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 L'ex-fondateur de la mission de scientologie de Fribourg,
dénonce les méthodes de la scientologie (1)

La Scientologie s’inscrit dans une longue série de pratiques illégales

Entre 1975 et 1982, B. était membre de l'église de scientologie. Aujourd'hui il porte un regard objectif sur ce mouvement qui a marqué sa jeunesse. «Je ne recommanderais jamais à quelqu'un de faire de la scientologie.» Il critique les pressions exercées, la manière de convaincre les gens de leur faiblesse ainsi que le manque d'esprit critique au sein de l'association, mais sans condamner. Pour lui, la scientologie est une secte qui empêche les gens de grandir.
A 21 ans, B. entre en scientologie par curiosité. Il suit un cours de communication : «Il consistait à s'entraîner à être à l'aise face à une personne, sans rien dire pendant des heures, en restant calme même si elle nous charriait et «nous embêtait jusqu'à la gauche». C'est le cours de base qui a forgé le succès de la scientologie. Mais à côté, il y a une foule d'autres cours.»
 
Quelques mois plus tard, il fonde la mission aux Pilettes à Fribourg. «On s'amusait beaucoup parce qu'on était enthou- siasmé par la chose.»
 
Il dispense différents cours et, dans ce système très hiérarchisé, il atteint le poste de chef du département des affaires sociales au niveau suisse. «Nous nous occupions de toxicomanes, de l'éducation, des enfants, de la lutte contre les abus de la psychiatrie. Nous montions des dossiers contre la psychiatrie et manipulions l'information pour faire de la propagande contre les psychiatres, en dénonçant la brutalité des méthodes utilisées. Or, admet-il aujourd'hui, ce n'est pas nécessairement parce que le patient s'est senti abusé que le psychiatre l'avait abusé. Nous ne tenions aucun compte du contexte des événements. C'est très délicat. Nous amenions ça devant la presse et cela donnait lieu à des problèmes familiaux», explique B.
 
En 1982, il quitte l'association. «Ma femme était enceinte et je ne gagnais pas assez d'argent pour faire vivre une famille.»
700'000 francs pour tous les services
 
Par la vente de services (des cours et une thérapie. Ndlr), chaque organisation de scientologie s'autofinance et envoie 10 % de ses revenus à l'organisation qui la chapeaute. Les salaires des membres sont versés en fonction du chiffre d'affaires. Le 50 % des entrées est redistribué en salaires, proportionnellement à la fonction hiérarchique.
 
«La plupart des membres doivent faire un autre travail annexe. Je gagnais entre 5'000 et 8'000 francs par année,» déclare B.
 
Combien coûtent les services ? «Pour celui qui les reçoit tous, cela peut aller jusqu'à 700'000 francs. Mais la personne peut également suivre une fonnation complète de deux ou trois ans pour apprendre à donner ces services. Là, cela peut se chiffrer jusqu'à 150'000 francs. Ces prix tiennent la route par rapport à une école privée, car la formation dure des années. Mais pour le reste, c'est hors de proportion. Certains étaient vendus 3'000 francs pour une procédure d'un quart d'heure.»
«J'ai quand même perdu 50'000 francs»
 
Financièrement comment Bertrand C. s'en est-il tiré ? « j'ai quand même perdu 50'000 francs entre les services que j'ai payés et ceux que j'ai remboursés quand j'ai quitté l'organisation. j'avais signé un contrat pendant la durée duquel je devais recevoir ces cours, et comme je suis parti avant le tenne, j'ai dû payer la part proportionnelle de services que j'avais pris qui revenait à 17'000 francs. Je voulais avoir les choses nettes avec eux, . explique B.
 
(Un tel remboursement pour une formation sans aucune valeur est totalement illégal en Suisse. La scientologioe n'avait aucun droit de demander à son ex-employé le moindre centime. Ce fait illustre bien la forte dépendance de Bertrand C. au moment de sa sortie de la scientologie. Le Gravis)
 
Beaucoup de gens s'arrêtent après les premiers cours qui coûtent entre 200 et 300 francs. Mais il y a aussi des cas beaucoup plus extrêmes, comme celui d'Albert Jaquier, décédé dans la misère. «Il a dû laisser 700'000 francs il ne se formait. pas, donc il recevait toujours de l'audition. Il allait à Flag, à l'endroit le plus cher où les services coûtent jusqu'à 600 francs de l'heure.
 
A ce tarif-là, seulement 5 ou 6 auditeurs dans le monde pouvaient les donner, en tout cas à l'époque. Pour des procé- dures d'une semaine, cela pouvait coûter jusqu'à 30'000 dollars. j'ai même connu des gens qui avaient tellement dépensé en services, qu'ils n'avaient plus assez d'argent pour aller aux Etats-Unis pour les prendre, explique l'ex-scientologue. De plus, les cours sont payables comptant et à l'avance. pour éviter les contentieux.
Chaque membre fait l'objet de statistiques
 
Chaque membre fait l'objet de statistiques personnelles dont dépendent les salaires. Que comportent ces chiffres ? «Chacun a son rôle dans la scientologie. Une personne qui appelle les gens pour les inciter à acheter des livres par exemple, aura des statistiques sur le nombre de téléphones qu'elle effectue, sur le nombre de lettres qu'elle envoie, sur le nombre de livres qu'elle vend. C'est pour cela que les gens qui entrent en contact avec la scientologie sont toujours submergés de courrier. Moi, il m'a fallu des années pour ne plus en recevoir.
 
Les membres qui n'ont pas de bons résultats personnels doivent aller se faire «manier» c'est à dire se faire reprendre en main. «On doit dire les fautes commises et une pression est exercée.» Au Sein du mouvement, le besoin de sécurité passe par le règne du contrôle. «C'est insupportable en scientologie d'avoir des gens qui ne suivent pas à 100% l'idéologie. Les membres qui ont l'esprit ouvert sont suspects, car ils acceptent le fait qu'il n'y ait pas que la scientologie,» explique B.
 
A-t-il été soumis à ces contrôles ? Assez souvent même, car j'étais très atypique. J'hésitais beaucoup à y aller, car ça se passait à Copenhague. Lorsque je recevais l'ordre, je devais partir sur le champ, en train ou en stop. Je leur écrivais en leur expliquant que je ne pouvais pas y aller tout de suite. Je partais toujours trois ou quatre semaines plus tard que ce qui avait été ordonné.»
«J'ai beaucoup menti en scientologie»
 
B. poursuit : «J'ai beaucoup menti en scientologie. Je disais que j'avais produit tant alors que ce n'était pas vrai, juste pour éviter des ennuis. Un autre exemple de mensonge : j'ai donné un cours dans une entreprise qui ne voulait pas me faire une lettre de recommandation, sachant qu'il y avait l'organisation derrière. Je n'insistais pas, car ce qui était important pour moi, c'était que les gens se sentent à l'aise dans leur travail. Mais pour le mouvement, la lettre de recommandation était plus importante que ce que les gens avaient pu apprendre. Je disais à l'organisation que j'avais le témoignage écrit, mais je ne l'envoyais jamais.»
Des statistiques erronées
 
Selon lui la plupart des chiffres qu'avance l'église de scientologie sont faux de haut en bas. «Lorsque les statistiques annoncent tant de scientologues dans le monde, il faut diviser ce chiffre. La majorité des gens ne veulent plus rien recevoir du mouvement, mais leur adresse est conservée et ils sont considérés comme scientologues. Un autre exemple: j'avais rencontré un directeur d'une entreprise de 1'000 employés et qui était intéressé par la scientologie. Selon les statistiques, on comptait 1'000 personnes très intéressées. Cela n'avait rien à voir avec la réalité, c'était de la pure propagande.
Convaincre à tout prix et affaiblir les gens
 
Les moyens pour amener les gens à acheter des services sont divers. Tout d'abord, les scientologues vendent la Dianétique (Ndlr: Bible de la scientologie) écrit par L Ron Hubbard. («La Dianétique est une technique pour amener les gens à prendre contact avec des expériences qu'ils ont eu du mal à vivre et qui contiennent de la douleur, c'est ce qu'ils appellent engrammes.»)
 
B. poursuit : Ensuite il faut trouver ce qui ruine la personne. Il faut appuyer sur le champignon chaque fois que c'est nécessaire pour lui faire prendre un service. C'est comme toutes les techniques de ventes. Il faut trouver un besoin psychologique ou spirituel. Une fois qu'on l'a trouvé, on invite la personne à des conférences, puis à un premier cours qui n'est pas cher. Les membres se voient faibles, mais ils ne voient pas que c'est l'organisation qui les rend faibles.»
 
«Si quelqu'un possède une entreprise et roule en Mercedes, on lui proposera de l'audition plus vite qu'à un étudiant qui arrive avec ses baskets troués et ses jeans qui tiennent debout tout seuls. Le public cible, c'est une personne capable, dont on voit qu'elle a réussi. Mais tout le monde est accepté, car l'intérêt des scientologues est d'avoir un maximum de gens qui achètent les services.
 
L'endoctrinement consiste à faire croire que seule la scientologie possède la teclmique qui va sauver l'huma- nité. On débouche sur un stress intérieur du membre qui doit absolument convaincre les gens de s'engager. Chaque fois qu'il rencontre quelqu'un qui n'est pas scientologue, il tente de trouver une stratégie pour l'amener à venir. Il s'agit donc de trouver les problèmes de la personne et de la convaincre que la scientologie va tout régler.
La volonté du pouvoir et de l'argent
 
La scientologie est-elle une religion ? Les scientologues la considèrent comme une philosophie religieuse appliquée. Ce n'est pas une religion confessionnelle, donc elle n'enseigne pas la nature de Dieu. Ellle en reconnaît rexistence, mais n'entre pas en discussion là-dessus. La scientologie est donc compatible avec d'autres confessions. Objectivement, c'est un groupement dans lequel on peut expérimenter la volonté du pouvoir et de l'argent. Ce sont les choses essentielles qui sont enseignées. Mais il n'y a aucun amour, aucune relation réelle entre les gens. Quelqu'un est intéressant dans la mesure où il paie des services, mais s'il lui arrive des ennuis, s'il tombe malade, il est abandonné.
 
