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DÉFINITION DE «SECTE NOCIVE»
Arnaud Palisson, docteur
en droit, propose cette excellente définition dans son livre «Grande enquête sur
la Scientologie, une secte hors la loi»
éditions Favre 2003
"Une secte nocive est une
personne morale à but philosophique,spirituel ou religieux dont les organes ou
représentants commettent, pour son compte, des infractions pénales en tant
qu'auteurs ou complices"
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- Max
Bouderlique : «Les manipulations mentales»
- éditions Chronique Sociale,
Lyon
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- 1.
Du latin
secare = couper
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- Ceci indique qu'il s'agit d'un groupe
de personnes qui se coupe volontairement d'une organisation dont elle serait en
quelque sorte dissidente (par exemple d'une église).Ici, nous considérons cette coupure
comme encore plus radicale et se posant par rapport à l'ensemble de la société
humaine telle qu'elle existe actuellement.Ceci se manifeste par la prétention à
une idéologie, à des croyances, à des modes de vie différents de ceux
communément admis.
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- 2. Du latin
sequare = suivre
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- Ceci suppose donc
un guide que l'on suit parce qu'il détient toute la vérité.Le
Guide peut être connu ou se
dissimuler derrière, par exemple un livre "sacré", ou des
"maître" extérieurs, ou être mort. Dans ce dernier cas,
quelqu'un," chargé de transmettre son enseignement" en tiendra lieu
de fait. Le sens de Secte, et spécialement en
ce qui concerne celui à donner aux Sectes manipulatrices, est éclairé par tout
ce qui évoque l'adjectif «sectaire». Celui-ci ajoute aux origines de
«Secte» l'idée d'une rigidité doctrinale et d'un fanatisme souvent aggravé de
prosélytisme et d'élitisme.
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- Jean-Marie
Abgrall, psychiatre expert auprès des Tribunaux français, cité par Luca et
Lenoir dans :«Sectes,
Mensonges et Idéaux» , éditions Bayard 1998
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- «L'histoire
montre que les sectes sont définies depuis l'antiquité. Certaines d'entre elles
sont effectivement devenues des religions. Le protestantisme était
effectivement à l'origine une secte en rupture avec la religion dominante du
catholicisme, puis elle a évolué en religion. Mais la notion de secte telle
qu'on l'approche aujourd'hui n'est plus attachée à l'idée d'une idéologie
religieuse minoritaire par rapport à une idéologie religieuse dominante. Elle est
désormais liée à la notion de groupe fermé, à visée criminelle, ou à visée
d'intérêt personnel. Elle ne se situe plus dans une thématique religieuse.
Certes, les sectes actuelles ont intérêt à entretenir la confusion entre la
secte telle qu'elle était conçue aux
siècles derniers et la secte telle qu'elle est présentée aujourd'hui. Mais les
pensées religieuses minoritaires ont le droit de cité dans la société. Les
sectes combattues le sont uniquement pour leur visée criminelle».
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- Richard Abanes,
expert américain
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- On définit une secte selon trois angles de vue.
- Sociologiquement
parlant d'abord: les sectes seront les groupes dont les pratiques et croyances
diffèrent de la norme sociale, par exemple, ceux qui se retirent de la société
et n'ont plus de contacts avec elle; c'est là un des caractères les plus
évidents de secte vu du point de vue sociologique.
- On
peut aussi le voir du point de vue psychologique:les groupes emploient une forme de manipulation mentale
généralement basée sur la tromperie, le secret sur leurs buts réels, les
mensonges sur leur passé, tout ceci dans le but de cacher ce qui se passe aux
membres et aux convertis potentiels. Psychologiquement parlant, les chefs de
ces groupes peuvent aussi utiliser des tactiques destinées à endormir les sens,
afin affaiblir l'apitude critique et l'intelligence de leurs adeptes, lesquels
ne pourront dès lors prendre les bonnes décisions. Cela comprend nourriture
insuffisante, sommeil insuffisant et études excessives ...
- En
troisième lieu, un groupe peut être défini comme secte pour raisons
théologiques. Toute religion a ses scissions (sectes, le mot originel). Les Hare
Krishnas sont une secte Hindouiste. La Nation de l'Islam est une secte
islamiste. Les chrétiens ont aussi les leurs, ... par exemple les Témoins de
Jéhovah.
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- «Combatting Cult Mind Control» de Steven Hassan
- Résumé
et traduction du livre par
Roland Huckel, professeur de philosophie à Strasbourg.
