-
- GENÈVE
- Pétition contre la scientologie acceptée,
- Contre-pétition
scientologue classée
-
- Genève
: "contre-pétition"
de la scientologie rejetée
-
|
-
- Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil
- sur la pétition du
GPFI
- (Groupement
pour la protection de la famille et des individus) demandant des mesures
contre la scientologie
-
- 53e législature - 3e année - Session 10 (septembre 1996)
Séance 34 du 13.09.1996
- Mémorial 1994 : Annoncée, 579.
- Lettres, 2472, 4474,
5697. Rapport, 4646.
-
- Préambule
-
- Le 9
septembre 1994 était déposée, à titre de renseignements, sur le bureau du Grand
Conseil la pétition 1035-A «Pour la création d'une commission consultative en
faveur de la tolérance et du respect des libertés religieuses».
-
- Cette pétition,
émanant des milieux de la scientologie, était ainsi classée.
-
- Le 5 octobre
1994, était transmise au Conseil d'Etat la pétition 1027 du GPFI demandant des
mesures contre la scientologie. Il faut d'emblée remarquer que cette pétition
est ambiguë dans la mesure où elle est intitulée «Contre la scientologie», que
sont but vise les personnes «victimes de sectes poursuivant le culte de
l'argent» et que l'exposé des motifs ne traite que de la scientologie.
-
- Le
rapport de la commission des pétitions invitait le Conseil d'Etat à prendre
diverses mesures.
-
- Le Conseil d'Etat, à l'instar de la commission des
pétitions, admet que la pétition 1027 vise la scientologie et non l'ensemble des
sectes comme pourraient le laisser croire nombre de déclarations à ce sujet
intervenues par la suite, y compris celles émanant des auteurs de la pétition,
ultérieurement au drame de Saint-Pierre-de-Chérennes (secte du Temple solaire)
en décembre 1995.
-
- Le Conseil d'Etat peut répondre de la manière suivante aux
différentes invites telles que contenues dans le rapport de la commission des
pétitions dans ses conclusions.
1. 1re invite: mettre en oeuvre tous les
moyens nécessaires pour éviter tout prosélytisme et toute utilisation de données
administratives à des fins de propagande et de recrutement, notamment auprès des
mineurs
-
- 1.1 Eviter tout prosélytisme
Cette invite bute fondamentalement
sur le fait que notre constitution garantit la liberté de culte, d'opinion, de
croyance, de conscience ou de religion. Cette liberté s'étend à la possibilité
de faire connaître ces diverses notions à des tierces personnes par tout moyen
d'information et de publicité existant.
-
- En dehors de la notion de sécurité de
l'Etat, il n'est pas du ressort de l'autorité cantonale d'intervenir en la
matière, et cela en amont, faute de base légale. Il en va évidemment
différemment en aval, en cas de plaintes et dans la mesure où des délits
réprimés par le droit sont commis ou sont susceptibles d'avoir été commis ou
encore de pouvoir être commis avec vraisemblance. Enfin, il est inconcevable
d'instaurer une police des consciences et des âmes.
-
- En conclusion, on ne peut
pas - a priori et de manière générale - interdire toute forme d'information ou
de publicité de la scientologie en la déclarant hors la loi. On peut tout au
plus contrecarrer son prosélytisme sur plaintes relatives à d'autres éléments
que le seul prosélytisme.
-
- 1.2 Eviter toute utilisation de données
administratives à des fins de propagande et de recrutement
-
- Les différents
textes légaux et réglementaires en vigueur à l'Etat de Genève, particulièrement
en matière informatique, donnent sur le plan du principe les garanties
souhaitées par la commission des pétitions.
Il demeure que cette utilisation
abusive pourrait être le fait de membres de la scientologie faisant partie des
personnes habilitées à traiter ou utiliser ces données. Un abus en la matière
serait alors sanctionné par la loi sur les informations traitées automatiquement
par ordinateur, du 17 décembre 1981, pour autant qu'il puisse être décelé. Il
faut cependant remarquer qu'un membre du personnel de l'Etat ne pourrait pas
être sanctionné par le simple fait qu'il appartiendrait à la scientologie mais
seulement du fait qu'il aurait utilisé abusivement des données qu'il détient,
comportement qui n'est pas aisé à prouver.
-
- 2. 2e invite: favoriser une
étroite collaboration entre les associations d'information et de soutien aux
victimes des sectes et les départements de l'Etat de Genève
-
- On pourrait se
référer, par analogie du moins, à la loi sur l'aide aux victimes (LAVI). Cette
dernière loi n'entre cependant pas en ligne de compte pour le motif qu'elle ne
s'applique qu'en cas de commission d'une infraction réprimée par le code
pénal.
-
- De plus, cette référence ne permettrait pas d'éviter l'obstacle
dirimant d'une intervention en aval faute de pouvoir s'exercer en amont.
