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- SCIENTOLOGIE
LE CULTE DE L'ARGENT
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- Extrait
du TIME par Richard Behar
- Reader's Digest
- Edition Suisse
- 44 ème année (octobre 1991)
- Des
articles et des livres d'un intérêt
universel
- La
secte n'a fait que prospérer depuis la
mort de son fondateur, L. Ron Hubbard.
- Elle
étend aujourd'hui ses ramifications à
travers le monde
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- En
apparence, Noah Lottick, étudiant en russe
résidant à Kingston, en Pennsylvanie,
était un garçon ordinaire de vingt-quatre
ans qui cherchait sa place dans le monde - jusqu'à
ce qu'il découvre l'Église de Scientologie.
En moins d'un an, il lui versa plus de 5'000 dollars
(près de 7'600 francs). Son comportement
devint étrange; il confia à ses parents
que ses instructeurs en Scientologie étaient
réellement capables de lire dans les esprits.
Quand son père eut une grave crise cardiaque,
il soutint que c'était purement psychosomatique.
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- Un
jour, il fit irruption chez ses parents et exigea
de savoir pourquoi ils répandaient de fausses
rumeurs sur son compte fantasme qui décida
finalement son le père à faire appel
à un psychiatre.
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- C'était
trop tard. Quelques jours après, le jeune
homme se jetait du neuvième étage
d'un hôtel de New-York et s'écrasait
sur le capot d'une voiture. Quand la police arriva,
ses doigts étaient encore crispés
sur des billets de banque : 171 dollars (environ
260 francs), à peu près le seul argent
dont il n'avait pas encore fait don à l'Eglise
de Scientologie.
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- Ses
parents, anéantis par la douleur, essayèrent
de reconstituer l'emploi du temps de ses derniers
jours. Un dirigeant de la secte avait déjà
déclaré à Mme Lottick avoir
entendu dire que son fils était venu à
l'Église peu avant sa disparition. Mais,
après que son corps eut été
identifié, les scientologistes affirmèrent
n'avoir aucune trace de sa visite. Ils chicanèrent
même les Lottick à propos d'une somme
de 3'000 dollars (4'560 francs) que leur fils avait
versée pour des prestations de services qui
n'avaient jamais été exécutées,
et qu'ils affirmaient avoir été «un
don».
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- L'Église
de Scientologie, fondée par l'auteur de romans
de sciencefiction L. Ron Hubbard pour «débarrasser»
les gens du malheur, se donne l'image d'une religion.
En réalité, il s'agit d'une entreprise
internationale très lucrative d'extorsion
de fonds, qui se maintient par la menace qu'elle
fait peser sur ses membres et ses détracteurs,
à la manière d'une mafia.
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- Ces
dix dernières années, les révélations
faites par les médias (I), les poursuites
engagées contre la secte ont paru réduire
le danger qu'elle représente. Mais à
présent, elle essaie de s'intégrer
à la société, et constitue
une menace plus insidieuse et envahissante que jamais.
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- (1)
Le Reader's Digest a publié deux articles
d'Eugene Methvin sur l'Eglise de Scientologie
:
- «La
Scientologie: anatomie d'un culte effrayant»
(mai 1980) et
- «La
Scientologie : un mal que s'étend»
(septembre 1981)
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- Tandis
que les laquais de Hubbard commettent leurs ravages
dans le monde entier, les gouvernements consacrent
beaucoup d'argent et d'efforts à essayer
de les arrêter.
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C'est une organisation criminelle qui sévit
sans trêve, déclare Vicki Aznaran qui
appartint au groupe des six dirigeants de l'Eglise
de Scientologie jusqu'en 1987, année où
elle tourna casaque.
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- En
Suisse, la plupart des 13 centres de
scientologie sont établis dans
les grandes villes. A Zurich, deux des
trois centres portent le nom de «Conseil
dianétique». Ils emploient
en tout 200 personnes. Bien que l'on
ne dispose pas de chiffre exact, on
évalue grosso modo le nombre
des adeptes suisses à 5000 d'après
les données des scientologistes.
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- Le
recrutement des nouveaux fidèles
s'effectue selon le procédé
suivant : des membres de la secte distribuent
dans la rue, les lieux publics ou par
voie postale des dépliants contenant
une liste de 200 questions. Le lecteur
est invité à y répondre
avant de se voir convié, une
fois ses réponses analysées,
à un entretienconseil dans
l'un des centres.
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- Les
disciples suisses du mouvement de Ron
Hubbard ont fondé différentes
associations dépendant de l'Eglise
de Scientologie. Le ZIEL (abréviation
allemande pour «Centre d'Etude
Individuelle et d'Efficience»)
est destiné aux enseignants,
aux élèves et aux parents
ainsi qu'au personnel éducatif.
Bien qu'elle n'ait obtenu aucun succès
jusqu'ici dans ce domaine, cette organisation
cherche actuellement à ouvrir
une école privée, projet
que le canton de Zurich a d'emblée
refusé.
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- En
Argovie, la demande suit encore son
cours.
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- A
Bex, dans le canton de Vaud, les scientologistes
ont fondé Narconon, un centre
de réinsertion pour alcooliques
et toxicomanes. Pour les gens de langue
allemande, une institution équivalente
se trouve à Schliersee près
de Munich en Allemagne. Les frais à
débourser pour la thérapie
proposée par Narconon s'élèvent
à 4'000 francs par mois, somme
qui, dans la plupart des cas, est prise
en charge par les parents des toxicomanes.
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- Deux
procès ont récemment eu
un grand retentissement. A Bâle,
un handicapé moteur cérébral
s'est vu vendre du matériel de
cours et des livres pour un montant
de 60'000 francs (40'000 euros) par
des collaboratrices de la secte. Ces
dernières ont été
condamnées à 11 et 12
mois de prison.
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- A
Zurich, le tribunal suprême a
reconnu la culpabilité de quatre
scientologistes qui avaient réussi
à soutirer 12'000 francs à
une dame souffrant d'un handicap mental.
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- Le
fondateur de cette entreprise, mort en 1986, était
né au Nebraska en 1911. Conteur et escroc
tout à la fois, il se fit passer plus tard
dans les brochures éditées par son
Église pour un héros de la Seconde
Guerre mondiale « couvert de décorations
». Blessé au combat, paralysé
et aveugle, il aurait par deux fois été
déclaré mort avant d'être
miraculeusement guéri par la Scientologie.
Son
doctorat de «l'université de Séquoia»
était un diplôme bidon vendu par correspondance.
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- Jusqu'en
1950, Hubbard connaissait une réussite très
moyenne en écrivant de mauvais romans de
science-fiction. C'est alors qu'il écrivit
l'un des textes sacrés de la Scientologie
: La Dianétique : la science moderne de la
santé mentale. Il y présentait notamment
une technique thérapeutique grossière,
qu'il appelait «audition ». Il prétendait
que le malheur provenait d'aberrations mentales
(ou engrammes) causées par des traumatismes
antérieurs.