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- Peut-on apprendre à distinguer un
groupe destructeur d'un autre non destructeur ? Quelles sont les
caractéristiques décisives qui permettent de différencier une organisation banale d'une secte dangereuse ? Lorsque
j'analyse un groupe dont je soupçonne qu'il s'agit d'un groupe destructeur,
je mène mes recherches d'abord dans le domaine psychologique et non sur le plan
théologique ou idéologique. J'examine les facteurs qui influent le contrôle de
la pensée, l'hypnose et la psychologie de groupe. J'observe des faits et non des
croyances. En ce qui me concerne, j'essaye de déceler si les cultes destructeurs
et leurs membres communiquent entre eux (ou en sont incapables). D'autres
analyses ou critiques basent leurs recherches sur la façon dont le groupe
interprète la bible ou leur tendance politique.
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- Les groupes que je
définis «destructeurs» ont des caractéristiques très spécifiques qui portent
atteinte a la liberté de choix de l'individu. Mon Modèle d'analyse de la
destructivité d'un groupe ou d'une organisation quelconque est fondé sur trois critères de
base :
- le chef
- l'enseignement
- la qualité de membre
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- En
examinant ces trois domaines vous serez vite capables de distinguer si un groupe peut être
classé destructeur.
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- Le Chef
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- Les cultes
destructeurs font tout pour camoufler leur identité, mais l'analyse de leur chef est un
bon point de départ pour assembler des informations et s'en faire un jugement. Qui
est le chef de groupe ? Quel est son passé, son éducation, sa formation, son
activité avant de créer son mouvement ?
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- Je suis tenté de
croire que bien des gourous souffrent d'un complexe d'infériorité et
mettent en évidence une personnalité asociale. Tous souhaitent un bonheur
matériel, mais recherchent avant
tout l'attention et la puissance. En effet, la puissance peut devenir une passion extrême,
et elle le devient effectivement. Avec le temps, des chefs de cultes ont un besoin de plus en
plus important de puissance.
Ces gens sont si dangereux, parce qu'ils sont psychologiquement instables et
croient fermement à leur propre propagande. Ils ne sont pas seulement des artistes rusés et trompeurs pour gagner de
l'argent, mais ils pensent être «Dieu» ou le «Messie» ou un maître illuminé.
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- Un regard sur le
passé et le style de vie d'un chef permet de tirer quelques conclusions
générales au sujet du degré de confiance que l'on peut accorder à ce chef. Exemple : si
quelqu'un enseigne comment réussir un mariage, le fait d'être trois fois divorcé est
significatif. Si, dans le passé, un chef a fait usage de la drogue et a présenté un comportement
bizarre, comme Ron Hubbard, je conseillerais la prudence en écoutant son
affirmation d'être capable de résoudre tous les problèmes de l'humanité.
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- J'ai aidé des
personnes à quitter des mouvements dont le chef n'était pas avide d'argent, mais,
qui, à mon avis, visait la puissance personnelle. Des chefs à la tête de bien des cultes
destructeurs ne sont pas des jouisseurs notoires et respectent l'autorité supérieure
de Dieu et de la bible, mais leurs interprétations de la bible et de la volonté
de Dieu sont utilisées pour manipuler et contrôler des personnes.
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- L'enseignement
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- Vu que nos
constitutions permettent à n'importe qui de croire n'importe quoi, il est inutile de creuser
l'enseignement particulier d'un groupe. En ce qui me concerne, je crois que la croyance
d'un groupe devrait être transmise sans contrainte à un candidat.
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- L'enseignement
du groupe revendique-t-il
publiquement quelque chose qui, en fait, n'est
pas appliqué par le groupe ? Je pense à «l'enseignement pour initiés» (insider)
et à «l'enseignement pour personnes extérieures» (outsider).Pour son image de
marque, il est primordial pour un groupe que ses membres croient ce qu'on
les oblige à croire.
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- Des cultes
destructeurs changent leur «foi» suivant les besoins de la situation et
pensent que le but sanctifie les moyens. Le fait d'aider à «sauver» quelqu'un
justifie mensonge et manipulation. En revanche, les organisations conformes à
la loi ne modifient pas leur enseignement dans le but de tromper le public.
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La
qualité de membre
C'est le dernier critère, le
plus décisif. Distinguons trois composantes :
- Recrutement
- Maintien dans le groupe
- Liberté de quitter le groupe
Le changement d'identité, de ses relations, de
ses buts et intérêts sont les premiers effets sur un individu qui
devient membre d'un groupe. C'est là le domaine principal
de mes investigations, quand je juge un groupe.
