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Prévention et lutte contre les dérives sectaires

La France donne l'exemple

Les groupes sectaires se sentent visés

 

 "Dans la secte"

BD sur l'itinéraire d'une jeune fille happée par la scientologie

AFP, 25 août 2005
[Texte intégral]
 
PARIS - Dans la secte", une nouvelle BD, raconte l'histoire vraie d'une jeune fille ordinaire, normalement intelligente, un peu stressée par son métier dans la pub et un peu déprimée par une rupture, qui est embrigadée dans une secte avant de la quitter.
 
Scénario de Pierre Henri et dessin de Louis Alloing (en bichromie avec du bleu comme le blues du vague à l'âme), l'album relate cette histoire telle que l'adepte l'a vécue, dont seul le prénom, Marion, est un pseudo. Les auteurs, avec l'accord de l'intéressée, citent tout du long le nom de celle qu'ils dénoncent, l'Eglise de scientologie.
 
Ainsi, elle explique comment elle a été recrutée par un ancien ami, s'est laissée séduire, y a cru de toutes ses forces, pourquoi elle est partie pour le centre européen de Copenhague de la Scientologie, d'abord motivée à fond, prête à gravir tous les niveaux, puis progressivement désenchantée jusqu'à saturation.
Avant de décider de tout quitter et de retrouver son ancienne vie.
 
Elle raconte "l'interrogatoire" subi cinq heures durant quand elle a voulu partir, son retour, ses témoignages à la radio, sa volonté de porter plainte puis les pressions subies et le retrait finalement de sa plainte en échange d'une transaction : les 70'000 francs (40'670 euros) qu'elle avait dépensés en un an.
 
Cela se passait dans les années 80 mais Marion n'a pas encore tout exorcisé ni oublié "la perte insidieuse du discernement", "l'enfermement sur soi". Elle dit "espérer que ce livre aide les jeunes et les moins jeunes à faire attention à l'embrigadement et au phénomène sectaire qui est partout".
 
La BD est préfacée par Catherine Picard, députée, ancienne présidente du groupe parlementaire d'étude sur les sectes et actuelle présidente de l'Association de défense de la famille et de l'individu (ADFI). Une postface de l'association traite du mécanisme de l'emprise des sectes sur l'individu.
 
Editions La boîte à bulles, 88 pages, 13,50 euros
 
Les premières pages de la BD
 
L'album:

Dans la nuit, une jeune fille court pour attraper son train. Elle désire partir au plus vite. Mettre des kilomètres entre elle et cette secte où elle vient de passer plusieurs mois, éprouvants, éreintants. Dans la tranquillité du train qui file vers Paris, Marion se souvient de l'itinéraire qui l'a amenée jusqu'ici: publicitaire aux soirées aussi remplies que les jours, en rupture amoureuse et familiale, elle suit les conseils d'un ami qui lui propose de venir se ressourcer, s'épanouir grâce à des techniques scientifiques parfaitement éprouvées. Marion met, avec espoir, le doigt dans un engrenage dont il lui faudra des années pour s'extirper entièrement.

L'itinéraire de Marion n'a rien d'extra-ordinaire. Il est malheureusement banal et ne pourrait faire la Une des journaux. C'est ce qui le rend exemplaire: Marion ressemble à n'importe quel adepte de sectes, son endoctrinement a été progressif, sans violence. Mais il l'a laissée durablement meurtrie. Et elle a dû prendre sur elle pour confier dans le détail son histoire à Louis Alloing, son ami dessinateur de BD, et à Pierre Henri, le scénariste de cet album.

Un témoignage poignant réalisé en coopération avec l'ADFI, une des plus importantes associations de lutte contre les sectes. Sa présidente, Catherine Picard en signe d'ailleurs la préface.

Les auteurs:

Louis Alloing a déjà une longue carrière d'illustrateur jeunesse, de publicité et de dessinateur BD derrière lui, notamment pour les publications du groupe Bayard. Sur scénario de Rodolphe, on lui doit notamment les 8 tomes de la série Les Moineaux. Impressionné par le récit que lui fait une amie publicitaire de son parcours dans une secte, il y voit le sujet idéal à la réalisation d'un roman graphique. Il demande à Pierre Henri - qui connaît bien lui aussi le monde de la pub - de l'aider à en écrire le scénario et l'emmène rencontrer celle qu'il appellera Marion dans le livre. Pierre Henri enregistre, écrit, soumet à relecture, ajuste son récit afin qu'il soit le plus fidèle possible à la réalité...

