- La libre
Belgique, 28 mars 2003, Roland Planchar
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- Escroquerie, violation de la vie privée, exercice
illégal de la médecine et de la pharmacie.
Le juge Van Espen inculpe neuf
membres de la secte.
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- «Il n'y a rien de neuf», indiquait vendredi le porte-parole du parquet
de Bruxelles après que la RTBF eut annoncé que des inculpations étaient
survenues dans l'instruction que le juge d'instruction bruxellois Jean-Claude
Van Espen a menée à l'égard de l'«Eglise de scientologie».
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- Rien de neuf
? Malgré les apparences, il s'agit d'une confirmation des
informations de nos confrères, car neuf inculpations, plutôt que huit comme cela
a été dit, ont bien été signifiées, précise le parquet, à autant de membres de
cette secte qualifiée de «nuisible et dangereuse» par le Parlement, en
1997. La subtilité tient en ce qu'elles l'ont été à la fin de l'année dernière,
par courrier - comme la loi l'autorise -, ce qu'on ignorait jusque-là.
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- On approche donc un peu de l'achèvement du dossier, qui a été transmis au
parquet de la capitale en vue d'un prochain passage devant la chambre du
conseil, laquelle décidera du renvoi ou non des inculpés au tribunal
correctionnel. Tout ceci prendra encore plusieurs mois: on ne peut donc parler à
ce stade d'aucune culpabilité, mais seulement de suspicions. Pourtant, celles-ci
sont lourdes.
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- Tout avait commencé en 1997, avec le dépôt d'une plainte pour abus de
confiance et escroquerie par une ex-adepte ayant quitté la secte et ayant, en
vain, demandé le remboursement de sommes qu'elle lui avait versées.
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- Habituée aux procès
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- Mais c'est surtout à l'occasion d'une vague de 25 perquisitions menées le 30
septembre 1999 que le dossier avait rebondi: des milliers de dossiers de
scientologues, saisis, paraissaient parfaitement illégaux car contrevenant
gravement à presque toutes les dispositions de la loi sur la vie privée.
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- Informations médicales, vie intime et sexuelle, données familiales,
comptes-rendus de «confessions» culpabilisantes réalisées entre autres sous
électromètre, rien ne manquait à l'arsenal utilisé pour asseoir l'emprise
sectaire sur les adeptes. Or, le 30 janvier 2002, la cour d'appel de Bruxelles
épinglait déjà elle-même cette illégalité, dans une procédure connexe. Rien
d'étonnant donc à ce que plusieurs, parmi les membres et dirigeants belges de la
secte qui sont donc inculpés, supportent une inculpation pour violation de la
loi sur le respect de la vie privée.
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- Mais il y a d'autres griefs
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- «L'appartenance à une organisation criminelle a été retenue envers tous
les inculpés membres de la secte», confirmait vendredi le parquet.
«Certains devront répondre aussi d'escroquerie et, pour une seule personne,
exercice illégal de la médecine et de la pharmacie».
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- Bref, l'histoire judiciaire de cette secte qui fonctionne comme une riche
multinationale (fondée en 1954 aux Etats-Unis par l'écrivain de science-fiction
Lafayette Ron Hubbard, elle est implantée en Belgique depuis 1973) va
vraisemblablement «s'enrichir» d'un nouveau procès. Elle a déjà été au centre de
plusieurs procédures judiciaires au niveau européen.
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Et les autres scientologues?
La commission d'enquête parlementaire
sur les sectes avait non seulement dit de la scientologie qu'elle est
«nuisible et dangereuse», mais également qu'elle tente de s'introduire
dans les rouages du pouvoir, qu'il soit politique ou économique. L'Allemagne et
la France, dans des contextes différents, n'ont rien dit d'autre.
Les
observateurs ont d'ailleurs noté que la scientologie agissait volontiers comme
un service de renseignement - fichant même des personnes lui étant
étrangères.
La «Libre» avait appris, à la suite des perquisitions effectuées
en 1999 dans les locaux belges de la scientologie, que la liste des adeptes
comportait des noms troublants. Ceux de plusieurs élus politiques connus au plan
fédéral. Celui d'un journaliste au moins. Ceux de plusieurs membres de
l'ex-gendarmerie.
Bien sûr, ces informations - obtenues à sources fiables -
n'ont jamais été confirmées au plan judiciaire, car le secret de l'instruction
l'empêche. Mais, tôt ou tard, si la chambre du conseil estime qu'un procès est
nécessaire, le dossier deviendra public.
A ce moment, peut-être, ces noms
apparaîtront-ils. Sans tomber dans une chasse aux sorcières, il faudra bien
alors que divers milieux, notamment proches du pouvoir, prennent attitude. La
démocratie admettra-t-elle, le cas échéant, l'évidence que certains de ses
rouages soient les adeptes d'un groupe qu'elle a elle-même qualifié de nuisible
?
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