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- Satanisme et vampyrisme*
de
Paul Ariès
LE
LIVRE NOIR

- Éditions Golias 2004
- ISBN : 2-914475-63-2
- *écrit volontairement avec un "y"
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- Ouvrage qui est le fruit d'une enquête de plus de douze ans dont six dans le
cadre d'une convention conclue avec le Ministère des Affaires sociales. Il
porte à la connaissance du grand public des informations disponibles depuis 1994
"au sein de l'appareil d'Etat" puisqu'à cette époque, Paul Ariès était
l'auteur d'un rapport de mission sur le satanisme. Jusqu'à la parution du
présent ouvrage, il avait choisi de taire certaines informations pour préserver
des enquêtes en cours.
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- Le satanisme qui séduit les jeunes et qui inquiète les pouvoirs publics est
aussi l'héritier de toute une tradition de "satanisme symbolique"qui
vise à "choquer pour faire tomber les masques" de la société. Il prend
de nouveaux visages en flirtant avec le "vampyrisme ou certaines sexualités
marginales". Non seulement il cohabite avec des pensées "extrémistes
religieuses ou politiques" mais il est désormais passé du domaine religieux
au domaine politique. Paul Ariès a enquêté dans cet univers d'ombres"
où la manipulation côtoie les rumeurs.
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- Paul Ariès a essayé d'en comprendre "l'essentiel". Il en conclut que
les diverses ex-pressions du satanisme moderne "tendent à s'unifier comme si
le satanisme devait, lui aussi se mondialiser et se globaliser". Internet y
joue un rôle de premier plan et l'on constate que ce courant n'est plus
l'apanage du monde occidental mais touche maintenant les mondes musulman et
asiatique !
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- L'auteur se penche sur le phénomène des jeunes qui se disent
satanistes et qui, dans leur ensemble, sont "tout sauf des satanistes".
Ils se tournent vers ce courant à défaut d'autre perspective.
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- Paul Ariès y voit
là une "philosophie du désespoir" et un "nihilisme du pauvre" !
Le danger vient que la société accepte qu'une partie de ses jeunes s'endoctrine
ainsi. Les " vraies sectes " n'ont plus qu'à les cueillir ensuite !
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- L'auteur déplore enfin que les enseignants ne disposent pas d'éléments qui leur
permettent de repérer les jeunes en danger. Il appelle les pouvoirs publics à
réagir … rapidement et d'autant plus qu'il existe une véritable stratégie
métaculturelle d'infiltration en direction de la jeunesse de la part de certains
mouvements sataniques.
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- L'auteur analyse sa culture, portée par un commerce florissant, un
environnement qui utilise fréquemment des thèmes pseudo-sataniques et des
pratiques particulières des plus "anodines" (tatouages, piercings
…) aux
plus extrêmes (jeux vidéos hyper-violents, jeux de rôle …). Il développe tout
l'aspect de la musique satanique, notamment du rock, et révèle qu'Aleister
Crowley, gourou de la secte de l'Ordre du Temple d'Orient a été "lancé"
dans les milieux du rock anglais par des groupes et des chanteurs tels que les
Beatles, les Rolling Stones, David Bowie et Sting !! Il s'attarde sur le
(presque) mythe de l'américain Marilyn Manson, personnage qui se livre à toutes
les transgressions ainsi que sur le rock satano-viking norvégien qui plonge dans
le néo-nazisme.
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- "Métastase d'une société malade", le satanisme
méritait bien cette étude approfondie. Mine d'informations, de révélations, elle
développe tous les aspects de ce courant, fait le tour de tous les personnages
qui lui sont liés et décrit plusieurs dizaines de sectes. Voilà qui en
fait un véritable ouvrage de référence.
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- Paul Ariès
:
- Paul Ariès, politologue, spécialiste reconnu de la question des
sectes, a déjà publié Le retour du diable (Editions Golias,
1997), sectes sataniques et extrême-droite ;
Déni d'enfance ; les fils de McDo ; La fin des mangeurs. Il est l'auteur de la
notice Scientologie dans l'encyclopédie Universalis.
