LA SCIENTOLOGIE
EN SUISSE
N'EST PAS UNE RELIGION
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«Malgré
sa dénomination,
l'Eglise
de scientologie
n'a
d'autre
activité,
ni d'autre
but
que
l'exploitation
commerciale
de ses
adeptes,
par
la vente
d'un
prétendu
système
de perfectionnement
personnel,
sans
référence
théologique
propre».
Bernard
Bertossa,
ancien
procureur
général
du canton
de Genève
(Source: Journal
de l'Enseignement
et de
la Formation
-
25 mars
1996)
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En
Suisse la scientologie
n'est pas une religion
(24 heures
- 19 décembre
2001)
Avis
des autorités
et des experts
en Suisse et dans le monde
Les
entreprises suisses et associations noyautées
par la scientologie
WISE: Liste des membres suisses en 1999
(Sur
la page liens avec le site de M. Gomez http://stop-wise.biz)
WISE:
Liste
des entreprise scientologues en Suisse et dans
le monde (8'200
KB)
WISE: Rapport de justice interne montrant le
lien de WISE avec la scientologie
La
scientologie et ses nombreuses groupes de façade
(liste mise
à jour en avril 2008)
Le
Jura et les sectes
Bibliographie: Grande
enquête sur la Scientologie - Une secte hors la loi
Contre-courant:
Interview
d'Alain Tanner: «Il n'y a plus d'utopie sociale
aujourd'hui et, ça, c'est la pire des choses qui
puisse arriver»
(29
Mai 2008 - L'Hebdo)
-
- LA
SCIENTOLOGIE EN SUISSE
-
- 2010
Entreprises
scientologues:
La société
«Organisation
et Management» de Monique
Kimmeier à Genève (Vernier) a rompu ses liens avec la scientologie
(Le
Gravis - 1 août 2010)
Luzerner Religionspreis:
Témoignages:
- Vidéo: Reportage sur
la scientologie. Analyse
des
stratagèmes
utilisés
par
la
scientologie.
Petit
à
petit
les
adeptes
se
trouvent
isolés
et
incapables
de
réagir.
(France
2 - 27 mai 2010)
Medecine
illégale:
Gros
mensonge de la scientologie:
2009
Infiltration:
Radio
Suisse Romande:
Genève:
Anti-scientologie
dans les médias suisses:
Commentaires
d'internautes suisses:
Les
Anonymous suisses:
Anti-scientologie
dans les médias:



- Video:
La scientologie ouvre ses portes
à Genève !
-
- (TSR
- téléjournal du 14 juin 2009)
En
Suisse comme en France il est possible d'attaquer
la scientologie en tant qu'association (personne
morale).
L'avocat
Me Yves Burnand précise toutefois qu'il
s'agit d'une exception. Il a tout à fait
raison car pour cela il faut que la
victime puisse prouver que tout le personnel
de l'organisation de scientologie est coupable
(complice) des délits commis... et une
telle preuve est bien difficile à démontrer
car un scientologue endoctriné n'a aucunement
intention de faire le moindre mal... ni de
faire la
moindre discrimination..., et c'est sans compter que
sa bonne foi est difficile à déboulonner.
Que
coûtent réellement à la société les abus de
la scientologie ? (Atteinte au patrimoine
et à la santé, contrainte, menace, éducation
sectaire, salaires impayés, charges sociales
impayées, etc, etc)
Les
recommandations d'experts en cindynique
(science des risques) devraient se prononcer
à ce sujet.
Note:
A
propos de l'appareil "scientifique"
utilisé par la secte voici une
expertise réalisée par l'Institut de Criminologie
de l'Université de Lausanne (1991)
qui démontre qu'il ne s'agit que d'un artefact
au service d'une gigantesque escroquerie
intellectuelle et financière.
|
Abus
de faiblesse:
Anonymous:
Observatoire des religions de
l'Université de Lausanne
Les autorités suisses
laissent faire la scientologie:
-
- 2008
-
La
scientologie a ouvert un nouveau centre à Schaffhouse.
Neues
Scientology-Zentrum in Schaffhausen (radiomunot.ch
- 9.12.2008)
Infiltration
de la scientologie à Onex (Genève)
Notre
feuilleton:
«La $cientologie contre Jean-Luc Barbier»:
Quelques
courriers peu agréables adressés à Jean-Luc Barbier
par un scientologue
(août-septembre
2008)
La société SWITCH ferme un site qui
diffamait le webmaster d'anti-scientologie (Anti-scientologie - 3 octobre
2008) Infiltration: Mazda,
Shell, Kodak, Yverdon-les-Bains, TSA Telecom et la société
Helsana ont demandé des services à la société scientologue
Infolibris SA (anti-scientologie
- 20 septembre 2008)
Infiltration:
Infolibris
SA, une société Suisse liée à la scientologie (anti-scientologie
- 19 septembre 2008)
Les
autorités de la Chaux-de-Fonds refusent de prendre en
compte les dangers que représente la scientologie
(anti-scientologie
- 26 août 2008)
Vidéo:
A
Lausanne une manifestation contre les abus de la scientologie
filmée illégalement ! (forums.enturbulation.org
- August 17.2008)
Des
Anonymous manifestent à la Chaux-de-Fonds et Lausanne contre
les abus de la scientologie
(anti-scientologie
- 17 août 2008)
Témoignage:
A Neuchâtel la scientologie harcèle un
mineur (anti-scientologie
- 17 août 2008)
La
bibliothèque de l'Université Populaire du canton du
Jura refuse la propagande de la scientologie
(LQJ - 18 juillet 2008)
Témoignage:
Les abus de
la scientologie envers Jean-Luc Barbier confirmés par le témoignage
d'un ex-responsable de la scientologie aux USA (Témoignage
ajouté à anti-scientologie le 12 juillet 2008)
Testimony:
The Jean-Luc
Barbier affair: The Church used Crush Sell to amke him a WISE Member. When it
backfired they FAIR GAMED HIM, thereby
creating their own
worst enemy in Switzerland Verboten
sind sie nicht / Die Scientologen auf der Bieler Fanmeile
geben zu reden. Moralische Bedenken wischen die Bieler
Behörden beiseite (bielertagblatt.ch
- 27. Juni 2008)
Eurofoot:
Les scientologues draguent à la sortie des matches de foot
(Le
Matin Bleu - 23 juin 2008)
Eurofoot:
Scientologen
am Ball (hugostamm.kaywa.ch
- 24.6.2008)
Eurofoot:
Mit den Scientologen an der Euro
(Tages-Anzeiger - 21.06.2008)
Lausanne:
Les Anonymous ont manifesté à Lausanne contre les abus
de la scientologie
(Le
Gravis - 14 juin 2008)
Les
scientologues et les bibliothèques
suisses:

Lettre
ouverte à Franck Wawak le nouveau président de l"Eglise"
de scientologie de Lausanne
(anti-scientologie
- 23 mai 2008)
Scientologie
de Lausanne: Suzanne Montangero quitte son poste de présidente
(24heures.ch
- 21 Mai 2008)
Scientologie:
un
demi-siècle d’histoire controversée dans le monde
(24heures.ch
- 21 Mai 2008)
The pasionaria of the Vaud scientologists lowers the
flag (24heures.ch
- May 21, 2008) English
Lausanne:
Lettre
ouverte à M. Franck Wawak,nouveau président de la scientologie
(anti-scientologie
- 23 mai 2008)
Scientologie
de Lausanne: Suzanne Montangero quitte son pose de présidente
(24heures.ch
- 21 Mai 2008)
Scientologie:
un
demi-siècle d’histoire controversée dans le monde
(24heures.ch
- 21 Mai 2008)
La
bibliothèque municipale de Lausanne (place Chauderon)
sert la soupe à la scientologie!
Que fait donc la conseillère municipale Silvia Zamora
en charge de la culture ? (Le
Gravis - 14 mai 2008)
Les
bibliothèques du canton du Valais font la promotion
de la scientologie !
(Le Gravis - 14 mai 2008)
La scientologie met des bibliothèques suisses sous
pression (espace.ch
- 8 mai 2008)
Front
groups: La
scientologie et ses nombreux groupes de façade
(liste mise
à jour le 14 avril 2008)
Des
Anonymous manifestent pour la deuxième fois à Lausanne
contre les abus de la scientologie
(LeGravis
- 13 avril 2008)
Un
message de Jean-Luc Barbier sur le forum alt.religion.scientology
fait réagir la scientologie (ARS
- 9 avril 2008)
Comment
la
scientologie
tente de diminuer la portée de la diffusion sur le net de ses
textes sacrés ! (anti-scientologie
- 10 avril 2008)
Nouvelle
pétition en Suisse contre la scientologie: l'Association
d'Aide aux victimes de la dianétique et de la scientologie
(AVDS) organise une collecte de signatures en mai-juin
prochain dans le canton de Vaud
(Le
Gravis - 24 mars 2008)
Que
faire contre les abus de la secte de Scientologie ?
(Le GRAVIS - 24 mars 2008)
Le
contrat de la honte. Le contrat
que tout employé d'une succursale
de scientologie doit signer. Aucune
loi sur le travail n'est respectée
ici par la secte
(Le
Gravis - 23 mars 2008)
Le coup de gueule du Président
de l'AVDS (Association d'aide aux victime de la
dianétique et de la scientologie) (anti-scientologie - 23 mars 2008)
Anonymous:
L'AVDS soutient les manisfestations de protestations
des Anonymous contre les abus de la scientologie (anti-scientologie - 23 mars 2008)
Tom
Cruise partira-t-il à la chasse aux Anonymous ? (anti-scientologie
- 16 mars 2008)
Notre
feuilleton:
«Scientologie
contre Jean-Luc
Barbier».
Une étrange
collusion de la scientologie avec un site diffamatoire
(Le
Gravis - 16 mars 2008)
Lausanne:
Une
manifestation d'Anonymous contre les abus de la scientologie
(Le
Gravis - 16 mars 2008)
Pourquoi
les Anonymous portent-ils des masques ? (bakchich.info
- 14 mars 2008)
Témoignage:
«Liberté de communication et scientologie sont incompatibles»
(Jean-Luc
Barbier - 23 février 08)
Les
incitations criminelles de L. Ron Hubbard :
Nicolas Sarkozy prône
la fermeté envers les sectes et contredit les propos
d'Emmanuelle Mignon
(L'express
- 21 février 2008)
2007
Jura: Deux hauts dirigeants
scientologues sont
convoqués devant la
justice fin septembre
pour diffamation
(Le
Gravis - 5 septembre
2007)
Zürich: Scientologen wieder auf Seelenfang (Tages-Anzeiger
- 23.05.2007)
Jagd nach Geld statt Geist
(Tages-Anzeiger
- 23.05.2007)
Les pieux mensonges de la scientologie.
Le porte-parole de la scientologie suisse répond
au juge (Tribunal
de Porrentruy - 27 septembre 2006)
Genève: des flyers scientologues échouent dans une école
(Tribune
de Genève - 28 avril 2007)
Sur
le Net la scientologie utilise le bien-être, la lutte
contre le stress, la PNL, le coaching, la
psychologie, le yoga, la sophrologie ... les horoscopes et la numérologie pour
sa propagande ! (anti-scientologie
- 21 mars 2007)
Comment
j'ai perdu ma femme à cause de la Scientologie
(Témoignage
d'une victime lausannoise de la scientologie - 16 mars
2007)
Lee
Konitz:
Un adepte bien discret
de la secte de scientologie / Interview de
Lee konitz
réalisé en 1986 par le Celebrity Center de Paris
(Revue
CC - 1986)
Blak
Propaganda der Scientology gegen einen ex-Anhänger
(A.
Jackson - 6. September 1996) Deutsch
Témoignage
: La rencontre de Jean-Luc Barbier avec Lee
Konitz, saxophoniste de jazz et «grand maître» de
scientologie (anti-scientologie
- 5 mars 2007)
Wie die Scientology Kirche "schwarze Propaganda" betreibt
Offener
Brief an den Scientologen Heinz Müller / Lettre
ouverte au scientologue Heinz Mueller
Die
Kommentare von Peter Widmer und Freimann
(de.soc.weltanschauung.scientology
- 28. Feb
07) Deutsch
|
La méthode de scientologie est toujours la même
En
scientologie, à l'image de Heinz Müller
et de Fredy Michel, ce sont toujours
de
petites mains qui sont poussées en avant pour accomplir les basses corvées
(diffamation - mobbing, etc.)
Ainsi,
si une plainte est déposée, les responsables
de la scientologie ont beau jeu de jouer
les innocents et d'expliquer de long
en large aux juges qu'elle ne peut être
tenue pour responsables de
la conduite de l'un de ses membres ...
Les
juges doivent étudier ce qu'est la manipulation
mentale et la prise au piège d'une
secte comme la scientologie afin de
pouvoir condamner les vrais coupables
et interdire la scientologie sur notre
territoire.
Ce
n'est pas parce que nous voulons défendre
la liberté religieuse qu'il faut laisser
en toute impunité une secte qui agit
en bande organisée et qui ne cesse de
porter atteinte à la paix civile en
terrorisant nos concitoyens et en les
diffamant.
Le
Gravis. 2 mars 2007
|
Notre
feuilleton: «La $cientologie contre Jean-Luc Barbier».
Une plainte pour calomnie et diffamation contre un scientologue
retirée faute de moyens financiers
(3 février 2007)
2006
Quelques réfléxions du
président de l'AVDS (Association
d'aide aux victimes de la scientologie) à
propos du mariage scientologue
de Tom Cruise et de katie Holmes (Anti-scientologie - 18 novembre
2006)
TSR-Vidéo : La
Télévision Suisse Romande donne la parole à Jean-Luc Barbier
à propos de la scientologie et du mariage de Tom
Cruise (lien
vers le site de la TSR - Téléjournal du samedi
18 novembre
2006 - 19h30)
Some reflexions
following the wedding
of Tom Cruise, which has received a lot of media
coverage (by
Jean-Luc Barbier, the webmaster of anti-scientologie.ch
- November 18, 2006) English
Condamnation
du président de l'association d'aide aux victimes
de la scientologie et de la dianétique (AVDS)
(Feuilleton
Scientologie contre Jean-Luc Barbier - 28 octobre 2006)
Ce jugement
fait suite à une contre-plainte
de la scientologie. Jean-Luc Barbier
avait en 2003 dénoncé à la justice les
abus dont il est la victime
depuis une quinzaine d'années. Il accusait,
entre autres, deux dirigeants scientologues
de diffuser des incitations criminelles et de
coordonner des actions de mobbing contre sa
personne et sa famille. Le juge a estimé que
les preuves de ses accusations n'avaient pas
été apportées.
Ce
procès a demandé 3 ans d'instruction et
au final 1500 pages figuraient au dossier. Avant
les plaidoiries le juge a refusé d'entendre
deux témoins dont l'un était un proche de Ron
Hubbard et l'autre un ancien directeur de scientologie.