-
- Le
Conseil d'Etat cependant est sensible à la suggestion visant à une meilleure
collaboration et à une meilleure information. Il entend intégrer dans sa
réflexion la dimension régionale, voire internationale. Les départements
concernés s'occupent de créer un outil dans ce domaine, tout en relevant
l'extrême sensibilité du contexte et donc l'extrême difficulté de rédiger une
documentation qui soit précise et correcte et qui ne soit, de surcroît, pas
contestable sur le plan juridique.
3. 3e invite: étudier la nécessité de
faire intervenir le médecin cantonal ou le pharmacien cantonal dans le contrôle
de prestations médicales apportées par des sectes, notamment de la distribution
de vitamines par l'Association pour une église de scientologie
-
- Le médecin
cantonal et le pharmacien cantonal surveillent l'exercice des professions de la
santé. A ce titre, ils peuvent intervenir si des pratiques s'avèrent contraires
à l'art médical ou pharmaceutique.
-
- S'ils constatent des pratiques contraires
à la déontologie professionnelle ou aux règles de l'art, ils saisissent la
commission de surveillance des professions de la santé qui peut proposer des
sanctions, voire recommander l'interdiction de l'exercice de la profession au
délinquant.
-
- Il demeure que les personnes exerçant une activité non définie
dans la loi sanitaire échappent à cette commission. S'il s'agit d'une pratique
illégale de la médecine, le département, sur proposition du médecin cantonal ou
du pharmacien cantonal, dénonce les faits au procureur général.
-
- En ce qui
concerne la distribution de vitamines, il est rappelé que certaines préparations
vitaminées doivent être enregistrées à l'office intercantonal de contrôle des
médicaments avant d'être commercialisées. La vente de tels produits non
enregistrés est donc illicite et est interdite. La législation sanitaire
actuelle prévoit, pour toute infraction à la loi, des sanctions administratives
ou pénales.
-
- D'autres préparations vitaminées ne sont, en revanche, pas
soumises à enregistrement, n'étant pas considérées comme médicaments mais comme
aliments de complément. Elles doivent, quant à elles, être déclarées à la
division exécution du droit sur les denrées alimentaires de l'office fédéral de
la santé publique. Le chimiste cantonal veille à l'exécution de la loi sur les
denrées alimentaires et peut aussi, pour sa part, interdire et sanctionner la
vente de produits non déclarés.
-
- Conclusion
-
- De manière particulière, le
Conseil d'Etat est sensible aux problèmes posés par la scientologie. C'est sur
le plan de l'information du public, des mineurs en particulier, que doit
s'exercer en première analyse son action.
-
- Pour les autres, et graves,
problèmes, l'action du Conseil d'Etat en ce qui concerne la scientologie est
englobée dans celle qu'il entend conduire à l'égard des sectes en général.
-
- De
manière générale, les drames de Salvan et Cheiry en 1994 et
deSaint-Pierre-de-Chérennes en 1995 ont mis en lumière, de manière tragique, les
issues auxquelles conduit l'activité de certaines sectes.
-
- Le Conseil d'Etat
peut, à ce propos, apporter les informations suivantes:
-
- Secte du Lotus
d'or/Mandarom (Castellane/France)
-
- Par décision du 14 juillet 1995, le
département de justice et police et des transports (DJPT) a prononcé la caducité
de l'autorisation d'exploiter l'agence de sécurité privée UNIT SÉCURITÉ SA en
raison de la menace pour la sécurité et l'ordre publics résultant de la totale
inféodation des dirigeants de l'agence au gourou de cette secte. Cette décision
fait présentement l'objet d'un recours au Tribunal administratif.
-
- Groupe
d'étude
-
- Par mandat du 12 janvier 1996, le DJPT a chargé un groupe d'étude,
présidé par Me François Bellanger, avocat, en substance
:
- de faire un état
des lieux complet sur les bases légales dont nous disposons en matière de
sectes;
- d'examiner dans quelle mesure on peut faire un usage plus
approfondi, plus direct et élargi des bases légales existantes dans le sens
d'une intervention non plus seulement en aval mais en amont des
problèmes;
- d'examiner quelle modification législative pourrait être
conduite, sur les plans fédéral et cantonal, toujours dans la volonté d'agir en
amont, de manière plus directe et plus approfondie à l'égard des sectes.
Le
rapport préalable de ce groupe d'étude est attendu pour l'été 1996 et le rapport
final pour l'automne 1996, à la suite de quoi le Conseil d'Etat examinera
quelles sont les dispositions qu'il entend prendre et dont il fera part au
Parlement.
-
-
Le
Grand Conseil prend acte de ce rapport (ceci bien entendu après le
débat. Ndlr)
|
-
- DÉBAT
-
Rapport
du Conseil d'Etat au Grand Conseil
-
- Première
intervention :
Mme Evelyne Strubin (AdG)
-
- Monsieur
le président, Mesdames et Messieurs les députés, tout d'abord permettez-moi de
vous dire que, selon moi, la loi du silence me paraît en la matière être
assimilable à un cautionnement, voire à une protection; c'est la raison pour
laquelle je m'exprime ce soir.
