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Québec: «Journaliste d'Enquête»

reportages sur la scientologie et ses abus

J’ai testé la scientologie (canalordinaire.wordpress.com - 14 juin 2011)

La pratique de «l’audition» est-t-elle dangereuse ? Interview de Vassilis Saroglou, directeur du centre de psychologie de la religion à l’UCL (canalordinaire.wordpress.com - 14 juin 2011)

Video: Témoignage de Jeanne, ex-employée de la scientologie à Montréal (LCN-Denis Lévesque - 12 mars 2011)

Cours d’aide aux devoirs pour les écoliers ou cours de scientologie ? (lejournaldequebec.canoe.ca- 10 mars 2011)

Video: La Scientologie s'intéresse à vos enfants (tva.canoe.ca - 11 mars 2011)

Video: la sénatrice Céline Hervieux-Payette demande à Québec et à Ottawa d'ouvrir une enquête sur l'Église de Scientologie (TVA Nouvelles - 1 mars 2011)

Video: Senator Céline Hervieux-Payette is asking Quebec City as well Ottawa to open an investigation and to review the organization's tax status. "In my view, it is a for-profit organization. There are 40 organizations under the authority of this so-called church and I consider this fraud" (TVA Nouvelles - March 1st., 2011) With english subtitles

Video: A news broadcast following J.E investigation about the cult of scientology (TVA - March 1st., 2011) With english subtitles

La nébuleuse scientologie étend son influence au Québec (lejournaldequebec.canoe.ca - 26 février 2011)

«Journaliste d'Enquête (JE)» infiltre l'Eglise de scientologie à Montréal (Le Journal de Québec - 25 février 2011)

La Scientologie s’en prend à un journaliste de JE (canoe.com- 25 février 2011)

La scientologie étend ses tentacules (tvanouvelles.ca - 25 février 2011)

Les faux-nez de la scientologie (tvanouvelles.ca- 25 février 2011)

Faut-il revoir le statut de la Scientologie au Canada ? (tvanouvelles.ca - 25 février 2011)

Vidéo: Jeanne, ancienne prisonnière de la Scientologie, raconte (canoe.com - 25 février 2011)

Vidéo: France d'Amour cache sa participation à un stage de scientologie en Floride

Audio: France d'Amour répète les stupidités de la scientologie sur la psychiatrie !

 

J’ai testé la scientologie

par Chloé Andries

http://canalordinaire.wordpress.com/... - 14 juin 2011
[Texte intégral]

A Bruxelles, où elle a installé son plus grand centre européen en 2010, la Scientologie multiplie les opérations de séduction. Chloé Andries est allée pousser la porte de ce nouveau QG, pour l’hebdo Moustique. Voici son «parcours en scientologie», vu de l’intérieur, et décrypté par un ancien adepte et un chercheur en psychologie.

Voilà le diplôme qui m'a été remis à l'issue de mon "séminaire de Dianétique", signé par L. R Hubbard ... décédé en 1986.

Depuis un an, la scientologie joue des coudes pour se faire remarquer à Bruxelles. En janvier 2010, elle y inaugurait en grande pompe sa plus grande Eglise européenne, boulevard de Waterloo. Une vitrine gigantesque – 8000m2, conçue pour donner une image respectable à l’Eglise, alors que cette dernière pourrait être renvoyée en correctionnelle devant la justice belge prochainement pour exercice illégal de la médecine, escroquerie ou encore organisation de malfaiteurs. En France, elle a été condamnée en 2009 pour escroquerie en bande organisée et a fait appel.

En attendant, les partisans de L. R. Hubbard multiplient les opérations séduction à destination du public. En 6 mois, j’ai moi-même reçu trois de leurs flyers dans ma boîte aux lettres, dont une entrée libre pour le film La Dianétique sous-titré «Partez à la découverte de vous-même». L’occasion rêvée d’aller pousser la porte de leur nouveau QG. Voici mon parcours, confronté à l’expérience de Roger, un ancien scientologue.

JOUR 1 PHASE 1

A la découverte de moi-même…

Me voilà donc à l’entrée de ce gigantesque bâtiment, d’un blanc immaculé, un rien mégalo. A la porte, une grande croix scientologue argentée, qui ne laisse aucun doute sur la nature des lieux. Très vite, un certain David vient me chercher. Pantalon de costard et pull à col roulé noirs, cheveux gominés en arrière: une parfaite allure d’acteur américain. Sans me poser de questions, il m’amène dans une petite salle de cinéma dernier cri, où je vais pouvoir partir à la découverte de moi-même. Ou plutôt de la Dianétique, fondement de la scientologie.

La séance commence. Sur des images dignes d’un mauvais sitcom, des acteurs surjouant des engueulades de couple ou des scènes de maltraitance m’apprennent ce qui nous rend incapables de nous épanouir: nous disposons tous d’un mental réactif, pollué par des «engrammes», autrement dit des traumatismes vécus qui détraquent notre raisonnement. Heureusement, la Dianétique a trouvé une solution: l’audition. Elle consiste à retourner dans un événement traumatique et le raconter encore et encore à un «auditeur», pour nettoyer les fameux engrammes.

A la sortie du film, David veut savoir ce que je cherche exactement. « Pour chaque problème, nous avons des solutions. Des cours de management, des séminaires de communication, d’efficacité personnelle ». Je me présente comme Marie, en quête d’un sens à sa vie, après une rupture amoureuse.

«Connaissez-vous l’éléctropsychomètre ?», me lance David, comme une réponse à mon désarroi. Il me montre un gros cadran en plastique muni d’aiguilles de mesure, d’où sortent deux fils terminés par des rouleaux en fer, que je dois prendre en main tout en me concentrant sur un de mes proches. « Rassurez-vous ce n’est pas un détecteur de mensonge. Cet appareil mesure l’intensité des émotions dans le corps ». J’essaye de me concentrer, mais avant même d’avoir commencé à focaliser mon attention sur un de mes proches, l’aiguille s’affole brutalement. «C’est chargé d’émotions. A qui pensiez-vous ?». euh… à mon ex ? dis-je, pour noyer le poisson. Paf l’aiguille repart. «A qui pensiez-vous là ?» «Euh … Je cherchais quelqu’un à qui penser ». Pas très convaincant le coup de l'électromètre … Sauf que d’après David, c’est grâce à cela qu’on peut trouver les engrammes. CQFD. Les scientologue l’utilisent régulièrement pour leurs auditions (facturé jusqu’à 5.000 euros selon d’anciens scientologues).

