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TEMOIGNAGE
DE JESSE PRINCE
- Témoignage
de l'un
des dix principaux dirigeants de la scientologie des années 80.
- Membre du Conseil d'Administration et
Trésorier du Religius Technology Center
(RTC)
-
- Mon
parcours en scientologie
-
- Je soussigné, Jesse Prince, déclare ce qui
suit
-
- 1. J'ai plus de dix-huit ans et j'habite
actuellement dans le Minnesota, Comté de Hennepin. Cette déclaration est faite
en vertu de mon savoir personnel et si l'on me demande de témoigner sur les
faits ci-après, je le pourrai et serai en mesure de le faire avec
compétence.
-
- Je suis tout à fait familiarisé avec
l'organisation, le mouvement et les croyances scientologiques du fait que j'y
suis resté durant seize ans (1976-1992) et que j'y ai servi aux postes les plus
importants, y compris second du RTC - Centre de Technologie Religieuse
[direction globale de la scientologie, ndt]. J'étais alors "Député Inspecteur Général
Externe", ce qui veut dire que j'avais la responsabilité de toutes les activités
hors du corps scientologue proprement dit. Cela comprend tout litige de la part
ou contre toute organisation scientologique, le renseignement (espionnage,
opérations cachées) contre tout "ennemi" perçu ou imaginaire (ce qui va des
critiques aux médias et aux tribunaux), les enregistrements des droits d'auteur,
le fait de licencier ces droits et marques à d'autres organisations
scientologiques - ce qui constituait la manière de contrôler au plus près toutes
les entités légales scientologiques tout en créant une fausse impression
d'intégrité des divers corps.
- Violations
de la loi
3. Il incombe à tout tribunal ainsi qu'aux
autorités de bien réaliser la masse de tromperie, chicanerie, mensonge,
manipu- lation et criminalité pure et simple qu'emploiera la scientologie pour
cacher les faits mêmes de ses crimes. Ils y dépen- seront autant d'argent qu'il le
faudra : je le sais pour en avoir fait partie des années durant. J'ai reçu des
ordres de violer la loi. J'ai donné des ordres qu'on viole la loi. J'ai fait
violer les lois à d'autres, puis je les ai aidés à camoufler ces activités
criminelles exactement de la façon dont ils le font.
4. Cette tactique est en réalité l'une des
plus coercitives utilisées par la hiérarchie scientologique : impliquer ses
membres dans des actes criminels pour lesquels ils peuvent être poursuivis, ce
qui les empêche dès lors de parler. Même lorsque l'adepte réussit à fuir, il
craindra de parler en justice ou aux officiels, ayant lui-même participé à ces
crimes. En outre, l'organisation use de tactiques maffieuses pour menacer tout
ancien membre, au cas où la hiérarchie craint son témoi- gnage. Si l'ex-membre
parle, l'organisation prétendra ne rien savoir et accusera l'individu, le
qualifiant de criminel alors que cette personne n'a rien fait d'autre que suivre
les ordres en raison de la pression exercée.
5. Les membres de la scientologie sont
poussés à confesser des actes qui, même s'ils ne sont pas carrément criminels,
sont génants et pourraient détruire son emploi, son mariage ou sa profession.
Exemples: vol dans les magasins, adultère, masturbation, usage de drogue. On
exige que l'adepte écrive ces faits de sa main, sous prétexte de "confession
religieuse", soi-disant pour le "bien" de cette personne. Ces "confessions" sont
conservées aux fins de chantage et extorsion, au cas où le membre parlerait. On
le force aussi à signer des documents l'impliquant personnellement tout en
protégeant l'organisation, au cas où l'adepte s'en irait et oserait parler. Je
le sais pour l'avoir vu faire à d'autres, pour l'avoir moi-même demandé à
d'autres, et pour l'avoir fait moi-même. C'est pourquoi je demande
respectueusement à ce tribunal de reconnaître les tactiques scientologues et de
les traîter pour ce qu'elles sont : tromperie criminelle afin de leurrer le
tribunal à n'importe quel prix.