Catherine Picard, députée, ancienne présidente du groupe parlementaire d'études sur les sectes, rapporteuse de la loi dite About-Picard (loi no 2001-504 du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales) est désormais présidente de l'ADFI, l'Association de Défense de la Famille et de l'Individu.

 

Le nouveau président de la MIVILUDES veut aider les victimes à dénoncer les sectes

AFP, 29 septembre 2005
[Texte intégral
 
Jean-Michel Roulet, le nouveau président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), a indiqué jeudi qu'il voulait aider les victimes de sectes à dénoncer ce qu'elles ont subi.
 
"Nous avons beaucoup de victimes, encore faut-il qu'elles veuillent bien dénoncer les actes subis", a-t-il expliqué à des journalistes à la veille de sa prise de fonction, le 1er octobre, à la tête de la Miviludes où il a été nommé fin août par décret du Premier ministre.
 
"Nous ne sommes pas très forts pour accueillir les victimes de viols mentaux, il y a une formation à faire chez les policiers, les magistrats pour que ces victimes puissent témoigner", a-t-il poursuivi, notant que "c'est très difficile de renier quelque chose en quoi on a cru".
 
M. Roulet, préfet hors cadre qui a effectué l'essentiel de sa carrière au ministère de l'Intérieur, avait participé en 1996 à la création de l'Observatoire interministériel des sectes, qui a précédé la création de la Mils (Mission interministérielle de lutte contre les sectes) remplacée fin 2002 par la Miviludes.
 
Il entend privilégier la constitution d'une jurisprudence, avec des éléments concrets, et aimerait "avancer ne serait-ce que de cinq jugements" durant sa présidence.
 
Selon lui, la liste parlementaire des sectes de 1995 est "complètement caduque" mais "a permis de cerner le phénomène même si c'était de manière parfois erronée et partiellement incomplète".
 
"La lutte antisectes n'est pas politicienne", a-t-il insisté, "les dérives sectaires sont un enjeu trop grave pour être purement politicien". Il cite le vote à la quasi unanimité de la loi About-Picard du 12 juin 2001, qui permet aux victimes de poursuivre plus facilement les sectes et leurs gourous grâce à l'extension du délit "d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse".
 
"La vigilance est indispensable", a-t-il ajouté, "s'il y a des sectes c'est qu'il y a une demande: notre société fragilise l'individu donc il y a une forte demande de salut et les activités sectaires se diversifient, dans la formation professionnelle, les thérapies ou les nouvelles formes de pensées et de soins".
 

Quelle est la réalité des sectes ?

Libération, 30 septembre 2005 par Daniel Licht
[Texte intégral]
 
Questions à...
 
Jean-Michel Roulet, préfet hors cadre, vient d'être nommé président de la Miviludes (Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Ce n'est pas parce qu'elles ne sont plus sous les feux de l'actualité que les sectes ont disparu.
 
Quelle est la réalité des sectes ?
 
Les pratiques sectaires sont une notion plus signifiante que le mot secte. Quant au paysage sectaire, c'est une réalité complexe, car, à côté d'organisations répertoriées, il y a une multitude d'associations qui changent de visage lorsqu'elles se trouvent dans le collimateur de la justice.
 
Le phénomène ne se résorbe pas, mais il change de physionomie. On voit se développer de petits groupes qui font de la psychologie, des médecines nouvelles, de la diététique, de la formation permanente.
 
Quand on dit secte, on pense à un groupe important bien structuré, mais, aujourd'hui, le phénomène prend plutôt une dimension «micro». Ce peut être un leader qui tient une douzaine de personnes grâce à des dérives sectaires. Avec des honoraires exorbitants pour une pratique quelconque qui conduit à l'éloignement de la famille, la substitution du libre arbitre : c'est cela la réalité sectaire.
 
