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Les «miracles» de la scientologie
Commentaires du Gravis
 
Histoire d'un miracle
 
La scientologie prétend guérir le diabète !?
 
C'était en 1975-77. Je fréquentais alors l'Organisation de Scientologie de Berne. J'y rencontrai un certain André S., qui s'apprêtait à fonder une Mission à Fribourg. J'étais emplie d'admiration devant ce héros. Je l'invitai à dîner au restaurant d'en face. Voici ce qu'il me raconta : il avait un fils, Raphaël, âgé de 12 ans, atteint du diabète.
 
Il avait consulté de nombreux médecins, qui tous l'avaient déclaré inguérissable. Alors, il avait entendu parler de la Scientologie, s'y était intéressé, dans l'espoir qu'il avait là une possibilité de faire quelque chose pour son fils. Et un véritable miracle s'était produit : Raphaël était guéri. Oui, entièrement et parfaitement guéri !
 
Ce récit m'avait vivement impressionnée. André S. était un homme dans la quarantaine, grand et maigre, les yeux brûlant d'une foi à déplacer les montagnes. Qui ne comprendrait pas l'élan, la joie, la ferveur d'un père qui voit, ou croit, son fils guéri ?
 
Par la suite, chaque fois que je rencontrais quelque Scientologue en provenance de Fribourg, je lui demandais des nouvelles d'André S. et de son fils. Voici ce que j'appris :
 
... Quelques mois plus tard ...
 
Raphaël se portait parfaitement bien. Il était même devenu auditeur et faisait l'émerveillement de la Mission de Fribourg. Je ne doute pas que cela soit possible. Un enfant peut très bien apprendre à manier l'électromètre tout comme il peut apprendre à faire marcher un ordinateur. J'ai du reste entendu parler d'autres enfants qui étaient devenus auditeurs. Ces enfants ont bien sûr des parents scientologues. Donc, Raphaël était devenu auditeur. Mais...
 
... Quelques mois plus tard ...
 
J'appris qu'il avait fait une rechute. Son père l'avait envoyé à la campagne, chez une brave paysanne du Jura bernois, du nom d'Ursula, Scientologue elle aussi.
 
Je connaissais Ursula de vue. Elle faisait l'émerveillement de l'Organisation de Berne, car elle était la preuve vivante que la Scientologie peut intéresser des gens de tout âge et de tout milieu. C'était une personne dans la cinquantaine, tout l'allure de la paysanne bernoise, simple, solide et armée d'un chignon.
 
(Peu avant son entrée en scientologie le mari d'Ursula était décédé suite à un accident avec son tracteur. Ursula à ce moment avait, seule, la responsabilité de deux jeunes enfants. Ndlr)
 
Elle était veuve et tenait sa ferme toute seule. Elle pratiquait une agriculture biologique et fabriquait son pain elle-même. Elle allait vendre ses produits au marché de Bienne et passait quelque fois à l'Organisation de Berne. De fait, je ne la vis jamais suivre de cours, mais seulement vendre son pain et ses légumes, à des prix tout à fait raisonnables du reste. Peut-être Ursula s'intéressait-elle plus à écouler ses produits qu'à s'adonner aux joies de la Scientologie ! Mais on la citait en exemple aux adeptes. Quelle femme admirable : Veuve, s'occupant toute seule de sa ferme, quelle énergie : Jamais elle ne tiendrait le coup si elle n'était pas Scientologue !
 
J'appris aussi qu'Ursula prenait volontiers en pension des Scientologues qui avaient besoin de quelque repos. Elle ne leur demandait pas d'argent, mais seulement de donner un coup de main aux travaux de la ferme. Ceux qui y étaient allés étaient enchantés de leur séjour. Ursula ne les exploitait nullement. Elle leur
offrait une vie simple, au grand air, le contact avec la nature, l'initiation à des travaux ancestraux tels que la fabrication du pain et du beurre. C'était assurément une fort bonne personne. C'est donc chez elle que Raphaël se trouvait. Nul doute qu'il se remettrait rapidement. Mais...
 
Quelques mois plus tard ...
 
Je rencontrai une jeune femme du Jura bernois. Elle connaissait Ursula et venait de passer quelques jours chez elle. Raphaël y était de nouveau. "Pauvre gamin, dit-elle, il fait pitié à voir. Il est tout pâle et tout maigre. Il est si faible qu'il se tient à peine sur ses jambes et s'étale à tout moment. On n'ose même pas lui demander d'enlever les mauvaises herbes au jardin de crainte qu'il ne parte dans les pommes".
 