- Peur
de témoigner
6. J'ai fui la scientologie depuis cinq ans,
je me suis tu, car je voulais me recréer une existence différente, loin de leur
contrôle obsessionnel, et il m'a fallu rassembler beaucoup de force pour y
parvenir. Il y a une quinzaine, j'ai voulu savoir ce qu'il advenait du monde
scientologue et me suis servi d'Internet pour enquêter. J'ai été très surpris
d'y découvrir d'anciens amis ayant également quitté la secte, et les conflits en
cours devant les tribunaux. J'ai contacté l'une de ces amies (Stacy Young) qui
fut très proche dans la secte des années durant; elle m'a raconté ce qui se
passait, en particulier tous les anciens membres dévoués à faire connaître les
abus et la criminalité.
7. Ayant été au coeur des affaires, elle m'a
mis en contact avec l'avocat Dan Liepold de Santa Ana, Californie; je lui ai
rendu visite. Après avoir parlé à Me Leipold et à d'autres, je me suis rendu
compte que ce niveau de tromperie criminelle ne pouvait se perpétuer sans
rencontrer d'opposition. Je ne pouvais plus me taire, quel que soit le
terrorisme exercé. J'ai offert au Tribunal de démontrer comment la scientologie
fonctionne vis à vis des marques , des droits d'auteur et des tribunaux.
J'encours donc le risque d'une campagne de haine de la part que cette
pseudo-religion lancera contre moi, comme elle le fit à l'encontre d'autres
gens, y compris des juges.
- Engagement
dans la sea-org
8.
Commençons par quelques informations sur
mon passé de scientologue. J'ai rencontré la scientologie en septembre 1976 à
San Francisco. Fin 76, je me suis engagé dans le coprs para-militaire d'élite
connus sous le nom de 'Sea Org' (organisation maritime). La Sea Org est le coeur
même de l'empire scientologue. Le personnel Sea Org a plein pouvoir pour prendre
le coçntrôle de toute organisation scientologique et d'en démettre du personnel,
d'en modifier les comptes bancaires, et de faire fonctionner cette organisation
comme si les employés Sea Org s'y trouvaient employés ou en étaient fondés de
pouvoir, alors qu'ils ne le sont pas.
Cela se produit lorsque l'organisation fait partie
de "L'Eglise de Scientologie", ou qu'il s'agit d'une zone séculière (laïque)
telle que Bridge Publications. Ceci n'est possible qu'en raison du fait que le
seul personnel admis à encadrer ces organisa- tions se compose de ceux qui sont
pleinement d'accord sur le fait que la Sea Org est l'organisation de
commandement suprème. Ce procédé d'élimination garantit qu'il n'y aura pas de
cadres résistant ou protégeant l'intégrité de leur affaire. C'est ainsi que la
Sea Org peut impunément opérer et continuer à se déclarer "organisation
confraternelle" - à la manière de la Cosa Nostra.
9. Avant mon recrutement au RTC (Centre de
Technologie religieuse) en 1982, j'ai surtout exercé au moyen des techniques
scientologiques, techniques codifiées qui sont utilisées dans l'organisation.
Ceci m'a considérablement familiarisé avec le matériau, dont l'essentiel est
l'oeuvre du fondateur de la scientologie, L. Ron Hubbard. C'est cette expertise
qui m'a fait choisir pour tenir un poste au sein du RTC.
10. On m'a transféré alors aux "Golden Era
Studios", près de Hemet, Californie, où j'ai alors habité et travaillé. C'est
aussi appelé "Gold" ou "La Base". La présence de RTC est tout à fait connue à
Gold, mais tout y est caché aux gens qui n'en font pas partie, afin que Gold
semble n'être qu'un studio de production, alors qu'il ne s'agit que d'une façade
destinée à protéger et cacher la structure véritable de pouvoir de la
scientologie, pour qu'on ne puisse lui délivrer d'assignations à comparaître.