Mon père m'avait averti que dans la scientologie il n'y avait pas d'amour. Le problème est que les membres sont tellement persuadés d'être les meilleurs et d'avoir la seule technologie pour sauver le monde, qu'ils doivent absolument se conformer à cette image.
A Kobe durant un jour
 
L'ex-scientologue poursuit : Lors du tremblement de terre de Kobe au Japon, quatre membres sont allés avec un bus pour l'assistance sur place. Cela a fait une page de propagande dans leurs journaux. Ils ont fait des photos, des articles qu'ils ont distribués à toute la presse pour montrer qu'ils étaient fantastiques. Mais les quatre personnes ne sont allés qu'un jour là-bas. Ils n'ont pas le sens des proportions. Et plus ils recherchent la popularité, moins ils l'ont. »
«Le but est de devenir cause sur la vie»
 
L'objectif de la scientologie est de contrôler la vie, explique B.: «Le vrai but est de devenir cause sur la vie, un superman dont toute la vie se passe comme il le veut.»
 
Est-ce le contrôle de soi ou de la vie des autre ? C'est un contrôle de soi et ensuite, cela s'étend à un niveau plus large. Comme la relation de pouvoir est très forte, cela induit également le contrôle des autres, de l'aspect mauvais que les gens ont en eux. Mais dès que l'on définit la manière d'être juste, on va au devant de problèmes monumentaux. Une personne ne peut pas être toute noire ou toute blanche. En scien- tologie, je n'ai jamais rencontré autant de faux-semblants, à cause de la perfection exigée. Il y a donc toujours la pression d'être conforme. Il y a beaucoup d'obligations et de devoirs, qui font que l'on est plus dur avec les autres et avec soi-même.»
 
B. poursuit : «En scientologie, il y a un très fort taux de séparation et de divorce. Si quelqu'un est vraiment persuadé et que son ou sa panenaire n'en fait pas partie cela provoque inévitabblement des tensions.»
 
Les remontrances contre l'organisation sont inacceptables. «Un membre qui est soumis aux critiques de quelqu'un par rapport à la scientologie, doit rompre tout contact avec lui. Selon l'organisation, la critique met en danger le scientologue. Ce que les membres apprennent dans les services, peut être perdu par des reproches. On ne peut pas la critiquer, puisque c'est une méthode qui sauve l'humanité.
 
Vous n'avez qu'à dire à un scientologue que son truc ne vaut rien, il se retrouve assis par terre. Ma femme qui suivait des cours s'est toujours autorisée à être très critique. Elle n'était pas tellement appréciée, car elle perturbait tout le monde. Elle a néanmoins été acceptée parce qu'à Fribourg, c'était une petite organisation. Ailleurs, on l'aurait certainement empêchée de suivre des cours.»
«Les membres fouillent dans la vie privée des journalistes»
 
Pour faire taire la critique publique, la scientologie a pour principe d'agir en justice, même si elle rencontre plus d'échecs que de succès. «C'est incroyable l'argent que l'organisation met dans les procès. A une certaine époque, elle dépensait un million de dollars par mois en frais légaux au niveau international. Elle a un office des affaires spéciales qui fait des enquêtes sur les gens qui attaquent la scientologie. Les membres fouillent dans la vie privée des journalistes. Je me souviens qu'il y avait un problème avec un curé de Lucerne qui faisait beaucoup de critiques autour des sectes. Ils ont fouillé sa vie privée, interrogé des gens, ils agissaient vraiment comme la police. Ils étaient persuadés que les personnes en face faisaient la même chose.
 
Souvent,ce n'était pas loin d'être vrai, parce que c'étaient deux équipes de paranoïaques qui s'affrontaient.
 
(B. se trompe, les organisations luttant en Suisse et en France contre les sectes et la scientologie ne sont aucunement paranoïaques, D'autre part à notre connaissance le curé de Lucerne dont nous parle ici B., et que nous avons rencontré à plusieurs reprises, n'est aucunement une personne souffrant de parano. Au contraire il fait un travail d'information et de prévention efficace - Le Gravis)
«Hors de la scientologie, il n'y a pas de salut»
 
La scientologie fait-elle des procès aux membres qui veulent quitter le mouvement ? «Les membres doivent absolument prouver que ceux qui quittent vont échouer, parce que hors de l'église de scientologie, il n'y a pas de salut. Si une personne réussit hors de la scientologie, c'est une catastrophe. Mais les gens qui suivent les cours et qui arrêtent ne sont pas poursuivis, sinon les scientologues causeraient des ennuis à la moitié du monde. Pendant les quatre années où j'étais à Fribourg, environ 150 personnes ont suivi des cours.
 
Aujourd'hui, s'il y en a encore cinq qui sont dans le mouvement, c'est beaucoup. Nous n'avions jamais été plus de 20 ou 30 à Fribourg, car après les deux ou trois premiers cours, beaucoup arrêtent. Ils se font harceler pour payer de nouveaux services, mais s'ils montrent qu'ils s'y opposent catégoriquement, au bout d'un moment, ils sont laissés en paix: Les gens qui veulent récupérer de l'argent ont des problèmes pour le faire» déclare B.
 
Est-ce que la scientologie est une secte ? «Je crois que c'est une secte dans le sens où la scientologie coupe les gens de leur environnement et du monde. Ils ne sont bien qu'entre eux et se persuadent qu'ils sont les meilleurs. Mais je crois que s'ils réalisent leurs erreurs et qu'ils font leur vrai travail, ils peuvent être utiles et appréciés.»
Un monde dramatique et plein d'espoir
 
Aujourd'hui quelle vision du monde a-t-il globalement ? «A la fois pleine d'espoir et dramatique. Le drame, c'est que le système économique international n'a plus d'autre justification que la rentabilité. Les entreprises ne réalisent plus de bénéfices sur les activités spéculatives qu'avec les services et la production réelle. Par exemple, acheter du café dont on n'a pas besoin et le revendre en réalisant un profit. Ce système fonctionne au détriment de la base sur laquelle il repose qui est la monnaie ou le papier valeur. Comme il n'y a pas de produit qui sous-tend cela, la dévaluation est inévitable.
 
La partie réjouissante est que l'on est obligé de construire sur une autre base, de trouver de nouvelles solutions, de découvrir de nouvelles manières de travailler, de revenir à des choses simples. Puis, le Tiers-Monde nous envahit, est à notre porte, mais pas de manière brutale. Il y a toujours plus de gens qui sont largués, qui sont mis au chômage, parce que notre système économique n'a pas besoin des hommes.
 
C'est important d'intégrer les personnes, de ne pas les abandonner. Déjà maintenant, nous sommes dans cette nouvelle dynamique. Au Schoenberg par exemple, dans les classes primaires, il y a 80 % des élèves qui sont étrangers. C'est une extraordinaire possibilité d'ouverture,» annonce B.
Amoureux de la vie
 
Un ex-scientologue fait de la promotion pour AVATAR (*)
 
L'ex-scientologue se profile comme un amoureux de l'apprentissage de la vie. Il a organisé la Rencontre du mieux-vivre à l'Eurotel à Fribourg, en février dernier : «L'intérêt de ce salon est dans la qualité des relations qui s'y sont nouées, C'est aussi l'occasion de découvrir les intentions des gens qui se dévouent pour essayer d'améliorer la vie. Je n'ai rencontré personne qui voulait sauver le monde à tout prix, mais beaucoup de bonnes volontés et d'humilité.
 
B. estime avoir grandi grâce à toutes ses expériences. «La direction que je prends, c'est d'être toujours plus humble, toujours plus tendre. Mon rôle est de me laisser toucher par ce que les gens ont à vivre, peu importe ce que c'est. Le vrai leader est celui qui arrive à lâcher ses propres besoins, pour se mettre au service des autres en intégrant ce que les gens ont besoin de vivre.
 
Les personnes sont éjectées parce qu'elles ont des choses difficiles à vivre, (chômage, assurance invalidité, etc.). j'organise des retraites pour être vraiment à l'écoute des gens qui perdent toutes ces valeurs auxquelles ils sont tellement accrochés et qui finalement ruinent leur vie.
 
Pour cela, j'utilise le stage AVATAR, qui malheureusement en France a été mis sur la liste des sectes, parce que la personne qui a lancé ça aux États-Unis a fait de la scientologie dans sa jeunesse. Mais je crois que le travail que je fais est vraiment autre chose.
 
J'aide les gens à traverser la maladie, la mort, la perte de l'image sociale, de l'image de la réussite. J'accom- pagne les personnes vers ce qui les rend vivants, vers ce qui donne un sens à leur vie, vers cette source inépuisable d'amour que certains appellent Dieu, d'autres l'énergie de la vie.
 
Le pardon a vraiment de lïmportance. Je crois avoir pardonné, mais cela ne veut pas dire que je n'ai plus de leçons à recevoir des autres, au contraire, j'ai encore beaucoup à pardonner sur des choses qui sont à vivre. Et je crois que la meilleure manière de se battre contre l'absence d'amour, c'est d'en créer toujours plus.»
 