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- Courriel
de Paul Ariès
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«The Satanic
Bible» traduite en français
- Le
Parisien, 18 février 2006
- [Texte
intégral]
Ecrite
par l'Americain Anton Szandor LaVey en 1969, trois ans après la création
officielle de l'Eglise de Satan à New York, la « Bible satanique » est l'ouvrage
fondateur du satanisme contemporain. Parodiant la Bible, elle prend à rebours
tous les préceptes du christianisme et élève Satan au rang de Dieu. Anton
Szandor LaVey propose ainsi neuf «commandements»: la complaisance, non
l'abstinence; l'existence matérielle, non un rêve spirituel; l'hypocrisie, et
non la sagesse sans détour; la vengeance : il ne faut pas tendre l'autre
joue.
S'appuyant sur les rituels qu'il édictera en 1972 dans l'ouvrage «The
Satanic Rituals», non traduit en français à ce jour, l'auteur met en place une
hiérarchie du type clergé avec un Grand Prêtre, des prêtres et des grottos
(cellules régionales). Passionne de magie, amateur de femmes, ex-dompteur et
organiste d'église, proche un temps de Ron Hubbard, le fondateur de la
Scientologie, Anton Szandor LaVey entendait se positionner comme une force de
provocation face au fort puritanisme de la société américaine. Il avait a cet
effet pris pour lieu de résidence la Black House (la maison noire) à San
Francisco, entièrement peinte en noir en opposition parfaite avec la White
House, la Maison-Blanche, siège du pouvoir américain.
Reste que la traduction
en français de «The Satanic Bible», qui s'est déjà vendu a plus de 600'000
exemplaires dans le monde, révèle incontestablement un re-nouveau du satanisme
même si cette mouvance revêt aujourd'hui des visages très différents.
Sans
LaVey, la majorité des groupes sataniques n'existeraient pas
aujourd'hui.
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- France
: Le satanisme, marchepied de l'extrême droite
- [Texte intégral]
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- Des jeunes un peu paumés en quête d'identité se laissent séduire par une
forme de folklore.
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- Dans son rapport, la Miviludes s'attarde sur un phénomène sectaire nouveau
par l'importance de sa diffusion : le satanisme en relation avec les mouvements
d'extrême droite. A l'image des récentes profanations de cimetières qui se sont
échelonnées sur les six derniers mois. Certaines profanations ont comporté, en
effet, des symboles à la fois nazis et satanistes.
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- Idéologie. Le mouvement sataniste actuel trouve, en tout cas, son origine
dans «l'Eglise de Satan» fondée le 30 avril (jour de la mort d'Hitler)
1966, par Anton LaVey, appelé le Pape noir et auteur de la Bible satanique.
Intervient une scission en 1995, lorsque Michael Aquino crée une structure
concurrente, le Temple de Seth. Tous les deux s'inspirent néanmoins d'Aleister
Crowley qui développa au début du XXe siècle certains rites sanglants.
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- Derrière le folklore apparent du satanisme (messes noires, symboles, croix
renversées...) se cache une idéologie qui peut être dangereuse quand elle se
politise. Pour Jean-Yves Camus, politologue, «la violence du message
antichrétien ne peut pas ne pas déboucher sur un certain totalitarisme».
Paul Ariès, qui vient de publier Satanisme et vampirisme, le livre noir
(1) un voyage de plusieurs années dans les milieux satanistes ,
explique que les idées satanistes apparaissent comme un véritable vivier pour
l'extrême droite. Ainsi la «Constitution 35» ou le «révisionnisme
pentagonal» sont de vrais programmes politiques et prônent une inégalité
naturelle entre les hommes. A titre d'exemple, Ariès cite l'Ordre des 9 angles
qui organisent des messes noires avec, sur l'autel, l'ouvrage Mein Kampf, écrit
par Hitler.