(Le système de sécurité convient tout à fait à une organisation militaire
ultra-secrète, avec des détecteurs de mouvement, des senseurs enterrés, des
caméras haute vitesse, des caméras avec vision de nuit, des gardes à moto, des
barbelés qui détectent tout mouvement, etc).
RTC était à l'époque l'organisation la plus
puissante, la plus élevée dans la hiérarchie et la plus influente des
organisations scientologues. Tous ses membres étaient membres de la Sea Org. De
ce fait, nous étions l'élite de la Base.
- Contrainte
pour signer une lettre de démission
11. En Mars 1983, je devins Député Inspecteur
Général Extérieur, membre du Conseil d'Administration de RTC et Trésorier.
(Uniques autres membres : Warren Mc Shane, secrétaire, Vicky Aznaran, Présidente
à l'époque). Lorsque l'on m'a nommé membre de RTC, j'ai dû signer une lettre de
démission non datée. C'est une pratique normale pour tous les membres de
Conseils scientologues, constituant un autre moyen destiné à contrôler les
corporations scientologiques tout en leur laissant une apparence d'intégrité
légale.
12. A ce poste, j'ai voyagé aux USA et à
l'étranger pour le compte du RTC. Je suis allé en Allemagne, Italie, Australie,
Royaume-Uni, Danemark, Mexique et Canada, parfois à plusieurs reprises. Ces
voyages avaient pour but de créer des infrastructures servant d'interface avec
le RTC en matière de marques commerciales. Je suis donc familiarisé avec la loi
dans chacun de ces pays, où je me suis entretenu avec des cabinets d'avocats
dont j'approuvais les documents, et j'y ai placé du personnel en mesure de faire
les rapports au RTC, personnel servant de représentant sur place dans les
affaires légales etc.
- Emprisonnement
13. Lorsqu'Hubbard mourut en 1986, il y eut
un lutte de pouvoir au sein de la scientologie durant quelques 18 mois, ayant
pour effet l'expulsion de l'assistant d'Hubbard le plus puissant alors, Pat
Broeker.
Le pouvoir fut pris par David Miscavige qui purgea alors l'organisation
de tous ceux qui étaient amis de Pat Broeker. A mi-87, on m'ôta de mon poste et
on m'emprisonna à "Happy Valley", propriété de l'organisation située quelques
kms à l'Ouest de Gold, largement dans l'enclave de la Réserve Indienne de
Soboba.
Je suppose que la résignation que j'avais écrite lors de ma nomination
au Conseil d'Administration fut alors utilisée pour faire croire que j'avais
démissionné, alors que ce n'était pas le cas. Quelques mois plus tard, il était
décidé que je m'enfuirais, on me donna diverses tâches à Gold, mais sous bonne
garde. Je touchais la paye ordinaire de la Sea Org, 140 F par seminae
(24$).
14. Il me faut clairifier pourquoi j'ai (ou
d'autres ont) toléré un tel traitement aussi longtemps. L'aptitude à supporter
des conditions et un traîtement aussi abusif fait partie d'une des exigences les
plus nettes dans la Sea Org et du RTC. Nous étions sélectionnés et promus en
raison de notre loyauté et tolérance démontrées jour après jour. C'est
l'aptitude d'un membre de la Sea Org à recevoir les ordres, les éxécuter,
tolérer des conditions dégradantes pour l'être qui donne de la valeur vis à vis
des supérieurs et du système. C'est pourquoi on m'a promu aussi haut, pourquoi
j'en ai toléré davantage encore. Si je revois ceci, je ne peux croire que j'ai
réellement supporté un tel avilissement, une tel abus, et à quel point je me
suis trompé sur ce qui était bon pour moi et pour les autres.