Ce n'est pas le procès de la scientologie a-t-il
dit pour justifier son refus. Mais alors
comment prouver la bonne foi de Jean-Luc Barbier
? Un recours a été déposé par Me Christophe
Schaffter, avocat de Jean-Luc Barbier
Il
faut noter que cette affaire regroupe une avalanche
de plaintes (6 sauf erreur) et que
la scientologie s'étant retirée de la procédure
elle ne pourra plus faire la moindre opposition.
Canton
de Vaud: Réponse négative du Conseil d'Etat à
la pétition "Pour un contrôle de
la thérapie de la scientologie" (Lausanne,
5 juillet 2006
- Réponse communiquée à l'AVDS le 8
septembre 2006)
Le canton de
Vaud ferme les yeux sur les pratiques de la scientologie
(24Heures - 1
octobre 2006)
|

-
Votre scientologie
c'est bon pour le canton
de Vaud. Elle
peut y rester !
- (Dessin
Burki - texte AVDS)
|
Dans
le canton du Jura la scientologie retire sa
plainte contre Jean-Luc Barbier (Le
Gravis - 27 septembre 2006)
La
scientologie a affirmé devant la justic : "Nous
avons déposé une plainte contre M. Barbier
pour qu'il cesse de nous attaquer.
Mais comme ça devient pire nous
avons décidé de retirer notre plainte"
Une telle plainte
est un parfait exemple
de la stratégie de la scientologie contre ceux qu'elle nomme
"les
suppressifs" (des "sales juifs"
disaient les nazis en 1933). Pour preuve un
texte de 1982 de Ron Hubbard dit ceci: "Le
but des procès est de harceler et décourager plutôt
que gagner" «The purpose of the suit
is to harass and discourage rather to win» p.
157 - «A manual on the dissemination of material» publié en 1982
dans le Volume 2 des bulletins techniques de la scientologie
-
|
Tribunal
de Porrentruy: Condamnation
du grand patron de la scientologie
suisse
|
Méditation
transcendantale : Les yogis font un flop dans le Jura
(Le
Matin - 2 juillet 2006)
Une pétition antiscientologue dort dans les tiroirs de l’Etat
(24heures
- 29 juin 2006)
TÉMOIGNAGE:
«Lorsqu’ils m’ont demandé mes économies, j’ai dit stop»
(24heures
- 29 juin 2006)
La
scientologie retire sa plainte contre le président de
l'AVDS, Jean-Luc Barbier (Tribunal
Porrentruy - 29 mai 2006)
Pétition
"Pour un contrôle de la thérapie de la scientologie"
: Le
Conseil d'État du canton de Vaud donnera
sa réponse en mai 2006
(Anti-scientologie
- 14 avril 2006)
Que
fera le Conseiller d'Etat vaudois Jean-Claude
Mermoud (UDC) en charge du dossier ?
(Le
Gravis - 14 avril 2006)
DIRE: Un
département au don de voyance !
(Le
Gravis - 14 avril 2006)
Les
danger de la thérapie de la scientologie
(Le
Gravis - 14 avril 2006)
Texte
de la
pétition "Pour un contrôle de la thérapie de la
scientologie"
(AVDS
- septembre
2004)
Le Parlement vaudois dit oui au contrôle
de la scientologie
(24Heures
- 29 septembre 2004)
Ce que devraient savoir nos autorités:
Témoignages
vidéo de victimes de la scientologie
Témoignages
de victimes suisses de la scientologie
Les
nombreuses condamnations de la Scientologie en Suisse
et dans le monde
Quelle politique mettre en place
face aux dérives sectaires:
Rencontre avec le professeur Louis-Léon Cristians de l'Université Catholique de Louvain (6
avril 2006)
Remarques d'anti-scientologie:
Les limites de la lutte contre les dérives sectaires
en Suisse (Anti-scientologie
- 14 avril 2006)
A
Fribourg les
scientologues se cachent
dans un hôtel pour happer de nouvelles
victimes
(Laliberte.ch
- 11.01.06)
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2006
-
-
- Pétition
de l'AVDS pour l'interdiction des stands de scientologie: Le parlement jurassien rejette la pétition, elle
était mal formulée (23
février 2005)
-
- La scientologie condamnée
devant le Parlement jurassien: elle ne pourra plus tenir
le moindre stand dans la capitale jurassienne
(23
février 2005)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2005
-
2004
- Le
canton de Neuchâtel ne donne aucune suite à la Pétition
de l'AVDS (Association
d'aide aux Victimes de la Scientologie) visant à interdire les stands de la scientologie (Conseil
communal - 14 décembre 2004)
-
- La
Chaux-de-Fonds: Michel Barben, un conseiller
communal (libéral) qui dit oui aux stands de
la scientologie (Conseil
communal - 14 décembre 2004)
-
- Témoignag
:
La scientologie, son racisme et ses méthodes
de vente abusives
(décembre 2004)
-
- Témoignage: Méthode de
dessin-peinture Aimé Venel et infiltration
de la scientologie (novembre
2004)
-
- IAS:
Liste
des membres de l'IAS (International Association of Scientologist)
(Novembre
2004)
-
-
- Télévision
suisse
romande: Scientologie
en ligne de mire (29
septembre 2004)
-
- Fribourg: Une émanation de la scientologie à Fribourg-Centre
(24
septembre 2004)
-
- Fribourg: Le CCHR met en danger les personnes malade (24
septembre 2004)
-
- Jura: Plainte de la scientologie contre le président de l'AVDS
classée (avril
2004)
-
- Genève: Le recteur de l'université abusé par la secte
Falun Gong (avril 2004)
-
- Polémique: Nicolas
Sarkozy critiqué pour avoir reçu Tom Cruise
(3 septembre 2004)
-
- Conseil
Communal de La Chaux de Fonds:
Interpellation
de M. Jean-Pierre Veya au sujet d'un stand de propagande
de la scientologie (La
Chaux-de-Fonds - 24 août 2004)
-
- Captation
de prestige : Dieu
et les stars (19 juin
2004)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2004
-
- 2003
-
- Droit
pénal: La scientologie
hors la loi (décembre 2003)
-
- Lucerne: Pas d'autorisation pour une
école privée de Littau (août
2003)
-
- Lausanne: 15 jours de prison pour la présidente de la scientologie
(juin
2003)
-
- Lausanne: Coup dur pour les scientologues
(mai 2003)
-
- Lausanne: En tant que présidente elle aurait dû donner
l'exemple (mai 2003)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2000-2003
-
- 2002
-
- Valais: La
scientologie arrive sous couvert des droits de l'Homme (janvier
2002)
-
- Lausanne: La présidente de la
scientologie évite la prison (mai 2002)
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2000-2003
-
- 2001
-
- Montreux: le groupe de swing
«The
Jive Aces» roule pour la scientologie (juillet
2001)
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2000-2003
-
- 2000
-
- Rapport 2000: Département fédéral de justice et police
(décembre
2000)
-
- Conclusions
et recommandations du rapport 2000 concernant
la scientologie (décembre
2000)
-
- Zurich-canton: Décisions des autorités concernant
la scientologie (décembre
2000)
-
- Lausanne: Décisions des autorités concernant
la scientologie (décembre
2000)
-
- Lucerne: Décisions des autorités concernant
la scientologie (décembre
2000)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 2000-2003
-
- 1999
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1998-1999
-
- 1998
- Nouvelle pétition du GPFI "Droits
des victimes" acceptée
- (octobre
98)
-
-
|
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1998-1999
-
- 1997
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1995-1997
-
- 1996
-
-
Düsseldorf: Selon
un rapport la scientologie agit de manière
«totalitaire» (janvier
1996)
- Pétition
du GPFI contre la scientologie acceptée
- (genève,
septembre
1996)
- "Contre-pétition"
de la scientologie classée
-
(Genève,
décembre 1996)
|
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1995-1997
-
- 1995
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1995-1997
-
- 1994
-
- Lausanne:
Le geste désespéré d'un jeune qui avait
peur de retourner chez les scientologues
-
- WISE: Enquête du journal BILAN : Comment les scientologues infiltrent les entreprises (
juin 1994)
- Le
contrat type (Bilan,
juin 1994)
- Le gourou
démasqué (Bilan,
juin 1994)
- Un
univers de science fiction (Bilan,
juin 1994)
-
- Genève:
Secte et santé naturelle: le Salon
Solvita subit l'amalgame (novembre
1994)
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1992-1994
-
- 1993
-
- Propagande: Comment
les scientologues récupèrent
un discours extrémiste
(Tribune Juive - 13
mai 1993)
-
- Suisse: En
Suisse la scientologie a récolté 250 millions
de 1985 à 1990 (Nouveau
Quotidien novembre 1993)
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1992-1994
-
- 1992
-
- Campagne
de dénigrement de la scientologie contre Interpol
(L'Hebdo
- 1992-1993 ?)
-
- Tribunal
de district - Télévision Romande et
scientologie:
Droits de réponse rejetés (mai
1992)
-
- Enquête
de la FRC: Le
crédit de l'église ou l'église à
petit crédit ? (décembre 1992)
-
- Fribourg: Un défilé d'anciens adeptes ruinés, une
"église" qui n'accepte aucune critique (novembre
92)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1992-1994
-
- 1991
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-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1988-1991
-
- 1989
-
- Genève: Qu'est
devenue ma fille ? (octobre 1989)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1988-1991
-
- 1988
-
- Tribunal
de Viège: Aux prises avec l'Eglise de scientologie
(novembre 1988)
-
-
Les
condamnations de la scientologie et ses actions
en justice en 1985-1987
-
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-
- DIEU
ET LES STARS
-
- Quotidien
jurassien, 19 juin 2004. mgr/qts/ap
- [Texte
Intégral]
-
- Catalogue
non exhaustif des célébrités par leurs
croyances
-
- Les stars
tiennent parfois de drôles de propos lorsqu'ils quittent
le terrain de leur art pour entrer sur celui de la religion.
Dernière en date, Madonna. Ne l'appelez plus Louise Veronica
mais Esther: c'est le prénom juif qu'elle s'est choisi
en tant que fidèle de la cabale. «J'ai reçu
le prénom de ma mère. Ma mère est morte
quand j'étais très jeune, du cancer. Et je voulais
m'attacher à un autre prénom, a-t-elle déclaré
lors d'une interview présentée hier soir sur les
ondes de la chaîne américaine ABC. Ce choix n'est
pas la négation de ce qu'est ma mère. Je voulais
profiter de l'énergie d'un prénom différent.»
-
- Au cours
de cette interview, Madonna a montré le petit bracelet.
rouge comme signe d'appartenance à la cabale et qu'elle
porte à son poignet, dissimulé sous sa montre.
Elle se dit profondément choquée par les critiques
qui laissent entendre que son intérêt pour la mystique
juive n'est rien d'autre qu'une mode.
-
- En effet,
pour elle mais aussi pour Demi Moore, Paris Hilton et Britney
Spears, Dieu se trouve au Kabbalah Center à Los Angeles.
Dérivée d'une authentique tradition judaïque,
la cabale a été rendue populaire par l'adhésion
de ces divas. Selon l'enseignement du Kabbalah Center, le bracelet
rouge dissipe les «ondes négatives» et contre
le «mauvais œil» ...
-
- Nos lecteurs
les plus observateurs prêteront attention au clip de Britney
Everytime, dans la controversée scène du bain,
elle aussi arbore ce signe de reconnaissance.
-
- Moins
new age, Mel Gibson pratique une forme de catholicisme plutôt
«Moyen Age». Mais lui sème sa foi dans son
œuvre. La Passion, son film sur les dernières heures
du Christ qui a semé l'émoi partout dans le monde,
est censé refléter ses croyances religieuses.
-
- Moins
catholique, la chanteuse pop d'origine portoricaine Jennifer
Lopez place sa foi dans la Santeria, un syncrétisme recoupant
le catholicisme avec des traditions ouest-afucaines. Cette croyance,plus
proche d'un culte, que d'une véritable religion, est
un lointain cousin du vaudou haïtien.
-
- Quant
à l'acteur Denzel Washington, au chanteur Stevie Wonder
et à la star du basket, aujourd'hui convertie dans la
restauration, «Magic» Johnson, ils disent la messe
à la manière des Pentecôtistes.
-
- Tom Cruise,
John Travolta, Juliette Lewis, Erika Christensen, Danny Masterson
et Beck disent appartenir à l'Eglise de scientologie,
une organisation fondée dans les année 1950 par
l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard. Ce dernier
a écrit La Dianétique, sorte de manuel de psychologie
largement inspiré de la psychanalyse, avant de fonder
son église. Selon les rumeurs, passé certains
grades, les initiés apprennent qu'ils sont en réalité
d'anciens extraterrestres incarnés dans des corps d'humains.
(cf: la croyance cachée
de la scientologie)
|
-
-
- AVEC
L'INTERNET, LES CORBEAUX DU TROISIEME MILLENAIRES DISPOSENT
D'UN OUTIL LEUR PERMETTANT DE PRESERVER ASSEZ FACILEMENT LEUR
ANONYMAT
- Quotidien
Jurassien, avril 2004, Thierry Bédat
- [texte
intégral]
-
- Préambule de l'AVDS:
-
- Dans cet article le
journaliste parle d'une Nème plainte de la scientologie contre Jean-luc
Barbier, président de l'AVDS. Une plainte classée qui sans doute n'avait qu'un
seul but : nuire à la réputation de l'AVDS et à son travail de prévention. Pour
cela, prenant Me Alain Schwein- gruber, futur président du parlement jurassien
(étrange coïncidence), la scientologie accusait faussement M. Barbier d'avoir
posté dans un forum un texte diffamatoire.
|
- Une plainte
a été déposée récemment contre
un Ajoulot (*) par une association suisse (l'association Eglise
de Scientologie de Zürich, siège du bureau OSA
pour la Suisse) qui l'accusait
d'avoir diffusé un message diffamatoire dans un forum
de discussions, réservé aux internautes abonnés
à Sunrise.
-
- (*habitant
de la région de l'Ajoie; région située
dans le Jura-suisse; capitale: Porentruy)
-
- «Je
n'ai jamais écrit ce message dans un excellent anglais,
alors que je ne maîtrise pas la langue de Shakespeare»,
réagit ce père de famille. Il ne comprend pas
comment son adresse exacte de courrier électronique a
pu se retrouver dans l'entête du message incriminé.
-
- Heureusement
pour lui, le juge d'instruction a demandé une expertise
au Service informatique cantonal jurassien qui démontre
qu'il est possible d'usurper une identité sur le senrveur
de news de Sunrise. La justice a dès lors renoncé
à toute action concernant ce message diffamatoire. L'histoire
pourrait prêter à sourire si ce type de mésaventure
ne pouvait, théoriquement du moins,arriver un jour à
tous les possesseurs d'une adresse de courrier électronique.
