LA SCIENTOLOGIE EN SUISSE

EN SUISSE LA SCIENTOLOGIE N'EST PAS UNE RELIGION

La thérapie de la scientologie est dangereuse

Elle est fondée sur aucune recherche médicale et présente des risques élevés pour la santé mentale et physique

EXPERTISE DE LA SCIENTOLOGIE
par Hans Kind
Prof. Dr. méd. Ancien directeur de la Policlinique psychiatrique
de l'Hôpital universitaire de Zürich
mars 1989

ARTICLES DE PRESSE CONCERNANT LA SCIENTOLOGIE EN SUISSE
 
2006

Une pétition antiscientologue dort dans les tiroirs de l’Etat (24heures - 29 juin 2006)

TÉMOIGNAGE: «Lorsqu’ils m’ont demandé mes économies, j’ai dit stop» (24heures - 29 juin 2006)

La scientologie retire sa plainte contre le président de l'AVDS, Jean-Luc Barbier (Tribunal Porrentruy - 29 mai 2006)

Pétition "Pour un contrôle de la thérapie de la scientologie": Le Conseil d'État du canton de Vaud donnera sa réponse en mai 2006 (Anti-scientologie - 14 avril 2006)

Que fera le Conseiller d'Etat vaudois Jean-Claude Mermoud (UDC) en charge du dossier ? (Le Gravis - 14 avril 2006)

DIRE: Un département au don de voyance ! (Le Gravis - 14 avril 2006)

Les danger de la thérapie de la scientologie (Le Gravis - 14 avril 2006)

Texte de la pétition "Pour un contrôle de la thérapie de la scientologie" (AVDS - septembre 2004)

Le Parlement vaudois dit oui au contrôle de la scientologie (24Heures - 29 septembre 2004)

Ce que devraient savoir nos autorités:

  Témoignages vidéo de victimes de la scientologie

  Témoignages de victimes suisses de la scientologie

  Les nombreuses condamnations de la Scientologie en Suisse et dans le monde

Quelle politique mettre en place face aux dérives sectaires:

Rencontre avec le professeur Louis-Léon Cristians de l'Université Catholique de Louvain (6 avril 2006)

Remarques d'anti-scientologie:

Les limites de la lutte contre les dérives sectaires en Suisse (Anti-scientologie - 14 avril 2006)

A Fribourg les scientologues se cachent dans un hôtel pour happer de nouvelles victimes (Laliberte.ch - 11.01.06)

disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2006
 
2005
Vidéo 1 English version (Real player):
«Tom Cruise coincé dans le placard» feat. Ron Hubbard réincarné
Une vidéo hilarante sur les méthodes de la scientologie et sesniveaux secrets OT.
Vidéo satirique présentant l'initiation suprême de la scientologie et ses méthodes de manipulation
(Southparkstudios.com - novembre 2005)
Vidéo 2 avec sous titrage en français:
La vidéo «Trapped in the closet» avec sous titrage en français (Suivre les 3 étapes indiquées)
Sous-titrages (format .srt) et vidéo (fichier .wmv)
à télécharger chez nos amis d'info-sectes (www.info-sectes.ch)
 
Zurich : Les ex-scientologues à Zurich ont peur de représailles (18 mars 2005)
 
Pétition de l'AVDS pour l'interdiction des stands de scientologie: Le parlement jurassien rejette la pétition, elle était mal formulée (23 février 2005)
 
La scientologie condamnée devant le Parlement jurassien: elle ne pourra plus tenir le moindre stand dans la capitale jurassienne  (23 février 2005)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2005
 
2004
 
Témoignage: La scientologie, son racisme et ses méthodes de vente abusives (décembre 2004)
 
Témoignage: Méthode de dessin-peinture Aimé Venel et infiltration de la scientologie (novembre 2004)
 
IAS: Liste des membres de l'IAS (International Association of Scientologist) (Novembre 2004)
 
Télévision suisse romande: Scientologie en ligne de mire (29 septembre 2004)
 
Vaud: Le Parlement dit oui à la pétition pour un contrôle de la thérapie scientologue (29 septembre 2004)
 
Vaud: Rapport de la commission des pétitions (juin 2004)
 
La Chaux-de-Fonds: La scientologie menace une partie de la population (29 juin 2004)
 
Jura: Nouvelles attaques contre le président de l'AVDS (septembre 2004)
 
Fribourg: Une émanation de la scientologie à Fribourg-Centre (24 septembre 2004)
 
Fribourg: Le CCHR met en danger les personnes malade (24 septembre 2004)
 
Jura: Plainte de la scientologie contre le président de l'AVDS classée (avril 2004)
 
Genève: Le recteur de l'université abusé par la secte Falun Gong (avril 2004)
 
Polémique: Nicolas Sarkozy critiqué pour avoir reçu Tom Cruise (3 septembre 2004)
 
Captation de prestige: Dieu et les stars (19 juin 2004)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2004
 
2003
Droit pénal: La scientologie hors la loi (décembre 2003)
Zurich: Les écoliers zurichois pour cible (novembre 2003)
Lucerne: Pas d'autorisation pour une école privée de Littau (août 2003)
Lausanne: 15 jours de prison pour la présidente de la scientologie (juin 2003)
Lausanne: Coup dur pour les scientologues (mai 2003)
Lausanne: En tant que présidente elle aurait dû donner l'exemple (mai 2003)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2000-2003
 