Le trait caractéristique de
la plupart des manières de recruter est la duperie. Les groupes
destructeurs ne se gênent pas de mentir. Ils travaillent en supposant que les
gens sont trop bêtes et pas assez spirituels pour reconnaître tout seul ce qui
est le meilleur pour eux. Ils se chargent ainsi de décider à
la place des recrues. Lorsque l'esprit critique d'un individu
est bien développé, les informations données par le culte sont
parcimonieuses, dans le cas contraire elles sont plus explicites. Duperie
signifie mensonge, mais aussi dissimulation et information fausse.
La plupart des recruteurs
nient leur intention de recruter. A la demande du but de leur action, ils
répondent tout bonnement qu'ils désirent transmettre un message
important pour eux et y intéresser d'autres personnes. Ils taisent le fait
qu'ils ont un nombre obligatoire de conversions à présenter.
La pratique de tromper
passe par l'intermédiaire d'organisation parallèles. La Dianétique
et Narconon font partie du team de la Scientologie.
Dans la phase recrutement, le recruteur essaye d'obtenir le plus d'informations
possibles pour trouver le chemin de la réussite. Il sait toucher les points faibles
(problèmes avec le copain ou avec la copine, avec les parents, à l'école ou au
travail, décès d'un proche, changement de résidence, etc.).
Un bon recruteur sait se montrer agréable et
soustraire des informations personnelles et confidentielles. Il ne dévoile que
peu de sa personne et encore moins de son groupe, sauf en cas de nécessité. Ce
sens unique du flux d'informations est un autre signal d'alarme. Le
recruté a la plupart du temps, l'impression de gagner un ami.
Dans la réalité, l'amitié a besoin d'un
certain temps pour se développer. Chacun donne et chacun reçoit et il n'existe pas de plan
secret.
je répète
: un culte dangereux recrute ses adeptes à l'aide du contrôle de la pensée. Ce
contrôle est essentiel pour pouvoir détruire
I'individu, l'endoctriner et rétablir selon le schéma du culte.
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- Bulles numéro spécial, 1988
- [texte intégral]
Afin
d'évaluer le degré. de "dangerosité" d'un groupe nous nous référons à
l'existence ou non d'"indicateurs de contrainte" susceptibles de
révéler l'emprise du groupe sur l'individu. C'est donc après examen des
critères suivants que l'U.N.A.D.F.F.I attribuera à un groupe le
qualificatif de sectaire ou non.
C'est en
considérant l'accumulation de plusieurs de ces critères ou de leur totalité que
nous pourrons approcher de manière la plus satisfaisante la définition de la
secte. Chaque critère à lui seul ne suffit à justifier le vocable, mais permet
néanmoins de déceler des tendances sectaires. Donc, au-delà de la définition
classique s'apparentant à la dissidence religieuse, c'est la caractéristique
d'organisation totalitaire qui nous retiendra.
1. A la
tête du groupe, un leader charismatique tout puissant
(A
distinguer des maîtres spirituels authentiques dont la fonction est attestée
dans toutes les traditions religieuses. Leur but est l'ouverture et la maturité
du disciple ce qui suppose une absence de volonté de puissance, un
désintéressement, des qualités humaines et une élévation spirituelle).
Le leader
de secte, présent soit au milieu de ses disciples, soit à travers ses
intermédiaires qui deviennent les supérieurs hiérarchiques du mouvement, se dit
doué d'une mission (le plus souvent "révélée") qui lui assure sa
légimité absolue.
Il opère
une distinction entre les lois de ce monde et celles du groupe et se place
au-dessus d'elles.
Il
établit avec ses adeptes une relation fondée sur la séduction. la volonté de
puissance et exige leur totale soumission.
Possédant
souvent de grandes capacités intellectuelles, il est capable d'un discours
structuré mais dans lequel on décèle un délire interprétatif (tout devient
signe). Sa personnalité manifeste de fortes tendances pathologiques, plus
qu'une nature d'escroc lucide.
2. Un
groupe à forte structure pyramide
Les
fonctions sont atomisées en secteurs étanches.
L'information
sur l'ensemble de la vie du groupe n'est transmise que sous une forme fragmentaire
par un supérieur hiérarchique. seul intermédiaire entre l'adepte et la
direction.
3.
