- UNE
PROCHE DE RON HUBBARD TÉMOIGNE
-
- Document
fourni par :
- Aktions-Bildungs
Information
- Alte
Poststrasse 5 7000 Stuttgart 1
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- Traduction
française par l'AVDS
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- S.G.
a travaillé pendant un an, de janvier à décembre
1979, comme secrétaire de marketing sous les ordres
directs de Ron Hubbard. Puisse ce témoignage
faire disparaître le dernier voile de mystère sur
cette "Eglise" de scientologie qui
depuis plus de 25 ans défie les Droits de l'Homme
et notre système démocratique. Mais la scientologie n'est-elle
pas un avant-poste de l'ultra libéralisme étasunien ?
(Le Gravis, le 2 août 2005)
- Cours
de communication et
premières manipulations de la scientologie
-
- C'est
en octobre 1977 que j'ai été initiée à la scientologie.
Je m'étais alors rendue à New York pour suivre un
cours de communication. Le "registrar"
(un euphémisme pour "vendeur") s'appelait
Jerry Indursky. Il me dit que je manquais de confiance
en moi et que je ne savais pas bien me mettre en
valeur, que la scientologie résoudrait mon problème
et que je sortirais du cours en personne heureuse
et pleine de succès.
-
- J'appris
plus tard que toute personne qui s'intéresse au
cours de communication ou fait le "test de
personnalité" s'entend dire qu'elle a quelque
part un grand problème. Les scientologues appellent
cela "ruine". Tout un chacun, qu'il
ait un problème ou non, est amené à croire que le
cours de communication fera disparaître sa "ruine".
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- Cette
façon standardisée de procéder est ordonnée et autorisée
par Ron Hubbard; elle est appliquée de routine par
les scientologues dans leur "drill de dissémination",
un procédé qui vise à "trouver la ruine".
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- Une
fois que la personne concernée s'est inscrite au
cours de communication, on lui explique que d'autres
cours - et aussi "l'audition"
- sont nécessaires. Dès le début, on insistera sur
ce point.
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- Les
scientologues sont tenus de vendre des cours et
des livres. Ils doivent aussi convaincre les gens
qu'ils ont besoin d'audition. Lorsqu'une personne
n'a pas assez d'argent pour s'offrir des heures
d'audition, ni même des cours ou des livres, elle
doit être amenée à devenir membre du personnel ("staff")
et à travailler pour la scientologie. On lui promet
alors un salaire confortable, ce qui est faux. L'intéressé
travaillera 50 à 60 heures par semaine et ne gagnera
que quelques francs par heure. Cette façon de procéder
s'applique partout, dans chaque "église"
de scientologie.
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- Le
"registrar" me présenta au responsable
du cours de communication. Ce dernier s'entretint
un moment avec moi et me demanda ce que je pensais
de la scientologie. Lorsque je lui dis que je doutais
fort pouvoir tirer quelque profit du cours, il manifesta
une certaine irritation. Car, selon la scientologie,
le cours de communication permet d'obtenir les résultats
suivants : meilleure carrière professionnelle, meilleures
relations avec son entourage, plus grande confiance
en soi et attitude plus assurée (chose qui me manquait
effectivement).
- Harcèlement
pour que je devienne membre du personnel
-
- Durant
le cours de communication, les scientologues de
New York commencèrent à me harceler pour que je
devienne membre du personnel. Le "registrar",
Jerry , voulait que je m'entraîne pour le "drill
de dissémination" afin que je puisse vendre
le cours de communication. Puis le superviseur du
cours, Bart Dobin, se mit aussi à exercer des pressions
sur moi. Mais je n'avais aucunement l'intention
de me joindre au "staff".
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- Mon
métier de styliste de mode m'absorbait entièrement.
A l'époque, j'étais responsable d'un atelier de
chapeaux. Je n'avais pas encore achevé ma formation
et suivais des cours à l'Institut de stylisme de
mode. Le soir, je prenais des cours de ballet. Le
ballet avait sur moi un effet bénéfique et relaxant;
c'était un moyen d'expression que j'appréciais beaucoup.