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- Il
mit au point un détecteur de mensonge simplifié
(appelé Emètre) destiné
à mesurer les variations électriques
sur la peau des sujets pendant qu'ils évoquaient
tous les détails. Il affirmait que des entretiens
avec un conseiller, sous le contrôle de l'E-mètre,
permettaient de faire disparaître les engrammes,
de guérir la cécité et même
d'améliorer l'intelligence et l'allure
d'une personne.
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- Il
ne cessait d'inviter ses adeptes à gravir
de nouveaux échelons, toujours plus
coûteux, dans l'Église de Scientologie.
Pendant les années 60, il décréta
que les humains étaient faits de regroupements
d'esprits (les «Thétans» exilés
sur la Terre, soixante-quinze millions d'années
auparavant, par un maître cruel de galaxie,
nommé Xenu. Bien évidemment, ces Thétans
devaient subir l'audition.
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- «Veillez
à ce que de nombreux corps passent par la
boutique », écrivait Hubbard dans une
de ses notes aux dirigeants de la secte. Dans une
autre, il disait : « Faites de l'argent. Faites
davantage d'argent. Faites-les venir, quelle que
soit la manière employée ou la raison
invoquée.»
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- Quand
un tribunal fédéral statua en 1971
que les prétentions médicales de Hubbard
étaient nulles, le gourou chercha à
protéger les étranges rites de l'Eglise
de Scientologie en invoquant la garantie constitutionnelle
de la liberté de culte. Ses conseillers arborèrent
des cols d'ecclésiastiques, on construisit
des chapelles, les succursales de l'organisation
devinrent des «missions» et Hubbard
promut au rang de «Saintes Écritures»
sa cosmologie de bandes dessinées.
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- Périodiquement,
Hubbard embarquait avec ses acolytes sur un ferryboat
aménagé et s'en allait porter la bonne
parole à l'étranger. L'un après
l'autre, des pays - la GrandeBretagne, l'Espagne,
le Portugal lui fermèrent leurs ports,
généralement sous la pression des
opinions publiques. Un tribunal français
le condamna par contumace pour fraude.
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- Au
début des années 70, le fisc américain
prouva que L. Ron Hubbard se mettait dans la poche
des millions de dollars gagnés par l'Église,
et qu'il blanchissait cet argent grâce à
une société écran au Panama,
avant de le déposer sur des comptes bancaires
en Suisse.
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-
Onze des principaux dirigeants de la secte, y compris
Mary Sue, la troisième femme de Hubbard,
furent envoyés en prison au début
des années 80 pour avoir infiltré
et cambriolé plus de 100 organismes privés
ou gouvernementaux, et écouté leurs
conversations téléphoniques afin d'enrayer
leurs enquêtes. A la fin de 1985, le fisc
américain chercha à obtenir l'inculpation
de Hubbard pour fraude fiscale. Celui-ci, qui se
cachait depuis cinq ans, mourut en 1986 avant que
l'affaire ne vienne en justice.
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- La
plupart des sectes ne survivent pas à leur
fondateur, mais l'Église de Scientologie
a prospéré depuis la mort de Hubbard.
Des transfuges qui y occupaient des positions élevées
affirment que la maison mère a amassé
environ 400 millions de dollars (600 millions de
francs) dans des comptes bancaires à l'étranger.
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- La
secte est maintenant dirigée par David Miscavige,
âgé de trente et un ans, qui a abandonné
ses études dès le lycée et
appartient à la deuxième génération
des scientologistes. Son objectif est de faire reconnaître
la Scientologie dans le courant des années
90.
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- Peu
après la mort de son fondateur, l'Eglise
de Scientologie s'assura le concours de Trout &
Ries, cabinet de conseillers en mercatique honorablement
connu, basé dans le Connecticut, pour tenter
d'effacer son image d'organisation marginale.
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Nous leur avons conseillé de changer de style
et même de renoncer à être une
Église, déclare Jack Trout, mais ils
n'ont pas voulu en entendre parler. La secte préféra
créer toute une série de sociétés
écrans pour atteindre ses objectifs. Celles-ci
travaillent notamment dans :
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- 1.
L'édition. Depuis 1985, au moins une dizaine
de livres de Hubbard ont figuré sur les listes
des succès de librairie. Les scientologistes
affirment que les tirages atteignent aujourd'hui
les 90 millions d'exemplaires dans le monde mais,
en réalité, c'est l'organisation elle-même
qui achète d'énormes quantités
de ses propres livres pour les faire apparaître
sur les listes des ouvrages àgrand tirage.
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- 2.
Les conseils. Afin de recruter des adhérents
riches et respectables, l'Église de Scientologie
utilise un réseau de conseillers qui dissimulent
leurs liens avec elle. Dans toute l'Allemagne, des
firmes d'ingénieursconseils en gestion
dépendant de la secte ont infiltré
les petites et moyennes entreprises et endoctriné
les employés en utilisant les méthodes
de L. Ron Hubbard.
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- Sterling
Management Systems, l'une des entreprises privées
ayant le flux de croissance le plus élevé
des Etats-Unis, est un exemple typique de la manière
d'opérer de l'Église de Scientologie.
Sterling expédie régulièrement
un bulletin d'information gratuit à plus
de 300'000 professionnels de la santé, promettant
d'augmenter leurs revenus de manière spectaculaire.
Elle offre pour cela des séminaires et des
cours qui coûtent en moyenne 10'000 dollars
(15'200 francs). Mais son véritable objectif
est de recruter des clients pour la Scientologie.
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L'Église propose une marchandise de mauvaise
qualité, alors elle l'emballe comme s'il
s'agissait d'autre chose, déclare Peter Georgiades,
un avocat qui représente les victimes de
Sterling.
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- Robert
Geary, un dentiste de l'Ohio, âgé de
quarante-cinq ans, qui a assisté en 1988
à un séminaire de Sterling, déclare
n'avoir jamais été soumis «à
des techniques de vente aussi poussées».
Il affirme que les instructeurs ont réussi
à le convaincre que sa femme Dorothy et lui
avaient des problèmes personnels qui imposaient
une «audition». En cinq mois, les Geary
ont dépensé 130'000 dollars (200'000
francs suisses environ) en diverses prestations.
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- Geary
soutient encore que les scientologistes, non seulement
ont téléphoné à sa banque
pour faire augmenter le plafond de sa carte de crédit,
mais ont imité sa signature sur une demande
de prêt de 20'000 dollars (30'000 francs).
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- 3.
La santé HealthMed, chaîne de cliniques
américaines dirigée par les scientologistes,
propose un traitement avec sauna, exercices et prise
de vitamines, mis au point par Hubbard pour purifier
le corps. La chaîne bénéficie
d'une énorme publicité dans le
livre, Diet for a Poisoned Plan et (Régime
pour une planète empoisonnée) de David
Steinman, qui conclut que des dizaines et des dizaines
d'aliments courants sont dangereux. A quoi le pc
William Jarvis, directeur du conseil américain
contre la fraude dans le domaine de la santé
(National Council against Health Fraud) rétorque
:
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- -
HealthMed est une porte qui mène à
la Scientologie, et le livre de Steinman un mécanisme
de sélection.