Source : L'objectif, 10 mai 1996
Propos recueillis par Christian Zumwald, Jean-Marc Angéloz et Philippe Huwiler
 
(1) Titre et un Sous-titre ajoutés par le GRAVIS
Titre original de cet article : Guide Complet de la Religion de Scientologie par le fondateur de la mission de scientologie à Fribourg
 
Actif dans le développement personnel et spirituel
 
B. est né le 11 août 1954 à Vauderens. Il est le deuxième d'une famille de 6 garçons. Il suit toutes ses classes primaires chez son père, instituteur à Chénens. Ensuite, il passe son bacca- lauréat au collège St-Michel. «Une chose qui m'a beaucoup marqué dans mon enfance, c'est que le dernier de mes frères est mongolien. Il nous a fait beaucoup grandir.»
 
Il passe une adolescence très catholique. A 17 ans, il organise des messes rythmées.
 
Il part à Genève où il suit une année de psychologie et fréquente les milieux anarchistes. «Je ne supportais pas le pouvoir, tous ces gens pleins de fric, c'était un scandale. J'étais proche des idées de la bande à Bader. J'ai senti que j'étais en train de disjoncter et c'est à cet âge-là que j'ai rencontré la scientologie.»
 
Quatre ans à Fribourg et un an et demi à Berne, il travaille. pour la scientologie jusqu'en 1982. Il trouve ensuite une place chez M., comme vendeur d'espaces publicitaires d'un magazine; durant deux ans et demi. Ensuite c'est la faillite.
 
(...)
 
Il continue à travailler sur des projets notamment avec une fondation pour des inventeurs en Allemagne. Ensuite, il reprend la voie de l'informatique en 1985. «J'ai commencé à travailler comme indépendant avec un copain, en cherchant des programmes suisses pour les introduire dans les entreprises. Nous sommes devenus des employés d'une société bernoise que nous avons quittée quatre ans plus tard. C'est à cette époque que je me suis formé en gestion d'entreprise.»
 
Il monte, ensuite une société d'informatique avec 4 autres personnes qui fait faillite six mois plus tard.
 
En 1991, un cancer le ronge. Pendant les traitements, il trouve un travail à mi-temps qui l'occupe depuis janvier 1992, à 'administration d'une société de placement temporaire, dans le secteur médical. «Mes expériences m'ont rapproché des autres. Je suis très actif dans le développement personnel et spirituel.» Il est marié, père de deux garçons et de deux filles.
 
PH
 
Quels sont les techniques pour vendre des services spirituels ?
 
B: Ce ne sont pas les mêmes arguments que pour vendre un aspirateurs.
 
Est-ce que l'église de scientologie paie des impôts ?
 
B: Il faut leur demander, s'iis n'en paient pas, ils seront tout contents de vous le dire,
 
A propos des prix exorbitants pratiqués par la scientologie:
 
B: «Je n'ai jamais demandé à Bosshart Consultant s'ils étaient scientologues.»
 
Les pressions exercées au sein du mouvement:
 
B: «Je m'arrangeais toujours pour être éloigné des pressions, j'étais passé maître dans l'art du camouflage»
 
Faut-il interdire les sectes ?
 
B: «Sur quelle base ? Cela va embêter tout le monde. A ce moment-là, les partis politiques pourraient être des sectes.
 
Globalement la scientologie est quand même négative ?
 
B: Oui, mais pas plus que l'armée. Cela dépend pour qui et à quoi on la compare.
 
A propos de thétan opérationnel OT (Ndlr : niveau spirituel le plus élevé dans l'église de scientologie)
 
B: Si quelqu'un cherche du travail et met sur son curriculum vitae qu'il est thétan opérationnel (OT) tout le monde s'en fout.
 
Votre mot préféré ?
 
B: L'amour
 
Votre drogue favorite ?
 
B: Mes enfants et reyenir aux choses simples et quotidiennes, parce que c'est là que le développement de la personne se passe.
 
Votre bruit préféré ?
 
B: Le chant grégorien.
 
Votre juron ou le plus gros mot favori ?
 
B: Bordel de merde.
 
Un métier que vous n'auriez pas fait ?
 
B: Juge, je crois que c'est le métier le plus difficile à faire.
 
Qu'aimeriz-vous que Dieu vous dise ?
 
B: Rien, il me le dit déjà. Je ne crois pas que pieu parle aux gens. Dieu aime totalement, il ne nous demande rien.
 
Comment souhaiteriez-vous mourir ?
 
B: J'aimerais mourir en paix avec moi et avec tout le monde.
 
Y a-t-il une vie après la vie ? Si oui, comment l'imaginez-vous ?
 
B: Bien sûr qu'il y en a une, sinon cela n'aurait aucun sens. J'imagine que nous serons au service des vivants en les aidant, en leur donnant de l'amour et de la force.
 
Quel est votre salaire ?
 
B: Je gagne net 7'500 francs par mois. (5'000 euros)
 
Que faites-vous de votre argent ?
 
B: Je l'investis pour ma famille. Je fais beaucoup de bénévolat pour créer des occasions de développement.
 
Votre dernier rêve ?
 
B: Dans mon dernier rêve, j'étais très bouleversé par le fait de sentir que j'étais totalement accepté avec tous les problèmes que je pouvais avoir.
 
Un plat que vous aimez beaucoup ?
 
B: J'aime beaucoup les légumes crus, de grandes assiettes de crudités sans sauce.
 
Votre matériau préféré ?
 
B: Le bois.
 
Une qualité que les autres ont remarquée chez vous ?
 
B: La patience.
 
Le désir que vous aimeriez réaliser ?
 
B: Que tout le monde se sente aimé.
 
Que feriez-vous si vous gagniez six millions à la lotterie ?
 
B: Je les placerais dans des obligations. Les intérêts formeraient une sécurité finan- cière qui permettrait à tous mes amis de réaliser exactement ce dont ils ont envie.
 
S'il ne vous restait que six mois de vie, comment les utiliseriez-vous ?
 
B: Je ferais exactement ce que je fais.
 
 
Source: L'objectif, 10 mai 1996
 
TRIMLINES: Une rumeur d'infiltration scientologue ?
 
Selon une rumeur, un institut d'amaigrissement de Fribourg serait une activité commerciale de la scientologie.
 
B. explique: «C'est juridiquement totalement séparé. Il ne suffit pas, qu'un scientologue y travaille. Comme les membres vivent en cercle fermé, ils ouvrent un business entre eux. S'il y a la possibilité de faire facilement de l'argent, les scientologues sont intéressés, puisqu'ils ont toujours besoin de fric. C'est un phénomène de club qui n'est pas organisé par la scientologie.»
 
Est-ce un moyen indirect pour vendre des services de l'Eglise de scientologie ?
 
«Un scientologue est tellement persuadé qu'il doit sauver le monde, qu'il va en parler. On ne peut pas l'en empêcher et ce serait grave de le faire. la plus grande erreur que l'on commet avec les gens dont on a peur est de les enfermer dans un ghetto. C'est capital qu'il s'exprime librement et qu'on lui dise ce qu'on en pense. C'est évidemment plus facile de se cacher derrière une régle- mentation. L'intolérance est aussi bien d'un côté que l'autre» annonce B.
 
Source: L'objectif, 10 mai 1996
COMMENTAIRE DU GRAVIS:

Monsieur B. visiblement est encore sous influence de la vison scientologue des entreprises scientologues au moment où il écrit ceci (mai 1996). Trimlines est en fait rattaché à WISE, une association d'entrepreneurs scientologues qui a pour but de promouvoir EXCLUSIVEMENT les techniques et les lois de la scientologie.
 
Entre les personnes venant recevoir de l'aide et les employés de TRIMLINES il existe réellement un rapport de dépendance.
 
Un code de déontologie devrait interdire la promotion d'une religion (peu importe laquelle) dans un tel cadre, de même qu'existent des lois régissant la pratique et les rapports d'un médecin avec ses patients.
 
Le Gravis
 
Star's Edge International - Avatar
 
Avatar, une formation aux relents de scientologie
(Source : Enquête de Thomas Lardeur, coordonnée par Jean-Marc Dubois,
Entreprise et carrières n°387 - du 13 au 19 mai 1997)
Sommaire
 
Avant propos
Origine et naissance d'avatar
Un geste de bonté
Avatar est né
 
Les cours avatar dans le texte
Cours de base
Cours "Masters" et "professionnel"
Cours Wizard
 
L'histoire d'avatar en France
Devenir Master et pouvoir enseigner
Contradictions
Sortis manu militari
Fin de l'histoire
Dissociation de la personnalité
Avatar agite beaucoup de mirages
 
L'affaire EDF
Opinion critique
Enquête de la direction
Arrêt de toute collaboration
Note interne de l'EDF du 17 octobre 1995
L'avenir
 
Extrait d'une plaquette de présentation de la Sté CPV CONSEILS
Entretien avec Carole Hennequin
L'enquête réalisée par la direction d'EDF
Les trois organismes de formation "encartés" par EDF
 
Avatar en Belgique: Star's Edge International et les avatars de la femme solaire
 

Avant propos
 
L'enquête que nous vous proposons aujourd'hui, sur Avatar, est ainsi le fruit de plusieurs mois de travail qui nous ont permis de mieux appréhender le phénomène dans toute son étendue, et ses nombreuses incidences aussi bien sur les individus que sur les entreprises.
 
Certaines sectes, parmi les 172 répertoriées dans le Rapport parlementaire sur les sectes de janvier 1996, s'adressent au monde de l'entreprise via des organismes de formation. Il en est ainsi de l'Église de Scientologie (1).
 
Un autre mouvement s'est retrouvé plusieurs fois sous les feux des projecteurs pour des formations réalisées, notamment, à EDF et à 1'ANPE dans le courant de l'année 1996: Avatar.
 
