|
|
|
|
SCIENTOLOGIE LE CULTE DE L'ARGENT
En
apparence, Noah Lottick, étudiant en russe résidant
à Kingston, en Pennsylvanie, était un garçon
ordinaire de vingt-quatre ans qui cherchait sa place dans
le monde - jusqu'à ce qu'il découvre l'Église
de Scientologie. En moins d'un an, il lui versa plus de
5'000 dollars (près de 7'600 francs). Son comportement
devint étrange; il confia à ses parents que
ses instructeurs en Scientologie étaient réellement
capables de lire dans les esprits. Quand son père
eut une grave crise cardiaque, il soutint que c'était
purement psychosomatique.
Un jour, il fit irruption chez ses parents et exigea de savoir pourquoi ils répandaient de fausses rumeurs sur son compte fantasme qui décida finalement son le père à faire appel à un psychiatre. C'était trop tard. Quelques jours après, le jeune homme se jetait du neuvième étage d'un hôtel de New-York et s'écrasait sur le capot d'une voiture. Quand la police arriva, ses doigts étaient encore crispés sur des billets de banque : 171 dollars (environ 260 francs), à peu près le seul argent dont il n'avait pas encore fait don à l'Eglise de Scientologie. Ses parents, anéantis par la douleur, essayèrent de reconstituer l'emploi du temps de ses derniers jours. Un dirigeant de la secte avait déjà déclaré à Mme Lottick avoir entendu dire que son fils était venu à l'Église peu avant sa disparition. Mais, après que son corps eut été identifié, les scientologistes affirmèrent n'avoir aucune trace de sa visite. Ils chicanèrent même les Lottick à propos d'une somme de 3'000 dollars (4'560 francs) que leur fils avait versée pour des prestations de services qui n'avaient jamais été exécutées, et qu'ils affirmaient avoir été «un don». L'Église de Scientologie, fondée par l'auteur de romans de sciencefiction L. Ron Hubbard pour «débarrasser» les gens du malheur, se donne l'image d'une religion. En réalité, il s'agit d'une entreprise internationale très lucrative d'extorsion de fonds, qui se maintient par la menace qu'elle fait peser sur ses membres et ses détracteurs, à la manière d'une mafia. Ces dix dernières années, les révélations faites par les médias (I), les poursuites engagées contre la secte ont paru réduire le danger qu'elle représente. Mais à présent, elle essaie de s'intégrer à la société, et constitue une menace plus insidieuse et envahissante que jamais. (1) Le Reader's Digest a publié deux articles d'Eugene Methvin sur l'Eglise de Scientologie: «La Scientologie: anatomie d'un culte effrayant» (mai 1980) et «La Scientologie: un mal que s'étend» (septembre 1981) Tandis
que les laquais de Hubbard commettent leurs ravages
dans le monde entier, les gouvernements consacrent
beaucoup d'argent et d'efforts à essayer
de les arrêter.
«Engrammes» et «Thétans» Le fondateur
de cette entreprise, mort en 1986, était né au
Nebraska en 1911. Conteur et escroc tout à la fois, il
se fit passer plus tard dans les brochures éditées
par son Église pour un héros de la Seconde Guerre
mondiale «couvert de décorations». Blessé
au combat, paralysé et aveugle, il aurait par deux
fois été déclaré mort avant
d'être miraculeusement guéri par la Scientologie.
Son
doctorat de «l'université de Séquoia»
était un diplôme bidon vendu par correspondance.