- Steinman
nie toutefois avoir le moindre lien avec l'Église
de Scientologie.
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- 4.
La lutte contre la drogue. Les traitements de purification
de L. Ron Hubbard sont l'arme principale de Narconon,
une chaîne, dirigée par les scientologistes,
de plus de trente centres de désintoxication
pour les alcooliques et les drogués. Certains
fonctionnent dans les prisons sous le nom de Criminon,
et sont présents dans douze pays.
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- Outil
classique pour attirer les intoxiqués vers
la secte, Narconon envisage actuellement d'ouvrir
ce qu'il appelle le plus grand centre de désintoxication
du monde, situé dans une réserve indienne
proche de Newkirk, une ville de l'Oklahoma de 2300
habitants. Lors d'une cérémonie qui
y avait été organisée en 1989,
l'«Association pour une meilleure vie et l'amélioration
des méthodes d'enseignement» a remis
à Narconon un chèque de 200'000 dollars
(304'000 francs) et une étude félicitant
le centre pour son travail. L'association se révéla
par la suite appartenir à l'Église
de Scientologie. Aujourd'hui, Newkirk se bat pour
que la secte ne s'installe pas sur le territoire
communal.
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- L'Église
de Scientologie dépense également
beaucoup d'argent pour clouer le bec à ses
détracteurs. L'une des politiques de Hubbard
était de considérer que toutes les
personnes perçues comme des ennemis potentiels
constituaient «un gibier licite» (gibier
de potence) et pouvaient être «escroquées,
attaquées en justice, leurrées ou
détruites».
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- Ceux
qui combattent la secte anciens membres, journalistes,
avocats et même juges - se trouvent souvent
entraînés dans des procès, pris
en filature, accusés de crimes inexistants,
rossés ou menacés de mort. La psychologue
Margaret Singer, soixante-dix ans, ancien professeur
adjoint à l'université de Californie
à Berkeley et adversaire déclarée
de l'Église de Scientologie ne voyage plus
que sous un faux nom afin d'éviter d'être
harcelée.
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- La
guerre de la
secte contre la psychiatrie
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- L.
Ron Hubbard a longtemps manifesté
une haine profonde àl'égard
des psychiatres. Poursuivant son combat,
un groupe appelé «Commission
des citoyens pour les droits de l'homme»,
fondé par l'Eglise de Scientologie,
a pris pour cible le Prozac, (fluoxétine),
l'antidépresseur le plus vendu
dans le monde.
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- La
commission le qualifie de «drogue
meurtrière» qui conduit
ses utilisateurs au meurtre ou au suicide.
La campagne qu'elle mène contre
lui comprend l'envoi de communiqués
à la presse, des passages dans
les émissions de débats
à la télévision
et l'action des groupes de pression
sur les parlementaires pour obtenir
l'interdiction du médicament.
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- A
la consternation de certains médecins
et de Eli Lilly & Co, le fabricant
du produit aux ÉtatsUnis,
cette campagne a rencontréun
certain succès, puisque la part
du Prozac sur le marché américain
des antidépresseurs est passée
de près de 25 % à 20 %.
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- Comme
tous les antidépresseurs, le
Prozac a effectivement des effets secondaires,
nervosité et insomnies notamment.
Mais Lilly déclare qu'il n'existe
aucune preuve que le médicament
puisse transformer les patients en meurtriers
ou les rendre suicidaires. C'est également
l'avis de la Food and Drug Administration
(organisme de contrôle des médicaments
et des produits alimentaires), qui a
rejeté la demande de retrait
du Prozac formulée par les scientologistes.
En outre, on a constaté que le
Prozac soulage les dépressifs
de manière spectaculaire et améliore
leurs vies.
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Pour beaucoup, dit le Dr Frederick Goodwin,
psychiatre et haut fonctionnaire américain
de la santé, le Prozac a eu des
effets véritablement miraculeux.
Cependant, au centre anti-stress Saint-Vincent
à Indianapolis, des patients
souffrant de dépression profonde
ont été impressionnés
par les déclarations télévisées
d'un dirigeant de l'Eglise de Scientologie
au point de cesser de prendre le médicament.
Leur état s'est rapidement détérioré.
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J'ai des patients qui finissent à
l'hôpital, déclare le Dr
Paul Riley, directeur du centre. Cette
histoire me met très en colère.
Des gens vont mourir pour avoir abandonné
le Prozac.
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- Les
plus redoutables partisans de l'Eglise sont ses
avocats. L. Ron Hubbard avait averti ses fidèles
qu'ils devaient «se méfier des juristes
qui conseillent de ne pas faire de procès»,
ajoutant que «l'objet d'une action en justice
est de harceler et de décourager l'adversaire
plutôt que de gagner». .
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- Le
but de l'Église de Scientologie est de ruiner
ses ennemis ou de les ensevelir sous la paperasserie.
Michael Flynn, un avocat de Boston qui représenta
les victimes de la secte de 1979 à 1987,
fut personnellement l'objet de quatorze plaintes
injustifiées, qui furent toutes rejetées
sans poursuites.
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- Au
Canada, la secte dispose, pour sa défense
et celle de dix de ses membres qui doivent être
jugés cet automne à Toronto, d'une
équipe d'hommes de loi comprenant Clayton
Ruby, l'un des plus célèbres avocats
des droits civiques du pays. Les chefs d'inculpation
comprennent le vol de documents concernant l'Église
de Scientologie au ministère de la Justice,
à l'Association canadienne pour la santé
mentale, dans deux centres de police et dans d'autres
institutions. Les hommes de Ruby, dont les arguties
juridiques ont retardé le procès pendant
des années, ont essayé de le faire
annuler sous le prétexte de «retard
indu».
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- Les
adversaires de la secte estiment que les gouvernements
devraient prendre contre elle des mesures sévères
et concertées.
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On ne devrait pas laisser à des personnes
privées le soin de porter plainte. La plupart
des gens ont peur d'être mêlés
à ces affaires, déclare Toby Plevin,
un avocat de Los Angeles qui assiste les victimes
de la Scientologie.
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- Aux
États-Unis, le fisc et le FBI interrogent
depuis trois ans les transfuges de la secte, en
partie pour rassembler des preuves de l'existence
d'une vaste entente délictueuse, mais leurs
efforts semblent s'enliser. Certains agents fédéraux
se plaignent que le ministère de la Justice
ne semble pas disposé à dépenser
l'argent nécessaire à une guerre d'usure
contre l'Église de Scientologie.
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- En
France, il a fallu un mort pour que les autorités
se décident à agir : plus de quinze
membres de la secte ont ainsi été
inculpés l'année dernière pour
«complicité de fraude et exercice illégal
de la médecine» à la suite du
suicide d'un dessinateur industriel de Lyon. Parmi
les accusés figure l'ancien président
de la branche française de la secte et ex-directeur
du Centre des célébrités, réservé
aux personnalités.