-
- Pour commencer, j'apporterai une petite
rectification qui a son importance et qui a été demandée par courrier par le
Groupement pour la protection de la famille et de l'individu. Le titre du
rapport dont j'étais l'auteur comportait une erreur dans son titre qui doit se
lire comme suit : «Rapport de la commission des pétitions sur la pétition visant
à prendre toutes mesures légales et autres pour protéger, porter assistance à
toute famille ou individu victime de sectes, poursuivant le culte de l'argent
par la pratique des manipulations mentales de ses adeptes».
-
- Cette correction
faite, je parlerai ici de la scientologie plus particulièrement, car il en a été
beaucoup plus question devant la commission.
-
- Permettez-moi donc un brin
d'histoire :
-
- Cette pétition a été reçue le 28 mars 1994 par la commission des
pétitions qui travailla très sérieusement sur ce sujet et renvoya le 9 septembre
1994 un rapport unanime au Conseil d'Etat après avoir procédé à de nombreuses
auditions. Depuis, silence... Au bout des six mois prescrits par le règlement,
je me suis renseignée discrètement sur l'avancement de ce dossier, et il m'a été
répondu que cela n'était pas une priorité du Conseil d'Etat. Il aura fallu les
tristes événements que l'on sait, impliquant une autre secte, diverses
interventions de députés à ce sujet et environ deux ans d'attente pour recevoir
aujourd'hui le rapport du Conseil d'Etat, qui comporte quatre pages et demie,
dont une ne représente que le simple rappel des faits. Néanmoins, ce rapport
est-il intéressant, comporte-t-il des réponses et des
solutions ?
-
- Personnellement, je ne suis pas satisfaite
:
-
- A l'invite N°1
qui demandait au Conseil d'Etat de mettre tous les moyens nécessaires en oeuvre
pour éviter tout prosélytisme et toute utilisation des données administratives à
des fins de propagande et de recrutement, notamment auprès des mineurs, voilà ce
que l'on nous répond en résumé :
-
- La liberté de religion laisse à la
scientologie la possibilité de faire connaître ses convictions par la publicité
et l'information. Mise à part la sécurité de l'Etat, il n'est pas possible
d'intervenir sauf s'il y a plainte. Il n'est pas concevable d'instaurer une
police des consciences et des âmes. Les textes légaux, à l'Etat notamment,
concernant l'informatique donnent toutes les garanties. Mais il demeure que des
membres de la scientologie habilités à traiter et utiliser des données
informatiques seraient sanctionnés, si tel était le cas, pour prosélytisme, pour
autant qu'une telle utilisation puisse être prouvée. Merci, mais cela on le
savait déjà ! De plus, rien n'est mentionné concernant la protection des mineurs
et la fin de la réponse laisse entrevoir qu'en fait une utilisation des données
de l'Etat par la scientologie demeure possible et qu'elle serait difficile à
prouver.
-
- A l'invite N°2 : favoriser une étroite collaboration entre les
associations d'information et de soutien aux victimes des sectes et les
départements de l'Etat de Genève, il nous est répondu ce qui suit :
-
- Les
départements créent un outil dans ce domaine tout en relevant la difficulté de
rédiger une documentation précise et correcte qui ne soit pas contestable
juridiquement. Très bien, mais si, comme cela est dit en début du rapport, le
Conseil d'Etat se borne à parler de la scientologie, la nombreuse documentation
versée au dossier et les conseils juridiques dont le Conseil d'Etat dispose
devraient permettre d'établir cette documentation assez aisément. De plus qu'en
est-il de la collaboration proposée ? Nous n'en savons pas plus !
-
- Enfin, à la
troisième invite demandant d'étudier la nécessité de faire intervenir le médecin
cantonal ou le pharmacien cantonal dans le contrôle des prestations médicales
apportées par des sectes, notamment la distribution de vitamines par
l'Association pour une église de scientologie, il est répondu ce que nous savons
déjà également : que le médecin et le pharmacien cantonal surveillent l'exercice
de la médecine et que s'ils constatent des pratiques contraires à la déontologie
ils saisissent la commission de surveillance des professions de la santé qui
prend des sanctions et que les préparations vitaminées doivent être inscrites à
l'OICM sous peine d'être interdites.
-
- Pas un mot sur Narconon, malgré les
interventions de notre collègue Gossauer sur le sujet; aucune information sur
les sanctions prises contre les ventes de vitamines amaigrissantes pratiquées
par la société Trimlines, filière de la scientologie; rien ne nous est dit non
plus sur les cures de purification à base de vitamines pratiquées durant les
cours de la scientologie elle-même.
