- ÉTUDE
DE Me ALAIN SCHWEINGRUBER
-
- Delémont, le 15 mars
2005
-
- Office des Juges d'instruction
- Greffe de XXXX
- Le Château
- Case postale
258
- 2900 Porrentruy 2
-
- [Extraits]
-
- COMMENTAIRES
du Gravis
en bleu
-
- Instruction
pénale dirigée contre M. Jean-Luc Barbier
-
- XXX
Juge
d'instruction,
-
- Comme
suite aux réquisitions que je vous ai adressées hier, je me permets de vous faire part
de la détermination complémentaire suivante:
-
- 1.
A
la suite des différentes plaintes pénales dirigées contre M. Jean-Luc Barbier,
ce dernier a été entendu à différentes reprises. Il a fourni différents
documents, vous a adressé de nombreux messa-
ges par fax, ainsi qu'à M. le
Procureur général et, à ces différentes occasions, a formulé de nombreux
griefs à l'égard de l'Eglise de Scientologie de Zurich (ou à l'égard de
l'Eglise de Scientologie en général), invoquant notamment que cette dernière
constitue une secte aux pratiques douteuses. Jusqu'ici,
mes mandants, par mon intermédiaire, s'en sont tenus aux faits contenus dans les
plaintes. Jean-Luc Barbier, de son côté, a pratiquement tout nié en bloc, même contre toutes
les évidences, et a concentré son action à critiquer l'Eglise de Scientologie
et ses prétendues pratiques.
-
- Note du
Gravis:
-
- Des
pratiques attestées
par des centaines de procès et de témoignages !
-
-
- Dans
mes réquisitions du 14 mars 2005, je vous ai sollicitée de bien vouloir
réentendre M. Jurg Stettler. Je confirme cette réquisition. M. Stettler pourra en
particulier revenir sur un certain nombre de faits et, d'autre part, pourra
également vous donner différentes explications au sujet des accusations
totalement erronées et fantaisistes émises par le prévenu.
-
- Note du
Gravis:
-
- Jurg Stettler
est le directeur de
l'Eglise de scientologie de Zurich et de l'Office
des Affaires Spéciales pour la Suisse (OSA)
-
-
- 2.
Le
fait que de nombreuses réquisitions formulées par nos soins aient été écartées
et que vous avez formulé plusieurs propositions de non-lieu nous incline à
penser que le prévenu a, à tout le moins partiellement, atteint son but
tendant à discréditer mes mandants.
Dès
lors et puisque le dossier contient de nombreux griefs formulés par le prévenu ainsi que
différents documents au sujet de l'Eglise de Scientologie, nous nous permettons
de vous adresser encore par la présente quelques éléments d'informations complémentaires.
Ils sont au demeurant étayés par des pièces justificatives supplémentaires.
-
- 3.
L'un
des griefs émis par le prévenu consiste à vouloir prétendre qu'il subit ou
aurait subi des pres-
sions ou du harcèlement de la part de l'Eglise de
Scientologie. Il prétend en particulier qu'il s'agirait d'une secte intolérante qui cherche
à réprimer ses contradicteurs ou les membres
qui l'auraient quittée. En
fait, il s'agit d'une pure intoxication. En réalité, les scientologues sont
même en contact courtois et ouvert avec les associations dont le but est de
combattre les sectes et les dérives sectaires.
-
|
UN
JUGE
PARLE
- Source:
"MAIN
BASSE SUR LA JUSTICE",
-
Editions J.C. Lattès,
isbn 2-7096-1773-0
M.
Georges FENECH a été
juge d'instruction du
long procès contre la
scientologie à Lyon
(1989-1997). Il a été
président de l'association
Professionnelle des
Magistrats, auteur du
livre "Main Basse
sur la Justice"
dont est tiré ce passage.
pages
266 à 268
Les
juges se retrouvent
seuls face au terrorisme,
its le sont aussi face
à ce nouveau fléau,
au moins en amplitude,
que représentent les
sectes Ayant eu moi-même
a instruire le dossier
de "l'Eglise de
scientologie ",
j'ai pu éprouver toutes
les difficultés de cette
tâche.
Juillet
1990
Des
dizaines d'adeptes repentis
de la scientologie viennent
me trouver, réclamant
de la Justice l'écoute
qui leur fait défaut
ailleurs. Pris de vertige,
je découvre les arcanes
d'un monde secret avec
ses codes, son langage,
ses rites. J'interroge
autour de moi et vois
les portes se refermer
une à une. Au conseil
de l'Ordre des Médecins,
l'on est peu enclin
à se prononcer sur d'éventuels exercices illégaux
de la médecine; au bureau
des cultes du ministère
de l'Intérieur, l'on
me fait comprendre que
d'éventuelles mesures
pourraient être prises,
mais après que la Justice
se sera prononcée.
