- Témoignage
de la fondatrice de l'Eglise de scientologie
- de
Genève et d'un ex-employé contraint
à ne pas parler
-
-
- «Voulez-vous
devenir immortels ?»
-
- «Scientologie
? Attention danger.»
-
- Journal
l'Illusté, 1984
- [Texte
intégral]
-
- Nom
officiel : Eglise de scientologie.
-
- Fondateur
: Lafayette Ron Hubbard. Un auteur
américain de science-fiction,
né en 1911, à la biographie
très controversée. Il
écrit, en 1948, «La Dianétique:
la science moderne de la santé
mentale», la bible de la scientologie.
-
- Enseignement
: une technique de type psychanalytique,
avec des relents d'hindouisme, de bouddhisme
et de traditions cabalistiques. Une
«philosophie religieuse appliquée.
qui enseigne que l'âme est immortelle,
apprend à manier les gens et
son environnement, promet à ses
adeptes le soulagement des souffrances,
la survie à la bombe atomique,
une meilleure aptitude à communiquer.
Terminologie souvent obscure.
-
- But
: aider l'adepte à devenir clair
» (ce qui correspond au contrôle
de son propre mental »), puis
à accéder à des
niveaux
supérieurs appelés
«OT1», «OT2»,
«OT 3», etc. (de l'anglais
operational thetan)
pour devenir plus responsable et capable
de construire un monde meilleur.
-
- Organisation
: strictement hiérarchisée.
Discipline interne sévère.
-
- Recrutement
: prosélytisme dans la rue.
Annonces dans les journaux. Offre de
passer gratuitement «un test de
personnalité», suivi d'une
proposition de suivre des cours et des
«auditions»
(payants ceux-là).
-
- Nombre
d'adeptes : 6000 en Suisse, 6 millions
dans le monde. Chiffres controversés.
Toute personne qui achète le
livre de Hubbard, qui suit un cours,
une «audition» est comptabilisée.
Ce qui fait dire aux scientologues qu'il
y a eu, en 1983, une expansion mondiale
de 600%.
|
-
- La
scientologie ?
- «
Attention, danger ! disent Cécile et
Marc
-
- Une
pleine page dans votre quotidien. «Aimeriez-vous
mieux vous comprendre et mieux comprendre les autres
?» Bien sûr. Il faut être
tombé sur la tête pour penser le contraire.
Surtout qu'il suffit de répondre à
des questions, de faire des petites coches. De plus,
c'est à l'œil. «Envoyez ce test
à l'adresse ci-dessous. Nous vous en ferons
une estimation gratuite.» Destination:
Centre de scientologie, Lausanne.
-
- «Ce
test est un appât. Derrière une belle
façade, la scientologie, c'est un engrenage,
une machine qui broie.» Et ils savent
de quoi ils parlent. Cécile a été,
plus de quatre ans la responsable de la mission
de scientologie de Genève. Marc a dirigé
également ce centre - après Cécile.
Il a aussi été membre de l'organisation
maritime. « les durs de dur de la scientologie»,
comme il dit.
-
- Eux,
ils connaissent la machine de l'intérieur.
Et ils en parlent. A visage découvert. Un
fait rare. Diagnostic de Cécile : «La
scientologie, c'est la spiritualité vénale,
la manipulation des gens.»
- «Celui
qui y entre, qui y croit, est pris, broyé
dans un rouage»
-
- Marc
ajoute : «Le fameux cours de communication,
le fer de lance de la scientologie, peut être
positif. Et l'audition (séance d'application
de la thérapie scientologique) avec ce que
cela implique de recherche sur soi-même, peut
être intéressante.» Mais
il reprend le mot «danger». Surtout
pour les jeunes. dit-il. «Il y a exploitation
d'une soif de spiritualité. Celui qui entre,
qui y croit, est pris dans un rouage, dans une machine.
Tout son temps, son argent, son énergie,
vont être consacrés à ce qu'il
croit être la seule voie et à sa propagagation.»
-
- Dans
les bouches de Cécile et de Marc les mot,
«rouage», «machine qui broie»,
reviennent constamment. Pour eux la scientologie
c'est l'engrenage. Le piège. Facile d'y entrer.
Difficile d'y voir clair. Très difficile
d'en sortir.
-
- Marc
: «A début, c'est ouvert, sympa.