Jusqu'en 1950, Hubbard connaissait une réussite très moyenne en écrivant de mauvais romans de science-fiction. C'est alors qu'il écrivit l'un des textes sacrés de la Scientologie: La Dianétique: la science moderne de la santé mentale. Il y présentait notamment une technique thérapeutique grossière, qu'il appelait «audition». Il prétendait que le malheur provenait d'aberrations mentales (ou engrammes) causées par des traumatismes antérieurs. Il mit au point un détecteur de mensonge simplifié (appelé Emètre) destiné à mesurer les variations électriques sur la peau des sujets pendant qu'ils évoquaient tous les détails. Il affirmait que des entretiens avec un conseiller, sous le contrôle de l'E-mètre, permettaient de faire disparaître les engrammes, de guérir la cécité et même d'améliorer l'intelligence et l'allure d'une personne. Il ne cessait d'inviter ses adeptes à gravir de nouveaux échelons, toujours plus coûteux, dans l'Église de Scientologie. Pendant les années 60, il décréta que les humains étaient faits de regroupements d'esprits (les «Thétans» exilés sur la Terre, soixante-quinze millions d'années auparavant, par un maître cruel de galaxie, nommé Xenu. Bien évidemment, ces Thétans devaient subir l'audition. «Veillez à ce que de nombreux corps passent par la boutique», écrivait Hubbard dans une de ses notes aux dirigeants de la secte. Dans une autre, il disait: «Faites de l'argent. Faites davantage d'argent. Faites-les venir, quelle que soit la manière employée ou la raison invoquée.» Quand un tribunal fédéral statua en 1971 que les prétentions médicales de Hubbard étaient nulles, le gourou chercha à protéger les étranges rites de l'Eglise de Scientologie en invoquant la garantie constitutionnelle de la liberté de culte. Ses conseillers arborèrent des cols d'ecclésiastiques, on construisit des chapelles, les succursales de l'organisation devinrent des «missions» et Hubbard promut au rang de «Saintes Écritures» sa cosmologie de bandes dessinées. Périodiquement, Hubbard embarquait avec ses acolytes sur un ferryboat aménagé et s'en allait porter la bonne parole à l'étranger. L'un après l'autre, des pays - la GrandeBretagne, l'Espagne, le Portugal lui fermèrent leurs ports, généralement sous la pression des opinions publiques. Un tribunal français le condamna par contumace pour fraude. Au début des années 70, le fisc américain prouva que L. Ron Hubbard se mettait dans la poche des millions de dollars gagnés par l'Église, et qu'il blanchissait cet argent grâce à une société écran au Panama, avant de le déposer sur des comptes bancaires en Suisse. Onze des principaux dirigeants de la secte, y compris Mary Sue, la troisième femme de Hubbard, furent envoyés en prison au début des années 80 pour avoir infiltré et cambriolé plus de 100 organismes privés ou gouvernementaux, et écouté leurs conversations téléphoniques afin d'enrayer leurs enquêtes. A la fin de 1985, le fisc américain chercha à obtenir l'inculpation de Hubbard pour fraude fiscale. Celui-ci, qui se cachait depuis cinq ans, mourut en 1986 avant que l'affaire ne vienne en justice. La plupart des sectes ne survivent pas à leur fondateur, mais l'Église de Scientologie a prospéré depuis la mort de Hubbard. Des transfuges qui y occupaient des positions élevées affirment que la maison mère a amassé environ 400 millions de dollars (600 millions de francs) dans des comptes bancaires à l'étranger. La secte est maintenant dirigée par David Miscavige, âgé de trente et un ans, qui a abandonné ses études dès le lycée et appartient à la deuxième génération des scientologistes. Son objectif est de faire reconnaître la Scientologie dans le courant des années 90. Peu après la mort de son fondateur, l'Eglise de Scientologie s'assura le concours de Trout & Ries, cabinet de conseillers en mercatique honorablement connu, basé dans le Connecticut, pour tenter d'effacer son image d'organisation marginale. - Nous leur avons conseillé de changer de style et même de renoncer à être une Église, déclare Jack Trout, mais ils n'ont pas voulu en entendre parler. La secte préféra créer toute une série de sociétés écrans pour atteindre ses objectifs. Celles-ci travaillent notamment dans: 1. L'édition. Depuis 1985, au moins une dizaine de livres de Hubbard ont figuré sur les listes des succès de librairie. Les scientologistes affirment que les tirages atteignent aujourd'hui les 90 millions d'exemplaires dans le monde mais, en réalité, c'est l'organisation elle-même qui achète d'énormes quantités de ses propres livres pour les faire apparaître sur les listes des ouvrages àgrand tirage. 