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- La religion est utilisée par les groupuscules d'extrême droite
pour masquer leurs idées. «Un jeune ne peut se dire néonazi mais il est bien
vu de se dire sataniste.» Selon Paul Ariès, il existe deux profils types de
satanistes parmi les jeunes qu'il faut distinguer des gothiques, même si le
gothisme (2) est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme : il y
a l'adepte de base, souvent un jeune paumé, sans prise sur sa vie ou celle des
autres et qui trouve une «béquille identitaire» dans le satanisme en
souffrant et faisant souffrir les autres. Plus minoritaire, on trouve aussi
l'étudiant d'un certain niveau intellectuel, qui remet en question l'éducation
qu'il a reçue et voit dans le satanisme un moyen de provocation.
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- En tout cas,
pour Paul Ariès, il n'y a aucun doute : «Le développement du satanisme et son
rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs.» Et de
s'inquiéter de l'attitude des pouvoirs publics qui «pêchent dans leur
approche du phénomène, car elles ne se donnent pas les moyens de le
combattre».
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- Vigilance.
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- Il a été en partie entendu. Car pour la Miviludes, il y a urgence à intervenir : ainsi les parents
se doivent d'être vigilants, car si un look gothique de leur enfant ne signifie
pas danger, il ne faut pas pour autant «nécessairement tout admettre dans ce
domaine, car cette attirance pour certaines pratiques peut être une voie
dangereuse pour les plus fragiles».
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- Les dérives vers des mouvements néonazis
sont possibles. La Miviludes dénonce l'accès facile par l'Internet aux sites
satanistes, puis par divers liens vers des sites néonazis. «Les groupuscules
d'extrême droite exploitent le goût de certains jeunes pour les références
nordiques, viriles, pour les attirer dans une mouvance politique d'extrême
droite», note la Miviludes.
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- Enfin, la musique est un moyen d'accès privilégié. Au-delà du très populaire
Marylin Manson, ancien membre de l'Eglise de Satan, le vrai danger, selon la
Miviludes, semble résider dans le «Black Metal» scandinave où la musique
est utilisée pour professer de véritables idées néonazies, comme on l'entend
dans les groupes Enduras, Allerseelen, Scivias, ou Blood Axis.
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- (1) Editions Golias.
- (2) Le gothisme est au départ une culture tournée vers le romantisme sombre.
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- Le mariage de la «Jihad 666» et de la «Jihad 88» :
- est-ce
la faute des jeunes gothiques ?
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- Courriel, 18 mars 2005 par Paul Ariès
- [Texte intégral]
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- La Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les dérives
sectaires (MIVILUDES) vient tout juste de rendre public son rapport 2004 qui
inquiète à juste titre les militants anti-sectes. Le gouvernement choisit à
travers ce rapport de mettre en avant le phénomène satano-gothique.
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- Nous sommes bien placés pour savoir que le satanisme représente un véritable
danger puisque nous lui avons consacré un ouvrage fin 2004 (satanisme et
vampyrisme, le livre noir, Editions Golias). Le satano-gothime n'est cependant
pas le seul danger et sans doute pas davantage le principal. Je crains que le
gouvernement n'ait choisi de parler du satano-gothisme pour nous faire oublier
qu'il a capitulé face aux grandes sectes américaines sous la pression notamment
des Etats-Unis.
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- L'objectif de l'ancienne Mission Interministérielle de Lutte contre les
Sectes (MILS) dirigée par Alain Vivien était (à tort ou à raison) d'avancer vers
la dissolution de la scientologie. Est-ce toujours l'objectif ? On peut en
douter à voir de quelle manière le rapport fait son possible pour ignorer cette
secte. Cette capitulation honteuse de la France dans la lutte anti-sectes vient
confirmer les craintes antérieures. Monsieur Raffarin ne se félicitait-il pas
dans une lettre au Président de la MIVILUDES que les pouvoirs publics aient
cessé de stigmatiser certaines sectes (lettre n° 04647 du 1er avril
2004)
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- Il est à craindre que les jeunes gothiques ne fassent aujourd'hui les frais
de cette démission politique non assumée : le gouvernement n'ose pas dire à
l'opinion publique ni aux parlementaires unanimes pour poursuivre la lutte
anti-sectes que l'heure n'est plus à défendre nos valeurs face à ces groupes. De
la même façon que le gouvernement américain a totalement baissé la garde depuis
le 11 septembre face aux mouvements néo-nazis et aux diverses « églises » qui
propagent la haine raciale, le gouvernement français a choisi également de
regarder ailleurs que du côté des grandes sectes. Ce revirement de la politique
française anti-sectes est dangereux car il conduit à sous-estimer gravement le
danger sectaire (ce qui lui vaut la colère des associations anti-sectes) et
débouche sur une lecture complètement erronée du phénomène sectaire qui ne peut
que nous désarmer.