-
- Bref, il semblerait que ce sujet
n'inspire pas le Conseil d'Etat, bien qu'il dise y être sensible. Ces deux ans
d'attente n'auront pas servi à grand-chose. Alors, si je peux me permettre de
tenter de vous remotiver, je vous citerai, Mesdames et Messieurs les conseillers
d'Etat, un texte remis par la scientologie à ses membres sous le titre :
-
- «Ce que
nous attendons de la scientologie». «Un scientologue entraîné est quelqu'un qui
a une connaissance spéciale du maniement de la vie; c'est un être qui se tiendra
un mètre derrière la tête de la société. Un scientologue professionnel est un
être qui se sert de la scientologie de façon experte dans n'importe quel domaine
de la société. Une épouse dont le niveau de compétence en scientologie n'est pas
celui d'un professionnel ne pourrait s'attendre à s'occuper de sa famille avec
succès.
-
- Le président d'une entreprise sans certificat de scientologie échouera
un de ces jours. La personne à la tête d'un pays s'effondrerait si elle ne
connaissait pas la scientologie. Certains d'entre nous doivent diriger des
centres, des écoles simplement pour donner des services au reste d'entre nous
quand c'est nécessaire. C'est pour cette raison que nous avons des organisations
sur tous les continents. Nous sommes les solutions aux fauteurs de troubles du
monde.
-
- Nous attendons de vous que vous touchiez les points clés par n'importe
quel moyen pour créer une meilleure planète. Nous ferions bien d'envahir avec
succès toutes les activités qui existent et de faire sentir notre influence sur
les lignes de communication du monde. La scientologie est le seul jeu sur terre
où tout le monde gagne. Lorsque vous quittez le pouvoir, donnez les pleins
pouvoirs à vos amis et partez les poches pleines de munitions, de preuves
compromettantes et d'adresses de tueurs à gages chevronnés.»
-
- (Dixit
Ron Hubbard, ndlr)
|
-
- Cette longue
citation pour vous démontrer que le seul but de la scientologie est d'isoler ses
membres en les motivant à se préparer à une nouvelle perception du monde, pour
finir par le changer.
-
- Ils s'immiscent dans les affaires de l'Etat - et j'en veux
pour preuve l'événement que j'ai appris récemment : bon nombre d'assurances de
la place ont reçu un volumineux dossier envoyé par la scientologie qui leur
demandait de prendre des mesures contre ce qu'ils appellent les abus des
psychiatres à l'hôpital de gériatrie.
-
- On voit bien qu'ils se mêlent de
tout !
-
- Le but de la scientologie est de créer un Etat dans l'Etat en
grignotant peu à peu les postes clés. Pour créer cette structure, il faut de
l'argent, argent qui échappe à la collectivité pour tomber dans les poches des
dirigeants de la scientologie; argent dont personne jusqu'à présent au monde n'a
réussi à savoir quelle était sa destination ou son utilisation.
-
- LA
SUISSE PAYS SCIENTOLOGUE !?? (*)
-
- Concernant ce
point, voici quelques chiffres qui font dresser les cheveux sur la tête
:
-
- En
1992, la Suisse était en tête des pays européens, par rapport à sa population,
avec cent cinquante et un patrons de la scientologie sur son territoire; patrons
dont cent vingt et un ont payé plus de 40 000 $, quinze plus de 100 000 $ et
quinze plus de 250 000 $, contre trente-sept patrons en France.
-
- Faites le
calcul; cela représente 3 825 400 $ au bas mot, pour le seul cas des patrons,
qui échappent à la société pour aller engraisser la scientologie. On voit bien
ici que le bien-être et le développement de l'adepte n'ont jamais été que la
carotte qui permet de s'enrichir en prétextant donner un enseignement secret,
qui n'est en fait que l'appropriation d'un savoir universel utilisé à des fins
personnelles et partisanes, avec comme moteur l'argent et le pouvoir.
-
- Agir
contre une telle organisation relève bien, à mon sens, de la sécurité de
l'Etat.
-
- Je rappelle ici que selon les spécialistes trois conditions sont
nécessaires pour qu'une secte soit qualifiée de
«dangereuse» :
1) l'omniprésence d'un chef omnipotent : Ron Hubbard en
l'occurence;
-
- 2) les pressions financières : no comment !
-
- 3) les pressions
psychologiques : elles ont bien lieu.
-
- François Lavergnat, pétitionnaire en est
témoin pour avoir été menacé par téléphone, diffamé et avoir vu les
scientologues le dénigrer auprès de sa fille à la sortie de l'école, et M. Paul
Ranc, entendu par la commission des pétitions et bien connu pour son action et
ses divers livres contre les sectes, en est témoin également pour avoir été
menacé de mort, et j'en passe.