Ainsi donc, quelques mois après sa "guérison", Raphaël était dans un état lamentable.
 
(Lire ci-dessous les confirmations de Raphael à l'AVDS)
 
 
La scientologie est incapable d'admettre
les limites de sa thérapie
 
Raphael S., m'a confirmé qu'il a été contraint par la scientologie d'arrêter son traitement. Il m'a également confirmé qu'il avait failli mourir d'une crise de diabète et qu'il a dû être hospitalisé d'urgence après un coma. (Sauf erreur suite à une hypoglycémie)
 
Encore à ce jour Raphael S. porte les séquelles du mauvais traitement que lui a fait subir l'Eglise de scientologie.
 
Les autorités et juristes nous disent : la loi suisse est suffisante, il n'y a qu'à porter plainte ... !!! Oui mais comment un mineur (voir témoignage ci-dessus) aurait-il pu déposer plainte contre son père, alors que, comme lui il était totalement endoctriné par la scientologie ? Et comment un jeune de 14 ans aurait-il pu mesurer les risques d'une thérapie qui lui était imposée par son propre père ?
 
Encore une fois cet exemple démontre que nos autorités doivent mettre des barrières à la scientologie qui est incapable d'admettre les limites de sa pseudo-thérapie. Un contrôle médical indépendant des patients (adeptes ...) de la scientologie doit être mis en place.
 
Jean-Luc Barbier, président de l'AVDS, le 4 août 2005
 
Six mois chez les scientologues de Lausanne
 
Partagé entre l'espoir de délivrance et le sentiment que c'était une grosse arnaque
 
Mon premier contact avec la scientologie se fit un samedi matin à Berne, vers 1981-82. J'étais de bonne humeur. Pourquoi ne pas faire ce test qu'un jeune homme, bien qu'ayant un peu trop bonne façon
à mon goût (j'avais le look plutôt punk à l'époque), me proposait si gentiment dans la rue ?
 
Je fus plutôt désagréablement surpris par le luxe des locaux d'alors, design aéré et certainement très cher, moquette trop épaisse et plantes vertes. Evidemment, le test me désignait comme quelqu'un de plutôt déchiré et tourmenté, ce qui était bien sûr vrai, comme pour 99 % de la population. Pas beaucoup de risques de se tromper. Mais je ne pouvais pas vraiment l'admettre; cela aurait été beaucoup trop facile pour mon si sympathique interlocuteur. Je lui ai quand même acheté "La Dianétique", histoire de pouvoir faire une sortie honorable.
 
Chez moi, j'ai commencé à lire ce bouquin, y trouvant certains éléments intéressants parmi d'autres plutôt farfelus, partagé entre l'espoir de délivrance que promettait le livre et le sentiment que c'était une grosse arnaque. Et puis, je n'avais pas que ça à faire, et je n'ai pas dépassé les premiers chapitres.
 
En 1986, je fis la connaissance d'un garçon qui me fascinait par sa fragilité et la lumière de son regard, mais qui, dans la recherche anarchique de son identité, menait une vie de bâtons de chaise. Bien qu'attiré par lui, je n'étais pas vraiment disposé à assumer son histoire; j'avais assez à faire avec mes propres problèmes, et je le perdis de vue pendant un certain temps.
 
Je le rencontrai à nouveau quelques mois plus tard. Il semblait avoir trouvé un équilibre réjouissant, et il m'a parlé de scientologie. Ça m'a catastrophé et j'ai tenté de le mettre en garde : "Fais gaffe, ils sont très forts, mais derrière tout ça, il y a une immense arnaque". Il se défendait : "Mais non, tout ça, c'est des on-dit", mais il ne put me convaincre. Ce que je redoutais surtout, c'était qu'il devienne un de ces jeunes gens ayant trop bonne façon, tout lisses et robotisés, glacialement sympathiques et enthousiastes dont j'avais le souvenir. Et surtout, que cette lumière que je voyais dans son regard devienne une lueur terne.
 
Quelques jours après, un soir que je m'étais absenté de chez moi, j'ai trouvé quelques brochures devant ma porte. Cela me fit plaisir qu'il ait pensé à moi, même si son cadeau était aussi embarrassant que ces stupidités que peut parfois vous offrir un parent éloigné (bandes mal dessinées); je trouvai un certain intérêt à la lecture de ces brochures (j'ai eu une existence suffisamment psychédélique pour admettre sans difficulté certains phénomènes qui ont de la peine à passer dans des esprits plus rationnels que le mien), mais je ne pouvais décidément pas tout avaler. Et il y avait ce piège que j'étais incapable de situer.
 