2002
 
Valais: La scientologie arrive sous couvert des droits de l'Homme (janvier 2002)
Tribunal fédéral: Scientologues et Moon déboutés. Informer sur les sectes et leurs abus est Å“uvre d'utilité publique (février 2002)
Lausanne: La présidente de la scientologie évite la prison (mai 2002)
Genève: Les scientologues écrivent à tous les enseignants genevois (juin 2002)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2000-2003
 
2001
 
Montreux: le groupe de swing «The Jive Aces» roule pour la scientologie  (juillet 2001)
Lausanne: La justice approuve Lausanne qui limite la propagande scientologue (juillet 2001)
Zurich: Plainte sans fondement contre la presse (mars 2001)
Procès de l'OTS: Les ambiguïté de la notion de manipulation mentale (avril 2001)
Genève: Un médecin acquitté (janvier 2001)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2000-2003
 
2000
 
Rapport 2000: Département fédéral de justice et police (décembre 2000)
Conclusions et recommandations du rapport 2000 concernant la scientologie (décembre 2000)
Bâle-Ville: Décisions des autorités concernant la scientologie (décembre 2000)
Zurich-ville: Décisions des autorités concernant la scientologie (décembre 2000)
Zurich-canton: Décisions des autorités concernant la scientologie (décembre 2000)
Lausanne: Décisions des autorités concernant la scientologie (décembre 2000)
Lucerne: Décisions des autorités concernant la scientologie (décembre 2000)
Analyse de l'UNADFI: Peu de mesures sont prises en Suisse contre les sectes (mai 2000)
Genève: L'ombre de la scientologie plane sur le procès d'un médecin (mai 2000)
Lausanne: peine confirmée contre la présidente de scientologie (mars 2000)
Lausanne: la présidente condamnée à 10 jours de prison (janvier 2000)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 2000-2003
 
1999
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1998-1999
 
1998
 
Rejet d'une proposition de loi pour les associations (octobre 98)
Quelles règles pour les associations ?
Proposition d'une obligation d'inscription au Registre du commerce
Retrait de cerésolution proposée par le Conseil d'Etat
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1998-1999
 

1997
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1995-1997
 
1996
 
Düsseldorf: Selon un rapport la scientologie agit de manière «totalitaire» (janvier 1996)
Vaud: Le pasteur Bernard Pasche à Pully nous rend attentif à ce qui caractérise une secte (1996?)
Interlaken: Au Congrès de criminologie on a beaucoup parlé de médiateur. Mais la voie explorer semble plutôt une meilleure information (1996?)
St Gall: Plainte de la scientologie contre une conférencière classée. La justice refuse le statut de religion à la scientologie (1996)
Vaud: Le Parlement s'inquiète à son tour des menaces du pouvoir parareligieux (mai 1996)
Infiltration: Au Tribunal Fédéral le juge Roland Schneider happé par une secte (31 octobre 1996)
 
Genève : Pétition du GPFI contre la scientologie acceptée (septembre 1996)
Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur la pétition du Groupement pour la protection de la famille et des individus demandant des mesures contre la scientologie
Première intervention : Mme Evelyne Strubin (AdG)
Deuxième intervention: M. Roger Beer (Radical)
Troisième intervention: M. René Longet (Socialiste)
Quatrième intervention: M. Gérard Ramseyer, conseiller d'Etat
 
Genève : "contre-pétition" de la scientologie classée (décembre 1996)
Rapport de la commission des pétitions
Pétition de l'UNion contre l'Intolérance Religieuse (UNIR), une association scientologue
Audition de Me François Bellanger et de M. Bernard Pellegrini, secrétaire adjoint au DJPT
Le rapport du groupe d'experts genevois
Discussion et conclusion
Débat
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1995-1997
 

1995
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1995-1997
 
1994
 
Lausanne: Le geste désespéré d'un jeune qui avait peur de retourner chez les scientologues
WISE: Enquête du journal BILAN : Comment les scientologues infiltrent les entreprises ( juin 1994)
Le contrat type (Bilan, juin 1994)
Le gourou démasqué (Bilan, juin 1994)
Un univers de science fiction (Bilan, juin 1994)
Trimlines: Un réseau de santé contrôlé par les scientologues de WISE (mars 1994)
Trimlines: Maigrir avec un scientologue, brrr ... (mars 1994)
Formation par des scientologues: Cours d'informatique Formatique (mars 1994)
Genève: Des genevois demandent l'aide de l'Etat pour les victimes de la scientologie (mars 1994)
 
 PETITION du GPFI CONTRE LA SCIENTOLOGIE  - GENEVE 1994
 
Pétition organisée par M. François Lavergnat (GPFI),
soutenue par Jean-Luc Barbier (Centre Info-Sectes)
 
Pétition du GPFI contre la scientologie (18 mars 1994)
 
Rapport de la commission des pétitions à propos des mesures contre la scientologie (21 octobre 1994)
 
Audition de M. et Mme Robert-Louis Schreiner, ainsi que M. François Lavergnat M. Lavergnat préconise la création d'une commission extra-parlementaire. Il voudrait qu'il y ait reconnaissance des faits et assistance à personne en danger. M. Schreiner, quant à lui , insiste sur l'utilité d'une prévention tout public.
 
