportementales. Il lui arrivait de se bagarrer avec des camarades.
 
Le père d'Alain a déboursé une fortune - plus d'un million de Francs français, dans deux associations scientologues très connues dans la secte, celle de Lausanne et celle du "Ranch Mace Kingsley" où quelques parents scientolo- gues expédient leurs enfants supposés avoir des problèmes.
 
Ce ranch n'a pas bonne réputation, même en scientologie, depuis quelques temps. Il doit des sommes importantes à divers clients.
 
La description que la père d'Alain m'a faite de son fils correspondrait à celle d'un enfant turbulent, caractériel, ayant des problèmes de sociabilité, et des difficultés de discipline. Il explique qu'Alain a plutôt bien réussi ses études secondaires jusqu'à un moment, probablement vers l'adolescence, la puberté.
 
Le père d'Alain est très fatigué de toute cette histoire, qui dure depuis une quinzaine d'années, car non seulement la scientologie a bouleversé la vie de son fils, mais aussi celle de son épouse, des deux frères d'Alain, et d'autres gens alentour.
 
Et enfin, la scientologie a mis indirectement fin à la vie du jeune homme qui est mort lorsqu'Alain, désespéré de penser qu'il devrait peut-être repartir en scientologie alors qu'il revenait de leur ranch aux USA, s'est jeté du haut d'un pont routier en pleine nuit.
Il tombe sur un jeune homme
 
Il tomba malheureusement sur un passant qu'il ne pouvait avoir vu dans l'obscurité.
 
Le tribunal, épreuve supplémentaire pour la famille déjà très désolée et déboussolée, a acquitté Alain de la mort de ce jeune homme. Mais, selon Alain, la présidente du tribunal ne l'a pas laissé expliquer ce qui s'était passé en scientologie.
 
Les juges ont estimé qu'il était impossible, vu son état d'esprit au moment de la tragédie, d'attribuer à Alain une responsabilité dans le décès du jeune homme. Ils ont demandé qu'il se fasse soigner en psychiatrie.
 
La vraie responsable de ce désastre, la secte scientologie, n'a pas été inquiétée ni citée à comparaître. Elle n'a pas remboursé les sommes dépensées par le père, ni même tenté de s'excuser : la secte ne s'excuse jamais. Elle n'a pas versé un sou à la famille du jeune homme tamoul qui est décédé. Elle n'a pas aidé la famille d'Alain à surmonter cette épreuve.
 
A la même période, un procès se déroulait contre la secte en France, au cours duquel plusieurs responsables écopèrent de peines de prison et de fortes amendes pour homicide involontaire, extorsion et escroquerie.
 
En Suisse, la secte avait déjà été condamnée au moins deux fois pour abus de faiblesse.
 
Ce n'était pas le premier procès, et de loin; Hubbard, le gourou de la secte avait déjà été condamné en France à 4 années de prison ferme pour escroquerie et extorsion. Un autre procès avait condamné un responsable scientologue pour non-assistance à personne en danger. D'autres encore avaient donné tort à des pratiques scientologues.
 
Aux Etats-Unis, la scientologie vient de payer une somme probablement énorme à la famille de Lisa McPherson, morte à cause de la scientologie.
 
Durant la puberté d'Alain, ses parents ont demandé de l'aide à des psychologues et à des psychiatres. Alain a passé quelques jours en observation, puis a repris son existence d'élève. C'est alors que la maman d'Alain a entendu parler de la scientologie par la branche suisse de la secte.
 
Elle s'y est engagée avec son fils, prenant des cours et des séances d'audition, la pseudo-psychanalyse à la mode hubbardienne.
C'était en 1989.
 
L'appartenance d'Alain à la scientologie n'a pas vraiment arrangé les choses dans son existence: la secte pousse ses adeptes à croire qu'ils sont supérieurs au reste de l'humanité.Cela peut renforcer les difficultés relationnelles de certaines personnes.
 
Alain a donc eu maille à partir avec quelques camarades qui ne partageaient pas "ses opinions de scientologue". La scientologie renforce souvent le sentiment de mépris ou de condescendance envers le reste de l'humanité, en particulier chez des gens fragilisés par les aléas de l'existence.
 
