Assemblée Nationale
Prévention et  lutte contre les dérives sectaires
 
 
2005
 
Le Conseil d'Etat confirme l'intérêt «informatif» de la liste parlementaire qui reste donc une référence pour le travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires. (27 juin 2005, Communiqué de presse du groupe d’études sur les sectes à l’Assemblée nationale)
 
Circulaire du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires
 
Politique à l'égard des handicapés mentaux (réponse publiée en février 2005)
 
Prosélytisme à l'égard des jeunes. Lutte et prévention (février 2005)
 
Esotérisme et sectes. Mission interministérielle. Bilan et perspectives (février 2005)
 
Audiovisuel et communication. Présentateurs. Appartenance à une secte. Interdiction (février 2005)
 
Esotérisme et sectes. Prévention et répression des mouvements sectaires (février 2005)
 
Eglise de scientologie. Prosélytisme à l'égard des jeunes. Lutte et prévention (février 2005)
 
2004
 
Assemblée Nationale : Question concernant l'hospitalisation d'office (juin 2004)
 
Une brochure de prévention : question - réponse de l'Assemblée Nationale (juin 2004)
 
Assemblée Nationale : Réponse concernant les hospitalisations d'office (août 2004)
 
Parlement : 3 questions concernant la scientologie (septembre 2004)
 
Le travail dissimulé. Lutte et prévention contre les mouvements sectaires (novembre 2004)
 
2003
 
Assemblée Nationale : L'association qui dénonce "l'augmentation des hospitalisations sur demande d'un tiers" est une émanation de la scientologie (mai 2003)
 
Circulaire du 27 mai 2005
relative à la lutte contre les dérives sectaires
 
JO, 27 mai 2005
[Texte intégral]
J.O n° 126 du 1 juin 2005 page 9751
texte n° 8
Décrets, arrêtés, circulaires
Textes généraux
Premier ministre
NOR: PRMX0508471C
 
Paris, le 27 mai 2005.
 
Le Premier ministre à Mesdames et Messieurs les ministres et secrétaires d'Etat, Mesdames et Messieurs les préfets
 
En créant, par le décret du 28 novembre 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), le Gouvernement a entendu réorganiser l'action préventive et répressive des services de l'Etat à l'encontre de ces agissements.
 
Après trente mois de fonctionnement de la MIVILUDES et à la suite du deuxième rapport annuel qui m'a été remis par son président, je juge utile de tirer les enseignements et de fixer les orientations qui suivent.
 
I. - Les principes de l'action menée par le Gouvernement
 
L'action menée par le Gouvernement est dictée par le souci de concilier la lutte contre les agissements de certains groupes, qui exploitent la sujétion, physique ou psychologique, dans laquelle se trouvent placés leurs membres, avec le respect des libertés publiques et du principe de laïcité.
 
L'expérience a montré qu'une démarche consistant, pour les pouvoirs publics, à qualifier de "secte" tel ou tel groupement et à fonder leur action sur cette seule qualification ne permettrait pas d'assurer efficacement cette conciliation et de fonder solidement en droit les initiatives prises.
 
Aussi a-t-il été décidé, plutôt que de mettre certains groupements à l'index, d'exercer une vigilance particulière sur toute organisation qui paraît exercer une emprise dangereuse pour la liberté individuelle de ses membres afin d'être prêt à identifier et à réprimer tout agissement susceptible de recevoir une qualification pénale ou, plus généralement, semblant contraire aux lois et règlements.
 
Ce souci de sécurité juridique, loin d'affaiblir l'action menée, ne fait que mieux garantir son efficacité.
Il est clair, toutefois, qu'une telle démarche ne peut être pleinement efficace que si les fonctionnaires et agents publics mènent, avec discernement, une véritable action de terrain :
 
- ils doivent s'attacher à rechercher et à identifier, dans leur périmètre d'attributions, toute activité, quelle que soit sa forme, susceptible de revêtir un caractère "sectaire", parce qu'elle place les personnes qui y participent dans une situation de sujétion ou d'emprise et tire parti de cette dépendance;
 
- cette activité doit alors être suivie avec une extrême vigilance de manière à prévenir tout agissement répréhensible et, s'il se produit, à engager sans délai l'action répressive.
 