Audition de M. Paul Ranc,diacre de l'Eglise réformée du canton de Vaud Comme solution, il préconise, lui aussi, une campagne de prévention, notamment axée sur les jeunes. Il souhaite une aide de l'Etat aux victimes et des mesures décourageant les sectes de monter des escroqueries sur fond de pressions psychologiques.
 
 
Audition des représentants de l'«Association Eglise de scientologie de Genève». Mme Suzanne Montangero, Mme Françoise Conod et M. Jean-Pierre Colle Les «Eglises» sont autonomes entre elles géographiquement, mais elles paient des copyrights à la maison mère des USA. Le terme secte ne devrait pas leur être appliqué, car il qualifie actuellement des groupes malveillants. Les scientologues reprochent à la pétition de faire état de textes qui ont été annulés depuis longtemps.
 
Les médicaments vitaminés sont importés d'Allemagne ou d'Angleterre. Ils ne sont pas vendus en pharmacies et ils ne sont pas enregistré à l'OICM.
 
Genève: la scientologie n'a pas le statut d'église et ne figure pas sur la liste des associations dont les donateurs ont des exemptions fiscales
 
Audition de M. Von Niederhausern, inspecteur principal de la Sûreté M. Von Niederhausern pense qu'il serait très utile de créer une structure, qui permette aux gens de venir se confier à des personnes compétentes et discrètes, en toute sécurité.
 
Audition de M. Saurer, député Il trouve inadmissible que la scientologie s'attaque à des enfants.
 
Discussion et conclusions de la commission sous les applaudissements
 
Petit glossaire
 
La commission décide à l'unanimité de proposer au Grand Conseil le renvoi de cette pétition au Conseil d'Etat en l'invitant à:
 
1. mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires pour éviter tout prosélytisme et toute utilisation de données administratives à des fins de propagande et de recrutement, notamment auprès des mineurs;
 
2. favoriser une étroite collaboration entre les associations d'information et de soutien aux victimes des sectes et les départements de l'Etat de Genève;
 
3. étudier la nécessité de faire intervenir le médecin ou le pharmacien cantonal dans le contrôle de prestations médicales apportées par des sectes, notamment de la distribution de vitamines par l'Association pour une Eglise de scientologie.
Genève: Secte et santé naturelle: le Salon Solvita subit l'amalgame (novembre 1994)
Genève: La scientologie sur ordonnance ou les dangers d'un amalgame interdit (novembre 1994)
Genève: La Scientologie à l'ordre du jour du Grand Conseil. Malgré des témoignages impressionnants, les conclusions de la Commission des pétitions restent prudentes et d'une portée très limitée (octobre 1994)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1992-1994
 
1993
 
Propagande: L'«image de l'holocauste détournée» dans une récente publication de l'Eglise de scientologie (mai 1993)
Lausannne: Y-a-t-il un lien entre un hold-up et la scientologie ? (septembre 1993)
En Suisse la scientologie a récolté 250 millions de 1985 à 1990 (Nouveau Quotidien novembre 1993)
Bibliographie: Présentation du livre "scientologie : une secte dangereuse" de Paul Ranc (décembre 1993)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1992-1994
 
1992
 
Tribunal de district - Télévision Romande et scientologie: Droits de réponse rejetés (mai 1992)
Tribunal de district - Télévision Romande et scientologie: Droit de réponse refusé (mai 1992)
Tribunal Cantonal - Télévision romande et Scientologie: Recours de la scientologie rejeté (mai 1992)
Zurich: La plus grande église de scientologie d'Europe s'est ouverte hier à Zurich (mai 1992)
Justice: Le Tribunal de l'Est vaudois a classé la plainte de l'Eglise de scientologie de Lausanne contre Paul Ranc. La plainte pour diffamation et faux témoignage a été jugée téméraire (août 1992)
Lausanne: Plainte de la scientologie contre le président de l'ASDFI classée (Association Suisse de Défense de la Famille et de l'individu) (Septembre 92)
Lausanne: Expulsion de la scientologie. Le Comptoir Suisse momentanément abusé par la scientologie (Septembre 92)
Lausanne - Comptoir suisse: Expulsion contestée, les scientologues demandent des dommages et intérêts (Septembre 1992)
Conseils d' entreprises scientologues: Lightec - Trimlines - U-test - U-Man (octobre 1992)
Zurich: Acquittement d'une femme qui distribuait des tracts contre l'Eglise de Ron Hubbard (novembre 1992)
Télévision Romande: Le reportage «Scientologie: secte et business» de la TSR primé à Montréal (novembre 1992)
Justice: La scientologie perd son recours au Tribunal fédéral contre le Reader's Digest (décembre 1992)
Enquête de la FRC: Le crédit de l'église ou l'église à petit crédit ? (décembre 1992)
Fribourg: Un défilé d'anciens adeptes ruinés, une "église" qui n'accepte aucune critique (novembre 92)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1992-1994
 
1991
 
Témoignage: EcÅ“uré de ses six mois passés aux Etats-Unis, cet ancien grand maître se met à table (janvier 1991)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1988-1991
 
1989
 
Genève: Qu'est devenue ma fille ? (octobre 1989)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1988-1991
 
1988
 
Tribunal de Viège: Aux prises avec l'Eglise de scientologie (novembre 1988)
 
 disk_02c.gif  Les condamnations de la scientologie et ses actions en justice en 1985-1987
 
 
Tribune de Genève, 25 avril 1998, Jean-Noël Cuenod
[texte intégral]
(english)
 
Un médecin est inculpe d'homicide par négligence
 
Le praticien admet avoir suivi des cours donnés par la secte mais nie son appartenance et conteste toutes les accusations portées contre lui.
 
