- Rapport 1998
sur la Scientologie en
Suisse
- Présence de la Scientologie en Suisse
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- Groupe de travail ad hoc de la Commission
consultative en matière de protection de l'État
- 1er juillet 1998
- Source : Office fédéral suisse de la police :
http://www.admin.ch/bap
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Rapport
2000 sur la scientologie en Suisse -
- 1 IMPLANTATION
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- S'il y eut sans doute des lecteurs de Hubbard en
Suisse à partir des années 1950 (certains ouvrages furent publiés en allemand
dès cette époque), il fallut cependant attendre 1968-69 pour voir un premier "
auditeur " pratiquer la Scientologie à Zurich : il s'agissait d'un Suisse qui
avait découvert cette technique en Afrique du Sud en 1966. Un premier groupe fut
constitué à Effretikon en 1970. Au cours des années suivantes, la Scientologie
prit pied dans plusieurs grandes villes du pays. Il existe aujourd'hui des
centres dans les cantons de Saint-Gall, de Zurich, de Bâle, de Berne, de
Lucerne, de Vaud, de Genève et du Tessin. Il y a eu des implantations plus
éphémères dans des localités d'importance moyenne ou faible, tandis que la
présence dans de grandes villes reste relativement stable. Les centres
principaux sont Zurich en Suisse alémanique[68] et Lausanne en Suisse romande ;
c'est aussi dans ces cantons que se trouvent le plus grand nombre de membres. A
l'inverse, dans la région de Saint-Gall, par exemple, l'activité semble plutôt
faible. La plupart des sources s'accordent pour dire que le nombre de
scientologues actifs est inférieur à 4 000 dans notre pays, sans qu'il soit
possible d'articuler avec certitude un chiffre précis sur la base des données en
notre possession. On peut en tout cas affirmer que la Scientologie n'est pas en
plein essor en Suisse[69], même si un responsable affirmait dans la seconde
moitié des années 1980 que c'était l'un des pays où le mouvement connaissait son
taux d'expansion le plus fort[70]. Ainsi, le petit centre de Fribourg, qui
existait depuis 1976, a fermé ses portes en 1996. Dans une ville comme Bâle,
l'expansion ne paraît pas à la hauteur des souhaits de la Scientologie.
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- 2 INITIATIVES D'INSPIRATION SCIENTOLOGIQUE
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- L'activité de la Scientologie en Suisse ne se limite
pas à ses " Eglises " et " missions ". Comme partout ailleurs où elle est
implantée, des initiatives d'inspiration scientologique s'efforcent de faire
rayonner les principes développés par Hubbard dans différents secteurs de la
société. On peut citer des initiatives scientologiques dans le domaine éducatif,
avec des tentatives d'ouverture d'écoles ou d'autres applications des techniques
d'enseignement prônées par la Scientologie : en février 1989, dans le canton
d'Argovie, une autorisation provisoire fut accordée à la Fondation ZIEL (Zentrum
für individuelles und effektives Lernen)[71] pour l'ouverture d'une école privée
pour une durée de trois ans, mais, à la suite d'une interpellation au Grand
Conseil qui révéla les liens avec la Scientologie, la décision fut annulée et,
après recours de la Scientologie, le refus des autorités cantonales fut confirmé
par le Tribunal fédéral en décembre 1994. A la fin de l'année 1988, à Fribourg,
l'ouverture d'un centre de rattrapage privé appliquant la pédagogie de Hubbard
suscita des controverses et conduisit les autorités compétentes à refuser " à un
maître engagé par l'Etat de collaborer au centre, voulant par là éviter toute
confusion et ne pas cautionner, même de manière indirecte, la pédagogie qui y
est diffusée "[72] ; au début des années 1990, l'ouverture d'un jardin d'enfants
inspiré des méthodes pédagogiques scientologiques à l'enseigne de l'" Ecole de
l'Eveil " à Lausanne[73] finit par se heurter aux objections du Service de
protection de la jeunesse, ce qui entraîna un refus d'autorisation de la
Direction de l'instruction publique ; en revanche, aussi bien à Zurich qu'à
Lausanne, un certain nombre d'enfants recevraient actuellement un enseignement
particulier d'orientation scientologique.
