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Jean-luc
Barbier claque la porte du Tribunal de Porrentruy (*)
- Quotidien
Jurassien, 19 avril 2007 par Jacques Houriet
- [Texte
intégral] - en rouge commentaires et titre ajoutés
Sa
croisade contre l'Eglise de scientologie lui
fait dépasser les bornes constate la Cour
Remarque
du GRAVIS : Une Cour composée de
deux juges membres du même parti politique que
l'avocat des scientologues, le parti Radical
!
Ancien
scientologue lui-même, aujourd'hui président de
l'Association des victimes de la scientologie (AVSD),
Jean-Luc Barbier, de Porrentruy, se démène comme
un beau diable pour porter des coups contre ses
anciens coreligionnaires, éclaboussant dans la foulée
ceux qui se trouve à proximité, fût-ce dans l'exercice
d'un mandat.
Les
dirigeants de cette «église» ne restent évidemment
pas les bras ballants devant les coups de boutoir
de leur contempteur. Et c'est un chassé-croisé de
plaintes et de condamnations qui, apparemment, s'échangent
entre les antagonistes. Le pot de terre contre le
pot de fer
Un
dessin désobligeant
Jean-Luc
Barbier est accusé de s'en être pris à l'avocat
delémontain Alain Schweingruber, qui a eu le tort,
selon lui, de défendre des scientologues à l'occasion
d'une cause pénale. On lui reproche d'avoir envoyé
(par fax) à l'homme de loi, qui venait d'être élu
à la présidence de Parlement, un dessin de Wolinski,
paru dans Charlie Hebdo, représentant un petit homme
issant du fondement d'un géant. Un étron, pour être
clair. Le dessin de Wolinski faisait allusion à
Sarkozy, mais ainsi adressé à Me
Schweingruber, bien sûr, il prenait une autre
identité. Le magistrat a déposé plainte. Elle a
été traitée en automne dernier, en même temps que
des propos diffamatoires que le prévenu avait tenus
envers des responsables de l'Eglise de scientologie.
Le
pour et le contre
Le
juge de première instance, Pierre Lachat, l'avait
reconnu coupable dans les deux cas et l'avait condamné
à une peine de trois semaines d'emprisonnement avec
sursis. Le juge avait alors relevé que le fait de
s'en prendre au plus haut magistrat du canton (le
président du Parlement) aggravait l'outrage, mais
il avait tenu compte aussi des désagréments qu'indiscutablement
lui avait causés la scientologie.
Le
prévenu, qui nie avoir envoyé lui-même le fax en
soulignant que le télécopieur qui a servi à ce désobligeant
courrier était accessible à de nombreuses personnes,
a fait appel. Il estimait aussi pouvoir apporter
la preuve de la vérité, ou au moins de sa bonne
foi, en ce qui concerne les diffamations commises
à l'égard de plusieurs scientologues. La Cour pénale
s'est donc réunie pour examiner l'affaire en deuxième
instance, sous la présidence de Daniel Logos, entouré
des juges Gérard Piquerez et Pierre Theurillat.
Une
vaine récusation
Mais
rien n'est simple. Le prévenu, méfiant, récuse les
membres de la Cour qui appartiennent au même parti
que le juge de première instance (PDC, donc) ainsi
que ceux qui sont du même parti que M` Schweingruber
(PLR), c'est-à-dire tous. Hier en audience, il a
réitéré cette demande, terrain sur lequel son avocat,
M` Christophe Schaffter (par ailleurs député sous
la bannière de Combat socialiste), ne le suit pas:
«Je n'approuve pas mon client dans cette démarche,
je ne soutiens pas sa requête». Une requête que
la Cour rejettera.
Deux
éclairages
Plaidant
sur le fond, le défenseur explique que son client
mène le combat inégal d'un homme seul contre «cette
machine de guerre qu'est l'Eglise de scientologie».
Ancien membre lui-même de cette «église» (pendant
dix ans), qui le considère aujourd'hui comme «suppressif»,
Jean-Luc Barbier est la cible de toutes les attaques
et se bat dans ce contexte : «Sur la forme, il est
maladroit, mais sur le fond il a raison d'informer,
de prévenir. Il devrait juste changer de moyens»,
dira son avocat.
Pour
le fax, l'avocat constate qu'à tout le moins le
doute existe sur l'identité de l'expéditeur.
Alain
Schweingruber est assisté de M` François Boillat
soulignera le caractère quérulent du prévenu, en
qui il voit un menteur et un manipulateur qui s'en
prend systématiquement à tous les avocats qui sont
amenés à défendre la cause que lui-même combat.
Il demande la confirmation du jugement de première
instance.
Un
dernier petit éclat
C'est
ce que fera la Cour pénale, après avoir constaté
que Jean-Luc Barbier n'a pas apporté la preuve de
la vérité dans les accusations qu'il a portées contre
l'Eglise de scientologie
(qui l'a dénigré selon lui) et estimé, malgré ses
dénégations, qu'il était bien l'auteur de l'envoi
du fax injurieux. Ses trois semaines d'emprison-
mnement,
nouveau droit oblige, deviennent 21 jours-amende
(soit
130 euros),
avec sursis toujours.
Alors
que le président Logos explique les motifs qui ont
amené la Cour à ce verdict, le prévenu proteste
et se fait sèchement rappeler à l'ordre. Visiblement
excédé, JeanLuc Barbier se lève brutalement et se
met à hurler aussi fort que le juge : «C'est un scandale,
un scandale», puis il sort bruyamment de la salle
en claquant sans égards la vénérable vieille porte
du tribunal qui en tremble encore. L'affaire
ira devant le Tribunal fédéral.
| Une
plainte contre le Parlement jurassien
Jean-Luc
Barbier conteste la composition de la magistrature
parce que, dans le système jurassien, les juges,
y compris le Ministère public, sont élus par le
Parlement sur le critère de leur parti politique.
Il considère que c'est une
atteinte à la règle de la séparation des pouvoirs
exigée par la Constitution. Il a déposé plainte
contre le Parlement jurassien, rien de moins.
Sa
plainte est arrivée il y a deux jours sur le bureau
du procureur général qui devra
imaginer la suite à donner à cette démarche qui,
pour être insolite, n'est pas fondamentalement dénuée
de sens. Quant à condamner le Parlement, c'est une
autre paire de manches.
Affaire à suivre, avec curiosité.
(jh)
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titre ajouté par le GRAVIS/ Titre original : Comment
on injurie un avocat avec un dessin de Wolinsky

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