D'autant plus que le rapport rédigé par Pierre-Alain
Prongué, du Service intormatique cantonal, établit
qu'il est très facile d'usurper une adresse de courrieI.
-
- Un
faux nom, une adresse fictive: enfantin ! Démonstration
en trois points.
- Pierre-Alain
Prongué a commencé par se créer une adresse
de courrier électronique fantaisiste au nom de Bobby
Ewing. «J'ai créé un compte chez Sunrise
en donnant une fausse identité qui n'a pas été
vérifiée», constate l'informaticien. Avec
les informations données par le fournisseur d'accès
à l'internet, il a alors pu accéder facilement
au serveur des forums de discussions de Sunrise et y laisser
des messages avec sa fausse identité de héros
de la série télévisée Dallas.
- Le spécialiste
a ensuite essayé de poster un message avec un faux nom
d'utilisateur et une adresse de courriel fictive. Il a dû
pour cela modifier la configuration de son navigateur et, tout
aussi aisément, il est parvenu à mettre son court
texte en ligne.
- Dernière
étape, il tente d'envoyer un message en utilisant l'identité
et donc l'adresse de courriel de l'Ajoulot incriminé.
Là également, l'opération ne lui pose pas
de problèmes et sa fausse «news» peut même.
après quelques jours, être retrouvée sans
difficulté avec le moteur de recherche Google.
-
- Théoriquement
possible, mais déjà moins pratiquement
-
- Le message
reproché à ce père de famille jurassien
a pu être écrit par n'importe qui. Il est impossible
de déter- miner le nom réel de son auteur»,
conclut Pierre-Alain Prongué. Il souligne que, pour connaître
avec exactitude l'identité réelle de l'auteur
du message, il faudrait s'adresser au fournisseur d'accès,
soit Sunrise, pour remonter au numéro de téléphone
depuis lequel la connexion a été effectuée.
Une telle demande doit toutefois être déposée
officiellement par le ministère public. «Théoriquement,
on peut retrouver l'adresse, mais pratiquement cela demande
beaucoup de temps. Et cela peut encore en prendre plus si le
fournisseur d'acccès n'est pas en Suisse», poursuit
l'informaticien qui conclut en avertissant que les pirates aguerris
n'hésitent pas à passer par plusieurs serveurs
à travers toute la planète pour encore mieux brouiller
les pistes.
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- FAUX
COURRIELS DANS L'ADMINISTRATION
-
- Jura
: Deux plaintes déposées par l'Etat
-
- «Deux
plaintes ont déjà été déposées,
car des personnes avaient envoyé des courriers électronique
injurieux à des fonctionnaires», explique Roland
Mouttet du Service informatique cantonal. Il reconnaît
qu'il est assez simple d'envoyer un courriel avec une fausse
adresse. «Généralement, on se rend rapidement
compte que c'est un faux», poursuit l'informaticien qui
termine: «Il y a finalement eu peu de cas, assez vite
détectés et sans conséquences.»
-
- Les
virus aiment les fausses identités
-
- «Nous
avons reçu des quantités de messages avec des
identités fausses avec certains virus qui récupèrent
toutes les adresse électroniques sur le disque dur de
l'utilisateur pour ensuite se propager par mail en tirant au
sort les adresses de l'expéditeur et du destinataire»,
relève Roland Mouttet. L'informaticien redoute donc plus
les petits «vers binaires» que les usurpations d'identité.
-
- La
justice interpelle les fournisseurs d'accès
-
- «Nous
demandons des renseignements aux fournisseurs d'accès
en cas de délits graves», déclare Le procureur
Yves Maitre. Il avait fait une telle démarche lorsque,
il y a quelques années, un Ajoulot avait usurpé
l'identité de la cheffe du Bureau de l'égalité
pour diffuser un montage à caractère pornographique.
En revanche, des informations sont couramment exigées
auprès des fournisseurs d'accès dans le cadre
de la lutte contre la pornographie enfantine. (tb)
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-
- Le Matin, 27 avril
2004, Frédéric Julliard
- [texte intégral]
-
- Le rectorat admet un «dérapage» dans un cas, mais refuse
d'interdire les activités spirituelles dans ses murs
-
- L'Université
de Genève est-elle noyautée par des mouvements religieux ?
Sous le titre «Pas de sectes à l'Uni», une association
accuse le rectorat de laisser des organisations prêcher la bonne parole
au sein de l'institution.
-
- Tout a commencé
le 12 mars, lorsque des étudiants membres du Falun Gong ont pratiqué
leurs exercices de méditation en pleine université. L'Association
des étudiants progressistes en droit (APROD), considérant
le Falun Gong comme une secte, a écrit au rectorat pour lui demander
des explications.
-
- Le 20 avril, c'était
au tour des Groupes bibliques universitaires de distribuer le Nouveau Testament
aux étudiants. Les livres étaient fourniis par les Gédéons,
un mouvement d'origine américaine dont l'objectif affiché
est de «gagner des âmes à Jésus-Christ»
... A l'Université, la religion doit être analysée comme
un phénomène, explique Florian Irminger, membre du comité
de l'APROD. Propager la bonne parole sort clairement de ce cadre scientifique».
-
- Le recteur de l'Université,
André Hurst, admet un «dérapage» dans le premier
car: «L'association des étudiants membres du Falun Gong a
le droit de se réunir dans les salles mises à sa disposition,
mais elle n'aurait pas dû occuper le hall central du bâtiment
avec une manifestation de caractère politique». En revanche,
l'action des Groupes bibliques ne gêne pas le recteur. «Ils
n'ont pas distribué des bibles, ils les ont seulement mises à
disposition. Ce n'était pas du prosélytisme agressif.»
-
- L'APROD demande que
des critères précis soient édictés. «Il
n'y a pas de règle simple, répond André Hurst. On ne
peut pas interdire les activités des Groupes bibliques alors que
nous avons une Faculté de théologie ...» Florian Irminger
souhaite «une réflexion globale sur ce qui peut être
toléré. On ne veut pas découvrir une nouvelle secte
à l'Uni toutes les trois semaines !»
|
-
- LA SCIENTOLOGIE
HORS LA LOI
-
- La presse
du Nord Vaudois, 2 décembre 2003, Laure Pingoud
- [Texte intégral
- tirage 10'988 exemplaires]
-
- Arnaud Palisson
: "Grande enquête sur la Scientologie, une secte hors la
loi"
- Editions Favre,
2003.
-
- Le danger que
représente l'Eglise de scientologie a souvent été
dénoncé. Docteur en droit, Arnaud Palisson aborde cette
question sous son aspect juridique. En décrivant les étapes
qui conduisent un néophyte à adhérer puis à
participer à cette secte, il démontre l'illégalité
de la procédure.
-
- Dès la
première rencontre, le nouveau venu est victime d'une manouvre
frauduleuse. La Scientologie utilise abusivement les témoignages
de personnalités célèbres, qui ont eu une entrée
facilitée dans l'Eglise. Elle renforce également sa crédibilité
grâce à des tests de la personnalité qui offrent
en réalité des solutions à peu près semblables
pour tout le monde.
-
- Mais les délits
de l'Eglise ne s'arrêtent pas là, puisqu'elle se rend successivement
coupable d'escroquerie aggravée, de tromperie ou d'exercice illégal
de la médecine. D'abord victime, le disciple finit en outre par
se rendre coupable d'infractions envers ses coreligionnaires.
-
- En amont des
considérations strictement juridiques, Arnaud Palisson propose
dans cet ouvrage une description précise des activités
et des fondements de l'Eglise de scientologie.
|
-
-
- Tribune de Genève,
22-23 novembre 2003
- [Texte intégral]
-
- Les cartables des
écoliers. zurichois vont accueillir dans les semaines qui viennent
un hôte inattendu. Entre le livre de math et le cahier de grammaire,
une brochure. Frappée du logo doré de l'Eglise de scientologie,
tirée à 100'000 exemplaires et distribuée aux élèves.
Comment ? Le Tages-Anzeiger, qui révèle l'information dans
ses éditions d'hier, n'a pas réussi à obtenir le renseignement.
Le centre zurichois de la secte américaine a refusé de répondre
aux questions du rédacteur Hugo Stamm.
-
- L'expéditeur
de la brochure porte de nom de «La jeunesse pour les droits de
l'homme.»
-
- Gageons que certains
parents vont faire un drôle de nez en ouvrant la serviette de leurs
enfants car, sous un titre apaisant - «La paix à travers les
droits de l'homme» - le fascicule place ses pions. Selon le Tages-Anzeiger,
l'opuscule contient ce qu'il convient d'appeler une action de propagande
en faveur de l'Eglise de scientologie. Après une énumération
des droits de l'homme figure un bref hit-parade de leurs quatre plus grands
défenseurs. En tête, Ron Hubbard. Le fondateur de la secte
américaine. Viennent ensuite le Mahatma Gandhi, Voltaire et Martin
Luther King.
-
- L'an dernier, l'Eglise
de scientologie avait déjà lancé une offensive dans
les écoles. Elle avait écrit à tous les enseignants
romands. S'adressant à eux au nom d'un groupement nommé «», la secte avait dénoncé
les enquêtes psychiatriques menées par le corps médical
à propos des enfants hyperactifs.
-
- Réd
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-
-
- Tages Anzeiger,
Zurich, 20 mars 2001
- [texte intégral]
-
- Les journalistes n'ont pas à
révéler leurs sources, même quand ceux que les accusations de l'informateur
gènent ne pourraient réagir sans prendre connaissance de leur identité. La
protection des sources prévaut sur l'obligation de les révéler.
-
- Le Conseil de la Presse a classé sans suite une plainte de l'association
Narconon, déposée à la suite d'un article sur le procédé thérapeutique
controversé publié dans le Tages Anzeiger par un spécialiste des sectes, Hugo
Stamm. Un informateur anonyme était cité, qui disait avoir abandonné la thérapie
car selon elle, on y utilisait des méthodes douteuses.
-
- Le président de Narconon
avait déposé plainte devant le Conseil de la Presse. Il y accusait Hugo Stamm
entre autres de ne pas avoir eu de contacts directs avec l'informateur, et
d'avoir utilisé des citations déformées. Le Conseil de la Presse a constaté
d'après l'information fournie par Stamm, que celui-ci avait bel et bien parlé
avec l'informateur. Le journaliste avait ensuite confronté le plaignant aux
informations les plus graves fournies par la personne, et utilisé les réponses
les plus significatives dans l'article. Stamm avait ensuite eu raison de refuser
l'identité de l'informateur à Narconon.
-
- Selon les dires de Tages Anzeiger, le
motif du refus se fondait sur les ennuis provoqués par Narconon et la
Scien- tologie suite à la publication de l'article.
-
- [ndt: on peut rappeller ici que la scientologie a pour habitude de
lancer des poursuites, même en sachant qu'elle les perdra, car Hubbard a
écrit que le but des poursuites n'était pas de gagner, mais de harceler.
|
-
-
- Tribune
de Genève, 30 mai 2000, Jean-Noël Cuénod
- [Texte
intégral]
- L'ombre
de la scientologie plane sur le procès.
-
- Un médecin
genevois a pris place, hier, sur le banc des accusés
au Tribunal de police. Le docteur X est inculpé d'exposition
au danger et de lésions corporelles graves par négligence
à la suite du décès d'une patiente, Mme
Y, le 17 décembre 1995. Elle souffrait d'un cancer des
ovaires de stade quatre, c'est-à-dire avancé.
Ce généraliste clame son innocence.
-
- Sur le
procès, plane l'ombre de la scientologie. Le docteur
X a suivi des cours organisés par la secte mais affirme
avoir coupé les ponts avec elle. En revanche, sa malade,
Mme Y, a appartenu à cette «église»
jusqu'à
la fin de ses jours.
-
- Le procureur
général Bernard Bertossa reproche au docteur X
trois attitudes:
- de n'avoir
pas pris les mesures nécessaires pour poser un diagnostic
correct et rapide;
- d'avoir
découragé Mme Y de se soumettre à un traitement
chimiothérapique complémentaire;
- de l'avoir
incitée à suivre des soins alternatifs qui se
sont révélés totalement inadaptés
à la gravité du cas.
- Toutefois,
le Ministère public n'a pas retenu contre le médecin
un homicide par négligence. En effet, la justice n'a
pas démontré qu'il existe un lien entre les erreurs
éventuelles et le décès de Mme Y.
-
- Durant
la première phase de la maladie, le docteur X a examiné
huit fois sa patiente de juin à décembre 1994.
Au cours de ces consultations, le médecin a suspecté
la présence d'un cancer au côlon. Il a prescrit
un lavement baryté mais cet examen n'a rien révélé.
Poursuivant ses recherches en direction d'un cancer diffus du
péritoine, il a proposé à sa malade de
procéder à un autre moyen d'investigation dans
l'abdomen: la laparoscopie. Mais, à en croire le généraliste,
Mme Y a refusé, traunatisée qu'elle étalt
par le premier examen.
-
- Sur ce
premier point, le professeur Ferdy Lejeune se montre fort sévère
envers le docteur X. Il le restera d'ailleurs tout au long de
sa déposition devant le Tribunal. Rappelant que Mme Y
était atteinte d'un cancer aux ovaires, l'expert s'étonne:
«Le médecin en question n'a pas demandé
que sa patiente subisse un scanner ni même un examen
gynécologique. C'est pourtant le b.a.-ba en pareille
circonstance, surtout dans le cas d'une femme âgée
d'une soixantaine d'années».
-
- Un peu
plus tard, le professeur André-Pascal Sappino - médecinchef
de service à la division oncologie de l'Hôpital
cantonal - relativise: «Nonante pour cent des cancers
ovariens sont diagnostiqués alors qu'ils se trouvent
à un stade avancé».
-
- Mme Y
est hospitalisée le 2 janvier 1995. Les examens au scanner
signalent la présence d'un cancer aux deux ovaires. Elle
est opérée. Un traitement chimiothérapique
prodigué jusqu'en mai donne d'excellents résultats.
On ne peut parler de guérison mais d'une rémission.
- Un
refus libre ou sous influence ?
-
- Les médecins
de l'Hôpital cantonal conseillent à la patiente
de suivre trois autres soins chimiothérapiques complé- mentaires.
Mais elle refuse. Le procureur général voit l'influence
de la secte scientologue et celle du docteur X dans cette décision.
Opinion partagée par l'expert médical qui évoque
une lettre du généraliste indiquant à 1
l'hôpital que sa cliente refusera tous traitements nouveaux.
-
- Le défenseur
du généraliste, Me Serge Rouvinet, s'exclame:
«La scientologie n'a rien contre la médecine tradi- tionnelle.