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- Les satanistes ne sont pas un cancer sur un corps sain mais les métastases
d'une société malade. Notre bonne société a pour ainsi dire les satanistes
qu'elle mérite ou mieux encore qu'elle enfante. Pourquoi est-il de bon ton de
porter un tee-shirt à l'effigie Marylin Manson et non plus du Che ? Le danger ne
tient pas dans le caractère outrancier des propos ou des tenues des jeunes
gothiques mais dans le rapprochement entre les partisans de la «Jihad 666» («guerre sainte satanique») et ceux de la «Jihad 88» («guerre sainte néo-nazie»: le «h» de Heil Hitler est la 8e lettre de l'alphabet).
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- Le succès sur Internet, sur les objets scolaires de nos enfants ou lors de
profanations du mot d'ordre « Rahowa » («guerre sainte raciale») ou de la
signature «14 mots» (qui signifie «nous devons assurer l'existence de notre
race et un futur aux enfants blancs» ) mérite beaucoup plus de vigilance que la
confusion trop facile entre satanisme folklorique, gothisme et satano-nazisme.
Méfions nous de ne pas trop fantasmer sur les propres fantasmes de ces néo-nazis
d'un nouveau genre. On peut rire de ce que le Temple de Set (fondé par Michaël
Aquino, alors lieutenant-colonel de l'armée américaine spécialiste de la guerre
psychologique et toujours auteur de travaux qui font autorité)organise des
pélerinages au Château du Wewelsburg, ce haut-lieu du nazisme où les dignitaires
SS organisaient des rituels noirs mais son idéologie anti-égalitaire et
anti-humaniste progresse. On peut s'amuser de ce que l'ensemble de la mouvance
joue Himmler contre Hitler mais les thèses extrémistes pro-américaines
progressent avec des slogans simples « Heil Satan ! Heil Amerika !».
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- L'Ordre des Neuf Angles peut également amuser la galerie avec son fameux «Guide du sacrifice humain» mais il organise de véritables « messes noires » en
l'honneur de Mein Kampf. La sympathique Eglise de Satan ne joue pas seulement à
nous faire peur lorsqu'elle diffuse son programme politique « pentagonal » qui
revendique, entre autres choses, la fin de l'égalité, le rétablissement de la
peine de mort, le renforcement de l'appareil répressif, la fin des aides
sociales, des discriminations positives en faveur des plus forts, la sélection
génétique des meilleurs, etc. Cette vision du monde se retrouve au sein des
organisations françaises comme l'Ordre Guillaume et la Fédération sataniste de
France qui propose par exemple le retour au système des corporations.
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- Prenons garde car si un lycéen ne peut plus défendre impunément des thèses
néo-nazies, il lui suffit de prendre le masque du satanisme pour pouvoir
propager la haine des faibles et le culte des forts. Faut-il s'étonner que les
mouvances sataniques cèdent ainsi avec facilité aux vieux démons lorsqu'on sait
comment notre bonne société s'accommode très bien d'une violation de ses valeurs
? Sait-on assez que la Bible satanique (vendue à six millions d'exemplaires)
écrite par Anton LaVey, est simplement un plagiat des oeuvres de la
philosophe-romancière Ayn Rand bien connue pour être la « gourelle » de la
contre-révolution conservatrice qui balaie depuis plus de vingt ans le monde ?