On a vu de grands timides devenir à peine supportables pour les autres après avoir passé seulement quelques jours en scientologie.
 
Les méthodes employées par la secte aboutissent presque toujours à une hypertrophie de l'égo. Peut-être est-ce ainsi que les difficultés sociales d'Alain ont continué ou ont empiré. Alain était trop fragile ou encore trop instable pour passer au laminoir scientologue.
 
Toujours est-il que la maman d'Alain, convaincue par les belles paroles des scientologues, a réussi à entraîner son mari à aller plus loin dans l'engagement. Ils allaient expédier leur fils au loin, dans un "ranch" du Nouveau Mexique, dans la campagne rocailleuse du sud des Etats-Unis.
Le ranch s'appele le Ranch Mace Kingsley.
 
Alain raconte: il y a deux ranches, celui d'en haut, où il y a la direction et les filles, et celui d'en bas, où on garde les garçons. Il faut prendre la voiture pour aller de l'un à l'autre, explique-t'il. C'est un peu loin des lieux habités, paraît-il.
 
Le ranch a poussé le père d'Alain a acheter une caravane qui servait de logement à son fils, arrivé peu avant son dix-huitième anniversaire en septembre 1993. Cette dépense s'est ajoutée aux sommes considérables engagées par la famille pour aider Alain.
Lausanne
 
Cela faisait quatre ans et des dizaines de milliers de dollars que la famille avait déjà dépensés en scientologie lausannoise, pour un résultat manifestement insatisfaisant pour la maman comme pour Alain.
 
Lui-même ne se plaint pas vraiment de ce qu'il a vécu à Lausanne, où "les gens étaient assez sympas". Il faut dire qu'il était encore assez adolescent et que le concon familial était tout proche.
 
- "Là-bas, ils m'ont fait faire un cours de communication, un cours sur l'étude, des cours sur les gens "suppressifs", et j'allais souvent écouter leurs conférences, tout ça. J'y allais deux ou trois fois par semaine, parfois plus. J'assistais à presque toutes les conférences."
 
- "Mon père, c'est un honnète homme, juste un peu sévère. Il m'avait dit de ne plus aller en sciento, je ne l'ai pas écouté : mes parents se disputaient des fois à cause de ça, mon père pensait que ce sont des escrocs, ils ont été à deux doigts de divorcer."
 
- "Je croyais appartenir à une élite, j'étais parti pour sauver le monde, pour faire des scientos de haut niveau ... puis on m'a envoyé au ranch. Je suis passé par Chicago avec maman, il a fallu signer de papiers pour entrer aux USA. On me disait que j'allais être libre ..."
Le Ranch Mace Kingsley
 
Alain, accompagné de sa mère, arriva donc au Nouveau-Mexique. Il ne reverrait pas ses parents avant 6 ou 9 mois. Il ne reverrait sa maison qu'un an plus tard. Il ne parlait guère l'anglais, et une seule jeune fille, une belge de quatorze ou quinze ans, parlait français au ranch. Mais parler français était mal vu. Une jeune américaine parlait aussi un peu le français avec lui.
 
Peu après son arrivée, il fit connaissance de "son auditeur", ce "technicien religieux" scientologue supposé aider Alain à y voir plus clair et à mieux se comporter dans l'existence.
 
Mais les règles de la vie communautaire imposée ne convenaient guère à ce jeune homme anxieux. Il tenta de fuir au bout d'un mois. Son auditeur le rattrappa en voiture.
 
Alain lui dit qu'il allait voir les cops, la police, qu'il en avait assez du "ranch", et de la scientologie.
 
Son auditeur descendit de voiture et le boxa à trois ou quatre reprises en pleine figure. Alain eut "du mal à ne pas tomber dans les pommes", il dut s'assoir. Difficile de croire les gens qui vous boxent - mais Alain prit peur et rentra au bercail - au ranch, qui n'était guère qu'à 500 mètres de là.
 