Un médecin genevois a été inculpé mardi dernier d'homicide par négligence et d'exposition au danger par le Juge d'instruction Claude Wenger. Le magistrat confirme cette information mais se refuse à tout autre commentaire.
 
Cette inculpation a pour origine une plainte déposée par les deux filles d'une patiente décédée d'un cancer le 17 Décembre 1995. Le GFPI, groupement pour la protection de la famille et de l'individu qu'anime François Lavergnat, avait, en outre, dénoncé les faits au procureur général qui a donc ouvert une enquète pénale.
 
Membre de l'église de scientologie, cette patiente avait été soignée par un médecin qui a suivi des cours dans cette même secte. Durant une première période, de la mi-94 à décembre de cette même année, la malade avait reçu des soins ambulatoires chez le médecin en question pour des douleurs abdominales, notamment. Le 2 Janvier 1995, elle était transportée d'urgence à l'hopital cantonal où l'on diagnostique un cancer de l'ovaire. Elle subit une chimiothérapie. Le mal régresse.  La patiente refuse de poursuivre ces soins et quitte le cantonal en Juin 1995. Elle retourne peu après chez son médecin qui lui prodigue un traîtement à base, entre autres, d'homéopathie.
 
UNE EXPERTISE ACCUSE LE MÉDECIN
 
Le 1er Décembre 1995, la malade est de nouveau conduite en urgence à l'hopital cantonal, son cancer ayant suivi une progression fulgurante. Elle décède dans l'établissement hospitalier 17 jours plus tard.
Le juge Wenger a ordonné une expertise médicale. Les conclusions de cette dernière accusent le médecin sans ambiguïté. L'expert remarque, notamment, que son confrère a manqué de conscience professionnelle lors de la première phase du traîtement en ne pratiquant pas les examens nécessaires. Mais surtout, l'expert médical estime que le médecin en cause a profité de son appartenance à la scientologie pour influencer sa patiente afin qu'elle ne continue pas à suivre le traîtement anticancéreux prescrit à l'hopital.
 
Devant ces graves accusations, l'avocat du médecin parle de"procès en sorcellerie" : "Mon client conteste totalement son icnulpation. Tout d'abord, il n'appartient pas à la scientologie. Il a suivi certains cours proposés par cette église mais d'autres ne lui ont pas convenu. Il a donc cessé de les recevoir. Sur le plan médical, la patiente était infirmière et connaissait donc bien son état. C'est elle qui a insisté pour ne pa subir un traîtement chimiothérapeutique. Le médecin n'a fait qu'obéir à la volonté clairement exprimée de sa patiente."
 
Conseiller des parties civiles, Me Robert Assaël décrit la douleur ressentie par les deux filles de la défunte: "Elles sont atterées par l'attitude de ce médecin dont de nombreux éléments attestent qu'il était bien membre de la scientologie lors du traitement litigieux. Il est consternant de constater qu'il n'a pas procédé aux examens essentiels qui auraient permis le diagnostic rapide du cancer et favorisé la guérison de la patiente. En outre, l'expertise médicale a indiqué que les traitements étaient ahurissants d'inadéquation, comportant, entre autres, des clous de girofle, des extraits d'absinthe et des écorces de noix noires !"
 
LA SCIENTOLOGIE N'EST PAS UNE ÉGLISE
 
Le juge d'instruction a ordonné des perquisitions dans cette affaire. Des pièces relatives à la scientologie ont été saisies. La secte a protesté excipant du secret ecclésiastique. Le magistrat a refusé, soulignant que la scientologie n'avait pas le caractère d'église au sens religieux de ce terme. Aucun recours n'a été formé contre cette décision.
 
SECTES. La mort d'une adepte de la scientologie
débouche sur une enquête pénale
 
Le Temps, le 25 avril 1998 par Sylvie Arserver
[Texte intégral]
Un médecin est inculpé d'homicide
 
L'Eglise de scientologie se trouve, à nouveau au centre d'une procédure pénale à Genève. Une procédure ouverte à la suite de la mort d'une adepte a abouti la semaine dernière à l'inculpation d'un médecin genevois pour homicide par négligence et mise en danger.
 
Le juge d'instruction Claude Wenger, qui instruit cette affaire, lui reproche d'avoir laissé mourir une patiente d'un cancer des ovaires en ne lui prescrivant qu'un traitement inspiré de l'homéopathie et de différentes techniques alternatives qui n'ont pas empêché la maladie de l'emporter rapidement. L'affaire a été signalée à la justice par le Groupement de protection de la famille et de l'individu (GPFI) en juin 1996, contacté par les deux filles de la patiente après son décès en avril 1996.
 