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- La Scientologie entend également se profiler dans la
lutte contre les drogues à travers les programmes Narconon. On songe notamment
au centre de réhabilitation pour toxicomanes installé depuis 1987 à l'enseigne
de Narconon aux Plans-sur-Bex, dans le canton de Vaud. Mais il existe aussi un
centre Narconon dans le canton d'Appenzell et la campagne anti-drogues de la
Scientologie utilise également d'autres étiquettes, par exemple " Verein `Sag
NEIN zu Drogen' " en Suisse alémanique ou " Vita migliore " au Tessin.
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- Plusieurs conseillers en management appliquent dans
le monde des entreprises les techniques de Hubbard, avec une licence WISE (World
Institute of Scientology Enterprises) ; il s'agit en fait de mettre en oeuvre
dans les entreprises les principes que Hubbard avait développés pour le
fonctionnement des Eglises de Scientologie[74]. Cette pénétration scientologique
dans des entreprises suscite des suspicions et mises en garde[75] ainsi que des
craintes d'une " infiltration du monde économique " par le mouvement. A
plusieurs reprises, des journalistes ont tenté d'établir des listes des
conseillers d'entreprises et firmes liés à WISE en Suisse[76].
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- On pourrait encore mentionner des activités de
distribution de la brochure de Hubbard Le Chemin du Bonheur (qui rassemble une
série de préceptes moraux), mais aussi des initiatives visant plus
particulièrement à contrer des groupes que les scientologues considèrent comme
ennemis. Le Comité des citoyens pour les droits de l'homme (CCHR, Citizens
Commission on Human Rights) se préoccupe " d'exposer au grand jour la
criminalité et la tyrannie qui règnent au sein de la psychiatrie "[77] et s'est
manifesté occasionnellement dans différentes régions du pays, qu'il s'agisse de
recueillir des témoignages sur d'éventuels abus psychiatriques (y compris à
travers de petites annonces dans des journaux) ou d'organiser une manifestation
contre l'emploi de psychotropes. Se fondant notamment sur les publications du
CCHR, un député au Grand Conseil du Canton de Berne avait déposé en novembre
1987 une interpellation demandant " plus de transparence dans la psychiatrie ".
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- Pour intervenir dans les controverses autour des "
sectes ", des scientologues, apparemment en lien avec des membres de quelques
NMR, ont créé une " Selbsthilfeaktion gegen Inquisition heute " (SAIH), qui
publie depuis mars 1991 un bulletin trimestriel intitulé Inquisition heute.
L'association entend combattre toute manifestation d'intolérance à l'égard de la
religion au sens large et informer sur les " agissements d'organisations
antireligieuses et les activités inquisitoriales ", c'est-à-dire, en clair, les
personnes et groupes critiques à l'égard des sectes. Le contenu des numéros de
Inquisition heute tourne autour de ces thèmes. Le communiqué de presse envoyé le
24 octobre 1996 à l'occasion de la création de l'antenne romande de la SAIH
(l'abréviation correspond en français à l'appellation " Stop à l'intolérance et
à la haine "), dans le canton de Vaud, était d'ailleurs parfaitement explicite
quant aux intentions du groupe, qui se propose de faire " des révélations
édifiantes sur le passé des gens s'attaquant aux nouvelles religions "[78].
