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Vaud: Le Parlement s'inquiète à son tour des menaces du pouvoir parareligieux (24 Heures - 15 mai 1996)

Un ombusman pour gérer les sectes? «Irréaliste» (24 Heures ?, 1996 ?)

Lettre ouverte à Jean-François Mayer (13 mars 2005)

A propos des sectes: un effort de définition à faire (Le Matin, 1996 ?)

Allemagne: Selon un rapport, la scientologie agit de manière «totalitaire» (24 heures - 16 janvier 1996)

 
VAUD: Le Parlement s'inquiète à son tour des menaces du pouvoir parareligieux
 
24 Heures, le 15 mai 1996
[Texte intégral]
Le Grand Conseil a demandé au Conseil d'Etat de créer une commission extraparlementaire
pour trouver les moyens juridiques propres à combattre les abus des sectes.
 
Après Genève, Vaud cherche les moyens de protéger ses citoyens tenus en respect par des organisations parareligieuses aux intentions peu louables. Au bout du lac, le Conseil d'Etat a annoncé, en janvier dernier, des mesures de lutte contre les sectes. Elles se concrétisent par la création d'un groupe d'étude, par des contacts avec Berne pour inscrire les groupements professant une idéologie millénariste ou apocalyptique (par exemple) dans la liste des organisations menaçant la sécurité de l'Etat.
 
La coopération interfrontalière doit en outre être activée. Enfin, Genève s'interroge sur l'opportunité de mettre sur pied une structure étatique d'assistance aux victimes. Le canton de Vaud, quant à lui, démarre maintenant. Le socialiste Laurent Baillif a développé en décembre dernier une motion proposant la constitution d'une commission extraparlementaire chargée d'explorer l'arsenal législatif à disposition et d'étudier une coordination entre les polices municipales, cantonales et fédérales.
 
L'idée de Laurent Baillif a obtenu le soutien quasi unanime de la commission qui l'a examinée avant de proposer son exécution au Conseil d'Etat. Hier matin, la rapporteuse Doris Cohen-Dumani (rad.) a souligné que certaines organisations parareligieuses (les députés ont, sciemment évité le terme de sectes au vu de la réalité complexe qu'il recouvre) constituaient un réel danger pour les jeunes et les personnes psychologiquement fragilisées.
 
«D'autres cantons ont pris les devants», a précisé la députée par ailleurs municipale des Ecoles à Lausanne.
Blocher tout aussi dangereux
 
Soucieux de ne pas cautionner une chasse aux sorcières, quelques intervenants ont estimé exagéré, voire inutile de mobiliser un groupe de travail contre les sectes. Doyen de l'assemblée, Georges Peters (soc.) a observé qu'un prosélyte comme Christoph Blocher était, en fin de compte, tout aussi dangereux. Le libéral Samuel Wahlen accorde, quant à lui, toute sa confiance à l'Eglise protestante, qui a «des antennes partout dans le canton» et se trouverait en position de distiller une bonne information préventive.
 
Le motionnaire a alors rappelé que sa demande visait l'établissement d'un état des lieux et non d'une censure: «Des propositions concrètes en découleront, permettant la prévention des dommages et l'aide aux personnes touchées.» Une grande majorité de l'assemblée s'est ralliée à ces vues. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.
 
Lise Bourgeois
 
Motion visant à la création d'une commission destinée à élaborer une stratégie légale, sociale
et réglementaire pour répondre à l'emprise de certaines organisations religieuses ou para-religieuses.
Monsieur le Président,
Messieurs les Conseillers d'Etat,
Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues,

Si Malraux estimait que le troisième millénaire serait spirituel ou ne serait pas, il faut bien constater que la religiosité de bazar n'a pas attendu la fin du siècle pour connaître un développement inquiétant. La folie millénariste associée à des moyens techniques et financiers inimaginables il y a quelques années encore a conduit de nombreux groupes dans le monde à des solutions finales violentes, pas forcément limitées aux seuls adeptes.

Sans avoir besoin de se référer aux suicides collectifs ou aux massacres perpétrés sur d'autres continents, la tragédie de Cheiry/Salvan est suffisamment proche de nous pour nous faire comprendre que nos contrées ne sont pas épargnées par la montée des intégrismes de tous bords.

Ce problème mérite en fait une double approche, selon la cible que ue l'on entend atteindre. Il y a tout d'abord les adeptes de ce genre de mouvements, dont on sait qu'ils sont souvent recrutés par des moyens à la limite - voire au-delà - de la légalité.