Alain a une fois lancé une pierre à quelqu'un; il ne voulait plus travailler, il a voulu se suicider, c'est là qu'on l'a séparé des autres et mis dans la caravane payée par son père.
 
Il eut à subir les rigueurs de "l'éthique" scientologue - le système punitif sectaire, sans jugement ni avocat. C'est à ces périodes qu'il devait passer 12 ou 15 heures par jour "à repeindre des grillages", et ne dormir que quatre heures par nuit. Il en est encore furieux. Un des sous-cadres du ranch, Jimmy, lui jetait des pierres quand il ne travaillait pas assez dans cette section disciplinaire inventée par Hubbard, le gourou de la secte.
 
Une autre fois, Alain raconte qu'on l'a accroché à un tourniquet et qu'on le frappait à coups de pieds; il explique qu'on voulait lui donner la leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
 
En plus des obligations de certaines journées harassantes, de l'interdiction de flirter avec les quelques filles qu'il croisait rarement, et du peu de distraction disponible, le ranch ne redistribuait qu'une petite somme chaque semaine au jeune adulte qu'il était devenu.
 
Il ne pouvait pas téléphoner à ses parents. Il doit y avoir 7 ou 8 heures de décalage horaire entre le Nouveau-Mexique et la Suisse. La seule fois où son père avait envoyé un fax, on l'avait censuré : pas de courrier, pas de téléphone ...
 
- "j'avais pas le droit de raconter ce qui se passait au ranch. C'est la censure."
Enfermement graduel
 
Les sorties étaient réduites: cet internat du ranch ne relâche un peu la pression que le dimanche, mais c'est vraiment difficile de dépenser quoi que ce soit à Reserve, ce village de moins de 400 âmes du Nouveau-Mexique, siège du comté de Catron (3800 habitants), au climat désertique en dépit de ses 2000 mètres d'altitude. On voit mal comment un jeune homme parlant encore médiocrement la langue pourrait sortir de l'enfermement graduel de la secte.
 
D'autres fois, un certain Gerry faisait faire des pompes à Alain - 50 à la fois, et l'avait privé d'auditions. Pourtant, le père d'Alain payait pour tout cela. Gerry lui a aussi dit qu'il devrait se suicider pour pouvoir quitter la scientologie.
 
(On sait que des scientologues expliquent aux clients potentiels que rater l'occasion scientologue revient à se suicider ... l'un des dirigeants français a écopé de prison avec sursis et de fortes amendes et dommages après le suicide d'un père de famille pressuré par ses soins. A Genève, un témoignage communiqué à l'AVDS révèle qu'une scientologue n'a rien trouvé de mieux comme conseil pour une employée en détresse : "Il faut te suicider. Avec un nouveau corps tout s'arrangera.!" .(sic) ).
 
Quant à l'auditeur scientologue, Alain n'est pas sûr de ce qu'il lui voulait, mais comme cet auditeur était juif, Alain pense qu'il avait envie de le circoncire.
 
- "Il y avait un certain Tom, qui disait qu'il avait tué ses parents; à mon avis, il racontait des salades." [les recherches effectuées démontrent en tout cas que le nom et la nationalité de ce jeune homme parti ensuite à la Sea Org existait bien. Je n'ai pu établir s'il avait tué ses parents, note du webmaster]
 
Au ranch, les papiers d'Alain ont été confisqués, conformément aux habitudes de nombreuses organisations de scientologie recevant des scientologues à l'étranger [i.e., on confisquait mes papiers et ceux de son épouse au Danemark, dans l'organisation scientologue -rg].
 
- Le matin, il fallait que les internes se mettent en rang, ça pouvait durer une demi-heure, ce rassemblement. Puis on avait un petit dejeûner. Ensuite, c'était l'audition, ou on allait faire du nettoyage, ramasser les mégots, laver le sauna, construire des murs.
 
- La nourriture n'était pas très équilibrée; on mangeait beaucoup de crèpes, la cuisine était assez grasse, parfois avec de la viande, mais pas souvent. C'est une "indienne", Patsy, qui faisait la cuisine.
 