Sage
prudence des uns et
des autres: rien, en
effet, ne me sera épargné;
les policiers du S.R.P.J.
de Lyon accusés de hold-up;
l'expert-psychiatre
Jean-Marie Abgrall,
traîné devant toutes
les juridictions de
France et de Navarre
[Pour ces faits, leurs
responsables seront
condamnés le 11 octobre
1996 par le tribunal
correctionnel de Toulon
à des peines allant
jusqu'à 18 mois d'emprisonnement
avec sursis et 50'000
F d'amende.]; moi-même
gratifié de deux procès
en Suisse, d'une trentaine
de plaintes pour atteinte
à la liberté ainsi que
violation du secret
de l'instruction tant
à Lyon qu'à Paris, avec,
en prime, une requête
en suspicion légitime
devant la chambre criminelle
de la cour de Cassation,
sans compter la surveillance
attentive d'un ancien
membre des "gendarmes
de l'Elysée" reconverti
comme détective privé
ou les milliers de recommandations
arrivées sur mon télécopieur
m'intimant de cesser
mon oeuvre "inquisitoriale".
A
quoi s'ajouteront le
concert de protestations
des "apôtres"
célèbres - la cantatrice
Julia
Migenes Johnson
et le comédien Xavier
Deluc
feront le voyage de
Lyon, ainsi que, semble-t'il, un sordide complot
ourdi par un mystérieux
agent
F10
gravitant dans les sphères
du pouvoir [Selon L'Evènement
du Jeudi et Serge Faubert,
Une secte au coeur de
la République, ed. Calmann-Uvy,
1993].
Au
terme d'un véritable
parcours du combattant,
je finis tant bien que
mal par clôturer mon
instruction en juillet
1994. Il faudra attendre
encore deux années avant
que l'affaire ne soit
audiencée. Entretemps
s'est déroulé, dans
le Vercors, l'horrible
drame de l'Ordre du
Temple solaire, et le
garde des Sceaux, Jacques
Toubon, a dû adresser
des instructions écrites
au parquet. A ce rythme,
un an de plus et la
prescription aurait
été acquise [Il est
vrai que la magistrature
lyonnaise était fort
accaparée par les affaires
Noir, Botton, Mouillot,
Carignon]
Le
8 octobre 1996, à l'issue
de huit journées d'audience,
l'un des avocats de
la défense, maître Maisonneuve,
déclare à la télévision
"Je me demande
si, dans cette affaire,
le juge ne s'est pas
substitué au législateur."
La remarque est grave.
En un sens, it est inutile
de se voiler la face:
les pouvoirs publics
n'ont jamais abordé
de front le problème
des sectes même si des
hommes politiques tels
que les députés A. Vivien
en 1985 et A. Gest [dont
le message d'en- couragement,
le 24 Janvier 1996,
me fit un grand bien:
qu'il en soit ici remercié]
en 1995 ont su courageusement
lever le voile à l'
occasion de rapports
remarquables.
Place
Vendôme, la volonté
d'agir n' est pas apparue
d'emblée, comme le souligne
le rapport de la commission
d'enquête accusant un
certain retard dans
la transmission même
des informa- tions [En
date du 22 Décembre
1995]. Cette frilosité
est d'autant moins compréhensible
que les R.G. évaluent
à 160'000 adeptes au
moins occasionnels et
100'000 sympathisants
le nom- bre de nos concitoyens
mêlés aux groupes sectaires.
Comme
le notait Claude Pernollet,
le président de l'US.M.,
le 19 octobre 1996,
après avoir analysé
la crise de confiance
qui règne dans le pays
et le fait que les Français
se tournent de plus
en plus vers la Justice:
"Notre pays,
état de droit, ne doit
pas devenir une société
contentieuse pour autant,
le front judiciaire
n'est pas une panacée."
Je m'accorde avec sa
pensée. Elle fait d'ailleurs,
pour moi, écho au point
de vue de M. Vivien
selon lequel "Il
ne faut pas créer de
législation particulière
au risque de faire apparaître
les sectes pour des
martyrs. L'arsenal dont
nous disposons est tout
à fait suffisant. Ne
suffit-il pas de l'appliquer
[le Figaro, 24 Avril
1992."
Les
sectes sont bien un
fléau et la réponse
à celui-ci ne peut être
simplement judiciaire;
il y faut aussi une
volonté sociétale politique.
|
-
- En
annexe est d'ailleurs produite une lettre que Mme C-L H,
responsable de l'Association «Aide aux victimes des dérives
sectaires» a adressée le 17 juin 2000 à la responsable de l'Eglise de Scientologie de Lausanne.