En avril 19.97, le dossier médical de la défunte a été saisi au cabinet du médecin mis en cause, puis soumis à un expert. Les conclusions de ce dernier sont accablantes. Le cancer qui a causé la mort de la mère des plaignantes a été diagnostiqué en janvier 1995 à l'Hôpital cantonal. Cela faisait alors plus de six mois qu'elle se plaignait de douleurs au ventre, soignées par des médicaments homéopathiques et un régime alimentaire.
 
Une opération suivie d'une chimiothérapie ont amélioré la situation : la mère des plaignantes, estime toujours l'expert, avait dévant elle en juin 1995 au minimum un an de survie dans de bonnes conditions. Elle a toutefois décidé d'interrompre sa dernière chimiothérapie et elle a recommencé à consulter l'inculpé. Ce dernier lui a prescrit divers médicaments «naturels» qui n'ont pas empêché l'état de la malade de se dégrader rapidement, entraînant une seconde hospitalisation en urgence puis sa mort en avril 1996.
L'expert accuse
 
Le médecin, accuse l'expert, a forcément constaté cette évolution mais n'a rien fait pour la freiner. C'est consternant, estime Me Robert Assaël, l'avocat des plaignantes. Même un profane sait que les traitements appliqués ne pouvaient pas soulager la patiente. II est plus grave encore de ne pas avoir procédé pendant plusieurs mois aux examens qui auraient pu permettre de diagnostiquer le cancer à temps.
 
Par la voix de son avocat, le médecin répond à ces accusations qu'il n'a fait qu'obtempérer à la volonté claire de sa patiente. Cette dernière, assure l'avocat, savait depuis le début qu'elle avait un cancer et elle souhaitait être traitée par des méthodes naturelles. Le médecin se défend également d'être scientologue. II admet avoir suivi des cours, assisté à des séminaires, avoir été intéressé. Mais les ponts, assure son avocat, sont rompus depuis belle lurette, il a même obtenu le remboursement d'une partie des «écolages» qu'il avait versés.
 
On le voit, l'enquête, qui se poursuit, risque de déboucher sur de nombreuses questions intéressantes. Elle met également en question la santé publique. Le cas du médecin inculpé a été signalé au médecin cantonal en mars 1997. II ne nous a toutefois pas été possible de savoir si cette signalisation a été suivie d'effet. Une chose est sûre : la nécessité de mieux réglementer les professions de la santé avait été vigoureusement signalée par la commission sur les dérives sectaires. Pour le moment, le monde politique n'a pas bougé.
 
 
La Tribune de Genève, 18 juin 2002, par Bernard Favre
[Texte intégral]
 
Les scientologues écrivent à tous les enseignants genevois
 
Le mouvement mène campagne contre des enquêtes psychiatriques sur l'hyperactivité.
«Oui, c'est vrai. Nous avons écrit à tous les enseignants romands», déclare, Laurence Walter, présidente de la «Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme» (CCDH), émanation de l'Eglise de scientologie.
 
Après les Neuchâtelois, les Valaisans, les Fribourgeois, c'est le tour des profs genevois. Qu'ils enseignent au primaire ou au secondaire, tous et toutes ont reçu ou recevront ces prochains jours une lettre de la CCDH. Cette lettre affirme que «des écoles procèdent à des enquêtes sur des enfants, à l'instigation du monde psychiatrique», visant à diagnostiquer des troubles d'hyperactivité avec déficit de l'attention (THADA). Or, aucun critère objectif scientifique ne confirme l'existence même du THADA», assène la missive.
 
En annexe, la CCDH a placé une brochure dénonçant un véritable complot psychiatrique. Selon cette brochure, l'hyperactivité servirait de prétexte à promouvoir les ventes de Ritaline, cette molécule que Laurence Walter, de la CCDH, assimile à une «drogue pire que de la cocaïne».
 
Pas d'enquête à Genève
 
Ce courrier pose plusieurs questions.
 
Petit a: l'hyperactivité existe-t-elle ?
 
Petit b: l'instruction publique procède-t-elle à ce type d'enquêtes ?
 
Petit c: comment la CCDH s'est-elle procuré les adresses privées des enseignants ?
 
Réponses:
 
Petit a: Elena Perez-Crim, médecin adjoint au service médico-pédagogique, est formelle: l'hyperactivité existe. «Mais il est vrai que ce syndrome n'est pas encore totalement connu. On en ignore l'origine, et il reste difficile à diagnostiquer. C'est pourquoi, en Suisse, nous ne prescrivons la Ritaline qu'avec beaucoup de précautions.» Selon elle en revanche, il est totalement faux de comparer la Ritaline à de la cocaïne.
 
Petit b: Martine Brunschwig Graf assure qu'il n'y a aucune enquête psychiatrique sur l'hyperactivité dans les écoles genevoises. Il y a trois ans encore, les enseignants pouvaient remplir des grilles élaborées par des pédiatres pour surveiller l'évolution d'enfants traités à la Ritaline. «Même si ces grilles étaient utiles, nous y avons renoncé», explique Paul Bouvier, médecin directeur du service de santé de la jeunesse. Une enquête a bien eu lieu par contre l'an dernier dans une école de Morges par un pédopsychiatre. Le questionnaire avait été jugé «intrusif et déplacé» et la démarche avait été sévèrement réprouvée par le Conseil d'Etat vaudois.
 
