- La SCIENTOLOGIE et les SECTES
- en Suisse
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- Rapport à l’intention du
- Département fédéral de
- justice et police
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- Décembre 2000
Publié par le Département
- fédéral de justice et police
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- RESUME
- 1 INTRODUCTION.
- 2 L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE
- 2.1 RÉACTIONS RELATIVES AU RAPPORT 98
- 2.2 DERNIERS DÉVELOPPEMENTS À L'ÉTRANGER
- 2.2.1 La Scientologie en France
- 2.2.2 La Scientologie en Allemagne
- 2.2.3 L'Europe et les Etats-Unis: deux mondes à
part
- 2.3 EVOLUTION DE LA SITUATION EN SUISSE
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- 2.4 RÉSUMÉ ET RECOMMANDATIONS
- 3 SECTES
- 3.1 GÉNÉRALITÉS
- 3.2 ECLIPSE DE SOLEIL ET NOUVEAU MILLÉNAIRE
- 3.3 ATTITUDE ET RÉACTIONS DES AUTORITÉS
- 3.3.1 La situation en Suisse: Confédération
et cantons
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- 3.3.2 La situation à l'étranger
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- 3.4 GROUPEMENTS PRÉSENTANT UN INTÉRÊT
PARTICULIER AU NIVEAU NATIONAL
- 3.4.1 Eglise universelle
- 3.4.2 Satanisme
- 3.4.3 Fiat Lux
- 3.5 RÉSUMÉ ET RECOMMANDATIONS
- 4 PRÉSENCE DES SECTES SUR INTERNET
- 4.1 GÉNÉRALITÉS
- 4.2 LES SECTES ET INTERNET
- 4.3 CONTENU DES SITES
- 4.4 APPRÉCIATION DE LA PRÉSENCE DES
SECTES SUR INTERNET
- 4.5 RÉSUMÉ
- 5 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
- 5.1 SCIENTOLOGIE
- 5.2 LES SECTES EN GÉNÉRAL
- 6 ANNEXES
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- La Scientologie et les sectes en Suisse
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- Rapport de situation préparé à
l'intention du
- Département fédéral de justice
et police
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- Résumé
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- Au vu des conclusions et recommandations du rapport
du Département fédéral de justice et police de juillet 1981, la Commission
consultative en matière de protection de l'Etat a chargé la Police fédérale
de continuer à réunir des informations
sur la Scientologie issues de sources publiques et de rédiger
ultérieurement un nouveau rapport de situation.
(Cet organe s'appelle "Commission consultative
en matière de sûreté intérieure"
depuis le 1er juillet 1998. L'ancienne Commission consultative en matière de protection
de l'Etat est suspendue. La nouvelle commission se réunira en 2001)
-
- Les structures et les pratiques de l'Eglise de Scientologie
ont peu changé depuis la publication du rapport 98 et l'organisation est toujours
aussi controversée. Aucune activité justifiant une surveillance préventive
par les organes de protection de l'Etat n'a cependant été constatée.
En particulier, aucune activité de renseignement
n'a été mise au jour, pas plus que d'éventuelles tentatives
ciblées d'infiltrer les autorités ou
- des entreprises.
-
- Il est à noter cependant
que les autorités allemandes de protection de la Constitution, qui travaillent sur le dossier
de la Scientologie, n'ont pu obtenir des informations sur les structures et pratiques
de l'Eglise qu'en procédant à des activités
de surveillance. Ces informations sont d'un intérêt
certain pour la Suisse également.
-
- Au sujet de la Scientologie, le présent rapport
aboutit donc aux conclusions et recommandations
- suivantes:
-
- ! Les structures et les activités de l'Eglise
de Scientologie n'ont que peu changé depuis le rapport 98;
-
- ! Aucune activité de renseignement ni tentative
d'infiltration de services de l'Etat n'ont pu être constatées;
-
- ! Il faut par conséquent renoncer à
une éventuelle surveillance par la police préventive;
-
- ! La situation d'autres pays européens et
les informations issues de ces pays doivent, à l'avenir encore, être prises en compte;
-
- ! Les conclusions et recommandations du rapport 98
demeurent valables.
|
-
- Différents événements survenus
depuis le rapport 98 montrent que, hormis l'Eglise de Scientologie, les activités d'autres groupements
peuvent entraîner des répercussions sur la sûreté intérieure. Les
médias s'étaient ainsi interrogés
sur l'éventualité de voir certaines sectes profiter de l'éclipse
solaire du 11 août 1999 ou du changement de millénaire pour propager leurs scénarios
de fin du monde.
-
- Aussi, dans l'optique du changement de millénaire,
un groupe d'experts placé sous la direction de la Police fédérale a-t-il
procédé à une évaluation
de la situation. Celle-ci consiste en une présentation de la situation
sur le plan des sectes dans différents pays européens, suivie d'une appréciation
de la menace que représente l'activité
des sectes pour la sûreté des pays en question
et d'une réflexion sur les éventuelles
conséquences pour les pays tiers.
-
- L'analyse de la situation sur le plan de la sûreté
a révélé que le passage à
l'an 2000 ne représentait aucun risque pour la sûreté
intérieure de la Suisse en ce qui concerne les sectes.
-
- L'évaluation de la situation dans d'autres
pays a montré que, hormis l'Eglise de Scientologie, d'autres sectes devaient retenir l'attention
des experts de la sécurité. Un sondage mené auprès des cantons
a permis d'aboutir aux mêmes conclusions.
-
- Ainsi, suite à différents événements,
la police et les tribunaux ont également eu affaire
à divers courants d'idées, dont l'Eglise
de Scientologie, mais aussi notamment l'Eglise universelle, Fiat Lux ou des mouvements
de type sataniste.
-
- Ces événements et leur évaluation
étaient néanmoins du ressort de la police
et des tribunaux cantonaux. Or, aucun de ces délits
ou faits n'avait d'implication pour la protection de l'Etat.
-
- S'agissant des sectes, le présent rapport
aboutit aux conclusions et recommandations suivantes:
-
- ! La situation en Suisse sur le plan des sectes n'a
pas changé de manière significative depuis le rapport 98;
-
- ! Certains événements (comme le passage
à l'an 2000) ont exigé une attention accrue de la part des autorités, qui ont effectué
une analyse de la menace. Afin d'assurer à l'avenir le même niveau
de vigilance, il est nécessaire que les services
concernés de l'Etat disposent des moyens de
le faire, notamment grâce à un renforcement de leur personnel;
-
- ! Il y a lieu de renoncer à une surveillance
préventive par les organes de protection de l'Etat;
-
- ! Les informations provenant d'autres pays européens
(et tout particulièrement celles qui émanent des services d'information
de l'Etat et d'autres autorités) doivent être prises en compte;
-
- ! Les conclusions et recommandations du rapport 98
demeurent valables.
-
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-
- 1 Introduction
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- En juillet 1998, le Département fédéral
de justice et police (DFJP) a préparé
un rapport sur la "Scientologie en Suisse" à
l'intention de la Commission consultative en matière de protection de l'Etat (CCPE). Le
mandat consistait à présenter l'Eglise
de Scientologie et ses activités ainsi qu'à
vérifier si des mesures de protection de l'Etat
devaient être prises pour le maintien de la
sûreté intérieure.
-
- Le rapport indiquait quelles conditions devaient
être remplies pour que les organes de protection de l'Etat de la Suisse puissent être
mis en action. Il envisageait des mesures préventives si l'Eglise de Scientologie:
-
- - faisait usage de la violence à l'intérieur
ou à l'extérieur du mouvement;
- - menaçait l'ordre constitutionnel en utilisant
des moyens contraires au droit et antidémocratiques;
- - portait systématiquement atteinte aux intérêts
patrimoniaux de ses membres;
- - faisait l'objet d'une interdiction à l'étranger
pour violation de la loi.
-
- Les conclusions du rapport montraient que différentes
activités de l'Eglise de Scientologie ont une importante composante financière et
que le mouvement présente les caractéristiques d'un système totalitaire.
-
-
Du point de vue légal, ces aspects ne sont cependant pas du ressort des organes de protection
de l'Etat. Il a donc été recommandé
de
-
- - renoncer à faire surveiller l'Eglise de
Scientologie par la police préventive;
- - créer ou d'appuyer un observatoire rattaché
à une institution scientifique universitaire
et chargé de suivre le dossier des "sectes"
en général et de mettre des informations
impartiales à la disposition de l'Etat et
de l'opinion publique.
-
- Les réactions des médias, des organisations
et des particuliers à la publication du rapport "La Scientologie en Suisse" ont
été variées, mais néanmoins
positives dans leur majorité. Suite à une prise de
position de l'Eglise de Scientologie de Zurich du 22 mars 1999 et à une demande de renseignements
complémentaires de la CCPE et du DFJP auprès des cantons et des pays concernés,
une annexe au rapport a été rédigée, sans pour autant que les constatations
et les conclusions essentielles du rapport aient fait l'objet d'un quelconque changement.
-
- La CCPE a suivi les recommandations du rapport et
chargé la Police fédérale de continuer à rassembler des informations issues
de sources publiques relatives à la Scientologie afin de rédiger ultérieurement
un nouveau rapport permettant de réévaluer
la situation.
-
- Au cours de la rédaction du présent
rapport, il est apparu que, dans le contexte du passage à l'an 2000, d'autres mouvements religieux
pouvaient soulever quelque inquiétude. Les groupements apocalyptiques ont suscité
la polémique et fait naître l'insécurité
aussi bien chez les autorités que chez les
particuliers.
-
- Ce rapport a été rédigé
par la Police fédérale, sous la direction
de Mme Nadja Leuenberger, juriste à l'état
major. Pour les questions spécialisées, il
a été fait appel à des spécialistes
externes.
-
- Un sondage effectué auprès des commandements
de police des cantons indiquait que les autorités n'ont pas eu affaire seulement
à la Scientologie mais aussi à d'autres
mouvements.
-
- Le rapport que vous avez sous les yeux présente
dans une première partie la situation actuelle de la Scientologie en Suisse et s'interroge
sur l'opportunité d'adapter les conclusions et les recommandations du rapport 98
au vu des informations nouvelles rassemblées.