Profitant de plus, bien des fois, du désarroi existentiel de leurs victimes, les prosélytes s'entourent de mille protections juridiques qui ne laissent guère de chances aux malheureux tombés dans leurs filets.

Face à cette situation, des associations se sont constituées, chez nous comme dans les pays qui nous entourent, pour venir en aide aux anciens adeptes, mais surtout aux familles qui s'inquiètent du changement de comportement d'un proche.

Malheureusement, ces groupes de bénévoles, mal armés face aux sectes, limités en temps et en argent, doivent le plus souvent se borner à une aide morale ou à la diffusion d'informations sur les groupes "à risque".

La deuxième approche concerne la responsabilité de l'Etat face non seulement aux drames individuels et familiaux provoqués par les sectes, mais surtout à la menace objective que la seule présence de tels mouvements fait peser sur le fonctionnement de nos institutions, le bien-être, voire la vie des administrés.

La législation existante met justement l'accent sur la protection de l'individu et sur la liberté individuelle. Mais lorsqu'on constate que les exigences de la loi finissent par refuser aux victimes le droit de contester l'autorité de leurs bourreaux, il paraît évident qu'une réflexion doit être menée sur la législation en vigueur et sa Jurisprudence.

D'autre part, l'Etat doit être en mesure de se prémunir contre les atteintes que le prosélytisme et l'obscurantisme véhiculés par ces organisations peuvent porter contre son autorité, ses tâches essentielles et le fonctionnement de ses institutions.

En vertu de ces constatations et de ces réflexions, ie demande au Conseil d'Etat de constituer une commission extra-parlementaire chargée d'établir un état des lieux en la matière, d'entendre les différentes parties et de présenter un rapport au Conseil d'Etat contenant des propositions susceptibles de limiter la capacité de nuisance des organisations religieuses ou para-religieuses évoquées.

Sans être limitatif, on peut imaginer les pistes de réflexion suivantes:e

    - exigence de transparence financière pour les organisations faisant l'objet de plaintes, ou s'inscrivant dans des structures internationales;

    - vérification du statut d'association "sans but lucratif" et obligation d'inscription au Registre du commerce en cas de doute;mise en place d'une structure d'accueil pour les victimes, ou soutien (logistique, locaux, subsides) aux associations d'aide et d'information existantes en la matière;

    - attribution d'un statut d'"utilité publique" à de telles associations;dispositions réglementaires visant à interdire l'activité religieuse ou para-religieuse prosélyte dans les services de l'État ou para-étatiques;

    - information sur le phénomène auprès des jeunes en formation;

    - interdiction d'utilisation des données administratives (fichiers du contrôle des habitants ou des électeurs) pour les organisations suspectes de prosélytisme actif;

    - contrôle par le médecin cantonal des prestations para-médicales offertes par certaines sectes.

J'espère que vous serez sensibles au sérieux de la situation et que ue vous accepterez de prendre cette motion en considération pour la transmettre au Conseil d'État.

Je vous remercie de votre attention.

Laurent Ballif
Vevey, le 1er décembre 1995
 
Un ombudsman pour gérer les sectes? «Irréaliste»
 
24 Heures ?, 1996 ?
Au Congrès de criminologie d'Interlaken, on a beaucoup parlé de médiateur.
Mais la voie explorer semble plutôt une meilleure information.
 
Les quelques photos de restes de cadavres carbonisés d'adeptes du Temple solaire à Salvan ont provoqué hier, au deuxième jour du Congrès du groupe suisse de travail de criminologie à Interlaken, de véritables haut-le-coeur. La description en aparté par Dianne Casoni, professeur de criminologie à Montréal, du dernier repas de l'OTS à Salvan, n'avait pas de quoi susciter un vigoureux appétit. «Les convives essayaient de donner le change. Ils parlaient du vin, de leur transit vers Sirius. A côté d'eux, on pouvait voir des adeptes, mais aussi des enfants affalés. Ils étaient sans doute déjà morts. Cela laisse une impression étrange.» Pour ne pas dire une impression d'horreur.
 