Quelques mois ont passé, puis j'ai revu ce garçon et, bien qu'apparemment très occupé, il a eu l'amitié de me consacrer une bonne heure pour essayer de me convaincre de tous les bienfaits que la scientologie lui avait apportés. J'étais terriblement méfiant et réticent; pourtant, j'étais forcé de reconnaître que depuis quelques années mon existence sombrait dans la catastrophe et qu'il était urgent de tenter quelque chose d'acceptable pour remonter à la surface. Je savais que l'un de nous deux faisait fausse route, et je n'étais plus vraiment sûr que ce soit lui. Il y avait une telle contradiction entre ma vision de la scientologie et ce qu'il semblait vivre que j'étais déchiré entre l'idée de perdre un ami et celle de continuer à gâcher mon existence.
 
Alors, en quelques jours, j'ai dévoré tous les bouquins de Ron Hubbard que j'ai pu trouver à la bibliothèque, cherchant à découvrir la faille, balançant entre l'enthousiasme à la lecture de certains propos, horrifié par d'autres, tournant en rond entre le pour et le contre, incapable de décider quoi que ce soit. Une des périodes les plus névrotiques de ma vie.
 
Il m'avait presque convaincu en me disant que je ne pouvais pas porter le moindre jugement sur quelque chose que je n'avais jamais expérimenté moi-même, mais il était hors de question que je franchisse de moi-même la porte de la mission (Mission de scientologie, ndlr).
 
D'un côté, mon effondrement progressif, de l'autre, un espoir (et quel piège ?). D'emblée, le côté financier de la chose ne m'avait pas paru vraiment dissuasif. Je sentais que la nature du piège se trouvait plus loin, une sorte d'anneau de Moebius psychique, mais je me disais aussi qu'il fallait un certain temps pour tomber dedans. (Je suppose que celui qui se fait son premier shoot d'héro doit se dire à peu près la même chose).
 
Les idées se frayaient gentiment leur chemin, la décision était prise peu à peu. Pas question d'y aller tout de go, mon tempérament de poisson ascendant lion me l'interdit, mais je pouvais autoriser qu'on m'attrape.
 
Plusieurs soirs de suite, j'ai fréquenté ces lieux arpentés par de charmantes jeunes filles jusqu'à ce que l'une d'elle me harponne, m'amène à la mission et me fasse passer le test de personnalité. Les résultats stagnaient largement dans le "unacceptable state"; seule, la rubrique "activité" s'approchait du "normal state". Je l'ai certainement déroutée en acceptant d'acheter quelques heures d'audition sans qu'elle ait dû faire quoi que ce soit pour forcer ma décision.
 
Je considère que ce fut la meilleure chose qui me soit arrivée à ce moment-là. Mais c'est surtout le fait d'avoir entrepris activement de remodeler mon existence, plus que tout ce que j'ai pu apprendre en scientologie, qui m'a remonté à la surface.
 
J'ai écrit à mon ami pour lui annoncer la nouvelle, et il était tout joyeux lorsque je l'ai rencontré. Lui-même avait abandonné son travail pour devenir membre de la sea-org (siège mondial de la scientologie). Mais, lorsque je me suis présenté pour payer mon audition, on m'a annoncé un changement de programme. Mon ami avait parlé de mon "passé de drogué", ce qui rendait l'audition d'emblée à peu près impraticable. Aussi valait-il mieux commencer par un ou deux cours pour dégager le chemin, ce qui me paraissait tout à fait acceptable. Et j'ai commencé par le cours "Les hauts et les bas".
 
La première fois, c'était plutôt difficile. J'avais beaucoup de peine à me concentrer, mais j'étais enthousiasmé par cette nouvelle vie, l'impression de m'être remis en mouvement après avoir stagné si longtemps, la gentillesse de tous, cet élan qui poussait chacun à aider l'autre, à lui faire connaître à son tour ces gains merveilleux. Je m'acclimatai rapidement, présent chaque soir, le moral collé au plafond.
Je devins un ardent défenseur de la scientologie
 
Très tôt, j'oubliai mes craintes. Si piège il y avait, il devait être bien lointain, et je devins un ardent défenseur de la scientologie. J'avais décidé de jouer le jeu honnêtement, ce qui me semblait la seule manière valable de progresser. J'ai ainsi apparemment bien passé une interview terriblement éprouvante ­ "ave les boîtesl"-, confessant franchement mes anciennes réticences, mes "défauts" et mon statut d'indépendant non téléguidé et dépourvu de la moindre intention de nuire à la scientologie.
Des vérités absolues, puisqu'écrites par Ron Hubbard
 