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- En
dehors des États-Unis, l'Église de
Scientologie semble particulièrement active
en Allemagne. En 1984, près d'une centaine
de policiers ont effectué une descente dans
ses locaux à Munich; à l'époque,
la municipalité essayait de prouver que la
secte était en réalité une
entreprise à but lucratif. Entre-temps, les
disciples de Hubbard ont tenté de retourner
la situation en leur faveur en infiltrant les milieux
politiques allemands.
-
- En
mars dernier, les démocrates libres, partenaires
de la coalition gouvernementale dirigée par
le chancelier Kohl, ont accusé les scientologistes
d'essayer d'infiltrer la section hambourgeoise du
parti.
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- Les
véritables objectifs de la Scientologie sont
de continuer à empocher des millions de dollars.
Car, en définitive, l'argent est la seule
chose qui intéresse ce culte.
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Leurs prétendues thérapies sont des
manipulations, déclare le Docteur Edward
Lottick, le père de Noah, nous avons pensé
que la Scientologie était un peu comme les
cours «Dale Carnegie», pour mieux réussir
dans la vie. Je crois maintenant que c'est une école
de psychopathes.
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|
-
- ENQUÊTE
SUR LA SCIENTOLOGIE
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- La
Scientologie : un mal qui s'étend
- Readers Digest
- édition Suisse
- 34 ème année (septembre 1981)
- Par Eugene H. METHVIN
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- Il y a dix huit mois, la
branche américaine de l'Eglise de Scientologie déclenchait une vaste
campagne - qui se révéla vaine - pour empêcher la publication dans le Reader's
Digest d'un article intitulé "La Scientologie : anatomie d'une secte
redoutable". L'Eglise a chargé une agence de détectives privés d'enquêter sur
l'auteur, Eugène H. Methvin, journaliste au Reader's Digest.
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- Les bureaux du
Reader's Digest dans une demi-douzaine de pays furent harcelés au téléphone et
des individus manifestèrent sous leurs fenêtres.
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- Au Danemark, en Afrique du sud
et en Australie, la secte intenta, sans succès, des poursuites afin d'empêcher
la publication de l'article. Celui-ci parut en Suisse en mai 1980.
-
- Dans les mois qui suivirent, une quantité considérable de
lecteurs, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde, écrivirent, nous
convainquant que notre article n'avait fait qu'effleurer le problème. En fait,
il y a tout lieu de croire que les activités de l'Eglise de Scientologie dans
les autres pays sont au moins aussi sinistres qu'aux Etats-Unis, et elles
continuent de s'étendre à une vitesse inquiètante.
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- Voici donc le deuxième volet
de notre enquête qui concerne, cette fois, l'activité de la secte dans le monde
entier.
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- A PARIS, Yves Lecerf, professeur d'université, découvre que
quelqu'un, se présentant comme un fonctionnaire du ministère de la Santé, a
téléphoné à ses voisins, les avisant qu'il constituait une menace pour leurs
enfants. Un autre individu, se faisant passer pour son psychanalyste, a
téléphoné au pasteur de sa paroisse pour l'informer que Lecerf est en train de
sombrer rapidement dans la folie. Des lettres sont envoyées à ses collègues et
au président de son université, prétendant qu'il a violé sa propre fille. Le
patron de son frère, un Africain, reçoit un message accusant Lecerf d'avoir
abusé d'une Noire.
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- A Brescia, en Italie, Rodolfo Zucca, propriétaire d'une station
de radio, reçoit à plusieurs reprises des menaces. Sa voiture est saccagée par
des vandales. Deux fois, des actes de sabotage privent son studio de courant et
interrompent ses émissions.
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- Au Danemark, Johannes Aagaard, professeur de théologie à
l'université d'Aarhus, a reçu pendant des semaines des lettres anonymes
injurieuses et des accessoires érotiques relevant du sadomasochisme le plus
sordide. Sa propre correspondance disparaissait mystérieusement de son bureau, à
l'université. Lorsque sa fille s'est mariée, elle a trouvé parmi ses cadeaux un
ensemble d'ouvrages obscènes traitant du viol des religieuses. Que l'on ait
cherché à les compromettre, lui et sa fille, auprès de leurs proches, cela
semble faire peu de doutes.
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- A Londres, Caryl Williams,
qui fait partie du Deo Gloria Outreach, un groupe d'inspiration chrétienne s'interessant à la jeunesse, a
remarqué que des individus stationnaient devant chez elle, des jumelles braqués
sur les fenêtres de son appartement. A son bureau, toutes les semaines
arrivaient des bouquets de roses rouges accompagnés de mots doux expédiés par
des "amants" anonymes. Ses collègues étaient appelés au téléphone par des femmes
en larmes l'accusant d'être la maîtresse de leur mari et suppliant qu'on
intervienne.
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- Toutes ces personnes ont un
point commun, le fait de s'être attiré l'hostilité de l'Eglise de Scientologie.
Celle-ci revendiquait en 1978 plus de 5 millions d'adhérents -nombre qui d'après
elle augmentait tous les ans.
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- Elle est encore beaucoup
plus que cela. Les résultats d'enquêtes officielles et les dépositions faites
sous serment devant les tribunaux de 12 pays ainsi que des recherches effectuées
par des particuliers ont montré que, sous les dehors d'une religion, la
Scientologie est un vaste racket internationnal. Un corps d'élite de
"missionnaires", opérant à partir des sièges de l'organisation de Clearwater
(Floride), Los Angelès, Copenhague et Saint Hill Manor, près de Londres, assure
la liaison entre les 79 églises de Scientologie et les 72 missions et "groupes
d'étude" répartis dans 34 pays, de l'Argentine au Zimbabwe. Disposant de 19
volumes qui leur indiquent comment circonvenir les innocents, ils ont en quelque
sorte acquis la licence d'exploiter une vaste entreprise de mystification fondée
sur un dogme parfaitement abracadabrant.
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- En 1978, la secte affirmait
disposer de 6'559 permanents dans le monde, lesquels tirent l'essentiel de leurs
ressources de l'exercice de leur "ministère", c'est à dire des conseils
pastoraux qu'ils dispensent. Les prix de ceux-ci sont extrêmement variables,
mais les cours de perfectionnement visant à assurer le salut de ceux qui s'y
laissent prendre peuvent atteindre 16'100 dollars. D'après des informations
émanant du gouvernement américain, la secte, rien qu'aux Etats-Unis, a encaissé
plus de 150 millions de dollars par an.
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- Qu'est-ce donc que la Scientologie, et comment a t'elle pris
l'importance qu'elle a aujourd'hui ?