Ce document est très intéressant car il
permet de replacer l'activité de l'Eglise de Scien- tologie dans son juste
contexte et contredit du tout au tout les allégations fumeuses et infondées du
prévenu.
-
- Note du
Gravis:
-
- L'Association «Aide aux victimes des dérives
sectaires n'est rien d'autre que le petit frère du Clims, un Centre d'informations
sur les mouvements sprirituels ayant dans son comité
un scientologue de haut rang... !!!
-
- (...)
-
-
Le CLIMS, Centre de liaison et d'information concernant
les minorités spirituelles, également attesté du fait de n'avoir jamais
eu à se plaindre de la Scientologie et précise également dans une corres-
pondance jointe à la présente qu'il
entretient d'excellents rapports avec ses
membres scientologues.
-
- Note du
Gravis:
-
- Le
Clims, Centre d'informations sur les mouvements
sprirituels, a dans son comité un scientologue
de haut rang... !!!
-
-
- Mme Suzanne
Montangero, responsable de l'Eglise de Scientologie de Lausanne, atteste
également avoir de fréquents entretiens et rencontres avec des groupements telle que
l'ADFI (Association pour la défense de la famille et de l'individu).
-
- Note du
Gravis:
-
- L'ADFI-Suisse (ASDFI) concernée
par cette remarque nous a informé que
Mme Montangero, peu avant cette déclaration,
a demandé avec insistance à l'ASDFI
une attestation disant que les rapports entre
les parties étaient excellent ... Ce
qui avait été totalement refusé
par Mme Tulli-Muller, présidente de l'ASDFI.
Par
ailleurs il faut rappeler que Mme Suzanne Montangero
a été condamnée à
plusieurs reprises pour diffamation.
-
-
- MOYENS DE
PREUVE:
-
- 1.
Photocopie lettre de Mme C-L H à Mme Suzanne Montangero du
17 juin 2000 (PJ 32).
-
- 2.
Photocopie
courrier
électronique de M. Georg Schmid à M. Jurg Stettler du 4 juin
2003, avec sa traduction (PJ 33).
-
- 3. Photocopie lettre de M. le Pasteur M. Scheidegger à M. Jurg Stettler du
31 janvier
2005, avec sa traduction (PJ 34).
-
- 4.
Photocopie lettre de N. T. à M. et Mme Montangero du 6
février 1993
(PJ35).
-
- 5.
Photocopie échange de courriers électroniques entre CIC et M. Jurg
Stettler (PJ36).
-
- 6.
Original lettre du CLIMS à l'Eglise de Scientologie de Lausanne du 7
février 2005 (PJ37).
-
- 8.
Photocopie charte du CLIMS (à laquelle l'Eglise de Scientologie adhère)
(PJ 38).
-
- 9.
Attestation de Mme
Suzanne Montangero du 20 février 2005 (PJ 39).
-
- (...)
-
- 5.
Le
prévenu n'utilise d'ailleurs pas seulement les médias et les tribunaux afin de diffuser ses
allégations erronées, mais il a de surcroît ouvert un site internet (www.anti.scientologie.ch). Il est
évidemment impossible pour mes mandants de corriger toutes les
fausses allégations contenues dans ce site, vu leur ampleur.
-
- (...)
-
-
- d)
MOYENS DE
PREUVE:
-
- (...)
-
- 6.
Il
est difficile de répondre point par point à toutes les allégations erronées et fallacieuses émises par le
prévenu
en cours d'instruction. Les plaignants s'autorisent toutefois à apporter quelques explications et à fournir quelques
informations au sujet des allégués du
prévenu.
-
- a)
Sont produites en
annexe deux expertises rédigées par les Prof. Bryan Wilson et
Lonnie Kliever
au sujet des apostats et de la fiabilité de leurs témoignages. Y est joint
un résumé desdits documents.
-
- Note du
Gravis:
-
- Ces
documents n'ont aucune valeur, à ce sujet
lire l'exposé du professeur beit hallahmi
l'importance des témoignages et comment les
utiliser en justice
-
-
- b)
Le
prévenu
a
également
fait état de l'essai de L. Ron Hubbard
«La responsabilité des leaders». Le prévenu a cité ce document en le
plaçant totalement hors contexte.
-
- Note du
Gravis:
-
- Dans
le livre «Ethique de la scientologie»
d'où est extrait ce document
«La responsabilité des leaders»
Ron
Hubbard fait en plus de ses incitations au crime
des incitations pour que les scientologues nuisent
à leurs ennemis...(sic)
-
-
- c)
Jean-Luc Barbier a également déposé un
ouvrage écrit par M. Arnaud Palisson. Cette thèse est formellement contredite par
les faits et les plaignants produisent en annexe un argumentaire contredisant
les thèses de M. Arnaud Palisson.
