[Accueil][Objectifs][Nouveautés][Pétitions][Témoignages][Faire un don][Articles médias][Jura et les sectes][La manipulation]

La scientologie condamnée devant le Parlement jurassien 
 
Pétition de Jean-Luc Barbier pour l'interdiction de la location de stands à la scientologie
sur tous les marchés et foires du Canton du Jura
 
Journal des débats du Parlement de la République et Canton du Jura (23 février 2005)
 
Mme Germaine Monnerat (Parti Démocrate Chrétien): La location de stands à l’Eglise de scientologie est de caractère communal et le Canton ne peut intervenir
 
M. Gilles Froidevaux (Parti Socialiste): Le groupe socialiste ne peut accepter que cette pétition soit rejetée sans débat politique au sein du Parlement quant à l’activité de l’Eglise de scientologie
 
M. Luc Schindelholz (Combat Socialiste-POP): Chaque citoyen doit être respecté et, ce, quel que soit le nombre de pétitions qu’il adresse à la commission
 
M. Charles Juillard (Parti Démocrate Chrétien): Le traitement de cette pétition a causé passablement de discussions
 
Mme Germaine Monnerat (PDC): La commission n’a jamais eu pour but de juger M. Barbier !!!
 
Remarque du Gravis: Que cache la «langue de bois» de Mme Germaine Monnerat ?
 
Pétition : «Pour interdire la location de stands à la scientologie
sur tous les marchés et foires du Canton du Jura»
 
Débat au parlement du canton du JURA (Suisse)
Journal des débats — N° 2 Séance du 23 février 2005
[Texte intégral]
 
Mme Germaine Monnerat (Parti Démocrate Chrétien),
présidente de la commission de la justice et des pétitions:
 
La commission de la justice et des pétitions a auditionné M. Barbier lors de sa séance du lundi 6 décembre 2004. La commission a décidé cet entretien parce qu’elle devait traiter la troisième pétition du même auteur concernant le même sujet. Durant l’entretien, la commission a compris la détresse du pétitionnaire. La rencontre avait pour but d’expliquer à ce dernier la méthode la mieux appropriée pour défendre ses idées.
 
Par ses positions, la commission n’a jamais eu pour objectif de défendre la scientologie mais elle ne pouvait que constater que ces démarches, pour être efficaces, devaient transiter soit au niveau national ou, comme c’est le cas pour cette dernière pétition, au niveau communal.
 
Cette troisième pétition a pour but d’interdire la location de stands à l’Eglise de scientologie sur tous les marchés et toutes les foires du canton du Jura. Or, comme chacun le sait, ces manifestations sont à caractère communal et le Canton n’intervient pas dans l’organisation. Il n’a donc aucune compétence de police pour intervenir dans l’autorisation ou l’interdiction de location de stands.
 
On ne peut défendre l’autonomie communale et intervenir dans sa souveraineté lorsque cela pourrait nous arranger. Pour les raisons invoquées plus haut, au nom de la commission de la justice et des pétitions, je vous demande de rejeter cette troisième pétition relatif à l’Eglise de scientologie.
 
 
M. Gilles Froidevaux (Parti Socialiste):
 
Au cours de sa dernière séance, le groupe socialiste a examiné le rapport de la commission de la justice et des pétitions en relation avec la pétition de M. Jean-Luc Barbier intitulée «Pour interdire la location
de stands à la scientologie sur tous les marchés et foires du Canton du Jura».
 
Le groupe socialiste rejoint l’appréciation de la commission lorsque celle-ci propose au Parlement de rejeter la pétition Barbier. En revanche, il ne peut accepter que cette pétition soit rejetée sans débat politique au sein de ce Parlement quant à l’activité de l’Eglise de scientologie.
 
Même si la compétence d’interdire la location de stands sur les marchés et les foires appartient effectivement aux communes concernées, il n’en demeure pas moins que le Parlement jurassien devrait une fois pour toutes se déterminer politiquement sur l’attitude à adopter envers l’Eglise de scientologie et les sectes.
 
Curieusement, les autorités fédérales ne semblent pas particulièrement préoccupées par l’activité des sectes. Le dernier rapport du Département fédéral de Justice et Police date du 15 décembre 2000. Dans ce document, le DFJP observe que «les sectes et la Scientologie n’ont pas réduit leurs activités et sont toujours aussi contestées». Il estime toutefois «qu’il n’y a pas lieu de les faire surveiller par les organes chargés d'assurer la protection de l’Etat». Il relève en revanche «la nécessité de procéder à une nouvelle évaluation de la situation si les derniers développements ou les nouvelles connaissances acquises l’exigent. La situation d’autres pays européens et les informations issues de ces pays doivent, à l’avenir encore, être prises en compte».
 