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- Depuis
que j'étais entrée en scientologie, je n'avais plus
le temps, ni l'argent ni la force, de continuer
mes cours de danse. J'expliquai aux scientologues
de NewYork qu'il m'était impossible de travailler
50 à 60 heures par semaine pour eux (on exige d'un
membre du personnel qu'il fournisse un minimum de
50 heures de travail par semaine). Les scientologues
n'acceptèrent pas cette réponse.
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- Le
superviseur du cours et plusieurs autres personnes
firent tout pour me convaincre. Comme je n'en voulais
rien, ils essayèrent un truc bien connu. Un des
hommes m'entraîna avec lui pour aller faire un tour
dehors. Je crois que le but final de l'exercice
était de m'amener dans son lit pour me persuader
sur l'oreiller. (C'est la tactique du "no clothes-close",
pratiquée aussi par les "registrars" de
la scientologie).
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- Quelques
jours après, je rendis visite à mes deux frères
à Boston. Ils me poussèrent à devenir membre du
staff à Boston. Je promis de me joindre à eux lorsque
j'aurai achevé ma formation à l'Institut de stylisme
de mode. Ils m'accusèrent d'être matérialiste et
d'avoir un comportement petit-bourgeois. Les "registrars"
et plusieurs autres membres du personnel insistèrent
pour que je laisse tomber mon école et vienne immédiatement
travailler avec eux.
- Des
promesses "bulles de savon"
-
- J'avais
enfin terminé le cours de communication. Je fus
alors amenée chez un des "registrars",
une femme en l'occurrence. Elle me dit qu'un "registrar"
était ordinairement "clair"
(un état auquel on accède après beaucoup d'heures
d'audition).
Elle m'expliqua les différents niveaux de conscience
qu'on peut atteindre à travers la scientologie,
connus sous le nom de "Grade Chart" (échelle
des grades). Contre le mur derrière elle, il y avait
un grand tableau indiquant tous ces niveaux jusqu'au
sommet. Lorsqu'une personne avait parcouru toutes
ces étapes jusqu'au sommet, ainsi qu'elle l'avait
fait elle-même, elle était libérée de tous ses problèmes,
tenait les choses en main et disposait de nombreux
avantages, par exemple : faire arriver les trains
plus tard lorsqu'elle était en retard, recevoir
de ses proches les choses qu'elle désirait réellement
recevoir, cela sans avoir à les demander, etc. Ces
promesses me parurent très séduisantes. Je m'inscrivis
alors pour le "Hubbard Qualified Scientologist
Course" (cours Hubbard de scientologue qualifié),
qui coûtait 200 dollars.
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- Quelques
semaines plus tard, je fis la connaissance d'un
membre féminin de la "Sea Org" (organisation
faîtière de la scientologie). Elle m'invita dans
son bureau pour une "conversation". Après
une demi-heure d'entretien, elle réussit à me persuader
de m'enrôler dans la "Sea-Org". Quelques
jours après, elle me fixa rendez-vous dans un restaurant
à New-York. Et c'est là que je signai - entourée
par plusieurs membres de la Sea-Org - un contrat
pour "un milliard d'années" .
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- J'ai
alors renoncé à terminer ma formation de styliste
de mode et abandonné mon métier. Pour me consacrer
entièrement à la scientologie.
- Le
EPF : mes premières corvées
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- Les
scientologues m'envoyèrent dans le "E.P.F."
(Estates Project Force - Equipe de Nettoyage). Je
fus logée dans une petite pièce réservée aux femmes;
il y avait là une vingtaine de couchettes superposées,
en métal, comme dans l'armée. Je devais travailler
de 7 heures du matin jusque tard dans la nuit. Je
n'avais droit à aucune pause. Je faisais la cuisine
et nettoyais la vaisselle. Le soir, je m'occupais
des enfants des membres de la Sea-Org, soit 12 à
15 gosses qui ne disposaient que d'une petite pièce.
Les chambres, les cuisines, les salles de bain et,
surtout, le logement des enfants, étaient très sales.
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- Dans
une des pièces du bâtiment vivaient trois couples
et deux enfants; la pièce était divisée en compartiments
par des parois de fortune constituées de couvertures
et de panneaux de bois aggloméré.
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- Durant
la semaine où j'étais entrée dans la Sea-Org, toute
l'équipe était frappée par une épidémie de grippe.