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- A l'origine, son fondateur,
L.Ron Hubbard, auteur de livres de science-fiction, présentait ses théories non
comme une religion, mais comme la méthode la plus avancée et la plus clairement
exposée de psychothérapie et de perfectionnement de soi. En 1950, il publia un
livre intitulé Dianetics :The Modern Science of Mental
Health (La Dianétique, la science moderne de la santé mentale) dans lequel il présentait une espèce de panacée pour guérir les maux de
l'humanité. Deux ans après paraissait Scientologie : A History
of man (La scientologie, une histoire de l'homme). En
1954 Hubbard, qui avait alors 42 ans, fondait à Washington la première Eglise de
Scientologie. (Pour plus de détails sur les origines de
la Scientologie, voir l'article paru dans Selection de mai 1980)
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- Il avait, prétendait-il,
établi scientifiquement que ce qu'il appelle le "Thétan", c'est-à-dire "la
personne elle-même, l'être spirituel, distinct de son corps physique", est
immortel et peut se séparer du corps sans inconvénient. En se servant d'un
"électromètre", Hubbard affirmait pouvoir, après "audition", transformer les
recrues en "Thétans actifs " capables d'effecturer de grands voyages dans et de
réintégrer leurs enveloppe charnelle à volonté.
-
- L'électromètre de Hubbard,
sorte de détecteur de mensonges grossièrement fabriqué, n'est rien d'autre qu'un
galvanomètre à pile muni d'un cadran à aiguille et branché sur deux cylindres
métalliques. Les néophytes prennent les deux cylindres dans leurs mains et
racontent leur vie sans omettre les détails les plus intimes (qui, nous ont
certifié d'anciens éminents scientologues, sont enregistrés et classés en vue
d'une utilisation ultérieure éventuelle à des fins de chantage). Si les paumes
des mains deviennent moites, l'aiguille bouge et le sujet est alors informé
qu'un "engramme" a été détecté. L'engramme est défini comme le souvenir d'une
expérience pénible éprouvée soit dans la vie présente, soit dans une vie
antérieure. C'est en apprenant à affronter ses engrammes, lui explique t'on
qu'il deviendra "totalement libre" et recouvrera sa condition de
surhomme.
-
- Au vrai croyant, on dit
qu'il est un Thétan d'élite, un héros issu d'une civilisation intergalactique
disparue à la suite d'un massacre perpétré par les forces mauvaises de la
planète Helatrobus il y a quelques 40 000 milliards d'années. On lui apprend
qu'après leur défaite les Thétans ont été exilés sur la Terre où ils sont
demeurés dans l'ignorance, jusqu'à ce que Hubbard leur enjoigne de reprendre la
place qui leur revient dans la confédération galactique.
-
- Les agents de Hubbard, ce
génie de la propagande et de l'organisation, ne doivent révéler ces mystères que
par étapes. "S'ils vous racontaient tout ce fatras d'emblée, vous ne feriez
qu'en rire et vous leur tourneriez le dos, a expliqué un ancien adepte de la
secte qui l'a quittée au bout de dix ans. Cela paraît tout à fait incroyable
maintenant, mais à l'époque j'y ai cru."
-
- Hubbard recrute des
adeptes parmi des malheureux dont il exploite les angoisses et la solitude en
employant des méthodes qui mettent en oeuvre à la fois l'intimidation, les
réflexes conditionnés et une psychothérapie dénaturée. Dans des périodiques et
dans des lettres "personnelles", il présente la Scientologie comme le moyen de
porter remède aux maux, du simple rhume jusqu'au cancer, et il assure même que
ses " auditions " permettent d'augmenter d'un point par heure le quotient
intellectuel de ceux qui s'y soumettent. Il prétend que les scientologues sont
l'élite de l'élite intelligente.
-
- A ses "ministres " , il
donne comme instruction de relever dans les journaux tous les cas d'accident, de
maladie ou de décès pour " se rendre aussitôt auprès de la personne en deuil ou
blessée ". C'est ainsi qu'à Vancouver, dans l'Etat de Washington, Alan Wilson,
qui avait eu le bassin fracturé dans un accident de voiture, a fait la rencontre
d'un de ces zélateurs qui touchent une commission de 10% sur toute somme
extorquée au sujet qu'ils ont recruté. Il reçut la promesse d'une cure, suivit
quelques cours et se retrouva dépouillé des 7 000 dollars que la compagnie
d'assurances lui avait versés en règlement de l'accident. Comme l'explique
Vibeke Damman, une Danoise ayant appartenu à la secte pendant six ans : "Vous
avez droit à tous les égards. On vous donne de l'importance, mais c'est
seulement -vous vous en apercevez plus tard - parce que vous avez de
l'argent."
-
- A vrai dire, la méthode
Hubbard fonctionne à merveille. Un adepte français a dépensé 200'000 dollars
pour quelques semaines de "services" au siège de la secte en Floride. Le fils
d'un ancien ambassadeur des Etats-Unis à Londres en a été pour 123 '000 dollars.
Il arrive que des couples versent jusqu'à 125'000 dollars pour un cours de "perfectionnement" à Copenhague.
-
- Et tout cela pour
arriver à quoi ? Une fois qu'il s'est livré, pieds et poings liés, à la
Scientologie, le néophyte se trouve réduit à peiner seize heures par jour contre
un salaire de misère, facilement supprimé à titre de pénalisation. Son travail
consiste à obtenir des conversions et à recueillir de l'argent pour aider Ron à
éliminer de notre planète la folie, le crime et le mal.
-
- Dans le monde entier, la
secte a son cortège de victimes pitoyables. En Allemagne, un jeune homme qui,
depuis deux ans, cherchait à se libérer de la néfaste emprise finit par se jeter
sous un train, la veille de Noël. Un autre adepte, à Paris, quitte un jour
brusquement son travail et va s'ouvrir les veines chez lui. Il laisse un mot
expliquant que la raison de son geste doit être demandée à l'Église de
Scientologie.
- Hubbard dispose d'une arme
particulièrement efficace, le Guardian Office, en abrégé G.O. (Office de
protection). Mary Sue, sa troisième femme, et Jane Kember, une Sud-Africaine au
loyalisme à toute épreuve, sont placées à la tête de cet organisme. Ne soyez
jamais sur la défensive, leur est-il prescrit. Attaquez toujours. Trouvez, ou
fabriquez, des arguments suffisamment menaçants pour amener chaque adversaire à
capituler. Déclenchez contre lui une campagne de dénigrement et noircissez sa
réputation au point qu'on le mette au ban de la société. Veillez à engager des
poursuites en diffamation à la moindre occasion, afin de dissuader les divers
organes de presse d'émettre la moindre critique à l'égard de la Scientologie. Le
but d'un procès n'est pas tant de gagner que de harasser et décourager
l'adversaire.
-
- Quand les scientologues
vinrent s'installer furtivement à Clearwater, le maire de la ville, Gabriel
Cazares, les accusa de "mensonges " quant à l'acquisition en sous-main
d'immeubles valant des millions de dollars, et de tromperie envers certains
religieux locaux. Aussitôt, de Saint Hill, Jane Kember envoya, par télex, aux
agents du G.O. aux Etats-Unis l'ordre 398 visant à neutraliser l'action du
maire.
