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Les
scientologues détournent l'Holocauste
- 24Heures
- 28 mai 1993
- [Texte
intégral]
Les
communautés israélites et la Ligue contre le racisme
et l'antisémitisme (Licra) critiquent l'une des
dernières publications de la scientologie qui compare
sa situation actuelle à celle des juifs sous Hitler.
La
publication s'intitule : «Haine et propagande.
Une
comparaison entre les propagandes antireligieuses
d'hier et d'aujourd'hui.» Distribuée en Suisse actuellement,
elle a été éditée en Allemagne à la fin de l'hiver
par l'Eglise internationale de scientologie. Sur
44 pages, elle dresse un parallèle entre l'antisémitisme
dans les jounaux nazis et les informations critiques
sur la scientologie que donne la presse allemande
d'aujourd'hui.
Sa
couverture ?
Un
montage photographique, représentant des skinheads
saluant à la mode nazie, et un soldat allemand des
années 30 défendant aux gens d'entrer dans un commerce
tenu par un juif. A l'intérieur, les pages de gauche
portent des textes ou des illustrations antisémites
tirés de la presse hitlérienne, en particulier de
l'hebdomadaire Der Stürmer, alors dirigé par un
chef nationalsocialiste, Julius Streicher. Les pages
en regard montrent les titres et les caricatures
d'aujourd'hui sur la scientologie.
Claude
Richoz, porte-parole et responsable de la scientologie,
précise : «Certains de nos adeptes subissent de
grandes pressions, surtout en Allemagne mais aussi
en Suisse. C'est comme cela que les persécutions
contre les juifs ont commencé sous Hitler en 1933.»
«Cette
campagne insulte le peuple juif, qui s'identifie
aux victimes de l'Holocauste. Les scientologues
veulent se poser en victimes du pouvoir politique
de la presse, mais cette stratégie n'est pas nouvelle.
En tout cas, elle ne se justifie pas.»
Martin
Rossenfeld n'envisage toutefois pas d'éventuelles
poursuites judiciaires pour publication de documents
racistes (réd.: la rediffusion de caricatures antisémites
nazies). La loi fédérale sur la répression des délits
racistes aurait pu servir de base légale mais elle
n'a pas encore été adoptée par les deux Chambres.
En attendant, il n'existe aucun fondement juridique
sérieux.
Pour
l'Office fédéral de la justice, la brochure ne tombe
pas directement sous le coup de la loi, bien qu'elle
soit moralement condamnable. Mark Stamm, de la Section
de droit pénal : «La manoeuvre est disproportionnée
et dégoûtante. L'emploi de ces documents banalise
la réalité des événements.
BRRI/Yves
Genier
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