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- GENEVE
1996 : PETITION DE LA SCIENTOLOGIE MISE AU PANIER
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Graves accusations diffamatoires de M. Fernand
Pasche,
- scientologue
responsable de "l'UNion contre l'Intolérance Religieuse"
(UNIR)
- contre M. François
Lavergat,
- président du "Groupe de Protection
de la famille et de l'individu" (GPFI)
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- Rapport de la commission des pétitions chargée d'étudier la pétition :
«Contre l'intolérance religieuse»
- 2 décembre 1996,
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Rapport de Mme Michèle Mascherpa (Libéral), commission des
pétitions
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- Le 12
octobre 1996, l'association UNIR (UNion contre l'Intolérance Religieuse), par la
plume de son président, M. Fernand Pasche, adressait la pétition suivante au
Grand Conseil :
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- La
commission des pétitions décidait de procéder en premier lieu à l'audition de Me
François Bellanger, responsable du groupe d'experts mandaté par le département
de justice et police et des transports (DJPT) pour faire un audit sur les
dérives sectaires, avant d'entendre l'auteur de la pétition.
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- I
Attendu
que la Constitution helvétique garantit
la liberté de conscience;
que la Suisse a adhéré à la Déclaration
universelle des droits de l'homme, promulguée par les Nations Unies le
10 décembre 1947, déclaration qui garantit notamment la liberté
religieuse;
que le 12 décembre 1960 l'Assemblée générale des Nations Unies
a adopté une résolution «condamnant toutes les manifestations de haine raciale,
religieuse et nationale ... comme violation... de la Déclaration universelle des
droits de l'homme»;
que le 21 décembre 1965 l'Assemblée générale des
Nations Unies a adopté une nouvelle convention entrée en vigueur le 4 janvier
1969, à laquelle 130 Etats ont déjà adhéré;
que le 2 mars 1992 le Conseil
fédéral a adressé aux Chambres un «message concernant l'adhésion de la Suisse à
cette convention, appelée convention internationale sur l'élimination de toutes
les formes de discrimination raciale et sur la révision y relative du droit
pénal»;
que ce message est publié (FF 1992, Vol. III, pages
267-324);
que la convention couvre un champ plus large que la
discrimination raciale et inclut la liberté de pensée, de conscience et de
religion (art. 2 et 5, lettres a à f), la lettre d, «autres droits civils»,
mentionnant expressément :
vii) droit à la liberté de pensée, de conscience et
de religion; viii) droit à la liberté de réunion et d'associations
pacifiques;
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- que l'article 6 précise que «les Etats assureront à toute
personne soumise à leur juridiction une protection et une voie de recours
effectives, devant les tribunaux nationaux et autres organismes nationaux
compétents, contre tous actes de discrimination ...»;
qu'enfin l'article 8
prévoit la constitution d'un Comité international de 18 experts chargé de
contrôler le respect de la convention dès son entrée en vigueur dans chaque Etat
intéressé. Le message du Conseil fédéral, page 317, accepte l'admission de ce
comité comme organe de contrôle en Suisse;
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- que les Chambres fédérales ont
voté l'adhésion de la Suisse à cette convention et que le peuple suisse l'ayant
fait à son tour le 25 septembre 1994, à une large majorité, la convention est
entrée en vigueur le 1er janvier 1995;
que, pour assurer l'application de
la convention, les Chambres ont en outre voté l'introduction de l'article
261 bis du code pénal, disposition dont le texte est annexé;
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- que cette
disposition, très détaillée, punit l'incitation publique à la haine,
l'organisation et l'encouragement d'actions de propagande ainsi que la
participation à de telles actions; que le code pénal suisse punit également le
financement de telles actions;
-
- que le message du Conseil fédéral a relevé
que «l'effet de prévention est essentiel dans ce
domaine».
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- II
Attendu
que, dans le canton de Genève, des campagnes
haineuses et calomnieuses se multiplient contre les nouveaux mouvements
religieux, qualifiés avec mépris de «sectes», en vue d'aboutir à leur
destruction;
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- que, dans le canton de Genève, le nommé François Lavergnat a
créé un groupuscule appelé GPFI, dont il est pratiquement l'agitateur unique, et
qu'il répand par ce moyen des constants messages de haine et de calomnie sur les
nouveaux mouvements religieux et leurs membres;
que M. François Lavergnat
semble être écouté par certaines «oreilles officielles» qui le soutiennent dans
son action, y compris sur le plan financier, selon ses propres
allégations;
qu'au surplus les enquêtes qui sont faites sur les nouveaux
mouvements religieux apparaissent comme unilatérales et partiales, aucun expert
en la matière n'étant entendu alors que de nombreuses sommités neutres, tant
religieuses que laïques, se sont spécialisées dans l'étude des nouvelles
religions (on trouvera en annexe un certain nombre d'expertises fournies à titre
d'exemple);
que M. François Lavergnat n'est certainement pas une autorité
en la matière, ainsi que la description de ses actes permet de le constater
(annexes);
qu'il y a lieu de respecter la Constitution helvétique, les
engagements internationaux de la Suisse et le droit pénal.