Aux yeux du groupe socialiste, l’activité de certaines sectes représente un problème de plus en plus important pour les sociétés démocratiques. Au cours des dernières années, la France, notamment, a reconnu les dangers que présentent les sectes pour la société. Les nombreux procédés agressifs de l’Eglise de scientologie y ont largement contribué.
 
Certaines expériences tragiques suscitent de légitimes préoccupations dans la population; sur les centaines
de mouvements sectaires, le risque existe bien que quelques-uns se livrent à des pratiques discutables et susceptibles d’entraîner des conséquences négatives pour leurs adeptes, voire pour la société.
 
En France, la très sérieuse Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), rattachée directement au Premier Ministre, a donné la définition suivante du mot «secte» dans son rapport du 30 décembre 1999 :
 
«Une secte est une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux Droits de l’Homme et à l’équilibre social».
 
Pour sa part, une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale française a qualifié l’Eglise de scientologie de «secte». Et qu’on ne s’y trompe pas. L’Eglise de scientologie n’est pas une religion. Cette appréciation est partagée par le Tribunal cantonal vaudois qui, dans un arrêt, a rejeté la plainte déposée par les scientologues contre trois conseillers municipaux de la Ville de Lausanne pour discrimination religieuse.
Selon le Tribunal cantonal, une religion doit être acceptée et reconnue comme telle. Il ne suffit donc pas qu'elle se désigne par les termes d’Eglise ou de religion pour bénéficier de la protection contre la discrimination religieuse.
 
Je cite: «On ne discerne dans la scientologie aucun rapport de l’homme à Dieu ou à un principe supérieur et sacré» estiment les juges. Ses prestations et les biens qu’elle offre «n’ont rien de religieux».
 
En notre qualité de députés et au nom de la liberté de pensée, nous ne pouvons dès lors tolérer que s’affiche ouvertement une association à caractère sectaire dont le comportement a été assimilé par un organisme officiel français, je le répète, à «une association de structure totalitaire (..) qui porte atteinte aux Droits de l'Homme et à l’équilibre social».
 
Cessons donc l’hypocrisie et prenons des mesures ! Arrêtons de dire qu’on ne peut rien faire contre les sectes et utilisons tous les moyens légaux et démocratiques à disposition !
 
Pour sa part, le conseil communal de Delémont a tranché. Dans une décision prise le 8 février dernier, il a interdit l’Eglise de scientologie de toute activité sur le domaine public de la commune. Considérant que les agissements et le message «ambigu» des scientologues heurtent de plus en plus les sensibilités des citoyens, le conseil communal a décidé de mettre un terme aux activités de prosélytisme de l’Eglise de scientologie, notamment lors du marché de la vieille ville.
 
Cette décision concerne également les associations apparentées de près ou de loin à la scientologie, telle par exemple l’Association «Dites non à la drogue».
 
Nous souhaitons vivement que les autres communes prennent les mêmes mesures.
 
Après avoir ainsi donné son appréciation politique de la situation, le groupe socialiste acceptera le préavis de la commission de la justice et des pétitions au motif que celui-ci rejette une pétition qui concerne avant tout les communes et non pas le Canton.
 
 
M. Luc Schindelholz (Combat Socialiste-POP):
 
Tout d’abord, je vais plutôt m’exprimer sur la forme plutôt que sur le fond de la pétition que la commission rejette clairement et pour de justes motifs.
 
Sur la forme, le message de la commission de la justice et des pétitions nous a un peu gênés. Chaque citoyen doit être respecté et, ce, quel que soit le nombre de pétitions qu’il adresse à la commission. La loi le lui autorise et ce n’est pas le rôle d’une commission de juger l’un de ses citoyens. En l’état, nous ne pouvons accepter le message sous cette forme et nous demandons que le Parlement s’exprime uniquement sur la recommandation de la commission de la justice et des pétitions.
 
Deuxièmement – et, en cela, je rejoins le groupe socialiste – le message actuel pourrait donner l’impression de défendre l’Eglise de scientologie et, Gilles Froidevaux a bien fait de le dire, cette Eglise tente de plus en plus des percées dans notre Canton. J’espère également que nous serons amenés à légiférer sur cette Eglise de scientologie.
 
Je tiens également à vous informer (si vous l’ignorez) que les courriers ou documents que nous recevons, en tant que députés, épisodiquement d’une certaine «Commission des citoyens pour les Droits de l’Homme» sont en réalité financés par l’Eglise de scientologie. Vous avez certainement reçu également des courriers électroniques et cette documentation qui s’appelle «Santé mentale en crise: les vraies raisons». C’est bien écrit en bas «Commission des citoyens pour les Droits de l’Homme».
 