Puisque je suis venue pour en savoir plus, et que David se répand maintenant en éloge sur chacun des bouquins signés Ron Hubbard, je décide d’acheter la Dianétique, ainsi qu’un livre intitulé self-analyse, histoire d’essayer ça chez moi. 29 euros pour deux livres de développement personnel, c’est correct. Cerise sur le gâteau, avant de partir, il me propose une audition gratuite. Une mise en pratique sans débourser un copeck, c’est alléchant. J’accepte.

Roger, ex-scientologue: «La scientologie commence toujours par appâter en proposant un produit clé sur porte. Pour chaque demande, elle a préparé une réponse systématique. Au départ, il y a une phase euphorique. On est en recherche et la scientologie semble nous apporter des solutions. On se dit que ça marche !»

JOUR 2 PHASE 2

Libérée

J’ai rendez-vous cette fois avec un certain Jacques. La cinquantaine bien tapée, les cheveux poivre et sel, la moustache grisonnante, Jacques arbore un sourire bienveillant, qui me rassure. Dans une petite salle d’un blanc toujours aussi immaculé, je m’assieds confortablement dans un siège, face à son bureau. Comme chez le médecin. Selon la Dianétique, en une vingtaine d’heures d’audition je devrais pouvoir être «libérée» de la plupart de mes angoisses et maladies. Résultat: fini la peur de la mort, sans compter que mon QI devrait logiquement augmenter ! Pas franchement crédible. Mais rien ne vaut l’expérience. Nous commençons donc.

«Ferme les yeux. Quand je prononcerai le mot annulé en fin de séance, tout ce que je t’aurais dit n’aura aucun effet sur toi. Maintenant, retourne au début de l’incident et traverse le.»

Je rentre d’une soirée, mon copain est impossible à joindre depuis un moment, j’ai un pressentiment, je me sens nauséeuse. Je ne vois pas grand chose d’autre.

«Que vois-tu ? des couleurs ? Y a t’il des odeurs ? Que ressens-tu ?» me demande Jacques, qui m’a expliqué qu’une audition ne consiste pas dans le fait de se souvenir d’un événement mais de le revivre.

Peu a peu, je vois la scène, les meubles de l’appartement, je ressens ma rage, j’ai la nausée, la bouche pâteuse d’avoir trop fumé. Je sens même l’odeur de cigarette. Je vois mon ami de l’époque, notre engueulade. Je me sens seule et blessée, j’ai chaud, je tremble un peu, j’ai envie de vomir. Il me dégoute, je me dégoute.

«D’accord. Retourne au début de l’incident et retraverse le.»

Obéissante je recommence et raconte de nouveau. Je vois d’autres détails. Le mont de vaisselle dans la cuisine. Et toujours cette nausée, cette impression d’avoir avalé un cendrier. Est-ce que je suis en train d’inventer ? De mélanger ? Ca n’a pas l’air d’inquiéter Jacques, qui me dit de continuer. Une fois au bout, il me demande de revenir. Encore et encore.

Deux heures plus tard, sans même m’en rendre compte, je traverse l’incident comme si je me repassais une cassette vidéo en boucle. Je suis détachée de tout ca. J’en rigole presque. Et c’est fini. J’ouvre les yeux. J’ai la tête qui tourne. Mais c'est vrai que je me sens bien, soulagée.

Roger: «Le mental réactif est une invention qui permet de faire abandonner à la personne sa propre façon de penser pour la transformer, sans qu’elle le sache. Le but de l’audition, c’est de faire croire à la personne qu’elle se libère, tout en vidant ses pensées pour les remplacer par la scientologie. Elle ne peut ensuite plus rien remettre en question puisqu’elle pense autrement et devient un petit soldat, coupé de tout, qui paye de plus en plus cher pour alimenter la machine».

JOUR 3 PHASE 3

Plus jamais malade, sans médecine

Ce matin, j’ai rendez-vous à 9h, pour le début du «séminaire Hubbard de Dianétique». Forcément, Jacques ne m’a pas laissé partir comme ca. D’après lui, pour 78 euros seulement, cette formation «géniale» devrait m’apprendre à auditer et à me faire auditer. La base ! Les scientologues passent d’ailleurs une majeure partie de leur temps à pratiquer l’audition.

Avant de commencer, je dois signer des documents, pour certifier que je ne suis pas suivie par un psy, que je ne souffre pas de troubles mentaux, que je ne prends pas de médicament, que je ne prétends pas obtenir une quelconque guérison en suivant ce séminaire, etc. Face à cette feuille, je suis quelque peu désarçonnée. Et inquiète.

Sans le savoir, je viens de lancer Jacques dans une diatribe anti-psychiatrie, chère à la scientologie et qu’il poursuivra régulièrement tout au long du séminaire. «Les psychiatres savent qu’on détient la vérité. Ron Hubbard a démontré que les médicaments sont mauvais et inutiles. Mais on les dérange. Pourtant, les scientologues ne prennent pas de médicaments et ne sont jamais malades. Ils réussissent super bien dans la vie. D’ailleurs, Ron Hubbard a aussi créé un parcours de purification, avec du sport, du sauna, un régime alimentaire particulier. J’ai un ami qui s’est débarrassé de son cancer de la peau grâce à ça».

«Non ???»

«Si si, c’est génial».

Gloups. Jacques commence à m’inquiéter. Et la perspective du séminaire aussi.

Mais nous démarrons tranquillement, avec une séance ciné sur la dianétique: j’apprends qu’il est totalement impossible de ne pas avoir d’engrammes. Ron Hubbard aurait d’ailleurs «prouvé scientifiquement que nous vivions plusieurs vies.» Je pressens que cette entreprise de nettoyage pourrait bien se révéler sans fin.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’une fois libérée de tout cela, je n’aurai vraiment plus aucun problème. Mieux: 70% des maladies psychosomatiques sont liées aux engrammes. Me dis pas que je vais guérir de mes ulcères par l’audition ? «Si, bien sûr», répond Jacques, pas peu fier de son affirmation. Il me racontera plus tard l’épisode d’une femme qui aurait retrouvé les fonctions motrices d’une de ses mains paralysées en pleine audition.

JOUR 3 PHASE 4

Entrer dans le groupe

Cet après midi, un autre « jeune néophyte » doit nous rejoindre. J’ai hâte. Parce que pour l’instant, je suis la seule participante du stage et je ne croise pas grand monde dans ces locaux. D’ailleurs, très peu de Belges font partie du staff à Bruxelles. La majorité sont Français – comme Jacques - ou encore Néerlandais voire Italiens. La scientologie a visiblement du mal à recruter en Belgique, où les scientologues seraient entre 200 et 400, selon le CIAOSN, centre d’information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, qui explique: «La scientologie multiplie les actions visant à se donner une visibilité honorable, une image de puissance aussi, mais, si l’on prend comme critère de succès le nombre de personnes nouvellement «converties», cela ne fonctionne pas du tout en Belgique».