D'ailleurs, de nombreux médecins genevois font partie
de cette église !» Le docteur X affirme, lui, qu'il
n'a fait que suivre la demande de sa patiente. Infirmière
de profession, Mme Y était bien placée pour prendre
une décision avec discernement. Elle ne voulait pas subir
les effets secondaires d'un traitement supplémentaire.
-
- En fait,
il semble bien que la patiente se soit montrée ambivalente
vis-à-vis des thérapies traditionnelles ou paral- lèles.
Ce qui est le cas de nombreuses personnes en proie à
un tel désarroi. A ce propos, le professeur Sappino dénonce:
«Cette situation offre un champ d'intervention rêvé
pour toutes formes de manipulations».
- Les
clous de girofle
-
- Le procureur
général accuse également le généraliste
d'avoir donnédes soins aberrants à base de plantes
et autres petites graines. Il a même envoyé Mme
Y chez un médecin vaudois très controversé.
L'expert médical, le professeur Lejeune, en est abasourdi: «Il est ahurissant de traiter un cancer avec des clous
de girofle ou des extraits d'absinthe !» .
-
- Le docteur
X se défend: «Je n'ai jamais dit que cela pouvait
guérir. Les personnes qui se savent condamnées
essaient tout. Pourquoi les en empêcher ?» Me Robert
Assaël, avocat de la famille Y contreattaque: «Vous
avez laissé votre patiente sans lui donner de véritables
médicaments contre la douleur, alors qu'elle était
en proie à une vive souffrance !»
-
- Le procureur
général requiert six mois de prison avec sursis
pendant trois ans. La défense plaide l'acquittement.
Le Tribunal de police rendra sa décision prochainement.
-
-
- Le
choix de la patiente était lucide: le
médecin est acquitté
- Tribune
de Genève - 4 juillet 2000 - Laurence NAEF
- [Texte
intégral]
TRIBUNAL
Il aurait pourtant dû mieux informer la malade, décédée
d'un cancer.
Le
médecin genevois, accusé de lésions corporelles graves
par négligence et d'exposition au danger. (La Tribune
du 30 mai) à la suite du décès d'une patiente, a été
acquitté par le Tribunal de police. Le procureur général
avait requis une peine de six mois de prison avec sursis
contre ce médecin à qui il était reproché divers comportements
qui auraient laissé la malade mourir dans de grandes
souffrances. Défendu par Me Serge Rouvinet, il clamait
son innocence.
Si
l'ombre de la scientologie a plané sur le procès, la
malade faisant partie de la secte et le médecin ayant
suivi des cours dans le passé, il n'en reste rien d'autre
que ces strictes indications dans le jugement. Le traitement
par les plantes et les pilules que la patiente, atteinte
d'un cancer aux ovaires, avait choisi «lucidement»,
n'apparaît pas en lien avec la scientologie.
Le
médecin n'a pas commis de négligence
Le
tribunal considère que le docteur X n'a pas commis de
négligence lors de l'établissement du diagnostic. Il
relève qu'il est difficile de repérer un cancer des
ovaires et qu'il se trouve souvent déjà à un stade avancé
lorsqu'il peut être diagnostiqué. En revanche, il
juge que le médecin a violé son devoir d'information,
précisé dans la loi sur les rapports entre membres des
professions de la santé et patients. Il n'a pas informé
lui-même sa patiente sur l'état de sa maladie et sur
les conséquences de ses choix en matière de traitement,
alors que la preuve d'une telle information lui incombait.
Et cela même si la patiente était infirmière et qu'elle
ne pouvait ignorer qu'elle ne guéri- rait pas grâce
aux gélules et autres potions qu'elle prenait,
Pas
de lien de causalité
Les
juges ne retiennent pas que ces traitements parallèles,
après une chimiothérapie réussie, ont été prescrits
par le médecin. Ils précisent que c'est bien elle, en
toute connaissance de cause, qui a choisi de renoncer
à une autre série de chimiothérapie qui, de l'avis même
des médecins, ne l'aurait pas guérie. Si le docteur
X a failli à son devoir d'information, le tribunal n'y
voit pas de lien de causalité avec le danger grave auquel
s'est exposée la malade jusqu'à son décès le 17 décembre
1995. Il est en conséquence acquitté.
L'avocat
de la famille de la défunte, Me Robert Assaël annonce
qu'il fera appel de cette décision: «L'expertise qui
mettait en cause l'accusé, pourtant extrêmement précise,
est contre toute attente à peine considérée dans ce
jugement.»
-
- Remarques
du Gravis:
-
- Nous
nous posons la question de savoir comment une personne
dans un tel état puisse encore pour les Juges
être considérée dans un état
de pouvoir évaluer sa situation en "toute
connaissance de cause" !
-
- Une
telle décision de justice nous semble ne
pas tenir compte de l'emprise sectaire sur une personne
affaiblie, ni de l'ascendance d'un médecin
sur sa décision.
-
JUSTICE:
: UN
MÉDECIN ACQUITTÉ EN APPEL
- Tribune
de Genève - 16 mars 2001
- [Texte
intégral]
La
Cour de justice a confirmé récemment l'acquittement
d'un médecin prononcé en juillet dernier par le Tribunal
de Police. Il avait été accusé de lésions corporelles
graves par négligence et d'exposition au danger à la
suite du décès d'une patiente.
L'ombre
de la scientologie avait plané sur ce procès. Le médecin
a été finalement innocenté. Il l'est désormais définitivement
puisque la famille de la défunte a décidé, selon son
avocat Me Robert Assaël, de ne pas recourir au Tribunal
fédéral: "Mes clientes sont lasses de la procédure
et préfèrent garder pour elles leurs convictions.»
J.
N. C
|
-
- PRÉSIDENTE
DE LA SCIENTOLOGIE
- CONDAMNÉE À
LAUSANNE
-
- 24 heures, 19 janvier 2000,
Laurent Antonoff
- [texte
intégral]
-
- Dix jours de prison avec
sursis pour avoir diffamé un Genevois
-
- "Tout cela me fait penser
aux campagnes électorales américaines où se ne sont pas les idées que l'on
combat, mais les personnes. Cette politique a un nom Madame : le dénigrement".
Le président du Tribunal de police de Lausanne, Pierre Henri Winzap ne s'est pas
contenté de donner, hier, une rapide leçon de français à la présidente de
l'eglise de scientologie de la capitale vaudoise. Non. Il a de plus condamné
Suzanne Montangero à dix jours de prison avec sursis pour diffamation à
l'encontre gu Genevois François Lavergnat, "l'ennemi public numéro 1 de la
scientologie". selon son avocat Me Henzelin. "Ce jugement est inadmissible, Je
vais faire recours a-t-elle d'ores et déjà annoncé".
-
- "Faites ce que je dis et
pas ce que je fais". C'est sous ce titre que la présidente de la scientologie de
Lausanne a fait paraître un article dans la revue Ethique et Liberté,
l'organe de presse du mouvement. C'était en avril 1996. Son but "Remettre
l'église au milieu du village" dans le bras de fer l'opposant au Genevois
François Lavergnat, fondateur du Groupement de protection de la famille et de
l'individu (GPFI)."Suite à ses nombreuses attaques contre la
scientologie,tant dans les journaux qu'à la télévision, Suzanne Montangero se
devait de lui répondre. Le but de l'article n'ètait pas de nuire à cette
personne, mais de montrer qu'elle ferait mieux de balayer devant sa porte", a
plaidé Me De Benoît, l'avocate de l'accusée.
-
- L'article en question
révélait, entre autres, que François Lavergnat avait enprunté 15'000.- francs
(env 9'400 euros) à son frère sans les restituer dans les délais, que le garden
center qu'il exploitait avait fait faillite, et que son stand de tir avait été
fermé pour vente illégale de munitions. "Rien qui puisse atteindre son honneur",
a estimé Me De Benoît.
-
- Tort
moral
-
- "Mon client est l'opposant
officiel de la scientologie. L'ennemi public numéro 1. Nous n'assistons pas à
une simple querelle de personnes, mais à une entreprise de destruction
systématique à son endroit. Il serait judicieux de rappeler que ce n'est pas son
procès que l'on instruit aujourd'hui, mais celui de la scientologie a tenu à
préciser de son côté Me Henzelin. Et le magistrat de laisser entendre, en citant
notamment le fondateur de la scientologie Ron Hubbard, que "cette tactique
serait une pratique courante pour éliminer les ennemis externes de la
scientologie".
-
- Dans son jugement, le
président Winzap a estimé que l'article incriminé faisait passer le plaignant
pour "indigne et méprisable" et que l'objectif était de le mettre hors d'état de
nuire. "Vous avez confondu l'intérêt public et l'intérêt privé". En plus de la
peine d'emprisonnement avec sursis, Suzanne Montangero écope d'une amende de
3'000,. francs (env 1900 euros) et devra verser 1'500.- francs (env 940 euros) à
la victime pour tort moral. Les frais de justice sont à sa charge.
|
-
- LAUSANNE:
LES SCIENTOLOGUES ABUSENT
- LA VILLE PERD
PATIENCE ET LES CHASSE DE LA RUE
-
- 24h00, 5 mars 1998, Madeleine Schürch
- [texte intégral]
-
- Désormais,
la secte sera interdite de toute activité sur le domaine
public de la commune. Pour avoir trop harcelé les Lausannois,
ses adeptes devront ranger stands et tracts.
-
- Après leur
avoir interdit de lancer une campagne
d'affichage sur
son territoire, en février dernier, la Municipalité
de Lausanne a décidé de frapper encore plus fort envers les scientologues.
Hier, elle a décidé de leur refuser toute utilisation
du domaine
public lausannois
!
Cette mesure draconienne traduit un certain ras-le-bol des autorités
face à cette secte fortement ancrée au centre de la ville.
Car les activités de cette
«église»
sont en nette recru- descence ces dernières semaines,
notamment depuis le lancement de sa campagne publicitaire «Sachez
penser par vous-même».
-
- Nombreuses plaintes
-
- Si la Ville avait
refusé leurs placards géants, dans le cadre de la convention
qui, lie la commune à la Société géné- rale d'affichage, elle avait accepté, dans la même
période, que les scientologues tiennent des stands lors des marchés
plusieurs samedis de suite. «Mais' ils ont fait des demandes
pour être présents partout dans la ville». Or, leur
première opération, samedi dernier, n'a pas été
du goût de
tout le monde.
De nombreuses personnes se sont plaintes à la police du harcèlement
et du démarchage agressif des adeptes de la secte, qui n'hésitaient
pas à barrer le chemin aux gens, et à insister en dépassant largement les
limites de leur stand.
-
- Considérant
que les agissements et le message
«ambigu»
des scientologues
heurtent de
plus en plus
la sensibilité des citoyens, le
directeur de la police a décidé
.d'interdire désormais aux scientologues
toute activité
sur le domaine public.
«Ils pourront
bien sûr poursuivre leur action, mais seulement sur
territoire privé ou dans leurs lieux de réunion»,
précise Bernard Métraux.
-
- Sa décision
se base sur l'article du règlement de police qui stipule
que la direction de police peut retirer le permis d'une manifestation
publique en cas de non respect des mesures d'ordre. C'est donc
une décision de police, contre laquelle, l'Eglise de scientologie
peut faire recours au Tribunal administratif. Nul doute que celle-ci
utilisera ce droit pour contrer cette nouvelle mesure «discriminatoire»
et censure
de sa liberté
d'expression.
-
- Une volonté
politique ?
-
- Cette décision
est-elle l'aboutissement d'une volonté politique de museler les
scientologues ? «Les citoyens sont molestés et les
plaintes ne cessent de se multiplier.
On doit arrêter de dire qu'on ne peut rien faire contre cette
église et utiliser tous les moyens à disposition»,
estime Silvia Zamora, la municipale des travaux qui avait
interdit la campagne d'affichage. Se référant aux
récentes condamnations de l'église de scientologie,
à Lyon comme à Genève.
-
- Bernard Métraux
entend bien mettre un frein aux agissements de cette secte avec
laquelle la ville est d'ailleurs en conflit depuis cinq ans
pour une question d'imposition. Ses services encouragent en outre les
citoyens qui s'estiment agressés à porter plainte auprès
d'un juge ...
|
-
-
- Le Matin,
31 octobre 1996, Olivier Grivat
- [Texte
Intégral]

- Le juge
fédéral Roland Schneider a annoncé hier
- dans les colonnes de la NZZ - qu'il rompait ses liens avec
l'association spirituelle Shri Ram Chandra Mission, présidée
par un maître indien. Il répondait ainsi à
la question posée mardi par le journal 24 Heures, qui
s'interrogeait sur la nature de ses liens avec le gourou Rajagopalachari.
-
- La démission
du juge Schneider, élu au Tribunal fédéral
en 1987 dans les rangs de l'UDC, intervient à quelques
semaines de la prochaine réélection des juges
de Mon-Repos par l'Assemblée fédérale.
Comme le précise la NZZ, «Roland Schneider épargne
ainsi à lui-même et à ses collègues
un pénible débat et rend service aux plus hautes
instances judiciaires».
-
- Fondée
en Inde en 1945, l'association religieuse de tendance hindouiste
a été présidée par trois gourous
successifs. L'actuel est un Tamoul qui voyage beaucoup de par
le monde et sous le règne duquel ses disciples ont acquis
de nombreuses résidences, avec un siège européen
installé dans un château près de Dôle
(Doubs), un autre siège dans un château au Danemark
et, plus récemment, un ashram de cinq étages installé
dans un immeuble à la ruelle de Bourg, au centre de Lausanne,
pour un million de francs. Le contrat d'achat a été
signé cet été par le gourou indien, qui
préside aussi aux destinées de la branche suisse,
et son vice-président helvétique, le juge Holand
Schneider, d'origine thurgovienne et glaronaise.
-
- La mission
suisse était même domiciliée jusque-là
aux Cullayes, sur les hauts de Lausanne, où réside
le magistrat alémanique. L'association compte environ
300 membres en Suisse, 2000 en France et près de 50'000
sur les cinq continents.
-
- En privilégiant
ses responsabilités professionnelles au détriment
de ses activités spirituelles, le magistrat a fait
un choix qui s'imposait. Du moins vu de l'extérieur et
à la lumière des tragiques événements
de l'OTS, avec laquelle la Shri Ram Chandra Mission n'a du reste
aucun lien. Mais l'extension des sectes allait bien un jour
rattraper les juges de Mon-Repos.
-
- On
ne voit pas comment l'indépendance d'esprit d'un juge
ainsi lié à la voix de son maître pouvait
être sauvegardée. Rien à voir avec une sorcière
ou une interdiction professionnelle, mais pour une pure question
de crédibilité ...
-
- Telle
la femme de César, un juge fédéral doit
être au-dessus de tout soupçon.