Bien sûr, il y avait de petites choses qui me dérangeaient parfois. Cette insistante pression d'acheter sans cesse, de s'engager sans perdre une seconde pour des buts trop lointains à mes yeux. Ou bien ces OT (scientologues avancés) qui parlaient sans cesse des bienfaits de la cure de purification tout en torraillant comme des dingues, buvant des litres de café et ne se nourrissant que de sandwiches et de mac-do. Ces heures après les cours à subir des conférences assommantes (il y avait un OT qui venait chaque mois de Berne pour nous bassiner en bégayant, alors que mon plus cher désir était d'aller dormir un peu). Ou bien certains cadres dont je ne pouvais pas ne pas remarquer qu'ils étaient complètement gâteux. Ou bien ce côté "seule la scientologie ...", qui engendre trop de fanatisme. Ou bien ces traductions abominables et pleines de non-sens et qu'il fallait malgré tout, au moyen de tours de passe-passe tordus, considérer comme des vérités absolues, puisqu'écrites par Ron Hubbard.
 
Mon cauchemar était la superviseuse clarificatrice de mots, qui avait un petit côté SS très pénible. Mais nul n'est parfait, tout le monde peut s'améliorer. Il était certain que tout ne s'expliquait pas d'emblée, qu'il y avait bien des "pourquoi" qui trouveraient sûrement leur réponse plus tard. Savoir faire la part des choses.
 
Je ne suis pas plus parfait que quiconque, et je ne peux en vouloir à certaines personnes d'interpréter les choses trop à la lettre ou selon les capacités de leur entendement, même si mon propre bagage culturel et mon feeling me donnent plus de facilité qu'à d'autres pour comprendre ou ressentir certains phénomènes.
 
Ça coinçait aussi avec les statistiques. J'estimais que l'étalonnage des points n'était pas équitable, qu'il était aberrant de compter le même nombre de points pour une page ne comportant qu'un dessin et une page pleine d'un texte touffu. Mais dans l'ensemble, même si j'étais un étudiant plutôt lent, ça baignait. J'étais très satisfait et plein d'un nouveau dynamisme qui équivalait à une renaissance et étonnait mon entourage. Seules quatre personnes ont fini par connaître les raisons de ce changement durant le temps que j'ai passé là-bas, mais je n'ai jamais réussi à les convaincre de faire l'expérience (je dois dire que j'ai toujours été assez nul dans la dissémination de quoi que ce soit).
Je connaissais certaines réponses stratégiques
 
En fin de compte, les explications que je découvrais n'étaient pas plus tartes que d'autres; on pouvait, en voyant les choses d'une certaine façon, ne plus être détruit par elles, ce qui n'était déjà pas si mal. Deux semaines plus tard, j'ai repassé le test de personnalité; les résultats montraient une remontée étourdissante (mais j'avoue que je connaissais certaines réponses stratégiques et que celles-ci ne venaient pas toujours du plus profond de mon être). Puis j'ai commencé le cours "L' intégri té personnelle".
 
Ce cours était plus difficile, plus pointu et tout aussi profitable, malgré des problèmes de traduction pénibles et certains passages rendus ainsi totalement imbuvables. Mais je suis assez intelligent pour ressentir le sens des choses sans m'accrocher sur les défauts de leur expression, et puis, cette chère clarificatrice de mots ! Terriblement à cheval sur ce qui est imprimé et supportant mal que l'on montre les défectuosités typographiques.
 
En fait, même avec la meilleure volonté et la meilleure compréhension de part et d'autre, je n'ai jamais réussi à l'encaisser, la considérant comme salement ravagée. Ce qui m'horripilait surtout, c'est qu'elle n'arrêtait pas de gratter ses boutons, et quand elle portait les croûtes à la bouche et les mâchouillait tout en menant son inquisition à l'électromètre, c'était à vomir.
Un mois après mon entrée en scientologie
 
Mon ami avait disparu, envoyé du jour au lendemain au Danemark. Mais mon enthousiasme était toujours là et, un mois après mon entrée en scientologie, je franchissais mon premier grand saut.
 
