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- Témoignage
recueilli en octobre 2004
- complété
par Anti-scientologie,février 2006
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- Alain (prénom d'emprunt) est
né le 12 octobre 1975. A 14 ans, entraîné par sa maman
il commence la scientologie à Lausanne. Son parcours le conduira en 1994 à
un
suicide manqué causant la mort d'un passant dans sa chute.
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- Alain a insisté
: il
faut rappeler dans son témoignage qu'il est classé schizophrène. Il faut dire que les
psychiatres ont respecté ses droits, mais pas les scientologues. Il tient
beaucoup à ce que je ne déforme pas ce qu'il m'a raconté de sa vie. Il aime
beaucoup discuter de Droits de l'Homme, et de statistiques.
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- Alain est intelligent, il parle bien; il dit qu'il est grand; je
ne l'ai jamais rencontré mais j'ai discuté de nombreuses heures au téléphone
avec lui. Son discours est logique, et en ce qui me concerne, il m'a semblé
qu'un de ses défauts était le manque de patience, peut-être est-ce cette
impatience qui le fait classer chez les schizophrènes, ou d'autres choses que
nous n'avons pas abordées au cours de ces entretiens.
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- Alain tient à faire savoir au monde entier tout ce que la
scientologie lui a fait endurer, et ce qu'a subi sa famille, en particulier sa
maman, pour avoir écouté les mensonges des scientologues.
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- La maman d'Alain est entrée en scientologie pour aider son fils
qui avait des difficultés comportementales. Il lui arrivait de se bagarrer avec
des camarades.
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- Le père d'Alain a déboursé une fortune - plus d'un million de
Francs français, (plus de 130'000 euros) dans deux associations scientologues très connues dans la
secte, celle de Lausanne et celle du "Ranch Mace Kingsley" où quelques parents
scientologues expédient leurs enfants supposés avoir des problèmes.
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- Ce ranch n'a pas bonne réputation, même en scientologie, depuis
quelques temps. Il doit des sommes importantes à divers clients.
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- La description que la père d'Alain m'a faite de son fils
correspondrait à celle d'un enfant turbulent, caractériel, ayant des problèmes
de sociabilité, et des difficultés de discipline. Il explique qu'Alain a plutôt
bien réussi ses études secondaires jusqu'à un moment, probablement vers
l'adolescence, la puberté.
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- Le père d'Alain est très fatigué de toute cette histoire, qui
dure depuis une quinzaine d'années, car non seulement la scientologie a
bouleversé la vie de son fils, mais aussi celle de son épouse, des deux frères
d'Alain, et d'autres gens alentour.
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- Et enfin, la scientologie a mis indirectement fin à la vie du
jeune homme qui est mort lorsqu'Alain, désespéré de penser qu'il devrait
peut-être repartir en scientologie alors qu'il revenait de leur ranch aux USA,
s'est jeté du haut d'un pont routier en pleine nuit.
- Il tombe sur un jeune homme
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- Il tomba malheureusement sur un passant qu'il ne pouvait avoir
vu dans l'obscurité.
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- Le tribunal, épreuve supplémentaire pour la famille déjà très
désolée et déboussolée, a acquitté Alain de la mort de ce jeune homme. Mais,
selon Alain, la présidente du tribunal ne l'a pas laissé expliquer ce qui
s'était passé en scientologie.
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- Les juges ont estimé qu'il était impossible, vu son état
d'esprit au moment de la tragédie, d'attribuer à Alain une responsabilité dans
le décès du jeune homme. Ils ont demandé qu'il se fasse soigner en
psychiatrie.
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- La vraie responsable de ce désastre, la secte scientologie, n'a
pas été inquiétée ni citée à comparaître. Elle n'a pas remboursé les sommes
dépensées par le père, ni même tenté de s'excuser: la scientologie
ne s'excuse jamais.
Elle n'a pas versé un sou à la famille du jeune homme tamoul qui est décédé.
Elle n'a pas aidé la famille d'Alain à surmonter cette épreuve.
