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Témoignage de Valeska Guider Témoignage de Valeska Guider (née Valeska Paris): «La scientologie a détruit ma famille» (anti-scientologie - 24 décembre 2011) Témoignage: Une Genevoise esclave pendant douze ans sur le bâteau de la scientologie (Le Matin - 29 novembre 2011) Vidéo: Emprisonnée des années durant par la scientologie. Témoignages de Valeska Paris (abc.net.au - 28 novembre 2011) Video: Scientology Cruise Ship Scandal (aca win - 2011.11.29) Video: Scientology Cruise Ship of shame (aca win - 17 January 2012) Video: A Current Affair Scientology- fights back against-Ship of Shame (aca win - 18 January 2012) Video: An Australian woman has alleged she spent years imprisoned on the Church of Scientology's cruise ship, The Freewinds (abc.net.au - November 28, 2011) Die Genfer Sklavin auf der Freewinds. Zwölf Jahre lang wurde Valeska Guider an Bord des schwimmenden Hauptquartiers der Scientologen festgehalten (tagesanzeiger.ch - Dezember 1, 2011) |
Témoignage de Valeska Guider (née Valeska Paris) La scientologie détruit les familles Je m’appelle Valeska Guider (née Paris). Lorsque j'avais 6 ans, mes parents ont divorcé. Je vivais en Suisse avec ma sœur cadette, Melissa, et mon petit frère Raphaël. Mon père a obtenu la garde et a décidé de rejoindre l’Organisation de la Sea Org en Angleterre à Saint Hill. Nous nous sommes rendus en Angleterre en septembre 1984. Ma mère est venue avec nous pour nous déposer. Nous nous sommes rendus à la base avec un minibus bleu en mauvais état. Ma mère nous a dit qu'elle allait à la cantine pour prendre un café et nous a quittés sans jamais revenir. Nous sommes arrivés à la base de Stonelands de la Sea Org. Aucun de nous ne parlait l'anglais et mon père s’est débrouillé au mieux. Nous avons trouvé le chemin de la salle à manger qui avait des trous au plafond. J'ai eu une intoxication alimen- taire qui m’a fait vomir toute la nuit. Mon père, mon frère, ma sœur et moi avons tous dormi dans le même lit. Notre maman nous manquait et nous étions totalement dépaysés. Le lendemain, mon père a commencé le programme EPF et nous avons dû rejoindre l'Organisation des Cadets, pour faire des travaux domestiques avec les autres enfants. Je ne vais pas parler ici de la déconnexion des enfants de leurs parents et autres détails sordides sur l’Org des Cadets, car ma soeur Melissa a déjà rédigé un témoignage sur cette époque. Durant les deux premières années, nous avions un peu de temps en famille. Je voyais alors mon père 2 heures par jour (ce temps incluait le dîner en commun). En 1986, le temps accordé pour les réunions de famille a été annulé et plus aucun adulte ne vint à Stonelands pour le dîner. Nous avons depuis ce moment rarement vu notre papa. Il rentrait très tard le soir lorsque nous dormions et nous nous levions pour aller à l'école quand il était encore endormi. Environ un an après notre arrivée à Stonelands, ma mère est venue nous rendre visite. Elle a vu dans quelles conditions nous vivions et a été horrifiée. Elle a essayé de nous ramener avec elle à Flag (Ndt: la base de scientologie en Floride). Il lui a été répondu que c’était impossible car nous étions des futurs membres de la Sea Org et que c’était out-éthique de nous amener aux USA et qu’elle serait déclarée SP si elle persistait. (Ndt: SP = une personne suppressive, ennemie de la Scientologie) Elle a insisté et a été envoyée en éthique puis menacée à nouveau d’être déclarée SP. Finalement elle a abandonné. Nous avons visité ma mère pour les vacances d'été et nous avons aimé ça. C'était un monde différent: la nourriture était adéquate et nous avions une chambre chauffée et sans fuite. Nous redoutions de retourner en Angleterre, mais nous adorions notre papa. En 1992, lorsque j’avais 14 ans, nous sommes tous allés aux États-Unis pour voir ma mère pour les vacances d'été et j'ai décidé de rejoindre la Sea Org à Flag. C’était génial. La base de Flag était beaucoup mieux que Stonelands et je passais tous les samedis avec elle. Ma mère était superviseur des cas de niveau classe XII est était OT VIII (Ndt: le niveau d’initiation le plus élevé de la secte) Le suicide d’Albert Jaquier Mais, le 11 décembre 1995 tout a changé. Ce fut le jour où mon beau-père, Albert, s'est suicidé après une série d'énormes maladresses de l'Eglise. Il a été trouvé mort sur son lit par mon frère qui avait 6 ans à l'époque, (le fils d'Albert et de ma mère). Albert avait demandé à