Le premier cours est intéressant. Pas trop
cher. Puis, on serre la vis. Tout en vous flattant,
en chatouillant le goût du pouvoir qui est
en chacun. Si votre foi en la technique scientologique
est totale et que vous suivez les étapes,
vous pouvez devenir clair ce qui veut dire que vous
pouvez contrôler votre propre mental. Mais
il n'y a pas de répit. Cest une zone fragile,
affirme le grand maître de la scientologie,
Lafayette Ron Hubbard. Il faut monter plus haut,
grimper dans la hiérarchie. Devenir des «OT1»,
«OT2», «OT 3», etc.
Suivre des cours, des auditions toujours plus chers.
Vous n'osez plus émettre un doute, suggérer
un léger désaccord. Pour vouloir être
comme les autres. Comme les élus. Pour étre
accepté par le groupe. Pour penser selon
l'enseignement de Ron. L'auto-condi- tionnement parfait.»
-
- Des
robots ? Cécile parle des «lettres
de succès». «Après
chaque cours, après chaque fin de "cycle
d'audition", l'élève doit écrire
une lettre décrivant combien le cours, ou
l'audition, était enrichissante, formidable.
Si vous écrivez: une lettre mi-figue, mi-raisin,
alors le cours ou l'audition n'est pas reconnu et
par conséquent aucunavancement n'est possible.
D'où l'obligation d'adhérer à
100%. Bref tout le monde s'écrase et écrit
des lettres dithyrambique. Ils en ont des centaines
de milliers de ces lettres. Qu'ils peuvent sortir
à n'importe quel moment. Et dire : nous sommes
critiqués, mais lisez un peu ces témoignages.»
-
- «Se
faire rembourser ? c'est être traité
comme un paria par la secte»
-
- Cécile
cite l'exemple d'une de ses amies. «Elle
était «OT7». Soit un niveau très
élevé. Elle était dans l'orga- nisation,
membre du personnel en Angleterre. Pour arriver
à ce niveau, il faut suivre des cours, des
auditions. Cela coûte cher, très cher.
A un moment elle a fait quelques erreurs. L'organisalion
l'a en quelque sorte mise à pied. Avec application
du "contrat", soit le remboursement en
partie ou en totalilé des cours et auditions
reçus. Pour elle, cela faisait entre 100'000
el 150'000 francs (100'000 euros).»
-
- Elle
est revenue en Suisse travailler. Pour rembourser
petit à petit. Exemple affolant ?
-
- Cécile
: «Oui, mais c'esl la logique du système.
La scientologie affirme être la seule voie
vers la vérité, le seul chemin qui
mène à la puissance et à la
connaissance. Elle, elle y croit. Elle veut rester
sur ce chemin et, pour ce faire, elle est prête
à tout.» Mais ceux qui ont suivi
des cours ou des auditions et qui en sont mécontents,
peuvent se faire rembourser. Cest prévu dans
les contrats.
-
- Marc
: «C'est prévu, mais ce n'est pas facile.
L'exiger, c'est être considéré
comme un paria par tous les scientologues. La plupart
ne demandent pas le remboursement, tout heureux
de pouvoir quitter la scientologie en catimini et
de s'en tirer à bon compte (là, je
ne parle pas d'argent). Ceux qui exigent ce remboursement,
ils entrent dans des complications inouïes.»
-
- Marc
cite un exemple. Celui d'une Genevoise qui avait
pas mal d'argent, des ennuis de santé - des
nerfs pas très solides - et un goût
pour la quête spirituelle.
-
- «Elle
avait de l'argent. Les scientologues l'ont accueillie
les bras ouverts. En Floride, à la Mecque
de la scientologie. Elle a suivi des cours, s'est
fait "auditer". Et dépensé
chez les scientologues, 120'000 dollars. Là-bas,
ses nerfs ont lâché. Ils lui ont conseillé
de rentrer à Genève et de ne plus
penser à la scientologie.
-
- Elle
est rentrée bouleversée. Son corps
était vide, son compte en banque aussi. Elle
est restée prostrée dans son lit,
durant deux mois. Je venais de quitter la scientologie.
Je me suis mis en tête d'exiger le remboursement,
conformément au contrat. J'ai dû menacer
d'intenter un procès, d'ameuter les gens.
Et, avant sa mort, j'ai obtenu gain de cause. Ils
ont remboursé un peu plus de 100'000 dollars.»
-
-
- (photo
2) Marc au milieu de tous ses diplômes
et contrats. «L'administration de l'Eglise
de scientologie est un appareil incroyablement
lourd. Vous passez votre temps à rédiger
des lettres de succès, des diplômes,
à remplir des feuilles et à faire
des statistiques.»