-
- Tous ces faits sont des délits réprimés par la
loi, mais, bien qu'ils aient été portés à la connaissance du public, il n'y a eu
aucune sanction. La scientologie a été condamnée à Genève pour escroquerie,
contrainte et extorsion, à Milan pour association de malfaiteurs, extorsion et
abus sur incapables; elle a été mise en redressement judiciaire à Paris où on
lui a réclamé 60 millions dont 20 au titre de bénéfices et 30 millions pour
taxes professionnelles impayées sur plus de dix ans et on l'a mise sous tutelle
d'un administrateur juridique.
-
- En France Mme Barzach, MM. Barre et Fabius
eux-mêmes se sont fait piéger en signant une pétition visant les psychiatres et
demandant une réglementation contre les abus de tranquillisants, pétition lancée
par la «Commission des Citoyens pour les Droits de
l'Homme», nom trompeur qui
cache une fois de plus la scientologie. C'est dire si l'action de cette secte
peut être perfide et trompeuse et je ne parle même pas du pseudo enseignement
religieux prodigué par la scientologie, qui n'est bien évidemment destiné qu'à
appâter plus de personnes.
-
- Quand on voit l'activité développée par la justice
française : entre autres perquisitions, mises en examen, redressements
judiciaires, redressements fiscaux et autres, on peut s'inquiéter de
l'immobilisme de la Suisse et notamment de Genève en la matière et on est en
droit d'attendre mieux que les trois pages et demie qui nous sont
proposées.
-
- Pourtant il y a des pistes :
- prévention tout
public;
- subvention aux associations d'aide aux victimes de
sectes;
- création d'une structure d'Etat de soutien aux personnes ayant
quitté ou désirant se plaindre d'une secte;
- étude de la situation
fiscale;
- information dans les écoles pour que les jeunes ne se laissent pas
piéger par les tests de QI et autres appâts;
- intervention du médecin ou du
pharmacien cantonal;
- création d'un observatoire cantonal des phénomènes
religieux;
- modification de la législation et j'en passe...
-
- Monsieur
Ramseyer, vous avez annoncé il y a quelque temps que vous en aviez assez de ces
histoires de sectes et que vous alliez prendre les choses en main. J'ai été très
heureuse de cette déclaration, mais encore faut-il qu'elle se concrétise par une
action réelle. Je compte donc sur vous pour entraîner vos collègues par la
motivation que vous avez annoncée et j'attends impatiemment l'automne 1996 pour
savoir enfin ce qui va sortir des réflexions du Conseil d'Etat et de son groupe
d'étude sur le problème des sectes en général.
-
- Je rappelle que je ne suis
d'ailleurs pas la seule à attendre. Les personnes dont certains membres de la
famille ont disparu, se sont suicidés, sont ruinés, désemparés ou persécutés par
la scientologie, attendent aussi, et elles depuis encore bien plus longtemps,
des réponses à leurs questions et des mesures contre la scientologie. Cette
attente se transforme en angoisse. Ces gens ont besoin de vous. Ne les laissez
pas tomber. Ils n'ont personne d'autre vers qui se tourner.
-
- Pour finir, je
propose que ce rapport soit renvoyé au Conseil d'Etat pour être complété et
étoffé et qu'on en prenne acte, mais seulement comme rapport intermédiaire sur
la pétition 1027.
|
-
- DÉBAT
-
Rapportdu Conseil d'Etat au Grand Conseil
-
- Deuxième
intervention :
M. Roger
Beer (Radical)
-
- J'aimerais tout d'abord remercier le conseiller d'Etat pour
son rapport.
-
- Rassurez-vous je serai beaucoup plus bref que Mme Strubin qui a
fait un exposé très détaillé de la situation assez dramatique dans laquelle nous
nous trouvons, notamment avec la scientologie. Ce rapport est daté du 26 avril
1996 et, normalement, on devait avoir le rapport du groupe de travail pour
l'automne 1996. Cela me réjouit, car c'est pour bientôt.
-
- Monsieur le
conseiller d'Etat, la plupart des députés sont tout à fait conscients du
problème posé par les sectes dans la mesure où en matière de religion il est
extrêmement difficile d'intervenir. La création de ce groupe de travail a un peu
duré à mon avis, et on aurait pu attendre du Conseil d'Etat une réaction plus
rapide. Dans ce sens, je suis d'accord avec Mme Strubin.
-
- J'espère que ce
groupe aura profité de l'été pour avancer et proposer des solutions qui
permettent d'éviter l'embrigadement d'adolescents, des adultes jeunes ou moins
jeunes par des mouvements que l'on peut qualifier de «sectaires».
-
- Ce problème de
sectes est le reflet de notre société qui laisse tomber tout l'enseignement de
la religion. Je crois qu'une motion présentée par des députés figure à l'ordre
du jour; elle propose, précisément, d'étudier la possibilité de revenir à
l'enseignement de la religion dans le cadre de l'enseignement public. En
comblant cette lacune, on tiendrait une des solutions à ce problème; les jeunes
auraient ainsi une culture religieuse et ne succomberaient pas à n'importe quel
discours leur faisant miroiter des paradis qui n'existent pas.