Dans les documents de travail de la Commission parlementaire sur les sectes, il est classé dans la catégorie des mouvements "psychanalytiques", c'est-àdire qui "développent diverses techniques parapsychologiques prétendant guérir l'inconscient de traumatismes divers". Inspiré du courant "New Age", Avatar compterait 21 filiales en France. Ces mêmes documents de travail le qualifient de "nocif à l'égard de l'individu" (déstabilisation mentale (2) et exigences financières exorbitantes), et "de la société" (détournement des circuits économiques).
 
Les responsables d'Avatar s'en défendent. Selon eux, Avatar serait même "un outil très pertinent pour éviter les sectes! En s'inspirant de méthodes comme Avatar pour promouvoir largement une éducation à la liberté, fondée sur la connaissance du phénomène des croyances, la force intérieure et la dignité, nous mettrions naturellement nos enfants à l'abri des tentations totalitaires" (3).
 
Alors que faut-il en penser? Quelle est l'histoire d'Avatar? Quelles sont les critiques formulées à son égard? Que s'est-il passé à EDF début 1996 ? Et quels sont les organismes qui proposent Avatar? Entreprise & Carrières a enquêté.
 
(1) Voir Entreprise et Carrières n°339/340 (29 avril 1996).
 
(2) Déstabilisation mentale: "On entend par cette expression le fait, par la persuasion, la manipulation ou tout autre moyen matériel, de déstabiliser quelqu'un pour le soumettre à son emprise ".Rapport parlementaire sur les sectes page 76.
 
(3) Dossier de presse Avatar, 1996.
 
 
Origine et naissance d'Avatar
 
A l'origine d'Avatar se trouve un Américain,Harry Palmer. Après avoir entamé des études d'ingénieur en 1962 au Clarkson College of Technology, ce " poète - ingénieur-beatnik " , comme il se plaît à se présenter (Vivre délibérément, Harry Palmer, 1994), préfère quitter l'université trois ans plus tard. Il vit alors de petits boulots, devient cuisinier, peint des chambres de motels, visite des communautés ou encore emballe de la nourriture pour les coopératives. En parallèle, il étudie la psychologie occidentale et la philosophie orientale, avant d'obtenir en 1969 un diplôme de licencié en Sciences. Il donne alors des cours de littérature.
 
En 1972, il participe à une séance de "guidance spirituelle", à savoir la Scientologie (1). Il ouvre alors le Center for Creative Learning, une succursale de l'Église de Scientologie à Elmira, une ville de l'État de New York. Il le dirige pendant une quinzaine d'années, jusqu'au jour où des différends financiers sérieux l'opposent à ses disciples en même temps qu'à l'Église de Scientologie, qu'il quitte en s'obligeant à ne plus utiliser les marques "scientologie" et "dianétique".
 
Un "geste de bonté"
 
Dans une interview donnée en 1988 au Star Gazette, journal américain, Palmer indique être victime d'une "campagne d'extorsion" tout en précisant procéder, sans y être contraint, à des remboursements comme un "geste de bonté" !
 
Il se met alors à " explorer de nombreux systèmes de croyances, mouvement psychédélique, philosophies orientales, mouvance hippie, zen, psychologie moderne". C'est à ce moment qu'il commence à mûrir une technique particulière: "je crée mes expériences en fonction de ce que je crois".
 
Pour parvenir à ses fins, il remplace la table de sa salle à manger par un caisson d'isolation sensorielle de 500 kg. Il va y séjourner pendant huit semaines en état d'apesanteur, grâce à une solution de sulfate de magnésium dissous dans l'eau. "C'est à ce moment" précise-t-il dans son livre Vivre délibérément, "que les leçons Avatar se révélèrent, observant la conscience se définir à partir du vide, s'avançant et refluant comme la marée, dans cet océan non spatial de Conscience-source inexprimable. De ce point de vue, on peut percevoir ou appréhender (c'est-à-dire percevoir sans l'aide des sens) une forme pensée. C'est quelque chose ! ". Avant de conclure: "La relativité est l'ultime vérité ! Si Albert Einstein avait eu un caisson, il aurait compris cela bien plus tôt".
 
Avatar est né
 
En résumé : Avatar est une " technique qui vous aide à plonger, avec délicatesse et précision, au cœur de vos fonc- tionnements psychiques; elle vous apprend à reconnaître et à vous défaire des "programmes" (2) qui déterminent les réactions qui vous semblent inappropriées; elle vous donne aussi les moyens de créer d'autres manières d'être qui répondent à vos attentes et s'accordent à vos valeurs" (Documentation de présentation de l'organisme Otium).
 
Cette "technique" correspond parfaitement à l'idéologie New Age. L'idée est même simpliste: "vous expérimentez ce que vous croyez et non le contraire". Ainsi, pour changer sa vie, il suffit de changer ce que l'on croit. La réalité, qui n’est qu’une croyance, peut être,ainsi, modifiée à loisir. Palmer expérimente pour la première fois Avatar en novembre 1986. Puis, l'expansion s'organise. On dénombre 400 diplômés en 1987, 4000 en 1989. La même année, les cours sont proposés dans 500 centres, 26 pays et 8 langues !
 
Cette présentation idyllique ne tarde pas toutefois à subir quelques revers. Quatre anciens employés-scientologues de Palmer lui intentent un procès en 1988 pour des salaires non perçus.
 
Dans le méme temps, certains masters Avatar élèvent des critiques et claquent la porte avec fracas. L'expansion d'Avatar dés lors se ralentit. Néanmoins, aujourd'hui le cours est délivré dans 46 pays. Il aurait été suivi à ce jour par 30 000 personnes.
 
(1) l’Église de Scientologie figure dans le Rapport parlementaire sur les sectes. Voir Entreprise & Carrières n°339/340 .
 
(2) "Ces programmes sont fondés sur vos certitudes, ce que vous croyez de vous-même et du monde. En allant à leur découverte, et en apprenant à les modifier, vous cessez d'être le jouet d'un "pilote automatique" fonctionnant sur des critères passés (même si ce furent les vôtres), pour être l'artisan conscient de votre devenir" (documentation de présentation Otium).
 
(3) Ce procès s'achève en 1991 par une transaction en faveur des anciens employés Palmer leur versant très précisément: 11729,66 dollars.
 
Les cours Avatar dans le texte
Cours de base
 
D’une durée de 6 à 9 jours et d'un coût de 12 000 francs, le cours de base d'Avatar permettrait" d'apprendre les principes gouvernant la création et l'expérience, la décréation et la gestion de la réalité". Il est censé offrir comme résultats "I'aptitude à percevoir la réalité sans jugement, déformation ni séparation, à modifier la réalité personnelle, à changer les sensations corporelles, les conflits interpersonnels, les dépendances, les croyances, les compulsions". Il est à noter que pour pouvoir terminer le cours, le stagiaire doit "être retourné à sa propre source"! (Les Matériaux Avatar)
 
De manière plus simple, le but du cours permettrait d'explorer sa propre conscience et de "modifier tout ce que l'on désire changer"! Ainsi, l'étudiant est amené à apprendre que l'homme se crée lui-même ses croyances et sa réalité. La solution consiste donc à créer et "décréer" ses idées, et non pas à les analyser.
 
Dans la pratique, l'étudiant lit sous le contrôle d'un master (formateur) un polycopié, étiqueté "Matériaux Avatar/ confidentiel". Celui-ci se divise en extraits de conférences d'Harry Palmer et en une série d'exercices. Certains l'amènent ainsi, par exemple, à répéter maintes fois des phrases du type "je suis heureux d'être moi", "je décide", "je suis source".
 
Reste le principal exercice d'Avatar appelé "la procédure du maniement de la création". Il est censé permettre de décréer ses croyances gênantes et d'en créer de nouvelles
 
Depuis 1993, ce cours est précédé d'un stage d'une journée (coût 600 F) ou de deux jours (atelier ReSurfacing, 1800 F).
 
Cours "Masters" et "professionnels"
 
Ceux qui souhaitent poursuivre l'expérience peuvent ensuite s'inscrire au Cours Master, enseigné uniquement par des équipes de Star's Edge, I'entreprise chargée de commercialiser la méthode
 
D’une durée de 9 jours et d’un coût de 18'000F il vous permet de recevoir une licence provisoire , pour organiser et conduire des stages Avatar.
 
En 1992, s'est ajouté le "cours Professionnel" (15'000 F. 7 jours).
 
La raison de ce cours s’explique par le fait que des Masters "réussissent accidentellement" et d'autres "délibérément" (Document Avatar, section IV Le Cours Professionnel). Ces derniers auraient des "traits communs" qui correspondent à un niveau des "composants de la vie". Les professionnels sont ainsi capables d’atteindre ce niveau. Ce nouveau cours leur permet " d’activer et développer les six composants décisifs du succès ( existence, motivation, perception, action, organisation, alignement)".
 
Cours Wizard
 
Reste enfin le stade ultime: le cours Wizard, aussi appelé cours de magiciens. (14 jours, 45'000 F). Apparu en 1991, ce cours vous offre la possibilité de gérer et d'étendre le réseau de Star's Edge.
 
Plus précisément, "le mot magicien désigne un master qui a acquis une telle compréhension et une telle maîtrise de la création que ses capacités semblent magiques ou surnaturelles" (Les matériaux Avatar section V-Magicien) Il est censé apprendre "l'aptitude à agir et percevoir indépendamment du corps, l'aptitude à identifier et établir le contact avec des forme de vie non physiques et l'aptitude à proposer et à exécuter une mission de civilisation alignée (voir encadré ci-contre: la Famille mondiale (Avatar) !
 
Ainsi, l'étudiant se voit conférer une mission: "le but du magicien est de transmettre la sagesse et de développer des individus puissants qui deviendront des centres d'influence sociale", en vue de "créer une organisation co-opérante qui puisse assumer une gestio éclairée, ET SAGE, du monde". Les Magiciens peuvent donc s'élever "au-dessus du monde" et "modifier délibérément la création collective appelée civilisation"... !
 