ma mère de faire connaître son histoire afin qu'elle n’arrive pas à d'autres. Il lui a donné son journal qui comprenait les détails de ce qu'il avait vécu et de ce qu'il voulait faire après sa mort. Ma mère a été bouleversée. Elle est allée à l'Org locale en Suisse et, selon les volontés d'Albert, elle a exigé le remboursement de plusieurs sommes d'argent qu’il avait prétées à des scientologues. Ceci est parfaitement normal et prévu par les règlements de Ron Hubbard de la Cour des aumôniers. Au lieu de cela, l'Eglise a poursuivi ma mère pour avoir critiqué la scientologie par courrier (black mail) et tenté de la faire mettre en prison. Cela était inutile elle n'avait rien fait de mal. L'Eglise a poursuivi ma mère avec des recours jusqu’au Tribunal Fédéral suisse et bien entendu la scientologie perdu. Elle s'est ensuite rendue à la télévision et a fourni des preuves sur ce qui s'était passé. Elle était maintenant considérée comme un SP (Ndt: Personne suppressive, ennemie de la scientologie) et les scientologues n'ont toujours pas versé l'argent. J'étais à Flag quand c'est arrivé et le service des affaires spéciales de Flag (OSA-Flag) s’est servi de moi pour tenter de manipuler ma mère. Bien sûr, ils ne m'ont pas dit la vérité sur ce qui était arrivé. Ils m'ont dit que ma mère était une SP et qu’elle attaquait l'Eglise sans aucune raison. J'ai reçu l’ordre de rompre toute relation avec ma maman, de me déconnecter d’elle. J'avais 17 ans à l'époque et ce fut assez difficile, car je l'aime vraiment. Mais je l'ai fait car c'était "la chose éthique" à faire. OSA-Flag a également fait savoir que ma mère était une mauvaise personne c'est la manière de faire de l'Église contre quiconque s'écarte de ses lignes: cette personne est soudainement "totalement mauvaise" et l’a toujours été ! Il suffit de regarder ce qu'ils font maintenant avec un ex-scientologue qui parle.
Le Freewinds Quand ma mère est revenue de Suisse en septembre 1996, j'ai été envoyée sur le navire de la Scientologie («Freewinds») par David Miscavige pour m’éloigner de ma maman. Je n'ai reçu aucun préavis. J'ai été réveillée une heure avant le départ de mon avion et je n’ai pas eu le temps de prendre mes effets personnels, excepté un petit sac. On m'a dit que je serais sur le bateau pour 2 semaines: j'ai fini par y rester 12 ans. Je détestais cela et je voulais revenir à Flag, ce qui m’a créé des ennuis et j’ai été enfermée dans la salle des machines jusqu'à ce que j’aie une «cognition». (Ndt: Ce qui signifie qu’elle accepte sa situation et continue à servir la scientologie sans rien dire) Je devais me présenter au bureau du capitaine qui m'a hurlé que je n'avais pas d'autre choix que de rester sur le bateau. J'ai été malheureuse. Durant les 6 premiers mois je n'étais pas autorisée à descendre du navire au cas où ma mère serait sur une des îles pour me rencontrer ! J'ai n’ai également pas été autorisée à prendre des vacances hors du navire. Ma famille me manquait terriblement. L'International Security Chef m’a informé que, si je voulais que ma famille puisse me rendre visite sur le navire, la seule solution était de faire le nécessaire auprès d’elle pour qu’elle cesse de critiquer la scientologie. En 1997, ma sœur est venue sur le navire pour sa lune de miel. La veille de son départ, je suis revenue 30 minutes en retard à mon poste. J'ai alors été conduite au bureau du capitaine; il a crié et m’a retiré de mon poste et mise sur le pont pour 6 mois en me contraignant à rester à bord du navire. Durant les 8 premières années, je n'ai pas jamais été autorisée à quitter le navire sans escorte au cas où ma mère était sur une des îles. J'ai finalement réussi à changer cela en 2004 en parlant au chef de la sécurité. Plus le droit de parler à ma soeur Pour avoir contacté ma mère en 2002, ma sœur a été déclarée ennemie de la scientologie. J'ai été conduite au bureau de la direction (HCO) qui m’a montré l’acte d’accusation (SP déclare) concernant ma sœur et on m’a ordonné de me décon- necter d’elle. J'ai bêtement suivi cet ordre car ne pas me déconnecter était impossible puisqu’elle était une ennemie de la scientologie (une personne «suppressive»). En 2007, un homme dont le mariage périclitait depuis 7 ans s’est intéressé à moi et nous avons eu le projet d’être ensemble dans le futur. Il était en cours d'obtention d'un divorce. Notre relation a été jugée incorrecte et j’ai été punie en étant affectée à la salle des machines. Je l’ai vu à quelques