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- 3 REACTIONS DES AUTORITES
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- Quelles ont été les réactions des autorités face à
la Scientologie en Suisse jusqu'à maintenant ? Nous avons déjà souligné que le
Conseil fédéral avait rarement abordé les questions relatives aux sectes. Il
s'est exprimé spécifiquement sur la Scientologie suite à une intervention
parlamentaire relative à l'influence de ce mouvement en Suisse. Dans sa réponse
à l'interpellation Borer du 3 octobre 1996[79], le Conseil fédéral rappelle que
les sectes religieuses jouissent également de " la garantie des droits
fondamentaux " et que, en l'absence d'indices concrets d'une menace pour la
sécurité de l'Etat ou de citoyens, " les organes chargés de la protection de
l'Etat ne peuvent pas, en Suisse, s'occuper à titre préventif des sectes ". Dans
la ligne de sa réponse plus générale à la question ordinaire Petitpierre du 14
décembre 1988[80], le Conseil fédéral soulignait que l'endiguement d'éventuelles
activités préjudiciables résultant de l'activité de sectes ne saurait relever de
la seule répression, mais également d'une " information active ". En ce qui
concerne la Scientologie, " pour l'heure, il n'y a aucun indice de délits
justifiant l'intervention du Ministère public de la Confédération en sa qualité
d'autorité de poursuite pénale fédérale " (des infractions comme celles
récemment jugées en France relèveraient en Suisse de la compétence des autorités
de poursuite pénale cantonales).
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- Nous avons déjà évoqué quelques interventions
d'autorités cantonales. Un cas intéressant est celui du canton de Saint-Gall, où
il est interdit depuis 1990 à la Scientologie de se livrer à des actions de la
propagande dans la rue, après avoir pu le faire durant plusieurs années. Cette
limitation apportée à la " mission " scientologique ne découle pas de
dispositions légales spécifiques, mais de la simple application stricte de la
réglementation courante. Selon les autorités saint-galloises, les expériences
réalisées avec la distribution de " tests de personnalité " dans le centre de la
ville par des missionnaires de la Scientologie ont montré que les passants
étaient importunés de façon répétée et que cette nuisance dépassait les limites
supportables, au-delà de l'usage acceptable de l'espace public par un groupe
particulier. Les autorités cantonales estiment que le statut religieux de la
Scientologie n'est pas prouvé et on doit considérer que le groupe poursuit avant
tout des objectifs commerciaux : en effet, à travers les actions de propagande
dans la rue, il ne s'agit pas pour la Scientologie de faire connaître une
philosophie religieuse, mais de convaincre des gens de participer à des cours
payants. Or, les expériences faites dans plusieurs régions de Suisse montrent
que les engagements financiers qui peuvent en découler ne sont pas négligeables
et conduisent certaines personnes à s'endetter lourdement. Les autorités
saint-galloises n'entendent pas trancher la question de savoir quelles sont les
limites éventuelles à apporter à une action missionnaire sur la voie publique,
car ce n'est pas la raison qui les conduit à rejeter les recours de la
Scientologie pour reprendre ses activités de prosélytisme dans la rue. En effet
les autorités constatent qu'il n'est pas proposé un message religieux, mais un
test de personnalité dont le contenu n'a rien de religieux, et que les autres
tracts distribués ne prônent pas non plus une croyance religieuse, mais
proposent l'amélioration des capacités personnelles, un programme de
purification, etc. L'objectif n'est donc pas de faire connaître aux passants une
croyance religieuse (si des convictions philosophiques sont communiquées aux
personnes abordées, c'est après le test, dans les locaux du groupe, et non dans
la rue) et la Scientologie ne saurait se réclamer de la liberté religieuse pour
se livrer à sa propagande sur la voie publique[81].