Cette vigilance doit s'exercer en tenant compte de l'évolution du phénomène sectaire, qui rend la liste de mouvements annexée au rapport parlementaire de 1995 de moins en moins pertinente. On constate en effet la formation de petites structures, diffuses, mouvantes et moins aisément identifiables, qui tirent en particulier parti des possibilités de diffusion offertes par l'internet.
 
Cette vigilance est particulièrement cruciale à l'égard de certains groupes fondés sur une conception totalitaire et pratiquant un fonctionnement occulte, dont les agissements peuvent avoir des conséquences irréparables.
 
II. - Les modalités de l'action
 
L'action engagée doit être poursuivie grâce au dispositif, sans égal en Europe, mis en place tant au niveau national que local.
 
1. L'existence d'une mission interministérielle rattachée au Premier ministre permet la cohérence de l'action de l'Etat en coordonnant l'activité des services.
 
Le comité exécutif de pilotage opérationnel, qui réunit les représentants des administrations centrales les plus concernées, se réunit tous les deux mois. Je demande que ce rythme soit maintenu et que la représentation des services soit assurée de façon régulière et au meilleur niveau de responsabilité.
 
Le dialogue confiant et fructueux qui s'est noué sous la responsabilité du président de la MIVILUDES entre ce comité et le conseil d'orientation, qui réunit des personnalités qualifiées, doit être approfondi.
 
2. La même cohérence a été recherchée au niveau local avec l'institution, par une circulaire du ministre de l'intérieur, de " cellules de vigilance départementales " placées sous l'autorité des préfets.
 
Les missions de ces cellules seront transférées par décret en Conseil d'Etat, dans le cadre de la simplification des commissions déconcentrées, à un nouveau conseil compétent en matière de prévention de la délinquance, de lutte contre la drogue, contre les dérives sectaires et d'aide aux victimes.
 
Les préfets mettront en place au sein de chaque conseil un groupe de travail chargé de suivre spécifiquement les questions relatives à la lutte contre les dérives sectaires.
 
3. Certains ministères ont désigné des correspondants ou chargés de mission spécialisés. Je souhaite que chaque ministre se dote d'un tel responsable, à un niveau adéquat (cabinet, direction des affaires juridiques ou direction stratégique) avec des capacités de coordination et d'animation reconnues.
 
4. Les correspondants régionaux de la MIVILUDES désignés par les préfets de région ont reçu une mission générale de formation et d'information. Cette mission doit être confortée et élargie. Je souhaite en particulier que soit élaboré, au niveau régional, un document de synthèse permettant de suivre les évolutions, et que soit organisé, avec l'aide notamment du "Guide de l'agent public", un programme de formation interservices sur les dérives sectaires.
 
5. Les services compétents de police et de gendarmerie, ainsi que l'autorité judiciaire, constitueront des recueils de données actualisées, portant notamment sur le nombre et la nature des signalements, des plaintes, des enquêtes ou des condamnations en rapport avec des dérives sectaires.
 
6. Chaque département ministériel dressera un bilan annuel de ses actions pouvant figurer, en tout ou partie, dans le rapport du président de la MIVILUDES. Ce bilan devra porter sur les activités poursuivies, les actions de formation entreprises et les résultats obtenus au niveau local comme au niveau national. Le cas des enfants et des adolescents devra faire l'objet d'une attention particulière de façon à assurer la protection qui leur est due.
 
7. Les réponses aux questions écrites des parlementaires portant sur les problèmes liés au phénomène sectaire - plusieurs dizaines par an - doivent faire l'objet de toute votre attention. Compte tenu de la sensibilité du sujet, je vous demande de solliciter systématiquement l'avis de la MIVILUDES avant toute réponse.
 