N'y a-t-il pas une vision fantasmatique du pouvoir des sectes ?
 
Non, ce sont des gens puissants, professionnels de la manipulation, qu'il faut combattre du point de vue du droit. Il faut collecter des faits et les comparer à la législation en vigueur et, dès lors que ces groupes ne respectent pas la loi, les déférer en justice.
 
La magistrature est certainement en pointe, mais la lutte antisectes est jeune et nous manquons d'une jurisprudence conséquente. S'il pouvait y avoir deux ou trois procès marquants pendant que je suis à ce poste, je ne serais pas mécontent
 
Circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires
 
JO, 27 mai 2005
[Texte intégral]
J.O n° 126 du 1 juin 2005 page 9751
texte n° 8
Décrets, arrêtés, circulaires
Textes généraux
Premier ministre
NOR: PRMX0508471C
 
Paris, le 27 mai 2005.
 
Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les ministres et secrétaires d'Etat, Mesdames et Messieurs les préfets
 
En créant, par le décret du 28 novembre 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), le Gouvernement a entendu réorganiser l'action préventive et répressive des services de l'Etat à l'encontre de ces agissements.
 
Après trente mois de fonctionnement de la MIVILUDES et à la suite du deuxième rapport annuel qui m'a été remis par son président, je juge utile de tirer les enseignements et de fixer les orientations qui suivent.
 
I. - Les principes de l'action menée par le Gouvernement
 
L'action menée par le Gouvernement est dictée par le souci de concilier la lutte contre les agissements de certains groupes, qui exploitent la sujétion, physique ou psychologique, dans laquelle se trouvent placés leurs membres, avec le respect des libertés publiques et du principe de laïcité.
 
L'expérience a montré qu'une démarche consistant, pour les pouvoirs publics, à qualifier de "secte" tel ou tel groupement et à fonder leur action sur cette seule qualification ne permettrait pas d'assurer efficacement cette conciliation et de fonder solidement en droit les initiatives prises.
 
Aussi a-t-il été décidé, plutôt que de mettre certains groupements à l'index, d'exercer une vigilance particulière sur toute organisation qui paraît exercer une emprise dangereuse pour la liberté individuelle de ses membres afin d'être prêt à identifier et à réprimer tout agissement susceptible de recevoir une qualification pénale ou, plus généralement, semblant contraire aux lois et règlements.
 
Ce souci de sécurité juridique, loin d'affaiblir l'action menée, ne fait que mieux garantir son efficacité.
Il est clair, toutefois, qu'une telle démarche ne peut être pleinement efficace que si les fonctionnaires et agents publics mènent, avec discernement, une véritable action de terrain :
 
- ils doivent s'attacher à rechercher et à identifier, dans leur périmètre d'attributions, toute activité, quelle que soit sa forme, susceptible de revêtir un caractère "sectaire", parce qu'elle place les personnes qui y participent dans une situation de sujétion ou d'emprise et tire parti de cette dépendance;
 
- cette activité doit alors être suivie avec une extrême vigilance de manière à prévenir tout agissement répréhensible et, s'il se produit, à engager sans délai l'action répressive.
 
Cette vigilance doit s'exercer en tenant compte de l'évolution du phénomène sectaire, qui rend la liste de mouvements annexée au rapport parlementaire de 1995 de moins en moins pertinente. On constate en effet la formation de petites structures, diffuses, mouvantes et moins aisément identifiables, qui tirent en particulier parti des possibilités de diffusion offertes par l'internet.
 
Cette vigilance est particulièrement cruciale à l'égard de certains groupes fondés sur une conception totalitaire et pratiquant un fonctionnement occulte, dont les agissements peuvent avoir des conséquences irréparables.
 
II. - Les modalités de l'action
 
L'action engagée doit être poursuivie grâce au dispositif, sans égal en Europe, mis en place tant au niveau national que local.
 
1. L'existence d'une mission interministérielle rattachée au Premier ministre permet la cohérence de l'action de l'Etat en coordonnant l'activité des services.
 