Heureusement, Nicolas arrive vers 13h. Ce Bruxellois d’une vingtaine d’années, originaire du Burundi, est étudiant. Il a connu la Dianétique il y a huit mois, quand un scientologue lui a parlé de leurs activités à la sortie du métro. A l’époque, son père est mort depuis un peu plus d’un an. «Je faisais n’importe quoi à cette époque. J’ai commencé par un cours d'efficacité personnelle, j’ai tout de suite vu les résultats. Alors que j’étais timide, je vais désormais naturellement vers les autres». Depuis, Nicolas travaille comme bénévole tous les soirs dans les locaux de la scientologie, après les cours. «Je suis dans le staff», lance t il, visiblement fier de ce titre. Il y a quelques mois, il est même allé suivre un cours de dissémination (comprenez: apprendre à parler de la scientologie au monde et diffuser ses idées) à Copenhague.

Quand j’écoute Nicolas me parler, j’ai l’impression d’entendre une bande son pré-enregistrée. «Il faut devenir cause et non effet de sa vie.» Quand je lui parle des critiques qui sont faites sur la scientologie: «C’est parce qu’elle dérange. Si tu ne dérange pas, personne ne te combat». Le discours est rôdé, Nicolas a une réponse à tout. Pourtant, il n’a toujours pas lu la Dianétique. Je croyais naïvement que c’était la base.

Pendant une journée et demie, nous allons apprendre à auditer ensemble, après avoir regardé une série de films expliquant le « code de l’auditeur », qui doit être «bienveillant, patient, persévérant, courageux». Je ne me sens pas trop à l’aise. «Si l’audité souffre trop et nous supplie d’arrêter en pleine séance, que faire ?» Ma question ne semble pas les faire douter. «Il ne faut pas arrêter la séance avant d’avoir tout nettoyé. De toute façon, ce n’est pas la personne qui parle dans ces cas là, c’est son mental réactif». Euh … Vive la mort du libre-arbitre, c’est ca ?

Pour mon audition, j’ai choisi un événement sans gravité, une chute sur la tête que j’ai faite enfant. Nicolas commence le rituel, grâce au manuel de procédure, où sont notées les questions à poser. Une heure plus tard, je suis délestée de quelques engrammes.

Après la pause, je suis «auditeur». Je lis les phrases indiquées, me concentre sur Nicolas. Je me sens responsable de son avancée. Comme si je me liais malgré moi à ce jeune homme que je ne connais pas. Nicolas ferme les yeux, et raconte son événement. Au début tout va bien, je le guide, il revit les choses. Mais peu a peu, il s’embourbe, se mure dans le silence, j’ai l’impression qu’il s’endort. Puis Nicolas sombre dans une crise de fou rire nerveux. Je panique.

Il y a un problème, mais je ne sais pas quoi faire. Heureusement, Jacques prend le relai. Peu à peu, les choses se rétablissent, Nicolas raconte l’événement tranquillement, joyeusement. Les engrammes sont partis. C’est tout pour aujourd’hui. Je me sens mal à l’aise.

Roger: «Tout se fait de façon très progressive, sinon cela ne fonctionnerait pas. On lui a apporté la scientologie comme réponse à ses questions, ça fonctionne, il se sent gonflé à bloc. Sauf qu’ensuite, par un système d’étapes très codifié et sans fin, on lui fait lâcher prise sur des détails par l’audition. La personne finit par être ce que d’autres voudraient qu’elle soit. Tout le monde passe par le même parcours exactement».

JOUR 4 PHASE 5

L’expérience interdite

Deuxième jour de stage. J’ai choisi cette fois un souvenir plus corsé, qui m’a vraiment affecté. C’est le jour où j’ai entendu mes parents se disputer pour de bon et décider de divorcer. J’avais une dizaine d’années. C’est parti, je ferme les yeux, je raconte l’événement. Je le revis, j’ai la nausée, j’ai froid aux pieds. Je revois ma chambre, le couloir, les détails de notre ancienne maison. Au bout du troisième «passage» sur l’événement, je me dis que tout cela va bientôt s’arrêter.

Mais Jacques prend les commandes:

«Y a t il un incident antérieur similaire ?».

«Euh…non.»

«Ok. Y a t il un incident antérieur similaire ?» répète t-il. La Dianétique explique qu’il existe des chaînes d’engrammes, associées à plusieurs événements, l’objectif étant de retrouver l’engramme le plus ancien « le basique-basique », pour être délivré. Jacques ne va pas me lâcher.

«Y a t il un incident antérieur similaire…. ?» Je craque: «oui, peut-être.»

Je revis une dispute antérieure entre mes parents, puis une autre, puis un accident de voiture. Et toujours Jacques qui revient à la charge. Je n’en peux plus, je ne veux pas, je veux arrêter. Je fonds en larmes. J’ai 5 ans, c’est la rentrée des classes. Je ne veux pas que maman me laisse. La séance dure près de trois heures. Au fur et à mesure, ma voix devient monocorde, puis je ris, presque nerveusement. C’est fini. J’ouvre les yeux. La pièce tourne autour de moi. Je transpire. J’ai craqué.

JOUR 4 PHASE 6

L’étau se resserre

Après le repas, un certain Luc vient me chercher, pour me présenter la prochaine étape, nommée «coaudition». Hein ? On ne m’avait pourtant parlé de rien d’autre. Pour 190 euros environ, je pourrais venir autant de fois que je veux au centre, avec mon twin (m’auraient-ils déjà trouvé un partenaire en la personne de Nicolas ?), pour que nous nous auditions l’un l’autre, sous la supervision de Jacques. De toute façon, je ne me sens aucune légitimité pour auditer Nicolas en jouant aux apprentis sorciers. «Tu n’aimerais pas devenir Clair (celui qui est débarrassé de ses engrammes) ?» me demande Luc, comme pour m’appâter.

Au goûter, je tombe cette fois sur un parfait inconnu qui se présente comme le directeur adjoint du centre et semble très bien renseigné à mon sujet. «Alors, toujours peur d’auditer ?», me lance t il comme une boutade … «Ce qu’il y a de bien c'est qu’on ne peut jamais causer de dégâts dans une audition. On peut toujours rattraper.» Que lui répondre ? Je me sens prise au piège.

La pause s’achève. On est censés reprendre les auditions. Je décline. J’en ai eu assez pour aujourd’hui. «Mais ca ferait tellement plaisir à Nicolas», me lance Jacques, comme un énième argument. Qui fonctionne. En une phrase, je change d'avis et j’accepte d’y retourner. Je n’ai pas envie de passer pour une petite égoïste alors que Jacques aimerait tellement pouvoir auditer à nouveau. Sans compter que dans les films, on nous a bien expliqué que quatre dynamiques fondent notre existence, parmi lesquelles celle du groupe. Or, si on oublie l’une des dynamiques, on ne peut s’améliorer.