-
- Les agents assignèrent
Cazares en justice, lui réclamant 1 million de dollars pour violation de la
liberté du culte au détriment de leur Église. Ensuite, ils en vinrent à des
machinations : faux accident dans un parc de stationnement pour faire croire
qu'il avait commis un délit de fuite; au moment des élections, infiltration et
sabotage du comité chargé de sa campagne. En fin de compte, un juge fédéral les
débouta de leur demande qu'il qualifia de "futile, déraisonnable et non fondée"
et les condamna aux dépens, soit 36 022 dollars.
-
- Deux journaux,
le St. Louis Post-Dispatch et
le Los Angeles Times, ont dû
dépenser des milliers de dollars pour se justifier devant les tribunaux de leurs
enquêtes sur les activités de l'Église de Scientologie. Ils ont eu finalement
gain de cause. D'anciens agents du G.O. affirment que leurs collègues
cambriolèrent les bureaux des conseillers juridiques du
St. Petersburg Times et du Boston
Globe pour se procurer des renseignements sur les
actions entreprises par ces journaux contre la Scientologie.
-
- "Ces actions ont été
intentées par l'Église dans le seul but de ruiner ses adversaires et de créer
une atmosphère de crainte propre à les dissuader d'exercer leurs droits
fondamentaux de libre expression", a déclaré devant la cour le procureur Ray
Banoun, le magistrat qui a fait condamner 11 responsables du G.O., soit pour
association de malfaiteurs, soit pour effraction et vol de documents secrets
dans des locaux de l'administration fédérale. (Ces affaires sont actuellement en
appel.)
-
- Mais le G.O. ne s'occupe
pas seulement des détracteurs de la Scientologie. En 1975, Hubbard, désireux de
profiter des subventions que différents pays accordent au titre de la santé
mentale, de l'éducation et des grandes causes d'ordre social, ordonna à ses
agents de former des groupements servant de paravents et présentant les
qualifications requises pour en bénéficier. A cette fin, un "bureau de
coordination sociale" fut créé à Saint Hill ainsi que dans toutes les sections
du G.O. en Europe et en Amérique.
-
- A Copenhague, la secte
possède deux écoles qu'elle a ouvertes pour profiter des subventions que le
gouvernement danois accorde à l'enseignement privé et qui peuvent atteindre 85 %
des frais de scolarité. En Amérique, 22 établissements appelés " Apple Schools "
, dont la direction était secrètement acquise à la Scientologie, soumettaient
les enfants au traitement intergalactique de Hubbard.
-
- Mais la plus habile
invention dans ce domaine, ce sont les "Narconons" , associations censées
rééduquer les toxicomanes. A Saint Hill, les experts juridiques du G.O.
préparèrent un dossier contenant une volumineuse "correspondance" et des
pseudo-procès-verbaux de conseils d'administration pour faire croire que les
Narconons étaient des organisations indépendantes justifiant le remboursement
par le gouvernement des honoraires de "consultation". Une personnalité politique
et plusieurs grands noms du spectacle, ignorant les rapports existant entre les
Narconons et la Scientologie, acceptèrent d'être cités comme parrains. Les
Narconons font payer 530 dollars pour leur cours de base de deux semaines,
davantage pour les cours plus avancés, et affirment obtenir de 60 à 80 % de
guérisons.
-
- Impressionnés par ces
résultats, les responsables de deux organisations scolaires de l'Idaho
engagèrent les "experts" d'un Narconon pour parler aux écoliers des méfaits de
la drogue. Un service de l'administration fédérale du Michigan versa à un
Narconon plus de 100 000 dollars pour dispenser ses soins à des détenus. (Par la
suite, une étude menée par ce service sur 29 toxicomanes étant passés par un
Narconon a montré qu'ils s'en étaient tirés plus mal que d'autres prisonniers
libérés sur parole, qui furent contrôlés six mois après leur réinsertion
sociale). A Berlin-Ouest, les autorités municipales déboursèrent 1,5 million de
marks au bénéfice de l'entreprise Narconon avant que la presse et la télévision
n'en parlent. Une enquête parlementaire a démontré que le taux des réussites ne
dépassait pas 10%.
-
- Hubbard vit, dit-on, en
reclus dans un ranch de la Californie du Sud. Par l'intermédiaire de ceux qui
l'entourent, nous a dit l'un de ses anciens séides, il achète et vend de l'or,
de l'argent et autres matières précieuses, utilisant pour ses opérations les
millions de dollars collectés, à travers le monde, par ses "missions".
Parallèlement, il entretient une armée d'avocats chargés de multiplier les
recours pour éviter la prison à ses 11 adjoints qui sont condamnés, et faire
traîner les procès qui lui sont intentés soit par des organismes officiels, soit
par des particuliers. En décembre dernier, dans sa traditionnelle "directive "
de Noël, il déclarait : "Je me porte aussi bien qu'il est possible quand on est
âgé de plusieurs milliers de milliards d'années ... L'avenir nous
appartient."
-
- Mais l'avenir appartient
peut-être aux victimes de la secte et à leurs familles. En Europe et en
Amérique, elles se sont unies pour apporter une assistance juridique et morale à
ceux qui n'ont pas encore réussi à se dégager du piège et pour porter le combat
devant la justice et les Parlements. A Paris, c'est grâce à l'Association pour
la défense de la famille et de l'individu (A.D.F.I) que l'une des victimes de
la secte a engagé des poursuites qui ont entraîné la condamnation pour
escroquerie de Hubbard, de celui qui était à l'époque à la tête de l'Église
française de Scientologie et d'un ancien dirigeant de cette même Église. Jugés
par défaut, Hubbard et ses deux acolytes ont été condamnés à des peines
d'emprisonnement - quatre ans dans le cas du fondateur de la Scientologie - et à
des amendes; de plus, un mandat d'arrêt international a été lancé contre
Hubbard.
-
- Agé de vingt et un ans
seulement, un autre dirigeant, qui s'était présenté au juge, est parvenu à
obtenir sa relaxe en appel. Mais le président de la cour a précisé, après avoir
rendu son arrêt, que celui-ci concernait uniquement le jeune homme et n'altérait
aucunement les autres condamnations.
-
- Lorna Levett, de Calgary
au Canada, qui a fondé une mission de l'Église de Scientologie et l'a dirigée
pendant six ans, a déclaré qu'elle a fini par comprendre que l'organisation à
laquelle elle appartenait la faisait participer à une vaste conspiration
internationale. En 1974, elle la quitta, entraînant avec elle 43 membres qui,
malgré les calomnies, les tracasseries et un procès où on leur réclame 100'000
dollars, ont résisté à toutes les tentatives de la secte pour les réduire au
silence.
-
- Parlant au nom des victimes, Mme Levett déclare :
-
- «Tout comme la maladie,
la contrainte psychologique exercée par des sectes dangereuses sous couvert de
religion ne peut avoir d'effet que si l'on n'est pas immunisé. En l'occurrence,
l'immunité, c'est la liberté d'expression. Si ces organisations qui violent les
droits de l'homme en se servant de revenus exonérés d'impôts ont les mains
libres, c'est que la vérité demeure occultée.»