reprises et nous nous sommes parlé alors que nous n'étions pas censés le faire. Nous n'avons jamais eu le moindre contact physique et j'ai été accusée par deux directrices (CO CMO et RTC Rep) comme responsable d’une «rupture du mariage» alors que depuis 7 ans il n’avait plus revu sa femme. Au moment de la promotion des nouveaux livres de scientologie («Les Basics» – une énième réédition des écrits de L. Ron Hubbard), nous n’avions pas le droit de dormir jusqu'à ce que nous ayons fait notre quota de vente. J'étais une employée auditeur du personnel (Staff staff auditor) et comme tous les autres membres d'équipage je devais souvent vendre des livres durant toute la nuit ! Une nuit la femme officier (CO CMO) m'a demandé si j'étais la raison qu’un gars s’était déplacé hors de sa chambre dans un dortoir. Je lui ai juste dit "oui" et que je n'étais pas intéressée à lui parler. Elle m'a alors punie en m’envoyant dans la salle des machines pendant 48 heures d'affilées ! Cela s’est passé après des semaines à essayer de répondre à des quotas fous de ventes de livres avec une moyenne de 3 heures de sommeil par nuit ! À 4 heures du matin je me suis endormie contre une machine. J’ai été secouée 4 heures 1/2 heures plus tard par un ingénieur jusqu'à ce que je me réveille. J'ai ensuite été remise au travail pour un autre jour sans sommeil, puis le jour suivant j’ai été affectée à mon poste d’auditeur. Dans cet état d’épuisement j’étais sensée capable de pouvoir faire correctement l’audition du personnel … Pas le droit d'appeler ma famille ni de parler à quiconque Ayant ensuite à nouveau parlé à mon ami, j’ai été retirée de mon poste d’auditeur et postée à plein temps dans la salle des machines. J'ai été mise par ma faute dans une petite pièce avec une caméra qui surveillait mes mouvements. (Ndt: ce sentiment de culpabilité permet de se rendre compte de l’état mental de Valeska à ce moment) Un garde de sécurité m'escortait partout où j'allais et je devais manger dans la salle des machines. Je n’avais pas le droit de me rendre dans la salle de contrôle parce qu'elle était climatisée. Je n’avais également pas le droit de travailler avec quelqu'un. Ainsi j'étais seule à tout moment. Tous ces ordres m’avaient été donnés par des supérieurs sans âme et sans humanité. J'étais malheureuse et je voulais sortir. J'ai commencé à aller en session d’audition sur un programme de sécurité (Ndt: un programme sensé trouver tous les crimes et délits envers la scientologie et ses codes …) L’auditeur de ce programme ne faisait que dormir et se doper entre les séances d’audition. Je suis restée dans la salle des machines pendant près de trois mois à temps plein. Je détestais cela et je voulais quitter le Freewinds mais je n’avais pas le droit d'appeler ma famille ni de parler à quiconque. Vers la fin j'ai commencé à faire des «overts» (Ndt: des actions que la scientologie condamne) pour tenter de sortir de là. Au début décembre 2007 lors d’une audition j’ai gardé une bague à mon doigt pour faire réagir violemment le détecteur de mensonge dans l’espoir de me faire expulser du navire. (Ndt: Pour la scientologie un mouvement rapide de l’aiguille est un «rockslam», Ces mouvements brusques et irréguliers signifient que la personne auditée a une volonté de détruire la scientologie ... Les auditeurs de scientologie savent qu’une bague peut provoquer ce genre d’effet sur la machine et qu’il faut toujours auditer les patients en enlevant leurs bagues). A ce moment j'ai réussi à appeler mon frère en utilisant une carte téléphonique d’un membre du personnel car la mienne avait été désactivée. Je lui ai parlé pendant 1/2 heure. Je lui ai dit de me rappeler et on a découvert que je l'avais appelé. J’ai été convoquée à plusieurs reprises par le chef de la sécurité puis pas le directeur des inspections (I & R). Ils m’ont dit que j'étais une «suppressive, une 1,1» (Ndt: Une ennemie de la scientologie, une personne suppressive) et j’ai dû écrire tout ce que j'avais dit à mon frère. Ensuite j’ai été affectée au RPF (Ndt: le RPF est le goulag de la scientologie o les adeptes doivent racheter leurs fautes…) Ils m’ont informée que si je n’acceptais pas de faire le RPF je serais déclarée ennemie de la scientologie. J'étais censée aller en Europe pour faire le RPF, mais j’ai refusé. On m'a dit que je n'avais pas le choix et qu'ils allaient me déclarer ennemie de la scientologie. Je m’en fichais, j'en avais assez. Je voulais partir tout de suite. Quand