-
- La deuxième partie est consacrée aux
groupements qui, étant donnés certains
événements survenus en Suisse et à l'étranger,
pourraient représenter une menace pour la sécurité de la population. Cette
partie examine l'importance à accorder aux activités
de ces groupements sous l'angle de la protection
de l'Etat.
-
- Enfin, la troisième partie porte sur l'Internet
et les possibilités que ce média offre
aux sectes de propager leurs croyances et leurs idées.
Il s'agit de déterminer le mode d'apparition de ces groupements sur Internet ainsi
que le contenu de leurs sites.
-
- Le présent rapport se fonde essentiellement
sur des sources publiques et sur les informations de l'étranger confiées à la
Police fédérale. Les passages relatant
les derniers développements dans les cantons se basent
en grande partie sur un sondage mené auprès des polices cantonales.
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- 2 L'Eglise de Scientologie
-
- Depuis la publication du rapport 98, il n'y a pas
eu de changements fondamentaux en Suisse concernant la Scientologie. L'attention de
l'opinion publique est néanmoins toujours dirigée sur cette Eglise, car beaucoup
de personnes rejettent ses méthodes de vente et de recrutement insistantes voire agressives.
Les autorités ont reçu plusieurs réclamations à ce sujet et le Tribunal
fédéral a rendu récemment deux
arrêts portant sur les activités du mouvement.
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- A l'étranger, la Scientologie a subi quelques
changements non dénués d'importance. L'attitude des autorités étrangères
face à l'Eglise de Scientologie est également
traitée dans cette partie.
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- 2.1 Réactions relatives au rapport 98
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- Présenté officiellement lors d'une
conférence de presse très suivie le 31
août 1998, le rapport de la CCPE sur la Scientologie a suscité
des réactions en partie contradictoires. La Scientologie s'est félicitée de
la décision prise par les autorités suisses
de ne pas se livrer à une surveillance, mais
elle a en revanche vivement réagi à plusieurs
affirmations et analyses du rapport.
-
- En réponse à une prise de position
de l'Eglise de Scientologie de Zurich du 22 mars 1999 et à une demande de renseignements complémentaires
de la CCPE et du DFJP auprès des cantons et des pays concernés,
une annexe au rapport a été rédigée,
sans pour autant que les constatations et les conclusions
essentielles du rapport aient fait l'objet d'un quelconque changement. Certains
adversaires de la Scientologie en Suisse alémanique ont déclaré
que le rapport "minimisait la situation" et "embellissait la réalité".
En revanche, une grande partie des médias ont
salué l'équilibre et l'objectivité du rapport:
"Les coups portés de part et d'autre pourraient
bien être la preuve qu'avec son rapport, la
Commission de consultation en matière de protection de l'Etat n'a pas vraiment tiré
à côté de la cible." (NZZ du 1er septembre 1998)
-
- Le rapport, soucieux des nuances, refusant les partis
pris et respectant les droits de la personnalité et la liberté de croyance,
met l'accent sur les dérives possibles de la
Scientologie. Par là, l'Etat a su montrer
qu'il était conscient des questions soulevées
sans pour autant surestimer leur importance, et qu'il
saurait rester attentif au développement des sectes et de leur entourage.
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- 2.2 Derniers développements à l'étranger
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- 2.2.1 La Scientologie en France
-
- En Europe occidentale, la France est probablement
le pays où la controverse autour des «sectes» a pris la tournure la plus
vive, en raison de l’engagement très actif demilieux politiques dans ce domaine et de la création
par le gouvernement d’une Mission interministérielle de lutte contre les sectes
(MILS).
-
- La Scientologie n’est de loin
pas le seul groupe concerné, mais il est l’un
des plus critiqués: le rapport de 1999 «sur la situation financière, patrimoniale
et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités
économiques et leurs relations avec les milieux
économiques et financiers» la présente comme une «puissance internationale»,
comparée à de nombreux autres mouvements de moindre importance.
-
- En 1999, à
la suite de propos du responsible de la MILS envisageant la possibilité d’une
interdiction de la Scientologie, la ministre de la Justice avait estimé qu’il s’agissait
d’une question qui pouvait en effet être posée.
-
- Deux procès, l’un à Lyon (1997) et
l’autre à Marseille (1999), ont débouché
sur la condamnation de responsables de la Scientologie.
En revanche, la Cour européenne de justice a donné gain de cause à
la Scientologie contre la France sur un point relatif
à la restriction d’investissements étrangers
(2000).
-
- Contrairement à la situation de l’Allemagne,
où les réactions de l’Etat à l’encontre
de la Scientologie sont de nature très spécifique,
les controverses autour de ce mouvement en France ne peuvent pas être séparées
du contexte général du débat très
âpre au sujet des sectes dans ce pays. Il faut
noter que la France se soucie depuis quelque temps de plus en plus de développer
une activité plus coordonnée entre différents pays, en raison de la nature internationale
de mouvements tels que la Scientologie qui, selon des propos tenus en Allemagne
par le président de la MILS en juin 2000, exigent donc également une réaction
internationale.
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- La position de pointe adoptée par la France
sur les sectes s'est attiré les foudres des Etats-Unis. Dans le rapport américain sur
le respect des droits de l'homme publié en février 2000 figure un passage détaillé
et critique sur le débat mené en France
au sujet de ces questions. Le rapport sur la liberté
religieuse dans le monde de septembre 2000 critique également la position française
(Voir chap. 2.2.3.)
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- 2.2.2 La Scientologie en Allemagne
-
- Le développement qui suit se base majoritairement
sur les rapports annuels en matière de protection
de la Constitution rédigés par le gouvernement fédéral
allemand et les Länder (http://www.verfassungsschutz.de).
A lire tout particulièrement le rapport "Scientology-ein
Fall für den Verfassungsschutz" publié
par l'Office pour laprotection de la Constitution du Land de Bade-Wurtemberg
en août 1997
-
- Les autorités allemandes de protection de
la Constitution ont constaté que seule la surveillance
de l'Eglise de Scientologie a permis
d'obtenir des renseignements sur son organisation et sur les moyens qu'elle utilise
pour se protéger et atteindre ses objectifs.
-
- A propos du contexte de la surveillance de l'Eglise
de Scientologie par les autorités allemandes
de protection de la Constitution, voir le rapport 98, p. 124 ss.
Voir tout particulièrement la brochure "Der
Geheimdienst der Scientology-Organisation" publié
par l'Office pour la protection de la Constitution du Land de
Hambourg en février 1998).
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- Les autorités ont observé
les tentatives d'infiltration du gouvernement et d'entreprises par l'Eglise de Scientologie, ainsi
que les activités de renseignement exercées à l'encontre de membres du
mouvement et de renégats. L'Eglise de Scientologie lutte contre la surveillance
que les autorités de protection de la Constitution exercent sur elle. Ainsi, en août
1999, elle a distribué dans toute l'Allemagne
une brochure intitulée "Verfassungsschutz
als Rufmordinstrument“ (La protection de la Constitution: instrument d'un assassinat moral).
-
- (Voir le rapport sur la protection de la Constitution
1999 du Land de Bavière, p. 187).
-
- L'Eglise a voulu attirer
l'attention sur elle en organisant dans plusieurs
villes une exposition itinérante sur le thème "Qu'est-ce que la Scientologie?".
A cette occasion, elle a présenté sa doctrine
comme une religion.
- Un incident s'est produit en Suisse en avril 1998
dans le cadre de la surveillance de l'Eglise de Scientologie par les autorités
de protection de la Constitution allemandes. Un fonctionnaire de l'Office pour la protection de
la Constitution du Land de Bade-Wurtemberg travaillant sur le dossier de la Scientologie
a cherché à recueillir des informations sur l'Eglise à Bâle et
a convenu d'un rendez-vous avec deux personnes militant contre la Scientologie, Mesdames H. et J.
(cette dernière est aujourd'hui décédée).
-
- Il devait obtenir de Mme J. des informations sur
les membres et les activités de l'Eglise de Scientologie. Mis au jour, le fonctionnaire
a été arrêté et condamné
à 30 jours de prison avec sursis par la Cour pénale
bâloise en novembre 1999 pour actes exécutés sans droit pour un Etat
étranger. La coaccusée J. a, elle aussi,
été condamnée pour service de renseignements politiques.
-
- Peu avant cet incident, Mme H. avait été
élue membre du comité de l'association
infoSekta.
-
- Mme H. a par la suite donné sa démission
du comité d'infoSekta à l'occasion de
l'assemblée générale de l'association,
qui s'est tenue le 23 mars 2000.
-
- L'association infoSekta était-elle
au courant de la rencontre de Bâle ? La question a été posée à
maintes reprises. Mais infoSekta a fait savoir que son
comité n'avait eu vent de la rencontre de Bâle et
de ses conséquences que plus tard, par les médias. L'association a précisé
qu'elle n'aurait en aucun cas approuvé la rencontre
avec le fonctionnaire allemand, et encore moins qu'on
lui transmette des informations,
- les actes commis étant incompatibles avec
ses méthodes de travail et ses principes.
-
- La prise de position d'infoSekta peut être
consultée sur Internet : http://www.infosekta.ch/is4/1999/jb1999.html
-
- 2.2.3 L'Europe et les Etats-Unis: deux mondes à
part
-
- Depuis plusieurs années, les rapports officiels
du Département d’Etat américain sur le respect des droits de l
homme à travers
le monde mentionnent la situation de la Scientologie, notamment en Allemagne, en raison des
mesures prises par les autorités à l’égard de ce groupe. En 1999, un
rapport annuel sur la liberté religieuse dans
le monde (Annual Report to Congress on International
Religious Freedom) a été publié
- pour la première fois.