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- Dans d'autres cantons également, des mesures ont été
prises pour limiter l'activité de la Scientologie sur la voie publique,
notamment à la suite du mécontentement exprimé par des personnes racolées dans
la rue sous prétexte de " tests de personnalité " et auxquelles on tentait
ensuite de vendre des livres et des cours[82] ; l'activité de prosélytisme de la
Scientologie est ainsi bannie des rues de Winterthour. Les dispositions légales
sont cependant jusqu'à maintenant loin d'être sur la même ligne dans toutes les
villes. A Zurich, le tribunal de district a décidé en 1994 -- levant ainsi une
amende qui avait été infligée à deux scientologues -- que le groupe pouvait
bénéficier de la protection de la liberté religieuse, pour se livrer sans
autorisation à la distribution de tests de personnalité dans la rue,
l'éventuelle vente de livres ou de services ne se déroulant pas sur la voie
publique, mais par la suite dans un centre du mouvement[83]. Les autorités de la
ville s'étaient d'ailleurs déjà exprimées dans le même sens l'année précédente,
suite à une pétition[84] ; elles ont cependant modifié récemment leur point de
vue et engagé une procédure en vue d'interdire aux scientologues d'aborder les
passants dans la rue, considérant l'activité du groupe comme revêtant une nature
commerciale, ce qui va sans doute conduire à une longue bataille juridique[85].
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- Un cas récent intéressant se joue à Bâle, où le
Grand Conseil du Canton de Bâle-Ville avait transmis le 12 juin 1996 au Conseil
d'Etat une motion de Susanne Haller, cosignée par 71 parlementaires de toutes
les fractions, demandant d'élaborer et de soumettre au Parlement des bases
légales pour interdire à des groupements ou à des personnes au comportement
manifestement sectaire de recruter de nouveaux adhérents sur la voie publique "
à l'aide de méthodes agressives, suggestives ou sans égard "[86]. Si la demande
était formulée en termes généraux, le texte justificatif de la motion ne
laissait aucun doute sur le fait que c'était bel et bien la Scientologie qui se
trouvait visée. La prise de position adoptée le 10 septembre 1996 par le Conseil
d'Etat évoquait le danger de porter atteinte aux intérêts d'une palette beaucoup
plus large de groupes en prenant des mesures dirigées avant tout contre l'un
d'eux ; mais il ne pouvait d'autre part être question d'édicter une loi
concernant un groupe particulier. Il s'agissait donc d'élaborer une norme légale
simple, n'ayant pas de conséquences secondaires indésirables, et précédée d'une
vaste procédure de consultation auprès de tous les milieux intéressés à un titre
ou un autre (Eglises, organisations de protection des consommateurs,
organisations économiques, syndicats, partis, etc.). Le gouvernement bâlois ne
souhaitait pas devoir traiter une motion au caractère contraignant. Cependant,
le 11 décembre 1996, le Grand Conseil décida de maintenir au texte son caractère
de motion, obligeant le gouvernement bâlois à soumettre au Parlement un projet
de réglementation dans un délai d'un an[87]. Le 21 janvier 1998, Susanne Haller
déposa une interpellation relative à la protection des consommateurs dans le
domaine du " marché des psychothérapies ". Le 9 juillet 1998, en réponse à la
motion de 1996, le Conseil d'Etat de Bâle-Ville a proposé au Grand Conseil un
complément au droit pénal cantonal à propos des tentatives de recrutement sur la
voie publique ; le Conseil d'Etat refuse en revanche d'élaborer une loi spéciale
pour lutter contre les méthodes de vente et de publicité scientologiques
controversées[88].
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- Dans certains cantons, les autorités ont été amenées
à se pencher sur la Scientologie de façon plus générale. Ainsi, en 1995, à la
suite d'une interpellation d'un député radical qui se signale depuis plusieurs
années par ses mises en garde contre les agissements de la Scientologie[89], les
autorités de la ville de Zurich ont répondu qu'il n'existait pas dans
l'administration zurichoise " un concept de sécurité particulier dans le sens
d'une prévention contre la Scientologie "[90]. Dans le canton de Vaud, un député
au Grand Conseil avait déposé en mai 1989 une interpellation " sur les activités
de certaines sectes dans notre canton, en particulier celles de l'Eglise de
Scientologie ", considérée comme " caractéristique et exemplaire du fait de sa
puissance financière et de ses importantes ramifications ". La réponse adoptée
par le Conseil d'Etat le 21 septembre 1990 rappelle les dispositions existantes,
constate qu'on ne peut limiter l'activité de propagande dans la rue tant qu'elle
respecte les règles existantes et ne porte pas atteinte à l'ordre public et
préconise certains contrôles (par exemple vérifier que toute organisation " à
prétention religieuse " réalisant un chiffre d'affaires annuel de plus de
100.000 francs soit bien inscrite au Registre du commerce) ; pour le reste, tout
en constatant l'image " négative dans le grand public " qu'ont les scientologues
et en estimant qu'il faut favoriser le développement de l'esprit critique chez
les jeunes, " il ne paraît pas judicieux que l'Etat cherche à tout prix à se
doter d'un instrument spectaculaire pour remettre à l'ordre tout mouvement qui
émettrait des avis discutables. En effet, les conséquences d'un tel instrument
pourraient devenir à ce point indésirables qu'il mette en danger la liberté
d'expression, voire la liberté elle-même "[91].