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- A la même période, un procès se déroulait contre la secte en
France, au cours duquel plusieurs responsables écopèrent de peines de prison et
de fortes amendes pour homicide involontaire, extorsion et
escroquerie.
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- En Suisse, la secte avait déjà été condamnée au moins deux fois
pour abus de faiblesse.
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- Ce n'était pas le premier procès, et de loin; Hubbard, le gourou
de la secte avait déjà été condamné en France à 4 années de prison ferme pour
escroquerie et extorsion. Un autre procès avait condamné un responsable
scientologue pour non-assistance à personne en danger. D'autres encore avaient
donné tort à des pratiques scientologues.
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- Aux Etats-Unis, la scientologie vient de payer une somme
probablement énorme à la famille de Lisa McPherson, morte à cause de la
scientologie.
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- Durant la puberté d'Alain, ses parents ont demandé de l'aide à
des psychologues et à des psychiatres. Alain a passé quelques jours en
observation, puis a repris son existence d'élève. C'est alors que la maman
d'Alain a entendu parler de la scientologie par la branche suisse de la
secte.
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- Elle s'y est engagée avec son fils, prenant des cours et des
séances d'audition, la pseudo-psychanalyse à la mode hubbardienne.
- C'était en 1989
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- L'appartenance d'Alain à la scientologie
n'a pas vraiment arrangé les choses dans son existence: la secte pousse ses
adeptes à croire qu'ils sont supérieurs au reste de l'humanité.Cela peut renforcer les difficultés relationnelles de certaines
personnes.
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- Alain a donc eu maille à partir avec quelques camarades qui ne
partageaient pas "ses opinions de scientologue". La scientologie renforce
souvent le sentiment de mépris ou de condescendance envers le reste de
l'humanité, en particulier chez des gens fragilisés par les aléas de
l'existence.
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- On a vu de grands timides devenir à peine supportables pour les
autres après avoir passé seulement quelques jours en scientologie.
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- Les méthodes employées par la secte aboutissent presque toujours
à une hypertrophie de l'égo. Peut-être est-ce ainsi que les difficultés sociales d'Alain ont
continué ou ont empiré. Alain était trop fragile ou encore trop instable pour
passer au laminoir scientologue.
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- Toujours est-il que la maman d'Alain, convaincue par les belles
paroles des scientologues, a réussi à entraîner son mari à aller plus loin dans
l'engagement. Ils allaient expédier leur fils au loin, dans un "ranch" du
Nouveau Mexique, dans la campagne rocailleuse du sud des Etats-Unis.
- Le ranch s'appelle le Ranch Mace Kingsley
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- Alain raconte: il y a deux ranchs, celui d'en haut, où il y a
la direction et les filles, et celui d'en bas, où on garde les garçons. Il faut
prendre la voiture pour aller de l'un à l'autre, explique-t'il. C'est un peu
loin des lieux habités, paraît-il.
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- Le ranch a poussé le père d'Alain a acheter une caravane qui
servait de logement à son fils, arrivé peu avant son dix-huitième anniversaire
en septembre 1993. Cette dépense s'est ajoutée aux sommes considérables engagées
par la famille pour aider Alain.
- Lausanne
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- Cela faisait quatre ans et des dizaines de milliers de dollars
que la famille avait déjà dépensés en scientologie lausannoise, pour un résultat
manifestement insatisfaisant pour la maman comme pour Alain.
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- Lui-même ne se plaint pas vraiment de ce qu'il a vécu à
Lausanne, où "les gens étaient assez sympas". Il faut dire qu'il était encore
assez adolescent et que le concon familial était tout proche.
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- - "Là-bas, ils m'ont fait faire un cours de communication, un
cours sur l'étude, des cours sur les gens "suppressifs", et j'allais souvent
écouter leurs conférences, tout ça. J'y allais deux ou trois fois par semaine,
parfois plus. J'assistais à presque toutes les conférences."