-
- Ce rapport évoque
longuement les problèmes rencontrés par la Scientologie ou des scientologues en Allemagne;
il précise également que des actions spécifiques ont été
menées par l’ambassade américaine, entre
autres pour promouvoir un dialogue entre les autorités
allemandes et des représentants de la Scientologie. Ces initiatives d’outre-Atlantique
suscitent des réactions d’irritation dans certains milieux allemands, surtout depuis la
campagne menée par la Scientologie contre l’Allemagne en 1996-1997, avec des placards
publicitaires dans la presse américaine comparant le traitement
des scientologues aujourd’hui à celui des juifs sous le 3e Reich. (Le Départment d’Etat américain a
rejeté ce parallèle comme infondé).
-
- La directrice du groupe de travail sur la Scientologie
du département de l'Intérieur du Land de Hambourg constate "une influence de
plus en plus marquée" de la Scientologie
sur le gouvernement américain. Depuis l'investiture
du président Bill Clinton, l'Eglise serait de plus en plus soutenue par les
autorités américaines. (Berliner Morgenpost, 12 février 2000)
-
- La question
de savoir si une telle tendance reflète effectivement
une volonté du président est laissée en suspens.
-
- La défense de la liberté religieuse
est en train d’acquérir depuis quelques années
une place plus importante dans la politique étrangère
des Etats-Unis en général, comme le démontre la création d’un
office pour la liberté religieuse dans le monde,
dont le rapport mentionné plus haut est l’un
des premiers fruits.
-
- Voir aussi le rapport relatif à une enquête
menée en septembre 1999 par le Center for the
Study of
- Religion in Public Life (Religious Persecution as
a U.S. Policy Issue) http://www.trincoll.edu
-
- Les cercles chrétiens conservateurs jouent
également un rôle important dans la société
américaine. Il ne s'agit pas là de
sympathisants de la Scientologie, du moins pas sur le plan de l'idéologie. L'accent est
placé sur l'engagement en faveur de la liberté religieuse en général.
Cela est dû en grande partie au fait que les activités
de missionnariat d'une grande partie des communautés
religieuses américaines dans le monde sont touchées.
-
- Le fait que les auteurs du rapport américain
de septembre 1999 consacrent une grande partie de celui-ci à la Scientologie
et critiquent la position des autorités allemandes
est caractéristique. Dans le chapitre consacré
à la situation des communautés religieuses dans les autres pays européens,
d'autres groupements font l'objet d'une attention bien plus grande que la Scientologie.
-
- La Scientologie se considère comme un mouvement
religieux.Il ne s'agit pas là d'une communauté religieuse
autorisée ou approuvée par l'Etat, mais
d'une personnalité juridique créée expressément pour les
communautés religieuses. Ainsi, la Scientologie
est en Suède une communauté religieuse enregistrée.
-
- En Suède, la Scientologie a demandé
à être déclarée en tant que
communauté religieuse. Cela a été
accordé et l'office central chargé des règlements
juridiques, patrimoniaux et administratifs a fait la
déclaration voulue. Celle- ci se fonde sur la vérification formelle préalable
des conditions nécessaires (existence de statuts,
d'un comité ou d'un organe semblable; la communauté religieuse
ne peut être une société anonyme,
une association à but lucratif ou une fondation; le nom de la communauté
doit pouvoir être différencié de
celui d'autres communautés). Depuis la séparation de l'Eglise luthérienne
de Suède (qui était auparavant l'Eglise
nationale) de l'Etat (séparation intervenue le 1er janvier 2000),
la Suède ne s'occupe plus que des questions relatives
à l'héritage de la culture ecclésiastique, simple enregistrement
des communautés religieuses, et de ses devoirs
définis par la loi concernant l'impôt religieux des membres de
l'Eglise de Suède. La séparation de l'Eglise
de Suède de l'Etat a entraîné la création d'une nouvelle
notion juridique, à savoir celle de "communauté
religieuse enregistrée".
-
- C'est à ce titre que
la Scientologie est citée surtout dans les
rapports américains sur la violation des
- droits de l'homme et sur la liberté religieuse.
Dans la plupart des pays européens, c'est la motivation religieuse de l'Eglise de Scientologie
qui est mise en doute. Le débat sur la Scientologie devient encore plus
complexe du fait que les opinions des experts divergent sur la nature de ce mouvement.
Les divergences de sensibilité qui apparaissent entre les Etats-Unis et les pays européens
à ce propos relèvent d’un débat plus large que celui mené autour
de la Scientologie.
-
- (L'attitude de la Suisse à l'égard
de la Scientologie n'a pas été critiquée
dans le rapport du Center for the Study of Religion du mois de septembre 1999. Le rapport
98 de la Suisse a été décrit comme
objectif et équilibré.)
-
-
- 2.3 Evolution de la situation en Suisse
-
- L'Eglise de Scientologie a organisé des expositions
en Suisse. Ainsi, en mai et juin 2000, des exposés, discussions et séances
d'information sur le thème "Qu'est-ce que la Scientologie?" se sont tenus dans les
villes de Zurich, Bâle, Berne, Genève et
Lausanne. A ces occasions, la Scientologie s'est
présentée comme une religion et comme une Eglise.
-
- Selon les données de l'Eglise
de Scientologie, ces expositions auraient accueilli quelque 600 personnes par jour.
-
- (Voir le journal "Freiheit Schweiz",
la voix de l'Eglise de Scientologie en Suisse, 10e édition.)
-
-
Certains médias se sont demandé à cet égard pourquoi une organisation
si controversée avait obtenu l'autorisation de se présenter dans les villes précitées.
Les méthodes de vente et de recrutement pour
le moins pressantes de la Scientologie donnent, elles, lieu à des discussions de
plus en plus nombreuses. Dans différents cantons, on a constaté un élan des
scientologues vers une publicité de plus en plus présente et agressive (tout particulièrement
dans les cantons de Thurgovie et de Bâle-Ville).
-
- Plusieurs dénonciations
et poursuites pénales ont fait suite à
ces activités. Le comportement importun de certains membres de la
Scientologie a conduit à plusieurs reprises à des tensions et à
des réactions violente: dommages matérielscausés à des installations et bâtiments
de la Scientologie, voies de fait entre des
- scientologues et leurs adversaires, et même
menaces à la bombe.
-
- Le Tribunal fédéral a récemment
eu à traiter deux causes liées à
la Scientologie. Elles posaient toutes deux la question de l'utilisation
du domaine public à des fins publicitaires.
-
- DECISIONS
DES AUTORITES DE BALE VILLE
-
- Dans l'une des affaires, l'association "Scientology
Kirche Basel“ et l'un de ses membres ont déposé un recours de droit public
au sujet d'une nouvelle disposition introduite dans la loi pénale du canton de Bâle-Ville.
(Décision du Grand Conseil du 16 septembre
1998. La norme est en vigueur depuis le 1er novembre
1998. Loi cantonale sur les contraventions, 253.100)
-
-
La loi dit :
-
- II. Dispositions particulières
-
- A. Sécurité et ordre publics
Racolage sur l'allmend
-
- § 23a. Sera puni selon la présente loi
:
- Quiconque racolera ou tentera de racoler des passants
sur l'allmend en faisant usage de méthodes
fallacieuses ou malhonnêtes.
-
- La police est autorisée à chasser
les racoleurs de certains lieux et de tous les lieux en général,
s'il existe des preuves qu'elles utilisent des méthodes illicites
et, tout particulièrement, des méthodes fallacieuses
ou malhonnêtes ou qu'elles importunent exagérément
les passants.
|
-
- Les recourants ont fait valoir que cette disposition
visait clairement les scientologues et qu'il s'agissait en l'occurrence de discrimination.
Le Tribunal fédéral a jugé (Voir ATF 125 I 369) que
l'imprécision de la disposition attaquée
n'était pas excessive et qu'elle pouvait être
appliquée conformément à la
Constitution et au principe de la proportionnalité.
-
-
Les juges ont argué que la disposition empêchait
uniquement les formes indésirables de racolage et était donc propice à l'intérêt
public.
-
- Ils ont également précisé
qu'il était possible que les termes utilisés posent quelques
difficultés lors de l'application dans des cas concrets, mais que cela n'entrait pas en
ligne de compte dans l'appréciation du recours.
-
- Article
24 heures
: Le Tribunal Fédéral rejette un recours contre une disposition
prohibant le prosélytisme excessif
(1
juillet
1999)
-
- DECISION
DES AUTORITES DE LA VILLE DE ZURICH
-
- Dans une autre affaire, le Tribunal fédéral
devait se prononcer sur la conformité au droit de la décision prise le 30 novembre
1994 par la police administrative de la ville de Zurich d'interdire à l'Eglise de Scientologie
de Zurich de distribuer des tests de personnalité et des prospectus sur le domaine
public. L'autorité ayant pris la décision
ne considérait pas le fait de distribuer des
tests et de les utiliser comme un acte religieux mais comme une action de publicité
à des fins de racolage.
-
- La décision se
fondait sur une décision du Conseil municipal
datant du 16 juin 1972, par laquelle il réglait l'utilisation provisoire du domaine
public à des fins exceptionnelles. Elle dispose
que la distribution d'imprimés servant des
fins de racolage ainsi que la distribution d'articles de publicité sont interdites. Le
Tribunal fédéral a décidé,
dans son arrêt du 7 juin 2000, qu'il était, certes, dans
l'intérêt public que les campagnes publicitaires
n'aient, autant que possible, pas lieu dans la rue
(circulation des piétons gênée,
coût du nettoyage), mais qu'une interdiction générale
de distribuer des supports publicitaires
- sur le domaine public était une mesure disproportionnée.
-
- Les juges ont précisé
que la liberté du commerce et de l'industrie
impliquait la nécessité d'accorder l'autorisation
d'exécuter des activités commerciales
sur le domaine public. Il s'agit, dans chaque cas, de peser les intérêts en
présence afin qu'il puisse être décidé
si une autorisation doit être accordée et,
le cas échéant, sous quelles conditions.
-
- Au vu de cette décision, la ville de Zurich
devra donc introduire une nouvelle pratique et traiter une à une les demandes.