- Contrainte
pour avorter
- Désir
de partir
15. Fin 1991, ma femme Monika tomba
enceinte. Malgré notre exaltation à cette idée, on lui ordonna de se faire
avorter: en effet, on n'autorise pas les membres de la Sea Org à avoir des
enfants. cet ordre nous désespéra tous deux. Notre dévouement à la Sea Org était
en complète contradiction avec notre désir d'avoir un enfant. En dépit de notre
cauchemar et de ma résistance à cet ordre, cela fut fait. Monika fut totalement
abattue par le contrecoup de ce qu'elle subissait, et c'est alors qu'elle
m'annonça son désir de partir. Nous fuîmes, avec l'organisation à nos trousses
cherchant à nous récupérer. Ils y parvinrent et nous convainquirent de revenir
afin que nous "partions convenablement".
16. Dès que nous fûmes à nouveau derrière les
barbelés et les gardes, c'est sous la menace de ne plus revoir son père et sa
soeur (également membres de la Sea Org) que Monika dût signer certains
documents.
- Coupure
des relations familiales
17. Voilà donc une autre méthode de pression
que cache l'organisation. Tout comme dans les états policiers, elle peut
ordonner et imposer à ses membres de ne plus avoir de relations familiales,
voire, de se retourner contre la famille. Monika et moi savions que si elle le
dsirait, l'organisation pourrait la tenir à l'écart de son père et de sa soeur
(grâce aux contrôle exercé sur eux), si bien qu'elle ne pourrait plus les voir
ni leur rendre visite. Ceci s'appelle "déconnection" en scientologie Nous avons
accepté de signer les papiers et avons pu partir.
18. Le 26 juillet 1998, l'un des avocats de
la secte expédia un long fax à Dan Liepold, pour m'obliger au silence; ce
n'était pas leur première menace voilée à mon encontre. L'avocat de la
scientologie avait inclus les documents qu'ils m'avaient fait signer, que
j'avais accepté de signer sous les conditions ci-dessus. J'inclus cette lettre
et les documents que j'ai été forcé à signer sous contrainte comme première
preuve de ce que pratique la secte pour faire taire ceux qui voudraient parler.
(pièce jointe n°1). Cela ne me surprend pas, puisqu'il s'agit d'une tactique
courante de créer ou faire signer un document mettant la personne en cause,
document qu'on utilisera en cas de besoin.
- David
MISCAVIGE ordonne la destruction
de documents
19. J'ai aussi assisté à la destruction et à
l'altération de documents pour la protection du groupe. Vers Avril 83, j'étais
présent lors d'une réunion à Los Angeles, Californie, au bureau scientologique
d'A.S.I. (Société de Services à l'Auteur). ASI se présentait comme "agent
littéraire" pour Hubbard, mais c'était en réalité la tête de l'empire hubbardien
à cette époque. Toute la scientologie était dirigée depuis ASI. C'est à ASI que
diverses entités scientologues venaient prendre leurs ordres.
20. David Miscavige était présent lors de
cette réunion - il était alors patron d'ASI, ainsi que Vicky Aznaran, qui
tenait le poste de Député Inspecteur Général du RTC et Lymon Spurlock,
"Directeur des affaires de Clientèle" pour ASI. M. Miscavige s'est inquiété lors
de ce rassemblement de la possibilité d'une descente du FBI sur la scientologie.
Aucune des églises n'avait encore reçu le statut d'exemption d'impôt aux
USA.
21. Une des causes de principe ayant empèché
cet accord d'exemption par l'IRS venait du fait que le fondateur de la
scientologie, Hubbard, était en fait agent dirigeant de l'organisation , en
complète contradiction avec les statuts légaux. Nous savions pertinemment que
cela violait les règles de l'IRS et qu'il fallait le cacher.
22. On s'inquiétait du fait que l'IRS puisse
obtenir des centaines d'ordres quotidiens, hebdomadaires et mensuels écrits par
Hubbard et distribués dans toute la scientologie. Ces ordres étaient en général
appelés des "conseils" afin d'éviter qu'ils ne fassent apparaître le
commandement scientologique exercé par Hubbard. C'était le fait que ces ordres
et "conseils" puissent servir pour démontrer le commandement exercé qui
constituait le coeur du problème.