Quelqu'un déclara que la cuisine était contaminée
et l'ordre fut donné de la désinfecter. J'y travaillai
sur l'heure avec trois autres. La
cuisine était pleine de cancrelats.
Il fallut frotter et gratter les sols pour en enlever
la saleté.
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- Pendant
6 mois, je dus faire des travaux de cuisine et de
nettoyage, m'occuper des enfants, faire les achats
et apporter les repas sur la table. Je recevais
entre 150 et 200 dollars par semaine pour nourrir
60 personnes.
- Les
lettres signées par Ron Hubbard sont des
faux
-
- Puis
je fus mutée dans la "SO 1 Unit" (Unité
1 de la Sea-Org). Il
s'agissait d'un service chargé de s'occuper de la
correspondance personnelle de Ron Hubbard. Conformément
au "Standing Order No 1" (ordre
permanent no 1), toute la correspondance doit être
transmise à Hubbard, et il y répond personnellement.
C'est un mensonge éhonté.
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- Je
faisais partie de ceux qui répondaient à sa correspondance;
d'autres reproduisaient sa signature. Nous recevions
des lettres de tous les coins du monde - à peu près
300 par semaine. Personne en dehors de ce service
- à l'exception du "Commodore's Messenger Org"
(équipe de serviteurs personnels de Hubbard) - n'est
au courant de ces procédés. Chacun croit que Hubbard
correspond à son image de marque, qu'il répond personnellement
à son courrier.
- L'Executive
Training Department
-
- Au
bout de 6 mois, je fus affectée au "Executive
Training Department" (section de formation
pour le personnel supérieur). Je commençai cette
formation en novembre 1978. Je suivais le "Organization
Executive Course" (cours pour cadres supérieurs)
depuis 2 mois lorsque Hubbard décida que la formation
reçue était suffisante (quand
même nous n'avions même pas parcouru la moitié du
programme) et
nous ordonna de le rejoindre.
-
- Il
s'avéra que j'étais la seule personne qui s'était
qualifiée comme étant digne de confiance. On me
demanda d'écrire une "Life Story" (histoire
de ma vie). Je dus rapporter les événements les
plus personnels et les plus intimes dans les moindres
détails. J'appris plus tard que ces documents étaient
utilisés comme moyen de chantage pour étouffer toute
rébellion.
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- Vers
Noël 1978, je décidai d'aller rendre visite à ma
famille à New Jersey. Les scientologues me préparèrent
des réponses programmées pour le cas où des non-scientologues
me poseraient des questions. Deux semaines avant
mon départ, je fus drillée sur ce que je devais
dire et comment je devais me comporter avec mes
parents. Cela parce que mes parents avaient menacé
de me "déprogrammer". Le "Flag Guardian's
Office - service de police de
la scientologie - est bien renseigné sur les méthodes
de "déprogrammation"; je fus donc largement
instruite de ce à quoi je devais m'attendre de la
part de mes parents.
- La
base secrète de Ron Hubbard
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- A
mon retour, j'appris que j'irais dans la "Special
Unit" (unité spéciale),
un nom de code pour désigner le lieu où réside Hubbard.
Ce
dernier avait quitté Clearwater (Floride) en 1976,
et une autre base avait été installée à La Quinta,
dans les environs d'Indio, en Californie.
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- A
la fin de janvier 1979, je partis pour la "Special
Unit". Je faisais alors partie du personnel
de Flag, à Clearwater en Floride. Les scientologues
procédèrent à de longues vérifications de sécurité
et des contrôles de toutes sortes pour s'assurer
de ma loyauté. Après quoi, je fus mise dans un avion
à destination de Los Angeles. L'itinéraire entre
Clearwater et la "Special Unit" était
très compliqué et comprenait de nombreux détours
pour éviter toute filature. Il fallut changer plusieurs
fois d'avion, utiliser des noms codés, des signaux
et des mots de passe.
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- Lorsque
j'arrivai à la "Special Unit", elle était
encore stationnée à la Quinta, dans les environs
d'Indio, en Californie. J'appris qu'il y avait une
autre base 160 km au sud d'Indio, mais je n'en sus
le nom qu'après un certain temps. A cette époque,
Indio servait de quartier d'hiver et Gilman de quartier
d'été.
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- Au
bout de 2 mois, nous dûmes nous déplacer à Gilman
Hot Springs en raison d'une publicité négative.