Il y avait d'autres cours qu'il fallait absolument faire. Ça coûtait sensiblement plus cher, et il fallait aussi songer à ma carte de l'Association internationale des scientologues. Seulement, j'étais déjà couvert de dettes. Un emprunt pour m'installer lorsque j'étais revenu habiter à Lausanne, les traites de la télé, et surtout une monstrueuse facture de dentiste qui en avait encore pour des années avant d'être comblée.
 
Un arrangement fut fait qui satisfaisait tout le monde: un emprunt de Frs. 14'000.-, dont la plus grande partie pour regrouper toutes mes dettes, et Frs. 3'600.­pour les cours, bouquins et la carte annuelle. C'était encore raisonnable et, dans toute cette histoire, je n'ai lâché que Frs. 4'600.- en six mois (non compris la machine à café), ce qui me paraît être un score très honorable, comparé aux folies dans lesquelles certains ont pu s'engager en beaucoup moins de temps.
 
Je me souviéns d'un type qui m'avait coincé très tard dans la nuit, car il avait trouvé une solution pour moi: tout un programme extrêmement performant à Flag (siège en Floride) pour moins de Frs. 25'000.-. Et, comme j'étais à deux doigts de hurler, il avoua fièrement plus de Frs. 50'000.- de dettes (comme si j'étais assez con pour ne pas comprendre qu'il songeait beaucoup plus à se faire une confortable commission qu'à œuvrer vraiment pour mon bonheur...).
 
Puis il y eut une réunion organisée à Paris (toujours choqué par le luxe de l'hôtel où se déroulait le séminaire) et une soirée assommante à l'Olympia (mort de fatigue) où tous les hauts dignitaires parlaient, parlaient, parlaient, et où les gens applaudissaient à chaque phrase.
Boulot-Sciento-Dodo
 
J'ai attaqué ensuite le cours "Apprendre à apprendre", qui est assez passionnant, il faut le reconnaître, mais il y avait de plus en plus de petites choses qui coinçaient. Le but me paraissait s'éloigner à mesure qu'on me laissait entrevoir la quantité de trucs par lesquels il fallait encore passer et qui semblaient infinis. C'était l'hiver avec le gros stress de fin d'année dans mon travail. J'avais peu à peu espacé les cours; deux soirs par semaine étaient maintenant le maximum humainement faisable sans tomber d'épuisement. Je supportais de plus en plus mal les injonctions continuelles à reprendre un rythme infernal, les téléphones incessants, à mon travail ou à mon domicile, de la part de n'importe qui, la tension et la pression constante qui ne me laissait aucun répit. Boulot-Sciento-Dodo.
 
Je m'apercevais que j'avais fait le vide autour de moi, sans même parler de scientologie, mais simplement parce que je devenais chiant. Tout en étant convaincu de la vérité et de la réalité de bien des choses que j'apprenais, d'autres devenaient insupportables, inacceptables. Parfois, je me rendais compte que tout était conçu pour faire avaler aveuglément des horreurs camouflées sous des théories tout à fait défendables.
 
Sans s'en apercevoir, chacun tissait les chaînes avec lesquelles on allait l'emprisonner. "Mais c'est toi qui as affirmé cela !".Les lettres de succès et la rédaction de confessions (quel bien ça fait!) étaient en fait des armes prêtes à être utilisées pour nous neutraliser en cas de rébellion. (quelques jours avant d'entrer en sciento, j'avais fait un rêve prémonitoire où le processus était somme toute clairement démontré, mais je n'y avais pas attaché trop d'importance; ce n'était certainement que mon mental réactif qui flippait et cherchait à se défendre - et c'est là que se trouve le piège, la réponse à tout !). Pourtant, j'ai terminé le cours. Mais la fran­chise du début n'était qu'un souvenir.
 
Je me pose encore la question : est-ce que j'ai réellement abusé l'électromètre, ou bien a-t-on fermé les yeux pour ne pas laisser baisser les statistiques ?
Ça devenait trop sérieux et inacceptable
 
Dans un dernier sursaut d'enthousiasme, alors que je venais d'attester mon cours, j'ai commencé le cours PTS/SP, et là, j'ai compris que ça devenait trop sérieux et inacceptable. J'ai commencéà avoir très peur; c'était le dernier moment pour sauter du train, en essayant de ne pas faire de casse, pour disparaître et me faire oublier.
 