Mais le plus surprenant est sans doute la conférence du cours de Magiciens donnée par Harry Palmer à Orlando (Floride) en janvier 1991 dans laquelle il justifie ce cours. Il parle d'une ancienne " confédération galactique ", dont les êtres étaient "capables de concentrer leur pensee sans effort et avec une grande précision".
 
Ils accomplirent ainsi " de grandes réalisations scientifiques". Mais comme "chaque génération accroissait encore la masse du savoir", il fut calculé "que cette masse allait prendre une ampleur telle qu'un membre de la Confédération ne pourrait pas vivre assez longtemps pour l'assimiler tout entière à lui seul. C'est alors que la Confédération adopta la technique connue sous le nom d'endoctrinement par stimulus", qui permet de "transférer en quelques heures les instructions et les données" dont une personne a besoin "pour exécuter des fonctions complexes". Puis, survint un cataclysme qui effaça la Confédération à l'exception d'une planète "le compagnon d'Estro", "une civilisation où la conscience collective se libéra des chaînes de croyances et évolua en un âge éclairé".
 
Ses habitants, les compagnons, "commencèrent à explorer et à coloniser les régions intermédiaires de la Voie Lactée" et "semèrent les graines de la vie sur 33 mondes, dont notre planète, la terre"! Ces "enseignants spirituels" étaient, disait-on, capables de " franchir le pont qui unit les esprits" et "possédaient aussi le secret d'agir dans des champs gravitationnels changeants"! Après l'Apocalypse, leur mission consistait à "aider toute civilisation ayant atteint sa maturité technique à passer sans encombre à une époque éclairée avant qu'elle ne se détruise elle-même".
 
Et Harry Palmer de conclure sa conférence en ces termes : "vous allez découvrir que vous possédez le souvenir intégral de tous les événements que mes paroles ont soulignés. Tout ce que vous avez à faire est d'apprendre à écouter et à regarder au bon endroit" !
 
Harry Palmer propose ainsi à ses étudiants d'avoir accès à ces pouvoirs magiques (que nous posséderions tous inconsciemment selon lui), de faire partie d'une élite. et, suprême mission, de sauver la terre du cataclysme qui la menace !
 
A la condition toutefois de débourser prés de 80'000 francs pour suivre le cursus complet ...
 
Aucun résultat n'est garanti. Une dernière précision: chaque stagiaire doit signer avant le début des cours une décharge dans laquelle il s'engage "à ne pas copier, s'approprier ou diffuser d'aucune manière aucun des matériaux confidentiels", à "n'engager aucune action légale contre Star's Edge", "à payer 10'000 dollars (environ 55'000 francs) en cas de violation". Enfin, il doit aussi "reconnaître qu'aucun employé de Star's Edge et/ou représentant licencié (...) ne lui a fait de promesse de résultat". (Document Avatar pages 122 à 124).
 
L'histoire d'Avatar en France
 
Apparus en 1987 en France les séminaires Avatar ont rencontré d'amblée un vif succès auprès de nombreux cadres. A l'époque ils ne dédaignaient pas la publicité. Aujourd’hui, ces séminaires préfèrent la discrétion et le bouche – à- oreilles. Autres temps autres mœurs …
 
Le séminaire Avatar a été introduit en France dés 1987 par Eddy Savary, qui crée alors le "premier centre de créativisme" à Montpellier (Journal Avatar. N°4.Avril 1988). D'emblée, le succès est immédiat. La France connaît même le plus fort taux de développement mondial. Deux raisons à cela: il s'agit d'une technique nouvelle de développement personnel, un secteur alors très porteur. Ensuite, il promet la fortune à qui se laisse tenter par l'aventure.
 
Des dizaines de participants, puis des centaines, s'y pressent. Des "centres de créativisme" ouvrent un peu partout en France. Leur documentation commerciale mérite l'intérêt: "Avatar peut vous aider à réaliser et à vivre votre rêve"! "Attachez votre ceinture et tenez bien votre chapeau! Ce que vous allez lire risque de vous surprendre...". "Avatar pourrait bien être ce que vous attendiez depuis si longtemps". "Nous avons les outils pour éviter la destruction de la planète pourquoi ne pas les utiliser ?". En outre, dans ces documents on trouve d'élogieux témoignages de conseillers en relation humaine, chefs d'Entreprise, hommes d'affaires, animateur de stage, instituteur, biologiste, infirmière, professeur de lettres, thérapeute, etc.
 
Difficile de ne pas se laisser séduire! Et en 1990, on dénombre prés de 700 masters.
 
Pas besoin de passer 50 ans dans un monastère. Parmi ces nouveaux venus Michel Langinieux. Il suit le cours en 1989 sur le conseil d'un ami master, Claude Portais. Il est enthousiaste. Son avis est reproduit dans le livre Le créativisme: " Si vous voulez découvrir qui vous êtes vraiment, vous n'avez pas besoin d’attendre! Pas besoin de passer 50 ans dans un monastère! Pas besoin de vous réincarner pendant dix mille ans! Foncez: Avatar est un cadeau! C'est possible. Tout de suite! C'est l'occasion fantastique que vous attendiez: saisissez-la, elle est faite pour vous".
 
Langinieux devient Master et présente gratuitement à des centaines de personnes "le créativisme", jusqu'au jour où l'un de ses amis lui annonce que la "Procèdure du Maniement de la Création", la PMC, méthode confidentielle, au cœur du principe Avatar, serait la copie conforme d'un ouvrage écrit dix ans plus tôt The Hidden Mind of Freedom. L'auteur, Tarthang Tulku, se dit être un lama réincarné à la tête du monastère Tartang à l'Est du Tibet. Il est d'autre part fondateur et Lama Directeur de l'Institut Tibétain Nyingma à Berkeley en Californie. Son livre ne coûte que 50 francs, alors que les cours de Palmer sont délivrés à prix d'or
 
Langinieux n'en revient pas. Surtout quand il prend connaissance, peu de temps après, du procès intenté par des anciens associés scientologues de Palmer qui lui réclament des salaires impayés. Langinieux s'adresse alors directement à Palmer pour comprendre. Il insiste. Pour toute réponse, il est traité de "ver noir", et sa licence n'est pas renouvelée! Il décide alors d'alerter les autres masters, et envoie près de 5 000 lettres dans le monde entier et alerte les journaux spécialisés dans ces questions, Sources, Nouvelles clés, Terre du Ciel, Troisième millénaire, qui ne réagissent pas.
 
Avatar, précise Langinieux, "a été pour moi un processus d'éveil inouï à la bêtise, à l'ignorance, au désespoir extraordi- naire où se trouvent les humains à notre époque, à leur cupidité qui n'a d'égale que leur naïveté, à leur besoin d'être reconnus qui leur ôte tout bon sens, et à leur besoin d'être aimés! J'ai vu des gens se prendre pour Dieu. Déjanter complètement des mois durant. Et après, ça tourne au désastre... Avatar agite beaucoup de mirages. Et n’apprend ni le discernement, ni le recul, ni le sens des choses. Avatar promet tout ! Or, Avatar n’existe pas, c’est une illusion. C’est un enseignement millénaire avec un bon packaging ".
 
Devenir Master et pouvoir enseigner
 
Autre exemple: une formatrice indépendante Danièle Soulier se voit proposer de suivre le stage Avatar en octobre 1990 par un psychologue réputé sur la place de Montpellier. Elle est séduite par sa présentation, mais aussi par le fait de pouvoir devenir Master et l'enseigner ensuite. Elle verse 12'000 francs, et suit le cours en compagnie de médecins, d'avocats, de psychologues. Satisfaite, elle s'inscrit au cours de Master prévu en novembre à La Napoule. De plus, cela lui permet de payer 15 000 francs, au lieu des 18'000 francs habituels Un de ses amis, Edme Robert formateur à l'Afpa, décide de l'accompagner. Pendant le cours Avatar, "les gens disaient: j'ai un problème, prononcent la PMC, et leur problème disparaissait. Mais pour moi, ça ne marchait pas. C'est pourquoi j'ai voulu continuer" explique Edme Robert.
 
Ils suivent alors le cours pour devenir formateur. "La PMC ne marchait toujours pas sur moi. Cependant, on a appris pas mal de choses, la manière d'aborder les futurs clients, comment démarcher les journaux intéressés par le dévelop- pement personnel, composer des mailings sur les entreprises" précise Robert. "Puis, à la fin du cours, Palmer nous a annoncé la création d'un nouveau cours: celui de Magicien". Danièle Soulier débourse immédiatement le prix de l'inscrip- tion. Edme Robert décide de l'accompagner, sans toutefois payer, souhaitant seulement assister en auditeur libre aux conférences.
 
Les deux nouveaux Masters rentrent alors chez eux et ouvrent un centre. Ils commencent à délivrer le cours Avatar à 4 personnes, avant de s'envoler pour Orlando en Floride.
 
Contradictions
 
Ils assistent, le matin à la conférence de Palmer (voir cours Magicien) et s'étonnent Alors que le séminaire Avatar "ne prône pas de vérité ni n'incite à croire ceci plutôt que cela, le cours Wizard nous impose les croyances d'Harry Palmer" constate Robert.
 
Puis en début d'après-midi, Edme Robert est convoqué par les responsables de Star's Edge qui lui demandent pourquoi il n'a pas payé. Il leur explique qu'il vient seulement voir et ne souhaite pas passer l'examen final. Et puis "Palmer n'avait-il pas stipulé en 1987 qu'il n'y avait rien après le cours Avatar, et que s'il y avait des compléments, ceux-ci seraient consultables gratuitement pour ceux qui ont fait Avatar" (d'après les Documents Avatar).
 