Fichiers confidentiel
 
Petit c: comment la CCDH a-t-elle obtenu les adresses privées des enseignants? Certains ont d'abord craint une «fuite au sein du département». On sait que l'Eglise de scientologie compte plusieurs représentants au sein de l'Instruction publique. «Les adresses des enseignants sont des fichiers confidentiels que nous ne communiquons pas, assure Martine Brunschwig Graf.
 
Je suis certaine que les adresses ne proviennent pas du DIP.» Elle précise que «nous sommes très vigilants, s'agissant des sectes et de celle-ci en particulier». En fait, la CCDH a simplement fait une recherche avec un annuaire sur CD-Rom, explique Luisella Sanna, cosignataire de la lettre. Elle ne dispose ainsi que des adresses des enseignant-e-s qui ont signalé leur profession à Swisscom. La preuve? L'institutrice S.C. a reçu la lettre au nom de S.R. «R., c'est mon nom de jeune fille. Je l'ai laissé dans l'annuaire, mais sur les listes de l'Etat, je porte depuis cinq ans le nom de mon mari, C.» C.Q.F.D.
 
 
La Liberté, 24 septembre 2004, Madeleine Joye
[Texte intégral]
 
Une émanation de la scientologie à Fribourg Centre
 
Propagande · Sous l'étiquette Commission des citoyens pour les droits de l'homme, l'organisme qui s'en prend à la psychiatrie a planté ses panneaux au centre commercial dont le directeur avoue un défaut de vigilance.
 
Psychiatrie, une violation des droits de l'homme». Le panneau est planté, immense et accusateur, en face de l'escalier roulant qui descend au niveau 1 de Fribourg Centre. Et ce n'est qu'un élément d'une série d'images-chocs et de slogans coup-de-poing, présentés sous le thème «Le côté sombre de la psychiatrie de 1800 à nos jours - solutions pour demain», le tout mis en exposition par la Commission des citoyens pour les droits de l'homme. L'organisation est une émanation de la scientologie, ce qui n'apparaît pas au premier coup d'oeil...
 
Quand des clients lui ont signalé la chose, Laurent Bornoz, directeur de Fribourg Centre, s'est mordu les doigts. «Je me méfie des scientologues; j'ai même lutté autrefois pour les empêcher de distribuer leurs tracts», dit-il, navré que sa vigilance ait été, cette fois, prise en défaut. «Cette exposition n'a rien à faire là» ajoute-t-il, désireux de s'excuser auprès du public.
 
C'est l'expression «droits de l'homme» qui a endormi sa méfiance, ainsi que l'idée d'ouvrir son espace à un sujet de discussion intéressant et pas seulement à des animations/promotions. En fait, a-t-il constaté, outre qu'elle traîne des relents de scientologie, «l'exposition ne crée pas la discussion mais elle est polémique et c'est regrettable».
 
Organisme «indépendant»
 
Avec des slogans comme «science de charlatans», «droguer pour de l'argent», «anéantissement de l'esprit», l'exposition tient de la propagande pure contre la psychiatrie. Les images ne sont pas en reste : un toxicomane en train de se piquer; un enfant pleurant sur ses devoirs avec, au premier plan, une poignée de pilules; des photos du siècle passé montrant les traitements ignobles infligés aux malades mentaux... tout concourt à impressionner négativement le chaland. Il y a même Hitler, Misolevic et ses sbires. Holocauste, épuration ethnique en Bosnie et au Kosovo ...
 
La psychiatrie serait à la source des pires maux. Pour y échapper, l'exposition recommande les soins médicaux non psychiatriques, une alimentation saine, un environnement sûr et sain, ainsi que des activités favorisant la confiance en soi. C'est tout simple.
 
Et il faut chercher pour trouver que «la commission (...) a été fondée par l'Eglise de scientologie en tant qu'organisme indépendant». Indépendant ? Le cordon ombilical est bien visible dans les brochures mises à disposition et subventionnées par les scientologues - la précision y figure en toutes lettres, comme, dans l'une d'elles, le fait que des textes proviennent des oeuvres de L. Ron Hubbard, le pape de la scientologie.
 
De plus, les exposants font signer une pétition adressée au Grand Conseil où ils réclament notamment que soit interdite dans les écoles «toute forme d'enquête visant à déceler des troubles psychiatriques chez les élèves», la priorité devant être donnée à la recherche des problèmes physiques éventuellement à l'origine de troubles du comportement. «Je n'admets pas les récoltes de signatures dans le centre et, sur ce point, j'ai été trompé», se fâche le directeur qui a prié les exposants de plier bagage hier soir, même s'il avait donné une autorisation jusqu'à samedi. En fin d'après-midi, la responsable ne savait pas encore si elle allait obtempérer.
 