-
- Il ne
pourrait pas davantage tenir la crosse d'un évêque
catholique ou siéger au conseil d'administration d'une
banque suisse. Curieusement ou peut-être aveuglé
par l'enseignement du gourou, le juge Schneider, n'avait pas
vu qu'il était assis sur une bombe à retardement.
|
-
-
- Bilan,
juin 1994, Philippe Le Bé
-
- Scientologie
- Les consultants qui s'inspirent des cours de management mitonnés
par Ron Hubbard, le père américain de la scientologie,
considèrent le monde des entreprises comme un vivier
de rêve. Hélas, ces cours laissent souvent un goût
très amer aux patrons et cadres qui ont affaire à
-
- Ces
étranges conseillers d'entreprises
-
- «Je
suis juif, scientologue et libre-penseur.» Le conseiller
d'entreprises Peter Molnar, l'unique représentant de
Man Age S.à r.l. à Blonay, à un grand mérite.
Contrairement à maints de ses confrères membres
de l'Eglise de scientologie, il ne craint pas d'afficher la
couleur. Ou plutôt les couleurs, quitte à opérer
de bien curieux mélanges. Fils de père hongrois
et de mère suisse alémanique, ce personnage ressemble
à la fois à un jeune patriarche et à un
antiquaire soixante-huitard.
-
- Séduit
par la scientologie en 1980 à la suite de nombreux décès
dans sa famille, dont celui de son fils tué dans une
avalanche, Peter Molnar ne veut plus aujourd'hui entendre parler
de WISE, l'Institut mondial des entreprises de scientologie.
(Voir l'encadré «WISE, la scientologie dans
les affaires».) Son diagnostic est clair: «WISE
est devenue la maladie des marchands du Temple. On y a mélangé,
à tort, le business et le religieux.»
-
- Surprenante
déclaration. Comment une personne, toujours scientologue,
peut-elle ainsi décocher de telles flèches au
bras économique de la secte de Ron Hubbard ? Car Peter
Molnar n'y va pas avec le dos de la cuillère. Il précise
: «Derrière WISE se profile l'Eglise qui affiche
sa spiritualité, devant WISE le chaland qui sort son
portefeuille. C'est un peu comme le vin des chanoines qui sert
à alimenter la tirelire, autrement que par les contributions
des fidèles.» Les chanoines de l'abbaye de SaintMaurice,
dont notre interlocuteur a fréquenté le collège
durant sa jeunesse, apprécieront sans doute la comparaison.
-
- Sincérité
? Les réflexions de ce scientologue plutôt atypique
ne peuvent gommer cette réalité . la quasi-totalité
des «formateurs indépendants» ou des sociétés
de conseils en management qui diffusent les méthodes
préconisées par Ron Hubbard ne se posent pas les
questions existentielles soulevées par Peter Molnar.
Reliés d'une manière ou d'une autre à WISE
(voir l'encadré «Contrat
type»), ils participent financièrement et psychologiquement
à un système qui ne laisse pas de place au dilettantisme.
-
-
- Une lionne
protégeant amoureusement ses deux lionceaux : c'est le
logo de WISE, World Institute of Scientology Enterprises International
(Institut mondial des entreprises de scientologie). Dans l'un
de ses documents rédigé
en français. WISE se présente
comme «une organisation de gestion dont le but est
de faire en sorte que la technologie administrative de Ron Hubbard
soit disséminée à grande échelle
et employée dans le monde des affaires». Et le
document de nous apprendre que «L. Ron Hubbard a développé
la seule technologie administrative complètement fonctionnelle,
codifiée et globale
sur cette planète».
-
- Merci, sauveur
!
-
- Fondée
en 1979, WISE est en effet la branche ouvertement économique
de la secte. Elle figure à tous les niveaux hiérarchiques
de cette dernière : le «Watchdog Committee»,
l'autorité suprême représentée
par le schéma ci-dessus (l'équivalent d'un
conseil d'administration dans une entreprise), l'«Executive
Director International», la direction générale
opérationnelle, les «Flag Command Bureaux»
assistés par les «Continental Liaison Offices».
-
- Derrière
ce jargon se cache un système complexe de contrôle
et de surveillance au niveau planétaire. Cette emprise
transparaît au travers des contrats passés
entre WISE International (à Los Angeles) et les six différentes
catégories de membres ! Actuellement
présidée par l'Américain Rick Siegel, WISE
International chapeaute une organisation qui délivre
des licences à
des particuliers ou à des sociétés, afin
de leur permettre d'utiliser la «technologie administrative»
de Hubbard.
-
- A Genève,
la société de consultants Organisation &
Management diffuse la littérature
hubbardienne à sa clientèle. Dans l'introduction
de son volume 2 sur la «technologie du management»,
L. Ron Hubbard promet au lecteur et à l'utilisateur
un avenir des plus merveilleux: «Celui qui connaît
à fond le cours pour cadres d'entreprise (sept volumes)
et qui saurait le mettre en application pourrait complèmement
redresser une entreprise ou un pays en déclin.»
|
- Il existe
en Suisse une bonne quinzaine de conseillers d'entreprises dans
la mouvance de la scientologie. (Voir
le tableau). Près des trois quarts se trouvent en
Suisse romande. Rarement organisés en équipe de
plusieurs associés, ils travaillent généralement
en solitaire ou en couple. Si Monsieur était scientologue
et si Madame ne l'était pas (ou vice versa), le couple
ne tiendrait pas longtemps.
-
- Leur clientèle favorite:
les petites
entreprises. Mais les sociétés de moyenne ou de
grande importance ne sont pas ignorées pour autant. Il
est vrai que, pour les scientologues, les cours de management
restent un outil multifonctionnel remarquable. Pour commencer,
ils s'adressent à des patrons. Ces derniers, ou leur
entreprise, reposent généralement sur un coussin
financier attirant. Par ailleurs, dès que le directeur
général a mordu à l'hameçon, le
consultant peut toujours jeter ses filets parmi les cadres de
la société. Enfin, depuis quelques années,
la mode est résolument au «coaching».
-
- Dans
les années soixante-dix, le conseiller d'entreprises
parlait plus volontiers au savoirfaire de l'entrepreneur.
Dix ans plus tard, il avait tendance à mettre l'éclairage
sur ses compétences financières. Aujourd'hui,
plus que jamais, il s'adresse à la tête et au cœur
du manager. Le savoir-penser, le savoir-être demeurent
la clé du succès. Les portes des âmes s'ouvrent
plus facilement. Le consultant scientologue ne peut que profiter
de cette évolu- tion. Celui qui s'adresse à des
chefs ou à des cadres d'entreprise doit le faire avec
un certain doigté. Il convient de ne pas heurter de front
ces patrons non scientologues, ces personnes certes cultivées
mais dont les «engrammes», troubles de l'esprit
et du comportement (pour reprendre le langage hubbardien), empêchent
une «vision claire» de la réalité.
-
- Fin janvier
1992, P. et G. , respectivement directeur et sous-directeur
d'une entreprise industrielle dans le Nord vaudois, suivent
un cours de management dispensé par JeanLuc Guignard,
de la société vaudoise Lightec. Aucune allusion
à Ron Hubbard ne sera faite. Mais, à l'occasion
d'une seconde rencontre au printemps de la même année,
Jean-Luc Guignard propose à Paul Gamber de lui envoyer
un ouvrage, sans préciser lequel. Après avoir
reçu «La dianétique, la science moderne
du mental» à son domicile, livre de base de Hubbard,
le directeur finit par réaliser à qui il a affaire.
Il convoque immédiatement le formateur de Lightec. L'entretien
ne dure pas plus de deux minutes. Démasqué, Jean-Luc
Guignard tire sa révérence. Fort courtoisement.
On est entre gentlemen.
-
-
- Selon
un contrat de licence type, rédigé
en anglais et qui peut être conclu entre WISE,
à Los Angeles, et un formateur indépendant
ou une société de conseil en management,
trois cas sont prévus:
- Les
membres WISE qui délivrent à leur
clientèle des service fondés sur la
«techno- logie administrative» de Ron
Hubbard. De tels services comprennent le conseil
en management, des séminaires, des ateliers
et des cours. Lors des deux premières années
du contrat, les royalties perçues par WISE
se montent à 13% des honoraires, et à
15% après ce délai.
- Les
membres WISE qui utilisent la «technologie
administrative» pour leur clientèle
sans toutefois délivrer de séminaires,
d'ateliers ou de cours versent des royalties atteignant
9% de leurs honoraires.
- Enfin,
pour les membres WISE qui n'utilisent qu'une partie
seulement de la «technologie administrative»,
les royalties s'élèvent à 6%
des honoraires.
|
-
- Caméléon
-
- Au vrai,
l'attitude du consultant sera adaptée à la personnalité
ainsi qu'aux réactions de son client. A cet égard,
l'histoire vécue par Compac est exemplaire. En 1991,
cette société d'appareils de mesure est scindée
en deux : la partie électronique (Compac Electronics)
qui reste en mains familiales est dirigée par B., l'un des donateurs impor-
tants cités par l'Association
internationale des scientologues. La partie mécanique
(Compac SA) est conduite par P. C. qui, lui, n'est pas
du tout favorable à la scientologie.
-
- Organisation
& Management, une société genevoise de consultants
membre de WISE, intervient en mai 1992 pour régler un
problème de décompte entre nouvel et ancien actionnaire.
Cette intervention n'aboutira pas. Mais en octobre 1993, Organisation
& Management revient à la charge. René Hauser,
l'un de ses collaborateurs, contacte P. C. pour lui
proposer un audit. Il lui présente alors une carte de
visite sur laquelle on peut lire: «Hubbard Quality System,
la qualité totale pour votre entreprise.» Le patron
de Compac SA devine alors avec qui il traite.
-
- Mais
une semaine plus tard, P. C. aperçoit par hasard
ce même René Hauser dans le hall de l'entreprise.
En grande discussion avec le directeur technique de Compac SA.
Le collaborateur d'Organisation & Management vient de donner
à sa nouvelle cible une seconde carte de visite. La mention
«Hubbard Quality System» y a mystérieusement
disparu !
-
- Parfois,
l'intrusion de scientologues au sein de l'entreprise peut avoir
des conséquences redoutables sur son devenir.
-
- PierreAlain
Moret en sait quelque chose. Fin août 1991, il fonde avec
deux associés une société d'informatique,
Cryptocom Technologie, à Bussigny (VD). En octobre de
la même année, une jeune femme scientologue puis,
dans la foulée, la secte de Ron Hubbard séduisent
l'un des associés. Lequel s'est fixé pour objectif
de devenir OT 8 en trois ans, le grade le plus élevé
et aussi le plus onéreux délivré par la
scientologie. (Voir l'encadré «Un univers de
science-fiction».) Un gouffre financier béant
s'ouvre alors devant lui.
-
- Le
test
-
- Un an
plus tard, à court d'argent, l'associé scientologue
insiste pour que Pierre-Alain Moret accepte les sages conseils
d'un certain Robert Weinberger. Ce dernier, soutient-il avec
ardeur, aidera la petite société à trouver
de nouveaux débouchés, à s'agrandir ...
donc à s'enrichir. Les conseillers d'entreprises E +
R Weinberger, à Lausan- ne, ont explicitement mentionné
dans l'annuaire suisse du Registre du commerce qu'ils utilisaient
des techniques de management de L. Ron Hubbard. Cette transparence
les honore. Hélas, pour PierreAlain Moret comme
pour tant d'autres personnes, le nom de Hubbard ne signifie
pas grand-chose. Pourquoi, dès lors, ne pas tenter l'expé- rience
? Pierre-Alain Moret ne garde pas un bon souvenir de sa première
rencontre avec Robert Weinberger. Ses deux associés (dont
le scientologue) l'accompagnent. Voulant en savoir un peu plus
sur les méthodes de travail du consultant, il se voit
rétorquer qu'une telle question est déjà
payante !
-
- Le prix
du service (6'000 fr.) fixé par Robert Weinberger est
exceptionnellement bas. Mais cette faveur s'explique: le consultant
entend s'introduire auprès des futurs clients. de la
société d'informatique. En définitive,
il se con- tentera de proposer à son client qu'il fasse
de la publicité. Sous quelle forme ? «Nous allons
élaborer une stratégie pour voir comment vos concurrents
sy prennent», rétorque-t-il laconiquement. Le conseil
fort nébuleux aura finalement coûté 750
fr. l'heure. Mais Robert Weinberger fera mieux. Il inscrit Pierre-Alain
Moret à un cours sur «l'éthique et la survie
de l'entreprise», indispensable, selon lui, à la
compréhension de ses prochaines prestations. Pierre-Alain
Moret, pris dans l'engrenage, accepte de suivre ce séminaire
de quarante heures étalées sur un mois. Celui-ci
est animé par Richard Bovey, alors collaborateur d'une
autre organisation de conseil en management : Power Management
Institute, aujourd'hui à Ecublens (VD). Pierre-Alain
Moret : «M. Weinberger m'a assuré que ce cours était
destiné aux hommes d'affaires et n'était en aucun
cas un cours de scientologie. En fait, je n'ai pas vu la différence.»
-
- Aujourd'hui,
les trois associés se sont séparés
et la société Cryptocom Technologie vient d'être
liquidée. Les conseillers d'entreprises hubbardiens ont
naturellement tissé des liens entre eux. Ils savent se
renvoyer l'ascen- seur en cas de besoin. Ils utilisent aussi des
tests identiques, destinés à mieux cerner la personnalité
de leur aimable clientèle. Ainsi, Organisation &
Management, Power Management Institute Lightec et E + R Weinberger,
notamment, proposent le test «Epoch Business Analysis».
-
- Les cent
affirmations interrogatives de ce test, auxquelles il faut répondre
«vrai», «incertain» ou «faux»,
permet- tent notamment de mesurer la capacité financière
du dirigeant concerné, ainsi que sa propension à
épargner ou à investir. L'allégation 99
(«Un bon dirigeant préfère générer
des fonds plutôt que d'emprunter le financement qu'il
estime nécessaire») revêt un intérêt
certain pour n'importe quel directeur d'entreprise. Mais,
aux yeux des scien- tologues, l'information prend une signification
bien particulière: pour financer les cours de la
scientologie, le recours au crédit est largement encouragé.
Ne pas s'y plier est considéré comme plutôt
fâcheux.
-
- Autre
aspect important révélé par le test : ce
que Ron Hubbard appelle «l'échelle des tons»,
soit une gradation des différents états de conscience.
Cela va de l'enthousiasme à la mort en passant par la
colère. Comme le souligne Julia Darcondo («Voyage
au centre de la secte», Editions du Trident), «la
tech (technologie de Hubbard, n.d.l.r.) consiste à évaluer
au premier coup d'œil l'état émotionnel de
l'individu ou du groupe à «manier»,
et à établir une stratégie à partir
de cet élément. «(...) Chacun sait, par
exemple, qu'il est inutile de chercher à convaincre une
personne en colère ou antagoniste. Aucun argument ne
peut l'atteindre. D'après la tech, il faut commencer
par l'amener sur un niveau émotionnel où elle
sera plus malléable.»