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- Cessons de diaboliser les jeunes gothiques et osons leur dire franchement que
s'ils veulent vraiment mépriser le faible, il n'est pas besoin de rentrer dans
une secte, notre bonne société fait cela très bien. Paul Ariès, professeur de
science politique et management est l'auteur de «satanisme
et vampyrisme, le livre-noir», Editions Golias, 2004
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- Bulles 79
- [Texte
intégral]
- Nous sommes souvent
interrogés sur le Mouvement Gothique qui peut prêter
- en apparences à certaines
confusions avec le satanisme (voir BULLES n° 76).
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- Nous tentons ici de marquer
la différence.
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- Le monde gothique peut être défini comme un mouvement underground très
riche ayant un style musical, des activités artistiques, une esthétique
vestimentaire et un état d'esprit. Ils aiment les balades dans des lieux
secrets et obscurs ayant une atmosphère sombre comme les cimetières, les
soirées dans les catacombes et ils sont fascinés par l’inquiétant, l'étrange,
le fantastique, le mysticisme et les tourments de l'esprit. Disciples de
Baudelaire, les gothiques ont un goût certain pour la représentation du spleen
et les thèmes morbides, pour la mise en scène de la souffrance et la
dramatisation des sentiments.
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- Il existe des associations, des sites lnternet avec des forums de
discussions, des fanzines, des magazines, des boutiques et des disquaires
spécialisés ainsi que des lieux où l'on se retrouve entre gothiques : boites de
nuit, concerts, soirées, bars, festivals.
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- Le mouvement gothique célèbre l'art sous toutes ses formes : la
poésie avec Baudelaire, Oscar Wilde, Sade, Lautreamont ; la littérature
romantique tels que l'œuvre d'Edgar Alan Poe, Frankenstein de Mary Shelley,
Dracula de Bram Stoker ; le cinéma avec Fritz Lang "Nosferatu",
David Lynch avec "Eraserhead" et la peinture tels que les œuvres de
Dali et Klimt.
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- D'un point de vue général, la culture gothique s’inspire
largement du romantisme. Les romantiques, à la fin du XVIIIe siècle,
s'insurgent contre le rationalisme et le matérialisme ambiants, ils
proclament la supériorité du sentiment et de la passion sur la logique
froide et impersonnelle et affirment la primauté de l'individu sur le
collectif.
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- Ils puisent plutôt leur inspiration dans l'Antiquité, le
Moyen-Age et aussi la légende du vampire. Mais il s’agit d'un vampirisme très
allégorique où la relation amoureuse est vécue comme très angoissante,
déchirante et fatale.
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- Passionnés de musique, les gothiques ont leur style
musical où ces influences se retrouvent Les thèmes abordés dans les textes ont
une portée symbolique relative aux problèmes existentiels. Rythmes lourds,
ambiance sombre et lugubre, chants plaintifs, les textes sont troublants et
profonds. On chante l'amour et les blessures de l’âme, l'existence et ses
mystères. Voix graves d'outre-tombe, mélodies romantiques, on murmure ses
émotions, son profond pessimisme, ses passions, son désespoir, sa mélancolie et
on hurle ses souffrances amoureuses, la séparation, la solitude, l'angoisse et
la mort. Ces voix ténébreuses rappellent l'humeur noire qui vient du plus
profond de soi.
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- La musique gothique traduit les préoccupations de l’âme et ses
passions. Elle sait créer une ambiance mystérieuse et inquiétante. Issu du
punk, c’est dans le début des années 80 que le mouvement gothique a pris de
l'ampleur avec surtout des groupes anglais tels que Virgin Prunes, influencé
par l'œuvre d’Antonin Artaud.
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- L'esthétique du corps est avant tout une esthétique du macabre. Style froid
et déroutant, extravagant et provocant, l’apparence est sévère et sophistiquée.
Les gothiques sont très sensibles à l'élégance et à ce que l'image dégage.