Roger: «Très peu de scientologues sont conscients du côté pervers du système. Parce que le piège est invisible et c’est la personne elle-même qui se piège. Par l’audition, elle croit qu’elle se libère, mais plus elle est libérée, plus elle est piégée. Quant aux quatre dynamiques, elles sont là pour amener la personne à se concevoir comme un élément qui doit aider le groupe à s’épanouir. Tout est pensé dans la scientologie pour transformer des personnes en robots, lancés au service d’une opération business, qui profite à quelques uns.»

Une audition plus tard, le stage est enfin terminé. Jacques me tend fièrement un beau diplôme, préparé spécialement pour moi. Tous les deux assurent avoir passé un super moment avec moi. Je les crois. J’ai de l’affection pour eux. Ils en savent davantage sur moi que certains de mes amis. J’ai un sentiment étrange. Je regarde Nicolas et me dis qu’il aimerait bien avoir un binôme. Mais je ne veux pas rester là, ni entamer l’étape suivante ou faire partie de leur groupe. Je vais partir et ne répondrai plus à leurs appels.

Ai-je failli succomber ?

Plusieurs semaines ont passé. Je n’y suis pas retournée. Pourtant, plus l’expérience s’éloigne, plus le malaise s’installe. Comment ai-je pu à ce point me sentir liée à ces personnes, alors même que j’y allais «armée», pour y effectuer une enquête journalistique ? Encore aujourd’hui, je me sens presque fautive de ne plus répondre à leurs messages téléphoniques et mails répétés. Ils semblent s’inquiéter pour moi. «Y a t il quelque chose qui ne t’a pas plu ?» me demande Jacques.

Avec le recul, et des discussions avec des proches, j’ai réalisé à quel point le système dans lequel je suis entrée est subtil, pensé dans les moindres détails pour faire céder la personne. A l’Eglise de scientologie, on m’a répété inlassablement que chacun était libre. Aucune obligation n’était formellement annoncée. Me croyant libre d’arrêter à tout moment, je me suis laissée faire. J’ai écouté leurs théories, accepté de faire des choses que je ne voulais pas faire, raconté des événements que je m’étais jurée de garder pour moi … J’ai abandonné mon libre-arbitre, sous pression, mais sans qu’on m’y oblige. Et j’ai senti la pression muette du groupe.

Toutes leurs théories censées apporter le bonheur permettent-elles de contrôler la personne sans user d’une coercition visible puisqu’elle est acceptée ? Je n’ai fait que les premiers pas du parcours et ne peut préjuger de la suite. Sauf que les témoignages d’anciens scientologues rappellent qu’à chaque fois, l’expérience finit en cauchemar. Il semble y avoir un seul et unique parcours scientologue. Un parcours qu’on ne voit pas venir, puisqu’il se fait en douceur. C’est ce qui me fait aujourd’hui froid dans le dos.

Chloé Andries

*Tous les prénoms ont été modifiés


«L’inquiétant, c’est le côté systématique, planifié»

une interview de Vassilis Saroglou

Source: http://canalordinaire.wordpress.com/...
[Texte intégral]

Vassilis Saroglou, directeur du centre de psychologie de la religion à l’UCL, a étudié les manipulations sectaires dans les mouvements religieux contestés.

Voyez-vous des prémices de manipulation mentale dans ce témoignage ?

Il n’existe pas de technique miraculeuse dans le domaine de la dite manipulation mentale. S’il n’y a pas de prédisposition, de recherche personnelle, il n’y a pas d’effet. La preuve, c’est que cela marche sur une minorité. Les stratégies observées dans ce témoignage sont des techniques marketing classiques. En revanche, elles inquiètent par leur accumulation, leur côté planifié, systématique et programmé. En fonction de chaque question, il existe une réponse toute faite.

La logique marketing ne peut être appliquée telle quelle dans le domaine du religieux ou de la recherche de bonheur. Dans ces domaines, il faut y introduire des règles éthiques spécifiques, supplémentaires. Chacun doit pouvoir emprunter son propre chemin, il ne peut exister une seule et unique voie, et le respect de la libre adhésion à un système des croyances doit être absolu.

La pratique de «l’audition» vous semble-t-elle être dangereuse ?

La question ne doit pas être de savoir si l’audition marche ou non pour la rejeter. Toute interaction humaine, dans le cadre d’un travail sur soi, peut «marcher». Le gros problème c’est que pour proposer ce type de services de bien-être, il faut être formé, contrôlé par ses pairs, selon des critères sociétaux clairs, ce qui ne semble pas être le cas ici. De plus, en psychologie, on aide la personne à trouver elle-même sa voie.

Ici, au contraire, il s’agit d’un savoir possédé par une autorité et qui est transmis par un maître. Quand on promet le bonheur, cela ne peut se faire selon un schéma trop codifié, où la réalisation des souhaits serait quasiment chronologiquement prédite.

La scientologie se revendique aussi comme une religion…

Toute l’ambiguïté de ce mouvement – comme d’autres nouveaux mouvements religieux - réside dans cette hybridité entre religieux/spirituel et bien-être. Quand les deux dispositifs se mélangent, il peut y avoir des critères incompatibles qui amènent à des dérives. Ici, par exemple, le fait de faire payer des prestations de bien être n’est pas condamnable en soi.

Le problème, c’est qu’on habille cela d’un discours scientiste et de symboles religieux qui laissent croire qu’on est dans un lieu de pratique religieuse et/ou qu’il s’agit des pratiques validées par des experts. Il est impératif de clarifier les objectifs. On a aussi une impression d’urgence du recrutement, alors qu’en principe, dans toute tradition religieuse ou philosophique, elle ne doit pas exister.

 
Témoignage de Jeanne, une ex-employée de la scientologie de Montréal
 

«Jeanne», l'ex-scientologue qui témoignait sans montrer son visage dans l'enquête de J.E a accepté de témoigner une heure durant avec Denis Lévesque à visage découvert.

Le fait qu'un média privé ose s'attaquer ainsi à la secte de scientologie démontre l'évolution du discours critique de la scientologie. Les Anonymous, le procès de la scientologie à Paris en 2009 ainsi que les récentes défections de plusieurs hauts dirigeants de la secte y sont sans doute pour quelque chose.

 

Cours d’aide aux devoirs pour les écoliers ou cours de scientologie ?