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- Dans le canton de Genève, une pétition contre la
Scientologie avait été adressée au Grand Conseil le 18 mars 1994 par le GPFI
(Groupement pour la protection de la famille et des individus). Au cours des
mois suivants, la Commission des pétitions procéda à l'audition de plusieurs
personnes et le Grand Conseil décida le renvoi de la pétition au Conseil d'Etat.
Se déclarant " sensible aux problèmes posés par la Scientologie ", le Conseil
d'Etat répondit en septembre 1996, mais la discussion s'était élargie
entre-temps au " problème des sectes " en général, puisque le Département de
justice et police et des transports avait mandaté en janvier 1996 un groupe
d'étude afin d'effectuer un tour d'horizon complet sur les bases légales pour
faire face aux problèmes relatifs aux sectes, comme nous y avons déjà fait
allusion.
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- Tout cela donne un petit aperçu des controverses
auxquelles a donné lieu et que continue d'entraîner l'activité de la
Scientologie en Suisse. Un certain nombre d'affaires auxquelles le mouvement a
été mêlé ont été portées jusqu'au niveau du Tribunal fédéral : dans son jugement
du 14 décembre 1994 concernant le recours de " ZIEL " contre la décision
argovienne de ne pas autoriser l'ouverture d'une école privée (affaire que nous
avons déjà évoquée), le Tribunal fédéral reconnaît que les autorités argoviennes
ont de bonnes raisons de ne pas considérer une organisation étroitement liée à
la Scientologie comme digne de confiance :
- " Comme les autorités cantonales l'ont souligné à
bon droit, il y a un réel intérêt public à ce que des enfants résidant dans le
canton ne soient pas scolarisés dans un établissement soumis au contrôle d'une
organisation qui n'est pas digne de confiance. La recourante ne peut se
prévaloir du fait que l'Eglise de Scientologie en tant que telle n'est pas
interdite en Suisse. Il ne suffit pas à une organisation de ne pas être
interdite pour être digne de confiance pour la conduite d'une école privée. "
-
- " Le tribunal administratif n'a pas reproché une
action répréhensible à la recourante, ni à ses organes ou à ses enseignants,
mais ne lui a pas reconnu la confiance nécessaire pour la direction d'une école
privée, parce qu'elle est soumise à une organisation qui utilise dans son
activité des méthodes répréhensibles et condamnables. "[92].
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- Aucun Nouveau
Mouvement Religieux n'a provoqué sur notre territoire autant
de réactions touchant toutes les régions du pays où il est implanté et sur une
aussi longue durée ; nous n'essaierons cependant pas ici de faire un tour
d'horizon de ces polémiques depuis les années 1970, ni de recenser les
différentes affaires relatives à la Scientologie qu'ont eu à traiter en Suisse
les tribunaux, par suite de plaintes du mouvement aussi bien que de ses
critiques.
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- [68] Le communiqué de presse annonçant l'ouverture
du nouveau centre de Zurich en mai 1992 le présentait comme " la plus grande
Eglise de Scientologie d'Europe " (Neue Zürcher Zeitung, 9-10 mai 1992).