«Une mise en danger des personnes malades»
 
Aux yeux du Dr Philippe Juvet, directeur du Service psychosocial, l'exposition peut constituer un danger pour les personnes qui se laisseraient influencer. Il pense notamment aux malades psychotiques qui ne sont pas nécessairement conscients de leurs problèmes. Ils peuvent être tentés d'interrompre la prise de leurs médicaments, ce qui risque de provoquer chez eux un comportement suicidaire. Cela vaut aussi pour les personnes gravement dépressives.
 
Ethiquement, c'est inadmissible de dissuader les gens de suivre leur traitement, au risque de mettre leur vie en danger, estime le médecin. D'autant plus, ajoute-t-il, que l'efficacité des médicaments atteint 70 à 80%.
 
Les opposants à la psychiatrie prennent la précaution de recommander aux adeptes potentiels de leurs théories de consulter un «médecin compétent non-psychiatre» avant d'arrêter leur médication. Un avertissement qu'on trouve en tout petit dans les dernières pages des brochures... «C'est juste un moyen d'échapper à leurs responsabilités», note le Dr Juvet qui accuse les exposants de tromper le chaland : «On s'attend à une information plus ou moins objective par une organisation humanitaire; or, c'est une charge destructrice de la psychiatrie.»
 
A l'instar de la totalité des activités humaines, celle-ci n'est pas sans reproche: «Certains éléments sont vrais mais ils sont sortis de leur contexte. C'est sûr qu'il y a eu des choses horribles mais c'est dépassé, ce n'est plus la psychiatrie telle qu'on la pratique maintenant», affirme le médecin en regrettant qu'on sape une confiance si difficile à gagner.
 
 
Réaction de Marco Fachin (ex-directeur de l'Eglise de scientologie de Fribourg)
 
 
Quotidien Jurassien, 29 septembre 2004
[Texte intégral]
 
«Quand la place Le Corbusier devient la place Ron Hubbard»
 
L'occupation de la place Le Corbusier par l'Eglise de scientologie en juillet dernier n'a pas été du goût de tous les membres du Conseil général de La Chaux-de-Fonds. «Objectivement, il faut bien considérer cette présence d'une secte, considérée comme dangereuse, comme une forme de menace pour la population, à tout le moins pour une partie d'entre elle», écrit Jean-Pierre Veya, dans son interpellation.
 
Pour qu'un tel événement ne se reproduise pas, l'élu formule ensuite toute une série de questions au Conseil communal. Il demande notamment si la ville envisage, dans le cadre scolaire, de mener une politi­que de prévention contre les sectes. Réponses lors de la séance du Conseil général de ce jeudi 30 septembre.
 
SCIENTOLOGIE EN LIGNE DE MIRE
Télévision suisse romande www.tsr.ch
 
1 octobre 2004
 
La scientologie sous surveillance...
 
Dans le canton de Vaud, le Grand Conseil vient d'accepter la création d'un groupe d'étude des pratiques de la scientologie.
 
    (photo TSR)
Pendant ce temps, les marchés de Suisse romande voient fleurir les tentes jaunes des scientologues.
 
A La Chaux-de-Fonds, un conseiller général s'inquiète et interpelle l'exécutif: pour lui, la présence d'un stand de la scientologie au marché constitue un danger pour les plus faibles de la société.
 
Tant que l'ordre public n'est pas troublé, le Conseil communal ne veut pas intervenir.
 
(NER-D. Berger)
 

La thérapie de la scientologie est dangereuse

Elle est fondée sur aucune recherche médicale et présente des risques élevés pour la santé mentale et physique

EXPERTISE DE LA SCIENTOLOGIE
par Hans Kind
Prof. Dr. méd. Ancien directeur de la Policlinique psychiatrique
de l'Hôpital universitaire de Zürich
mars 1989
 
 La scientologie arrive sous couvert de droits de l'homme !
 
Le courrier, 17 janvier 2002 Charles Pralong
 
VALAIS - La scientologie s'implante en Valais, sous la forme d'un bureau d'information contre les abus de la psychiatrie. Les psychiatres réagissent et s'inquiètent de ce que les plus fragiles ne deviennent pas des proies faciles pour ces drôles de «missionnaires».
 
Elle existe déjà dans plus de trente pays, elle vit à Lausanne, Genève, Bâle, Berne, Zürich, au Tessin. La Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) débarque en Valais. Encore une honorable association non gouvernementale aux objectifs non moins honorables.
 
Que vous croyez ! Grattez un peu, et le tableau révèle sa vérité. La CCDH n'est rien d'autre qu'une fondation de la scientologie, cette méthode pseudo religieuse et pseudo scientifique créée par Ron Hubbard pour ôter l'insécurité, le doute, le désespoir et ouvrir aux mortels les chemins vers l'épanouissement et la liberté. C'est elle qui a créé la CCDH en 1969 afin qu'elle assume une tâche précise au sein de la multinationale scientologue: lutter contre les abus de la psychiatrie.
 
L'argument est carré: les psychiatres seraient un ramassis d'incompétents, de cupides, d'arrogants, dotés de surcroît d'une tendance au viol; des destructeurs au service d'une science inefficace, qui «nient l'existence de l'esprit et ne voient en l'homme qu'un amas de matière et de produits chimiques».
 
Le dénigrement des psychiatres est un argument fondateur de la scientologie. Ceux-là comme celle-ci tou- chent au même domaine: l'équilibre de l'esprit, et les psychiatres représentent une sérieuse concurrence à l'appétit de la secte.
 