-
- En fait,
Monsieur le conseiller d'Etat, vous avez vous-même déjà retiré ce rapport une
première fois. Ensuite, la capacité d'avancement de notre Grand Conseil fait
qu'il n'arrive qu'aujourd'hui. On aurait presque pu imaginer que le rapport du
groupe de travail arrive quasiment en même temps. Il est vrai que ce rapport est
une suite au rapport sur la pétition.
-
- J'ose simplement espérer que le délai
demandé n'est pas fait pour «jouer la montre» - je parle en sportif - mais pour
proposer des solutions, afin de résoudre le problème dramatique de la liberté de
pensée qui est parfois exploitée à des fins criminelles.
-
- Le groupe radical
acceptera le rapport.
|
-
- DÉBAT
-
Rapportdu Conseil d'Etat au Grand Conseil
-
- Troisième
intervention :
M. René
Longet (Socialiste)
-
- Notre groupe prend ce sujet très au sérieux et il s'agit
- nous le savons tous - d'un fait de société qui doit être discuté, comme l'a
dit Mme Strubin. Il doit être discuté et non occulté. Nous sommes donc heureux
que ce rapport soit commenté et que nous puissions indiquer au Conseil d'Etat
quels sont les éléments sur lesquels nous souhaiterions que l'accent se
poursuive.
-
- Comme M. Beer, nous analysons la situation en termes de lutte
contre les abus. Je rappelle que ce Grand Conseil a voté, voici deux ans
environ, l'excellent rapport très documenté de notre collègue Strubin, suite à
la pétition. J'insiste également sur le fait que cette pétition ainsi que ce
rapport ne doivent aucunement se limiter à l'activité de la scientologie, mais
être étendus à l'ensemble des phénomènes visés.
-
- Notre groupe est relativement
déçu - nous le disons d'emblée - du rapport du Conseil d'Etat rédigé sur trois
pages «mincelettes» et relativement en retrait de ce que vous avez dit
vous-même, Monsieur Ramseyer, à plusieurs reprises au début de l'année à la
presse - et tout récemment encore. Ces articles allaient à notre avis nettement
plus loin que les constats que vous faites dans le rapport qui nous est
soumis.
-
- La pétition disait trois choses :
-
- qu'il fallait éviter que les
structures de l'Etat servent de véhicule au prosélytisme. Notre collègue Beer
était intervenu, à plusieurs reprises je crois, pour signaler des cas de ce type
aux abords des écoles, mais la pétition allait plus loin : les structures de
l'Etat ne doivent pas être utilisées pour de telles activités.
-
- qu'il
fallait apporter un soutien aux citoyennes et citoyens, aux associations qui se
consacrent à l'information et à l'aide aux victimes et naturellement au
groupement pétitionnaire.
-
- qu'il fallait contrôler les prestations dites
médicales; je n'y reviendrai pas.
Evidemment, dans l'intervalle, le drame du
Temple solaire est intervenu, voici deux ans, montrant à quelle extrémité, dans
ces milieux, les adeptes et malheureusement aussi des enfants pouvaient aboutir,
ce qui est particulièrement choquant. La justice française a inculpé un certain
nombre de personnes au titre d'association de malfaiteurs, ce qui donne aussi
des pistes juridiques permettant d'aller de l'avant dans ce genre de
situation.
-
- A ces trois demandes de la pétition, nous souhaitons ajouter deux
points qui nous paraissent dignes d'intérêt.
-
- Le premier point est tout à fait
essentiel - nous pensons que l'on peut aller plus loin que l'investigation
juridique à laquelle, Monsieur Ramseyer, vous avez donné l'initiative - car il
s'agit de suivre la situation, de l'analyser de très près moins au titre d'une
observation policière qu'au titre d'une observation sociologique.
-
- En France, par
exemple, un inventaire a été effectué récemment des groupements qualifiés de
«sectes». On en a trouvé cent septante-deux, et ce qui est intéressant est que
le nombre a augmenté de 60% en treize ans. Il faut donc bel et bien suivre cette
évolution.
-
|
QU'EST-CE
DONC UNE SECTE ? (*)
Naturellement la définition de la «secte»
est difficile à faire,
car il n'y a pas de définition scientifique.
Pourtant, nous ne pensons pas que
ce soit aussi difficile à faire que ne le dit le Conseil d'Etat dans son
rapport. Un certain nombre de signes distinctifs sont des indicateurs :
-
lorsqu'il y a parodie de cultes ou de symboles traditionnels,
- lorsqu'il y a
exigence de soumission et dépendance, lorsqu'une vision totalement manichéenne
du monde se fait jour et
- lorsque les militants sont prêts à tout pour leur foi
et, aussi, lorsque les attentes sont tout à fait disproportionnées.