Enquête de JE par Michel Jean
http://lejournaldequebec.canoe.ca/ - 10/03/2011
[Texte intégral]
 

MONTRÉAL - Le centre d’aide aux devoirs l’Académie Phénix, de Longueuil, offre plus que du soutien scolaire aux enfants. Le centre et son directeur, Gilles Léonard, affirment pouvoir régler les problèmes de déficit d’attention sans recourir au Ritalin, selon une enquête de l’émission JE à TVA.

Et ce, grâce aux méthodes d’enseignement d’«Applied Scholastics», développées par le fondateur de l’Église de Scientologie, L. Ron Hubbard.

 
Video: La Scientologie s'intéresse à vos enfants
 
Source: http://tva.canoe.ca/ - 11 mars 2011

L’équipe de JE s’est présentée munie d’une caméra cachée en compagnie d’une jeune fille de sept ans se plaignant de problèmes de concentration et de motivation. Deux symptômes du déficit d’attention qui affectent un nombre grandissant d’écoliers québécois et qui nécessitent souvent la prescription de Ritalin. «Quand tu as un blanc , a expliqué M. Léonard, dans les écoles ils appellent ça un déficit d’attention. Chez nous on ne parle pas de ça. On parle de mots qui ne sont pas compris. Et ces mots, on les trouve.»

L’accumulation de mots mal compris provoquerait selon lui, de la confusion chez l’enfant, causant ainsi le déficit d'attention. En clarifiant tous les mots, notamment à l’aide d’un dictionnaire pour en définir le sens, la méthode «Applied Scholastics» enseignée à l’Académie, promet de venir à bout du déficit d’attention.

«C’est trop simpliste pour être crédible» a estimé le docteur Christiane Laberge. Cette omnipraticienne qui travaille beaucoup avec des enfants souffrant de trouble du déficit d’attention, ne mâche pas ses mots à propos des méthodes de Ron Hubbard. «Ça ne marche pas, a-t-elle tranché. On a besoin d’utiliser à la fois la médication reconnue et la psycho-éducation pour obtenir des résultats valables. Si c’était aussi simple que le prétend Ron Hubbard, on l’aurait, pour parodier une publicité connue.»

Gilles Léonard affirme que« Applied Scholastics» est une technique d’enseignement développée par le fondateur de la scientologie certes, mais que ce n’est pas de la scientologie.

Cependant l’enquête de JE montre que la théorie des mots mal compris se retrouve dans plusieurs ouvrages de scientologie. Alain Pronkin, chercheur au Centre d’information sur les nouvelles religions estime quant à lui que «Applied Scholastics» et la Scientologie ne font clairement qu’un.

«Il y a un lien, a-t-il dit. D’abord à cause de l’auteur. Et parce que «Applied Scholastics» reprend des concepts scientologues. Il s’agit d’un message tentant pour les parents dont les enfants éprouvent des problèmes de concentration. Ils vont être tentés d’essayer la méthode Hubbard avant de donner du Ritalin à leur enfant. Et à ce moment, ils mettent le pied dans l’engrenage scientologue.»

Régler un problème psychiatrique sans médicament, voilà une des grandes prétentions de l’Église de Scientologie qui dénonce la psychiatrie sur toutes les tribunes. Mais la ministre de l’Éducation Lyne Beauchamp n’encourage pas pour autant les parents à recourir à «Applied Scholastics». Au contraire.

Si elle dit ne pouvoir rien faire pour empêcher des entreprises comme l’Académie Phénix d’offrir leurs services, car l’aide aux devoirs ne relève pas de son ministère, elle estime que les parents ont d’autres choix quant aux services d’aide aux devoirs. «Ce n’est pas le type d’organisme que nous appuyons financièrement. Nous soutenons des organisations qui ont des liens étroits avec l’école et les parents devraient se tourner vers eux», a estimé madame Beauchamp.

Si Québec ne soutient pas financièrement l’Académie Phénix, Ottawa lui accorde le statut d’organisme de bienfaisance. Les dons deviennent donc en partie déductibles d’impôt. L’Académie bénéficie ainsi d’avantages fiscaux qui l’aident à diffuser les idées de L. Ron Hubbard.

 

La sénatrice Céline Hervieux-Payette veut revoir le statut fiscal de la Scientologie

http://tvanouvelles.ca/ - 1 mars 2011
[Texte intégral]

TVA Nouvelles La sénatrice Céline Hervieux-Payette demande à Québec et à Ottawa d'ouvrir une enquête sur l'Église de Scientologie et de revoir le statut fiscal de l'organisme. «Quant à moi, c'est une organisation à but lucratif. Il y a 40 sociétés qui relèvent de cette soi-disant Église. Et je trouve que c'est de la fraude», a déclaré la sénatrice.

Selon elle, l'Église de Scientologie profite des largesses du régime fiscal, et ce, surtout au Québec, où depuis 1993, les scientologues sont traités sur le même pied que toutes les autres religions, contrairement à la France et à l'Allemagne, qui ne les reconnaissent pas.

Les activités de l'Église de Scientologie ont été largement documentées par l'enquête de l'émission JE.

Les scientologues au Québec se prévalent de l'article 204 de la Loi sur la fiscalité municipale qui stipule que «Sont exempts de toutes taxes foncière, municipale ou scolaire [...] un immeuble utilisé non en vue d'un revenu, mais dans la poursuite immédiate de ses objets constitutifs de nature charitable...»

C'est justement cela que la sénatrice remet en question. «Moi, en ce qui me concerne, je pense qu'on devrait faire une enquête. On exploite des gens. On extorque à mon avis de l'argent quand je vois le prix qui est payé pour les cours. Et de toute façon, je leur souhaite bonne chance pour prouver que c'est une vraie religion. Ce n'en est pas une», a indiqué Céline Hervieux-Payette.

Le siège de l'Église de Scientologie dans la métropole, situé au 4489 rue Papineau, est évalué à près de 700'000 dollars, mais en vertu de leur statut, les scientologues ne payent pas d'impôt municipal, pas de taxe scolaire non plus et peuvent aussi émettre des reçus de charité. C'est ça qui est remis en cause.

En profitant toujours de leur statut fiscal, les scientologues ont aussi acheté un superbe édifice sur la rue Sainte- Catherine en plein centre-ville afin d'accroître leur visibilité. Ils ne paieront pas d'impôt foncier, pas de taxe scolaire non plus.