Vingt-deux ans plus tard, voici donc les prémisses de la conquête valaisanne. La commission a ouvert un bureau à Ardon, au domicile même d'André Granges, un ingénieur agronome qui ne cache pas sa conviction de scientologue, mais précise que la Commission agit «de façon indépendante et distincte». Lui et un collègue font la paire pour informer du danger public psychiatrique.
 
Campagnes d'affichage, tenue de stands d'infos richement dotés en brochures et flyers dans des foires comme la Sainte-Catherine ou devant des grands magasins, l'action reste pour l'instant limitée. «Nous n'en sommes qu'au début. Nous prévoyons des conférences et la distribution d'une brochure aux enseignants pour les sensibiliser sur l'abus de prescriptions de médicaments chez les enfants.»
 
Le chef du service de l'enseignement Jean-François Lovey n'est pas au courant. «De toute façon, il leur faudra une autorisation.» Mieux encore, la CCDH a pris contact avec l'Evêché. Celui-ci a décidé de ne pas entrer en matière.
 
L’AVANCE MASQUÉE
 
A Ardon, la CCDH reste transparente. Président de commune ou curé, ils ignorent même son existence. Quant à l’Evêché, il a dû demander des informations complémentaires avant de se prononcer. André Granges ne mentionnait nulle part la filiation sectaire de son association. Cette invisibilité serait-elle due au fait que le mouvement débute à peine ? Possible. Quoiqu'il en soit, la scientologie a l'habitude d'avancer masquée.
 
Dans un article consacré à l'expansion de cette coterie dans le 17e arrondissement de Paris (Le Monde, 24 novembre 2001.), Anne Fournier, membre de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, affirme : «C'est une tactique bien connue de la scientologie que de développer des associations sur lesquelles personne ne peut rien dire et dont l'activité ne peut être en soi contestée.»
 
Masque ou non, la noble mission de défense des droits de l’homme proposée par la CCDH n’abuse pas les organisations reconnues qui Å“uvrent sur ce terrain. Pour elles, ces gens ne sont guère fréquentables. Comme dit la porte-parole d’Amnesty International Suisse, Catherine Morand, ses membres ne défendent pas tant les droits de l’homme que leur propre cause. Amnesty a d’ailleurs rejeté les appels du pied que la Commission, en quête de légitimité et d’honorabilité, lui avait lancés.
 
PROIES FACILES
 
Un qui n'a pas manqué la discrète arrivée valaisanne, c'est Pierre-André Fauchère. Le responsable de la communication du groupement valaisan des psychiatres, praticien lui-même, a vu les affiches, les stands. Il a été interpellé par le président de son groupement sur la conduite à adopter, mais il a renoncé à une réaction officielle. Comme souvent, ainsi que le souligne un ex-scientologue sur son site Internet, psychiatres, psychologues et médecins ne réagissent pas publiquement, sous-estimant ainsi le danger que représentent pour eux ces détracteurs très particuliers.
 
Une menace pourtant réelle: la CCDH pose souvent ses arguments sur un socle de vérité, et vise des sujets à fort impact public. «Ils attaquent des choses attaquables, comme l'abus de ritaline (un médicament pour lutter contre les troubles de l'attention chez l'enfant, ndlr)», souligne Pierre-André Fauchère. Et leur croisade contre l'abus de prescriptions de médicaments par certains psychiatres n'est pas infondée. Mais la CCDH joue toujours sur plusieurs plans, qu'elle mêle pour servir ses démonstrations. «Elle se sert d'exemples extrêmes de la psychiatrie du siècle dernier, comme les électrochocs ou la lobotomie frontale, qui ne sont plus pratiqués aujourd'hui, en tout cas pas de la même façon. Et à partir de là, elle généralise. Les abus existent et ont existé dans la psychiatrie, mais pas plus qu'ailleurs.»
 
Ce que Pierre-André Fauchère redoute avant tout, c'est que ce discours ne séduise les plus vulnérables, les fragiles, les désorientés: «Je suis inquiet qu'ils ne soient les proies faciles d'une démarche sectaire.» André Granges se défend. Pour lui, il n'est pas question de recrutement ni de propagande scientologue, seulement «d'enquêtes et de dénonciations des abus».
 
«NOUS SOMMES ATTENTIFS»
 
L'Etat du Valais ne dispose d'aucun service affecté à la surveillance des sectes. Il peut intervenir. L'an dernier, en se substituant d'ailleurs curieusement à l'Eglise, le gouvernement avait dénoncé, au pénal, les raéliens pour la diffusion d'une brochure dans laquelle ils faisaient l'amalgame entre prêtrise et pédophilie. Mais la démarche reste rarissime.
 
La tâche de surveillance est dévolue à la police, qui intervient sur plainte ou dénonciation. Chargé d'information à la police cantonale, Pierre-Martin Moulin affirme que cette irruption du mouvement scientologue en Valais est connue des services policiers. La Commission des citoyens pour les droits de l'homme a été repérée à Monthey pendant le marché de Noël. «Nous n'avons pour l'instant aucun motif d'intervention, mais nous gardons un oeiil ouvert.»