-
- (photo
3) Mary Sue Hubbard, la femme de Ron, condamnée
à 4 ans de prison aux Etats-Unis. Elle
fut jugée pour avoir joué un rôle
actif dans l'organisation d'un service interne
à la secte chargé d'espionner
les ennemis de la scientologie
- «Mon
dossier est en Floride. Pas moyen de l'avoir.
C'est un moyen de pression»
-
- L'argent.
c'est le nerf de la guerre de la scientologie. Cécile
: «C'est curieux pour une Eglise, mais
on en parle tout le temps. D'argent, de quantités.
C'est une référence constante. Une
obsession. Vendre plus de livres de Ron Hubbard,
vendre plus de cours, augmenter le nombre du personnel,
trouver des locaux plus grands, plus beaux. L'argent,
toujours.»
-
- L'argent
aussi, comme moyen de pression. Marc : «Les
cours sont chers, surtout si vous progressez dans
la hiérarchie. Vous ne pouvez pas payer.
Donc, vous vous endettez. Un moyen d'exercer une
pression sur vous. Moi-même, selon leurs comptes,
je leur dois de l'argent et, chaque mois (Marc montre
les lettres) je reçois des rappels de Copenhague.»
-
- Y
a-t-il d'autres moyens de pression ? Cécile
montre un électromètre,
en souriant. «C'est une des mystifications
de la scientologie. L'appareil est censé
mesurer la charge mentale. L'"auditeur"
surveille l'aiguille. L'"audité"
pense que c'est une sorte de détecteur de
réactions mentales. Pas mal d'étudiants
étaient fascinés par l'appareil. lls
y voyaient une preuve de l'aspect scientifique de
la scientologie.»
-
-
- Marc
raconte un exemple de séance d'audition.
L'autre, en face de lui, qui tient deux boîtes
branchées sur un appareil. Et lui qui pose
des questions sur sa famille, sa vie privée,
sa conception de la société. ses états
d'âme. Il observe les réactions et
note tout. Chaque «audité» a
son dossier.
-
- Cécile
: «Le mien est en Floride. je crois. Pas
moyen de le récupérer. Cela peut devenir,
dans les mains des scientologues,un moyen de pression.»
-
- Conditionnement,
obsession de l'argent, moyen de pression à
entendre Cécile et Marc, la scientologie,
c'est l'enfer. Ou presque. Comment expliquentils
- maintenant - leur attirance, leur adhésion
à cette technique, cette Eglise ?
-
- Cécile
: «C'était en 1974. J'étais
en instance de séparation. A la recherche
d'une voie qui pourrait m'aider à me sortir
de mes problèmes familiaux. Qui pourrait
me revaloriser à mes propres yeux. Alors
là, avec la scientologie, je suis bien tombée
! Ce fut un hasard. Un beaufrère avait
commencé la scientologie, lu quelques livres.
Il m'a dit "Va faire un test." Je l'ai
fait. On m'a dit combien j'étais déprimée
et comment, en suivant la scientologie, je pourrais
m'en sortir et m'élever. Très bien
organisé, ce test. J'ai suivi les cours du
début : cours de communication, cours de
dianétique. Ça ma plu. Beaucoup même.
-
- Payé
cher pour ces cours ? Pas vraiment. A l'époque,
je crois. 1'000 francs français (c'était
à Paris).
-
- J'ai
voulu ouvrir une mission à Genève.
Parce que l'homme avec lequel je voulais vivre habitait
Genève et qu'il n'y avait pas ici de groupe
institué. J'ai ouvert et dirigé cette
mission en juin 75.»
-
- Marc:
«J'avais à peine plus de 20 ans lorsque
j'ai commencé la scientologie. J'étais
révolté, taraudé par un mal
de vivre. J'avais été voir du côté
de Krishna et d'autres groupes plus farfelus. Je
cherchais. Un ami m'a parlé de scientologie.
Je me suis rendu à la mission de Genève,
justement dirigée par Cécile. J'ai
été conquis. Par le grand dégagement
personnel de Cécile et par la bonne ambiance
de la petite équipe. Les structures étaient
flexibles et l'atmosphère ouverte. J'ai bien
sûr suivi les cours : communication, "chapeau
de l'étudiant" - cours pour apprendre
à apprendre. Cétait intéressant.Non,
je n'avais pas d'"auditeur". Cétait
trop cher pour moi. Mais reste une solution, dit-on
en scientologie, de progresser : devenir membre
du personnel.