Aprés quelques heures d'attente, il apprend qu'il est indésirable. Puis, le lendemain matin, Danièle Soulier est aussi convoquée par les responsables de Star's Edge qui veulent s'assurer qu'elle ne donnera aucun cours confidentiel à Robert. Elle les rassure sur ce point, avant d'être à son tour jugée indésirable.
 
Sortis manu militari
 
Elle essaye alors de rencontrer Palmer pour obtenir des explications. Sans succès. Les deux "bannis" décident alors d'entrer dans la salle de cours pendant la conférence. Mais à peine ont-ils franchi la porte qu'Avra, la compagne de Palmer, ordonne à un membre de l'équipe de les sortir. "J'ai été saisie, soulevée, ballottée" raconte Soulier. "J'ai crié, donné des coups de pied. Sur les 200 masters présents dans la salle, seules trois femmes ont réagi et m'ont libérée".
 
Finalement, on leur propose de débattre de la situation à II h30. Ils quittent la salle et reviennent à 11h25. Surprise, la conférence est déjà terminée et il ne reste qu'une vingtaine de français.
 
Fin de l'histoire
 
Ils rentrent en France, le voyage restant à leurs frais pour un cours qu'ils n'ont pu suivre...
 
Ils décident de créer "l'Association pour la défense des consommateurs de formation pour le développement personnel". Ils adressent des lettres à 700 Masters Avatar, distribuent des tracts dans les endroits où se déroulent les cours.
 
Dissociation de la personnalité
 
Le jugement d'Edme Robert est sévère : "Pour certaines personnes qui se fabriquent des pensées négatives, Avatar, mais aussi l'analyse transactionnelle ou encore la PNL, peuvent donner l'impression d'une libération. En fait, Avatar finit par provoquer une dissociation de la personnalité. L'étudiant vit de plus en plus dans sa tête et en fonction de ses volontés, en se souciant de moins en moins des autres. Les formations deviennent de plus en plus chères au fur et à mesure du conditionnement et de la dissociation de l'étudiant. Le parcours complet coûte près de 100 000 francs. Mais le plaisir de se prendre pour un Dieu créateur n'a pas de prix".
 
Pour Star's Edge et les formateurs francophones, Langinieux, Robert et Soulier n'ont "pas intégré"réellement les données Avatar, et se sont retournés contre son auteur et ont inondé de courrier dénigrant la personnalité de Palmer" les média, les associations spécialisées et les autres formateurs, (Dossier de presse Avatar). Mais sur les critiques émises contre le système Avatar, pas un mot.
 
Avatar agite beaucoup de mirages
 
Nous avons demandé à Harry Palmer, via Carole Hannequin, représentante en France de Star’s Edge, des précisions sur ces critiques et sur le passé du fondateur d'Avatar. Il n'a pas souhaité apporter de réponses à cette demande. Quant au cours de Magicien, il est, selon Hannequin, strictement "confidentiel" !
 
Pour sa part, 1'UNADFI (association de défense des familles et de l'individu) reçoit de nombreuses plaintes de personnes qu'elle résume ainsi: "Avatar agite beaucoup de mirages et entretient auprès des participants la promesse de régler tous les problèmes". L'UNADFI ajoute: "Par ce programme d'auto-illusion permanente, on peut craindre la dissociation entre le réel et l'imaginaire, la perte du sens critique pouvant entraîner des altérations de la personnalité. Tout est à décréer et à reconstruire, même la morale, même l'amour. Certains participants peuvent se sentir très déstabilisés après de tels cours".
 
A la suite de ces événements, le nombre de licenciés Master n'a cessé de décroître en France. Carole Hannequin explique cette baisse par des "excès de langage dans les documents publicitaires" et "des erreurs pédagogiques".
 
Le séminaire Avatar disparaît alors des magazines et se fait très discret. Jusqu'en janvier 1996, date à laquelle Avatar revient sur le devant de la scène.
 
C'est l'affaire EDF qui fait les titres de la presse nationale . "Gare au gourou" (Le Canard Enchaîné, 10 janvier 1996). "Alerte aux sectes à EDF"! (Le Parisien, 18 janvier 1996). Quelques mois plus tard, une autre affaire fait la Une de la presse régionale. "Sectes: des chômeurs curieusement formés" (Midi Libre), "Céret: des magiciens à la rescousse des Chômeurs (L'indépendant), puis "ANPE: comme une odeur de secte" (France Soir)
 
Aujourd'hui, on ne dénombrerait plus qu'entre 30 et 50 Masters sous licence en France.
 
Mais il nous a été impossible d'en avoir la liste complète, confidentialité oblige.
 
L’affaire EDF
 
Ou comment " retrouver ses énergies vitales internes
 
"Des organismes mystico-religieux formaient des cadres EDF". C’est par ce titre que le journal L’HUMANITE révèle au grand public, le 30 décembre 1995 l’affaire EDF.Retour sur une histoire qui a connu beaucoup de rebondissements depuis deux ans.
 
Tout commence en 1992, lorsque le directeur de la centrale EDF de Bugey dans l'Ain, Jean Fluschére, fait appel à un consultant extérieur, Alain Coudeyras, gérant de la SARL CPV Conseil, pour se charger de l'évaluation et de l'amélioration du fonctionnement du comité de direction de la centrale. Cette mission donnant satisfaction, Alain Coudeyras se voit alors confier une nouvelle mission, suivie bientôt par d'autres sur la plupart des sites des centrales nucléaires.
 
Parmi ces missions, la société CPV Conseil va, notamment, organiser des stages de formation. Deux salariés de la centrale suivent ainsi une première session et en reviennent satisfaits. L'année suivante en 1994, trois autres salariés sont à leur tour amenés à suivre le stage "L'Énergie des Leaders". Les objectifs mentionnés dans la convention de formation méritent l'attention :
 
"Acquérir la technologie "L'énergie des Leaders" garantissant
 
1 - une totale maîtrise de soi méme dans sa façon de réagir au dérangement, de l'impulser et de le contrôler.
2 - de retrouver ses énergies créatrices internes.
3 - de créer des schémas de fonctionnement positifs, harmonieux et efficaces.
 
Opinion critique
 
De retour de stage, deux des trois salariés informent leur hiérarchie de leur opinion plutôt critique du séminaire.
 
La direction de la centrale décide alors d'une enquête, et suspend toute mission avec CPV Conseil en attendant les résultats. Alain Coudeyras fait état de rumeurs qui lui sont rapportées et qui circuleraient à son sujet: " manipulation mentales " ou encore " liens avec des sectes ". Rumeurs que bien sûr il dément. Un an plus tard, la direction de la centrale lève tous les soupçons pesant sur Coudeyras, et lui confie trois nouvelles missions. En tout, CPV Conseil aura ainsi réalisé prés de 25 missions, et travaillé avec 460 agents.
 
L'histoire aurait très bien pu s'arrêter là, s'il n'y avait eu l'appel téléphonique d'un agent aux responsables de la section FNE-CGT de Bugey. Il les informe d'un séminaire suivi par des salariés d'EDF. Ce qui alerte le syndicat, c'est que ces agents ont reçu la consigne de ne pas parler du séminaire. Par ailleurs, leur critique du stage est éloquente.
 
Le syndicat juge l'information suffisante pour prendre contact avec la CFDT et FO. Ils décident ensemble de se renseigner et découvrent qu'une enquête des Renseignements Généraux, motivée par des raisons de sécurité nucléaire, aurait eu lieu dés 1994.
 
Des salariés attestent d'ailleurs avoir été entendus dans ce cadre précis.
 
En parallèle, les syndicats récupérent des renseignements sur Avatar auprès de l'Association de Défense des Familles et de l'individu (ADFI). "C'est là qu'on comprend", précise Serge Lefort, secrétaire général CGT-EDF-Production-Transport Lyon, On s'inquiète alors pour la santé mentale des agents. Et cela d'autant plus qu'on parle dans la presse du Mandarom et de son Messie cosmoplanétaire, d'une commission parlementaire sur les sectes, du procès de l'Église de la Scientologie à Lyon.
De plus, c'est aussi à ce moment là que l'on découvre le parcours de Carole Hannequin
 
Enquête de la direction
 
Aprés avoir demandé conseil au médecin du travail, rendez-vous est pris par les syndicats en septembre 1995 avec le nouveau directeur de la centrale. Leur objectif: empêcher le prochain séminaire de Coudeyras prévu en octobre. Le directeur mène alors sa propre enquête, alerte la direction à Paris, qui décide d'arrêter toutes relations avec Coudeyras.
 
Cette information est confirmée par une note du 4 octobre 1995 de la direction du SFP (service de la formation profes- sionnelle).Note dans laquelle le sous-directeur, Nicole Daurés, indique que "le mode de fonctionnement du système Avatar laisse place à certaines interrogations fondamentales". Et poursuit : "Il est évident que de tels fondements sont incom- patibles avec nos valeurs et notre approche de la formation. La décision de rompre avec ces organismes est donc tout à fait justifiée".Trois organismes sont cités: CPV
Conseil, Otium et Sensaction.
 
Arrét de toute collaboration
 
A la suite de cette lettre, les langues se délient. Le syndicat CGT apprend que Coudeyras doit animer un nouveau séminaire du collège de direction du Service Ingénierie Rhône-Alpes, à Albertville, fin octobre. Puis, le 17 octobre, une note de Pierre Carlier, le directeur de la DEPT, (reproduite ci-dessous) informe les directeurs d'unités d'EDF "d'arrêter toute collaboration avec ces organismes".
 
Note interne EDF du 17 octobre 1995.
 