Que faire donc pour prévenir ces dérives qui dépassent notre entendement ? Certains participants ont appelé de leurs vÅ“ux la création d'un poste d'ombudsman. Cette proposition, Jean-François Mayer, qui a fonctionné comme expert des sectes dans le cadre de l'enquête sur le Temple solaire, la considère avec beaucoup de réticence: «Un tel médiateur ne devrait essayer de résoudre que des problèmes très concrets qui se posent à des familles d'adeptes ou à des mem­bres de sectes. Reste à savoir s'il devrait être intégré à une structure étatique ou s'il pourrait plutôt s'agir d'un privé.»
 
Des représentants des mouvements anti-sectes se sont exprimés contre la création d'une telle structure. Ne risque-t-on pas en effet d'aboutir, à une discussion stérile sur qui détient la vérité et quelle est la «vraie vérité» ?
 
Un tel débat ne pourrait; selon certains, aboutir qu'à la création d'une loi anti-sectes qui distinguerait les bonnes des mauvaises. Le risque serait alors évidemment d'être en parfaite contradiction avec l'un des principes de base de notre société démocratique qui est la liberté de croyance et de religion.
 
Pour l'heure, une seule voie semble explorable: celle de l'information. Mieux comprendre par exemple ce qu'était l'OTS: un mélange d'ordre néo-templier et de mouvement nouvel âge, selon Jean-François Mayer. Mais également un mouvement millénariste confronté à une tension entre la perception qu'il a de lui-même et la réalité. Et qui peut, selon les experts, avoir recours à des actes violents pour se replacer au centre des débats.
 
Manuella MAGNIN
 

Lettre ouverte à Jean-François Mayer

Dans ce congrès un expert, Jean-François Mayer, tente de noyer le poisson

IL EST, CONTRAIREMENT A CE QU'AFFIRME JEAN-FRANÇOIS MAYER POSSIBLE D'ÉTABLIR DE NOUVELLES LOIS QUI TIENNENT COMPTE DE NOS CONNAISSANCES ACTUELLES AU SUJET DES METHODES VICTIMAIRES DE GROUPES OU INDIVIDUS SECTAIRES.
 
LES  FAIRE APPLIQUER NE SERA PAS UNE CONTRADICTION AVEC LA LIBERTE DE CROYANCE OU DE RELIGION, MAIS UN PROGRÈS POUR L' HUMANITÉ.
 
DE MÊME QUE L'ESCLAVAGE A ÉTÉ ABOLI, LA SCIENTOLOGIE SERA INTERDITE.
 
UNE LOI QUI PERMETTRAIT D'ATTAQUER EN JUSTICE UNE PERSONNE MORALE EST INDISPENSABLE, DE MÊME QUE CELLE QUI PERMETTRAIT AUX ASSOCIATIONS DE VICTIMES DE SE PORTER PARTIE CIVILE.
 
Monsieur Jean-François Mayer veuillez enfin démissioner pour votre totale INCAPACITÉ et totale INCOMPREHENSION du problème concernant les sectes et en particulier de la scientologie, une pseudo-Eglise qui incite ses clients au crime, au non-respect de nos lois et qui posssède une loi interne primant sur la nôtre, ce qui est illégal.
 
VOTRE SILENCE ET VOTRE LAXISME A CE SUJET FAIT DE VOUS UN COMPLICE.
 
«UN INTELLECTUEL TROP SPECIALISÉ EST UNE PERSONNE BIEN SOUVENT AVEUGLE, NE VOYANT PLUS LA RÉALITÉ QUI L'ENTOURE» DIT UN DICTON POPULAIRE.
 
pour l'AVDS
Jean-Luc Barbier, le 13 mars 2005
 
Un expert suisse incompétent: Analyse du livre de Jean-François Mayer «Confessions d'un chasseur de sectes» (juillet 1990)
 
A PROPOS DES SECTES - UN EFFORT DE DÉFINITION À FAIRE
 
Le Matin, 1996 ?

Le pasteur Bernard Pasche à Pully nous rend attentif à ce qui caractérise une secte
Quand on pense aux sectes, il faut d'abord se livrer à un effort de défiition. C'est ce que j'ai essayé de faire comprendre l'autre jour au téléphone à une enseignante qui avait l'intention de consacrer un peu de temps à cette question dans sa classe. Prenons un dictionnaire courant, donc une instance neutre.
 
Trois définitions sont proposées.
 
Une définition large tout d'abord: «Une secte est un ensemble de personnes professant une même doctrine philosophique ou religieuse.»
Une définiton plus classique: «C'est un groupemnt religieux clos sur lui-même et créée en opposition à des idées religieuses dominantes.»
 