On peut observer un parallèle étroit entre la scientologie et les autres toxicomanies. Et les gens se font prendre de la même façon. D'un côté, les parents, les vieux, l'autorité, qui brandissent l'interdit en mettant tout dans le même sac ("si tu fumes un joint, tu finiras dans les chiottes publiques, une seringue dans le bras"). De l'autre, les copains, dont la fréquentation est plus attrayante que celle de vieux cons et dont on ne peut se permettre de se séparer, au risque de se retrouver tout seul. Alors, on fume un joint, et c'est vraiment le pied. C'est bien la preuve que les vieux, qui n'ont jamais essayé, ne disent que des conneries. Et quelques-uns se disent qu'alors, certainement, on dit les mêmes conneries au sujet de l'héro, de la coke, de l'ecstasy ou n'importe quelle came à la mode. Et donc, que c'est tout aussi inoffensif. Et ceux-là finissent effectivement une seringue dans le bras ...
Je me suis tiré en douce, comme on s'évaderait d'un pénitencier
 
Au bout de trois cours, dans un état aussi affreux qu'au temps "d'avant", j'ai ramassé mes affaires discrètement, prétexté quelque chose d'important pour partir pendant la pose, ne pouvant fournir aucune date pour ma prochaine apparition, et je me suis tiré en douce, comme on s'évaderait d'un pénitencier.
 
C'est la meilleure chose que j'aie faite cette année-là. Que le goût de l'air était délicieux à ce moment. Plus jamais je ne franchirai le seuil de cette maison, même pas pour récupérer l'argent par encore consommé, et surtout pas pour m'expliquer et justifier mon départ. J'ai écrit une lettre expliquant que j'avais besoin de me reposer quelques temps pour assimiler tout ce que j'avais appris avant de succomber à une indigestion. Et qu'il n'aurait pas été éthique de poursuivre tant que je n'aurais pas fait miennes certaines affirmations dont je n'avais pas perçu de prime abord toutes les implications. Je citais même Ron Hubbard pour m'autoriser à arrêter, pour ne pas risquer de continuer de travers. Cela a plutôt bien passé.
 
Bien sûr, ce n'était que temporaire, on se réjouissait de mon retour pour un proche avenir. Et je n'ai pas eu à subir de relances trop tenaces contre lesquelles j'aurais dû m'opposer trop ouvertement. Alors, je reçois toujours des journaux et des prospectus de tous les coins du monde, toujours les mêmes salades. Non que la scientologie ne soit que du vent, loin de là; toutes ses techniques avaient déjà fait leurs preuves auparavant, éparses et souvent inaccessibles, mais les conclusions et l'empire qui s'est bâti sur elles donnent froid dans le dos.
 
J'ai vu suffisamment de types super sympa devenir en quelques mois des fascistes sans âme pour craindre le pire de la part de ceux ~ui se sont fait piéger et sont devenus incapables de se réveiller. J'ai appris ainsi que ma chère clarificatrice avait attesté clair. Vu l'état dans lequel elle se trouvait quelques mois auparavant, cela prouvait bien que la scientologie pouvait opérer des miracles ...
 
Il Y a eu plusieurs scandales, mais les scientologues sont très forts pour sauver les apparences en détournant l'attention. Et comme ils ne sont pas cons, ils réajustent le tir à mesure et ont beau jeu de juger obsolètes les éternelles vieilles critiques. "Certes, il y a eu des dérapages, mais il y a longtemps que nous y avons remédié, les coupables ont été excommuniés, toutes ces horreurs ne pourraient plus se produire aujourd'hui ... ".
Sans cesse de meilleurs camouflages
 
Tous les centres ont été rebaptisés "églises", il existe sans cesse de nouveaux cours, de nouvelles percées majeures, de nouveaux gains fabuleux. Et dans l'ombre, certainement, de meilleurs camouflages. Ce qui rend les écrits des dissidents faciles à démolir, parce que trop anciens. Accessoirement, cela permet plus d'inquisition, librement acceptée par chacun, puisqu'il s'agit d'empêcher que des débordements non éthiques se produisent et que des "suppressifs" aillent nuire à la scientologie.
 
Si ces gens-là atteignent un jour leur but de clarification mondiale, nous aurons gagné un monde peut-être sans haine et sans guerre, mais certainement sans amour. J'avais déjà remarqué que, lorsqu'on est dans ce milieu, on ne vit plus que par et avec lui. En dehors de la compagnie des scientologues, on n'est plus rien. Peut-être parce que le langage ne fonctionne pas de la même manière chez eux. La secte devient un cocon nourricier en dehors duquel il n'y a pas de salut, ce qui explique peut-être que certains s'y accrochent désespérément, même si tout les incite à prendre leurs jambes à leur cou.
 