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- [69] Critique de longue date de la Scientologie, le
journaliste zurichois Hugo Stamm considérait au début des années 1980 le chiffre
de 4 000 membres en Suisse comme " réaliste " (Hugo Stamm, Scientology : Seele
im Würgegriff, s.l., Gegen Verlag, 1982, p. 11), ce qui montre bien que le
groupe, loin de croître, stagne plus ou moins au même niveau depuis 15 ans dans
notre pays ; mais, bien sûr, durant ce temps, nombre de personnes sont passées
par le mouvement, puis en sont sorties, ce qui fait que le nombre de personnes
touchées à un titre ou un autre (si l'on ajoute les familles et les proches) est
beaucoup plus important.
-
- [70] Cf. J.-F. Mayer, Les Nouvelles Voies
spirituelles, p. 367.
-
- [71] Une association ZIEL-Schweiz fut fondée à
Lucerne en 1977 déjà.
-
- [72] La Liberté, 15 décembre 1988.
-
- [73] Cf. 24 heures, 29 janvier 1991.
-
- [74] " [...] si les principes administratifs de
Hubbard apportaient la stabilité, l'expansion et la raison à une église de
Scientologie, l'application de ces mêmes règlements pouvait certainement en
faire autant pour n'importe quel autre organisme extérieur. " (Qu'est-ce que la
Scientologie ?, p. 443)
-
- [75] Il existe même des ouvrages visant à aider des
responsables d'entreprises à se prémunir contre la menace supposée de la
Scientologie : cf. Angelika Christ et Steven Goldner, Scientology im Management,
Düsseldorf, Econ, 1996.
-
- [76] Cf. Bilan, juin 1994, pp. 72-84 ; Der
schweizerische Beobachter, 26 mai 1995, pp. 24-31.
-
- [77] Qu'est-ce que la Scientologie ?, p. 384. Un
document du " CCHR Schweiz " explique : " CCHR ist ein Verein, der sich zum Ziel
gesetzt hat, die Wahrung der Menschenrechte im Gebiet der geistigen Heilung
durchzusetzen und Reformen zu bewirken, die der Förderung geistiger Gesundheit
dienen. [...] CCHR soll Kontaktstelle sein für Patienten [...], die
Misshandlungen oder Verstösse erfahren oder beobachtet haben. CCHR vermittelt
nach Möglichkeiten Kontakte zu Aerzten, Kliniken und Rechtshilfe, die sich an
die Menschenrechte halten [...]. CCHR plant Untersuchungen von
Behandlungsmethoden, Kliniken und Praxen [...]. CCHR setzt sich für die Revision
bzw. Erneuerung bestehender Gesetze [...] ein. "
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- [78] Cette approche militante vaut bien sûr des
problèmes aux scientologues : des " révélations " faites sur le président du
GPFI (Groupement pour la protection de la famille et des individus) ont valu à
deux d'entre eux des ordonnances de condamnation à Genève en avril 1997 (cf. la
presse romande du 23 avril 1997).
