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- Mon
nom est Tonya Burden
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Mon nom est Tonya Burden, de Las Vegas, Nevada. J'ai 20 ans.
Vers le 3 Mars 1973, alors que j'avais treize ans, mon père et ma mère
furent recrutés en scientologie. J'ai moi-même été recrutée en scientologie par
Billy Kohn et j'ai signé mon contrat d'un milliard d'années à la Sea Org
(Organisation Maritime, "l'élite" de la secte, ndt) vers la même date.
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Kohn nous avait déclaré que nous serions en poste dans les locaux de Las
Vegas, que nous aurions un espace bien meublé et suffisamment grand, que nous
mangerions bien et gagnerions assez d'argent, et que nous disposerions aussi de
deux jours de sortie par semaine. Papa vendit sa Cadillac et ses voitures de
sport, et nous partîmes pour Los Angeles avec le recruteur.
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La Scientologie me plaça dans "l'organisation des Cadets" tandis que mes
parents étaient affectés à l'Organisation Saint Hill Américaine (ASHO en
abrégé). L'org des cadets était dirigée par Dorothy Jefferson et située 811
Beacon Street à Los Angeles, dans un bâtiment de deux étages qui abritait
environ 400 enfants. Elle avait pour but d'enseigner la scientologie aux
enfants. Mes obligations consistaient à nourrir, laver et prendre soin des
enfants. Une autre fille et moi étions les aînées des enfants. Les conditions
de vie étaient ignobles. Il y avait des morceaux de vitres cassées par terre,
des fils éléctriques dénudés là où jouaient les enfants. On nous nourrissait
mal. On nous a plusieurs fois servi du lait contenant des cafards. On ôtait les
cafards à la main avant de servir à table. En plus de m'occuper des enfants, je
devais nettoyer les toilettes chaque jour. J'ai écrit à L. Ron Hubbard pour lui
expliquer les conditions, mais rien n'a changé.
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On ne laissait pas les enfants avec leurs parents. La scientologie
autorisait une visite tous les quinze jours, et seulement pendant trois quarts
d'heure à l'heure des repas. Mes parents furent placés à l'ASHO et quittèrent la
scientologie en Septembre 1973, alors que j'étais à bord du navire
Apollo.
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Un homme arriva de Flag (QG de la secte, ndt) à l'org des cadets. Le QG de
Flag était à bord de l'Apollo. Ce type parla de la "Source", c'est à dire, L.
Ron Hubbard. Hubbard avait besoin de "messagères" et d'autres gens pour
travailler à bord du bateau.
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J'ai quitté l'org des cadets au bout d'environ trois mois, pour aller à
FOLO, autre service scientologique logé au "Manor" de Franklin Street à Los
Angeles. On me mit au service "FRU" (Unité Préparation de Flag) chez FOLO. C'est
Chuck Pierce qui dirigeait l'unité. Le programme était destiné à faire passer
des "vérifications de sécurité" pour s'assurer que les gens conviendraient comme
sujets d' Hubbard à bord de l'Apollo.
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Pendant les questionnaires, ils cherchaient à savoir si j'étais liée à des
"personnes suppressives" - c'est à dire des gens hostiles à la secte. On me fit
passer un test de personnalité, un autre de QI, et d'autres encore. Je reçus de
l'endoctrinement (lavage de cerveau) pendant trois mois. Et finalement, on
m'accepta et on m'envoya au Briefing.
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Le Briefing eût lieu en Août 73 ou vers cette période. C'est Peter Cook
qui m'instruisit pour donner certaines réponses à des questions que pourraient
poser des non-scientologues. Il s'agissait surtout de pouvoir répondre aux
questions qu'on me poserait à terre, quand je serais nommée à bord de l'Apollo.
Nombre des choses qu'on m'apprit étaient des mensonges. La localisation et les
activités de l'Apollo demeuraient secrètes. On me disait que si un agent des
douanes ou autre non-scientologue me posait une question sur la destination, il
faudrait répondre que j'étais "en transit".