Le comité exécutif de pilotage opérationnel, qui réunit les représentants des administrations centrales les plus concernées, se réunit tous les deux mois. Je demande que ce rythme soit maintenu et que la représentation des services soit assurée de façon régulière et au meilleur niveau de responsabilité.
 
Le dialogue confiant et fructueux qui s'est noué sous la responsabilité du président de la MIVILUDES entre ce comité et le conseil d'orientation, qui réunit des personnalités qualifiées, doit être approfondi.
 
2. La même cohérence a été recherchée au niveau local avec l'institution, par une circulaire du ministre de l'intérieur, de " cellules de vigilance départementales " placées sous l'autorité des préfets.
 
Les missions de ces cellules seront transférées par décret en Conseil d'Etat, dans le cadre de la simplification des commissions déconcentrées, à un nouveau conseil compétent en matière de prévention de la délinquance, de lutte contre la drogue, contre les dérives sectaires et d'aide aux victimes.
 
Les préfets mettront en place au sein de chaque conseil un groupe de travail chargé de suivre spécifiquement les questions relatives à la lutte contre les dérives sectaires.
 
3. Certains ministères ont désigné des correspondants ou chargés de mission spécialisés. Je souhaite que chaque ministre se dote d'un tel responsable, à un niveau adéquat (cabinet, direction des affaires juridiques ou direction stratégique) avec des capacités de coordination et d'animation reconnues.
 
4. Les correspondants régionaux de la MIVILUDES désignés par les préfets de région ont reçu une mission générale de formation et d'information. Cette mission doit être confortée et élargie. Je souhaite en particulier que soit élaboré, au niveau régional, un document de synthèse permettant de suivre les évolutions, et que soit organisé, avec l'aide notamment du "Guide de l'agent public", un programme de formation interservices sur les dérives sectaires.
 
5. Les services compétents de police et de gendarmerie, ainsi que l'autorité judiciaire, constitueront des recueils de données actualisées, portant notamment sur le nombre et la nature des signalements, des plaintes, des enquêtes ou des condamnations en rapport avec des dérives sectaires.
 
6. Chaque département ministériel dressera un bilan annuel de ses actions pouvant figurer, en tout ou partie, dans le rapport du président de la MIVILUDES. Ce bilan devra porter sur les activités poursuivies, les actions de formation entreprises et les résultats obtenus au niveau local comme au niveau national. Le cas des enfants et des adolescents devra faire l'objet d'une attention particulière de façon à assurer la protection qui leur est due.
 
7. Les réponses aux questions écrites des parlementaires portant sur les problèmes liés au phénomène sectaire - plusieurs dizaines par an - doivent faire l'objet de toute votre attention. Compte tenu de la sensibilité du sujet, je vous demande de solliciter systématiquement l'avis de la MIVILUDES avant toute réponse.
 
8. Enfin, un certain nombre d'instructions ministérielles données par vos prédécesseurs doivent être actualisées en fonction des orientations définies par la présente circulaire. Je vous demande de procéder à cet examen en lien avec la MIVILUDES. En tout état de cause, les références aux organismes comme l'Observatoire des sectes ou la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) devront être remplacées par des références au décret instituant la MIVILUDES, et le recours à des listes de groupements sera évité au profit de l'utilisation de faisceaux de critères. Je vous demande de procéder à cette mise à jour au plus tard pour le 31 décembre 2005.
 
Jean-Pierre Raffarin
 
COMMUNIQUE DE PRESSE DE
 
Philippe VUILQUE (Soc.), Georges FENECH (UMP)
et Jean-Pierre BRARD (CR) *
 
MEMBRES DU GROUPE D'ETUDE SUR LES SECTES A L'ASSEMBLEE NATIONALE

Lutte contre les sectes: ne faisons pas mentir la circulaire RAFFARIN !
[Texte intégral]
 
Avec la circulaire RAFFARIN du 27 mai 2005, certains aimeraient voir un tournant dans la politique française de lutte contre les sectes et plus particulièrement une remise en cause de la liste des sectes établie par le rapport parlementaire de 1995 et actualisée en 1999. En réalité, la question que pose cette circulaire est celle du vieillissement des informations collectées en 1995 et 1999.
 