 
Video: Le statut fiscal de l'Église de Scientologie à Montréal
 
(TVA Nouvelles - 1 mars 2011)
 
Video: Senator Céline Hervieux-Payette is asking Quebec City as well Ottawato open an investigation and to review the organization's tax status. "In my view, it is a for-profit organization. There are 40 organizations under the authority of this so-called church and I consider this fraud" (TVA - March 1st., 2011) with english subtitles
 

A news broadcast following J.E investigation about the cult of scientology

March 1st., 2011

 

Part 1

Part 2

Part 3

Part 4

 

La nébuleuse scientologie étend son influence au Québec

Michel Jean - Agence QMI
http://lejournaldequebec.canoe.ca/ - 26/02/2011
[Texte intégral]
 

Le système d’administration développé par L. Ron Hubbard s’appelle WISE, World Institute of Scientology Enterprises. Et pour le principal expert en scientologie au Canada, le professeur Stephen A. Kent, de l’Université d’Alberta, scientologie et WISE ne font qu’un.

WISE n’est d’ailleurs à son avis qu’une partie de la nébuleuse scientologue. WISE (gens d’affaires), Narconon (lutte contre la toxicomanie), Criminon (lutte contre la criminalité), la Commission des Citoyens pour les droits de l’Homme (antipsychiatrie), Applied Scholastics (éducation), toutes ces organisations défendent et font la promotion des idées du mouvement, tout en se prétendant indépendantes de l’Église.

« Ces programmes, explique le professeur Kent, et WISE en est un bon exemple, représentent pour la scientologie une façon de faire pénétrer ses soi-disant techniques dans la communauté d’affaires. L’objectif c’est de faire passer les manières et les idées de la scientologie. Les questions morales et la façon de s’occuper des critiques suivront. »

Faut-il revoir le statut de la scientologie au Canada ?

L’Église de Scientologie bénéficie d’une exemption de taxes municipales grâce au statut de corporation religieuse que lui accorde le Québec. Le Canada lui reconnaît le titre d’organisme sans but lucratif.

De plus, Narconon, qui traite les toxicomanes avec les méthodes de Hubbard, a le statut d’organisme de charité. Les dons deviennent donc en partie déductibles d’impôt.

L’Église de Scientologie a refusé la demande d’entrevue de l’émission JE. Dans un courriel, un porte-parole explique que son mouvement répond aux critères et que « la décision prise par le gouvernement du Québec en 1993 de reconnaître la scientologie en tant que religion n’est donc pas matière à controverse ».

Au moins un politicien ne partage pas cet avis. La sénatrice Céline Hervieux-Payette se demande bien comment un mouvement déjà condamné pour escroquerie en bande organisée en France et pour abus de confiance en Ontario en 1992 a pu, un an plus tard, obtenir le statut de corporation religieuse au Québec.

« En Ontario, ils ont fait une enquête en profondeur pour découvrir qu’ils avaient infiltré différents ministères et la GRC. » La sénatrice se dit « atterrée » de voir qu’une organisation comme l’Église de scientologie bénéficie d’un tel traitement.

 

 «Journaliste d'Enquête»: JE infiltre l'Eglise de scientologie à Montréal

Le Journal de Québec - 25 février 2011
MONTRÉAL (Agence QMI)
[Texte intégral]

Deux collaboratrices de l'équipe ont obtenu leur carte de membre en règle. Les reportages, qui seront diffusés ce soir à compter de 19 h, montrent comment les éventuels convertis sont rapidement pris en charge par l'Église.

Cours et formations

Ils sont ensuite dirigés vers une série de cours de scientologie qui doit les mener vers le statut de personne «claire», c'est-à-dire, débarrassée des traumatismes du passé.

Selon la doctrine fondée en 1954 par l'auteur de science-fiction L. Ron Hubbard, ces traumatismes laissent des traces qui empêchent les individus d'être parfaitement heureux et d'atteindre leur potentiel.

Seule l'application rigoureuse des techniques de la scientologie permettrait de les éliminer un à un. Pour cela, le scientologue devra avoir dépensé des centaines de milliers de dollars et suivre un nombre impressionnant de cours et formations. Pendant les quatre mois qu'elles ont passés dans le mouvement, les deux collaboratrices de JE ont suivi deux de ces cours. Elles ont également suivi un séminaire de deux jours de dianétique.

Dans le cours de communication, elles ont dit faire plusieurs exercices pour le moins étonnants. On était assises une en face de l'autre et il fallait se fixer du regard sans rire pendant un bon moment. L'objectif étant d'arriver à soutenir le regard des autres», a expliqué l'une d'elles.

Dans un autre exercice, toujours face à face, «il fallait répéter un chiffre, disons 33 ou 44, jusqu'à ce que l'autre personne comprenne par mon intonation le sens du message».

Éprouvant

Ce que les membres de l'équipe de JE ont trouvé le plus éprouvant, c'est la fin de semaine de dianétique, deux longues journées où elles ont été initiées à l'Audition,une technique qui rappelle l'hypnose, où l'auditeur, par ses questions, aide la personne auditée à revivre des traumatismes pour les effacer de sa mémoire.

L'expérience les a secouées

«Tu embarques tellement dans ton histoire, tu as les yeux fermés, tu vois les choses, c'est comme si tu te projetais un film dont tu es le héros et tu racontes ce que tu vois», a dit une des collaboratrices de JE. «L'auditeur te demande de toucher des choses. Tu deviens très concentrée suries textures, les odeurs, les sons, commenttu te sens. L'auditeur te demande de te concentrer sur ta douleur. Il faut que tu la vives, cette douleur» À la fin, l'auditeur fait un décompte de 5 jusqu'à 0 et claque des doigts, comme en hypnose.

L'émission consacrée entièrement à la scientologie montre aussi comment l'Église utilise des organisations qui se prétendent indépendantes d'elle, pour promouvoir ses idées et les propager dans différentes couches de la société.
 
L'Église de Scientologie, sur Papineau, à Montréal

Voir le reportage sur le site de tva.canoe.ca (en 4 parties):

Vidéo 1: L'audition est au coeur de la scientologie(JE - 25 février 2011)

La Scientologie prétend que nos expériences douloureuses du passé, incluant nos vies antérieures (?), ont laissé des traces. Ces traces nous empêcheraient d'atteindre notre vrai potentiel et seule l'application rigoureuse des techniques développées par Ron Hubbard permettrait de s'en débarrasser et d'arriver au statut de personne "claire" puis "OT" (operating thetan) ! Lors de longues séances qui ressemble à de l'hypnose un auditeur pose une série de questions et guide la personne auditée pour lui faire revivre les moments douloureux de son passé. Les personnes manipulée par une telle pseudo-médecine psychiatrique en ressortent épuisées et destabilisées et peuvent se retrouver avec de faux souvenirs induits. L'audition est obligatoire pour tout scientologue et peut coûter des centaines de milliers de dollars pour certaines victimes.