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-
-
- 24
Heures, le 16 janvier 1992
- [Texte
intégral]
- La
tentative de mettre d'accord les émules
de Hubbard et 'le magazine échoue.
- Le
mensuel s'oppose à toute rectification
de son article sur la secte.
-
- Une
séance de conciliation, entre l'Eglise de
scientologie et le magazine Reader's Digest n'a
donné aucun résultat, a fait savoir
la communauté religieuse hier à Lausanne.
Lors d'une audience devant le juge de paix, le mensuel
a refusé tout arrangement visant à
réctifier son article sur les scientologues,
publié en octobre 1991. Aussi ces derniers
s'apprêtent-ils à engager un procès
en dommages et intérêts.
- Interdiction
provisoire
-
- En
octobre dernier, sur intervention des scientologues,
un juge vaudois avait interdit provisoirement
la vente du numéro mensuel du magazine,
contenant un article intitulé «Scientologie,
le culte de l'argent», Mais l'éditeur
avait passé outre à cette décision
judiciaire - considérée comme
une atteinte à la liberté de la
presse - et servi en allemand et en français
ses 337'000 abonnés en Suisse.
- «Faux
et diffamatoire»
-
- Sur
recours du magazine, la Cour civile du Tribunal
cantonal vaudois levait cette interdiction le 26
novembre. Elle suivait sur toute la ligne l'argumentation
de la défense démontrant des situations
où des scientologues s'étaient mal
comportés.
-
- Le
Reader's Digest était autorisé à
diffuser librement la publication litigieuse. L'Eglise
de scientologie déclara alors qu'elle recourrait
par voie judiciaire pour établir que les
accusations portées contre elle était
fausses et diffaatoires. - (ats)
|
-
- SCIENTOLOGUES
AU TRIBUNAL CANTONAL
- Recours
dans un climat tendu
-
- 24
Heures, 28 mars 1992
- [Texte
intégral]
- L'Eglise
est attaquée par les médias. Hier,
elle a demandé aux juges
- que
le Reader's Digest publie un rectificatif
-
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- C'est
une cabale, l'Eglise de scientologie
de Lausanne en est persuadée
: «la motivation du Temps
présent de jeudi était
de dénigrer et de fournir un
encadrement au procès en cours
entre la scientologie et le Reader's
Digest», explique-t-elle dans
une lettre adressée à
la RTSR.
-
- Un
hasard malin avait voulu que la Cour
civile du Tribunal cantonal vaudois
examine hier leur prétention
de rectificatif. L'audience a donc eu
lieu au lendemain d'une émission
fort critique envers les pratiques de
cette Eglise, émission que Me
Baptiste Rusconi, avocat de la partie
adverse, s'est fait un impertinent plaisir
de citer.
-
- L'affaire
remonte à octobre 1991, lorsque
le magasine Sélection du Reader's
Digest publie un article explosif irititulé
«Scientologie,
le culte de l'argent».
-
- Cette
enquête affirme en substance que
la scientologie n'est qu'une entreprise
internationale d'extorsion de fonds.
Elle se maintiendrait par la menace
qu'elle fait peser sur ses membres comme
sur ses détracteurs, à
la manière d'une mafia.
|
- En
Suisse romande, l'Eglise réagit
et obtient dans un premier temps que
l'article ne soit pas publié,
grâce à des mesures préprovisionnelles.
Mais le 26 novembre, la Cour civile
du Tribunal cantonal levait cette interdiction
et autorisait le Reader's Digest à
diffuser librement cette publication.
-
- L'Eglise
de scientologie de Lausanne n'est pas
d'accord, elle fait appel par son avocate
Me Gisèle de Benoît, et
demande, aujourd'hui qu'une «mise
au point précisant les buts de
l'Eglise et son point de vue sur ces
critiques», soit ordonnée
sans attendre dans chaque édition
suisse du Reader's Digest. Un texte
de deux pages est déjà
prêt.
-
- Pour
appuyer ses dires, elle a invité
moult témoins. Un des cadres
les plus élevés de l'Eglise,
venu tout exprès de Los Angeles,
dément les accusations portées
par l'article et affirme vivre chichement
et sans voiture. Mais àla barre,
les simples membres de la secte ne seront
pas moins intéressants : «J'ai
versé avec plaisir 200'000 franas
pour des cours destinés à
mon mari; à moi-même et
à mes trois enfants. J'en demande,
et j'en demanderai encore !» dit
une Romande.
-
- Un
autre, ingénieur électricien,
a versé 80'000 francs pour lui
seul. «Mais de tels montants peuvent
conduire quelqu'un à s'endetter
?» s'inquiète le président
François Meylan. «C'est
la responsabilité de chacun»,
répond sèchement le témoin.
-
- En
face, Me Baptiste Rusconi balaie la
demande de rectificatif, car les conditions
n'en sont pas remplies avant le procès
sur le fond, dit-il. Le contenu de ce
texte - «ils y exposent de manière
enflammée la conception,qu'ils
ont d'eux-mêmes» - est par
ailleurs «à côté
de la plaque». L'avocat relève
encore que l'article du Reader's Digest
«n'est qu'une goutte d'eau dans
la mer de critiques que les médias
adressent à la scientologie».
La décision du tribunal parviendra
ultérieurement aux parties.
-
- S.Fr
|
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-
- Eglise
de scientologie : «Time» attaqué
-
- [Texte
intégral]
-
- L'Eglise
de scientologie a intenté un procès
en diffamation contre l'hebdomadaire Time, qu'elle
accuse d'avoir publié des articles malveillants
et erronés à son égard.
-
- Elle
réclame 416 millions (plus de 582 millions
de francs) de dommages et intérêts.
-
- (reuter)
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-
- SCIENTOLOGUES
CONTRE READER'S DIGEST
- AU
TRIBUNAL CANTONAL
- La
Cour déboute l'Eglise
-
- 24
Heures, 10 mai 1992
- [Texte
intégral]
- Les
disciples de Ron Hubbard voulaient un rectificatif.
- Recours
rejeté
-
- Les
éditions suisses du Reader's Digest n'auront
pas à publier un rectificatif : dans une
décision communiquée mercredi aux
parties, la cour cantonale a estimé que les
conditions pour octroyer une telle mise au point
n'étaient pas remplies. Par ailleurs, le
long texte proposé par l'Eglise ne convenait
pas du tout «Le
rectificatif ne doit pas permettre au plaignant
de faire un exposé le concernant, mais de
corriger un jugement de valeur erroné»,
ont rappelé les juges dans leur décision.
-
- Toute
l'affaire a démarré en octobre 1991,
lorsque le magazine Sélection du Reader's
Digest publie un article intitulé «Scientologie,
le culte de l'argent». Cette enquête
dénonce les pratiques de l'Eglise, «entreprise
internationale d'extorsion de fonds» : la
scientologie se maintiendrait «par la menace
qu'elle fait peser sur ses membres comme sur ses
détracteurs, à la manière d'une
mafia». En Suisse romande, l'Eglise réagit.