On peut tout craindre de gens qui, si l'on n'est pas d'accord avec eux, voient là la preuve définitive qu'ils ont raison, puisque le contradicteur est forcément victime d'aberrations. Donc, il faut le convaincre. Ou bien le détruire.
 
Jonas Punk, août 2005

Autres témoignages / index

 
J'ai été à deux doigts de réduire mes économies
à néant à cause de l'Eglise de scientologie de Lausanne
 
Demande de remboursement
Madame la directrice de scientologie de Lausanne,
Messieurs
 
J'ai été «embarquée» dans votre mouvement début 1998, à la suite de l'achat d'un livre et de vos relances suite à cet achat, qui ont fini par me convaincre que votre organisme pouvait avoir un intérêt pour «aider les gens», ce qui faisait résonner en moi mes buts idéalistes.
 
Après avoir dépensé en tout plus de 12'999.95 CHF, (8'000 euros) toujours suite à des pressions de vente extrêmement fortes de votre part, par exemple des visites à mon domicile jusqu'à des heures avancées de la nuit, des appels téléphoniques y compris sur mon lieu de travail, et toutes sortes d'autres manoeuvres, et après avoir effectué chez vous divers services, j'ai pu me rendre compte que la valeur de ce que j'ai «reçu» n'avait rien à voir avec les sommes dépensées, et que j'avais donc lieu de me méfier de la suite.
 
Je considère d'ailleurs avoir été à deux doigts de véritablement basculer dans l'irresponsabilité, car suite à toutes vos tentatives supplémentaires d'extorsion, j'ai été à deux doigts de réduire mes économies à néant et ce n'était qu'un début selon vos dires. J'aurais donc été endettée à vie si j'avais souscrit à votre demande, pour obtenir des «services» dont la valeur n'a certainement aucun rapport avec le prix.
 
Quelle est systématiquement votre réaction face à un doute exprimé ? Vous essayez de convaincre la personne qu'elle a besoin de payer davantage, si elle n'a pas l'impression (souvent fallacieuse) d'avoir fait les progrès qu'elle attendait.
 
Quant aux preuves que je peux avancer sur les raisons que j'ai d'être devenue méfiante, citons tes demandes en dommages et intérêts faites contre la scientologie en Suisse et ailleurs.
 
Par conséquent, je vous demande instamment, à compter du reçu de mon courrier de ne plus prendre ou tenter de prendre aucun contact avec moi, de ne plus vous présenter à mon domicile et de ne pas tenter de me joindre téléphoniquement, que ce soit à mon domicile ou à mon travail.
 
Je considérerai toute tentative de votre part pour me contacter comme susceptible de déclaration à la Police et à la Justice pour tentative d'extorsion, ou abus de téléphone.
 
Rien de ce que vous pouvez avoir à dire ne m'intéresse, les explications que vous m'avez jusqu'ici fournies ne paraissant avoir qu'un but et un seul : «l'argent que je pourrais verser».
 
Extrait de jugement porté sur la scientologie :
 
«[les dossiers du Tribunal] sont emplis de preuves [que la scîemologie] n'est rien d'autre qu'une vaste entreprise destinée à extorquer un maximum d'argent de ses adeptes au moyen de théories pseudo-scientifiques ... et à exercer un chantage contre tous ceux qui ne souhaitent pas continuer au sein des rangs de la secte ... (Cour Supérieur de Los Angeles, Juge Breckenridge, dans le procès Gerry Armstrong)»
 
Compte tenu de ce qui précède, je vous prierai par ailleurs de me rembourser, dans un délai de huit jours, la totalité des sommes dépensées pour des services dans votre affaire, soit 12'999,95 CHF, somme dont vous avez le détail sur vos propres livres, et dont j'ai les factures en ma possession.
 
Passé ce délai, sachez qu'en l'absence de ce remboursement, je porterai le dossier à mon avocat en lui demandant de porter plainte pour extorsion et escroquerie, avec toutes pièces nécessaires; ne comptez pas que je vienne ou que je vous reçoive, même au téléphone, pour «régler» ce litige, car la seule communication acceptable de votre part sera le chèque de remboursement Je n'accepte pas de somme en liquide, et le chèque encaissé tiendra lieu de reçu pour solde de tout compte et mettra fin aux poursuites que je ne manquerai pas d'entreprendre si je n'ai pas satisfaction.
 
Dans l'attente de recevoir cette somme, je vous prie d'agréer, Messieurs, mes salutations distinguées.
 