Tous ces
signes indiquent un comportement sectaire qui peut entraîner les dérives
dramatiques que nous connaissons.
|
- Mais quelle est la marge de manoeuvre, car
il ne s'agit pas d'analyser les consciences ou d'intervenir en quoi que ce soit
sur les choix particuliers des personnes ?
-
- Monsieur Ramseyer, je vous rappelle
que votre nouveau collègue conseiller d'Etat du canton de Vaud, M. Zysiadis,
avait fait une proposition aux Chambres fédérales - que je trouvais très
intéressante, mais qui n'a malheureusement pas abouti - demandant un
observatoire des phénomènes religieux et des phénomènes de sectes. C'est ce
qu'il nous faudrait : un lieu rassemblant les informations et à partir duquel
elles pourraient être rediffusées; un lieu de débat et de discussions pour mieux
comprendre le problème; un lieu où les personnes qui en ont besoin pourraient
trouver de l'aide. Nous aimerions aller dans ce sens, Monsieur Ramseyer.
-
- La
deuxième demande pourra intéresser M. le conseiller d'Etat Vodoz. Certains
organes de presse ont signalé récemment l'aspect financier du phénomène secte.
Beaucoup de ces groupes sont une véritable pompe à moyens financiers, vidant les
poches par autosuggestion de leurs membres au bénéfice de destinataires dont on
ne sait pas vraiment qui ils sont, mais cela porte sur des sommes faramineuses.
Cet aspect très important est pourtant absent du rapport du Conseil d'Etat.
-
- Si
vous lisez un mensuel bien connu, ce problème est évoqué de manière tout à fait
intéressante - je ne dirai pas prometteuse, ce serait trop dire. Monsieur Vodoz,
vous ne devriez pas négliger l'aspect financier et fiscal de ces milieux.
-
- En
conclusion, restons très attentifs à ce qui se passe, dans un équilibre
difficile à maintenir entre la liberté élémentaire de chacun de penser, de
croire et même de se livrer aux rites qui nous paraissent les plus absurdes et
les plus égocentriques, en vue de son salut, et la liberté de tous de ne pas
être violés dans leur identité profonde, dépossédés de leur argent par des
escrocs de la spiritualité. C'est un équilibre délicat au nom de la protection
de la personnalité. Nous devons ainsi imaginer une extension de notre code pénal
pour réprimer le délit d'atteinte à l'intégrité psychique.
-
- Alors, Monsieur le
conseiller d'Etat, nous soutenons ce qui a été fait et nous demandons que cette
action se développe dans les directions que nous avons indiquées.
|
- DÉBAT
-
Rapport
du Conseil d'Etat au Grand Conseil
-
- Quatrième
intervention :
-
- M. Gérard Ramseyer, conseiller
d'Etat
-
- Les trois préopinants s'expriment avec quatre à cinq mois d'avance, ce
qu'ils ne peuvent pas ignorer s'ils s'attachent au contenu de la page 4 du
rapport du Conseil d'Etat.
-
- Je vous rappelle tout d'abord que cette pétition
comporte une ambiguïté. Le titre ne traite que de la scientologie alors que la
problématique, comme Mme la députée Strubin l'a souligné, porte sur les sectes
en général.
-
- C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas voulu faire un
rapport uniquement consacré à la scientologie : il aurait effectivement eu
quatre pages et notre travail serait terminé. Ce n'est pas ce que nous avons
fait.
-
- Nous avons admis que la scientologie était une secte parmi d'autres tout
aussi dangereuses et que, par conséquent, il convenait d'appréhender le problème
globalement.
-
- Contrairement à votre allusion, Madame la députée, le canton de
Genève est le seul canton à avoir entrepris le travail que vous appelez de vos
voeux. Notre travail sera communiqué aux cantons romands qui se sont annoncés,
cantons qui se sentent moins concernés, car ils n'ont pas eu de drame de cet
ordre ni l'émotion que nous avons enregistrée.
-
- J'en viens au fait. Ce rapport
considère la scientologie comme étant une secte comme une autre. J'ai annoncé un
rapport préalable sur l'ensemble des sectes en juin et un rapport final en
automne, soit pour le 30 octobre. Le rapport préalable de juin a consisté en une
entrevue que j'ai eue avec le responsable de ce groupe de travail, Me François
Bellanger. En juin il avait déjà procédé, avec son groupe de travail, à
vingt-deux auditions concernant aussi bien les victimes, les responsables de
certains mouvements sectaires que les organisations qui s'occupent des victimes.
-
-
Il a estimé que d'autres auditions étaient encore nécessaires. Je lui ai
moi-même fourni certaines pistes de personnes qui se sont personnellement
adressées à moi.
De manière générale, il règne le sentiment que les
dispositions actuelles sont suffisantes, mais insuffisamment utilisées. Ainsi se
pose le problème de la séparation des pouvoirs et d'une justice qui doit être,
selon nous, encore plus sévère. Un deuxième problème nous est apparu
: savoir ce
qui relève de la répression et de la détection, en particulier l'aspect fiscal
soulevé par M. le député Longet, qui est extrêmement délicat. En effet, pour
effectuer des enquêtes en matière de fisc, faut-il encore avoir des
contribuables annoncés, ce qui n'est évidemment jamais le cas
!