-
- Le cours
intitulé «L'éthique et la survie de l'entreprise»,
notamment dispensé par Power Management Institute, invite
le client à pratiquer
de singuliers exercices. Par exemple, celui qui consiste
à «donner des exemples du passé ou du présent
dans lesquels des individus, des groupes, etc. étaient
ou sont dans une condition de trahison» (section
IV du cours,
point 8).
-
-
- Les adeptes
de la scientologie ne manquent pas une occasion de mettre
sérieusement en doute l'éthique personnelle
ou professionnelle de tous ceux qui n'adhèrent pas
à leur manière de voir le monde.
-
- Mais, au fait,
que signifie l'«éthique» aux yeux des scientologues
?
La lecture de «Scientologie, introduction à l'éthique»,
l'un des ouvrages de base écrit par Ron Hubbard, est
vivement recommandée par certains conseillers en management
membres de WISE à leurs clients. Voici deux extraits,
aux pages 247 et 249 de ce livre:
-
- «II
existe, relativement au pouvoir, sept principes fondamentaux
que l'homme, dans son état aberré, n'a jamais
compris: (...) «5. Lorsque vous quittez le pouvoir, acquittez-vous
scrupu- leusement de toutes vos dettes, donnez les pleins pouvoirs
à tous vos amis et partez les poches remplies de munitions,
de preuves compromettantes (pour éventuellement
faire chanter vos anciens ennemis), de fonds illimités
(déposés dans un compte privé) et d'adresses
de tueurs à gages chevronnés, puis allez
vous installer en Bulgravie (sic) et soudoyez la police. (...)»
-
- (...)
«7. Enfin, et c'est là le plus important, comme
nous n'occupons pas tous le devant de la scène,
vous devez constamment essayer d'apporter plus de pouvoir
à celui qui le détient. Cela peut consister à
lui procurer davantage d'argent, à lui rendre la vie
plus facile, à le défendre bec et ongles contre
les critiques, à éliminer l'un de ses ennemis
par une nuit sombre ou même à lui offrir le spectacle
grandiose de tout un camp ennemi en flammes pour anniversaire.»
|
-
- Le même
exercice suggère au participant qu'il examine sa propre
vie et qu'il note «les zones ou dynamiques qui sont ou
étaient dans une condition de trahison». Le mot
«trahison» peut être remplacé, un peu
plus loin dans le cours, par celui d'«ennemi» (section
IV, point 11). On ne sort pas vraiment du registre de la persécution.
-
- Les scientologues
sont passés maîtres dans l'art de la perversion
sémantique. Plus de dix mille mots ont été
redéfinis par la secte. A commencer par le mot «réalité»
qui, selon les disciples de Hubbard, «est essentiellement
accord. Ce que nous sommes d'accord
de considérer comme réel est réel.»
Dès
lors, pourquoi ne pas «se mettre d'accord»
sur de nouvelles définitions ?
-
- Dans
le cours WISE sur «le leadership efficace»,
on lit notamment : «Un bon dirigeant prend soin des travailleurs.
Il prend aussi soin de l'entreprise. Le type qui a un parti
pris pour le travailleur - le syndicaliste, l'agitateur,
le bon samaritain - ne s'occupe que du travailleur et de ce
fait il l'assassine.» Assassiner ? Bigre ! Mais dans
le glossaire de la scientologie, «assassiner»
signifie «faire échouer, se défaire de».
De toute
manière, quelle que soit la signi- fication donnée
à ce mot, la phrase demeure incompréhensible.
Comme bien d'autres, d'ailleurs.
-
- La redéfinition
de mots, l'invention de termes
nouveaux, les sempiternelles allégories d'un goût
souvent douteux, tout cela vise un objectif précis : faire
perdre aux individus leurs propres références,
les détacher de leurs fondements éducatif et social,
les déstabiliser. «Désapprendre pour apprendre»
les nouvelles valeurs et les nouveaux principes de la scientologie.
-
- Mais
avant d'en arriver à la phase active et réellement
efficace de son intervention, le consultant hubbardien se doit
d'apprivoiser son client. Tout en douceur et en patience. H., directeur d'une entreprise industrielle du Nord
vaudois, se souvient avoir passé dix-huit heures d'affilée,
de 7 heures du matin à 1 heure le lendemain, en compagnie
de Jean-Luc Guignard, de Lightech. Après avoir été
repoussé pendant six mois, le cours sur le mana- gement
du temps a commencé le 6 septembre 1990. «Dès
que M. Guignard a su mon
salaire, nous avons lié amitié.» La moindre
difficulté, la moindre question d'organisation soulevée
par H. trouve sa solution. Le cours du conseiller d'entreprises
finit par plaire au directeur.
-
- Fin 1991,
Jean-Luc Guignard envoie à son élève enthousiaste,
et à qui il téléphonait tous les deux mois
pour avoir des nouvelles, le fameux test des cent questions.
Après analyse, il lui suggère de rencontrer Monique
Kimmeier... de la société Organisation &
Management. Le prix de ce nouvel enseignement est élevé
(27'500 fr.- /=17'200 euros). Mais le conseil d'administration donne son
feu vert le 28 janvier 1992. Une semaine plus tôt, Monique
Kimmeier a proposé
une liste de cinq garanties à H. La troisième
est ainsi formulée : «Possibilité à
moyen terme de devenir consultant d'entreprises faisant partie
des efficaces.» Suggestion plutôt surprenante !
Mais, dans l'esprit des scientologues, il va de soi que l'arrosé
ne doit pas trop attendre avant de devenir à son tour
arroseur.
-
- Durant
le mois de mars 1992, tous les lundis, H, met
sa société à nu devant sa consultante,
qui lui parle notamment de la «troisième dynamique»,
la dynamique de groupe des huit impulsions répertoriées
par Ron Hubbard. Lors d'une séance, le licenciement
d'un collaborateur (vraisemblablement
un «suppressif» selon la terminologie scientologue)
est chaudement recommandé. Et comme le conseil ne semble
pas être suivi à la lettre, Monique Kimmeier réprimande
son élève quelque peu désobéissant.
Mais la coupe est pleine. Mis en
alerte, H. convoque en avril 1992 Jean-Luc Guignard
et Monique Kimmeier. Il leur demande d'être remboursé.
«Attention, vous avez engagé le conseil d'administration.
Que va-t-il penser de vous ?» mettent en garde les consultants.
«Le conseil d'administration est déjà au
courant»), rétorque sèchement H. Finalement, le remboursement sera en partie réalisé.
-
-
- Dans
son édition du 6 avril 1987, le «Figaro littéraire»
publiait quatre pleines pages d'un article dithyrambique sur
le fondateur de la scientologie, intitulé: «L.
Ron Hubbard. Profession: huma- niste.» Hubbard l'explorateur,
le philosophe, le pédagogue,
l'artiste, le romancier, le gestion- naire, le guérisseur
des toxicomanes, l'humaniste, rien ne manquait au portrait du
héros.
-
- Hélas, les auteurs de cet étrange
publi-reportage présenté comme un article étaient
des scientologues. Aujourd'hui encore, la rédaction
en chef du journal se souvient de ce très fâcheux
dérapage.
-
- Pour
en savoir un peu plus sur la véritable vie de Lafayette
Ron Hubbard (il est mort en 1986 à l'âge de 75
ans), rien ne vaut encore la lecture du livre de Russell Miller («Ron Hubbard, le gourou démasqué»,
Plon 1993). Au terme d'une minutieuse enquête, l'auteur
démonte, page après page, la biographie du gourou
américain, revisitée par l'Eglise de scientologie.
Hubbard a mis sur pied l'une des sectes les plus
riches et les plus puissantes de la planète, après
avoir maintes fois répété que e plus sûr
moyen de devenir millionnaire était encore de fonder sa propre
religion.
-
- Il y avait
du Charlot dans Hubbard. Voyez, par exemple, sa manie d'enterrer
des trésors, un des éléments récurrents
de ses vies passées sur terre, de même que sa frustration
de ne pas les retrouver dans sa vie présente. Voyez encore,
un exemple parmi bien d'autres cités par Russell Miller,
ses pitreries à l'occasion des leçons qu'il dispensait
à ses disciples. Un jour, il donna son cours en boitant,
expliquant qu'il avait remonté sa piste de temps génétique
jusqu'au moment de la guerre de Sécession, où
il avait reçu une balle dans la jambe. Il n'avait pas
eu le temps de revenir au présent.
-
- Si le
fondateur de la scientologie s'était contenté
d'écrire sa centaine de médiocres romans
de science-fiction, l'histoire
n'aurait sans doute pas retenu son nom. Mais Hubbard s'est fendu
d'une méthode pseudo-psychanalytique, la dianétique,
au début des années cinquante.
-
- Comme le remarque
judicieusement un témoin de l'époque, la
Dianétique n'a pas seulement eu du succès
parce qu'elle arrivait historiquement au bon moment, dans un
pays hanté par le maccarthysme et la terreur nucléaire.
Hubbard savait beaucoup de choses sur Freud, l'hypnose, l'occultisme,
la magie, les véritables ingrédients de sa découverte.
-
- A la
fin de sa vie, Ron Hubbard navigue sur un bateau amiral. Délirant,
déprimé, couvert d'or, il s'est entouré
de «messagères». De jeunes adolescentes en
minishort, ivres de pouvoir, qui font régner la terreur
à bord. Le «commodore» a institué
une section disciplinaire baptisée «Rehabi- litation
Project Force», ou RPF. Tous ceux qui n'exécutent
pas les ordres du gourou avec assez de diligence sont condamnés
à un stage plus ou moins long à la RPF.
|
- Sens
critique
-
- Le client
de rêve du consultant scientologue est celui qui n'a jamais
suivi de cours de formation donné par un conseiller
extérieur à l'entreprise. Mais le cadre déjà
habitué à côtoyer d'autres formateurs,
ou bien initié aux différentes théories
du management aura appris à aiguiser son sens critique.
A l'instar de ce collaborateur de l'Hôpital de Moutier,
le seul à savoir qui est réellement Ron Hubbard
quand le conseiller Renaud Monnin y fait référence
devant certains cadres de l'établissement. En septembre
1992, à l'occasion de son cours de présen- tation,
Renaud Monnin précise en effet qu'il a été
formé en Allemagne, dans une école qui applique
les principes du fondateur de la scientologie.
-
- Ce même
collaborateur découvre, un peu plus tard, que les quelques
principes de rangement de bureau prodigués par Renaud
Monnin ont nécessité une pleine journée
de travail. «Une demi-heure aurait suffi !» Le consultant
voulait faire place nette. Et celui-ci de demander à
son interlocuteur si tel vase ou telle photo de famille étaient
vraiment indispensables. «Une technique abrutissante,
avilissante qui, de surcroît, met l'accent sur notre
vie privée dans le cadre professionnel.» La découverte
d'un conseiller d'entreprises scientologue dans l'établissement
hospitalier provoquera
un joli scandale dans l'établissement et fera la manchette
de la presse.
-
- Mais,
encore une fois, les formateurs scientologues savent fort
bien moduler leur comportement en fonction des personnes
rencontrées et des circonstances. René Monnier, patron de la
société Diffusair SA, à Russin (GE),
a dans un premier temps été fort refroidi par
«les promesses utopiques» d'un collaborateur
de la société Organi- sation & Management,
décidément fort active. Le cours proposé
valait plus de 20'000 fr. (12'500 euros) et ne semblait pas répondre
à ses besoins. Deux mois après cette rencontre,
fin 1992, Monique Kimmeier s'est elle-même
déplacée pour
vendre à René Monnier un cours d'organisation
personnelIe mieux adapté à sa société.
«Une méthode efficace qui a le mérite
de poser les problèmes de manière juste»,
commente le président de Diffusair.
Qui reconnaît par ailleurs s'être intéressé,
par curiosité, à la scientologie, «parce
lue je savais que c'était la source du cours que je
recevais».
-
- Jugement
plutôt positif, encore, d'un autre responsable d'un magasin
genevois qui affirme: «En trois ans de travail avec Organisation
& Management, le thème de la scientologie n'a pas
été abordé directement plus de dix minutes
sur des centaines d'heures.» Mais cet interlocuteur reconnaît
aussi manifester un manque d'intérêt pour les sectes
en général, ainsi que pour la vie et l'œuvre de
Ron Hubbard
en particulier. «Sans doute les Kimmeier
ont senti cela.» Approche à géométrie
variable, modulée en fonction des facteurs «temps»
et «réceptivité» des clients.
A quoi bon forcer la dose si ces derniers ne sont manifestement
pas (encore) disposés à aller plus loin ?
-
- Vie antérieure
-
- Tout
autre expérience, celle vécue par Mme O et M.
A.. Encore sous le choc de ce qui a failli entraîner
un écla- tement du couple. Tout a commencé en septembre
1990
lorsqu'un consultant est venu leur proposer d'améliorer
la gestion de leur entreorise
en Suisse romande. Mme O n'est pas convaincue. Un peu plus tard,
ce même collaborateur revient, accompagné
cette fois d'un autre conseiller. Mme O et M. A acceptent alors de suivre un cours. Mais ensemble.
Hélas, les cinq premières leçons ne
concernent qu'A, tandis que sa femme demeure sur
la touche. «Pour vous, j'ai quelque chose de mieux»,
suggère le consultant. A partir de janvier 1991 commencent
alors de bien étranges leçons. Le conseiller demande
par exemple à son élève de s'asseoir en
face de lui, de le fixer des yeux sans jamais détourner
le regard. Puis de dire des nombres,
n'importe lesquels, à haute voix.
-
- Lors
d'une autre rencontre, le conseiller d'entreprises parle à
Mme O. de ses vies antérieures, lui annonce qu'elle
menait jadis une vie dépravée et que sa grand-mère
était une sorcière. «J'aimerais faire de
la Dianétique avec vous», s'entend dire Mme O.
Réticente quelques semaines auparavant encore, Mme O. finit par accepter d'invrai-
semblables pratiques
: «Il
me touchait à certains endroits du corps et je devais
dire merci.» Un exercice de conditionnement pratiqué
sur tout débutant scientologue.
-
- Quant
à M. A, le consultant lui propose de participer
à une conférence dans un restaurant de Carouge.
Curieux, il s'y rend. Parmi la vingtaine de participants
figure un personnage venant des Etats-Unis. Le thème
de cette conférence: le communisme et le fascisme
dans le monde. «Complètement bidon !» se souvient
aujourd'hui M. A. A ce moment-là, le couple
réalise qu'il a été embarqué dans
une spirale infernale.
Il décide enfin d'y mettre un terme. Coût de l'opération:
quelque 28'000 fr. (17'500 euros)
-
- «L'embrigadement
?