je suis allé en session j'ai menti et dit que j'étais suicidaire, parce que j'avais vu assez de gens être expulsés pour cela. (Ndt: la scientologie ne veut pas avoir de suicide sur les bras et visiblement Valeska a eu vent d'affaires similaires au sein de la scientologie) La même nuit une femme officier (CO CMO) m'a conduite dans la salle à manger et m'a dit que j’avais l’air désemparée et qu'elle savait que j’avais menti au sujet du suicide et a tenté de m’introvertir (Ndt: de me culpabiliser). Finalement elle m’a dit qu'elle allait m'envoyer en Australie, si elle le pouvait. J'étais contente de sa proposition et le lendemain on m'a dit que je pourrais me rendre en Australie. J’ai été soulagée d’apprendre que j’allais pouvoir descendre du bateau et j’ai décidé que je n’y reviendrais plus jamais. Une grande délivrance J'ai quitté le «Freewinds» le 25 décembre 2007. Çà a été l'un des grands moments de délivrance que j'ai jamais connu. Je suis arrivée en Australie et croyez-le ou non j'ai adoré le RPF. Malgré toutes les restrictions: aucun salaire pendant 6 mois et aucune personne à auditer, alors que cela avait été mon poste pendant des années - c'était le paradis par rapport à ce que j'avais vécu ces derniers mois sur le navire. J'ai terminé le RPF en novembre 2008. J'ai été affectée en Australie et mes deux supérieurs du «Freewinds» n'aimaient pas cela. Après s’être séparé de moi et refusé de me payer ils exigeaient maintenant que je trouve un remplaçant ! Ils ont dit qu'ils allaient m'envoyer en l'Angleterre, puis à Los Angeles, puis ils m’ont menacée de me reconduire au navire et de me mettre dans la salle des machines jusqu'à ce qu’un remplaçant soit trouvé. La scientologie (CLO ANZO) a trouvé 3 employés pour me remplacer sur le «Freewinds» mais cela n'était jamais assez, ils voulaient encore un auditeur formé (Un «clear», Grade V auditor). A cette époque durant le programme RPF j’ai rencontré Chris Guider, mon futur mari. Il avait lui aussi été envoyé au RPF (RPF ANZO) quand il a été considéré comme un «risque de sécurité» Il n’y avait aucune raison pour que je retourne sur le navire pour être victime de leurs mauvais traitements. Beaucoup de choses se sont passées que je ne vais pas aborder ici. J'ai épousé Chris - mais apparemment j’étais sensée avoir l’accord du CO CMO ! Comme si elle avait quelque chose à dire avec qui je me marie, et quand je me marie ! Ce fut un grand échec. J'étais une fois encore en difficulté et devais être renvoyée au RPF. Nous en avions assez et nous nous sommes dit que nous allions quitter la scientologie. Finalement nous sommes partis à la fin août 2009. Nous étions en règle et ils nous ont donné de l'argent "parce que j'allais avoir un bébé" (J'attribue ce traitement à ce qui s'est passé sur l'internet et du fait que je connais un tas d'informations sur le Freewinds et les normes IAS, et Chris sait beaucoup de choses sur David Miscavige, Int & Gold). Une église qui recommande les ruptures familliales ! Je n'avais pas encore vraiment bien vu la lumière, et je voulais m’occuper de ma sœur et de ma maman qui avaient été «déclarées SP» (Ndt: Une personne suppressive, une ennemie de la scientologie) Etant entrée en communication avec eux j'ai été contactée par Marion Pouw qui m’a informée que j'avais violé la politique de l’Eglise en étant en communication avec ma famille. Mon frère a également été en communication avec ma mère et ma sœur et il a reçu un ordre de l’’OSA (l’Office des Affaires Spéciales de la Scientologie) de se déconnecter d’elles. J'ai refusé de me déconnecter de ma sœur et de ma mère. Mon père et mon frère sont toujours scientologues et sont déconnectés de moi, de mon mari et de mon bébé et cela bien que mon père ressent une extrême colère d'avoir à faire cela. J'ai écrit à mon père. J'ai aussi écrit à Marion Pouw, qui travaille directement pour David Miscavige, pour tenter de nettoyer les dégâts qu'il a créés. En dépit de ce que prétend Tommy Davis, le responsable des relations publiques de la scientologie, malgré les arguments de l'église, la déconnection est clairement un règlement de la scientologie qu’elle utilise pour briser des familles. J’ai écrit ce témoignage car je suis révoltée par les mensonges flagrants que l'Eglise diffuse sans honte ni remords dans les médias. Valeska Guider |
Pendant 12 ans, Valeska a été retenue de force à bord du «Freewinds», QG flottant de la scientologie. Elle raconte ce long calvaire au «Matin».