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- Apprendre
à mentir
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Peter Cook m'instruisit sur le récit "de couverture"; il fallait dire que
j'étais "en transit"sur OTC (Corporation Opera- tion Transport"), une unité
d'enseignement de la gestion à bord du bateau. Il m'a démontré ce que c'était en
se servant de "démonstration en pâte à modeler": il faisait un bateau, des
bonshommes en pâte, et imitait les interactions avec les autres gens, de façon à
ce que je donne les réponses standardisées.
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J'ai pris l'avion pour New York après ça, et j'ai été reçue par Kevin
Campbell. Il travaillait dans un bâtiment à New York, aidant RONY. J'ai appris
ensuite que RONY était une liaison recevant des télex codés depuis l'Apollo,
télexes ensuite rééxpédiés à d'autres "orgs" dans le monde. Une fois à bord, je
rencontrerais Mike Henderson, qui prenait les messages du bateau et les envoyait
à RONY. Parfois, Henderson recevait les télex de Rony à terre. Je compris ces
principes une fois messagère de L. Ron Hubbard.
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Campbell me mit sur un avion et me dit de rencontrer Chuck Adams à
destination: Lisbonne. Au Portugal, je rencontrais Adams qui m'informa que le
bateau avait pris la mer. Quelques heures plus tard, il sut que la desti- nation
était Madère. On me mit sur un avion vers Madrid, où je changeais d'avion pour
aller à l'île de Madère.
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Questionnée par les agents de la douane, je leur dis que j'étais "en
transit"; je pris le taxi qui m'amena à l'Apollo.
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Je vis donc l'Apollo pour le première fois, et fut très déçue de son état
lamentable. Une fois à bord, on me mit sous la garde d'un "buddy" (un
instructeur) qui devait m'apprendre le bateau en deux jours. C'était l'un des
cinq bateaux que la scientologie utilisait, et depuis lesquels Hubbard dirigeait
les organisations du monde entier. Il y avait environ 3 à 500 membres de la "Sea
Org" à bord. On me mit dans une couchette dans les dortoirs des femmes, et je
fus assignée à l'EPF "Projet Force des Biens".
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- L'EPF
le "Projet Force des Biens"
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L'EPF servait à juger quelle était la résistance de la personne. On me
dit que ça me transformerait en "un vrai marin". A l'EPF, on démarrait à 6
heures du matin. Je nettoyais des vêtements de 6 heures à midi sans interruption
ni casse-croûte. On lavait les vêtements à la main dans une cuvette, et il
fallait rincer dans TREIZE cuvettes séparées. Puis les suspendre pour les faire
sècher.
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Ensuite, on avait une heure pour déjeûner et on m'envoyait nettoyer les
cabines. Il fallait que l'inspection "gants blancs" soit convenable, c'est à
dire que l'inspecteur passait les gants blancs dans les coins etc; s'il trouvait
des traces de poussière ou autre, on me forçait à faire des tours de bateau en
courant, avant de me renvoyer au nettoyage. Un tour de bateau fait dans les 3 ou
400 mètres. La journée s'achevait vers minuit.
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Les jours de pluie, il fallait repasser les vètements pour les faire
sècher. Cela voulait dire repasser la matin et le soir. Et plus d'une fois,
toute la nuit, en terminant à 6 heures du matin. Il m'arrivait de passer trois
ou quatre jours sans dormir. Je tombai un jour de sommeil sur la table de
repassage, le fer à la main. Ma supérieure, Doreen Gilliam, me prit en train de
dormir et me cria dessus comme une folle. Elle m'envoya faire des tours de pont
en courant et m'assigna "une condition de doute", c'est à dire qu'il fallait que
je fasse 15 heures de "projet- travail-amende", en supplément du reste, aux
heures des repas ou de repos, jusqu'à ce que j'ai fini mon projet. Pendant toute
cette punition, je n'avais pas le droit de parler à quiconque, je mangeais
seule; et finalement, j'ai parlé, et j'ai dit que j'en avais assez. On m'a
expédiée voir le Commandant des Messagères, qui me punit d'un mois de cuisine,
où je lavais les plats et les casseroles. J'ai fait ça tout un mois et suis
retournée sur l'EPF.