Un couple - les Hartwells était devenu hostile
à la scientologie et avait alerté la presse et les
médias.
-
- Jusqu'alors, Hubbard avait réussi à camoufler
ses activités à La Quinta. Mais, une fois qu'elles
eurent été dévoilées par les Hartwells, Hubbard
craignit d'avoir des ennuis et se replia sur Gilman
Hot Springs.
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- A
Gilman Hot Springs, la scientologie avait acquis
un terrain de golf et les bâtiments annexes. Cette
propriété avait été baptisée "Hoag
Scholarship Foundation" (Fondation d'enseignement
Hoag). Elle était supposée appartenir à un juriste
dénommé Hoag, qui en aurait fait une fondation pour
l'enseignement de l'artisanat. Hubbard se servait
de ce camouflage pour soustraire ses activités aux
yeux du public.
- Hubbard ne s'intéressait qu'à l'argent
-
- Ma
tâche consistait à lire chaque proposition de directives,
chaque programme ou projet concernant les divers
niveaux du management. J'étais également au courant
de la structure de base de chaque organisation de
scientologie, aux Etats-Unis et dans le monde entier.
Tous les télex destinés à Hubbard passaient entre
mes mains. Bien que Hubbard s'était retiré officiellement
de la scientologie,
il la dirigeait activement depuis Gilman Hot Springs.
Il le faisait encore lorsque je sortis de l'organisation
en décembre 1979.
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- En
Californie, j'ai rempli diverses fonctions au service
de Hubbard et de la scientologie. Comme secrétaire
de marketing, j'avais
pour tâche de déterminer ce que désirait le public
et de le lui présenter dans un emballage de la scientologie;
je devais alors diffuser des programmes et des cours
qui prétendaient répondre aux besoins du public.
Comme chef d'édition internationale, je devais examiner tous
les projets de directives et les nouveaux programmes;
Hubbard donnait alors son accord ou refusait ce
qui lui était soumis. (actuellement '"International
Issue Authority" est le responsable de l'acceptation
des publications scientologiques, c'est le "chef
de l'imprimatur",ndlt)
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- Afin
d'être efficace dans l'accomplissement de mes tâches,
je devais lire un grand nombre de télex et de documents
confidentiels. J'étais régulièrement en contact
avec Hubbard et je fis la constatation suivante:
Hubbard ne s'intéressait qu'à l'argent ! Chaque jeudi,
il recevait des télex du monde entier. Ces télex
indiquaient les statistiques de la semaine pour
chaque organisation, partout dans le monde. (Les
statistiques sont les recettes provenant de la
vente des livres, des cours, des heures d'audition,
etc.). Si le chiffre d'affaires se trouvait au-dessous
d'un certain niveau, Hubbard était furieux.
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- Une
fois que le chiffre d'affaires à Clearwater (Floride)
était tombé au-dessous de 500'000 dollars pour la
semaine, il ordonna de soumettre tous les membres
du personnel à un régime de riz et haricots matin,
midi et soir. Personne n'avait le droit d'annuler
cet ordre. Finalement, le chiffre d'affaires remonta
à 1'000'000 dollars par semaine, et les membres
du personnel purent à nouveau manger normalement.
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- Hubbard
inventait chaque nouveau truc de vente et me donnait
des instructions dans le sens souhaité. En voici
un exemple :
- Il
faut effectuer des enquêtes auprès du public pour
trouver ce qu'il veut. Lorsqu'on sait ce que le
public veut, on lui dit que la scientologie peut
couvrir ce besoin. C'est une chose à répéter autant
de fois que nécessaire. On ne vendra jamais rien
au public lorsqu'on ne sait pas ce qu'il veut.
- On
prend un cours de scientologie existant et on le
divise en plusieurs parties. On vend ensuite chacune
de ces parties séparément, ce qui rapporte plus
d'argent que le cours initial.
- Lorsqu'on
élargit un cours, sans en étendre le contenu, on
se fait plus d'argent. On triple les recettes sans
offrir quoi que ce soit de plus.
- Le
plus vieux truc est de diviser un cours en deux
et de vendre chaque partie plus cher que le cours
initial. De cette façon, on encaisse davantage sans
donner davantage.