C’est pourquoi parlementaires de droite comme de gauche ont déposé plusieurs propositions de commissions d'enquête parlementaire afin qu'un nouvel état des lieux de la mouvance sectaire puisse être établi et que des sujets particuliers comme la formation professionnelle, la santé et la protection des enfants soient traités.
 
Ainsi, contrairement à certaines affirmations, la circulaire ne préconise absolument pas d'en finir avec la liste parlementaire. Comment le Premier ministre aurait-il pu dire cela moins de 10 jours après l'arrêt du Conseil d'Etat qui a rejeté, le 18 mai, le recours en annulation formé par deux associations de scientologie contre le refus du garde des Sceaux d'abroger deux circulaires ministérielles de 1996 et de 1998 qui décrivaient «les caractéristiques du phénomène sectaire telles qu'exposées dans le rapport de la commission parlementaire sur les sectes».
 
Mieux encore, par cet arrêt, le Conseil d'Etat confirme l'intérêt «informatif» de la liste parlementaire qui reste donc une référence pour le travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires.
 
Les critères de dangerosité précis qui ont été établis par les parlementaires donnent d'excellents outils qui permettent d'identifier et donc de prévenir ou de traiter toute dérive par la voie judiciaire.
 
Par ailleurs, comme le souligne l'arrêt du Conseil d'Etat: «eu égard aux risques que peuvent présenter les pratiques de certains organismes communément appelés «sectes», alors même que ces mouvements prétendent également poursuivre un but religieux, les associations ne sont pas fondées à soutenir que les circulaires précitées méconnaîtraient le principe de liberté religieuse».
 
On ne peut donc que déplorer les glissements sémantiques parfois pratiqués, dans la dernière période par certaines autorités publiques, qui permettent à des mouvements en quête d'honorabilité - comme la scientologie ou les Témoins de Jéhovah - de s'abriter derrière le label « nouveau mouvement religieux» directement venu des Etats-Unis.
 
Ce qui importe c'est de renforcer notre vigilance contre toutes formes de dérives qui sont de nature à mettre en cause les libertés individuelles et collectives ainsi qu'à porter atteinte à l'intégrité psychique et parfois physique des personnes. Les parlementaires travaillant sur les sectes forment le voeu que le nouveau Président de la commission des lois à l'Assemblée nationale saura prendre en main ces questions en donnant suite aux propositions de commissions d'enquête déposées par les députés de droite comme de gauche.
 
 
Philippe VUILQUE - Président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale
Député de Ardennes (Soc.)
Vice-Président du Conseil régional (Champagne-Ardenne)
 
Georges FENECH - Vice-Président du groupe d'études sur les sectes à l'ssemblée nationale.
Membre du Conseil d'orientation de la Mission Interministérielle de
Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)
Député du Rhône (UMP)
 
Jean-Pierre BRARD - Vice-Président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée nationale
Membre du Conseil d'orientation de la Mission Interministérielle de
Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)
Député de la Seine-Saint-Denis (CR)
Maire de Montreuil (93)
 
 
LA FIN DES LISTES NOIRES
 
Le Point, 23 juin 2005
par Christophe Labbé et Olivia Recasens
[Texte intégral]
 
Jean-Pierre Raffarin a signé la circulaire quatre jours avant de quitter Matignon. Elle met officiellement fin à la fameuse liste noire des 172 sectes annexée en 1995 dans un rapport d'une commission d'enquête parlementaire.
 
Une liste fondée sur dix critères empruntés en partie aux Renseignements généraux et qui était décriée aussi bien par les sectes que par les antisectes. Au premier rang desquels le député Alain Vivien, qui exigeait l'abrogation de cette liste au motif que certains critères étaient «des plus malheureux».
 
Même réticence du côté de la justice. Chaque fois que l'administration s'opposait à un mouvement sous prétexte qu'il était épinglé sur la liste, les tribunaux renvoyaient l'Etat dans les cordes. Pour les juges, le fait d'apparaître dans l'annexe du rapport parlementaire ne pouvait en aucun cas constituer une preuve d'appartenance sectaire.
 