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- - "Mon père
m'avait dit de ne plus aller en sciento, je ne l'ai pas écouté
: mes parents se
disputaient des fois à cause de ça, mon père pensait que ce sont des escrocs,
ils ont été à deux doigts de divorcer."
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- - "Je croyais appartenir à une élite, j'étais parti pour sauver
le monde, pour faire des scientos de haut niveau ... puis on m'a envoyé au ranch.
Je suis passé par Chicago avec maman, il a fallu signer de papiers pour entrer
aux USA. On me disait que j'allais être libre ..."
- «J'ai
fait un an de travail forcé aux USA: je fus
un forçat»
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- Alain, accompagné de sa mère, arriva donc au Nouveau-Mexique
au Ranch Mace Kingsley. A
son arrivée il reçut
la promesse que son séjour durerait un maximum de 6
semaines. Il ne reverra sa maison qu'un
an plus tard.
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- Lorsqu'il
reçut après quelques mois la visite de ses
parents, tout fut organisé pour leur cacher
ses conditions de vie. On lui donna congé et le
ranch fut décrassé de fond en combles avant
leur arrivée.
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- Il ne parlait guère l'anglais, et un seul jeune homme, un belge
de quatorze ou quinze ans, Tom Van Loocke, parlait français au ranch. Mais parler français était
mal vu. Une jeune américaine parlait aussi un peu le français avec
lui.
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- Peu après son arrivée, il fit connaissance de "son auditeur","technicien religieux" scientologue supposé aider Alain à y voir plus clair et à
mieux se comporter dans l'existence.
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- "Du
lundi au samedi je devais travailler 12 heures par
jour (creuser des digues, nettoyage, vider les poubelles, construire
des murs, bûcheronnage, transporter du bois, des planches) en
plus des séances d'audition que je recevais. Certaines
fois mes séances étaient supprimées pour nous punir
d'un travail jugé mal fait"
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- "Lors
d'une punition où je devais brosser une clôture,
le surveillant pour que j'aille encore plus
vite me tapait comme un sourd sur les doigts avec
une brosse. Je ne pouvais plus plier les doigts"
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- Mais les règles de la vie communautaire imposée ne convenaient
guère à ce jeune homme anxieux. Il tenta de fuir au bout d'un mois, mais Steve
Ambrose, officier d'éthique, le rattrappa en voiture.
Alain lui dit qu'il allait voir les cops, la police, qu'il en avait assez du "ranch",
et de la scientologie.
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- L'officier
d'éthique descendit de voiture et le boxa à trois ou quatre
reprises en pleine figure. Alain eut "du mal à ne pas tomber dans les pommes",
il dut s'assoir. Difficile de croire les gens qui vous boxent -- mais Alain prit
peur et rentra au bercail - au ranch, qui n'était guère qu'à 500 mètres de
là.
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- Alain a une fois lancé une pierre à quelqu'un; il ne voulait
plus travailler, «j'ai fait une tentative de suicide», c'est là qu'on l'a séparé des autres et
mis dans la caravane payée par son père.
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- Il eut à subir les rigueurs de "l'éthique" scientologue - le
système punitif sectaire, sans jugement ni avocat. C'est à ces périodes qu'il
devait passer 12 ou 15 heures par jour "à repeindre des grillages", et ne dormir
que quatre heures par nuit. Il en est encore furieux. Un des sous-cadres du
ranch, Jimmy, lui jetait des pierres quand il ne travaillait pas assez dans
cette section disciplinaire inventée par Hubbard, le gourou de la
secte.
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- Le jour
de ses 18 ans, Alain raconte que Jimmy l'a accroché à un tourniquet
et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la
leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
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- En plus des obligations de certaines journées harassantes, de
l'interdiction de flirter avec les quelques filles qu'il croisait rarement, et
du peu de distraction disponible, le ranch ne redistribuait qu'une petite somme
chaque semaine au jeune adulte qu'il était devenu.
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- Il ne pouvait pas téléphoner à ses parents. Il doit y avoir 7 ou
8 heures de décalage horaire entre le Nouveau-Mexique et la Suisse. La seule
fois où son père avait envoyé un fax, on l'avait censuré
: pas de courrier, pas
de téléphone ...