-
- Ce
fut mon choix. J'ai suivi l'internat de formation
: six mois à Paris. Une vie dure, infernale.
En 1977, j'avais passé les examens pour être
auditeur. J'étais un professionnel de la
scientologie.»
-
- Cécile
: «Moi aussi, mais avec d'autres fonctions.
J'étais responsable de la mission de Genève.
Quatre à cinq personnes m'aidaient. Ils avaient
des petits boulots à côté. J'avais
tout investi : mon temps, mon énergie. Je
travaillais de 7 heures le matin à minuit.
Et je me payais moi-même : 400 à 500
francs par mois. Presque du bénévolat.
Mais c'était pour la bonne cause, la cause
que j'avais choisie.»
-
- «Il
y avait, il y a toujours je crois, une obsession
de la statistique»
-
- Les
scientologues disent que les missions sont indépendantes.
Réponse de Cécile : «On peut
choisir les cours que l'on donne, dans les limites
imposées par l'Eglise mère. Mais,
chaque semaine, il y avait des rapports à
faire, des stalisliques à fournir. Je ne
connais pas d'administration plus lourde, plus lente,
plus inefficace que l'administration de scientologie.
-
- Il
y avait, il y a encore je crois, une obcession de
la statistique. Chaque étudiant reçoit
des points pour ses moindres réponses. Il
falait que nos ventes - de livres, de cours - et
nos clients soient en perpétuelle augmentation.»
-
- Marc
: «C'était une mission. Comme à
Lausanne actuellement. Pas une Eglise de scientologie.
La différence est importante. Une "Eglise"
comme celle de Berne, c'est le noyau dur, la crème
de la crème. Une "mission", c'est
quelque chose de plus tolérant, ouvert. Qu'on
montre volontiers. Un organe de relations publiques.»
- Et
l'argent qui rentre ?
-
- Cécile
: «J'envoyais 10% des cours et des auditions
vendus à l'Eglise mère en Angleterre.
Avec le reste, je payais le loyer, l'entraînement
du personnel dans des organisations plus avancées,
les frais de publicité, les frais généraux,
les salaires. A l'époque, les auditions coûtaient
moins cher. Regardez la liste de septembre 83. Douze
heures et demie d'audition en Floride, cela coûte
entre 4'886 et 8'466 dollars. Cela fait plus de
1'000 francs l'heure (4000 francs français).
Qui peut s'offrir de la spiritualité à
ce prix ?»
-
- Marc
: «Je suis devenu membre de l'organisation
maritime, la (Sea
Org), C'est l'élite de la scientologie.
Cela correspond aux fantasmes de Ron Hubbard, le
gourou, qu'on voit toujours, sur les revues et journaux
de la scientologie, en bel uniforme de commodore,
scrutant la mer depuis le pont de son yacht "Apollo".
-
- J'étais
à Berne, un jour, une femme en uniforme m'a
jeté de la poudre aux yeux. Elle m'a dit
: "Signe !" J'étais intéressant
pour eux. J'y croyais ferme et je savais les langues.
J'ai foncé, j'ai signé. Un contrat
à vie! Dans l'organisation maritime, on signe
toujours un contrat à vie.
-
- Quelques
jours plus tard, elle m'a téléphoné.
"Ron Hubbard a besoin de toi. Tout de suite".
J'ai dit : "Formidable. Vais-je aller
sur les bateaux ?" "Oui, il y a des
chances. Mais viens tout de suite à Copenhague."
Je suis parti en stop. En février. Je
suis arrivé exténué à
Copenhague.»
-
- Cécile
: «Ça, c'est habituel en scientologie.
Comment on "manie" les gens. "Manier"
est un mot important, d'ailleurs, en scientologie.»
-
- Marc
: «Il y avait un garde à l'entrée
qui notait tout. J'ai fait une plaisanterie. 0n
m'a dit. "Arrête de faire le singe"
Et on m'a retiré mon passeport. A l'époque,
les locaux éaient petits. Bourrés
de gens. Ça allait mal pour la scientologie.
0n dormait a vingt dans une chambre. Tous s'engueulaient
à longueur de journée. La formation
était 5 heures par jour de travail physique
ou autre et 5 heures d'étude. J'ai été
dégoûté par l'atmosphère.
Cela me semblait être en totale contradiction
avec la philosophie qui m'attirait toujours autant.
J'ai obtenu mon diplôme de l'organisation
maritime, Et je suis rentré à Genève.
Je suis devenu membre du personnel de la mission.