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L'EPF était comme une prison. Il fallait que je m'adresse à tous les gens
en leur disant "Sir", et on me laissait seulement quinze minutes pour manger.On
ne me laissa quitter l'EPF que quand j'eus fait mes preuves. J'avais le cerveau
complètement lavé pour bien obéir aux ordres. On me donnait 2,9 dollars par
semaine (20 F, ndt) pour ce travail.
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Pendant que j'étais sur l'EPF, je n'entendis jamais parler de mes
parents, ni lettres, ni appels téléphoniques. A bord, je reçus un télex de Peter
Albert, qui était Chef de la Justice sur le Continent à FOLO: il m'informait que
mon père avait été déclaré par la scientologie "Personne Suppressive": ils
disaient qu'il était un 'espion' ennemi de la scientologie'. J'ai commencé à
pleurer et demandé à m'en aller en leur disant que je pourrai convaincre mon
papa de revenir en scientologie.
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Dede Riesdorf, le "supercargo" (niveau adjudant) de notre "org" ne me
permit pas de m'en aller. Je lui ai expliqué que je voulais réunir mon papa et
ma maman, mais elle refusa. Elle me dit alors de "déconnecter" parce que mes
parents étaient tous deux des SPs (personnes suppressives, une injure maximale
au sein de la secte). La déconnexion, ça voulait dire: plus aucun contact avec
mes parents. Ils m'expliquèrent que mes parents ne feraient pas leur chemin dans
la vie, mais que moi, si.
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Tony Armstrong, l'officier commandant, m'assigna une autre "condition de
doute" et me renvoya sur l'EPF. Elle disait que si je voulais partir, il fallait
que je retourne à l'EPF. On m'assigna automatiquement les quinze heures de
"projet travail amende" de la condition de doute. Je repris l'horaire 6 heures
minuit, travaillant parfois 24 heures par jour. Un mois plus tard, on me renvoya
étudier les "Routines d'Entraînement", les "TRs".
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Pendant ces exercices, deux personnes et moi devions porter les messages
de LRH. Il fallait l'écouter, le répéter de la même manière, et faire les
saluts.
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- Servante
de Ron Hubbard...
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Faire "l' Ombre" faisait partie du lot
: c'est comme ça que j'ai appris à
servir LRH. J'ai suivi une autre messagère pour l'observer quand elle lui
passait sa casquette, allumait ses cigarettes, lui portait le cendrier, et
préparait ses habits. Finalement, je fis ça aussi.
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Etant sa servante, je m'asseyais dehors à la porte, et je l'aidais à se
tirer du lit quand il appelait "Messagère !". Je réagissais en lui allumant ses
cigarettes, en portant le cendrier, en préparant ses toilettes, et en l'aidant à
s'habiller. Après, je passais dans son bureau pour le vérifier, et je passais
l'inspection gants blancs. Il se fichait très souvent en colère quand il voyait
une poussière ou qu'il sentait le savon sur ses habits. C'est pour ça que nous
utilisions treize cuvette successives pour rincer.
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Après, je lui préparais sa salle d'audition: il s'auditait lui-même. Je
lui préparais un casse-croûte. Il se faisait des séances d'audition de plusieurs
heures. Plus tard, je faisais passer ses messages: je les amenais à la pièce de
télex, d'où ils partaient vers les orgs à terre. Ils partaient parfois des ports
quand nous étions à l'ancre.
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- Violation
des Droits de l'Homme
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Quand j'étais à bord du bateau, j'ai observé pas mal de punitions pour des
péccadilles ou des erreurs sans impor- tance par rapport aux règlements très
stricts d'Hubbard. A plusieurs reprises, j'ai vu des gens expédiés dans les
puits d'ancre du bateau sur ordre direct d'Hubbard. Ces endroits étaient
minuscules, sales et puants, et couverts de rouille. J'ai vu un gamin gardé là
pendant trente nuits, hurlant et pleurant pour qu'on le libère. On ne le
laissait sortir que pour aller nettoyer les boues là où l'eau passe. Je crois
que son 'crime' était de s'être servi d'un instru- ment de musique, une flûte,
sans permission. J'ai aussi vu un garçon et une fille jetés là-dedans parce
qu'ils avaient eu des relations romantiques avec d'autres personnes. Hubbard
interdisait fanatiquement les relations sexuelles, ou "out-2D" comme ils disent.