De: CARLIER P – ED-DIR à [........]
Date: mardi 17 octobre 1995 17h29
POUR ACTION IMMEDIATE
 
Des informations puisées auprès de sources sérieuses et diverses m’amènent à vous demander de bien vouloir cesser tout contact et toute action avec l’entreprise PV Conseils, dirigée par monsieur COUDEYRAS et l’entreprise OTIUM dirigée par madame Carole Hannequin. Ces entreprises animent des stages de développement personnel. Les fondements de notre décision reposent sur des réèlles interrogations en terme d’éthique et de risques de " mise sous influence " de personnes fragiles ou fragilisées.
 
La méthode proposée, appelée AVATAR s’inspire de l’école ARICA dont l’enseignement initiatique et les rituels font penser à des fonctionnements de type "organisations mystico-religieuses".
 
Une note interne du SFP du 4.10.95 confirme la décision d’arrêter toute collaboration avec ces organismes après avis de son conseil "Etique et Scientifique".
 
Restants, Ch.HULLIN et moi-même à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, je compte sur vous pour un arrêt immédiat de toute relation et prestation avec ces organismes.
 
A la fin du mois de décembre, les médias dénoncent la remise du Rapport parlementaire sur les sectes. Et même si la direction d'EDF a bien arrêté toute collaboration avec ces organismes de formation, les syndicats estiment qu'il convient quand même d'en parler. La FNE-CGT constitue un dossier intitulé "méthodes des sectes à EDF-GDF ? Des preuves" et alerte les médias, à commencer par L'Humanité, qui sort un premier article le 30 décembre 1995. En parallèle, la FNE-CGT EDF-Production-Transport Lyon décide d'informer le personnel par un tract. Ce dernier est repris par la presse nationale, qui se retrouve assignée devant les tribunaux par Alain Coudeyras
 
En parallèle, le syndicat adresse un courrier aux directeurs généraux d'EDF et GDF pour les informer de la situation. Les propos sont sans équivoque. "Les documents et témoignages encore partiels dont nous disposons font froid dans le dos. Des dirigeants des deux entreprises (EDF et GDF) ont ainsi mis en péril la santé d'agents placés sous leur responsabilité"!
 
Pour EDF en revanche, l'affaire est close. "Nous avons cessé toute collaboration avec ces organismes dés que nous avons été informés de telles pratiques, et cela bien avant que la presse n'en fasse écho" souligne ainsi Jacques Pevet, responsable formation au service de la SFP à EDF-GDF.
 
L'avenir ?
 
"La Direction générale, poursuit-il, s'est engagée à améliorer l'achat de formation. On travaille actuellement sur des critères d'alerte qui pourraient nous empêcher de nous faire piéger dans le futur. Dans tous les cas, nous resterons vigilants quant aux organismes qui pourraient avoir des liens avec des sectes".
 
Extrait d’une plaquette de présentation de la Société CPV Conseils
 
Maîtrise et gestion positive du stress.
Comportement et pensée positive
Entretien annuel d’évaluation.
Stages out door.
Notre réussite depuis 1988 plus de 800 stagiaires enthousiasmés par nos méthodes.
 
Alain COUDERAS Fondateur et dirigeant de CPV CONSEIL. Enseigne la Communication interne à L’ESCOM de Lyon. Master licencié de Star’s Edge International Orlando (USA), passionné de développement personnel et par les sports aériens.
 
AVATAR est aujourd’hui le meilleur programme pour permettre aux dirigeants et aux cadres de surfer sur les turbulences
 
Entretien avec Carole Hennequin
 
"J'étais à la recherche d'un niveau de conscience plus élevé"
 
Pourriez-vous vous présenter ?
 
Diplômée d'HEC et en Sciences de l'éducation, je suis rentrée en 1973 à EDF-GDF comme ingénieur commercial. Par la suite, je suis devenue formatrice, puis responsable d'une formation pour des agents de maîtrise désireux de devenir cadres dans le nucléaire, et enfin consultante. C'est alors que j'ai senti le besoin de me rendre libre. J'ai pris un congé pour création d'Entreprise en 1989 et j'ai monté une association loi 1901 "Otium" avec Dominique Rochier , un ancien chercheur au CNRS, consultant en ressources humaines. Je travaille depuis comme consultante, notamment pour EDF. C'est en 1989 que j'ai découvert Avatar.
 
Pourquoi avez-vous été attirée par Avatar ?
 
J'étais à la recherche d'un niveau de conscience plus élevé. J'avais suivi l'enseignement d'un maître soufi et les médita- tions qu'il guidait, avant de m'engager dans une voie de connaissance de soi liée à l'Adva ta Vendanta . C'est alors que j'ai entendu parler d'Avatar. Les promoteurs de cette méthode disaient qu'elle permettait d'atteindre facilement des résultats que les enseignements traditionnels mettaient des années à produire, et encore, sans garantie. Pour moi, cela valait la peine de me rendre compte par moi-même. Quand j'ai terminé le cours Avatar, le haut mur qui semblait me séparer de l'état de pure conscience s'était transformé en une haie de 30 cm, facile à enjamber. J'ai décidé d'enseigner Avatar parce que c'est la façon la plus simple d'aller droit au cœur de ce que les gens cherchent vraiment.
 
Quelle est votre Clientèle ?
 
J'ai dû former une cinquantaine de personnes à Avatar en 5 ans, dont une dizaine dans le cadre de l'entreprise (EDF, Thomson, la RATP). Quant au séminaire "Objectif but", que j'ai co-créé en 1993, il rencontre un certain succès. Plus de 100 stagiaires l'ont suivi, des participants à titre individuel, et des salariés financés par leur entreprise.
 
Comment avez-vous appris votre mise à l'écart d'EDF? Et qu'en pensez-vous ?
 
Le séminaire "Objectif : but" était très apprécié dans quelques unités d'EDF, il répondait bien aux besoins qu'avaient certains agents de mieux définir leur projet professionnel. Aussi, j'étais venue à Paris pour le proposer à un responsable des Ressources humaines sur le plan national. Mon interlocuteur s'est montré très réservé et m'a appris qu'un conflit était en cours dans la région lyonnaise avec la CGT locale à propos de stages organisés par un cabinet dont un consultant avait proposé Avatar . Il avait peur que la presse s'en mêle.
 
Par la suite, j'ai reçu un courrier du Service de la Formation Professionnelle m'indiquant que la décision avait été prise d'arrêter toute collaboration avec moi, ainsi qu'avec tous les organismes diffusant Avatar. (...) Mon impression est qu'il y a une grande incompétence dans ce domaine. J'estime qu'il y a eu des imprécisions et des confusions, doublées d'une peur du changement qui ne favorise pas une étude objective et distanciée des faits.
Vous êtes aujourd'hui représentante en France de Star's Edge Quel rôle tenez-vous exactement?
 
Lorsqu'il m'a été proposé d'être représentante de Star's Edge en France, le rôle défini était d'être l'interface de Star's Edge avec les francophones: faciliter la circulation des informations, à la fois à l'intérieur du réseau pour les formateurs et les stagiaires qui ne pratiquent pas l'anglais, et à l'extérieur, pour toutes les personnes qui souhaitent en savoir plus sur Avatar. Je m'occupe donc de la traduction des documents produits par Star's Edge et de la diffusion de l'information au public et aux médias. Je n'ai pas de rôle hiérarchique, Star's Edge étant une société très peu stratifiée, chaque formateur est, pour ce qui concerne son contrat et son activité, en relation directe avec les services compétents de l'entreprise aux États-Unis.
 
Que pensez-vous du fait que Avatar figure dans le rapport parlementaire ?
 
(...) Pour ma part, bien qu'étant représentante de Star's Edge en France, je n'ai pas été interrogée. (...) Pour connaître œ qui a motivé l'inscription d'Avatar dans ce rapport, (...) j'ai interrogé le Président de la Commission parlementaires sur les sectes, les Renseignements généraux et l'Observatoire interministériel sur les sectes, et la seule réponse que j'ai obtenue est que les informations sur lesquelles cette classification est fondée sont confidentielles. Autrement dit, vous êtes accusé, mais on ne veut pas vous dire de quoi! Je crois qu'une fois encore un mauvais travail a été le résultat d'une action conduite sous l'emprise de la peur et de la précipitation.
 
Quelles ont été pour vous les conséquences de ce rapport ?
 
Comme la presse s'en est fait l'écho à propos de l'affaire EDF, certaines personnes se sont inquiétées, en particulier les familles des formateurs et leurs amis. En tant que représentante de Star's Edge, j'ai eu à répondre à de nombreuses questions, mais j'ai aussi reçu des témoignages de soutien de ceux qui connaissent Avatar et étaient stupéfaits de ce qui était dit. (...)
 
Par ailleurs, j'ai été exclue d'une association régionale de consultants, dont je faisais partie. L'association Otium a fait l'objet d'un contrôle des Services de la formation professionnelle, qui contestent que les formations qu'elle dispense entrent dans le champ de la FP, et demandent le remboursement de tous les frais engagés dans ce cadre depuis trois ans.
 
L'enquête réalisée par la direction d'EDF
 
Suite à cette affaire, la direction d'EDF a réalisé une enquête. Les résultats, dans lesquels aucun nom d'organismes de formation n'apparaît ont été communiqués aux syndicats.
 
Extraits:
 
On apprend ainsi que "des stages reposant sur une méthode non conforme à l'éthique de l'entreprise ont bien été organisés". Stages qui risquent "de provoquer des ruptures brutales dans la vie privée et/ou professionnelle".
 
De même, le déroulement de ces stages est "jugé insolite" ("questionnaire nominatif détaillé explorant les antécédents privés et les éléments psychologiques et affectifs du stagiaire", "stages parfois réalisés au domicile du formateur", "exercices ésotériques sans rapport avec les exigences de la formation en entreprise"!).
 