23.Comme on craignait déjà qu'un "avis" de
LRH ne puisse tomber en de mauvaises mains, ses ordres étaient écrits de façon à
pouvoir nier qu'ils émanaient de lui. Son nom n'y apparaissait pas. Il n'était
jamais cité, sauf à la troisième personne. Il n'y avait pas de signature et les
réponses qu'on faisait ne portaient qu'un "Dear Sir" - Cher Monsieur. L'envoi ne
comportait qu'un simple "*" astérisque pour le routage. Néanmoins, si quelqu'un
mettait son nez là-dedans, il serait fort peu resté de doutes quant au fait que
nous étions en communication avec Hubbard via ASI., et qu'il nous disait , à
nous et à toutes les entités, comment faire plus d'argent pour son
compte.
24. David Miscavige déclara précisément
qu'ASI "s'occupait déjà du problème" en se débarrassant de tous les documents
impliquant le commandement exercé par Hubbard sur la scientologie. Il annonça
qu'il avait ordonné que les "conseils" et ordres de LRH soient rassemblés et
expédiés par camion dans une usine de recyclage du Comté de Riverside, où les
documents seraient mis en pâte, méthode paraît-il meilleure que le simple
déchiquetage. Je reçus des instructions afin de débarrasser les autres
organisations scientologues des ordres de LRH. Ceci incluait la CSC (église de
scientologie de Californie), la CSI (église de scientologie, Internationale) et
le RTC.
25. Plusieurs semaines après, je fus convié à
une seconde réunion au sujet de la poursuite de la destruction de la
documentation concernant l'organigramme légal des entités. Etaient présents
:
David Miscavige, Lymon Spurlock, Vicky Aznaran, Norman Starkey et Marty Rathbun.
Nous apprîmes de Miscavige qu'un tribunal avait ordonné pour la première fois de
produire des documents concernant un ancien membre de la scientologie nommé
Lawrence Wollersheim, qui était en procès contre l'église de scientologie de
Californie (CSC). La Cour avait ordonné la production du dossier de "préclair"
complet de M. Wollersheim.
- La
scientologie "purge" un dossier
d'audition
26. Un "dossier de préclair" n'est que l'un
des dossiers conservés au sujet des membres. Le dossier de pc contient les
enregistrements écrits de toutes les "confessions" faites par l'adepte. Cela
signifie qu'il contient non seulement les choses les plus génantes, mais qu'il
indique aussi les problèmes qu'une personne peut avoir avec l'organisation, y
compris ses réclamations. Ce dossier de préclair grossit au fur et à mesure de
l'avancée en scientologie.
27. Le dossier de M. Wollersheim contenait
plusieurs milliers de pages, et faisait 1,80 d'épaisseur. Au début de cette
réunion, il fut décidé que ce dossier serait rédigé et arrangé afin de faire
disparaître toute preuve ou document pouvant assister M. Wollersheim lors de son
procès contre la CSC. On s'inquiétait aussi du fait que des matériaux
confidentiels des niveaux Clair, OT 1, OT2, OT 3 et 'NED pour OTs" seraient
accessibles pour inspection publique au cas où l'on produirait bel et bien les
dossiers. On enseigne aux scientologues qu'on peut mourir de pneumonie si l'on
apprend, sans une très longue préparation, ce que contiennent ces niveaux
secrets. En définitive, nous produisîmes une cinquantaine de pages au tribunal.
Le dossier de M. Wollersheim fut purgé sur ordre expresse de David
Miscavige.
28. On m'informa par la suite qu'un second
ordre du tribunal exigeait de produire tout le dossier de M. Wollersheim. Face à
cette menace, David Miscavige donna ordre de réduire tout le dossier à l'état de
pâte à papier.