Elle obtient que l'artide ne soit pas publié,
mais la cour civile du tribunal cantonal lève
bientôt cette interdiction.
-
- Pas
d'accord, les scientologues font recours. Fin mars,
au cours d'une audience haute en couleur, où
déposera notamment un témoin qui a
donné 200'000 francs (133'000 euros) à
l'Eglise pour divers cours, celle-ci demande aux
juges d'ordonner sans attendre une «mise au
point, précisant les buts de l'Eglise et
son point de vue sur ces critiques». C'est
non, répond aujourdhui la cour cantonale.
-
- Les
juges relèvent tout d'abord que pour accorder,
un rectificatif, il faut que les conditions permettant
de prononcer des mesures provisionnelles soient
remplies, ce qui n'est pas le cas. S'il est possible
que cet article puisse attenter à l'honneur,
question qui doit être débattue dans
le cadre d'un procès sur le fond, cela ne
signifie pas pour autant qu'il l'ait fait de manière
illicite.
-
- Aujourd'hui
l'Eglise des sientologie de Lausanne, représentée
par Me Gisèle de Benoit, se réserve
la possibilité de déposer un recours
de droit public au Tribunal fédéral.
-
- S.
Fr
|
-
- SCIENTOLOGIE
LE CULTE DE L'ARGENT
- Article
du Reader's Digest contesté
-
- ATS,
11 juin 1992
- [Texte
intégral]
-
- Recours
au Tribunal Fédéral des scientologues
-
- Dans
un recours de droit public adressé hier au
Tribunal fédéral, l'Eglise de scientologie
de Lausanne demande «un rectificatif immédiat»
dans les colonnes du magazine «Reader's Digest».
Celui-ci lui avait consacré un article très
critique en automne 1991.
-
- La
secte demande depuis octobre dernier que le magazine
publie une rectification corrigeant cet article
intitulé : «Scientologie, le culte
de l'argent». Celui-ci, affirmet-elle, contient
de «fausses allégations, mensongères
et diffamatoires».
-
- Le
5 mai dèrnier, le Tribunal cantonal vaudois
avait estimé que le rectificatif demandé
pouvait attendre le jugement sur le fond. L'article
incriminé avait, selon lui, une valeur d'information.
Aussi la Cour avait-elle rejeté la procédure
d'appel de l'Eglise de scientologie.
-
- La
justice vaudoise avait déjà annulé
une mesure provisionnelle d'un juge lausannois qui
interdisait provisoirement la vente du numéro
du magazine contenant l'article litigieux.
|
-
- PROCÈS
CONTRE LE «READER'S DIGEST»
-
- Scientologues
pressés
-
- 24
heures, le 15 juillet 1992
-
- «Suspendre
l'affaire durant quatre ans ? De qui se moque-t-on
?»,
- demande
l'Eglise lausannoise qui veut «que la
vérité éclate»
-
-
- L'Eglise
de scientologie de Lausanne n'abandonne pas son
combat contre le Reader's Digest. Puisqu'un rectificatif
lui a été refusé (24 HEURES
du 9 mai), elle souhaite maintenant entrer dans
le vif du litige. Il s'agit, rappelons-le, de statuer
sur les accusations lancées par un article
explosif, paru en octobre 1991 dans Sélection
du Reader's Digest.
-
- Cet
article dénonçait la scientologie
comme une entreprise internationale d'extorsion
de fonds. «Il faut maintenant que la vérité
éclaten!, s'est exclamée hier Me Gisèle
de Benoit, conseil de l'Eglise lausannoise. Pas
question, selon elle, d'attendre encore «quatre
ou cinq ans» avant l'ouverture d'un procès.
C'est ce que demande Me Baptiste Rusconi, avocat
la partie adverse, à la Cour civile du Tribunal
cantonal.

- Attendre
un autre jugement
-
- Me
Rusconi a expliqué son point de vue avec
subtile impertinence : «L'Eglise de scientologie
de Lausanne défend l'entier du mouvement
dont elle se réclame. C'est, si l'on me permet
cette comparaison, la paroisse du Valentin qui défend
les principes du catholicisme.
-
- Craignant
«un procès mammouth», l'avocat
demande d'attendre le résultat d'une autre
affaire : aux EtatsUnis, l'Eglise mère
de scientologie ne demande pas moins de 416 millions
de dollars en dommages et intérêts
au magazine Time, le premier à avoir publié
l'article litigieux. «La suspension s'impose,
pour éviter que deux jugements contradictoires
ne soient rendus sur un complexe de faits identiques»,
plaide Me Rusconi.
-
- Les
prétentions de l'Eglise lausannoise, elles,
se bornent à 20'000 francs.
-
- «On
vous demande de suspendre jusqu'aux calendes grecques»
s'est exclamée Me de Benoit à l'adresse
du président Laurent de Mestral. Ce juge
avait, dans un premier temps, prêté
une oreille attentive aux scientologues en interdisant
la vente du magazine contesté. L'avocate
a souligné que les parties aux procès
n'étaient pas les mêmes, et que le
Reader's Digest endossait une faute plus grave,
ayant publié un article malgré les
avertissements. «Instruire cette affaire est
aujourd'hui la seule manière de réparer
le préjudice subi.» Elle a conclu au
rejet du délai demandé. La décision
parviendra par écrit aux parties.
-
- S.Fr
|
-
-
- ATS,
le 26 novembre 1992
- [Texte
intégral]
- La
procédure continue
-
- L'Eglise
de scientologie a marqué un petit point,
mercredi, dans le conflit qui l'oppose au Reader's
Digest à propos d'un article jugé
diffamatoire. En 1991, un juge vaudois avait provisoirement
interdit la vente du numéro d'octobre du
magazine, dont un article attaquait vivement les
scientologues. L'article avait néanmoins
paru.
-
- Le
Tribunal cantonal avait annulé cette mesure
provisionnelle, mais la secte a recouru au Tribunal
fédéral en demandant un rectificatif
du magazine. Cette partie de l'affaire est encore
pendante.
-
- Autre
volet : les scientologues avaient réclamé
au Reader's Digest des réparations financières
sur le plan civil, mais l'avocat du magazine avait
demandé une suspension en attendant le résultat
d'un autre procès ouvert aux Etats-Unis contre
Time Magazine d'où le Reader's Digest avait
tiré son article. C'est sur ce point seulement
que les scientologues lausannois viennent d'obtenir
gain de cause.
-
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-
- Recours
des
scientologues rejeté par le Tribunal fédéral
-
- ATS,
le 19 décembre 1992
- [Texte
intégral]
-
- Le
magazine Reader's Digest ne devra pas rectifier
l'article paru dans ses pages en octobre 1991 et
titré «Scientologie, le culte de l'argent».
Le Tribunal fédéral a rejeté
le recours de l'Eglise de scientologie de Lausanne
contre une décision du Tribunal cantonal
vaudois. Ce dernier avait autorisé la vente
de la parution incriminée.
-
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