III
Vu les
considérations qui précèdent et la documentation fournie, que les pétitionnaires
se réservent de compléter largement,
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- le Grand Conseil est prié
:
1. de
demander au gouvernement cantonal que toute commission mandatée par lui pour
étudier cette question prenne l'avis d'experts nationaux et internationaux
versés dans le domaine des nouvelles religions de manière à ce que toute prise
de position ou recommandation soit fondée sur une information impartiale et
correcte et non sur la haine et la discrimination;
2. d'instituer une
commission d'enquête sur les subventions que M. François Lavergnat, fondateur du
GPFI, se targue d'avoir reçues de certaines autorités genevoises, ainsi que sur
leur destination;
3. de créer une commission indépendante qui s'occupera des
questions liées aux nouveaux mouvements religieux sur la base du dialogue et de
l'égalité de traitement, sans prévention contre lesdits mouvements et leurs
membres;
4. de créer à terme une chaire à la faculté de théologie de
l'université de Genève pour permettre à un ou des professeurs qualifiés de
donner un enseignement objectif et correct sur les nouvelles religions.
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- Pour
UNIR - UNion contre l'Intolérance Religieuse
- Fernand
Pasche, président
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- 2 décembre 1996
:
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- Le mandat du groupe d'experts
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- Me Bellanger situe le cadre du
mandat d'expertise que le président du DJPT lui a confié le 8 janvier 1996.
L'étude s'articule autour de trois axes de réflexion:
- analyse de
l'existant: dresser un inventaire de l'arsenal législatif disponible pour lutter
contre les dérives sectaires;
- sur cette base, définir des possibilités
d'action plus étendues;
- et enfin, proposer de nouvelles dispositions
légales.
Le rapport, qui est attendu prochainement, traite donc uniquement de
la prévention et de la punition liées à des actions illicites de groupements à
caractère religieux, spirituel ou ésotérique, ce que le groupe d'experts a
qualifié de dérives sectaires. En aucun cas, il ne s'agit de mettre sur pied une
police des consciences, ni de porter atteinte à la liberté de croyance, ni de
porter un jugement sur les groupements communément appelés «sectes», ni encore
moins de chercher à définir ce qu'est une secte ou ce qu'est une religion.
L'étude se concentre uniquement sur les actes illicites que des groupements à
caractère religieux, spirituel ou ésotérique, seraient amenés à commettre sous
le couvert de la croyance.
Pour mener son étude à chef, le groupe d'experts
a, en toute indépendance et impartialité, entendu un nombre important de
personnalités de tous horizons: des universitaires, dont M. Eric Fuchs,
directeur du centre interfacultaire d'éthique, et M. Olivier Fatio, doyen de la
faculté de théologie; des représentants des autorités, des victimes ou des
parents de victimes et, bien évidemment, des représentants de différents
groupements, généralement qualifiés de sectes par le public, dont M. Pasche,
président d'UNIR et auteur de la présente pétition.
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- La pétition
1131
Au
sujet de cette pétition, Me Bellanger fait tout d'abord remarquer que l'ensemble
des attendus se réfère à la Convention internationale sur l'élimination de toute
forme de discrimination raciale : cette convention traite de la liberté
religieuse uniquement sous l'angle de la discrimination raciale et n'a rien à
voir avec les sectes.
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- Par ailleurs, les références faites au code pénal suisse
sont erronées.
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- Il insiste à nouveau sur l'impartialité avec laquelle le
groupe de travail a mené ses auditions et trouve parfaitement injustifiées les
allégations de discrimination et de partialité de M. Pasche à l'égard de la
commission.
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- La scientologie, comme tous les autres groupements d'une certaine
importance, a été auditionnée et a d'ailleurs pu remettre aux membres du groupe
d'experts une volumineuse documentation.
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- M. Pellegrini se réfère au passage
de la pétition concernant les subventions que M. Lavergnat, président du GPFI,
recevrait des autorités genevoises. Il précise à ce sujet que le GPFI a
bénéficié d'une subvention unique du département de l'action sociale et de la
santé (DASS) en 1996, d'un montant de 5 000 F. Il n'avait rien reçu les années
précédentes et rien n'est prévu au budget 1997. Tout a été fait dans les règles
ainsi qu'en atteste la lettre que M. Pellegrini fait circuler auprès des
commissaires.