8. Enfin, un certain nombre d'instructions ministérielles données par vos prédécesseurs doivent être actualisées en fonction des orientations définies par la présente circulaire. Je vous demande de procéder à cet examen en lien avec la MIVILUDES. En tout état de cause, les références aux organismes comme l'Observatoire des sectes ou la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) devront être remplacées par des références au décret instituant la MIVILUDES, et le recours à des listes de groupements sera évité au profit de l'utilisation de faisceaux de critères. Je vous demande de procéder à cette mise à jour au plus tard pour le 31 décembre 2005.
 
Jean-Pierre Raffarin
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Vuilque Philippe)
 
Le travail dissimulé
Lutte et prévention contre les mouvements sectaires
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 46788 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : relations du travail
Ministère attributaire : relations du travail
Question publiée au JO le : 21/09/2004 page : 7255
Réponse publiée au JO le : 23/11/2004 page : 9273
 
Rubrique : travail
Tête d'analyse : travail dissimulé
Analyse : lutte et prévention. mouvements sectaires
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Philippe Vuilque souhaite attirer l'attention de M. le ministre délégué aux relations du travail sur le travail dissimulé au sein des mouvements sectaires.
 
Il note que de nombreux groupes considérés comme des «sectes» par le rapport de la commission d'enquête parlementaire de 1995 bénéficient du travail de personnes qui n'y sont pas salariées.
 
Celles-ci semblent pourtant connaître un lien de subordination avec «l'employeur ».
 
C'est le cas par exemple au sein de l'Eglise de scientologie de Paris. Il lui demande pourquoi les services de la DILTI ne pratiquent pas de contrôles de ces organismes pour vérifier que les règles du droit du travail y sont respectées.
 
Texte de la REPONSE :
 
L'attention du ministre délégué aux relations du travail a été appelée sur le fait que des groupes, considérés comme des sectes, ne feraient l'objet, de la part de la délégation interministérielle à la lutte contre le travail illégal (DILTI), d'aucun contrôle au regard des règles du droit du travail.
 
Aux termes du décret qui l'a créée en mars 1997, la DILTI a pour mission de coordonner l'action des administrations et organismes compétents en matière de lutte contre le travail illégal. A ce titre, elle est en relation permanente avec les comités opérationnels de lutte contre le travail illégal qui regroupent dans chaque département tous les corps de contrôle compétents et sont présidés par les procureurs de la République.
 
La DILTI leur communique ainsi toute information susceptible de donner lieu à l'ouverture d'une procédure judiciaire. Elle fournit également une assistance juridique aux différents agents des corps de contrôle concernés et aux magistrats qui la sollicitent, dans le cadre de l'exercice de leurs pouvoirs respectifs.
 
En ce qui concerne les agissements frauduleux observés au sein de groupements à caractère sectaire, les services de l'inspection du travail ont déjà été amenés à contrôler de tels groupements. Ainsi, ceux de l'Eure, en 1996 et 1998, ont verbalisé l'Association des témoins de Jéhovah pour une série d'infractions au code du travail.
 
Enfin, la DILTI est membre du groupe de travail créé au sein du ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale qui collabore avec les instances de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires instituée en novembre 2002 auprès du Premier ministre.
 
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Emile Blessig)
 
Politique à l'égard des handicapés mentaux
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 42389 de M. Blessig Émile ( Union pour un Mouvement Populaire - Bas-Rhin ) QE
Ministère interrogé : santé
Ministère attributaire : solidarités, santé et famille
Question publiée au JO le : 29/06/2004 page : 4888
Réponse publiée au JO le : 15/02/2005 page : 1769
Date de signalisat° : 08/02/2005 Date de changement d'attribution : 29/11/2004
 
Rubrique : handicapés
Tête d'analyse : politique à l'égard des handicapés
Analyse : handicapés mentaux
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Émile Blessig souhaiterait attirer l'attention de M. le ministre de la santé et de la protection sociale sur la prévention des maladies psychiques et sur le suivi des personnes internées dans des hôpitaux psychiatriques. Les personnes souffrant de troubles psychiques sont trop souvent isolées, elles se trouvent en situation de rupture avec la société et sont livrées à elles-mêmes.
 