- Hubbard
ne parlait jamais de la scientologie comme d'une
religion
-
- Hubbard
ne parlait jamais de la scientologie comme d'une
religion. J'appris que la scientologie devait être
présentée comme une religion pour satisfaire à
certaines exigences légales. Hubbard faisait beaucoup
de remarques dénigrantes sur les gens qui croyaient
avoir vécu sur d'autres planètes. Et pourtant, la
croyance en des vies antérieures extra-terrestres
faisait partie de sa doctrine officielle. Hubbard
ne parlait jamais d'autre chose que d'argent.
-
- Je
peux confirmer que la scientologie fonctionne comme
une entreprise à but lucratif. "Faites de
l'argent !", c'était le seul ordre que nous
recevions effectivement de Hubbard.
- Structure totalitaire et intimidation des opposants
-
- En
raison du poste que j'occupais, j'ai encore appris
les choses suivantes :
-
- "L'Eglise"
s'est constituée il y a environ 20 ans en regroupant
les diverses petites unités (organisations) de scientologie.
Le "Guardian's
Office "(bureau du gardien /remplacé aujourd'hui
par OSA : l'office
des affaires spéciales) a pour fonction
de rassembler des informations sur les adversaires
de la scientologie; il effectue des opérations secrètes
en vue d'intimider les opposants, de les importuner
et de les anéantir. Hubbard dirige le "Guardian's
Office '" au niveau international.
-
- "Flag
representative network" (réseau des représentants
de Flag) a
pour tâche de s'assurer que les directives et les
programmes de Hubbard sont exécutés de manière uniforme
par toutes les organisations locales, aux Etats-Unis
et dans le monde entier. En cas de difficulté, le
représentant de Flag peut remplacer immédia- tement
le "Commanding Officer" (directeur) d'une
organisation locale.
-
- Tous
les ordres et directives de la scientologie sont
transmis par le "International Board"
(comité interna- tional). Cette désignation est une
pure et simple fantaisie. Il n'existe pas de tel
comité.
-
- Les
ordres et directives viennent de Hubbard ou de son
personnel dirigeant, qui les soumet à son appro-
bation.
Hubbard a créé un "Watch Dog Committee"
(comité de chiens de garde), composé de membres
de son équipe de serviteurs et messagers personnels,
pour examiner les directives et programmes proposés
par le personnel supérieur. Mais c'est toujours
Hubbard qui, en dernier ressort, accepte ou refuse
les projets. "L'Eglise" de scientologie
de Californie passe pour être l'organisation-mère.
-
- La
structure réelle de la scientologie se réalise à
travers plusieurs réseaux. Tous les ordres et communi-
cations
partent du sommet, sont transmis par les divers
chefs de réseau jusqu'à la base, c'est-à-dire jusqu'aux
"églises" locales. Tous les programmes,
bulletins et directives sont diffusés sans exception
de cette façon. Il existe un ordre absolu de Hubbard,
selon lequel les "églises" locales ne
doivent en aucun cas élaborer elles-mêmes des directives
ou des programmes. Grâce au réseau très complexe
développé par lui, Hubbard dirige l'ensemble des
activités de toute l'entreprise.
-
- Hubbard
a créé la "Commodore's Messenger Org"
(organisation des messagers du Commodore; "commodore"
est le titre que Hubbard s'est attribué); il s'agit
d'une équipe de serviteurs et de messagers personnels,
chargés d'exécuter ses ordres.
-
- Dans
chaque "église", il y a une unité appelée
"Bureau de LRH" (LRH . L. Ron Hubbard).
Le responsable de ce bureau est un représentant
de Hubbard; il a le pouvoir de reprendre la direction
absolue d'une organisation locale, c'est-à-dire
de passer pardessus le "Commanding Officer"
(directeur), et de faire exécuter tout ordre donné
par Hubbard.
- Enquêtes et
sanctions pour les membres
du personnel
-
- Le
"Guardian's Office"(bureau du gardien)
est une autre représentation de Hubbard dans les
organisations locales. Ce bureau sert de police
interne; il effectue des enquêtes sur les membres
du personnel qui se trouveraient dans l'erreur
et leur inflige des sanctions. C'est un réseau de
plus dans la structure très complexe grâce à laquelle
Hubbard se tient à l'écart des regards du public.