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- Le rapport du groupe d'experts genevois
En février 1997,
chaque député a reçu un exemplaire de l'«audit sur les dérives sectaires».
Chacun aura donc pu se convaincre du sérieux et de l'objectivité qui ont présidé
aux travaux des experts, ce dont les médias n'ont d'ailleurs pas manqué de se
faire l'écho.
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- La lecture de ce rapport nous amène à rejeter sans hésitation
l'allégation que le président d'UNIR formule dans la première invite de sa
pétition : «que toute prise de position ou recommandation soit fondée sur une
information impartiale et correcte et non sur la haine et la discrimination». La
commission d'experts a précisément travaillé de façon impartiale et correcte et
à aucun moment dans le rapport final on ne peut relever la moindre trace de
discrimination ou de haine. Bien au contraire. Nous citerons ce passage,
révélateur de l'esprit des auteurs: «Le groupe d'experts a notamment mesuré le
risque que représente une chasse aux sorcières lorsque, sur la base
d'informations sommaires ou incomplètes, des groupements sont mis au ban de la
société au motif que leurs croyances apparaissent un peu étranges.»
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- Les
autres invites de la pétition
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- «Instituer une commission d'enquête sur les
subventions que M. Lavergnat se targue d'avoir reçues...».
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- Comme on l'a vu
précédemment, le GPFI - et non M. Lavergnat en personne - a reçu une unique
subvention du DASS, en toute licéité et transparence. Toute association peut
faire une demande de subvention auprès du gouvernement: il n'y a rien d'illicite
dans une telle démarche. Que la subvention soit accordée, ou refusée, il n'y a
pas matière à créer une commission d'enquête !
«Créer une commission
indépendante qui s'occupera des questions liées aux nouveaux mouvements
religieux.» Cette invite est intéressante dans la mesure où elle rejoint
précisément une des recommandations du groupe d'experts qui préconise la mise en
place d'un «organisme indépendant d'information ... de manière à assurer la
diffusion dans le public d'une information neutre et objective sur les pratiques
et croyances des différents groupements».
Quant à la dernière invite, «Créer
... une chaire à la faculté de théologie de l'université de Genève pour
permettre ... un enseignement objectif et correct sur les nouvelles religions»,
elle ressortit à la compétence de l'université et non à celle du Grand Conseil.
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Il est toutefois intéressant de relever que dans les recommandation générales du
groupe d'experts il en est une qui suggère «l'introduction de cours sur
l'histoire des religions et la culture judéo-chrétienne à l'école ... si l'on
veut que les adolescents et les jeunes adultes puissent juger des «produits»
proposés par les groupements à caractère religieux, spirituel et ésotérique».
Cette proposition nous paraît digne du plus grand intérêt et elle rejoint d'une
certaine manière le souci du pétitionnaire: combler les lacunes en matière
d'information objective et correcte du public.
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La
commission des pétitions estime que les recommandations générales de l'audit sur
les dérives sectaires répondent largement aux préoccupations des auteurs de la
pétition 1131 et ne juge pas nécessaire de poursuivre ses travaux par d'autres
auditions. Et ce d'autant qu'elle a déjà eu l'occasion d'étudier de manière
approfondie la problématique des groupements à caractère religieux, spirituel ou
ésotérique lors d'une précédente pétition qui a fait l'objet d'un rapport
fouillé.
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- Par ailleurs, le rapport du groupe d'experts contient nombre
d'autres recommandations relatives à la protection de l'enfant contre les
atteintes liées à la dépendance de mouvements sectaires, aux mesures de droit
administratif, fiscal ou pénal contre les atteintes résultant de dérives
sectaires, qui sont autant de pistes qui méritent d'être explorées «parce
qu'avec ce rapport, nous devons être au début d'une action concrète et non pas
simplement à la fin d'un processus intellectuel». (Gérard Ramseyer,
Préface.)
En conclusion, la commission des pétitions vous recommande,
Mesdames et Messieurs les députés, par 12 voix pour et 3 abstentions, le
classement de la pétition 1131. A la demande des commissaires qui se sont
abstenus, nous précisons qu'ils étaient en faveur d'un dépôt sur le bureau du
Grand Conseil.
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Mme Michèle
Mascherpa (Libéral), rapporteuse. En page 5 du rapport, il y a une erreur
de date. Il s'agit du 8 janvier 1996 et non du 8 janvier 1966. Je n'ai rien
d'autre à ajouter.
Mises aux voix, les conclusions de la commission des
pétitions (classement de la pétition) sont adoptées.
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