-
- DECISION
DES AUTORITES DE LAUSANNE
-
- La ville de Lausanne a également pris des
mesures contre les méthodes de vente des scientologues. Ainsi, depuis le mois de juin
1998, l'Eglise de Scientologie n'est plus autorisée à monter un stand d'informations
sur la place St-François que deux fois par mois. La distribution de prospectus dans
la rue y est, elle, limitée à une fois
par semaine. Cette décision a été
attaquée devant le Tribunal administratif, lequel
n'a pas encore rendu son jugement. Il n'a toutefois pas
été satisfait à la demande de l'Eglise de Scientologie quant à la garantie
de l'effet suspensif : la décision du mois de juin 1998 est donc applicable.
-
- Depuis lors, l'Eglise
de Scientologie a organisé plusieurs activités sans se tenir aux limitations énoncées
dans la décision de juin 1998.
-
- Suite à divers incidents, la direction compétente (La Direction de la sécurité publique
et des affaires sportives) a demandé à l'Eglise, par lettre
du 16 juin 2000, de s'en tenir à la décision
et de renoncer à toute activité supplémentaire.
-
- Notamment un concert donné le 13 juin 2000
sans autorisation (la demande de l'Eglise de Scientologie
avait
- été refusée par décision
du 8 juin 2000) et le mépris de la décision
du 9 juin 2000, qui mettait des conditions trèsprécises à l'autorisation accordée
à l'Eglise de Scientologie d'organiser une exposition
publique.
-
- Des sanctions suivraient si la décision n'était
toujours pas respectée. Par la suite, l'Eglise de Scientologie a fait savoir qu'elle
allait introduire une plainte contre leConseil communal.
-
- DECISION
DES AUTORITES DE LUCERNE
-
- Dans le canton de Lucerne, le Conseil d'Etat, par
décision du 28 septembre 1999, a retiré son autorisation à une école
privée: l'institutrice et des représentants
de l'école étaient membres de l'Eglise de Scientologie.
Le gouvernement a justifié ce retrait par son manque de confiance dans la direction de l'école.
-
- Le 11 octobre 1999, la directrice
de l'établissement a introduit un recours
contre la décision du Conseil d'Etat lucernois
auprès du Tribunal administratif. Cette instance
n'a pas encore rendu son jugement.
-
- DECISION
DU CANTON DE ZURICH
-
- Le canton de Zurich s'est montré, au contraire,
plus libéral. Il a accordé pour la première
fois pour l'année 2000 une autorisation
à une école entretenant des liens étroits avec l'Eglise de Scientologie. (Décision du Conseil de formation de Zurich
du 9 mai 2000).
-
- Cette
décision a entraîné une interpellation
de deux députées au Grand Conseil à
l'intention du Conseil d'Etat (Voir procès-verbal du Conseil d'Etat zurichois
en date du 6 septembre 2000 / KR-NR. 229/2000).
-
- La question soulevée
dans l'interpellation était celle de savoir
pourquoi le Conseil de formation (Bildungsrat)
- qui, depuis 1987, avait refusé à maintes
reprises à l'école "Ziel"
l'autorisation de diriger son propre établissement, avait
soudain changé sa position et octroyé
une autorisation à l'école.
-
- La fondation Ziel (Zentrum für individuelles
und effektives Lernen) veut atteindre ses objectifs
d'apprentissage et de formation grâce aux méthodes et
aux supports philosophiques de L. Ron Hubbard.
-
- Le gouvernement
cantonal a motivé sa décision par le fait que ce n'était pas l'association "Ziel"
qui a fait la demande de diriger une école primaire privée mais la directrice de l'école. Il a expliqué que, contrairement à
la personne juridique "Ziel" qui n'est pas
digne de confiance (Voir arrêt du Tribunal fédéral
du 27 juin 1997), rien ne permettait de dire de la directrice de l'école qu'elle manque
d'intégrité ou qu'elle n'est pas digne
de confiance.
-
- Par ailleurs, a-t-il précisé,
les écoles privées sont contrôlées
par une commission de surveillance: si des anomalies se faisaient
jour, le Conseil de formation pourrait toujours retirer son autorisation.
-
- Une certaine publicité est également
donnée par les questions posées au sujet
de l'Eglise de Scientologie. Le rapport d'activité
1999 d'infoSekta le montre (Voir http//www.infosekta.ch)
: C'est la Scientologie qui a suscité le plus de questions.
L'étude des statistiques de l'année 1999 montre qu'une autre association d'information
et d'assistance en la matière, Inforel, a dû aussi répondre à
diverses demandes concernant la Scientologie.
-
- Lesdites statistiques ont été relevées
dans la feuille de communiqué d'Inforel (Information
Religion).
-
- 2.4 Résumé et recommandations
-
- Depuis le rapport 98, les structures et les activités
de l'Eglise de Scientologie ne se sont pas grandement modifiées. Aucune activité
nouvelle n'a été recensée qui pourrait
faire penser que l'organisation tente d'infiltrer
les autorités ou des entreprises. Le mouvement demeure néanmoins très controversé.
-
- Régulièrement, les méthodes de
recrutement et de vente de l'Eglise de Scientologie
tout particulièrement reviennent dans le débat ou sont soumis à l'appréciation
des juges. Les conclusions du rapport 98 pour la Scientologie
demeurent valables.
-
- Il est difficile de dire dans quelle mesure le rapport
98 a influencé l'évolution actuelle de la situation et quels effets il a eu sur le comportement
de l'Eglise de Scientologie et de ses membres. Toujours est-il qu'il a alimenté
la discussion publique et trouvé une reconnaissance internationale.
-
- L'essor du débat public concernant la Scientologie
a donné les résultats suivants :
-
- - meilleure information de l'opinion publique sur
la Scientologie et sensibilisation;
- - contrôle public indirect des activités
de l'Eglise de Scientologie;
- - voire autres influences sur l'Eglise de Scientologie
elle-même.
-
- Les conflits locaux avec l'Eglise de Scientologie,
notamment en ce qui concerne l'utilisation du domaine public, sont, certes, relativement fréquents
mais ne constituent pas des incidents relevant de la protection de l'Etat.
La situation actuelle ne justifie donc pas une surveillance du mouvement par les autorités
de protection de l'Etat.
-
- Comme nous l'avons dit plus haut, les autorités
allemandes de protection de la Constitution travaillent sur le dossier de la Scientologie (Comme cela a été relevé dans
le rapport 98, les autorités allemandes de protection
de la Constitution, placées dans d'autres conditions, sont plus actives que les
autorités suisses de protection de l'Etat).
La surveillance de l'Eglise de Scientologie permet aux autorités d'obtenir
régulièrement de nouvelles informations,
qui sont d'un grand intérêt également
pour la Suisse.
-
- Cela étant, la Police fédérale
suggère au DFJP
-
- - de continuer à échanger des informations
avec les autorités de sécurité
étrangères, par l'entremise de la Police
fédérale, et à s'informer sur les
nouveaux développements;
- - de procéder à une nouvelle évaluation
de la situation aussitôt que le besoin s'en fera sentir, au vu des nouvelles connaissances
acquises et des derniers développements (tout particulièrement
si l'on soupçonne des activités de renseignement de la part des scientologues).
-
- Enfin, les recommandations du rapport 98 demeurent
valables.
-
- 3 Sectes
-
- 3.1 Généralités
-
- Le terme de "sectes" manque de précision
et présente fréquemment une connotation
négative. Néanmoins, son utilisation
s'impose ici, étant donné que le rapport
98 en faisait déjà usage. Nous en avons choisi
la définition suivante pour les besoins du présent rapport
:
-
- les sectes sont des communautés
de croyance, de nature religieuse ou philosophique, ayant causé des controverses
au sein du public.
|
- Dans son rapport du 1er juillet 1999, la Commission
de gestion du Conseil national a constaté que la diversité religieuse
était en constante augmentation en Suisse. Toutefois,
seul un petit nombre de groupements religieux suscitent
des controverses, ce que confirme un sondage effectué auprès
des cantons.
-
- Ces derniers ont relevé quelques cas particuliers
dont certains ont donné lieu à un débat public. On peut mentionner à
titre d'exemple quelques cas pénaux ayant pour
partie débouché sur des condamnations.
-
- L'association inofSekta à Zurich a mis en
lumière dans son rapport annuel, tout comme Inforel à Bâle31 dans ses statistiques
1999, un besoin pressant d'information et de conseil au sein de la population. Les demandes
concernent une large palette constituée d'innombrables groupuscules. Selon
les dires d'infoSekta, on assiste à un report significatif des activités de conseil
des groupes connus et "classiques" vers des organisations plutôt inconnues jusqu'ici.
-
- Les autorités de protection de l'Etat ne se
penchent toutefois que sur les groupes pouvant représenter une menace pour la sûreté
de la Suisse et celle de sa population.
-
- Des experts de différents pays ont évalué
la dangerosité de différentes sectes dans
l'optique du changement de millénaire. A cette
occasion, ils ont mis en exergue certains signaux révélateurs d'une tendance
à l'endoctrinement chez une secte, qui pourraient être interprétés comme
un avertissement par les autorités de protection
de l'Etat. .
-
- Le rapport annuel 1999 d'infoSekta peut être
consulté sur Internet: http://www.infosekta.ch
-
Le site d'Inforel est quant à lui en cours d'élaboration.
-
- Dans chaque cas, il est nécessaire d'évaluer
les signaux compte tenu des conditions actuelle
-
- A titre d'exemple, nous relevons ci-dessous quelques-uns
de ces signau x:
-
- EVALUATION
DE LA DANGEROSITE D'UNE SECTE
-
- - Développement d'un langage peu voire pas
du tout compréhensible pour les profanes, ce en vue de renforcer l'exclusivité
de l'appartenance au groupe;
-
- - Formulation de prétentions absolutistes
fréquemment assorties d'une mentalité
élitiste ;
- - Incapacité des adeptes à faire face
à la critique;
-
- - Illusion de vivre dans un univers hostile, laquelle
donne lieu parfois à des théories de complot;
- - Développement de l'idée que quitter
cette terre apparaît comme la seule issue possible;
-
- - Suicide d'adeptes du mouvement;
-
- - Défection de membres appartenant aux sphères
dirigeantes de la secte.
|
-
- En règle générale, l'existence
d'un seul de ces éléments ne suffit pas
pour inciter les autorités de protection de l'Etat à
se pencher sur le groupement concerné. Il s'agit
plutôt de reconnaître à temps
les indices dénotant le caractère dangereux
d'un groupe.