Que cache au juste le «Freewinds», ce luxueux yacht qui croise au large des Caraïbes, portant haut les couleurs de la scientologie? Pour les uns, c’est un lieu de retraite et d’étude. Pour les autres, c’est un «Vatican flottant» où seraient cachés les documents secrets de l’organisation. La réalité pourrait être plus trouble encore, si l’on en croit le témoignage livré voici quelques jours par Valeska Guider sur la chaîne américaine ABC. La Genevoise d’origine racontait avoir été séquestrée pendant douze ans à bord du «Freewinds». Contactée par «Le Matin», cette ex-scientologue de 34 ans l’affirme avec force: c’est contre son gré qu’elle a été emmenée sur le bateau en 1996, et y a mené une existence d’«esclave» jusqu’à son transfert en 2007. Un long calvaire qui l’a amenée à quitter définitivement l’organisation dans laquelle elle baignait depuis son plus jeune âge. Scientologue, Valeska l’a été en effet dès le berceau. «Mes parents, Ariane et Jean-François Paris, étaient tous deux membres de l’Eglise. J’ai de bons souvenirs de mes premières années à Genève. Tout a basculé quand j’avais 6 ans, en 1983.» Des parents qui divorcent, le père qui obtient la garde et décide d’envoyer ses enfants en Angleterre, dans un centre scientologue équipé d’un internat. Pour Valeska, c’est le début d’une vie rythmée par les corvées: «On nous faisait travailler comme des boniches, ma sœur et moi. C’était invivable.» Son réconfort, elle le trouve lors des vacances passées à Meyrin (GE) avec sa mère et son nouveau mari, Albert Jacquier, un riche scientologue genevois. «On aimait passer du temps dans cette maison où on pouvait bien manger et dormir dans des chambres chauffées!» Note d'anti-scientologie: ce riche scientologue, fondateur de la récup-auto de Peney, est aujourd'hui décédé. Il a été totalement ruiné par la scientologie au point qu'il n'arrivait même plus à payer son assurance maladie pour pouvoir suivre les soins dont il avait besoin pour ses problèmes cardiaques... ! Valeska, pourtant, s’habitue peu à peu à sa vie dédiée à la cause scientologue. En 1992, à l’âge de 14 ans, elle décide de rejoindre la Sea Org, corps d’élite de la scientologie. Elle signe à cet effet le fameux «contrat d’un milliard d’années» imposé à tout membre. «J’avais toujours entendu que s’investir pour la Sea Org servait à aider l’humanité. J’y croyais.» Elle rejoint donc Clearwater, base terrestre de la Sea Org en Floride. Là-bas, de nouveau, sa mission se résume aux tâches ménagères – lessive et repassage surtout – au service des hauts dirigeants. Une vie de bagnard? Peut-être. Mais à l'époque, Valeska est encore consentante. Influence maternelle Tout change en 1996, quand la mère de Valeska rompt publiquement avec l’organisation, allant jusqu’à raconter sur TF1 comment la scientologie lui a volé ses enfants. Désormais, elle est déclarée «suppressive» (antisociale). Elle tente pourtant de rester en contact avec Valeska. La décision du Sea Org est sans appel: la jeune femme doit embarquer à bord du «Freewinds» pour échapper à l’influence de sa génitrice. «On m’a dit que ce n’était que pour deux semaines», se souvient Valeska. A son arrivée à bord, elle ne peut s’empêcher de manifester de la résistance. Elle le paiera en écopant d’un travail harassant et d’une surveillance permanente. «On m’a fait travailler à l’entretien du bateau, puis comme serveuse au restaurant. Je travaillais tous les jours, pour 50 dollars par semaine. Je ne pouvais descendre du bateau qu’accompagnée, et je devais demander l’autorisation pour avoir un jour de repos.» Parfois, dit-elle, elle a tenté de se rebeller. Mais toute fuite était impossible: «On m’avait confisqué mon passeport, je n’avais pas de compte en banque. J’étais au milieu de nulle part, avec un garde qui surveillait le bateau. J’ignorais où se trouvaient mes parents. Je n’aurais pas su où aller.» Son salut viendra de ses désobéissances répétées. En décembre 2007, on l’envoie en Australie pour un séjour de «réhabilitation». C’est là qu’elle rencontre son époux actuel, Chris. «Nous nous sommes mariés en secret, en mars 2009. Un mois après, on quittait la scientologie.» Aujourd’hui, elle vit encore en Australie avec son époux et leur petit garçon. Plus décidée que jamais à alerter l’opinion sur son passé d’«esclave». Consciente aussi que son témoignage risque de peser dans les procès visant la scientologie, en Australie ou en France. Les responsables de l’organisation, pourtant, s’efforcent de minimiser la portée de son récit. «C’est un cas isolé», glisse la porte-parole pour la Suisse romande de la scientologie, Francine Bielawski. Cas isolé, vraiment ? La présidente du Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), Brigitte Knobel, souligne que d’autres cas de travail forcé au sein de la scientologie «ont été portés à la connaissance de la justice». Valeska, elle, est convaincue que d’autres ont vécu le même sort qu’elle. «Et je ferai tout pour que cela se sache.» |