Je n'avais toujours pas ouvert les yeux. Je me disait
: cette organisation maritime, c'est une mauvaise
application de la scientologie.
-
- Par
exemple, ceux
qui étaient punis parce qu'ils avaient émis
trop souvent des doutes ou avaient mal géré
leur poste n'avaient plus le droit de manger, de
dormir et même de parler avec les autres.
Ils étaient des parias.»
-
- Et
pourtant Marc va retourner à Copenhague.
«Là-bas, les choses avaient changé.
Il y avait plus d'argent. Ils s'étaient installés
dans un grand hôtel, avec des chambres presque
pour tour le monde. L'abondance matérielle.
J'avais toujours la même intolérance».
-
- Cécile
fut la première à craquer. Et à
quitter la scientologie. «D'ahord, parce
que le manque de résultat m'est apparu de
façon toujours plus évidente. Et à
cause du durcissement de certains membres exerçant
des pressions sur ma vie privée.»
-
- Marc
: «Mon départ a suivi de peu celui
de Cécile. Je l'avais remplacée à
la tête de l'"Eglise" de Genève.
Travail dur. Plus la plonge, le soir, dans un bistrot
jusqu'à 2 heures du matin. A mon tour, j'ai
craqué physiquement et j'ai exprimé
mon désaccord.
-
- Conséquence:
je suis passé en "éthique".
-
- Cest
le système judiciaire scientologue. exploitant
à fond le sentiment de culpabilité.
Ils m'ont envoyé à Copenhague. Pour
la troisième fois. Je nettoyais les WC. je
balayais. Avec interdiction de parler aux autres.
Et je devais avouer par écrit toutes les
erreurs que j'avais commises, tout le mal que
j'avais fait à la scientologie, entre autres.
- «J'ai
avoué tout ce qu'ils voulaient. Pour
partir au plus vite»
-
- Cette
"prison" de Copenhague n'est pas unique.
Cela existe dans toutes les "Eglises".
J'ai avoué tout ce qu'ils voulaient. Pour
partir au plus vite. Une fois rentré à
Genève, j'ai écrit une lettre à
ma femme : "Je pars me cacher dans un chalet.
Je quitte la scientologie."
-
- Situation
bizarre : ma femme était l'officier d'éthique
(terme militaire pour la personne responsable
de la discipline et de la doctrine). Son rôle
: faire comprendre aux gens leurs failles et comment
ils devaient se racheter. Elle ne voulait plus me
voir tant que je ne m'étais pas racheté
aux yeux de la scientologie. Er c'est elle qui est
devenue directrice du centre de Genève, foncrion
qu'elle a dû abandonner assez rapidement.
Ils' l'ont virée. Elle était mon épouse,
donc une source porentielle d'ennuis. Elle fut très
désemparée. Elle estimait que par
ma faure, sa seule voie spirituelle lui était
coupée.
- Leur
but : me faire signer un papier promettant que
je n'attaquerai jamais la scientologie.
-
- Moi,
je voulais revoir ma femme. Ils ont joué
là-dessus. Ils sont venus me voir à
cinq, du "Guardian's
Office" de Berne, de la secrion "info".
C'était la police secrète de la scientologie
(Il est possible qu'elle ait changé de nom
en gardant la même fonction. Voir
OSA, note du Gravis)
-
- Leur
but : me faire signer un papier promettant que
je n'attaquerai jamais la scientologie. J'ai
fini par écrire une lettre, selon laquelle
je ne ferai rien contre la scientologie, mais
je me réservais le droit de témoigner
et de raconter mon expérience.»
-
- Cécile
et Marc parlent. Ils racontent leur voyage à
l'intérieur de la scientologie. Ils posent
aussi des questions. «Ron Hubbard est-il
encore vivant ? Pourquoi sa femme, Mary Sue, est-elle
en prison ? Pourquoi son fils, Ron DeWolf a-t-il
traduit en justice les dirigeants de l'Eglise fondée
par son père, les accusant soit de cacher
sa mort, soit de le séquestrer?»
-
- Ils
souhaitent aussi que soit créé, en
Suisse, un centre qui collecte toutes les informations
sur la scientologie et les autres "sectes".
«Un centre, ajoutentils, bien sûr
indépendant de toute Eglise.»
-
- Mais
ils ne citent pas de nom. Ils ne veulent pas régler
des comptes. Seulement témoigner. Et lancer
un avertissement. «Scientologie ? Attention
danger.»
-
- Propos
recueillis par
- Pierre
Pauchard
-
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