Cela peut apparaître très sympathique et, en fin de compte, lorsqu’on regarde la dernière page et quand on lit le texte, on voit en tout petit (en blanc sur un grand fond rouge) «Cette publication a pu être réalisée
grâce à un don de l’International Association Scientologist».
 
Vraiment, on ne peut pas le lire mais c’est évidemment une publication scientologue. D’ailleurs, je me suis renseigné et cette commission des citoyens pour les Droits de l’Homme a été fondée en 1969 par l’Eglise de scientologie ! Donc, un député averti en vaut deux!
 
 
M. Charles Juillard (Parti Démocrate Chrétien):
 
Quant à la forme, je crois que le traitement de cette pétition a causé passablement de discussions autant au sein du Bureau qu’au sein de la commission, voire des groupes parlementaires. Je crois quand même que la manière de traiter les pétitions devrait être examinée dans le cadre de la révision de notre règlement, que nous allons aborder très prochainement.
 
En ce qui concerne le fond, je partage, pour ma part, entièrement l’avis de Gilles Froidevaux. A mon avis, il nous appartient de faire en sorte de nous protéger par rapport aux attaques incessantes de ce genre d'institution et, là, je crois qu’il faudra sans attendre se poser la question de savoir, sur le plan cantonal, quelles compétences on peut avoir pour faire quelque chose.
 
Je rappelle d’ailleurs qu’il existe ou, du moins, qu’il existait un observatoire romand des sectes où le Jura était représenté. Je ne sais pas s’il l’est encore. Ce serait peut-être l’occasion de réactiver un petit peu cet organisme pour aussi qu’il nous aide peut-être à trouver des solutions dans ce cadre-là.
 
Pour ma part, je soutiendrai le préavis de la commission mais je souhaite aussi qu’à terme on trouve des solutions pour se protéger contre ces sectes.
 
 
Mme Germaine Monnerat (PDC),
présidente de la commission:
 
Voir remarque du Gravis concernant cette dernière intervention
 
Je tiens quand même à préciser une chose. La commission n’a jamais eu pour but de juger M. Barbier. Il a déposé trois pétitions. Dans le cadre de ces trois pétitions, chaque fois qu’on a pu intervenir, la commission est intervenue.
 
On l’a justement auditionné pour discuter avec lui et lui expliquer de quelle manière faire avancer les choses. On n’a jamais eu l’intention de juger M. Barbier. On s’est rendu compte qu’il avait beaucoup souffert, qu’il a été pris dans cette Eglise de scientologie et qu’il a été difficile pour lui de s’en sortir. Mais ce que nous voulions surtout faire, c’est lui expliquer la manière dont il devait s’y prendre pour aller au bout de ses idées.
 
Il venait chez nous, il déposait une pétition; après, il la retirait et il en redéposait une autre ! On a essayé de lui expliquer clairement les choses et de quelle manière il devait s’y prendre. Donc, le rapport n’a pas pour but de juger M. Barbier mais la commission a bien voulu lui expliquer la manière dont il devait s’y prendre pour mener à bien son combat.
 
 
Au vote, le rapport de la commission de la justice et des pétitions (rejet de la pétition) est accepté par la majorité des députés.
 
Devant le parlement jurasssien Mme Germaine Monnerat
parle la langue de bois pour sauver la face
 
Dans sa deuxième intervention (voir ci-dessus) Mme Germaine Monnerat oublie de dire qu'elle a refusé d'écouter M. Barbier au sujet de sa deuxième pétition («Les promotions subreptices de l'Eglise de scientologie»).
 
Plus grave :
 
Lors de la réunion concernant la troisième pétition de M. Barbier («Pour l'interdiction des stands de scientologie dans les foires du Canton du Jura»), une ex-employée de l'Eglise de scientologie a été exclue par Mme Germaine Monnerat de toute discussion ...
 
Cette personne ainsi rejetée par Mme Germaine Monnerat a travaillé aux USA sous les ordres du grand patron de la scientologie : M. David Miscavige. Elle était, malgré ses 65 ans et un cancer, venue spécialement à Delémont pour témoigner des méthodes de la direction de l'Eglise de scientologie.
 
Une attitude irresponsable de Mme Germaine Monnerat, sans le moindre respect d'une citoyenne victime de la scientologie qui, après ce triste accueil de la part du canton du Jura, les larmes aux yeux, attendant son train, nous a dit:
 
"Le Jura, grandes ambitions, petits esprits"
 
Cela devait être dit
 
Le Gravis