Toutes les directives et tous les programmes sont
mis au point par Hubbard et diffusés par le "Watch
Dog Committee" et la "Commodore's Messenger
Org".
-
- Toutes
les "églises", organisations ou "missions"
sont soumises aux ordres de Hubbard, qui leur sont
transmis par l'intermédiaire du Watch
Dog Committee et de la Commodore's Messenger
Org. Elles doivent appliquer les directives de
Hubbard sans discuter; si elles n'y donnent pas
suite, elles sont déclarées "off policy"
(en dehors des règles) et peuvent perdre leur concession
ou se voir imposer des mesures de discipline très
sévères. Cette politique est absolue. Tout écart
d'une directive donnée est sévèrement puni.
-
- Hubbard
surveille très étroitement chaque niveau d'activité
de la scientologie par l'intermédiaire de diverses
organisations de camouflage,
dont le "Guardian' s Office", le "World
Institute of Scientology Enterprises"
(WISE : Institut mondial des entreprises affiliées
à la scientologie) et le "Mission Office World
Wide" (bureau des missions pour le monde). Toute
autre déclaration est fausse.
-
- Durant la période
du 1er juillet 1979 au 10 décembre 1979, j'ai eu
sous les yeux chaque ordre, chaque directive et
chaque programme concernant le management de la
scientologie, cela depuis le plus haut niveau jusqu'à
chaque "église" locale. Aucun ordre, aucun
programme ne pouvait être exécuté sans avoir été
approuvé à l'échelon où je me trouvais. Hubbard
exigeait une structure uniforme pour chaque "église"
afin de faciliter la direction de l'ensemble.
- Le commerce de la scientologie se pratique de façon
uniforme
-
- J'ai
appris à connaître les activités d'une organisation
typique lorsque je travaillais à la Sea-Org de New
York. Chaque groupe de scientologie
dans le monde entier doit toucher le public et vendre
ses produits afin de pouvoir survivre lui-même.
Le commerce de la scientologie se pratique de façon
uniforme, et les directives données sont appliquées
avec la plus grande exactitude.
-
- Il
existe des directives très précises selon lesquelles
le "test de personnalité" doit être traité.
Tout d'abord, on offre une évaluation gratuite
du test. Après quoi, un scientologue exploite les
résultats et relève certaines faiblesses de caractère.
Les résultats sont représentés sur un graphique,
lequel montre clairement les points faibles de la
personne. On dit alors à l'intéressé qu'il est en
difficulté et qu'il a le plus urgent besoin du cours
de communication ou d'audition, afin de devenir
plus communicatif, plus probe et plus ouvert.
-
- L'idée
de base est de faire en sorte que l'intéressé se
sente si petit qu'il soit prêt à tout entreprendre
pour sauver sa personnalité apparemment sans valeur.
On lui affirme que ses défauts "ruinent"
son existence et que la scientologie peut "manier"
de tels problèmes. On utilise des techniques de
vente très agressives pour obliger la personne à
s'inscrire au premier cours, le cours de communication.
- Ce
que cache le cours de communication de la scientologie
-
- Durant le cours
de communication, les scientologues examinent la
situation financière du nouveau venu. S'il s'avère
qu'il peut s'offrir d'autres cours, on le lui recommande
aussitôt.Si la personne semble aisée, on s'empresse
de lui vendre des heures d'audition.
-
- Les
"registrars" ont un entraînement très
poussé et sont très forts pour démolir les "considérations"
de la personne au sujet des "donations"
qu'il faut faire à la scientologie pour les cours
ou l'audition. Ils s'y connaissent aussi très bien
en matière de crédits et d'hypothèques. Plusieurs
d'entre eux sont de connivence avec d'autres scientologues
qui dirigent des agences de prêts usuraires.
-
- La
croissance et la production de la scientologie sont
mesurées par des "statististiques". Le
rendement de chaque membre du personnel est comptabilisé
par un système de points. Lorsqu'un membre du personnel
ne réussit pas à atteindre le nombre de points voulus,
il encourt des sanctions. La pression pour faire
de l'argent et recruter de nouveaux adeptes est
si grande que beaucoup de recruteurs et de "registrarslf
déploient les efforts les plus incroyables pour
satisfaire aux exigences fixées et maintenir leurs
"statistiques" à un bon niveau.