Woman alleges imprisonment by Scientologists Australian Broadcasting Corporation Reporter: Steve Cannane
Transcript Read the
statement from the Church of Scientology here http://www.abc.net.au/news/2011-11-28/church-of-scientology-statement/3700214 ALI MOORE, PRESENTER: An Australian resident has told Lateline the Church of Scientology imprisoned her on its cruise ship, The Freewinds. Valeska Paris says the Church of Scientology's leader, David Miscavige, sent her to the ship when she was 17 to prevent her mother taking her away from Scientology. Ms Paris says she ended up being on the ship for 12 years and was unable to leave The Freewinds for the first six years without an escort. She's described the Church's leader as a psychopath and says he should be put on trial. Steve Cannane has this exclusive report. STEVE CANNANE, REPORTER: Valeska Paris was born into a Scientology family in Switzerland (Geneva). At the age of six she moved to Scientology's headquarters in the UK and was placed in its then youth wing, the Cadet Org. At 14 she joined the Church's elite Sea Organization, signing a contract binding her for a billion years. It was a commitment that would override her bond with her own family. Valeska Paris says at seventeen the Church told her she could no longer see her mother. VALESKA PARIS, FORMER SCIENTOLOGIST: I was basically pulled in and told that my mum had attacked the Church and that I needed to disconnect from her because she was suppressive. And ... STEVE CANNANE: And what does that mean, to disconnect? VALESKA PARIS: It means no connections at all with her or with anyone that she's connected to. STEVE CANNANE: Her mother had denounced Scientology on French TV after her ex-husband, Albert Jaquier, had committed suicide. A self-made millionaire, his last days were spent in poverty. In a diary he kept, he blamed the Church of Scientology for fleecing him of his fortune. Valeska Paris says the Church was so worried her mother would take her away that Scientology's leader David Miscavige intervened, ordering she be taken to the Church's cruise ship, The Freewinds. VALESKA PARIS: He decided the ship. And I found out two hours before my plane left - I was woken up in the morning and I was sent to the ship for “two weeks”. STEVE CANNANE: And how long did that end up lasting ? VALESKA PARIS: 12 years. STEVE CANNANE: Valeska Paris says she was held on The Freewinds against her will. VALESKA PARIS: I did not want to be there. I made it clear that I didn't want to be there. And that was considered bad ethics, meaning it was considered not right. STEVE CANNANE: Did you try to escape? VALESKA PARIS: No, no. STEVE CANNANE: Could you escape ? VALESKA PARIS: No. They take your passport when you go on the ship, so - and you're in the middle of an island, so it's a bit hard. And I was like - by that time I was 18. So, I didn't really - I'd been in Scientology my whole life. It's not like I knew how to escape and ... . STEVE CANNANE: The Freewinds is used as a base to deliver Scientology's highest level counselling course, known as Operating Thetan Level Eight. It cruises around the Caribbean, docking at small islands. The Church says ships have religious significance to Scientologists because its founder L. Ron Hubbard had researched and ministered the first Operating Thetan levels aboard a ship. But for Valeska Paris, there was no freedom on The Freewinds. She says she was not allowed off the ship for the first six years without an escort and was forced to do hard labour in the engine room. VALESKA PARIS: It's hot, it's extremely loud, it's smelly, it's not nice. But I was sent down there at first for 48 hours straight on almost no sleep and I had to work by myself. I wasn't allowed to work with anyone else. And I don't know if I went unconscious or if I fell asleep, but I was cleaning some part of an engine and it's extremely loud and I was