Quelle prévention peut-être mise en oeuvre pour améliorer la reconnaissance des personnes sujettes à ce type de troubles et pouvoir les prendre en charge avant que leur état ne s'aggrave ? Certains s'inquiètent dans notre pays du nombre croissant d'internements psychiatriques, est-il possible de connaître dans ce nombre la proportion de rechutes ? En effet, une fois le malade sorti de l'hôpital psychiatrique, quel suivi des soins est mis en oeuvre, quel accompagnement est proposé à ces personnes fragiles ? Il aimerait ainsi avoir des précisions sur les dispositifs et structures existants et sur les projets du Gouvernement dans ce domaine.
 
Texte de la REPONSE :
 
La diminution souhaitable des mesures d'hospitalisation sous contrainte est liée au développement de la prévention des situations de crise et, plus généralement, à la mise en place de mesures de prévention dans le champ de la santé mentale. Une première campagne nationale d'information et de communication à destination du grand public sera lancée en 2005 par l'institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), avec pour objectif de faciliter la reconnaissance des troubles, le recours aux soins et d'informer sur les possibilités de traitement et leurs avantages.
 
S'agissant du nombre croissant des hospitalisations sans consentement, la Commission des citoyens pour les droits de l'homme, émanation de l'Eglise de scientologie, dénonce systématiquement auprès des parlementaires l'augmentation importante de ce qu'elle appelle les " internements psychiatriques ".
 
Pourtant, les commissions départementales des hospitalisations psychiatriques (CDHP), instituées par la loi du 27 juin 1990 codifiée en vue d'examiner la situation des personnes hospitalisées au regard du respect des libertés individuelles, n'ont pas constaté d'hospitalisations sans consentement abusives.
 
L'augmentation des hospitalisations sans consentement (HSC) qui ne représentent actuellement que 13 % du total des hospitalisations psychiatriques s'explique par le recours plus fréquent aux soins psychiatriques. Une même personne pouvant être hospitalisée plusieurs fois au cours d'une année, ce phénomène contribue à l'accroissement des HSC, mais la proportion des réhospitalisations sans consentement n'est pas connue.
 
Les CDHP constatent un élargissement du profil des personnes concernées : personnes dépendantes aux produits toxiques (surtout l'alcool), personnes présentant des troubles du comportement, malades désocialisés voire perturbateurs et/ou violents. En outre, la situation des nombreux malades en sortie d'essai à leur domicile n'est pas comparable à celle des patients réellement hospitalisés.
 
Afin de mieux prendre en compte, à tous les stades de la maladie, la situation des personnes souffrant de troubles psychiques, un plan de santé mentale sera très prochainement soumis à la concertation des professionnels, des usagers et des familles.
 
Le ministre présentera à cette occasion les grandes orientations envisagées comportant notamment une réflexion sur le dispositif d'hospitalisation sans consentement et l'accompagnement des personnes malades.
 
UMP 12 REP_PUB Alsace O
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Philippe Vuilque)
 
Prosélytisme à l'égard des jeunes. Lutte et prévention
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 41985 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 22/06/2004 page : 4621
Réponse publiée au JO le : 15/02/2005 page : 1733

Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : église de scientologie
Analyse : prosélytisme à l'égard des jeunes. lutte et prévention
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Philippe Vuilque attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur le prosélytisme d'un musicien lors d'un concert public. Lors du dernier festival de jazz " Sous les pommiers " de Coutances, le pianiste Chick Corea, dont l'appartenance à l'église de scientologie n'était pas un secret, a fait distribuer, lors de l'entracte, des prospectus vantant l'église de scientologie. S'il n'est pas question de brider la liberté d'expression artistique d'un géant du jazz, il lui demande néanmoins s'il n'est pas possible d'envisager des poursuites pénales contre lui dès lors que les spectateurs ont subi un " prosélytisme de mauvais aloi " ou " prosélytisme abusif " pour reprendre les expressions de la Cour européenne des droits de l'homme, prosélytisme qui dépasse alors le cadre de la liberté d'expression de ses convictions religieuses.