Vidéo 2: Le témoignage de Jeanne, ex-scientologue(JE - 25 février 2011)

Vidéo 3: Clearwater, la "Mecque" de la scientologie(JE - 25 février 2011) Reporter: Dominique Trottier

L'église de Scientologie n'aime guère les journalistes, pas plus que la critique, et donne rarement des entrevues. Les responsables ont d'ailleurs refusé les deux demandes que nous avons faites, aux États-Unis et au Québec. Le pouvoir absolu du grand leader David Miscavidge, (qui a succédé à Ron Hubbard après son décès) suscite de la grogne. De nombreux hauts dirigeants ont quitté le mouvement. Ils dénoncent le climat de violence qui y règne depuis l'arrivée de Miscavidge. Une équipe de JE s'est rendu à Clearwater en Floride, la Mecque des scientologues où leur omniprésence ne fait pas l'unanimité. Selon les derniers recensements américains, le nombre de scientologues a diminué de moitié aux États-Unis au cours de la dernière décennie. Ils sont passés de 55'000 en 2001 à seulement 25'000 en 2008. On les retrouve surtout à Clearwater, en Floride, et aussi dans la région de Los Angeles, en Californie.

Vidéo 4. La scientologie coûte cher(JE - 25 février 2011)

Le gouvernement canadien aide financièrement l'Église de Scientologie, et le Québec encore davantage. Elle est reconnue comme un organisme sans but lucratif au fédéral, et on lui accorde le statut de corporation religieuse, au provincial. Cela vaut au mouvement de substantiels avantages fiscaux et des exemptions de taxes municipales, des rabais qui représentent chaque année des sommes considérables. Mais il y a plus encore, comme l'a découvert JE.

 

La Scientologie s’en prend à un journaliste de JE

http://www.canoe.com/- 25/02/2011
Agence QMI
[Texte intégral]

D’anciens dirigeants et scientologues accusent l’Église de scientologie de violence et d’exploitation de travailleurs. Une équipe de tournage de TVA s’est rendue à Clearwater, en Floride, pour réaliser une enquête sur ces allégations. Sa présence a entraîné la colère des dirigeants de l’Église de scientologie.

L’Église de Scientologie à Montréal infiltrée

Les accusations visent le grand leader David Miscavige qui aurait instauré un régime de violence et battrait ses collaborateurs.

Le FBI enquêterait même sur des allégations de trafic d’êtres humains et d’exploitation de travailleurs, dont plusieurs mineurs. L’Église de scientologie nie en bloc ces affirmations.

Une équipe de TVA a enquêté sur ces allégations, ce qui n’a pas plu à l’Église de scientologie. Alors qu’elle tournait des images d’un des nombreux édifices de l’Église de scientologie à Clearwater dans la région de Tampa, la Mecque spirituelle des scientologue, la directrice des affaires publiques, Pat Harney, s’est présentée en furie devant la caméra et a accusé Dominique Trottier d’avoir menti à l’organisation sur son identité.

Plus tard, le service de sécurité de l’Église de scientologie a empêché les employés de l’Église de scientologie, membres de la «Sea Organisation», de répondre aux questions de Dominique Trottier.

Sous contrat pour un milliard d’années

Sur les 110 000 habitants de Clearwater, il y a environ 12 000 scientologues. Facilement identifiables à leur uniforme calqué sur celui de la marine américaine, 1200 résidants sont membres de la «Sea Organisation». Ils sont logés, nourris et payés seulement 50 dollars par semaine pour être à la disposition de l’Église de scientologie 365 jours par année.

«Nous n’avons pas d’autre vie», admet une jeune femme rencontrée dans un des centres de scientologie de Clearwater. Le rôle de ces agents est d’offrir la structure nécessaire aux coûteuses formations et retraites spirituelles offertes par l’Église. Ils doivent signer un contrat d’un milliard d’années (sic), afin de s’engager également pour leurs vies futures.

L’église de scientologie a littéralement pris le contrôle du centre-ville de Clearwater. Elle y possède des dizaines d’édifices. Certains bâtiments, comme l’hôtel Fort Harrison, sont de véritables palaces où viennent régulièrement les scientologues riches et connus, comme Tom Cruise et John Travolta.

De l’autre côté de la rue, les scientologues ont fait construire un édifice encore plus spacieux et luxueux, dans le but d’en faire le quartier général spirituel des scientologues du monde entier. De l’extérieur, le «Flag Building» impressionne avec ces 377 000 pieds carrés. Mais il est vide depuis huit ans, faute d’argent pour pouvoir terminer l’intérieur.

 

La scientologie étend ses tentacules

Par Michel Jean

http://tvanouvelles.ca/- 25 février 2011 à 19h50
[Texte intégral]
Sylvain McDuff (TVA Nouvelles)

Dans son enquête sur l'Église de scientologie, l'équipe de JE a constaté que le mouvement étend ses tentacules au Québec, notamment dans le milieu des affaires.

La scène a tout d'un déjeuner d'affaires comme les autres. Pendant une heure et demie, Sylvain McDuff, consultant en management, explique à des propriétaires et gestionnaires de PME comment ses méthodes de gestion peuvent les aider.

L'homme d'une cinquantaine d'années, diplômé du Collège d'administration Hubbard en Californie où l'on forme des consultants WISE (World Institute of Scientology Enterprises), insiste sur le caractère unique de son système. Mais il ne mentionne jamais que son auteur est le même que celui qui a fondé l'Église de Scientologie, L. Ron Hubbard.

La méthode que McDuff expose insiste sur l'organisation et la hiérarchisation des tâches, deux valeurs fortes de la scientologie. Un membre de l'équipe de JE assiste à cette rencontre muni d'une caméra cachée.

Quand il demande au consultant s'il existe un lien entre son programme et la scientologie, le consultant nie avec force. «Ron Hubbard a écrit de nombreux livres dit-il, dont certains pour aider les groupes à fonctionner plus efficacement. J'utilise les œuvres qu'il a écrites sur le management. La scientologie est une philosophie religieuse. Il s'agit d'une chose distincte.»

La nébuleuse scientologue

Le système d'administration développé par L. Ron Hubbard que Sylvain McDuff a étudié et importé s'appelle WISE, World Institute of Scientology Enterprises. Et pour le principal expert en scientologie au Canada, le professeur Stephen A. Kent, de l'Université d'Alberta Scientologie et WISE ne font qu'un. WISE n'est d'ailleurs à son avis qu'une partie de la nébuleuse scientologue.

La nébuleuse de la scientologie

WISE (gens d'affaires), Narconon (lutte contre la toxicomanie), Criminon (lutte contre la criminalité), la Commission des Citoyens pour les droits de l'Homme (anti-psychiatrie), Applied Scholastics (éducation), toutes ces organisations défendent et font la promotion des idées du mouvement, tout en se prétendant indépendantes de l'Église.