29. Toujours sur ordre de David Miscavige,
j'ai ordonné à Ricky Aznaran de prendre les dossiers de M. Wollersheim et de les
amener à l'usine de recyclage de Riverside pour qu'ils soient ainsi détruits.
Quelques heures plus tard, M. Aznaran revint et confirma que les dossiers
avaient été mis en pâte et me montra même une petite bouteille en disant "voilà
ce qu'il en reste".
30. Le matériel dont David Miscavige avait
ordonné la destruction et que Ricky Aznaran avait fait réduire en pâte était
celui que le tribunal avait ordonné de produire dans le procès Wollersheim
contre CSC à Los Angeles.
31. Début 1983, j'ai assisté à une réunions au bureau
scientologue d'ASI de Los Angeles. S'y trouvaient : David Miscavige, Lymon
Spurlock, Vicky Aznaran, Patricia Brice et Edith Buchele. Il avait trait aux
droits d'auteur (copyrights) de la scientologie. David Miscavige indiqua entre
autres que le scientologie avait des "problèmes" à propos du statut des droits
d'auteur de nombreux matériaux publiés par Hubbard en train de devenir
"matériaux publics" du fait qu'ils n'avaient pas été enregistrés durant des
années au bureau des Copyrights des USA.
David Miscavige indiqua que la
scientologie avait omis de faire enregistrer les copyrights de milliers de pages
de matériaux scientologiques écrits par Hubbard. Ceci comprenait nombre de
Lettres de Règlements et Bulletins publiés par LRH. Hubbard écrivait différents
documents, dont les "Policy Letters, ou Lettres de Règlements" - imprimées en
vert sur blanc; des 'LRH EDs' ou Directives de l'Exécutif de LRH, utilisées pour
diverses causes (imprimées en bleu sur blanc) et des "Bulletins Techniques ou
HCOBs" au sujet des aspects techniques de la scientologie, des technologies
d'audition, des règlements et d'éthique.
- Un vaste programme destiné à enregistrer l'oeuvre de Ron
Hubbard
32. A cette même réunion, David Miscavige ordonna
spécifiquement à Patricia Brice (qui était alors secrétaire personnelle
d'Hubbard et employée par l'ASI) de commencer à procéder à l'enregistrement en
masse de toutes les oeuvres d'Hubbard. Ceci fut ordonné en dépit du fait que M.
Miscavige savait déjà que nombre de ces matériaux faisaient déjà partie du
domaine public. Je sais donc personnellement qu'au début 1983, la scientologie
entama un vaste programme destiné à enregistrer l'oeuvre de M. Hubbard au Bureau
des Enregistrements des Copyrights pour les USA.
33. Compte tenu des nombreuses années passées à lire les
directives scientologiques, dont le temps passé comme "Superviseur de la
Co-audition" [audition d'étudiants en tandem, ndt] et comme "Inspecteur Général
Officier de Repèchage", je connais très bien le contenu, la forme, la
distribution et la publication des oeuvres et des directives scientologiques, y
compris celles de Ron Hubbard. En tant qu'officier de Repèchage, ma tâche
consistait à m'assurer que ceux qui utilisaient la "technologie" scientologue
collent parfaitement aux directives officielles de la scientologie.
34. Le conseiller de M. Wollersheim m'a demandé de revoir
les pièces BPI (émission au grand public, ndt) jointes aux fins de la révision de la demande de
jugement sommaire. Elles occupaient plus de 20 cartons.
En parcourant ces boites de pièces, j'ai choisi des documents au hasard pour
les inspecter. Le tableau ci-après explique le résultat de cet examen de
certaines pièces. Lors de l'examen des pièces du plaignant M. Wollersheim, j'ai
comparé les originaux supposés de LRH à certaines éditions antérieures dans une
compilation contenant ces mêmes documents. J'ai utilisé une "Edition n° 1" de l'OEC, le "Cours d'Organisation pour
Cadres" de la scientologie pour comparaison avec ce que
"BPI " dit être des originaux de LRH.