C'est un
crime!» déclare avec un brin
d'indignation Peter Molnar, le scientologue libre-penseur
de Suisse romande. Hélas, ni Ron Hubbard ni ses disciples
les plus fervents ne semblent partager cet avis. Dans un
fascicule de la secte daté d'octobre 1985, Hubbard
s'exprime ains i: «Quand quelqu'un s'inscrit, considérez
que c'est pour l'éternité. Ne permettez à
jamais
une approche de type «esprit ouvert». (...)
Quand nous faisons réellement et correctement l'instruction
de quelqu'un, il devient un tigre,»
-
-
- L'échafaudage
du système hubbardien repose sur quatre principaux
piliers: le bouddhisme, la théosophie, la psychologie
et la science-fiction. Cette dernière est assurément
l'élément le plus important. La cosmogonie
élaborée par Hubbard s'inspire en effet largement
des histoires de bandes dessinées.
-
- A la
fin des années soixante, le chef de la secte a publié
les grades supérieurs de cette dernière, appelés
«Operating Thetan» (OT). Le thétan, esprit
immortel, aurait des capacités bien supérieures
à celles que l'homme peut imaginer. Par un prétendu
travail initiatique, l'adepte est censé traverser
les différents grades scientologiques afin, précisément,
de revitaliser son thétan. Bien que considérés
comme secrets par les scientologues, les niveaux OT sont connus
du public. Le premier, OT 1, consiste en une série d'exercices,
tels que marcher dans la rue en comptant les gens jusqu'à
ressentir
de l'euphorie et parvenir à une sorte de réalisation.
-
- Arrivé au second stade
(OT 2),
l'adepte lutte contre une liste d'affirmations et de négations
qui n'en finissent pas, du genre «je dois exister»
et «je ne dois pas exister». Il doit s'imaginer
voir une lumière et ressentir un choc à
chaque phrase.
-
- Une fois
le problème des antagonismes résolu, le nouvel
OT 2 est prêt à traverser «le mur du feu»
du niveau OT 3. Il apprend alors, révélation inouïe,
qu'il y a soixantequinze millions d'années la Terre
faisait partie d'une Confédération galactique
régie par un prince maléfique du nom de Xénou.
Hélas, cette Confédération souffrait
d'une surpopulation massive. Pour
résoudre ce problème, Xénou envoya sur
terre les gens de quelque septante-six planètes différentes,
avant de les détruire. Capturés au moyen d'un
rayon paralysant, puis congelés et empaquetés,
les thétans ont été rassemblés dans
des volcans.
-
- Des bombes thermonucléaires y ont alors
explosé. Ensuite, pendant trente-six jours, on a
implanté des images de sociétés terrestres
dans ce qui restait de ces pauvres victimes. Toujours selon
Hubbard, toutes les cultures et religions qui ont suivi ces
tragiques événements découlent de
ces implantations hypnotiques. Sous l'effet de la déflagration
nucléaire, les thétans ont été malencontreusement
rassemblés par grappes. Autrement dit, mon «je»
est tenu prisonnier par des centaines de thétans collés
à lui, les «body thetan», comme les a appelés
Hubbard. L'apprenti OT 3 doit se débarrasser de ces intrus.
«Un long travail qui requiert du soin, de la patience
et de la bonne audition», prévient Hubbard.
-
- OT 8
est le grade le plus haut actuellement délivré
par la secte. Il donnerait le pouvoir d'être cause sur
la matière, l'énergie, l'espace et le temps,
subjectifs et objectifs. Dieu n'a qu'à bien se tenir!
-
- (Sources:
Jan Atack, ex-scientologue, «The Total Freedom Trap»,
Tetha Communications, 1992,. Paul Ranc, «Une secte
dangereuse», Editions Contrastes, 1993.)
|
-
|
-
- «J'achète mieux», décembre
1992
- Journal de la Fédération
Romande des Consommateurs (FRC) [Texte
intégral]
A la place Saint-François à
Lausanne. Mlle X est invitée par un membre de l'Eglise de scientologie à faire
gratuitement un test de personnalité. Quelques jours plus tard, elle se rend au
siège de l'Eglise pour prendre connaissance des résultats de son test. Des cours
et des livres lui sont alors conseillés pour un montant de plus de 300.- francs
(187 euros) qu'elle paie comptant.
Elle s'engage oralement à
suivre un certain nombre d'auditions, au cours desquelles les scientologues lui
proposent un programme adapté à son cas: une «purification» à plus de 4000.-
francs (2'500 euros), des «intensives d'introduction et de pratique», ainsi que
divers livres, brochures, et classeurs, pour une somme avoisinant les 18'000.-
francs (11'250 euros).
Comme Mlle X ne disposait
pas d'une somme pareille, les scientologues lui proposent de contracter un petit
crédit auprès de la banque Domus à Bale.
Ils l'encouragent à prendre
une décision rapide, car si le contrat est signé dans les 3 jours, elle pourra
bénéficier d'un rabais de 30% ! Mlle X signe donc, dans les locaux de la
Scientologie, un contrat de prêt de 18'000.- francs (11'250 euros), moins de 15
jours après sa première rencontre avec un membre de l'Eglise.
En plus de sa carte de
membre, la nouvelle recrue reçoit, d'Angleterre, des vitamines sous forme de
pastilles et de granulés, de l'huile de noix, et du «Calmag» (calcium et
magnésium) pour 30 jours. Cet apport vitaminique lui coûte plus de 200.- francs
(125 euros).
Près de 2 mois après,
regrettant les engagements financiers pris sous pression, et ne se sentant pas
la «vocation scientologue», Mlle X contacte un bureau
Consommateurs-Informations. Au vu des pièces à leur disposition, les
informatrices concluent à la nullité du contrat en raison de vices de forme.
Elles en informent les intéressés directs, la banque, et l'Eglise, après moult
tractations, l'Eglise admet la démission de Mlle X et lui demande de prendre
contact directement avec elle pour mettre au point les formalités de
remboursement des sommes versées qui n'ont pas été utilisées, Fr. 13'000.-
(8'125 euros).
Cette solution à l'amiable
est finalement acceptée par Mlle X pour éviter un procès en nullité des
contrats.
Pendant toutes ces
tractations, les adeptes de Ron Hubbard tentent de relancer, de récupérer leur
futur ex-membre par des téléphones ou des visites, à son domicile ou sur son
lieu de travail. C'est une guerre des nerfs extrêmement pénible pour la jeune
femme; au cours de l'une de ces entrevues, Mlle X est même priée de renoncer
à en parler avec sa famille !
Elle tente cependant de
réagir et reprend régulièrement contact avec la FRC pour y chercher de
l'aide.Après de longues négociations tripartites, un arrangement est trouvé avec
la banque qui accepte que Mlle X paie le solde du crédit de manière anticipée,
sans frais et sans intérêt. Les scientologues, eux, proposent d'abord de
restituer en plusieurs fois la somme reçue, mais finissent par accepter, après
de nombreuses semaines, un versement unique de 13'000.- francs (8125
euros).
L'avis de la
FRC
Les scientologues ont certes
admis sans problème la démission de Mlle X, mais la différence de rythme entre
la prise en charge de leur nouvel émule et le délai nécessaire à l'obtention du
remboursement est inadmissible, même si l'on tient compte du retard dû aux
hésitations de Mlle X face au compromis proposé :15 jours pour faire signer un
engagement et un prêt de 18'000.- francs (11'250 euros) et près de 5 mois pour
rembourser plus de 13'000.- francs (8'125 euros).
L'intervention de la FRC a
heureusement hâté le processus de paiement. Les parties ont trouvé une solution
à l'amiable, ce qui arrangeait la jeune fille. Il n'en reste pas moins qu'un tel
contrat lié à une demande de petit crédit est assimilable à une vente par
acomptes car il poursuit les mêmes buts économiques.
En l'espèce, les contrats
passés sont nuls, faute de satisfaire aux dispositions impératives qui
régissent la vente par acomptes, (article 226 ss du CO).
Mlle X a perdu 4'000.-
francs (2'500 euros) dans l'affaire, (ce qui est beaucoup pour sa courte
fréquentation de l'Eglise). Mais elle a évité une procédure longue et coûteuse,
et a acquis une certaine expérience de la vie !
Conseils
Ne signez jamais un contrat
les yeux fermés, l'esprit trouble, et le porte-monnaie ouvert! Avant d'entrer en
religion, en scientologie, ou dans une secte, il faudrait garder son sangfroid
pour éviter de prendre des décisions sous le coup d'une émotion ou d'un moment
de dépression.
Avant de signer, il faut
chercher à savoir ce que représente un tel engagement.
Enfin, qu'il s'agisse d'une
vente d'aspirateur ou d'une foi nouvelle, on peut affirmer sans se tromper
que toute signature accordée sous pression entraîne des
regrets et des obligations financières excessives.
La purification de
l'appartement ou de l'esprit ne doit pas se faire à la hâte; elle procède d'un
choix librement consenti et n'implique pas forcément un petit crédit, bien au
contraire. Par conséquent, dans le doute, prends garde au coût ! |
-
- Coopération
No 42, 19 octobre 1989, Henri-Charles Dahlem
- [texte intégral]
-
- Le témoignage
bouleversant d'un père dont la fille s'est engagée pour
le prochain milliard d'années chez les scientologues.
-
- Tout a commencé
au printemps 1981 à Genève lorsqu'Elise s'est retrouvée
sans travail et sans réelles perspectives. Les scientologues
lui sont alors apparus comme des sauveurs. Son rêve s'est cependant
très vite transformé en une spirale infernale qui l'a
engloutie. Ses parents (et les autorités) sont sans nouvelles
d'elle depuis le 25 juillet 1989.
-
- En face de moi,
un homme qui n'a pas été épargné par la
vie, mais qui n'a jamais baissé les bras. Mieux même, il
a toujours lutté pour plus de justice sociale, pour que tous
aient une chance dans la vie. Mais ce militant s'est trouvé désarmé
face à un adversaire non identifié qui a pris sa fille.
Mais derrière le désespoir des parents d'Elise, on sent
le cri de révolte: "Si seulement nous avions pu prévoir
: Si seulement nous avions su ce qu'était vraiment cette secte
et ses méthodes !"
-
- C'est vrai qu'à
ce moment-là, en 1981, l'église de scientologie avait
un visage assez flou. Quand Elise a annoncé avec fierté
qu'elle avait trouvé du travail au sein de cette organisation,
ses parents n'ont pas tenté de la dissuader: "Nous étions
dans l'ignorance et, comme elle a toujours été un peu
mystique, nous avons même pensé qu'elle pourrait trouver
là son équilibre". Car Elise est gaie, optimiste,
insouciante et instable. A 25 ans, elle a derrière elle des études
moyennes, tout de même sanctionnées par un diplôme
de nurse. Elle a essayé la danse puis la musique sans grand succès,
si ce n'est de s'être fait des amis. C'est pour pouvoir continuer
à les voir qu'elle refuse de s'engager dans une famille qui lui
confierait ses enfants.
-
- La nouvelle
vie commence
-
- La scientologie
lui propose donc un travail à mi-temps qui c'est aussi
l'avis de ses parents qu'elle continue de voir régulièrement
- sera préférable au chômage. Tout semble d'ailleurs
aller pour le mieux, du moins dans les premiers temps. Elise s'épanouit,
suit des cours (qu'elle paie d'ailleurs fort cher) et travaille beaucoup.
Mais sa nouvelle vie commence tout de même à heurter son
militant syndical de père, qui s'indigne du salaire de misère
qui lui est octroyé et du crédit de 15'000 francs (9'375
euros) qu'elle a souscrit, soidisant pour payer une 2 CV. Mais
les mises en garde ne serviront à rien, bien au contraire. Après
avoir bien travaillé à Genève, c'est-à-dire
avoir convaincu de nombreuses personnes à s'intéresser
aux oeuvres de Ron Hubbard et à la scientologie, elle pourra
aller se perfectionner au siège européen à Copenhague,
puis au siège général à Flag (Floride),
aux Etats-Unis, au printemps 1987, le tout à ses frais, bien
entendu ...
-
- A son retour,
Elise peut être fière de sa réussite. On lui propose
un poste de missionnaire pour aller ouvrir des centres dans les pays
francophones. Une belle promotion pour une ex-chômeuse sans perspectives!
-
- Remerciée
et abandonnée
-
- "Papa, je
suis embêtée parce que je ne peux pas retourner à
Flag si je ne paie pas les 7'000 francs d'impôts (4'375 euros)
qu'on me réclame. Est-ce que tu ne pourrais pas me les avancer
?" Elise est convaincante. Son père lui promet de régler
cette ardoise en indiquant toutefois que la somme sera déduite
de l'héritage qu'elle fera peut-être après son décès.
Elise accepte, puis s'envole en 1988 pour les Etats-Unis. L'administration
fiscale ne réclamera pas les impôts dûs. En revanche,
Elise adresse une curieuse lettre des Etats-Unis à ses parents,
six semaines après son départ. Dans un style incohérent,
il apparaît qu'elle réclame 10'000 francs (6'250 euros).
La teneur de cette lettre est un signal d'alarme. Par retour du courrier,
ses parents lui signifient leur refus de payer cette somme et s'inquiètent
de la santé mentale de leur enfant.
-
- Devenue indésirable
-
- Ils n'auront
plus de nouvelles jusqu'au 3 juillet 1988, date à laquelle Elise
croise sa mère au marché de Genève. Elle lui raconte
qu'elle n'a pas obtenu la place de stage promise et qu'elle est revenue
se mettre au service de la mission genevoise. Mais très vite
il est apparu que sauf pour quelques tâches annexes, des "coups
de main" comme lors du déménagement des bureaux de
l'église genevoise, elle était devenue indésirable.
Est-ce parce qu'un conflit intérieur la tenaillait ? Plusieurs
indices le laissent croire, notamment la rencontre avec un membre d'une
autre secte lors du voyage retour des Etats-Unis.
-
- Une vie brisée
-
- Commence alors
un véritable calvaire. En septembre 1988, elle s'ouvre les veines.
Une tentative de suicide qui la conduira à l'hôpital psychiatrique
de Bel-Air. Elle refusera d'y voir les "personnes dangereuses"
que sont les psychiatres (comme cela est inscrit dans les directives
de l'église de scientologie au même titre que les journalistes)
et sera traitée par des médecins conseillés par
la secte. Après quelque temps, elle parviendra à s'enfuir.
Puis sera rattrapée près de Paris. Après plusieurs
fugues, notamment une "pour passer Noël en famille" et
trois autres tentatives de suicide, elle retrouvera ses parents pour
peu de temps. Car le 25 juillet 1989, en laissant toutes
ses affaires personnelles, une prière, un cierge et une valise
pleine de documents de l'église de scientologie, elle disparaît.
Un avis de recherches est paru dans plusieurs quotidiens, sans résultats
jusqu'à ce jour.