just out for like four hours, and then this guy came and shook me four hours later and he said that I was unconscious. STEVE CANNANE: The Church of Scientology in the US refused to be interviewed for this story. Their lawyers sent Lateline a letter threatening legal action over a breach of a confidentiality agreement between the Church and Valeska Paris. Valeska Paris says she signed this agreement under duress. In a statement, the Church of Scientology said, "She certainly wasn't 'forced' to be there. She was also never forced to perform labour in the engine room. The Freewinds is a wonderful place, as even Valeska said on numerous occasions. Her allegation that she could only leave the ship with an escort is totally false." RAMANA DIENES-BROWNING, FORMER SCIENTOLOGIST: Their response is a lie. Their response is a cover-up. STEVE CANNANE: Ramana Dienes-Browning is a former a senior executive on The Freewinds. She was responsible for monitoring staff behaviour and performance on the ship. RAMANA DIENES-BROWNING: She made it very clear she did not want to be there. You know, she had been sent to the ship so as not to be in contact with one of her parents and that's not what she wanted. She was very, very distressed. STEVE CANNANE: Ramana Dienes-Browning is now working on a photographic exhibition re-enacting her time in Scientology. She says she too was held against her will on The Freewinds and suffered abuse. RAMANA DIENES-BROWNING: I have been dealing with that trauma, and as a result I've experienced depression and post-traumatic stress and had to go through a process of dealing with that and healing. STEVE CANNANE: In a statement, the Church of Scientology said, "We have no facts that would support Ms Dienes-Browning's opposite opinion." Ramana Dienes-Browning says after five years of trying, she was finally able to leave the Sea Org and The Freewinds. Valeska Paris left The Freewinds when she was sent to the Rehabilitation Project Force in Sydney. Scientologists describe the RPF as a voluntary religious retreat. Defectors describe it as a punitive re-education camp. It was here she met former St George rugby league captain Chris Guider. Soon after, they got married and left the Church. Valeska Paris says she'd like to see the head of the Church of Scientology, the man who she says sent her to The Freewinds, put on trial. VALESKA PARIS: It's not right for someone to be running the Church and basically take advantage of, you know, a church and hiding behind religion to live like a king and to abuse people around him. That man doesn't like anyone. He's a psychopath. STEVE CANNANE: The Church of Scientology denies their leader David Miscavige sent Valeska Paris to The Freewinds. When asked if this allegation was put to Mr Miscavige, the Church of Scientology failed to respond. Steve Cannane, Lateline. ALI MOORE: And the full statement from the Church of Scientology will be posted on our website shortly. Do you
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Die Genfer Sklavin auf der Freewinds Von Renaud Malik.
Valeska Guider mit ihrem Mann Chris und Sohn Declen in ihrer neuen Heimat Australien. (zvg, 1. Dezember 2011) Zwölf Jahre lang wurde Valeska Guider an Bord des schwimmenden Hauptquartiers der Scientologen festge- halten. In der Zeitung «Le Matin» schildert sie ihren langen Leidensweg. Was verbirgt die Freewinds, diese Luxusjacht, die in der Karibik kreuzt und die Fahne der Scientologen hisst? Für die einen ist sie ein Ort für religiöse Einkehr und Studium. Für andere ist sie ein «schwimmender Vatikan», auf dem die Geheim- schriften der Organisation versteckt sein sollen. Die Wirklichkeit könnte noch dunkler sein, wenn man Valeska Guiders Zeugenbericht vor ein paar Tagen auf dem amerikanischen Fernsehsender ABC glauben will. Die gebürtige Genferin erzählte dort, sie sei während zwölf Jahren an Bord der Freewinds festgehalten worden. Auf Anfrage der Zeitung «Le Matin» bestätigt die 34-jährige Ex-Scientologin mit Nachdruck: Sie sei 1996 gegen ihren Willen auf das Schiff gebracht worden, auf dem sie ein «Sklavendasein» führte bis 2007. Ein langer Leidensweg, der sie dazu brachte, endgültig die Organisation zu verlassen, der sie seit Kindsbeinen angehörte. Die Tochter von Scientologen Valeska war Scientologin seit ihrer Geburt. «Meine Eltern, Ariane und Jean-François, waren beide Mitglieder der Kirche. Ich habe gute Erinnerungen an meine ersten Jahre