- Les
finances et statistiques de la scientologie
-
- Les
"églises" de scientologie travaillent
sur la base de deux statistiques principales : les
recettes brutes et les contrats de vente
payés.
-
- Le directeur de chaque "église"
est premier responsable de ces deux statistiques
et pousse ses collaborateurs à les faire monter
chaque semaine. L'accent est mis sur "faire de
l'argent" .
-
- La
première directive de Hubbard que la "Commodore's
Messenger Org" diffuse continuellement et avec
insistance est : "Faites de l'argent, davantage
d'argent, et encore davantage d'argent !"
-
- Hubbard
a introduit une mesure de sécurité qui lui donne
le moyen d'intervenir
immédiatement auprès d'une organisation lorsque
ses recettes tombent au-dessous d'un certain seuil.
Deux réseaux, le "Guardian's. Office";
et
le "Finance Banking Offices" (bureaux
des finances) reprennent le commandement de l'organisation,
ce qui permet
â Hubbard de disposer d'un canal direct de communication
et de direction jusqu'au moment où les recettes
de l'organisation remontent. Ce système est connu
sous le nom de "financial dictatorship" (dictature
financière).
-
- Chaque
organisation a un "compte de réserves"
sur lequel elle verse chaque semaine le 10 % de
ses recettes brutes, mais il ne lui est pas permis
d'utiliser ces fonds. Hubbard contrôle les "comptes
de réserves" par l'intermédiaire du "International
Management" en Californie. Seuls des membres-clés
du personnel, mandatés par Hubbard, peuvent prélever
des fonds sur ces comptes.
-
- La
répartition du reste des recettes brutes se fait
comme suit:
-
- 10
% pour "Flag Management" et 15 % pour
le fonds de défense du "Guardian Office World
Wide". Ce qui reste sert à couvrir les besoins
des organisations locales. J'ai lu une fois un projet
où Hubbard disait que les organisations ne devraient
jamais être autorisées à utiliser l'argent des
comptes de réserves.
- Confessions
utilisées comme instrument de chantage
-
- Le
"crime culling" (recherche des crimes)
est une autre pratique très répandue chez les scientologues.
Il s'agit là d'un examen soigneux des dossiers d'audition
en vue de réunir toutes les confidences pénibles,
dégradantes ou humiliantes qu'une personne a pu
faire
durant ses séances d'audition. Si la personne tente
d'élever des critiques contre la scientologie, on
la menace de révéler tout ce qu'on a découvert à
son propos.
-
- J'ai participé à cette pratique
en
Californie. Max Goodman, "director of inspections
and reports" (directeur
des inspections et des rapports), m'a chargée d'examiner
un dossier en vue d'y trouver des informations pénibles.
Je fus priée de chercher du côté des "tendances
homosexuelles, sévices sur des enfants, délits ou
crimes, relations de famille anormales ou toute
autre chose qui ne plairait pas à l'intéressé si
cela se savait".
-
- Je passai le dossier au peigne
fin et y relevai plusieurs faits pénibles et humiliants.
Mon supérieur m'avisa que ces renseignements seraient
utilisés pour faire taire un certain John X. et
l'empêcher de révéler quoi que ce soit sur la scientologie.
-
-
De façon générale, ce type de travail est effectué
par le "Guardian's Office", mais je fus
affectée à cette tâche pour me punir de quelque
faute que j'avais commise.
-
- Ce
qui est dit ci-dessus sert seulement à résumer quelques
faits et pratiques qui me sont connus. Ce texte
ne contient aucune énumération détaillée des mauvais
procédés dont j'ai été victime ni des promesses
qui m'ont été faites.
-
- J'ai
signé la présente déclaration en sachant que je
m'expose à une
sanction pénale au cas où j'aurais menti. Les faits
dont j'ai été personnellement témoin sont vrais.
Je tiens en toute conscience pour vrais ceux dont
je n'ai pas été personnellement témoin. Les dates
indiquées peuvent présenter quelques inexactitudes,
car elles ont été données de mémoire pour une période
d'environ deux ans. Je me suis efforcée de me les
rappeler au plus près de mon souvenir.
-
- Le
7 mars 1980
- Signé:
S.G.
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