2. Les conseils. Afin de recruter des adhérents riches et respectables, l'Église de Scientologie utilise un réseau de conseillers qui dissimulent leurs liens avec elle. Dans toute l'Allemagne, des firmes d'ingénieursconseils en gestion dépendant de la secte ont infiltré les petites et moyennes entreprises et endoctriné les employés en utilisant les méthodes de L. Ron Hubbard. Sterling Management Systems, l'une des entreprises privées ayant le flux de croissance le plus élevé des Etats-Unis, est un exemple typique de la manière d'opérer de l'Église de Scientologie. Sterling expédie régulièrement un bulletin d'information gratuit à plus de 300'000 professionnels de la santé, promettant d'augmenter leurs revenus de manière spectaculaire. Elle offre pour cela des séminaires et des cours qui coûtent en moyenne 10'000 dollars (15'200 francs). Mais son véritable objectif est de recruter des clients pour la Scientologie. - L'Église propose une marchandise de mauvaise qualité, alors elle l'emballe comme s'il s'agissait d'autre chose, déclare Peter Georgiades, un avocat qui représente les victimes de Sterling. Robert Geary, un dentiste de l'Ohio, âgé de quarante-cinq ans, qui a assisté en 1988 à un séminaire de Sterling, déclare n'avoir jamais été soumis «à des techniques de vente aussi poussées». Il affirme que les instructeurs ont réussi à le convaincre que sa femme Dorothy et lui avaient des problèmes personnels qui imposaient une «audition». En cinq mois, les Geary ont dépensé 130'000 dollars (200'000 francs suisses environ) en diverses prestations. Geary soutient encore que les scientologistes, non seulement ont téléphoné à sa banque pour faire augmenter le plafond de sa carte de crédit, mais ont imité sa signature sur une demande de prêt de 20'000 dollars (30'000 francs). 3. La santé HealthMed, chaîne de cliniques américaines dirigée par les scientologistes, propose un traitement avec sauna, exercices et prise de vitamines, mis au point par Hubbard pour purifier le corps. La chaîne bénéficie d'une énorme publicité dans le livre, Diet for a Poisoned Plan et (Régime pour une planète empoisonnée) de David Steinman, qui conclut que des dizaines et des dizaines d'aliments courants sont dangereux. A quoi le pc William Jarvis, directeur du conseil américain contre la fraude dans le domaine de la santé (National Council against Health Fraud) rétorque: - HealthMed est une porte qui mène à la Scientologie, et le livre de Steinman un mécanisme de sélection. Steinman nie toutefois avoir le moindre lien avec l'Église de Scientologie. 4. La lutte contre la drogue. Les traitements de purification de L. Ron Hubbard sont l'arme principale de Narconon, une chaîne, dirigée par les scientologistes, de plus de trente centres de désintoxication pour les alcooliques et les drogués. Certains fonctionnent dans les prisons sous le nom de Criminon, et sont présents dans douze pays. Outil classique pour attirer les intoxiqués vers la secte, Narconon envisage actuellement d'ouvrir ce qu'il appelle le plus grand centre de désintoxication du monde, situé dans une réserve indienne proche de Newkirk, une ville de l'Oklahoma de 2300 habitants. Lors d'une cérémonie qui y avait été organisée en 1989, l'«Association pour une meilleure vie et l'amélioration des méthodes d'enseignement» a remis à Narconon un chèque de 200'000 dollars (304'000 francs) et une étude félicitant le centre pour son travail. L'association se révéla par la suite appartenir à l'Église de Scientologie. Aujourd'hui, Newkirk se bat pour que la secte ne s'installe pas sur le territoire communal. L'Église de Scientologie dépense également beaucoup d'argent pour clouer le bec à ses détracteurs. L'une des politiques de Hubbard était de considérer que toutes les personnes perçues comme des ennemis potentiels constituaient «un gibier licite» (gibier de potence) et pouvaient être «escroquées, attaquées en justice, leurrées ou détruites».
Les
plus redoutables partisans de l'Eglise sont ses avocats.
L. Ron Hubbard avait averti ses fidèles qu'ils devaient
«se méfier des juristes qui conseillent de
ne pas faire de procès», ajoutant que «l'objet
d'une action en justice est de harceler et de décourager
l'adversaire plutôt que de gagner».
Le but de l'Église de Scientologie est de ruiner ses ennemis ou de les ensevelir sous la paperasserie. Michael Flynn, un avocat de Boston qui représenta les victimes de la secte de 1979 à 1987, fut personnellement l'objet de quatorze plaintes injustifiées, qui furent toutes rejetées sans poursuites. Au Canada, la secte dispose, pour sa défense et celle de dix de ses membres qui doivent être jugés cet automne à Toronto, d'une équipe d'hommes de loi comprenant Clayton Ruby, l'un des plus célèbres avocats des droits civiques du pays. Les chefs d'inculpation comprennent le vol de documents concernant l'Église de Scientologie au ministère de la Justice, à l'Association canadienne pour la santé mentale, dans deux centres de police et dans d'autres institutions. Les hommes de Ruby, dont les arguties juridiques ont retardé le procès pendant des années, ont essayé de