in Genf. Alles änderte sich, als ich sechs Jahre alt war, im Jahr 1983.» Die Eltern lassen sich scheiden, der Vater erhält das Sorgerecht und beschliesst, seine Kinder nach England zu schicken in ein scientologisches Zentrum mit Internat. Für Valeska beginnt damit ein Leben voller Frondienste: «Wir mussten arbeiten wie Dienstmädchen, meine Schwester und ich. Es war unerträglich.» Trost findet sie in den Ferien in Meyrin (GE) bei ihrer Mutter und deren neuem Ehemann, Albert Jacquier, einem reichen Genfer Scientologen. «Wir liebten die Zeit in diesem Haus, wo wir gut essen und in geheizten Zimmern schlafen konnten!» Trotz allem gewöhnt sich Valeska langsam an ein Leben, das der Scientology gewidmet ist. 1992 beschliesst sie, in die Sea Org einzutreten, eine Elitetruppe der Scientologen. Dazu unterzeichnet sie den berühmten «Vertrag für eine Milliarde Jahre», obligatorisch für alle Mitglieder. «Ich hatte immer gehört, der Sea Org beizutreten, sei ein Dienst an der Menschheit. Ich glaubte daran.» Auch in Clearwater ist sie billige Haushaltskraft Die 14-Jährige kommt nach Clearwater, in die Landbasis der Sea Org in Florida. Dort beschränkt sich ihre Aufgabe wiederum auf den Haushalt – waschen und bügeln vor allem – im Dienst der Führungskräfte. Ein Häftlingsleben? Vielleicht. Aber damals war Valeska noch einverstanden damit. 1996 ändert sich alles, als Valeskas Mutter öffentlich mit Scientology bricht und auf TF1 erzählt, wie ihr die Organisation ihre Kinder geraubt habe. Sie wird umgehend als «Antisoziale» geächtet. Trotzdem versucht sie, mit Valeska in Kontakt zu bleiben. Doch die Sea Org befiehlt der jungen Frau, sich auf der Freewinds einzuschiffen, um sie dem Einfluss ihrer Mutter zu entziehen. «Man sagte mir, es sei nur für zwei Wochen», erinnert sich Valeska. Bei ihrer Ankunft an Bord zeigt sie Widerstand. Sie bezahlt dafür, man teilt ihr harte Arbeiten zu und überwacht sie ständig. «Ich musste für den Schiffsunterhalt arbeiten und dann im Restaurant servieren. Ich arbeitete jeden Tag für 50 Dollar die Woche. Ich konnte das Schiff nur unter Begleitung verlassen und musste eine Erlaubnis einholen für jeden Ruhetag.» Manchmal, sagt sie, habe sie versucht, sich aufzulehnen. Aber Flucht war unmöglich: «Man hatte mir meinen Pass weggenommen, ich hatte kein Bankkonto. Ich war mitten im Nirgendwo, mit einem Wächter, der das Schiff überwachte. Ich wusste nicht, wo meine Eltern waren. Ich hätte nicht gewusst, wohin.» In der «Rehabilitation» lernt sie ihren Mann kennen Die Rettung kam durch ihre wiederholten Gehorsamsverweigerungen. Im Dezember 2007 schickte man sie nach Australien in einen «Rehabilitationsaufenthalt». Dort lernte sie ihren jetzigen Mann Chris kennen. «Wir haben heimlich geheiratet, im März 2009. Einen Monat später haben wir Scientology verlassen.» Heute lebt sie in Australien mit ihrem Mann und ihrem kleinen Jungen. Entschlossener denn je, die Öffentlichkeit über ihre Vergangenheit als «Sklavin» aufzuklären. Sie ist sich auch bewusst, dass ihr Zeugenbericht schwer wiegen kann in Prozessen gegen Scientology in Australien und Frankreich. Die Verantwortlichen der Organisation bemühen sich allerdings, ihre Aussagen herunterzuspielen. «Das ist ein Einzelfall», meint die Scientology-Sprecherin für die Westschweiz, Francine Bielawski. Ein Einzelfall, wirklich? Die Präsidentin des Interkantonalen Informationszentrums zu Glaubensfragen (CIC), Brigitte Knobel, weist darauf hin, dass weitere Fälle von Zwangsarbeit bei Scientology «der Justiz zur Kenntnis gebracht wurden». Valeska ist überzeugt, dass andere Gleiches erlebt haben. «Und ich werde alles tun, damit dies bekannt wird.»
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La vie de Mylène (France-Culture, "les pieds sur Terre" - 20 octobre 2008) Entre
l'Afrique du Sud, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, Mylène a passé une vingtaine d'années au sein de l'Eglise de scientologie, occupant des postes à responsabilité (membre de la Sea-Org). Si elle a fini par en partir, ses enfants, aujourd'hui adultes, y sont encore et ont coupé tous liens avec elle. Mylène a attendu 10 ans avant d'oser témoigner de son calvaire en scientologie. Nos autorités doivent mettre fin à de tels abus |
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Exposing Scientology through streaming video Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent. |
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