Texte de la REPONSE :
 
Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la lutte contre les agissements des membres de mouvements à caractère sectaire ne peut être menée que dans le respect des principes fondateurs de la République. Ainsi, " Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public " conformément aux dispositions de l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. À ce titre, s'il peut être déploré le prosélytisme du pianiste Chick Corea en faveur d'un mouvement à caractère sectaire à l'occasion d'un festival de musique, il n'y a pas eu de trouble à l'ordre public.
 
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Philippe Vuilque)
 
Eglise de scientologie - Prosélytisme à l'égard des jeunes
Lutte et prévention
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 31921 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 20/01/2004 page : 446
Réponse publiée au JO le : 22/02/2005 page : 1961
Date de changement d'attribution : 31/03/2004
 
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : église de scientologie
Analyse : prosélytisme à l'égard des jeunes. lutte et prévention
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Philippe Vuilque s'inquiète de l'organisation par l'Église de scientologie d'une collecte de jouets dans plusieurs arrondissements du Nord et de l'Est parisien. Il craint que cette opération soit surtout destinée à identifier de nouvelles cibles de recrutement au travers du listing des donateurs et des receveurs contactés. Ce groupement, dont le caractère sectaire est avéré notamment depuis le procès de l'Église de scientologie de Lyon, déploie en effet une intense activité de prosélytisme, notamment à l'égard des enfants. C'est pourquoi il interroge M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur le résultat des éventuels contrôles de la CNIL sur les fichiers informatisés de ce mouvement sectaire, ainsi que sur les poursuites qui pourraient être diligentées sur le fondement de la loi du 12 juin 2001 réprimant la publicité pour les mouvements sectaires à destination de la jeunesse.
 
Texte de la REPONSE :
 
Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que, s'agissant des contrôles de la CNIL sur les fichiers informatisés détenus par des mouvements sectaires, des poursuites pénales ont été engagées à l'encontre d'une personne morale et de son président pour traitement d'informations nominatives malgré l'opposition légitime de la personne concernée et entrave à l'action de la CNIL, suite à la plainte déposée par un particulier. Par arrêt du 13 octobre 2003, la cour d'appel de Paris a condamné cette personne morale à une peine d'amende de 5 000 euros avec sursis pour traitement d'informations nominatives malgré l'opposition légitime de la personne concernée et son président à une peine d'amende de 5 000 euros avec sursis de ce chef ainsi que d'entrave à l'action de la CNIL.
 
Cette décision est aujourd'hui définitive, suite au rejet du pourvoi des prévenus, par un arrêt de la Cour de cassation du 28 septembre 2004. Enfin, s'il n'y a pas eu, à ce jour, de poursuite pénale sur le fondement de l'article 19 de la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales dans la mesure où cette nouvelle incrimination réprimant toute forme de publicité à destination de la jeunesse nécessite des condamnations pénales définitives préalables de la personne morale ou de son dirigeant de droit ou de fait pour des infractions limitativement énumérées par l'article susvisé ; des poursuites pourraient être susceptibles d'être engagées à l'encontre de ce mouvement-si celui-ci se livrait à des actes de prosélytisme à l'égard de la jeunesse.
 
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Damien Meslot)
 
Audiovisuel et communication - Présentateurs.
Appartenance à une secte - Interdiction
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 53257 de M. Meslot Damien (Union pour un Mouvement Populaire. Territoire-de-Belfort ) QE
Ministère interrogé : intérieur
Ministère attributaire : intérieur
Question publiée au JO le : 14/12/2004 page : 9857
Réponse publiée au JO le : 22/02/2005 page : 1954

Rubrique : audiovisuel et communication
Tête d'analyse : média
Analyse : présentateurs. appartenance à une secte. interdiction
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Damien Meslot appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales sur l'apparition à la télévision de présentateurs ou de sportifs qui appartiennent à des sectes. En effet, une commission d'enquête parlementaire sur les sectes a été mise en place dont le rapport a été remis à la présidence de l'Assemblée nationale le 22 décembre 1995.
 