-
- 3.2 Eclipse de soleil et nouveau millénaire
-
- En 1999, deux dates ont particulièrement retenu
l'attention dans le contexte des sectes: l'éclipse de soleil du 11 août
et le passage à l'an 2000. Certains écrivains
et journalistes ont évoqué, dans la perspective
de ces deux événements, le risque de voir les sectes propager leurs idées de scénarios
apocalyptiques.
-
- Le jour du 11 août, nombreuses ont été
les personnes à se retrouver à l'extérieur
pour assister au spectaculaire phénomène
naturel. Or, on a pu constater que ce ne fut rien de plus qu'un événement naturel:
conformément aux prévisions de la plupart
des experts, cette journée s'est déroulée
dans le calme et aucun incident notable n'a eu lieu, même en relation avec les mouvements
apocalyptiques.
-
- Depuis des années, des spécialistes
des courants millénaristes s'attendaient à
voir des attentes apocalyptiques s'exprimer avec une intensité
particulière à l'approche de l'an 2000. Or, on a pu constater que les phénomènes
escomptés ne se sont pas produits: pour la grande majorité des groupes
mettant l'accent sur l'imminence de bouleversements radicaux, l'an 2000 ne représentait
pas une date symbolique importante.
-
- Les craintes observées dans le public renvoyaient
plutôt à des scénarios d'une apocalypse sécularisée (faillite
de la société technologique, notamment
des systèmes informatiques).
-
- Cependant, tout au long de l'année 1999, de
nombreux médias ont évoqué des
risques potentiels liés à la thématique
des sectes. Malgré l'absence d'indices probants
et fiables, les autorités ne pouvaient se
désintéresser de cette question. En effet,
plusieurs cas graves liés à de petits
groupes religieux au cours des dernières années
(Ordre du Temple Solaire, secte apocalyptique Aum
Shinrikyo...) avaient fait grand bruit. En outre, vu l'impossibilité d'avoir
une vue d'ensemble des nombreux mouvements religieux marginaux, il n'était pas possible
d'exclure d'emblée une action d'éclat même de la part d'un groupe
inconnu jusqu'alors.
-
- Pour cette raison, les services de police et de sécurité
de plusieurs pays, dont la Suisse, se sont livrés à des observations,
à des évaluations et à un suivi
de la situation tout au long de l'année 1999. Le FBI et le
Service Canadien du Renseignement de Sécurité ont même pris la
décision de rendre publiques leurs analyses (Project
Megiddo http://permanent.access.gpo.gov/lps3578/www.fbi.gov/library/megiddo/megiddo.pdf
- pour le premier et Doomsday Religious Movements
http://www.csis-scrs.gc.ca/eng/miscdocs/200003_e.html
-
/ Mouvements religieux eschatologiques http://www.csis-scrs.gc.ca/fra/miscdocs/200003_f.html
pour le second).
-
- Les représentants des autorités de
plusieurs pays européens, dont la Suisse, se
sont réunis en Suisse à la fin de l'année
1999 pour comparer leurs évaluations dans le
domaine des sectes. Leurs analyses convergentes ont
abouti à la conclusion qu'aucun groupe apocalyptique connu ne semblait se préparer
à une action d'éclat liée au passage à l'an 2000. Cette évaluation
à l'échelle européenne a été
confirmée par l'absence de tout événement de ce type
sur notre continent.
-
- Si les préoccupations suscitées par
l'approche de l'an 2000 se sont donc révélées
sans fondement, elles ont permis aux services de
police de mieux connaître cette thématique et de renforcer leurs aptitudes
d'analyse en la matière. En outre, elles ont
suscité un intérêt accru de la
part des milieux académiques également,
entre autres en ce qui concerne les sectes en général
et les interactions entre millénarisme et violence, comme le prouve la multiplication d'ouvrages
consacrés à ces sujets.
-
- Les connaissances approfondies qui découlent
de ces recherches peuvent se révéler utiles pour l'avenir. Enfin, même si rien ne
s'est produit au moment du passage à l'an 2000, la tragédie encore mal élucidée
du Mouvement pour la Restauration des Dix Commandements de Dieu en Ouganda, qui a coûté
la vie à plusieurs centaines de personnes, montre que des faits dramatiques peuvent
toujours se produire là où on
- ne les attendait pas: l'heureuse absence de tout
événement tragique lors du passage à l'an 2000 ne signifie pas qu'il n'y aura
plus de faits de ce genre à l'avenir.
-
- 3.3 Attitude et réactions des autorités
-
- On se demande toujours quelle est l'attitude de l'Etat
face aux sectes. Dans ce contexte, la question centrale est de savoir quelles
sont les conditions qui doivent être réunies pour justifier l'intervention
des autorités.
-
- La partie ci-après vise à présenter
la position actuelle des autorités fédérales
et cantonales vis-à-vis des sectes et à
donner un aperçu de la situation dans quelques
Etats limitrophes.
-
- 3.3.1 La situation en Suisse: Confédération
et cantons
-
- Comme par le passé, l'attitude des autorités
fédérales face aux "sectes"
peut être qualifiée de retenue.
-
- Relevons le rapport publié le 1er juillet
1999 par la Commission de gestion (CdG) du Conseil national, intitulé "Sectes"
ou mouvements endoctrinants en Suisse. La CdG a mis en lumière un besoin d'action dans ce
domaine et a dès lors invité le Conseil
fédéral à :
-
- - formuler une politique suisse en matière
de "sectes";
- - instituer un service suisse d'information et de
consultation;
- - lancer une campagne d'information;
- - encourager une recherche interdisciplinaire, et
- - assurer une meilleure coordination entre les différents
services administratifs.
|
- Dans son rapport, la CdG a enquêté sur
cette problématique non seulement du point de vue social, mais encore du point de vue individuel.
Elle a en outre pris position sur la définition du terme "secte",
en parvenant à la conclusion que celui-ci n'est
pas neutre (dans le langage courant, il a souvent une
connotation négative) et qu'il est devenu un sujet de divergence politique. Elle a malgré
tout utilisé ce terme dans son
- rapport, quoique toujours entre guillemets.
-
- La nécessité d'une intervention étatique
est justifiée : l'Etat, en tant que gardien de
la tolérance, n'a pas pour tâche de s'assurer
que les religions, les communautés religieuses
et les groupes soient reconnus de manière
égale, mais il est par contre de son devoir d'agir lorsque les droits de groupes sont
menacés ou que des membres d'un groupe sont opprimés.
|
-
- Suite à la publication du rapport de la CdG,
l'association infoSekta et la Paulus-Akademie de Zurich ont organisé une conférence
ayant pour thème "Comment l'Etat peut-il protéger les individus contre les
sectes?", le 18 septembre 1999 (Cf. "Sekten", Psychogruppen und vereinnahmende
Bewegungen: Wie der Einzelne sich schützen kann,
wasder Staat tun kann, édité par infoSekta,
Zurich, NZN-Buchverlag AG, 2000.)
-
- Dans sa réponse du 28 juin 2000, le Conseil
fédéral a constaté que la CdG avait
certes abordé une question importante pour
la société, mais que ce sont avant tout
les cantons qui sont compétents pour les questions
religieuses et les rapports Eglise-Etat. Il a donc considéré que l'élaboration
d'une "politique spécifique en matière
desectes" n'était pas nécessaire.
|
-
Il privilégie dès lors la protection des
droits fondamentaux, en particulier la liberté de conscience et
de croyance. Selon lui, seul le problème des échanges d'informations
et la coordination au sein de l'administration fédérale, qui pourraient être
meilleurs, justifie une action concrète.
-
- Par cette réponse, le Conseil fédéral
confirme dès lors l'attitude qu'il a eue jusqu'ici
face aux "sectes" ou aux mouvements endoctrinants.
-
- Dans les cantons, l'attitude des autorités
face aux sectes est très variée. Dans
certains cantons, l'on s'est posé la question de savoir
s'il était possible d'interdire l'usage du domaine public à des fins publicitaires
aux sectes (En particulier pour la Scientologie).
-
- Au vu du besoin d'information de la population, certains
cantons apportent un soutien financier à des centres d'information et de
conseil de droit privé.
-
- UN
NOUVEAU CENTRE D'INFORMATION SUR LES CROYANCES
OUVRIRA EN 2001
-
- Les cantons romands, ainsi que Berne et le Tessin,
ont constitué un groupe de travail, la Commission intercantonale contre les dérives
sectaires. Cette commission estime qu'une information indépendante est
indispensable pour pouvoir contrer les phénomènes négatifs engendrés
par les sectes. Il est prévu d'ouvrir un Centre
d'information sur les croyances en janvier 2001.
-
- Ce centre est
destiné à récolter et à
évaluer des informations, ainsi qu'à
donner des renseignements, le tout de manière
neutre et indépendante. Il sera financé
par des cantons romands, dont Genève principalement.
-
- Le canton de Genève s'efforce pour sa part
d'endiguer les activités des sectes par la voie législative. Le Grand Conseil s'est penché
sur deux projets de loi : le premier vise à séparer les activités
commerciales et religieuses (Cette distinction a déjà suscité
des débats à plusieurs reprises, notamment
en ce qui concerne l'utilisation du domaine public pour distribuer des tracts ou d'autres
supports publicitaires), et le second veut modifierla procédure pénale en améliorant
la situation des victimes de dérives sectaires.
-
- UN
OBSERVATOIRE DES RELIGIONS A LAUSANNE
-
- L'Observatoire des religions en Suisse a été
fondé à fin 1999 à Lausanne. Cette
institution,encore au stade du développement, est rattachée
à l'Université de Lausanne et entend promouvoir et coordonner la recherche sur
les questions religieuses en Suisse.