le faire annuler sous le prétexte de «retard indu». Les adversaires de la secte estiment que les gouvernements devraient prendre contre elle des mesures sévères et concertées. - On ne devrait pas laisser à des personnes privées le soin de porter plainte. La plupart des gens ont peur d'être mêlés à ces affaires, déclare Toby Plevin, un avocat de Los Angeles qui assiste les victimes de la Scientologie. Aux États-Unis, le fisc et le FBI interrogent depuis trois ans les transfuges de la secte, en partie pour rassembler des preuves de l'existence d'une vaste entente délictueuse, mais leurs efforts semblent s'enliser. Certains agents fédéraux se plaignent que le ministère de la Justice ne semble pas disposé à dépenser l'argent nécessaire à une guerre d'usure contre l'Église de Scientologie. En France, il a fallu un mort pour que les autorités se décident à agir: plus de quinze membres de la secte ont ainsi été inculpés l'année dernière pour «complicité de fraude et exercice illégal de la médecine» à la suite du suicide d'un dessinateur industriel de Lyon. Parmi les accusés figure l'ancien président de la branche française de la secte et ex-directeur du Centre des célébrités, réservé aux personnalités. En dehors des États-Unis, l'Église de Scientologie semble particulièrement active en Allemagne. En 1984, près d'une centaine de policiers ont effectué une descente dans ses locaux à Munich; à l'époque, la municipalité essayait de prouver que la secte était en réalité une entreprise à but lucratif. Entre-temps, les disciples de Hubbard ont tenté de retourner la situation en leur faveur en infiltrant les milieux politiques allemands. En mars dernier, les démocrates libres, partenaires de la coalition gouvernementale dirigée par le chancelier Kohl, ont accusé les scientologistes d'essayer d'infiltrer la section hambourgeoise du parti. Les véritables objectifs de la Scientologie sont de continuer à empocher des millions de dollars. Car, en définitive, l'argent est la seule chose qui intéresse ce culte. - Leurs prétendues thérapies sont des manipulations, déclare le Docteur Edward Lottick, le père de Noah, nous avons pensé que la Scientologie était un peu comme les cours «Dale Carnegie», pour mieux réussir dans la vie. Je crois maintenant que c'est une école de psychopathes. |
Hubbard
vit, dit-on, en reclus dans un ranch de la Californie du Sud.
Par l'intermédiaire de ceux qui l'entourent, nous a dit
l'un de ses anciens séides, il achète et vend
de l'or, de l'argent et autres matières précieuses,
utilisant pour ses opérations les millions de dollars
collectés, à travers le monde, par ses "missions".
Parallèlement, il entretient une armée d'avocats
chargés de multiplier les recours pour éviter
la prison à ses 11 adjoints qui sont condamnés,
et faire traîner les procès qui lui sont intentés
soit par des organismes officiels, soit par des particuliers.
En décembre dernier, dans sa traditionnelle "directive
" de Noël, il déclarait : "Je me porte
aussi bien qu'il est possible quand on est âgé
de plusieurs milliers de milliards d'années ... L'avenir
nous appartient."
Mais l'avenir appartient peut-être aux victimes de la secte et à leurs familles. En Europe et en Amérique, elles se sont unies pour apporter une assistance juridique et morale à ceux qui n'ont pas encore réussi à se dégager du piège et pour porter le combat devant la justice et les Parlements. A Paris, c'est grâce à l'Association pour la défense de la famille et de l'individu (A.D.F.I) que l'une des victimes de la secte a engagé des poursuites qui ont entraîné la condamnation pour escroquerie de Hubbard, de celui qui était à l'époque à la tête de l'Église française de Scientologie et d'un ancien dirigeant de cette même Église. Jugés par défaut, Hubbard et ses deux acolytes ont été condamnés à des peines d'emprisonnement - quatre ans dans le cas du fondateur de la Scientologie - et à des amendes; de plus, un mandat d'arrêt international a été lancé contre Hubbard. Agé de vingt et un ans seulement, un autre dirigeant, qui s'était présenté au juge, est parvenu à obtenir sa relaxe en appel. Mais le président de la cour a précisé, après avoir rendu son arrêt, que celui-ci concernait uniquement le jeune homme et n'altérait aucunement les autres condamnations. Lorna Levett, de Calgary au Canada, qui a fondé une mission de l'Église de Scientologie et l'a dirigée pendant six ans, a déclaré qu'elle a fini par comprendre que l'organisation à laquelle elle appartenait la faisait participer à une vaste conspiration internationale. En 1974, elle la quitta, entraînant avec elle 43 membres qui, malgré les calomnies, les tracasseries et un procès où on leur réclame 100'000 dollars, ont résisté à toutes les tentatives de la secte pour les réduire au silence. Parlant au nom des victimes, Mme Levett déclare: «Tout comme la maladie, la contrainte psychologique exercée par des sectes dangereuses sous couvert de religion ne peut avoir d'effet que si l'on n'est pas immunisé. En l'occurrence, l'immunité, c'est la liberté d'expression. Si ces organisations qui violent les droits de l'homme en se servant de revenus exonérés d'impôts ont les mains libres, c'est que la vérité demeure occultée.» |