Enfin, une définition plus laïque: «On parle de secte en pensant à un groupe de personnes (à l'intérieur d'un mouvement précis) qui professent la même idéologie.»
Essayons d'être plus précis, même si l'expérience montre qu'il est difficile de mettre tout le monde d'accord sur là définition du mot secte, d'autant plus que personne n'aime être rangé dans cette catégorie. Il est en effet possible de détecter quelques caractéristiques des sectes les plus connues.
 
En général, on voit apparaître au départ un homme ou une femme qui a reçu des révélations particulières et qui va grouper autour de sa personne quelques disciples dévoués.
 
La secte se caractérise ensuite par sa prétention à être la seule détentrice de la vérité et à posséder les vraies solutions de salut pour l'homme.
 
Ainsi, les sectes n'ont jamais le souci de l'unité des chrétiens, puisqu'elles seules ont raison. Il y a encore - déjà le Larousse nous y rendait attentifs - une attitude oppositionnelle par rapport aux grandes communautés historiques et même vis-à-vis de la société et du monde dans leur ensemble. C'est le cas des Témoins de Jéhovah; pour qui l'Eglise est impitoyablement discréditée et la société pourrie jusqu'à la moelle.
 
Sans prétendre donner des critères exhaustifs, mentionnons enfin un climat autoritaire, qui réduit les adeptes à un statut de dépendance spirituelle, psychologique et même financière dans certains cas.
 
A l'enseignante soucieuse de parler des sectes dans sa classe, je me suis encore pemis de préciser qu'il y a des sectes franchement dangereuses pour l'intégrité psychique et physique des gens et des sectes inoffensives pour l'individu, qu'il y a des sectes chrétiennes et des sectes non chrétiennes. Ma correspondante se déclara alors suffisamment renseignée pour donner une bonne information à ses élèves.
J'aurais peut-être dû ajouter deux choses au téléphone :
 
J'aurais peut-être dû ajouter deux choses au téléphone: primo, il est arrivé dans l'Histoire que les Eglises «officielles» aient porté une part de responsabilité dans la naissance des sectes en pratiquant l'exclusion au lieu de l'intégration.
 
Secundo, toute Eglise historique devrait se demander de temps en temps si elle ne correspond pas elle aussi à l'un ou l'autre des critères d'identification que nous venons de dégager...
 
Allemagne: Selon un rapport, la scientologie agit de manière «totalitaire»
 
24 heures, le 16 janvier 1996
 
L'Eglise de scientologie est une «organisation politique» à tendances totalitaires qui poursuit dès buts contraires à la Constitution, selon un rapport officiel publié hier à Düsseldorf, en Allemagne. Le rapport a été rédigé à la demande du gouvernement régional de Rhénanie du-Nord-Westphalie, qui préconise la surveillance de la secte par les organismes chargés de la protection de la Constitution (renseignements intérieurs), à l'instar du ministre fédéral de la Famille, Claudia Nolte.
Trente mille membres
 
La secte «agit sans scrupule selon des principes totalitaires» et «prétend à une représentativité élitiste exclusive et absolue», souligne le rapport. «L'idéologie d'un guide», la thématique militante de l'ami­ennemi et le rêve d'un surhomme héroïque» la classent à l'extrême droite, ajoute le rapport.
 
Le ministre de l'Intérieur, de Rhénanie­du-Nord-Westphalie, Franz-Josef Kniola (opposition social-démocrate, SPD), a plaidé après la publication du rapport pour «des mesures conséquentes contre la scientologie», comme il l'avait déjà fait en vain lors d'une rencontre mi-décembre avec ses pairs.
 
Les ministres de l'Iritérieur des Lander avaient alors seulement décidé d'examiner une éventuelle surveillance de la secte par les services de renseignements intérieurs et un éventuel retrait de son statut d'association.
 
M. Kniola a souligné que les membres de la secte n'avaient pas de motivations politiques, contrairement à ceux des groupes extrémistes classiques, mais cherchaient à améliorer leur situation personnelle. «Au prix d'une dépendance psychologique totale et d'un pillage de leurs ressources, on leur fait miroiter les chances d'une vie meilleure», a-t-il souligné.
 
L'Eglise de scientologie revendique 30'000 membres en Allemagne.
 
(afp)
 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» résumé - hml
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» html
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» pdf
«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
                                        
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