-
- 3.3.2 La situation à l'étranger
-
- Cf. le tour d'horizon dans l'article de la revue
"Materialdienst" de la Evangelische Zentralstelle
für Weltanschauungsfragen (EZW; éd.): Staatliche Stellungnahmen zu sog.
„Sekten“ in Europa, 63e année, volume 2/2000,
p.47 ss.; www.ekd.de
-
- Le rapport Eglise-Etat constitue également
un sujet de discussion dans d'autres pays, et il fait régulièrement l'objet
de débats multilatéraux (au sein du Conseil
de l'Europe par exemple).
-
- Les avis sur l'intervention étatique en matière
de religion divergent fortement comme en témoigne l'accueil réservé
au rapport "Sectes dans l'Union européenne",
rédigé par la Commission des libertés et des droits
des citoyens, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen en
juillet 1998. Ce document n'a pas pu être adopté en raison des grandes divergences d'opinions
à ce sujet et de l'impossibilité de trouver un point de vue commun.
-
- L'interprétation du terme "sectes"
suscite déjà une multitude de réponses
en Europe.
-
- SITUATION
EN ALLEMAGNE
-
- En Allemagne, la "Enquete-Kommission"
(Créée par le Bundestag en mai 1996)
s'est penchée activement sur la définition
du terme "sectes" en 1998. Cette commission
est parvenue à la conclusion que ce terme n'est approprié que dans des contextes
précis, par exemple en matière de théologie ou de science des religions. C'est
pourquoi elle n'a pas utilisé le mot "sectes"
dans son rapport, mais a préféré
le concept de "nouvelles communautés religieuses
et idéologiques, et communautés d'esprit".
Elle a en outre cherché à savoir si les nouveaux mouvements religieux constituent
une menace, et tenté d'identifier quels en sont les types. Elle a constaté que
ces mouvements génèrent des conflits chez l'individu et dans son cercle social proche,
dans les relations personnelles et familiales, mais qu'ils ne représentent pas
une menace pour l'Etat et la société à
l'heure actuelle.
-
- Selon la commission, la Scientologie
constitue un cas particulier, car cette organisation ne serait pas un mouvement religieux.
-
- Par conséquent, la commission a recommandé
que les autorités de protection de la Constitution de l'Etat fédéral et des
Länder poursuivent leur observation de la Scientologie.
-
- Elle a également suggéré de
renoncer à employer le terme négatif de
"secte".
-
- Enfin, elle a encouragé
la création d'une fondation fédérale
pour la recherche, les programmes de formation continue et de
perfectionnement,
et la médiation en cas de conflit.
-
- SITUATION
EN FRANCE ET EN BELGIQUE
-
- En France et en Belgique, le drame du Temple solaire
a suscité d'intenses débats sur les sectes. La Belgique s'est efforcée
de développer un programme politique permettant de lutter contre les pratiques illégales
des sectes et d'enquêter sur leurs dangers individuels et sociaux.
-
- Le Parlement belge
a décidé la fondation du Centre d'organisation et d'avis sur les organisations sectaires
nuisibles (CIAOSN).
-
- Parmi les pays de l'Europe occidentale, c'est probablement
en France que le débat sur la Scientologie en particulier et les sectes
en général a pris la tournure la plus
virulente. En janvier 1996, a paru un rapport d'une
commission parlementaire, qui incluait notamment une liste de 172 groupes supposés
présenter des problèmes.
-
- En
France un Observatoire interministériel sur les sectes
a été créé la même
année. Son action
ayant été jugée insuffisante,
il a été remplacé en 1998 par une
Mission interministérielle
- de lutte contre les sectes, dont la dénomination
même indique le choix d'une orientation offensive de la part des autorités.
-
-
La présidence de cette mission a été confiée à Alain Vivien,
ancien secrétaire d'Etat auprès du ministre
des Affaires étrangères, qui avait déjà
été l'auteur d'un premier rapport parlementaire
sur les sectes en 1983 et était devenu plus récemment
le directeur du Centre Roger Ikor contre les manipulations mentales (CCMM).
-
- En juin 1999, un nouveau rapport parlementaire a
été publié. Il porte sur "la
situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes,
ainsi que sur leurs activités économiques
et leurs relations avec les milieux économiques
et financiers". La Scientologie y est présentée comme l'une des "deux
sectes les plus riches" en France (Les Sectes et l’Argent (Rapport no 1687 de l'Assemblée
nationale, enregistré le 10 juin 1999).
-
- Au début de l'an 2000, la Mission interministérielle
a publié un rapport. Celui-ci continue à maintenir qu'une législation spécifique
"ne se justifie pas", mis se déclare
en revanche favorable à une adaptation des lois
et règlements.
-
- Au début de l'an 2000, la Mission interministérielle
a publié un rapport, il entend également
proposer une définition de la secte:
-
- "Une
secte est une
association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux,
dont le comportement porte atteinte aux Droits de l'Homme et à l'équilibre
social".
|
- Enfin, en juin 2000, l'Assemblée nationale
a adopté une proposition de loi "tendant
à renforcer la prévention et la répression
à l'encontre des groupements à caractère
sectaire". Mais ce texte devra encore être
discuté par le Sénat. Dans sa forme actuelle,
il comporte notamment un amendement visant à
introduire dans le code pénal un délit de manipulation mentale, disposition
à l'égard de laquelle le ministère
de la Justice a cependant exprimé des réserves
(Le Monde du 24 juin 2000).
-
- SITUATION
EN AUTRICHE
-
- En Autriche, après plusieurs années
de discussions et de travaux préliminaires, la
loi fédérale sur l'institution d'un
service de documentation et d'information sur les sectes ("Bundesgesetz über die Einrichtung
einer Dokumentations- und Informationsstelle für Sektenfragen") a été
adoptée en 1998.
-
- Le but et les tâches de
ce service fédéral sont la gestion de l'information
et de la documentation sur les dangers potentiels provenant des sectes ou d'activités
à caractère sectaire.
-
- Le service est
habilité à récolter, évaluer
et transmettre des informations dans la mesure où
un soupçon fondé d'une menace existe et
que ces risques portent sur des biens ou des intérêts particulièrement dignes
de protection. (Cf. la brochure du Bundesministerium für
Umwelt, Jugend und Familie (éd.): Sekten – Wissen
schützt !, 2e édition revue et augmentée, Vienne,
1999).
-
- SITUATION
EN SUEDE
-
- Dans le rapport d'une commission publié en
1998, la Suède a renoncé à utiliser
le terme "sectes" et lui a préféré
celui de "nouveaux mouvements religieux".
Le rapport traitait principalement de la question de l'état
psychique des membres quittant un de ces mouvements, et de la situation des enfants qui
s'y trouvent. Il parvient à la conclusion que les nouveaux mouvements religieux
ne représentent pas une menace sérieuse pour l'ordre démocratique.
-
-
Leurs activités illégales peuvent être
combattues au moyen des dispositions légales existantes.
La commission a par ailleurs recommandé la création d'un institut
de recherche conçu comme intermédiaire
entre les groupes religieux et la société.
-
-
A l'heure actuelle, nous ne disposons d'aucun renseignement attestant qu'un tel institut existe
déjà ou soit en voie de création.
-
- 3.4 Groupements présentant un intérêt
particulier au niveau national
-
- Dans la présente section figurent plusieurs
événements (Les informations présentées proviennent
notamment de communications des cantons de Zurich, de
Schwyz, de Saint-Gall et d'Appenzell Rhodes-Extérieures), d'une certaine importance
pour la Suisse, qui se sont produits depuis la parution
du rapport 98.
-
- 3.4.1 Eglise universelle
-
- Le rapport 98 mentionnait le fait qu'un membre de
l'Eglise universelle (l'Allemand Reimer Peters, chef de la communauté religieuse)
avait été condamné par le Tribunal
cantonal d'Appenzell Rhodes-Extérieures pour
avoir proféré des paroles antisémites.
Ce jugement a d'abord été confirmé
par le Tribunal cantonal d'appel en mars 1997 et un pourvoi en nullité au Tribunal fédéral
a été rejeté en décembre
de la même année (Cf. ATF 123 IV 202).
-
- Peter William Leach Lewis, chef de l'Eglise universelle
aux Etats-Unis, avait confié à des intermédiaires le soin de diffuser de
la propagande antisémite et raciste en Suisse. Sa démarche a fait l'objet d'une condamnation
fondée sur l'art. 261bis CP, et la Police fédérale a prononcé,
le 18 août 1997, une interdiction d'entrée
à son encontre (cette interdiction lui a été notifiée
en octobre 1998). Cette mesure a permis d'empêcher sa participation au congrès
du Fondement mondial pour les sciences naturelles (la branche scientifique de l'Eglise universelle)
à Interlaken, supprimant ainsi une plate-forme de diffusion de ses thèses,
ce qui a eu pour effet de modérer l'impact du congrès et de limiter les conflits.
-
- 3.4.2 Satanisme
-
- Certains cantons ont mentionné des activités
pouvant être liées au satanisme, telles
que des déprédations ou des actes de
violence contre des personnes. Ainsi, un jeune homme qui avait été reconnu coupable
d'un assassinat dans le canton de Saint-Gall, en 1998, et qui se livrait à des
rituels satanistes, s'est trouvé également
impliqué dans des profanations de cimetières
et dans une tentative de mettre le feu à
- une église.
-
- Il y a eu ces dernières années, dans
plusieurs pays européens, d'autres actes semblables
commis par des personnes se réclamant de croyances
satanistes. Ces faits sont donc préoccupants et justifient l'attention
des autorités. Mais, ils ne relèvent pas
des organes de protection de l'Etat, par défaut
de compétence dans ce domaine.
-
- Les actes satanistes sont en règle générale
des initiatives prises par de petits groupes locaux rassemblant une poignée de membres,
et non par des adhérents d'organisations structurées internationalement. Il existe
quelques organisations satanistes ayant pignon sur rue depuis des années et
des affiliés à l'échelle internationale,
comme la Church of Satan (http://www.churchofsatan.com/home.html) et le Temple of Seth
(http://www.xeper.org),
mais elles paraissent soucieuses d'éviter toute association avec des actions
illégales.