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- - "j'avais pas le droit de raconter ce qui se passait au ranch.
C'est la censure."
- Enfermement
graduel
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- Les sorties étaient réduites
: cet internat du ranch ne relâche
un peu la pression que le dimanche, mais c'est vraiment difficile de dépenser
quoi que ce soit à Reserve, ce village de moins de 400 âmes du
Nouveau-Mexique, siège du comté de Catron
(3800 habitants), au climat désertique en dépit de ses 2000 mètres d'altitude.
On voit mal comment un jeune homme parlant encore médiocrement la langue
pourrait sortir de l'enfermement graduel de la secte.
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- D'autres fois, un certain Jerry faisait faire des pompes à
Alain - 50 à la fois, et l'avait privé d'auditions. Pourtant, le père d'Alain
payait pour tout cela. Jerry lui a aussi dit qu'il devrait se suicider pour
pouvoir quitter la scientologie.
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- (On sait que des scientologues expliquent aux clients potentiels que
rater l'occasion scientologue revient à se suicider ... l'un des dirigeants
français a écopé de prison avec sursis et de fortes amendes et dommages après le
suicide d'un père de famille pressuré par ses soins. A Genève,
un témoignage communiqué
à l'AVDS révèle qu'une scientologue
n'a rien trouvé de mieux comme
conseil pour une employée
en détresse : "Il faut te suicider. Avec un nouveau
corps tout s'arrangera !" .(sic) ).
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- Quant à l'auditeur scientologue, Alain n'est pas sûr
de ce qu'il lui voulait, mais comme
cet auditeur était juif, Alain pense qu'il avait envie de le
circoncire.
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- - "Il y avait un certain Tom, qui disait qu'il avait tué ses
parents; à mon avis, il racontait des salades." [les
recherches effectuées démontrent en tout cas que le nom et la nationalité de ce
jeune homme parti ensuite à la Sea Org existait bien. Je n'ai pu établir s'il
avait tué ses parents, note du webmaster]
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- Au ranch, les papiers d'Alain ont été confisqués, conformément
aux habitudes de nombreuses organisations de scientologie recevant des
scientologues à l'étranger [i.e., on confisquait mes
papiers et ceux de son épouse au Danemark, dans l'organisation
scientologue -rg].
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- - Le matin, il fallait que les internes se mettent en rang, ça
pouvait durer une demi-heure, ce rassemblement. Puis on avait un petit dejeûner.
Ensuite, c'était l'audition, ou on allait faire du nettoyage, laver
la vaisselle, ramasser les
mégots, laver le sauna, construire des murs.
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- - La nourriture n'était pas très équilibrée; on mangeait
beaucoup de crèpes, la cuisine était assez grasse, parfois avec de la viande,
mais pas souvent. C'est une "indienne", Patsy, qui faisait la
cuisine.
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- - J'avais un copain qui m'a aidé, "Marc Ross", il m'avait dit
que la scientologie l'avait kidnappé parce qu'il avait raconté des trucs à la
radio à Los Angelès.
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- Alain était un peu amoureux de Molly, une jeune fille d'une
quinzaine d'années que ses parents scientologues avaient expédiée au
ranch.
- On
prenait tout mon argent
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- - Une fois, j'avais économisé sur ce qu'on me redistribuait -
les 10 ou 20 dollars par semaine, et j'avais 60 dollars. Ils m'ont tout repris;
quand je ne dépensais pas tout, on me reprenait ce que je ramenais.
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- - Je ne supportais plus rien, explique Alain; interdit de
flirter, j'ai très mal vécu ça. C'étaient des fascistes, ces gens-là. La sciento
m'a volé tous mes droits. Ils ne veulent pas entendre parler de la psychiatrie,
mais elle au moins, elle me respecte. Bien sûr, maintenant ...