-
- Lire
également le témoignage
du père d'Elise
|
-
-
- Manifestation
sans autorisation
-
- 24 heures, 28 mai 2002, Léo
Bollliger
- [Texte
intégral]
-
- Pour insoumission à une
décision de l'autorité, Suzanne Montangero avait été condamnée au début de
l'année à trois jours d'arrêt. Bien que la faute ait été commise, les juges de
l'Hermitage ont estimé cette peine excessive.
-
- La présidente de l'Eglise
de scientologie de Lausanne, Suzanne Montangero, n'ira pas en prison. Condamnée
au début de l'année par le Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne à
trois jours d'arrêt pour insoumission à une décision de l'autorité, elle avait
interjeté recours contre ce jugement auprès de la Cour de cassation du Tribunal
cantonal (TC). Hier après-midi, les juges de l'Hermitage lui ont partiellement
donné raison. ils considèrent que la peine infligée en première instance est
«arbitrairement excessive» en regard des faits incriminés. Pour eux, la sanction
prononcée contre Suzanne Montangero doit se limiter à une seule amende, dont ils
ont arrêté le montant à 1'000 francs. Mais sur le fond, ils ne remettent pas en
cause les considérants du premier jugement.
-
- Les faits qui valaient à la
présidente des scientologues lausannois de se retrouver devant la justice
remontent à deux ans. Au mois de juin 2000, les adeptes de Ron Hubbard avaient
organisé, trois jours durant, une exposition dans des locaux situés à la rue de
la Madeleine, à Lausanne. En marge de cette manifestation qui visait à faire
connaître leur Eglise au public, ils avaient installé des stands dans la rue et
organisé des concerts sans autori- sation préalable des autorités communales.
-
- De
plus, la ville avait estimé qu'ils harcelaient les passants, notamment sur les
escaliers reliant la place de la Riponne à la Cathédrale. Le 16 juin, la
Direction de la sécurité publique, qui était alors dirigée par le municipal
Bernard Métraux, avait adressé un courrier à la direction de l'Eglise de
sciento- logie pour lui intimer l'ordre de mettre immédiatement fin à ses
agissements et à l'utilisation illégale du domaine public. N'ayant pas tout de
suite obtempéré et ayant «continué à perturber l'ordre public», Suzanne
Montangero s'était alors vu dénoncée auprès du juge d'instruction par la
Municipalité pour insoumission à une décision de l'autorité.
-
- Pas d'auréole de
martyre
-
- Dans son recours au TC
contre le jugement de première instance, l'avocat de Suzanne Montangero, Me Jean
Lob, invoquait notamment une violation par le Tribunal de police d'un article de
la Constitution fédérale ainsi que celle d'un article de la Convention
européenne des droits de l'homme relatifs à la liberté d'expression. Ces
dispositions «n'autorisent cependant personne à faire du prosélytisme agressif
et à importuner les passants dans la rue», a souligné le juge cantonal Laurent
de Mestral.
-
- Pour sa part, le second
juge rapporteur, Paul-Eugène Rochat, a estimé qu'une peine d'amende était
préférable dans cette affaire à une peine d'arrêt en cela qu'elle «évite de
donner à la dame une auréole de martyre». Bien que relativement satisfaite du
jugement rendu par la Cour de cassation, Suzanne Montangero se réserve la
possibilité de recourir devant le Tribunal fédéral.
|
-
-
- Quotidien
jurassien, 13 juin 2003 - Thierry Bédat
- [Texte
intégral]
-
- Le
président de l'Association des victimes de la dianétique
a bel et bien été diffamé
-
- L'ancienne
présidente de l'Eglise de scientologie de Lausanne
vient d'être condamnée pour avoir diffamé
Jean-Luc Barbier, président de l'Association d'aide
aux victimes de la dianétique et de la scientologie
(AVDS), établi depuis quelques années en Ajoie.
-
- Début
2000, la présentation de son association dans nos
colonnes suscite une lettre ouverte de Suzanne Montangero,
alors présidente de l'Eglise de scientologie de Lausanne,
très partiellement publiée dans Le Quotidien
Jurassien du 6 avril suivant.
-
- «Excédée
par les critiques de Jean-Luc Barbier, la présidente
a voulu lui régler son compte en le discréditant
sur le plan de son comportement privé, en le faisant
passer pour un délinquant et un individu méprisable.
Elle a agi dans le dessein exclusif de dire du mal de lui,
en s'en prenant à sa personne», constate dans
ses considérants le juge Jean-Pascal Rodieux, président
du Tribunal de police de Lausanne.
-
- Elle
a délibérément choisi d'attaquer
-
- Il
a donc condamné la présidente à quinze
jours d'emprisonnement avec sursis pendant deux ans; à
verser 2'000.- à Jean-Luc Barbier pour tort moral;
ainsi qu'à payer les frais de justice et ceux de
défense du plaignant.
-
- Le
juge Rodieux pose un regard très sévère
sur les méthodes de Suzanne Montangero, déjà
condamnée en mars 2000 par le Tribunal cantonal vaudois
pour avoir diffamé un adversaire de la scientologie
dans une publication de l'église (voir article).
«Alors que la présidente aurait pu en toute
légalité défendre ses convictions et
contester des erreurs éventuelles de la partie adverse,
elle a délibérément choisi de s'en
prendre à la personnalité et à la réputation
de son contradicteur, de plus de manière basse et
insistante», souligne le juge. Observant que l'article
auquel elle prétendait répondre, ne renfermait
aucune accusation venimeuse contre la de scientologie, il
souligne qu'il pourrait se laisser aller à conclure
que celle-ci refuse toute critique.
-
- «En
tant que présidente d'association, elle aurait dû
donner l'exemple de la correction et de la prudence»,
termine le juge. Quant à la coupable, elle a déjà
annoncé son intention de faire appel du jugement.
- (Un
appel rejeté - et une condamnation confirmée
par la cours de cassation -ndlr)
-
- LA
MEILLEURE DÉFENSE...
-
- Les
conseils aux officiers d'éthique
-
- Jean-Luc
Barbier a été un adepte de la scientologie
pendant quinze ans. Il avait le grade d'officier d'éthique.
Il a donc eu accès aux documents internes de l'église,
dont un ouvrage de son créateur Ron Hubbard qui,
«face aux dangers venant des gouvernements et des
tribunaux», conseille: «Seule l'attaque est
la solution aux menaces.» Il poursuit : «Fabriquez
ou trouvez une menace suffisante contre eux pour les amener
à négocier la paix. (...) C'est l'attaque
imprévue sur l'arrière des premiers rangs
de l'ennemi qui paie le plus.»
-
- Informations
dans les écoles
-
- «La
condamnation d'une membre du Conseil de l'Eglise de scientologie
donne du crédit à notre association qui réunit
une trentaine de membres et bénéficie de l'aide
d'une soixantaine de donateurs», explique le président
de l'Association des victimes de la dianétique et
de la scientologie. Il va maintenant proposer au Département
de l'éducation d'animer des conférences dans
les écoles sur les degrés de manipulation
au sein des groupes sectaires.
-
- «Il
faut bien faire attention, lorsqu'on veut savoir si l'on
a affaire à une secte, de ne pas mettre automatiquement
une étiquette sur ce qui est différent»,
avertit Jean-Luc Barbier.
|
-
-
- 24
Heures, 28 mai 2003, Georges-Marie Bécherraz
- [Extrait]
-
- Le
Tribunal de Lausanne a condamné hier pour diffamation
la présidente Suzanne Montangero
-
- Tribunal
de police (...) L'Eglise de scientologie de Lausanne
n'est pas près de digérer le verdict rendu
hier par Jean-Pascal Rodieux, premier président du
Trbunal d'arrondissement. Le magistrat a en effet condamné
au terme d'une journée d'audience la présidente
Suzanne Montangero à quinze jours de prison avec
sursis pendant deux ans pour diffamation. Une sanction ressentie
d'autant plus amèrement qu'elle donne raison à
un plaignant qui est l'un des ennemis les plus farouches
de la secte, son ancien adepte
genevois Jean-Luc Barbier.
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- Cerise
sur 10 gâteau, les scientologues devront lui verser
2'000.- francs pour tort moral et lui payer des dépens
à hauteur de 6'000 francs. (...)
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- Sévères
reproches
-
- Ambiance
tendue, donc, à Montbenon pour un procès mettant
sur la sellette Suzanne Montangero, accusée de diffamation
pour avoir vertement répondu en février 2000
à un article annonçant dans un quotidien jurassien
la création par Jean-Luc Barbier de l'Association
d'aide aux victimes de la scientologie (AVDS).
-
- Moralement
soutenue par la présence dans la salle d'audience
d'une trentaine de disciples, la scientologue était
défendue par Me Jean Lob, grand spécialiste
des droits de l'homme s'il en est.
-
- Partiellement
publiée dans le journal jurassien, la réplique
de Mme Montangero mettait en doute la probité de
l'AVDS, en affirmant notamment que son fondateur avait pour
but d'extorquer des fonds à la scientologie. Pour
Me Lob, il était parfaitement normal que l'Eglise
de scientologie réagisse à cet article ressenti
comme une attaque. (...)
-
- Assimilant
ces échanges à des joutes politiques, il a
produit un arrêt du Tribunal fédéral
soulignant que l'atteinte à l'honneur ne doit être
invoquée ici qu'avec précaution,les propos
échangés dépassant souvent la pensée
de leur auteur. Conseil de Jean-Luc Barbier, Me Charles
Munoz a habilement rappelé qu'on n'accuse pas sans
preuves. «C'est vrai pour les ennemis de la scientologie,
et aussi pour les scientologues. Il n'y a pas l'ombre d'un
indice pour dire que cette association a été
créée pour s'enrichir.»
-
-
- Dans
son jugement, Jean-Pascal Radieux n'a pas mâché
ses mots pour qualifier la riposte de Suzanne Montan- gero.
Il estime que son but n'était pas de s'inscrire en
faux contre une description de la scientologie, mais qu'elle
a voulu régler son compte à Jean-Luc Barbier
en le faisant passer pour un individu méprisable.
«Elle a choisi une manière basse et insidieuse
alors qu'en tant que présidente elle aurait dû
donner l'exemple. De
toute façon, même si l'article avait été
diffamatoire, rien ne l'autorisait à riposter sur
le même terrain.»
-
- Pour
les fidèles de Ron Hubbard, «le tribunal a
protégé une personne ouvertement encline à
détruire l'Eglise de scientologie et à causer
un maximum de problèmes à ses membres».
Ils envisagent d'ores et déjà de déposer
un recours. Quand bien même le jugement très
détaillé rédigé par le juge
Rodieux apparaît comme une redoutable construction
difficile à renverser.
-
- Ndlr
: Un recours rejeté avec confirmation des peines prononcées
par la justice lausannoise
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- La
Liberté, 20 novembre 1992, Antoine Rüf
- [texte
Intégral]
-
- Fribourg
: Un détracteur de la scientologie acquitté.
L'ancien «paroissien» avait le droit de dire
ce qu'il pensait de son «Eglise» estime le Tribunal
correctionnel.
-
- Dire
de l'«Eglise» de scientologie qu'elle contrôle
des établissements financiers, qu'elle pousse fréquemment
des mineurs à contracter des emprunts importants
sans l'accord de leurs parents; insister sur le fait que
l'on a soimême signé un emprunt postdaté
de cinq mois pour faire croire qu'il a été
passé après son vingtième anniversaire,
ajouter que l'on a soi-même emprunté 40'000
francs (25'000 euros)dans le cadre de la secte, tout cela
ne constitue pas de la diffamation. En tout cas pas pour
un ancien adepte marqué pour longtemps par le passage
qu'il a fait au sein de la mission de Villars-sur-Glâne.
Ce jeune homme qui a aujourd'hui 24 ans avait adressé
ces reproches à la secte devant les caméras
de la télévision; ils avaient été
répétés dans plusieurs journaux. La
mission de Villars-surGlâne n'appréciant
pas cette contrepublicité, avait porté
plainte contre son ancien adepte.
-
- Deux
jours d'audience
-
- II
aura fallu deux pleines journées d'audience au Tribunal
correctionnel de la Sarine, présidé par Pierre-Emmanuel
Esseiva, pour se faire une opinion sur cette affaire complexe.
La première, en août dernier, avait vu défiler
d'anciens adeptes déçus et ruinés,
un père dont les trois filles ont emprunté
plusieurs dizaines de milliers de francs avant de tenter
de «tauper» un grandoncle de 150'000 francs
chacune (94'000 euros environ). A 1617 ans. La seconde,
hier, a permis de constater que deux établissements
qui consentaient des crédits aux scientologues étaient
l'un dirigé par un scientologue. l'autre infiltré.
dans un de ses services, par des adeptes de la secte.
-
- Le
Vatican aussi
-
- Pour
la virulente avocate de l' «Eglise» de scientologie,
le détracteur de la secte, «en mal de publicité»,
a «voulu balancer le scoop de l'année»
en révélant aux médias son expérience
de la scientologie. Pour elle, il est évidemment
diffamatoire de dire qu'une Eglise, association sans but
lucratif, contrôle des banques et qu'elle pousse des
mineurs à s'endetter. Pour elle, on n'a pu établir
qu'un seul cas, dans lequel estime-t-elle l'emprunt a été
consacré à d'autres fins que l'achat de cours
ou de livres scientologiques. Les statuts de l' «Eglise»
interdisent d'ailleurs de telles pratiques, assure Me de
Benoît. Qui nie également que le contrat de
prêt daté et signé par l'accusé
lui-même ait pu être postdaté de trois
mois, et juge «faux, archifaux» le soupçon
que «l'Eglise» puisse contrôler une banque.
-
- Rien
de plus vrai au contraire, rétorque sur le même
ton Me Alexandre Emery, avocat de l'accusé, présentant
son client comme un homme seul affrontant une secte à
la dimension planétaire et jouant son avenir personnel
et professionnel sur l'issue de ce procès. Et il
n'y a rien de diffamatoire à dire qu'une Eglise contrôle
une banque: le Vatican lui aussi a la sienne.
-
- Les
autres reproches, plus graves, sont fondés estime
l'avocat : la preuve a été apportée
que des mineurs ont passé des emprunts auprès
de sociétés gravitant autour de la scientologie,
que la pratique des contrats de prêt en blanc était
courante. Et l'expérience personnelle de l'accusé
n'est pas discutable, même s'il a dû réduire
de 150'000 à 40'000 francs les montants qu'il a dépensés
en scientologie. Les allégations qu'il a propagées
étaient conformes à la vérité,
et il avait de bonne foi des raisons de les tenir pour vraies,
surtout dans le contexte de ce qu'il vivait à l'époque
a conclu l'avocat.
-
- Au
terme de deux heures de délIbération, le tribunal
a fini par se rallier à son point de vue. Il a acquitté
le jeune Fribourgeois.
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Un
must: "Ron Hubbard, le gourou démasqué"
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- Témoignage
de
- Jean-Luc Barbier
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