-
- Cependant, malgré le caractère spontané
qu'ont apparemment les actes criminels commis par des satanistes, il ne faut pas négliger
une dimension nouvelle: grâce aux possibilités offertes par Internet, même
des groupes satanistes locaux peuvent se trouver en contact avec d'autres groupes partout
dans le monde (sans qu'il y ait un rapport de subordination), sur le modèle d'un
réseau. La plupart des sites satanistes sont en anglais
(http://www.satanic.org
• http://www.satannet.net
• http://www.the600club.com/topsites.html )
mais il en existe également
dans des langues qui vont du français au coréen
-
- Cette masse d'informations concernant
le satanisme sur Internet permet à un grand nombre de personnes d'entrer en
contact avec la philosophie sataniste.
-
- Cela ne signifie pas, contrairement à ce que
laisse entendre une littérature alarmiste, qu'il y aurait un "complot" sataniste international:
ces groupes sont beaucoup trop divisés, et parfois en situation de rivalité
ou de concurrence, ce qui empêche la mise sur pied d'une véritable structure hiérarchique.
-
- A l'heure actuelle, les informations fiables manquent
encore, et il est trop tôt pour affirmer l'existence éventuelle d'un lien
entre le contenu ou le message de certains sites Internet et les actes de violence. Les groupements
concernés se composent fréquemment de groupes de jeunes peu structurés.
Une observation, voire la mise en échec d'actes délictueux ne sont
donc pas possibles.
-
- 3.4.3 Fiat Lux
-
- En avril 2000, un jugement du Tribunal cantonal d'Appenzell
Rhodes-Extérieures a fait grand bruit. Un ancien membre de la secte Fiat
Lux réclamait le remboursement de 635 000 francs à sa chef, Uriella. Ce montant
avait été versé sous forme de prêt
entre décembre 1994 et août 1996. La
plaignante a fait valoir que des menaces de fin du monde et de cancer l'avaient rendue incapable
de discernement et dépendante
- d'Uriella.
-
- C'est Eberhard Bertschinger Eike, alias
Icordo et mari d'Uriella, qui a assumé la défense de la prêtresse. Il a prétendu
que la réclamation de remboursement anticipé du prêt était illicite,
car le contrat de prêt ne prévoyait pas
d'intérêts et avait été conclu pour une durée moyenne
de quinze ans. Le Tribunal cantonal a estimé
que la confiance entre les parties avait été
rompue et que le contrat de prêt pouvait dès lors être résilié
immédiatement pour justes motifs.
-
- Uriella a donc
été condamnée à rembourser le montant du prêt, plus
les intérêts moratoires. En revanche, le
Tribunal ne s'est pas prononcé sur la capacité
de discernement de la plaignante.
-
- 3.5 Résumé et recommandations
-
- S'interroger sur l'intervention de l'Etat en matière
de "sectes" ou de nouveaux mouvements religieux, c'est se retrouver au coeur d'un champ
de tensions avec, en concurrence, la mission de protection des citoyens
d'un côté et, de l'autre, l'obligation
de respecter les droits fondamentaux, en particulier
la liberté religieuse.
-
- Les difficultés apparaissent déjà
au stade de la définition. Certains pays renoncent
donc à utiliser le terme de "sectes"
à l'heure actuelle et lui préfèrent
ceux notamment de "nouveaux mouvements religieux" ou de
"mouvements endoctrinants".
-
- Les Etats témoignent d'attitudes diverses
face aux sectes: les uns accordent la priorité
à la liberté de religion et d'opinion,
ainsi qu'au droit à l'autodétermination,
et renoncent à une intervention étatique, tandis
que les autres mettent plus de poids sur leur mission de protection de la population et tentent,
avec l'aide de services étatiques d'information et de conseil, de créer de nouveaux
modèles légaux pour faire face à ces problèmes.
-
- Il est encore
trop tôt pour pouvoir juger des données
sur les expériences vécues par ces organismes
officiels qui sont des institutions relativement récentes.
-
- Les autorités fédérales suisses
demeurent réservées sur ce sujet. Dans
sa réponse au rapport de la CdG du 1er juillet 1999, le Conseil
fédéral déclare poursuivre sa politique
actuelle en matière de sectes. Il souligne
en outre la compétence des cantons et répond par la négative à
l'élaboration d'une politique en matière
de sectes.
-
- Eu égard à cela, la Police fédérale
recommande au DFJP:
-
- - de continuer, par l'entremise de la Police fédérale,
à s'informer sur les événements
et développements concernant les sectes à
partir de sources publiques, tout en prenant en compte les renseignements d'autres
pays européens (notamment ceux des services d'information);
- - de confier à la Police fédérale,
ou à l'autorité compétente en matière
de protection préventive de l'Etat, la tâche de procéder
à une nouvelle appréciation de la situation si de nouveaux développements
l'imposent.
-
- 4 Présence des sectes sur Internet
- 4.1 Généralités
-
- Moyen de communication moderne s’il en est, Internet
prend une importance croissante et gagne en popularité. Un nombre grandissant
d'entreprises, d'autorités et de particuliers s'en sont rendu compte et utilisent
ce média pour diffuser des informations, des offres, de la publicité, etc.
-
- Des groupements de toutes sortes ont découvert
que l'on pouvait utiliser Internet non seulement comme média de propagande, mais
également de critique. Différents groupes et organisations religieux ou pseudo-religieux
profitent du World Wide Web pour propager leurs thèses et points de vue.
-
- Internet est devenu un canal supplémentaire
de diffusion de visions du monde, se rangeant aux côtés des moyens de propagande
et de publicité déjà connus (bouche-à-oreille, manifestations, visites à domicile,
invitations personnelles à des rencontres, tracts, livres, enregistrements sonores, images,
vidéos, etc.). Si l'on y effectue une recherche de groupements précis, les sites
d'adeptes sont fréquemment contrebalancés
- par ceux des critiques.
-
- Les sections suivantes traiteront en particulier
de la présence sur Internet des sectes qui présentent un intérêt pour
les besoins du présent rapport.
-
- 4.2 Les sectes et Internet
-
- A titre liminaire, on peut se demander quelles sectes
utilisent activement Internet aux fins de publicité. La réponse à
cette question dépend de la volonté de
l'organisation concernée de propager ses idées et
visions du monde au sein du public. Si une secte désire affirmer publiquement sa présence,
elle aura certainement recours à Internet en sus des autres médias. Certains
groupements utilisent d'ailleurs la Toile en véritables professionnels.
-
- Mentionnons la Scientologie à titre d'exemple:
la recherche des mots "scientologie" et "scientologue"
dans Internet fournit quelques dizaines de milliers de réponses. Celles-ci contiennent
aussi bien des sites de la
- Scientologie ou de ses membres que des sites de critiques
de l'organisation ou de centres de conseil. Les sites critiques comprennent
une part spectaculaire d'anciens membres de l'organisation.
-
- Les sectes attachées à une certaine
retenue exploitent rarement leur propre site Internet.
-
- Les éventuelles informations relatives à
celles-ci proviendront fréquemment d'autres groupements ou de personnes critiques à
leur égard.
-
- Prenons ainsi le cas de Fiat Lux: si l'on introduit
les termes "Fiat Lux", "Uriella" ou "Erika Bertschinger"
dans un moteur de recherche, on obtiendra quelques centaines de réponses, mais il s'agira
principalement d'informations de centres de conseil, de publications des médias
ou de caricatures, puisque Fiat Lux n’a pas ouvert de page d’accueil
sur un site Internet.
-
- 4.3 Contenu des sites
-
- Les sectes disposant de leur propre site Internet
proposent principalement des informations sur leur organisation, leurs idées et leurs
valeurs (réponse aux questions telles que "Qui sommes-nous?", "Que
voulons-nous?" ou "Qu'enseignons-nous?").
On peut la plupart du temps commander des documents
complémentaires (livres, brochures d'information), ou le site contient des
liens vers d'autres sites. En revanche, il est rare qu'une secte prenne position sur la critique
exercée à son encontre sur Internet.
-
- La conception de ce genre de sites n'est pas uniforme:
certains sont richement illustrés, à l'instar de celui de la Church of Satan,
tandis que d'autres renoncent aux images et tentent d'interpeller les visiteurs par le biais
d'une multitude de textes.
-
- La Scientologie offre des informations en plusieurs
langues (anglais, allemand, français, italien et espagnol) sur son site
http://www.scientology.ch (mène automatiquement
à http://www.scientology.org). Toutes les
possibilités de la Toile y sont exploitées:
on y trouve ainsi des contacts, des agendas de manifestations,
des tests de la personnalité, la possibilité de
commander des ouvrages et divers liens.
-
- Quelquesuns
d’entre eux mènent à des cercles Web
de scientologues (aussi en Suisse). Une grande partie du site est consacrée à
la question: "Qu'est-ce que la Scientologie ?".
-
- L'organisation se présente comme une religion,
voire comme une église qui donnerait des réponses aux questions spirituelles de
la vie.
-
- Le site de l'Eglise universelle en langue allemande
se trouve sous http://www.universale-kirche.de
(?) (http://www.tsl.org
en anglais). Le site en anglais est plus détaillé que
son équivalent allemand et offre un rapport annuel
illustré en format pdf. Pour le reste, l'essentiel
du site est consacré aux informations sur l'organisation, les objectifs et les croyances
de cette organisation.
-
- L'Eglise universelle se présente comme une
"fraternité de l'humanité" au
service de la protection et du bien-être de toute vie
sur terre. Ce site permet également de commander des informations supplémentaires,
notamment au sujet des manifestations en cours. On peut même s'inscrire comme membre
via un formulaire e-mail interactif.
-
- Si l'on utilise les mots "satanistes",
"Eglise de Satan" et "Church of Satan"
dans une recherche Internet, on obtient des milliers de
réponses. Celles-ci mènent en général
à des centres de conseil religieux, à
des publications des médias ou à des références
littéraires.
-
- EGLISE
DE SATAN SUR LA TOILE !