- Des
punitions qui violent
les droits de l'Homme
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- Alain
raconte: - Je refusais la discipline militaire
du ranch, et j'avais refusé l'ordre de mon auditeur,
Amnon Ben-Alon, d'aller dans la nature pour
observer des fleurs pendant des heures. 12 scientologues
m'ont amené de force dans l'étable du
ranch. Ils étaient
autour de moi, j'étais au milieu. Les scientologues me
frappaient à tour de rôle et me poussaient de
l'un à l'autre pour qu'ils me frappent à l'épaule
et au dos. Au total pendant 40 minutes. J'avais
des vertiges. Pendant ce calvaire une femme
me montrait qu'elle avait une corde fermement
en main et je croyais que le groupe allait me
pendre.
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- - Le
12 octobre 1993. jour de ses 18 ans, Alain raconte que
Jimmy l'a accroché à un tourniquet
et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la
leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
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Du 14 ou 18 octobre 1993 j'ai souffert comme
un chien en éthique : je brossais une clotûre
17h00 par jour et si je m'arrêtais cinq secondes,
on me lançait des pierres et ion ne me donnait
pas à boire pendant toute une après-midi.
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Le 19 octobre 1993, j'ai reçu
une autre punition, c'était le lendemain
d'un jour où j'avais montré mon hostilité au
traitement que les scientologues me faisaient
subir. J'avais lancé une pierre contre Michel
Zelman
qui me traitait tellement mal. Un rancher, Jon, m'a
violemment poussé à terre, m'a tabassé pendant
10 minutes et m'a jeté dessus une grosse pierre
que j'ai reçue sur le torse en pleine poitrine.
Il me donnait de violents
coups de pied. Il se jetait sur moi comme un
fauve. J'ai eu peur de mourir. J'ai subi une
tentative de meurtre. Ils ont dû me conduire
à l'infirmerie car je saignais abondamment du
nez.
- Peur
de retourner chez les scientologues
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Au bout d'un an je suis rentré en Suisse en septembre
1994. Dès la première semaine comme ma mère
voulait m'envoyer dans un autre centre
de scientologie en Italie, j'ai cherché un moyen
pour quitter la scientologie.
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J'ai fait une tentative de suicide en me jetant
d'un pont. Je ne voulais plus aller là-bas. Mon
auditeur m'avait menacé quand je défendais les psychologues ou les psychiatres,
que je critiquais la doctrine d'Hubbard.
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C'est des fascistes."
- La vie d'Alain, maintenant
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- Alain est dans une pension de famille, sous curatelle. Il reçoit
l'aide de l'assurance invalidité suisse (AI). Il aimerait bien sûr plus de liberté, comme nous
tous. La liberté d'Alain s'est achevée en Scientologie. Peut-être la
psychologie l'aidera-t'elle à en regagner.
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- La liberté de la maman d'Alain est
aussi très en péril: elle subit encore, dix après, les séquelles de ce drame.
Elle aussi voudrait retrouver quelqu'un qui puisse la débarrasser de ce que lui
a fait subir la scientologie.
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- Nous leur souhaitoms de retrouver l'équilibre et le
bonheur.
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- Depuis
des années la scientologie refuse d'entrer
en matière pour rembourser les sommes investies
par la famille d'Alain.
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- La
scientologie semble ignorer que sa thérapie
à prix usuraire était totalement inadéquate
au grave problème de santé d'Alain.
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- Ainsi,
la scientologie une fois de plus, prouve qu'elle
est totalement irresponsable.
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- Il
faut que nos autorités fassent cesser de
telles pratiques, qui, à notre connaissance,
sont systématiquement utilisées
sur des adeptes affaiblis, malades ou immatures.
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- L'Etat
a le devoir de protéger TOUS ses citoyens
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- A
moins que l'Etat, et les force politiques de plus
en plus tentées par les extrêmes, aient
décidé que certaines personnes devaient
être abandonnées... par exemple dans
de nouveaux
goulag...
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- Jean-Luc
Barbier, président
de l'AVDS,
- Porrentruy,
le 5 octobre 2004
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