35. J'ai joint ici des copies des diverses pièces de
matériaux de LRH qui furent publiées par la scientologie au début des années 70,
prouvant de façon évidente que les notices de copyright sur les documents
supposés "originaux" n'étaient pas présentes, mais avaient été ajoutées comme
"originaux" postérieurement.
| Exhibit |
Date Issued |
Copyright Registration |
Title |
|
| B-1287 |
1954 |
27 January 1975 |
The Church of Scientology Creed |
FACTNet copy bears no resemblance to
original |
| B-1289 |
1953,ca.endMay |
2 May 1956 (renewal 7 February 1983) |
LRH PAB No. 2 A Summary of SOP 8A |
Copyright notice 1953 Copyright res. for compilation
published Dec. 1955 |
| B-1292 |
1953 ca.end July |
2 May 1956 (renewal 7 February 1983) |
LRH PAB No. 6 No title |
Copyright notice 1953 Copyright res. for compilation
published Dec. 1955 |
| B-1293 |
1953 ca. mid. August |
2 May 1956 (renewal 7 February 1983) |
LRH PAB No. 7 Six Steps to Better Beingness |
Copyright notice 1953 Copyright res. for compilation
published Dec. 1955 |
| B-1290 |
1953 ca. mid June |
2 May 1956 (renewal 7 February 1983) |
LRH PAB No. 3 Certainty Processing |
Copyright notice 1953 Copyright res. for compilation
published Dec. 1955 |
| Exhibit |
Date Issued |
Copyright Registration |
Title |
|
| B-4 |
2 June 1959 |
22 December 1987 (renewal 22 December 1987) |
HCOPL Purchasing Liability of Staff Members |
Copyright notice 1959 but original contains
reference to CSI which did not exist until 1981 |
| B-2 |
2 May 1957 |
24 December 1985 (renewal 24 December 1985) |
HCOPL Dissemination |
Original offered by BPI is substantially different
from that published as an original in OEC Vol. II 1st Ed. 1970 ; Copyright
notice 1957, registration 1985 |
| B-1291 |
Ca. mid-July 1953 |
2 May 1956 (renewal 7 February 1983) |
LRH PAB No. 5 About PABs |
B-1291 BIP original contains no copyright notice.
However FACTNet copy and copy of document published in 1st printing of Technical
Bulletins Vol. I contain 1953 copyright notice. Copyright registration is 1955
as part of compilation |
| B-1288 |
20 July 1956 |
22 September 1983 (renewal 26 December 1984) |
Article From LRH to HGC Staff "How to really split a
valance." |
No Copyright notice in claimed original |
| B-371 |
16 December 1958 |
12 May 1983 (renewal 22 January 1986) |
HCOB Extension Course Curriculum |
BPI original contains notice 1958, however copy of
document published by Scientology in 1976 in Technical Bulletins Vol. III 1st
printing contains no copyright notice |
| Exhibit |
Date Issued |
Copyright Registration |
Title |
|
| B-59 |
21 March 1965 |
28 January 1988 (renewal 9 September 1993) |
HCOPL Staff Members Auditing Outside PCs |
BPI original contains copyright notice 1958,
however, copy of document published in 1970 OEC Vol. I 1st Ed. contains no
copyright notice. |
| B-249 |
28 April 1973 |
28 April 1988 |
HCOPL Good Service |
BPI original shows on face it was 1st published Dec.
23, 1968, not claimed date of April 28, 1973 |
| B-157 |
2 September 1968 |
28 January 1988 |
HCOPL Chaplain |
BPI original shows on face 1st appeared as Sea
Organization Flag Order |
| B-94 |
24 August 1965 |
28 January 1988 (renewal 3 November 1993) |
HCO PL Cleanliness of Quarters and Staff Improve Our
Image |
BPI "original" contains 1965 copyright notice.