Ce rapport établit la liste des mouvements pouvant, à l'aune des critères définis, être qualifiés de sectaires. Or, des personnes appartenant à ces mouvements occupent des postes importants dans les médias publics ou dans le milieu sportif et qui, par leur image ou leur condition sociale, peuvent véhiculer un idéal qui peut être l'appartenance à leur mouvement sectaire.
 
C'est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui faire connaître son sentiment et s'il entend prendre des mesures tendant à écarter des médias publics les membres de mouvements qualifiés de sectaires par la commission d'enquête parlementaire.
 
La réponse du ministre de l'intérieur à la question de Monsieur Damien Meslot (JO du 22.02.2005)
 
Texte de la REPONSE :
 
La surveillance et la lutte contre les dérives sectaires ne peuvent être menées que dans le respect des principes juridiques qui garantissent la liberté de pensée et de conscience. A cet égard, il convient tout d'abord de rappeler que la Cour européenne des droits de l'homme, dans sa décision du 6 novembre 2001 sur la recevabilité de la requête n° 53430/99 présentée par la fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah, a considéré " qu'un rapport parlementaire n'a aucun effet juridique et ne peut servir de fondement à aucune action pénale ou administrative ".
 
En outre, en droit interne, l'appartenance à un mouvement qualifié de sectaire n'est pas en elle-même répréhensible et il n'existe pas de définition de la secte, celle-ci étant une notion de fait.
 
Par ailleurs, la protection de la liberté de pensée et de conscience des personnes exerçant leur profession dans les médias ou dans le sport est garantie par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, qui dispose que " nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ", et par le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui énonce que " nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, des ses opinions ou de ses croyances ".
 
Dans ce cadre juridique, l'ensemble des services de l'État, en liaison avec la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, se montrent particulièrement vigilants à l'égard de tout propos ou acte qui causerait des risques de troubles à l'ordre public.
 
UMP 12 REP_PUB Franche-Comté O
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Jean-Pierre Abelin)
 
Esotérisme et sectes - Mission interministérielle.
Bilan et perspectives
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 33017 de M. Abelin Jean-Pierre ( Union pour la Démocratie Française - Vienne ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 03/02/2004 page : 802
Réponse publiée au JO le : 15/02/2005 page : 1732
Date de changement d'attribution : 31/03/2004
 
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : mission interministérielle. bilan et perspectives

 
Texte de la QUESTION :
 
M. Jean-Pierre Abelin appelle l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les conclusions du premier rapport de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, remis le 26 janvier 2004. Ce rapport veut témoigner d'une approche plus tranquille du phénomène sectaire en ne s'attaquant pas aux doctrines professées par les mouvements mais aux actes délictueux et aux menaces de dérives. Face aux nouvelles dérives sectaires qui apparaissent, définies et recensées dans ce rapport, la justice est parfois démunie. La loi dite About-Picard votée en juin 2001 connaît une application limitée et ne permet pas de dégager de jurisprudence.
 
Dans les conclusions du rapport, il est proposé d'allonger le délai de prescription des infractions commises par des sectes. Il faudrait faire démarrer le délai à partir du jour où les victimes sont psychologiquement en état de porter plainte. L'autre proposition vise à assouplir le secret professionnel, en permettant à un médecin de signaler aux procureurs les faits de sujétion psychologique dont il serait témoin.
 