Les gens mariés avaient le droit de se voir, mais c'était très contrôlé
aussi.
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- Un
gros mensonge
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LRH me raconta qu'il vendait le bateau et qu'on allait à terre. On le
vendit vers Octobre 1975. Quelques 500 personnes arrivèrent à Daytona Beach. On
loua plusieurs hotels là-bas. Quelques mois plus tard, on partit pour
Clearwater, au Fort Harrison. Hubbard commença par appeler la sciento "Les
Eglises Unifiées", alors qu'aucune église n'était en jeu. Finalement, le Maire
Cazarès découvrit que ce nom cachait la scientologie.
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J'ai découvert tout ça en lisant des papiers de relations publiques, que
des officiers de relations publiques prépa- raient, et qui expliquaient ce
qu'était la façade des "Eglises Unifiées".
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- La
discipline scientologue
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Au Fort Harrison, des gardes de la sécurité gardaient les sorties pour
empècher les staffs de filer à l'anglaise , on dit "blower" en scientologie. On
ne permettait pas aux gens de s'en aller. Il y en a trente ou 40 qui ont essayé.
Ils se faisaient reprendre et envoyer au "RPF" (Projet Force de Réhabilitation),
un camp de concentration scientologique où les gens qui "présentent une menace
envers la sécurité" sont sous bonne garde. Le RPF était dans un entrepôt du Fort
Harrison.
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Certains eurent le droit de s'en aller après avoir passé par les
"vérifications de sécurité", avoir été fouillés, s'être fait confisquer les
livres et matériaux scientologiques, même ceux qu'ils avaient payés. Il leur
fallait aussi signer des documents sur leurs "crimes" et divers autres préparés
par l'Office du Gardien, le "GO", qui est le bras armé de la
scientologie.
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Une fois au Fort Harrison, je suis restée messagère de LRH. J'observais le
contrôle exercé par LRH sur les diverses orgs du monde entier, depuis le Fort
Harrison. Il se servait d'une quinzaine de codes différents pour cacher ses
opérations, programmes et règlements qu'il envoyait au monde entier. J'ai
personnellement délivré des messages concernant l'opération "Snowwhite" (blanc
comme neige), Freakout (Déboussoler), ou "Goldmine (mine dor), ainsi que
d'autres opérations scientologiques secrètes et illégales. J'ai aussi classé ces
opérations dans les classseurs personnels d'Hubbard, et ensuite, dans ceux du
GO.
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Toutes les communications télex transitaient par les
messagères; les télex étaient codés en direction de Los Angeles, Office du
Guardien; Folo; RONY; Afrique; Henning Hedt; Arthur Maren, Jane Kember et
quelques autres endroits et individus. On expédiait des télex dans les bureaux
GO du monde entier. Un des télex demandait des tuyaux sur l'éducation du Maire
Casarès. Il la trouva grâce à un détective privé.
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LRH déclarait que des gens étaient des suppressifs quand ils filaient de
la scientologie. il envoyait des télex aux Offices du Guardien avec leur liste.
J'ai vu les noms de ceux qu'il déclarait suppressifs.
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En Février 1976, LRH quitta Clearwater pour New York. J'ai continué le
même travail qu'avant, codage et déco- dage, mais pour le compte du GO. Je
recevais quantité de messages d'Hubbard. Quand il partit à La Quinta en
Californie, j'ai continué le même train-train codage-décodage, sept jours par
semaine, jusqu'en Août 1977.
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- Le
RPF, "Redemptory Project Force"
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En Août, j'ai refusé d'obéir à un certain ordre et on m'expédia aux
cuisines où je dus faire les mêmes tâches abjectes jusqu'à ce que je sois cassée
émotionnellement, et qu'on m'expédie au RPF sous les ordres directs
d'Hubbard.