«Au moment de sa publication, c'était déjà une liste obsolète, explique Gilles Bottine, secrétaire général de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L'Ordre du Temple solaire, dont seize adeptes se sont suicidés l'année même de la sortie du rapport, n'y figurait pas.» Ajoutez-y qu'en dix ans de nouvelles sectes ont vu le jour, que d'autres ont disparu ou changé de nom.
 
Plutôt que de se lancer dans le périlleux recensement de tous les mouvements sectaires, la circulaire adressée aux préfets préconise de concentrer les efforts sur les plus dangereux. Notamment les «petites structures mouvantes», «moins aisément identifiables» et qui recrutent sur Internet. C'était le cas de Néo-Phare, un groupuscule apocalyptique dont trois membres ont tenté de se suicider après que le gourou leur eut annoncé la fin du monde en février 2002.
 
Pour repérer ces micro-sectes imprévisibles, la Miviludes a mis en place l'année dernière, dans tous les départements, des cellules de vigilance placées sous l'autorité des préfets. Un dispositif qui renforce la centaine de policiers des RG spécialisés dans le sujet.
 
L'Eglise de scientologie et le «collectif contre l'intolérance religieuse
dans le système judiciaire» déposent une plainte à l'ONU
 
Mouvements religieux, mars 2005
[Texte intégral]
 
Un "collectif contre l'intolérance religieuse dans le système judiciaire" dont le porte parole est Thierry Becourt, président de l'institut de Psychanimie s'est constitué.
 
Il comprend aussi le pasteur Laurent Coddy (président des églises africaines d'expression française), Jacques Dubreuil (président de l'Ordre Monastique d'Avallon), Michel Raoust (président du comité français des scientologues contre la discrimination), Abdelkader Rhamani (president du Collège international du Tiers-monde et co-fondateur de l'Amicale judéo-arabe), Mohamed Taifour (directeur du centre culturel islamique de Montreuil), Paul Vinel (président de CAP-Coordination des Associations et des Particuliers pour la liberté de conscience).
 
Ce collectif met en cause la politique incitant la justice à sévir.
 
Le 22 février 2005 il a porté plainte auprès du rapporteur spécial des Nations-Unies sur l'indépendance des juges et des avocats.
 
NOUVELLE INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE
 
AFP, 22 septembre 2005
[Texte intégral]
 
Offensive judiciaire contre Unadfi accusée d'être ''une police de la pensée''
 
Un collectif d'avocats lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" a poursuivi mardi devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris l'Unadfi, spécialisée dans l'information sur les sectes, pour demander sa dissolution en l'accusant d'être "une police de la pensée".
 
"Pour la première fois", selon l'un de ces avocats, Me Bertrand Salquain, une action est intentée pour demander la dissolution de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi).
 
Ce collectif, lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" qui se présente comme "un tremplin d'information et d'action pour les individus et les groupes" victimes d'une "chasse aux sorcières" anti-sectes, demande également des dommages-intérêts pour une dizaine de personnes, adhérents ou proches de mouvements comme l'Eglise de scientologie ou la secte d'inspiration catholique Ivi, qui auraient eu à subir des préjudices liés à des dénonciations de l'Unadfi.
 
Tour à tour, les avocats de ces personnes, s'exprimant devant la 1ère chambre du TGI de Paris, ont qualifié l'Unadfi de "Big Brother", de "police de la pensée", voire de "bras armé des Renseignements généraux", animée par un nouveau "maccarthysme".
 
L'Unadfi, défendue par Me Serge Tubiana, ex-président de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et son antenne du Nord, représentée par Me Denis Lequai, ont dénoncé, derrière le paravent d'une association pour la liberté de conscience, "un groupe faisant le panégyrique de mouvements à qui on peut reprocher des pratiques sectaires"
 
Jugement le 15 novembre.
 

 

«Ron Hubbard, le gourou démasqué» de Russell Miller
 
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» résumé - hml
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» html
«Ron Hubbard, le gourou démasqué» pdf
«The Bare-Faced Messiah» by Russell Miller pdf - 394 pages - English
 
Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie.
On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice.
Il est disponible en format pdf ou html. Nous avons également publié une version résumée.
 

Exposing Scientology through streaming video

                             

Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de
Jean-Luc Barbier
                                        
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