«Ces programmes - et WISE en est un bon exemple - représentent pour la scientologie une façon de faire pénétrer ses soi-disant techniques dans la communauté d'affaires, explique le professeur Kent. L'objectif, c'est de faire passer les manières et les idées de la scientologie. Les questions morales et la façon de s'occuper des critiques suivront.»

Une des entreprises clientes du Groupe McDuff affirme à JE qu'un des associés s'est converti à la scientologie après avoir suivi ses formations. Cela a provoqué des tensions qui ont mené à son départ. Un cadre d'un autre client soutient de son côté que les méthodes de WISE provoquent des malaises chez les employés non-scientologues.

Sylvain McDuff a refusé d'accorder à JE une entrevue télévisée. Au cours d'une conversation téléphonique il a réitéré que ses méthodes étaient distinctes de la philosophie religieuse de l'Église de Scientologie et qu'il s'en tenait dans ses formations aux principes de management élaborés par Ron Hubbard et d'autres qu'il a lui-même développés.

Faut-il revoir le statut de la Scientologie au Canada ?

L'Église de Scientologie bénéficie d'une exemption de taxes municipales grâce au statut de corporation religieuse que lui accorde le Québec. Le Canada lui reconnaît le titre d'organisme sans but lucratif. De plus, Narconon, qui traite les toxicomanes avec les méthodes de Hubbard, a le statut d'organisme de charité. Les dons deviennent donc en partie déductibles d'impôt.

L'Église de Scientologie a refusé la demande d'entrevue de JE. Dans un courriel, son porte-parole explique que son mouvement répond aux critères et que «la décision prise par le Gouvernement du Québec en 1993 de reconnaître la Scientologie en tant que religion n'est donc pas matière à controverse.»

Au moins un politicien ne partage pas cet avis. La sénatrice Céline Hervieux-Payette se demande bien comment un mouvement déjà condamné pour escroquerie en bande organisée en France et pour abus de confiance en Ontario en 1992 a pu, un an plus tard, obtenir le statut de corporation religieuse au Québec. «En Ontario ils ont fait une enquête en profondeur pour découvrir qu'ils avaient infiltré différents ministères et la GRC.»

La sénatrice se dit «atterrée» de voir qu'une organisation comme l'Église de Scientologie bénéficie d'un tel traitement.

 

Jeanne, ancienne prisonnière de la Scientologie, raconte

Video: Témoignage de Jeanne, ex-employée de la scientologie (TVA/JE - 25 février 2011)
http://www.canoe.com/ - 25 février 2011
Agence QMI par Michel Jean
[Texte intégral]

Jeanne, la soixantaine, affirme être restée prisonnière de l’Église de scientologie à Los Angeles. Elle a réussi à s’enfuir pour revenir à Montréal. C’était il y a 18 ans. Aujourd’hui, elle livre ses souvenirs.

«En sortant de mon premier cours de Scientologie, je flottais. C’était extraordinaire. (…) Chaque formation m’apportait plus de bénéfices.»

Jeanne, le nom fictif de cette femme qui désire garder l’anonymat a été initié par une amie. Rapidement, elle devient accro. Comme à une drogue. Elle passe bientôt toutes ses soirées au local du mouvement, rue Papineau, et même ses week-ends. «C’est devenu compulsif avoue-t-elle. Je voulais m’entourer de scientologues. J’aurais voulu que mon mari et mes enfants le soient. J’étais tellement convaincue que la Scientologie était LA réponse que je voulais que ceux que j’aime y adhère. Merci mon Dieu. Personne ne m’a écouté.»

Jeanne dépense tout son argent en cours. Et bientôt plus qu’elle ne gagne. Un jour l’Église a envoyé un membre l’aider à convaincre son père de lui prêter une grosse somme pour acheter une croisière de formation sur le paquebot du mouvement, le Freewinds et pour acheter une série de cours qui lui a coûté plus de $8000. «J’ai manipulé pour avoir l'argent et je l’ai eu», dit-elle, étonnée. «Mon père pensait que quelque chose de grave m’était arrivé et que j’avais besoin de cette somme. Il m’a envoyé l’argent sans poser de questions».

40'000 $ pour la Scientologie

Au final, Jeanne aura dépensé environ 40'000 $ pour la Scientologie. Après cinq ans et demi au sein du mouvement, elle se retrouve à Los Angeles. Elle y vit et étudie de 8 h à 22h. Sept jours sur sept. «Nous n’avions que le dimanche matin de libre pour faire notre ménage et notre lavage. Des responsables prenaient nos présences trois fois par jour. Et tu avais intérêt à ne pas être en retard.»

Son équilibre commence bientôt à craquer. Elle pleure sans raison, couchée dans son lit, dans un dortoir où elle vit avec d’autres élèves. Quand son mari la quitte, son équilibre fragile se fracasse. «J’ai perdu la boule. Je me suis mise à pleurer sans arrêt.» Elle veut partir, revenir à Montréal. L’Église refuse. Et désigne deux gardes du corps pour la surveiller 24 heures sur 24. «Les "bouncers" me suivaient sans dire un mot. Ils marchaient deux pas derrière moi. Ils me suivaient partout et restaient devant la porte du dortoir la nuit. J’étais prisonnière.»

Ensuite, «j’ai fait semblant que ça allait mieux. Ils ne voulaient pas me laisser partir parce qu’ils disaient qu’on allait me faire du mal à l’extérieur. Alors j’ai fait comme si j’allais mieux. Et ils m’ont cru.»

Dès qu’elle est libérée de ses surveillants, Jeanne s’enfuit. «Au terminus d’autobus j’avais peur, j’avais peur. Je me suis cachée derrière les bancs, derrière les colonnes. Je savais que si on m’apercevait, on viendrait me chercher et qu’on ne me laisserait pas partir.»

Ce n’est qu’une fois l’autobus en route vers New York qu’elle respire. Jeanne tournait le dos définitivement à la Scientologie.

 

France d'Amour et ses mensonges

Vidéo: France d'Amour cache sa participation à un stage de scientologie en Floride

Lors d'un interview France d'Amour prétend que son voyage en Floride avait pour but d'écrire des chansons alors qu'il s'agissit de suivre des cours de scientologie au siège de la secte aux USA.

Audio: France d'Amour répète les stupidités de la scientologie sur la psychiatrie !


Autres articles concernant France d'Amour

France Rochon, alias France d'Amour, une artiste décervelée par la scientologie ? (anti-scientologie - 2 avril 2009)

France D’Amour est une menteuse (fr.chatelaine.com - 29 mars 2009)

 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» résumé - hml
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» html
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» pdf
«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
                                        
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