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Au RPF, on est étiqueté comme "traître" et forcé à travailler 18 heures
par jour, souvent nourris de quelque riz et haricots à l'eau. J'ai
personnellement pu voir une personne enchaînée aux tuyauteries de la chaufferie
du Fort Harrison pendant des semaines. J'ai vu des gens du RPF qui hurlaient et
pleuraient constamment pendant "l'audition à l'électromètre" (un pseudo
détecteur de mensonges utilisé pendant l'audition). Les prisonniers du RPF
étaient forcés à "auditer" pour faire sauter leurs "buts malfaisants" contre
Hubbard et la Scientologie. J'ai pleuré à peu près tout le temps que j'étais au
RPF.
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Finalement, en Novembre 1977, j'ai décidé de m'échapper. Vers 4h30 du
matin, j'ai volé les clefs d'un garde qui dormait à la porte de notre chambrée.
J'ai passé par une conduite d'aération en rampant, et vu le téléphone. J'ai
appelé mon père et lui ai tout raconté. Il m'a dit qu'il envoyait mon oncle me
prendre à Fort Lauderdale. J'ai convaincu les officiers du RPF que mon oncle
était un VIP aux "Dauphins de Miami" - ce n'était pas vrai - qu'il avait demandé
à me voir, et que ça pourrait faire mauvais effet s'il ne pouvait me voir. J'ai
pu finalement m'échapper grâce à lui et je suis revenue à Las Vegas.
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A peu près quinze jours après mon retour, deux agents d'Hubbard sont venus
chez moi en disant qu'Hubbard voulait me voir. Je leur ai dit que je ne
reviendrai jamais plus. Mais ils m'ont demandé de venir boire un café, et j'ai
accepté. Je suis montée devant dans la voiture, entre eux deux. Au bout de
quelques minutes, j'ai remarqué qu'ils prenaient l'autoroute., et j'ai demandé
où on allait. Ils m'ont dit qu'on partait voir Hubbard à Los Angeles.
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On m'a enfermée en arrivant, et forcée à faire une "vérification de
sécurité" à l'électromètre. J'avais terriblement peur, je pleurais, je leur ai
dit qu'il y avait une réunion de famille pendant le week-end, que j'avais des
parents et des amis policiers à Las Vegas, qu'il fallait que je rentre pour les
vacances. Je les ai convaincus de me relâcher, et je suis revenue en bus à la
maison. Des semaines durant, ils ont continué à m'appeler pour savoir quand je
reviendrai. J'ai dit: JAMAIS.
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- 2,5
dollars comme salaire
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J'ai passé cinq ans entre 13 et 18 ans, en scientologie. On m'a payé dans
les 2,5 dollars par semaine, et une fois, 17,5 dollars. Je n'ai eu aucune
formation; en réalité, on montrait de fausses classes aux officiels de
l'éduication de Clearwater pour les empècher de découvrir que nous dormions par
terre dans des entrepôts, parfois sans même un matelas.
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L'organisation détient encore dans les 800 dollars d'affaires
m'appartenant. Quand je leur ai demandé de me les renvoyer, ils m'ont facturé
pour 58'000 dollars [de formation supposée, ndt], je leur ai réexpédié la
facture; ils m'en ont renvoyé une de 36'005,70 dollars, jointe à ma
déclaration.
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En Décembre 1979, après une action de groupe en justice contre la
scientologie par divers anciens membres, j'ai obtenu une "proclamation
d'amnistie" [d'Hubbard] que je joins également. Il se peut que certains anciens
membres puissent se faire avoir par cette "amnistie" et qu'ils retournent en
scientologie. J'ai très peur pour eux, car je sais ce qu'on y trouve. J'espère
seulement que le public apprendra ce que fait Hubbard.
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Les faits dont j'ai personnellement connaissance dans l'affidavit présent
sont vrais. Je crois que les autres faits dont je n'ai pas personnellement
connaissance mais qui sont basés sur mes informations et sur ce que je crois
sont également vrais. Les dates sont citées au mieux de mes souvenirs, mais je
ne suis pas strictement sûre de leur exactitude.
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Signé sous peine de pénalité de parjure ce 25 Janvier 1980, à Las
Vegas
- Tonya C. Burden de Las Vegas, Nevada.
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