- J'avais un copain qui m'a aidé, "Marc Ross", il m'avait dit que la scientologie l'avait kidnappé parce qu'il avait raconté des trucs à la radio à Los Angelès.
 
Alain était un peu amoureux de Molly, une jeune fille d'une quinzaine d'années que ses parents scientologues avaient expédiée au ranch.
On prenait tout mon argent
 
- Une fois, j'avais économisé sur ce qu'on me redistribuait - les 10 ou 20 dollars par semaine, et j'avais 60 dollars. Ils m'ont tout repris; quand je ne dépensais pas tout, on me reprenait ce que je ramenais.
 
- Je ne supportais plus rien, explique Alain; interdit de flirter, j'ai très mal vécu ça. C'étaient des facistes, ces gens-là. La sciento m'a volé tous mes droits. Ils ne veulent pas entendre parler de la psychiatrie, mais elle au moins, elle me respecte. Bien sûr, maintenant...
Peur de retourner chez les scientologues
 
- ... maintenant, depuis que je suis rentré en Suisse, au bout d'un an, j'ai cru qu'on voulait encore me renvoyer en Italie ou au Nouveau-Mexique chez les scientologues.
 
- Je me suis suicidé. Je ne voulais plus aller là-bas. Mon auditeur m'avait menacé quand je défendais les psychologues ou les psychiatres, que je critiquais la doctrine d'Hubbard.
 
- C'est des fachistes.
La vie d'Alain, maintenant
 
Alain est dans une pension de famille, sous curatelle. Il reçoit l'aide de l'assurance invalidité suisse (AI). Il aimerait bien sûr plus de liberté, comme nous tous.
 
La liberté d'Alain s'est achevée en Scientologie. Peut-être la psychologie l'aidera-t'elle à en regagner.
 
La liberté de la maman d'Alain est aussi très en péril : elle subit encore, dix après, les séquelles de ce drame. Elle aussi voudrait retrouver quelqu'un qui puisse la débarrasser de ce que lui a fait subir la scientologie.
 
Nous leur souhaitons de retrouver l'équilibre et le bonheur.
 
anti-scientologie
 
Article de presse concernant Alain:
Un suicide manqué causant la mort d'un passant (Journal 24Heures 1994)
 
Que font nos politiciens ?
 
Depuis des années la scientologie refuse d'entrer en matière pour rembourser les sommes investies par la famille d'Alain.
 
La scientologie semble ignorer que sa thérapie à prix usuraire était totalement inadéquate au grave problème de santé d'Alain.
 
Ainsi, la scientologie une fois de plus, prouve qu'elle est totalement irresponsable.
 
Il faut que nos autorités fassent cesser de telles pratiques, qui, à notre connaissance, sont systématiquement utilisées sur des adeptes affaiblis, malades ou immatures.
 
L'Etat a le devoir de protéger TOUS ses citoyens et doit appliquer le principe de responsabilité. A moins qu'à l'image de ce qui se passe aux USA, notre Etat souhaite que certains citoyens soient abandonnés dans le goulag scientologue...
 
Le Gravis, Porrentruy, le 2 août 2005
 
Retour haut de page
 
Index des témoignages
 

Documents vidéo sur les abus de la secte de scientologie

Exposing Scientology Through Streaming Video
 

Français

             

 

English

            

 

Deutsch

 

Un must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué"

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

LA SCIENTOLOGIE DANS LES MÉDIAS

Les articles médias sont classés par pays
Cliquez sur le drapeau de votre choix
 

Suisse

France

Belgique

Allemagne

Espagne

Danemark

Roumanie

USA

Russie

Italie

Canada

Hollande

Luxembourg

Autriche

Suède

Grèce

Angleterre

Hongrie

Maroc

Serbie

New Zealand

Israel

Australia

India

Norway

 

Témoignage de Jean-Luc Barbier

       

English index

Presse-Artikel

 

 

 

contact@anti-scientologie.ch

Anti scientologie
est hébergé par
 

 

[Accueil][Objectifs][Nouveautés][Pétitions][Témoignages][Faire un don][Articles médias][Jura et les sectes][La manipulation]