-
- Considérons un instant
l'adresse Internet http://www.churchofsatan.com. Il s'agit d'un site
contenant une foule d'informations. Des explications sur les rituels de l'Eglise de Satan
y sont présentées. En sus d'un
- descriptif historique complet, la systématique
de l'Eglise de Satan y est explicitée de manière détaillée.
-
- De nombreux liens mènent à des artistes
et musiciens satanistes, à des "grottos"
satanistes (groupes locaux), à des publications,
aux dernières nouvelles, etc. La plupart de ces sites sont toutefois pourvus d'un grand nombre
de liens eux aussi.
-
- 4.4 Appréciation de la présence des
sectes sur Internet
-
- Du point de vue de leur présence sur Internet,
les sectes ont entre elles quelques points communs, notamment en ce qui concerne le contenu
des sites et le nombre de liens. On retrouve néanmoins des différences
au niveau de la conception et des outils interactifs.
-
- Les informations de la Toile sont théoriquement
accessibles partout dans le monde. Il ne faudrait cependant pas surestimer les répercussions
de la présence sur Internet des sectes, tant il est vrai que les cercles intéressés
et membres potentiels ne disposent de loin pas tous d'un accès au Web ou des
connaissances leur permettant d'extraire les renseignements désirés
du flot immense d'informations du réseau mondial.
-
- Si l'on examine les sites Internet précités
du point de vue de la protection de l'Etat, force est de constater l'absence de signaux de menace
envers la sécurité de l'Etat ou des citoyens. Ce serait en revanche le cas si
l'on trouvait des indices d'actions violentes commises par les sectes ou au travers de
celles-ci.
-
- Cependant, en suivant
les liens d'un site Internet, on retrouve d'autres
sites eux-mêmes pourvus d'une multitude de liens, ce qui permet difficilement de juger définitivement
si oui ou non l'on est en présence de délits liés
à la protection de l'Etat.
-
- Un contrôle
exhaustif et suivi des sites Internet ne serait dès lors possible
qu'à grand renfort de personnel.
-
- 4.5 Résumé
-
- Au vu de son importance croissante, Internet constitue
un moyen idéal pour diffuser toutes sortes d'informations et d'offres; on y a
donc recours de plus en plus fréquemment.
-
- Les sectes et groupements assimilables sont également
présents sur la Toile; ils offrent aux visiteurs des informations
sur leur organisation et leurs croyances, leur permettent de commander des ouvrages ou des
brochures, et les encouragent même à s'inscrire comme membres.
-
- Il existe aussi de nombreux sites critiques à
l'égard des sectes: les services de conseil, les anciens membres et les critiques font
la lumière sur les activités de diverses
organisations.
-
- Les sectes ne disposent pas toutes d’une page d’accueil
sur Internet. Les groupements qui évitent la publicité et marquent
une préférence pour la discrétion
s'abstiennent généralement de fournir des informations
sur leurs activités par le biais d’un site Web officiel. Il se peut toutefois que des informations
sur ces sectes soient disponibles, vu que les services de conseil ou les critiques diffusent
ce genre d'informations
- sur la Toile.
-
- Internet est un excellent moyen de s'informer et
de se renseigner d’une manière suiviesur les sectes.
-
- 5 Conclusions et recommandations
- 5.1 Scientologie
-
- Depuis le rapport 98, les structures et les activités
de l'Eglise de Scientologie ne se sont pas grandement modifiées. Aucune activité
nouvelle n'a été recensée qui pourrait
faire penser que l'organisation tente d'infiltrer
les autorités ou des entreprises.
-
- L'organisation demeure très controversée.
Régulièrement, les méthodes de
recrutement et de vente de l'Eglise de Scientologie reviennent
dans le débat ou sont soumises à l'appréciation des juges.
-
- Les conclusions du rapport 98 pour la Scientologie
demeurent valables.
-
- Il est difficile de dire dans quelle mesure le rapport
98 a influencé l'évolution actuelle de la situation et quels effets il a eu sur le comportement
de l'Eglise de Scientologie et de ses membres. Toujours est-il qu'il a alimenté
le débat public et trouvé une reconnaissance
internationale.
-
- L'essor de la discussion publique concernant la Scientologie
a donné les résultats suivants:
-
- • meilleure information de l'opinion publique et
sensibilisation au problème de la Scientologie;
- • contrôle public indirect des activités
de l'Eglise de Scientologie;
- • voire autres influences sur l'Eglise de Scientologie
elle-même.
-
- Les conflits locaux avec l'Eglise de Scientologie,
notamment en ce qui concerne l'utilisation du domaine public, sont, certes, relativement fréquents
mais ne constituent pas des incidents relevant de la protection de l'Etat.
La situation actuelle ne justifie donc pas une surveillance du mouvement par les autorités
de protection de l'Etat.
-
- Comme nous l'avons dit plus haut, les autorités
allemandes de protection de la Constitution travaillent sur le dossier de la Scientologie.
La surveillance de l'Eglise de Scientologie leur permet d'obtenir régulièrement
de nouvelles informations, qui sont d'un grand intérêt également
pour la Suisse.
-
- Il est donc recommandé au DFJP
:
-
- ! de renoncer, faute de preuves d'activités
concernant la protection de l'Etat, à toute surveillance préventive du mouvement;
-
- ! de continuer, par l'entremise de la Police fédérale
ou d'une autre autorité responsible de la protection préventive de l'Etat, à
échanger des informations avec les autorités de sécurité étrangères
et à s'informer sur les nouveaux développements;
-
- ! de confier à cette autorité le soin
de procéder à une nouvelle évaluation
de la situation aussitôt que le besoin s'en fera sentir, au
vu des nouvelles connaissances acquises et des derniers développements (tout
particulièrement si l'on soupçonne des activités de renseignement).
-
- Par ailleurs, les recommandations du rapport 98 demeurent
valables.
|
-
- 5.2 Les sectes en général
-
- Concernant la situation générale en
Suisse sur le plan des sectes, il n'y a pas eu de modifications sensibles depuis la publication du
rapport 98.
-
- Certaines affaires en relation avec les sectes, qui
ont conduit parfois à des décisions judiciaires montrant la tendance, ont servi à
nourrir le débat public. Le passage à
l'an 2000 a fait tout particulièrement parler de
lui dans ce contexte.
-
- L'évaluation de la situation internationale,
effectuée dans la perspective du changement de millénaire, a fourni à la Police
fédérale des informations très
utiles qui, le cas échéant, auraient permis de mettre
en oeuvre des mesures. D'ailleurs, au sein du groupe d'experts international, il est apparu que
l'échange d'informations relatives aux sectes agissant sur le plan international était
souhaitable. Il permet en effet de
- livrer à chaque pays des informations intéressantes.
-
-
En Suisse, la collecte d'informations est néanmoins longue et laborieuse: les renseignements
doivent d'abord être récoltés auprès des services
cantonaux compétents, puis faire l'objet d'une
évaluation, et ce n'est qu'à l'issue de cette procédure
que peut avoir lieu l'échange d'informations
à l'échelon international.
-
- Le changement de millénaire en particulier
et la mise en action de la Police fédérale
à cette occasion montrent l'inexactitude de
l'assertion selon laquelle les sectes ne concerneraient pas la protection de l'Etat. Chaque
cas doit faire l'objet d'un examen et d'une évaluation. La mise en action de
la police préventive est une décision
qui se prend au cas par cas.
-
- A ce jour, aucun élément n'a permis
de justifier la surveillance préventive d'une
ou de plusieurs sectes. Par contre, certains événements
ou données peuvent exiger une attention soutenue des autorités de protection
de l'Etat.
-
- Il est donc recommandé au DFJP:
-
- ! de renoncer à la surveillance préventive
des sectes par les organes de la protection de l'Etat, mais
-
- ! de continuer à échanger, par l'entremise
de la Police fédérale ou d'une autre autorité
responsable de la protection préventive de
l'Etat, des informations sur les événements et les derniers développements
dans le domaine des sectes, tout en tenant compte des renseignements réunis par
les autres pays européens (en particulier celles émanant des services d'information
officiels), et
-
- ! de confier à cette autorité le soin
de procéder à une nouvelle évaluation
si l'évolution
- de la situation l'exige.
-
- Les recommandations du rapport 98 demeurent par ailleurs
valables.
|
-
-
- 6 Annexe
-
- Annexe au chapitre 4
:
- Présence des sectes
sur Internet
- Sélection de sites Internet (uniquement en
allemand et en anglais)
-
- 1. Sites Internet à caractère général
concernant les Eglises, les sectes et les religions
-
- (Ici
sont indiqués que les site encore accessibles
en janvier 2005, ndlr)
-
- • http://tagesanzeiger.ch/dyn/news/ssi/archiv/index.html
-
- • http://www.luther-genf.ch/
-
- • http://www.ref.ch
-
- • http://www.sensjs.berlin.de
-
- •
http://www.unmoralische.de/
-
-
- 2. La Scientologie
-
- • http://www.cs.cmu.edu/~dst/Library/Shelf/rolph/
-
- • http://faq.scientology.org/ref_1.htm
-
- • http://www.scientology.org/scnhome.html
-
- • http://www.xenu.ch
-
- • http://home.scientologist.ch/anneliserothen/index.htm
-
- • http://german.europe.scientology.org/index.htm
-
- • http://www.scientology-kills.org/
-
- • http://theology.scientology.org/
-
-
- 3. L'Eglise universelle
-
- • http://www.tsl.org
-
-
- 4. Le satanisme/L'Eglise de Satan
-
- • http://www.churchofsatan.com
-
- •http://www.satanic.org
-
-
• http://www.satannet.net
-
-
• http://www.the600club.com/topsites.html
-
-
- 5. Fiat Lux (Uriella)
-
- • http://www.etika.com/deutsch1/19sx3.htm
-
- • http://www.ref.ch
-
- • http://www.infosekta.ch/
-
- • http://www.sensjs.berlin.de
-
- • http://www.humanist.de
-
- • http://www.uriella.de/
-
- • http://www.sektenberatung.ch/uriella_und_ihr_orden.htm
|