C'est une cabale, l'Eglise de scientologie de Lausanne en est persuadée : «la motivation du Temps présent de jeudi était de dénigrer et de fournir un encadrement au procès en cours entre la scientologie et le Reader's Digest», explique-t-elle dans une lettre adressée à la RTSR. Un hasard malin avait voulu que la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois examine hier leur prétention de rectificatif. L'audience a donc eu lieu au lendemain d'une émission fort critique envers les pratiques de cette Eglise, émission que Me Baptiste Rusconi, avocat de la partie adverse, s'est fait un impertinent plaisir de citer. L'affaire remonte à octobre 1991, lorsque le magasine Sélection du Reader's Digest publie un article explosif irititulé «Scientologie, le culte de l'argent». Cette enquête affirme en substance que la scientologie n'est qu'une entreprise internationale d'extorsion de fonds. Elle se maintiendrait par la menace qu'elle fait peser sur ses membres comme sur ses détracteurs, à la manière d'une mafia.En Suisse romande, l'Eglise réagit et obtient dans un premier temps que l'article ne soit pas publié, grâce à des mesures préprovisionnelles. Mais le 26 novembre, la Cour civile du Tribunal cantonal levait cette interdiction et autorisait le Reader's Digest à diffuser librement cette publication. L'Eglise de scientologie de Lausanne n'est pas d'accord, elle fait appel par son avocate Me Gisèle de Benoît, et demande, aujourd'hui qu'une «mise au point précisant les buts de l'Eglise et son point de vue sur ces critiques», soit ordonnée sans attendre dans chaque édition suisse du Reader's Digest. Un texte de deux pages est déjà prêt. Pour appuyer ses dires, elle a invité moult témoins. Un des cadres les plus élevés de l'Eglise, venu tout exprès de Los Angeles, dément les accusations portées par l'article et affirme vivre chichement et sans voiture. Mais àla barre, les simples membres de la secte ne seront pas moins intéressants: «J'ai versé avec plaisir 200'000 franas pour des cours destinés à mon mari; à moi-même et à mes trois enfants. J'en demande, et j'en demanderai encore !» dit une Romande. Un autre, ingénieur électricien, a versé 80'000 francs pour lui seul. «Mais de tels montants peuvent conduire quelqu'un à s'endetter ?» s'inquiète le président François Meylan. «C'est la responsabilité de chacun», répond sèchement le témoin. En face, Me Baptiste Rusconi balaie la demande de rectificatif, car les conditions n'en sont pas remplies avant le procès sur le fond, dit-il. Le contenu de ce texte - «ils y exposent de manière enflammée la conception,qu'ils ont d'eux-mêmes» - est par ailleurs «à côté de la plaque». L'avocat relève encore que l'article du Reader's Digest «n'est qu'une goutte d'eau dans la mer de critiques que les médias adressent à la scientologie». La décision du tribunal parviendra ultérieurement aux parties. S.Fr |
Une séance
de conciliation, entre l'Eglise de scientologie et le magazine
Reader's Digest n'a donné aucun résultat, a fait
savoir la communauté religieuse hier à Lausanne.
Lors d'une audience devant le juge de paix, le mensuel a refusé
tout arrangement visant à réctifier son article
sur les scientologues, publié en octobre 1991. Aussi
ces derniers s'apprêtent-ils à engager un procès
en dommages et intérêts.
Interdiction provisoire En octobre dernier, sur intervention des scientologues, un juge vaudois avait interdit provisoirement la vente du numéro mensuel du magazine, contenant un article intitulé «Scientologie, le culte de l'argent», Mais l'éditeur avait passé outre à cette décision judiciaire - considérée comme une atteinte à la liberté de la presse - et servi en allemand et en français ses 337'000 abonnés en Suisse. «Faux et diffamatoire» Sur recours du magazine, la Cour civile du Tribunal cantonal vaudois levait cette interdiction le 26 novembre. Elle suivait sur toute la ligne l'argumentation de la défense démontrant des situations où des scientologues s'étaient mal comportés. Le Reader's Digest était autorisé à diffuser librement la publication litigieuse. L'Eglise de scientologie déclara alors qu'elle recourrait par voie judiciaire pour établir que les accusations portées contre elle était fausses et diffaatoires. - (ats) |
|
|
|
|
|
|
|
|
Exposing Scientology through streaming video Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent. |
|
[Accueil][Objectifs][Nouveautés][Pétitions][Témoignages][Faire un don][Articles médias][Jura et les sectes][La manipulation] |