Au total, la méthode Avatar empiète sur l'intimité de la personne selon des modalités qui entraînent des incursions dans le passé affectif du stagiaire dans une démarche pseudo-psychanalytique".A cela s'ajoute "l'affirmation, présentée comme une vérité absolue, de la capacité de l'individu à créer sa propre réalité".
 
Pour autant, l'audit tend aussi à limiter l'ampleur de l'affaire. Ainsi, le nombre de stages dispensés se limite à "25 stages de deux jours qui semblent relever de la logique Avatar et 16 stages Avatar ou assimilés de 5 à 8 jours". Parmi les agents qui l'ont suivi, seuls 2 agents se déclarent "encore choqués", deux autres expriment "un avis mitigé, voire négatif" et un autre "quelques réserves".
 
Toutefois, l'audit conclut en rappelant que "même marginal", le phénomène n'en comporte pas moins des risques dont l'Etablissement doit se prémunir".
 
Les 3 organismes de formation "encartés" par EDF
 
CPV CONSEIL
 
Alain Coudeyras a créé CPV Conseil en 1988. Une société spécialisée en dynamisation des Ressources Humaines au sein des entreprises. Il enseigne aussi la communication interne à l'Escom de Lyon. Une plaquette de sa société en 1992 le présente comme ayant été " initié aux guérisons par les chakras*, le Reiki, les cristaux" et comme " praticien en géobiologie, ondes alpha et pensée positive " (*). Cela avant de découvrir Avatar en 1991. Il décide alors de devenir Master, et obtient une licence d'exploitation pendant un an.
 
A cette époque il propose une série de stages dont Avatar, "le meilleur programme pour permettre aux Dirigeants et aux Cadres de surfer sur les turbulences...". Mais il ne renouvelle pas sa licence lorsqu'elle arrive à expiration en juillet 1992.
 
Dans l'équipe de CPV Conseil de 1992, on trouve aussi une "initiée aux parasciences" Corinne Maljournal, qui joue avec "l'astrologie, les rêves, la numérologie, la radiesthésie" et pratique la guérison par "l'harmonisation des centres énergé- tiques"! Christiane Schoebel, sophrologue, J.M Prudhomme, un "médecin, homéopathe et ostéopathe", qui "témoigne de l'application de techniques énergétiques pour une vraie guérison" et Chantal Valentin, astrologue et médium.
 
Alain Coudeyras passait en 1996 des annonces gratuites dans Le Journal, où il invitait à des dîners à thème ''l'hypnose et ses applications''. Il se présentait alors comme hypnothérapeute et sophrologue.
 
Le NewAge prend pied dans le monde de l'entreprise! Parmi les clients de cette société, on trouvait alors des salariés du ministère des Finances, Renault, Compaq, du CEPME, de Gillette, France Télécom, Hewlett Packard, Darty, La Caisse d'épargne, le groupe Accor, la banque Laydernier...
 
(*) Dans un courrier adresse à la responsable de l'ADFI Lyon, Alain Coudeyras précise qu'il s'est " intéressé à des concepts comme le Corps-Miroir, le Reiki, la Géobiologie, etc.". La guérison par les chakras est la méthode proposée par le Système du Gorps-Miroir. Ce mouvement est recensé dans la liste des sectes du Rapport parlementaire de janvier 1996.
 
OTIUM
 
Cette association loi 1901 est dirigée par Carole Hannequin, par ailleurs représentante en France de Star's Edge International
 
SENSACTION
 
PierreVernet* a déclaré l'association Sensaction le 22 octobre 1992. Son objet est "la recherche, la promotion, le déve- loppement et la diffusion de concepts, démarches, méthodes et processus destinés à favoriser l'émergence des potentiels humains à travers un nouveau paradigme (en changeant délibérément leur image interne de la réalité, les Hommes changent le monde) pour plus de responsabilité, de liberté et de conscience"! Les deux autres personnes, chargées de l'administration de l'association, sont Marie-José Maurice, conseillère en formation, et Chantal Vissler aussi conseillère en formation. Cette dernière et PierreVernet ont été Masters Avatar.
 
Avatar en Belgique
 
Star's Edge International - Les avatars de la femme solaire
 
Par Philippe Allard
 
Les stages de développement personnel peuvent dissimuler des groupes suspects. Ses copines s'en sont allées à Paris et dans le sud de la France suivre des stages de Paule Salomon. Leur amie, inquiète, parle de "délire sur la recherche originelle de soi", d'"obsession" chez ces jeunes femmes à la recherche de repères.
Mais qui est Paule Salomon ?
 
Au dos de la couverture de "La sainte folie du couple", un succès de librairie édité par Albin Michel, elle est décrite comme "philosophe et thérapeute". Chez le même éditeur, elle a aussi publié "La femme solaire" et "Corps vivant".
 
Ses théories : la relation homme-femme compte sept stades à savoir les couples "matriciel", "patriarcal", "conflictuel", "éclairé", "lunaire", "d'androgyne" et "éveillé"; l'humanité a expérimenté deux stades de civilisation, la civilisation de la Coupe - 20.000 années de paix sous l'égide de la Déesse Mère - et la civilisation de l'Epée, celle du Dieu Père et de la femme soumise, et il faut éveiller sa conscience pour se préparer à une nouvelle civilisation éclairée, celle de la femme solaire. Soit !
 
Dans son programme pour le printemps dernier, le trimestriel de la SPRL Espace Communication de Woluwé-Saint-Lambert (Bruxelles) annonçait deux séminaires résidentiels en Belgique "Sensibilisation femme solaire" (3 jours - 11.620FB), "Un nouvel art d'aimer" (9.196FB) ainsi que des conférences "Les nouveaux visages du masculin et du féminin" (420F) au Centre culturel de Woluwé-Saint-Pierre (Bruxelles) et "La nouvelle alliance entre l'homme et la femme" au Centre Temps choisi à Gilly. Rien de répréhensible ni même de très coûteux jusque là ! Pourtant...
Drôle d'avatar
 
Paule Salomon n'est pas inconnue à l'Association de défense de la famille et de l'individu (ADFI) française. "Mme Salomon figure sur la liste des Masters Avatar", y explique-t-on.
 
Avatar ? Oui, comme chacune des réincarnations ("avatâra" ou "descentes") du dieu indien Vishnu. Les cours Avatar - une marque déposée de la société Star's Edge- en Floride ont été fondés en 1987 par l'américain Harry Palmer fort de ses dix- sept années de ... scientologie.
Une parenté entre Avatar et la scientologie?
 
Notre correspondant qualifie Avatar de "scientologie douce". Si le premier cours d'un jour ne coûte que 100$ (3.000FB), le tout dernier stade ("Wizard Course" de 13 jours) peut être atteint en déboursant 7.500$ (225.000FB).
 
Avatar est très présent en France et se développe en Espagne et en Suisse. Les reproches de l'ADFI : "Prétendre faire de cette méthode un système de pensée universelle en dehors de laquelle pas de salut. Cette méthode influence la façon de penser des gens. Des sociétés ont des problèmes avec leurs cadres : le management échappe à la direction générale".
 
L'ADFI reconnaît qu'aujourd'hui Avatar n'a pas encore fait l'objet de "plaintes caractérisées" mais s'inquiète du développement de ce groupe qui "a bien l'intention d'établir un pouvoir planétaire".
 

La femme solaire nous lit / Des stages controversés
 
Dans notre article consacré à Paule Salomon, l'auteur de "La femme solaire", nous nous inquiétons de l'influence de ces stages sur certaines personnes et établissions un lien entre la "philosophe et thérapeute" et la très controversée méthode Avatar. Paule Salomon a transmis au journal qui a publié l'article - papier une "rectification" - d'ailleurs non conforme à la législation belge sur le droit de réponse - mais nous vous la livrons:
 
"J'ai bien suivi le cours Avatar il y a une dizaine d'années parmi toutes les formations qui m'ont intéressée mais je n'appartiens pas à cette organisation, je ne délivre pas ce cours, je ne cotise pas, je ne rencontre pas ses membres et je refuse qu'un tel amalgame soit fait entre ma personne, mon travail et la suspicion qui pèse sur Avatar".
 
Mais encore...
 
Paule Salomon omet de signaler qu'elle n'a pas répondu à un fax envoyé avant parution de l'article et s'intéressant clairement à sa pratique de la méthode Avatar, à son titre de Master of Avatar et aux conséquences de ces stages "femme solaire" sur des participantes en proie, selon nos sources, à un "délire sur la recherche originelle de soi et victime d'une obsession".
 
Nous ne lisons pas dans sa "rectification" de condamnation des procédés d'Avatar, ce groupe de développement personnel fondé par un ancien scientologue, aux méthodes contestées.
 
Nous conseillons à Paule Salomon de se pencher davantage sur les stages encadrés par des "psychothérapeutes" qui se revendiquent de son enseignement. Un proche d'une stagiaire s'inquiétait de la voir perturbée (dépression, amaigrisse- ment, rupture avec son occupation professionnelle) lors d'un stage mené par une disciple uccloise également initiée au Skydancing Tantra et qui "poursuit son chemin avec le transpersonnel et le chamanisme".
 
Enfin, quand, dans un autre courrier, Paule Salomon s'interroge sur le mobile auquel a obéi l'auteur de l'article, nous répondrons: le souci de lutter contre toute initiative à caractère sectaire.
 

 
Ce dossier est paru dans les quotidiens belges francophones - La Meuse, La Lanterne, La Nouvelle Gazette, La Province.
 

     «Ron Hubbard, le gourou démasqué»

 

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

Exposing Scientology through streaming video

 

 

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Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de Jean-Luc Barbier

       

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