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- [79] Interpellation Borer (96.3505), BO CN 1996 2426
-
- [80] Question ordinaire Petitpierre (88.1068), BO CN
1989 660
-
- [81] A noter qu'un raisonnement semblable a été
adopté en octobre 1996 par le Verwaltungsgerichtshof Baden-Württemberg dans une
affaire opposant l'Eglise de Scientologie de Stuttgart aux autorités de la
ville : " Unter Berücksichtigung der dargelegten Grundsätze hat das
Verwaltungsgericht diese untersagten Tätigkeiten zu Recht nicht als
gemeingebräuliche Benutzung der öffentlichen Verkehrsflächen gewürdigt. Denn das
Werben von Fussgängern für den Erwerb von Büchern und Dienstleistungen durch
Angebote auf öffentlichen Verkehrsflächen, durch Einladung zu Informations- oder
Verkaufsgesprächen oder Persönlichkeitstests, die allein der Einleitung von
Verkaufsgesprächen dienen, stellt eine auf Gewinnerzielung gerichtete
gewerbliche Tätigkeit dar. Die Strassenwerber des Antragstellers nutzen die
öffentlichen Verkehrsflächen nicht zum individuellen Meinungs- und
Informationsaustausch mit anderen Verkehrsteilnehmern, sondern ähnlich wie einen
Geschäftsraum zur Anbahnung und Abwicklung von Geschäften, indem sie bei
Passanten systematisch in längeren Gesprächen Interesse für ihre Angebote zu
wecken versuchen. " Et plus loin : " Der Senat teilt auch die Auffassung des
Verwaltungsgerichts, dass die Berufung des Antragstellers auf Art. 4 GG schon
deshalb fehlgeht, weil die festgestellten Tätigkeiten der Mitglieder und
Mitarbeiter des Antragstellers nach dem gegenwärtigen Erkenntnisstand die
behauptete Absicht der Werbung für religiöses oder weltanschauliches Gedankengut
nicht hinreichend deutlich zum Ausdruck bringen. "
-
- [82] Cf. par exemple, pour un cas d'intervention de
la police locale à Fribourg afin de limiter le racolage commercial sur une
grande artère, La Suisse, 20 novembre 1985.
-
- [83] Neue Zürcher Zeitung, 8 décembre 1994.
-
- [84] Tages-Anzeiger, 5 mai 1993.
-
- [85] Tages-Anzeiger, 27 janvier 1997.
-
- [86] " Eine gesetzliche Grundlage auszuarbeiten und
dem Parlament vorzulegen, welche es Gruppierungen und Einzelpersonen mit
offensichtlich und erwiesenem sektiererischen Verhalten verbietet, mit
aggressiven, suggestiven und rücksichtslosen Methoden neue Anhängerinnen und
Anhänger auf öffentlichem Grund zu rekrutieren. " La motion demande également
des mesures pour prévenir l'enrôlement de jeunes et une information sur les
sectes dans l'enseignement scolaire.
-
- [87] Cf. Basler Zeitung, 13 décembre 1996 ;
Tages-Anzeiger, 6 janvier 1997.
- [88] Cf. Basler Zeitung, 10 juillet 1998.
-
- [89] Cf. sa brochure : Hans-Ulrich Helfer,
Dianetik ? Narconon ? Scientology ?, Zürich, FDP Zürich 11, 1989.
- [90] Neue Zürcher Zeitung, 22 décembre 1995.
-
- [91] Perspectives (périodique de la DIPC du Canton
de Vaud), février 1991, pp. 17-21.
-
- [92] " Wie die kantonalen Behörden zutreffend
angenommen haben, besteht ein erhebliches öffentliches Interesse daran, dass die
im Kanton wohnhaften Kinder nicht in einer Schule unterrichtet werden, die von
einer nicht vertrauenswürdigen Organisation beherrscht wird. Dass die Tätigkeit
der Scientology Kirche in der Schweiz als solche nicht untersagt ist, vermag der
Beschwerdeführerin nicht zu helfen. Vertrauenswürdig zur Führung einer
Privatschule ist eine Organisation nicht schon dann, wenn sie nicht verboten
ist."
- "Der Beschwerdeführerin wurde vom Verwaltungsgericht keine strafbare
Handlung zur Last gelegt, auch nicht in ihren Organen und ihren Lehrern, sondern
es wurde ihr die für die Führung einer Privatschule erforderliche
Vertrauenswürdigkeit abgesprochen, weil sie von einer Organisation beherrscht
wird, die in ihrer Tätigkeit verwerfliche, ja strafbare Methoden verwendet. "
(jugement non publié du 14 décembre 1994, dont l'argumentation a été confirmée
par une nouvelle décision du Tribunal fédéral du 27 juin 1997, dans une affaire
opposant l'association ZIEL au canton de Zurich)
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