-
- Note du
Gravis:
-
- Sauf
que les scientologues oublient que ce livre d'Arnaud
Palisson, sur
les abus et la dange- rosité de la scientologie, est entièrement
basé sur
sa thèse; un travail qui a reçu la
mention «Très Honorable & les Félicitations du Jury» .
-
-
- d)
Le prévenu, en
procédure, a également fait référence à un règlement du 18
octobre 1967. Or, ce document n'existe plus depuis plusieurs décennies.
En annexe est produit
l'index des règlements existants et l'on peut constater que ce règlement du 18
octobre 1967 n'y
figure nullement.
-
- Note du
Gravis:
-
- Cet
index ne concerne qu'une part des règlements
datant de cette époque. Il ne se rapporte
aucunement à ceux du département des
affaires spéciales de la scientologie (OSA).
C'est une manipulation grossière. Rien
qu'à voir les raisons pour un tel antépénul- tième... procès contre Jean-Luc
Barbier. Il
y a là l'évidence que les méthodes
de la scientologie sont TOUJOURS LES MÊMES.
-
-
- (...)
-
- Dans le dossier de l'instruction figure le rapport sur la
Scientologie de 1998. En fait, ce rapport a été corrigé par la suite
car il contenait des informations totalement erronées. La Commission fédérale idoine y a même inclus une correction à la fin
de son rapport et l'Eglise
de Scientologie a ultérieurement obtenu
des corrections
supplémentaires sur plus de 70
points.
-
- Note du
Gravis:
-
- Ces
corrections portent en fait sur des points de détails.
La scientologie dans ce rapport reste une Eglise
aux méthodes contestables et totalitaires.
-
-
- MOYENS DE
PREUVE:
-
- (..)
-
- 7.Le
prévenu a également tenté de dénigrer l'Eglise de Scientologie afin d'alimenter
une fausse image à son égard, notamment dans les fax qu'il a adressés à Mme la
Juge d'instruction.
-
- Les plaignants
disposent à ce sujet d'une très importante documentation relative aux activités
de l'Eglise de Scientologie. Elle est évidemment à la disposition de Mme la Juge d'instruction.
-
- En l'état,
les plaignants produisent à toutes fins utiles une photocopie (traduction) de
la lettre du
Département militaire fédéral adressée à l'Eglise de Scientologie de Zurich,
ainsi que l'arrêt rendu le 14 février 1992 par la IIe Cour de droit public du
Tribunal fédéral. Y est joint également un
argumentaire relatif aux «interprétations» volontairement incorrectes que le prévenu a émises à l'égard de la
Scientologie et de ses activités
dans le cadre de l'instruction.
-
- Note du
Gravis:
-
- Ce document
nous était totalement inconnu à ce jour ! Nous avons là quelque
chose qui risque d'être fort intéressant
pour démontrer les manipulations de la scientologie
en Suisse.
-
- Manipulation
de l'armée suisse - la scientologie prétend
former des prêtes !
-
-
- MOYENS DE
PREUVE:
-
- 1. Photocopie (traduction) de la décision rendue par le Département
militaire fédéral et adressée à l'Eglise de Scientologie de Zurich
(PJ51).
-
- 2. Photocopie arrêt du 14 février 1992 de la II
e Cour de droit public du
Tribunal fédéral
(PJ 52).
-
- 3. Photocopie lettre du Service des impôts d'Atlanta (PJ53).
Argumentaire des plaignants relatif aux
fausses allégations et interprétations du prévenu (PJ 54)
-
- (...)
-
- 8. Les
plaignants, dans la présente procédure, n'entendent évidemment pas ouvrir un débat de
fond sur la justification des activités de l'Eglise de Scientologie par rapport
aux
autres religions ou activités religieuses. Ils se permettent toutefois, à titre
purement comparatif, de fournir en annexe quelques extraits de la Bible, et
d'autres citations prises également dans le Coran. Ils se permettent de faire
constater que les préceptes de certaines religions, si elles sont prises à la
lettre, peuvent évidemment susciter... les interprétations les plus diverses.
-
-
- MOYEN DE
PREUVE:
-
- 1.
Citations extraites
de la Bible et du Coran (PJ 55).
-
- Note du
Gravis:
-
- Hubbard a souvent
plagié des textes, et ce n'est aucunement un moyen de preuve. Par ailleurs des juges
suisses ont assez répété qu'ils ne considéraient pas la scientologie comme religion.
-
- (...)
-
- Veuillez agréer,
XXXX Juge d'instruction, mes salutations distinguées.
-
- Alain Schweingruber,
avocat
|
|