Par ailleurs, le rapport incite sur la nécessité de contrôler les offres de formation, secteur très investi par les sectes. La Miliviludes propose d'élaborer une convention de partenariat avec le Centre national de la fonction publique territoriale ainsi que de former les professions juridiques et les travailleurs sociaux aux phénomènes sectaires. Dans le domaine de l'information, elle suggère la diffusion d'un guide de bonnes pratiques des soins pour protéger les malades.
 
Pour finir, la mission interministérielle a constaté que la moitié des départements n'étaient pas dotés de cellule de vigilance sur les sectes et demande donc la généralisation de ce dispositif pour cette année et souhaite désigner des correspondants Miliviludes par région. Il souhaiterait connaître son avis sur ces conclusions et les mesures qu'il compte prendre afin de prendre en compte toutes les analyses qui ont été faites et les propositions de ce premier rapport afin d'améliorer l'efficience de la lutte contre les dérives sectaires.
 
Texte de la REPONSE :
 
Le garde des sceaux, ministre de la justice rappelle à l'honorable parlementaire que les propositions relevant du ministère de la justice, émises par la MIVILUDES, dans son rapport annuel pour l'année 2003, ont fait l'objet d'une réponse des services de la chancellerie à cette instance interministérielle. S'agissant de l'aménagement des règles de prescription de l'action publique en faveur des personnes victimes d'abus de faiblesse, il a été précisé, dans un courrier du 23 février 2004, que, sans méconnaître l'importance de cette problématique dans le cadre de procédures pénales mettant en cause des mouvements à caractère sectaire, il paraissait prématuré d'engager une étude restreinte à ce domaine particulier et qu'une réflexion d'ensemble avec, notamment, les hautes autorités judiciaires, devait être menée sur ce point.
 
Par ailleurs, en l'état de la législation concernant l'application des dispositions de l'article 226-14 du code pénal, aux personnes victimes d'abus de faiblesse, il n'apparaît pas que les aliénations de patrimoines, la signature d'engagements ruineux ou la renonciation à des droits puissent être compris comme étant des sévices ou privations constatés par le professionnel de la santé lui permettant de dénoncer ces faits à l'autorité judiciaire. Une modification de cet article, modifié dans un sens extensif par la loi n° 2004-1 du 2 janvier 2004 relative à l'accueil et à la protection de l'enfance nécessite également une réflexion concertée avec les instances professionnelles confrontées à cette difficulté.
 
Plus généralement, la chancellerie participe activement à l'élaboration de la politique gouvernementale en matière de lutte contre les agissements de mouvements à caractère sectaire, et ce afin d'améliorer l'efficacité de cette lutte dans un domaine particulièrement complexe.
 
UDF 12 REP_PUB Poitou-Charentes O
 
Assemblée Nationale - Question-réponse (Philippe Vuilque)
 
Esotérisme et sectes  
Prévention et répression des mouvements sectaires
 
Transmis par la MIVILUDES
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N° : 30757 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 22/12/2003 page : 9763
Réponse publiée au JO le : 15/02/2005 page : 1732
Date de changement d'attribution : 31/03/2004
 
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : prévention et répression des mouvements sectaires. loi n° 2001-504 du 12 juin 2001. application
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Philippe Vuilque attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur l'application de la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. De nombreux groupes sectaires, à Paris comme en province, s'adonnent à un prosélytisme forcené, visant indifféremment adultes et enfants. Il lui demande en conséquence si des infractions à la disposition de la loi du 12 juin 2001 visant à sanctionner la publicité sectaire à destination de la jeunesse ont pu être constatées et si des poursuites pénales ont été diligentées.
Texte de la REPONSE :
 
Le garde des sceaux, ministre de la justice fait connaître à l'honorable parlementaire qu'aucune poursuite pénale n'a pu être actuellement engagée à l'encontre de mouvements sectaires faisant la promotion à destination de la jeunesse de leur mouvement, en application de l'article 19 de la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. En effet, cette nouvelle incrimination suppose que ladite personne morale ou ses dirigeants de droit ou de fait ait fait l'objet de condamnations pénales définitives pour l'une ou l'autre des infractions limitativement énumérées.
 
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O