La scientologie s’affiche à la télévision avec un faux-nez

 

source : BULLES (ADFI)
lefigaro.fr. 21 avril 2006 par Charlotte Menegaux
[Texte intégral]
 
C’est le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui a tiré la sonnette d’alarme : une vingtaine de chaînes de télévision locales ont diffusé à leur insu des spots provenant des Scientologues.
 
C’est un spot tout ce qu’il y a de plus anodin. Avec, évidemment, un thème fédérateur : le football. On y voit un petit garçon laissé à l’écart lors d’un match. Il décide alors de montrer ce qu’il sait faire et marque un but impressionnant. Morale de l’histoire : «Ne faites pas de discrimination».
 
C’est cette bluette qu’une vingtaine de chaînes locales et régionales de l’Hexagone ont diffusé ces derniers mois. Son auteur : «l’Association internationale des jeunes pour les Droits de l’Homme», une «filiale» de l'Eglise de scientologie qui ne cache pas son origine… mais qui ne l’annonce pas très clairement non plus. Au terme du clip apparaît l’adresse d’un site Internet dont le contenu fait référence à l’Eglise de Scientologie.

Mention discrète

«C’est là tout le problème s’indigne Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), interrogé par lefigaro.fr. Leur tactique est perverse, ils avancent masqués». Faux, réplique Agnès Bron, des relations publiques de l’Eglise de scientologie. «Il y a un grand mensonge autour de ces clips. La mention de notre contribution était clairement inscrite sur le DVD envoyé aux chaînes», assure-t-elle au figaro.fr. Un argument que balaye le président de la mission interministérielle : «C’est comme les lignes en petits caractères dans les contrats d’assurance, c’est mentionné mais c’est discret».
 
Après avoir été alerté par un téléspectateur du sud-ouest, le président de la Miviludes constate qu'effecti- vement, plusieurs chaînes diffusent les clips vidéo de « l’Association internationale des jeunes pour les Droits de l’Homme ». « Sans en connaître l’origine », estime-t-il. Il décide alors de prendre les choses en main. Et écrit, le 22 février au Conseil Supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour signaler l'envoi à plusieurs médias «de différents messages vidéos assurant la propagande indirecte de ce mouvement sectaire».

Le 4 avril, le CSA décide d'informer les télévisions et les radios sur «les liens existants entre cette asso- ciation et l'Église de scientologie». D’après le conseil, l'association concernée «aurait tenté, à l'occasion de journées consacrées à des grandes causes humanitaires (la Journée de l'enfant et la Journée internationale des droits de l'homme), de faire diffuser gratuitement par des services de télévision trois courts messages sur les thèmes de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la discrimination, de la liberté de pensée et de la liberté d'expression».
 
Interrogée, Catherine Picard, présidente de l’Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu Victimes de Sectes (Unadfi) tempête contre les méthodes de la scientologie qui veut ainsi «se racheter une virginité» : «Ce mouvement est sectaire, ne l’oublions pas. Ce genre d’opération n’est qu’une vaste opération marketing lancée pour se racheter une respectabilité. Il va toujours là où est le désarroi», déplore-t-elle.
 

Les sectes s’accrochent aux cités populaires

"La scientologie n'est pas loin de s’attribuer les mérites
du retour au calme rapide dans la cité d'Aulnay-sous-Bois !"
L'Humanité, 26 avril 2006
[Texte intégral]

Les banlieues populaires, nouvelle destination des sectes, à la recherche de respectabilité, de nouveaux adeptes et de perspective d’un pactole financier, selon un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

L’Église de scientologie a investi les cités depuis les émeutes urbaines de l’automne 2005 pour revendiquer une action humanitaire en faveur des populations pauvres. Depuis cet événement, des associations sectaires, émanant de l’Église de scientologie, ciblent des quartiers, vont à la rencontre des habitants en choisissant un thème traitant du malaise des banlieues, tel que la drogue, le chômage, les discriminations ou le logement.

Certaines n’hésitent pas à proposer des cours de soutien scolaire à domicile ou de l’aide à la rédaction de CV. Une manière de faire du prosélytisme, sans en avoir l’air. Si la Miviludes estime «préoccupante» cette présence, elle signale que les cas recensés «ne sont pas légion». Mais elle appelle à la vigilance face à un «risque sectaire potentiel dans ce domaine».

Elle cite un communiqué du 25 novembre 2005 de l’Église de scientologie qui, «après deux semaines de présence revendiquée à Aulnay-sous-Bois (...), n’est pas loin de s’attribuer les mérites du retour au calme rapide dans la cité». À quand le retour des politiques dans les quartiers populaires, seul rempart contre les sectes ?

M. K.

 
Les dérives de l'association scientologue
"Youth for Human Rights International"

Propos diffamatoires de la porte-parole de l'association "Des jeunes pour les Droits de l'Homme", une association fondée par la scientologie (forum fr.soc.sectes - 6 décembre 2007)

Lettre ouverte à Agnès Bron, porte-parole de l'association scientologue "Les jeunes pour les Droits de l'Homme" -("Youth for Human rights International") (forum fr.soc.sectes - 7 décembre 2007)