-
- Vous avez
fait allusion à un observatoire des sectes. J'ai moi-même pris la peine de
rappeler à M. le conseiller fédéral Koller notre volonté que les sectes soient
incorporées dans les observatoires actuellement en vigueur à Berne. Cette
proposition n'a pas été admise pour une série de raisons qui tiennent à la
législation fédérale.
-
- S'agissant de la préparation du rapport promis pour le
30 octobre prochain, nous avons travaillé l'aspect du droit de la famille et
particulièrement la protection de l'enfant. Cette partie de recherche juridique
technique, concrète, a été confiée à M. le professeur Stettler. En matière
fiscale, nous avons chargé Me Oberson de déterminer dans quelle mesure on
pouvait mieux détecter et mieux réprimer les problèmes liés au fisc.
-
- En
matière pénale, nous nous sommes adressés à Me Harari et, en droit
administratif, à Me François Bellanger lui-même, qui traite de trois
éléments :
- la santé. Vous avez fait allusion, avec une documentation pour
laquelle je vous félicite, à toute une série de médicaments. Ce problème de la
santé est étudié pour lui-même.
- l'instruction publique et l'instruction
privée. Que pouvons-nous faire au niveau de la prévention des enfants en
particulier ?
- l'exercice des libertés publiques. Comment peut-on s'opposer
au démarchage, au racolage en faveur des sectes ? Cette question est
extraordinairement complexe et ne sera évidemment pas résumée en quatre
pages.
- Si les quatre pages que vous avez reçues vous paraissent
insuffisantes, c'est simplement parce que je vous ai informés du travail très
considérable qui était conduit et que c'est sur la base du rapport du groupe de
travail en commission que le parlement pourra s'exprimer. Je suis d'ores et déjà
reconnaissant aux députées et députés qui possèdent une bonne documentation à ce
sujet de l'apport qui sera le leur en commission.
-
- Deux remarques en
conclusion. Les contacts avec la France voisine sont non seulement réguliers
mais encore se sont-ils accrus. Vous citez des statistiques, mais permettez-moi
de vous dire qu'elles ne veulent rien dire du tout. En effet, vous pouvez
compter soixante sectes une semaine, quarante-deux la suivante, mais nous ne
savons pas si ce sont les mêmes qui ont changé de nom ou si ce sont les adeptes
qui ont changé de secte.
-
- La France voisine essaye de surveiller les choses avec
vigilance, comme nous le faisons en Suisse.
-
- Les rapports entre les polices se
sont également accrus. Cette question a été abordée au sein du Comité régional
franco-genevois et il a été demandé à nos polices française et suisse
d'augmenter leur pression sur les sectes. C'est ainsi que, tout récemment
encore, on nous signalait la naissance, en France voisine, d'une nouvelle secte
du même type que le Temple solaire.
-
- En résumé, ce rapport pourrait en fait
être considéré comme un rapport intermédiaire. Je préfère dire que c'est un
rapport sur une pétition abordant un petit aspect du problème évoqué, mais tout
de même extrêmement grave.
-
- Vous recevrez le rapport sur les sectes dans les
délais prévus, après que le Conseil d'Etat l'eut vu, eut admis son contenu et
donné quelques pistes de travail. Vous aurez donc l'occasion de vous mettre sous
la dent un travail extraordinairement difficile, complexe mais passionnant : à
savoir si on peut, dans un Etat de droit comme le nôtre, lutter efficacement
contre les sectes. Je le répète : ce travail est unique en Suisse.
|
-
- DÉBAT
-
Rapport
du Conseil d'Etat au Grand Conseil
-
- Cinquième
intervention :
-
- Mme Evelyne Strubin (AdG)
-
- Je vous
remercie beaucoup, Monsieur le conseiller d'Etat, de vos explications
réconfortantes.
-
- Je ne comprends pas bien pourquoi vous n'avez pas décrit
l'avancement de vos travaux et intégré toutes ces informations très
intéressantes dans votre rapport; il nous aurait moins déçus, bien
évidemment.
Je retire donc ma proposition de renvoyer ce rapport au Conseil
d'Etat. Je prends note que vous êtes d'accord avec moi que ce rapport peut être
considéré comme un rapport intermédiaire et j'attends impatiemment le rapport de
votre groupe de travail.
-
- Mais ne tardez pas, car plus on approche de l'an 2000
plus ces sectes font d'adeptes en utilisant le millénarisme ! Je vous remercie
de vos explications.
-
- (FIN
DU DEBAT, ndlr)
Le
Grand Conseil prend acte de ce rapport.
-
(*)
Titres ajoutés
dans le texte par le Gravis
|
-
-
|