Leurs tenues sont plutôt raffinées et élaborées. Il existe plusieurs styles
vestimentaires : "le néo-romantisme" avec des vêtements noirs
médiévaux en velours et en dentelles, redingote, "sorcières"
aux pieds ... et le style "fétichiste ou cyber punk" avec des
vêtements en latex et en cuir. Si les gothiques s'habillent tout en noir c'est
que cette couleur évoque l’être dans sa dimension la plus sombre et profonde.
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- Tout en rappelant les profondeurs abyssales, c’est-à-dire l'introspection,
le noir est la couleur du renoncement à la vanité de ce monde. Il représente la
perte sans espoir et marque la mélancolie, le pessimisme et l’affliction. De
même, le maquillage est très prononcé : teint pâle, fards à paupières sombres,
rouge à lèvres et vernis à ongles noirs. Enfin, toutes sortes de bijoux sont souvent
portés : la croix du christ, des bagues et des pendentifs représentant des
symboles très significatifs comme, par exemple, le corbeau, souvent porté en
boucle d’oreille ou en broche, symbole de l'isolement volontaire et de la
solitude, et le squelette de la mort.
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- Une harmonie entre l'esthétique du corps et les préoccupations de l'âme
s'impose au gothique, soucieux qu'il est d'être cohérent et d'être fidèle à
soi-même. L'image du corps, le paraître, l’apparence doivent être en adéquation
avec l'être. Car l'image permet l'expression de soi. Ainsi, tout l’être est
gothique. Si la musique et le vêtement ont tant d’importance c’est qu’ils
permettent d'extérioriser et d’exprimer d’une façon théâtrale et dramatique les
blessures de son âme, ses sentiments les plus profonds et ses angoisses face à
la vie, à l'amour et à la mort.
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- Grâce à la mise en scène et à la mise en avant
des affects, les gothiques trouvent un moyen d'apaiser et de contenir leur
désillusion, leur angoisse et leurs émotions.
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- Dans un questionnement permanent
par rapport à l’existence, ils tentent de transformer leur difficulté de vivre
: leur tristesse devient belle et ainsi acceptable, elle devient accessible et
représentable, elle apporte même du plaisir. Le gothique recherche la
fantaisie, l'originalité et la provocation. Il aime se montrer, s'exposer et
attirer le regard de l'autre sans crainte de son jugement. Aussi exprime-t-il
un rejet par rapport à l'uniformité, aux conventions, à la domination de la
norme et affirme son opposition.
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- Le gothique revendique sa différence et son
indépendance : il conçoit la vie autrement et valorise la liberté individuelle.
Profondément désenchanté et déçu, il se désole. Il est consterné face à
l’hypocrisie générale des hommes entre eux et par rapport au malaise de notre
société. Il prend alors de la distance afin de se dégager d’un système qu’il
pense aliénant, désespérant, cruel dans lequel il ne se retrouve pas.
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- Il faut éviter toute vision réductrice du mouvement ainsi que la confusion
souvent entretenue avec le satanisme et, parfois même, avec les groupes
sectaires. Malgré leur goût prononcé pour le morbide et le macabre, les
gothiques sont insérés dans la société.
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- Ces jeunes adultes investissent à leur
façon le monde qui les entoure et savent prendre du plaisir en ayant certaines
activités culturelles et en festoyant avec leurs amis. Mais, comme dans tous
milieux, il peut y avoir des personnes déviantes ayant des comportements
pathologiques. Ainsi, lorsqu’un individu s'isole totalement, il n’a plus de relations
avec le monde extérieur, se désintéresse de tout, n'a plus de plaisir et commet
des actes qui le mettent en danger tels que automutilations, prise de drogue,
tentatives de suicide, l’on se trouve face à quelqu'un en grande souffrance
psychologique ayant besoin d’être aidé.
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- Enfin il faut savoir que le mouvement
gothique n'est pas un mouvement politique. De même, il n’est pas rattaché à un
système de croyance religieuse spécifique. Mais, être gothique n'exclut pas le
fait que certains puissent être politisés ou croyants.
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- Delphine
Guerard
- Psychologue ADFI Paris. 2003
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