Lettre à l'intention du Centre de Scientologie de Lausanne
 
J'ai bien reçu le courrier de Mme S. Montangero concernant le remboursement que j'ai demandé à recevoir dans les plus brefs délais.
 
En dépit de ma demande à ne plus être dérangée par vos appels ou courriers autres que le chèque de remboursement total, vous tentez de me reprendre sous contrôle à seule fin de me faire débourser encore plus d'argent que ce que vous m'avez déjà soutiré, et qui représente déjà une somme considérable au vu des "services" délivrés par votre organisation.
 
Ma première lettre contient l'essentiel de ma position et je ne reviendrai pas sur mes décisions. En conséquence je vous prierai de ne plus m'approcher de quelque manière que ce soit - exception faite du courrier contenant le chèque - et m'adresserai à la justice si vous ne respectez pas ma demande dans sa totalité.
 
J'attends votre chèque, (par courrier), dans les huit jours, faute de quoi j'adresserai mon dossier à un avocat.
 
Dans l'attente du prompt règlement de cette affaire, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs.
 
Mlle X, Lausanne
 
 
Remarque du Gravis :
 
Cette victime a dû passer par un avocat pour obtenir son remboursement et éviter des mois de palabres inutiles.
 
  Comment la scientologie agit pour ne pas rembourser ses victimes
 
 Une convention signée par la scientologie par peur d'un procès
 
La scientologie profite-t-elle du laxisme de nos autorités ?
 
Comment la scientologie agit pour ne pas rembourser ses victimes
 
La scientologie sait parfaitement que la plupart des personnes renonceront à leur remboursement devant son non-intention de rembourser.
 
En effet :
 
1. La scientologie invoque un règlement qui exige que les victimes viennent donner leurs raisons devant chaque responsable de l'organisation de scientologie afin d'obtenir leur remboursement. Aucune victime ne tient à palabrer avec un scientologue pour avoir raison, et qui oserait discuter ainsi des heures avec son «bourreau».
 
2. La scientologie refuse de rembourser si la demande parvient trois mois après avoir quitté les cours de scientologie. Un tel règlement n'a aucune valeur légale mais la scientologie ne cessera de l'invoquer.
 
3. La scientologie, malgré les demandes de victimes de ne plus être contactées, est connue pour tenter de récupérer à tout prix ceux qui souhaitent la quitter. (voir ci-dessus)
 
4. La scientologie considère que quitter publiquement la scientologie est un crime. Les victimes n'osent donc pas s'attaquer à une Eglise qui profère des menaces sous-entendues et qui de plus est connue pour instrumentaliser la Justice.
 
Témoigner dans les médias contre la scientologie s'est à coup sûr recevoir une série d'action de l'Office des Affaires spéciales (OSA) sur sa tête ...
 
S'attaquer juridiquement à la scientologie s'est à coup sûr s'exposer à de nombreux recours, contre-plaintes. De plus un panel de tenors du barreau défendra la scientologie sans compter que la scientologie possède son propre service juridique passé maître en non-remboursement et en instrumentalisation de la justice (voir à ce sujet notre feuilleton : $cientologie contre Jean-Luc Barbier)
 
5. La scientologie étant une entreprise pratiquant l'escroquerie en bande organisée, il serait tout de même assez étrange que les victimes obtiennent facilement leurs remboursement. Par exemple M. Barbier (président de l'AVDS) a dû attendre 7 ans avant d'obtenir son remboursement et encore à ce jour, 15 ans après les faits ..., la scientologie refuse toujours de payer ses frais d'avocat et la moindre indemnité pour atteinte à sa santé. Sans doute que pour elle cette affaire serait reconnaître ses erreurs, ce qui est totalement impossible car la scientologie, selon Ron Hubbard lui-même : NE FAIT PAS D'ERREUR ET SA TECHNOLOGIE MARCHE A 100% .... Ben voyons !
 
6. La scientologie sait parfaitement que les adeptes sont affaiblis après avoir été victimes soit d'abus de faiblesse - de contrainte - d'usure - de surdose de vitamines et de niacine. La scientologie sait également que pour certains adeptes les problèmes de santé psychique ou physiques n'ont fait que s'aggraver par la thérapie «psychiatrique» de scientologie. (voir témoignage d'Alain, un adepte victime des abus de la scientologie de Lausanne)
 
Alors, Messieurs les politiciens, cessez de faire l'autruche. Les Droits de l'Homme et le principe de responsabilité (principe de précaution) vous en remercieront.
 
Le Gravis, 7 août 2005

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