However, "original" references CSI which did not exist until 1981 |
| B-248 |
27 December 1972 |
28 January 1988 |
HCOPL Speed of Service |
BPI original shows on face published 1968, not
claimed date of 1972 |
| Exhibit |
Date Issued |
Copyright Registration |
Title |
|
| B-214 |
4 January 1971 |
2 May 1991 |
HCOPL Competence |
BPI original contains no copyright notice |
| C-3 |
5 February 1958 |
27 January 1995 |
HCOPL No New Charters |
BPI original contains no copyright notice |
| B-215 |
25 January 1971 |
28 January 1988 |
HCOPL Squirrel Admin |
Claimed original contains 1971 copyright notice.
However, also contains reference to CSI which did not exist until 1981 |
| B-1 |
25 January 1957 |
24 December 1985 (24 December 1985) |
HCOPL Concerning the Separateness of Dianetics and
Scientology |
BPI original shows on face not original but Issue
II |
| B-369 |
25 November 1958 |
12 May 1983 (renewal 22 January 1986) |
HCOB Step 6 |
BPI "original" contains a 1958 copyright notice.
However, 1st printing of Technical Bulletins in 1976 Vol. III contains no
copyright notice for this document |
| Exhibit |
Date Issued |
Copyright Registration |
Title |
|
|
- 36. Ce tableau documente les observations que j'ai pu faire à
l'examen des documents choisis au hasard. A ce propos, je pense que le Tribunal
devrait noter ce qui suit:
-
- 1. Les pièces B-1289; 1290; 1291; 1292 and 1293 contiennent
une notice de copyright de 1953 . Les enregistre- ments ont pourtant été exécutés
pour une publication de compilation datant de 1955.
-
- 2. Les pièces B4; B-94 and B-215 ont des notices des
années 50, 60 et 70 parlant de la CSI. La CSI est l'église de scientologie
internationale, née en 1981. Par conséquent, ces "originaux" n'en sont pas, ou
bien les notices ont été placées sur les documents longtemps après leur
publication. (voir pièces 2,3,4 jointes)
-
- 3. Les pièces B-59; B-369; and B-371 ont des notices de
copyright de 1958. Pourtant, ces originaux comparés à ceux de la première
édition des compilations des années 70 n'ont pas ces notices de copyright, ce
qui indique qu'elles ont été ajoutées dans les "originaux" après la compilation
en question. (Pièces 5 à 7)
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- 4. La pièce B-2 est nettement différente de celle publiée
dans le cours OEC d'origine, dans le volume 2, 1ère édition de 70 (Pièce jointe
n°8)
-
- 5.La pièce fournie à Factnet B-1827 ne ressemble
pratiquement pas à l'original BPI.
-
- 6. Pièces B-1288; B-214; and C-3. Les originaux BPI ne
contiennent pas de notice de copyright.
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- 7. La pièce B-1 montre qu'il s'agit non pas d'un original,
mais d'une "publication II"
-
- 8. Les pièces B-248, B-249 et B-157 indiquent au début
qu'elles ont été publiées ailleurs avant la publication "originale".
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- 37. En vertu de mes connaissances en tant que membre du
staff scientologue, comprenant ma fonction "d'Officier de Repêchage en Chef", et
d'après l'examen des pièces soumises par BPI pour supporter leur demande
renouvelée de jugement sommaire, il apparaît que nombre des "originaux" soumis
par BPI ne sont pas du tout des originaux et que les notices de copyright ont
été ajoutées aux documents bien après la publication, en faussant cette date de
copyright;
-
- Le déclarant n'a rien d'autre à ajouter pour
l'instant.
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- Je déclare, sous peine de pénalité de parjure, en vertu des
lois des Etats-Unis d'Amérique et de celles de l'tat de Californie, que ce qui
précède est vrai et correct.
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- Exécuté ce jour 27 juillet 1998, à Santa Ana,
Californie
-
- Jesse PRINCE
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