L'utilisation de méthodes de manipulation
Un
système de pressions mettant en oeuvre des techniques psychologiques se
manifeste à travers un prosélytisme forcené, un endoctrinement et un ensemble
de contraintes pour maintenir l'adepte dans le groupe.
Par des
relances incessantes. un forcing s'opère pour faire entrer ou retenir dans la
secte.
Un
matraquage idéologique, prétention à l'unique vérité, s'exerce sur les adeptes.
par un discours répétitif et un langage à cliché. Les mots essentiels sont
vidés de leur sens initial, rendant vaine toute tentative de dialogue.
Afin de
maintenir la soumission des membres, une répression fondée sur un ensemble
d'interdits et une gamme de punitions s'appliquant aux déviants est mise en
place.
Une
surveillance quasi permanente des activités et attitudes des adeptes génére un
climat d'angoisse.
4.
L'obligation de la transparence
Rien de
la vie de l'adepte ne saurait échapper au maître ou au supérieur hiérarchique,
voire même au groupe. Confessions, autocritiques doivent exposer toute pensée,
sentiment, parole, action qui seraient contraires à la doctrine, à l'idéologie
ou à la vie du mouvement.
5. Un
rétrécissement de l'environnement intellectuel, culturel et relationne
Le groupe
affiche une animosité ou une indifférence totale envers le système global de la
société. Il se ferme au monde extérieur, présenté comme un lieu de perdition et
d'erreur.
L'adepte
est coupé de ses relations affectives. Les contacts avec la famille et les amis
sont encadrés, surveillés et sont interdits avec les ex-adeptes.
Le groupe
constitue la vraie famille par opposition à la famille naturelle. Il devient le
seul interlocuteur de l'adepte; son idéologie manichéenne excluant toute autre
religion, philosophie ou point de vue - s'impose comme la vérité.
Ce
rétrécissement de l'univers de l'adepte entraîne régression mentale,
marginalisation et inadaption sociale.
6. la
négation de l'identité de l'adepte
Se
considérant un groupe élitiste, la secte se sent le droit d'exiger des adeptes
un engagement total. Elle dicte un modèle de comportement envers le monde dans
lequel doit se mouler la personnalité.
La spécificité
de l'adepte tend à être éliminée. Une lutte permanente est menée pour couper
avec son passé et écraser son "ego". Cette conscience d'un moi
structurant (affect, persnnalité, intellect) est dénoncée comme une entrave à
accéder il la vérité.
L'esprit
critique, par les doutes et questions qu'il génère, ne peut qu'être inspiré par
la nature rebelle de l'adepte. Celle-ci animée de vieux mécanismes de défense
va à l'encontre de l'émergence de l'homme nouveau dont le gourou propose le
modèle.
Ainsi
l'adepte devient le lieu d'une bataille intérieure constante entre le but de
perfection à atteindre et son impossibilité à y parvenir. Ce conflit développe
un sentiment de culpabilité.
7. Des
conditions de vie déséquilibrantes
Dans la
quasi totalité des sectes, le travail est obligatoire, intensif (toujours sans
couverture sociale) et seulement coupé de conférences ou de séances de
formation ou d'étude de la doctrine.
Dans les
groupes vivant en communauté, la privation de sommeil, une nourriture
insuffisante ou carencée. une sexualité réglementée, la promiscuité,
l'impossibilité d'isolement et de moments de réflexion, contribuent à
fragiliser encore davantage les individus et à rendre plus efficace le
conditionnement.
8. Un
détournement des buts avoués
La
finalité du groupe se révèle ne pas être tant l'idéologie ou le religieux, qui
avait d'abord séduit, mais une stratégie d'expansion avec souvent une visée de
contrôle du monde entier (Moon. Scientologie).
9. le
rôle important de l'argent
Le groupe
devient un objet de marketing. Des sommes considérables circulent à sens
unique, venant de dons fortement suggérés, des rapports du travail bénévoles,
de formations obligatoires et payantes, etc.
Tous les
moyens sont utilisés pour extorquer l'argent de l'adepte mais aussi de sa
famille, de son entourage (pressions, chantage, relances ...).
L'escroquerie
financière est une pratique fréquente, sanctionnée par de nombreux procès.
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- D'après l'article de
Rick Ross.
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- Cults: Public Perceptions vs.
Research, July 1998
- By John Stacey, Student at Rutgers
University
- Edited by Rick Ross
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- Une secte est un groupe
de personnes organisé autour d'une personne autoritaire. Cette personne essaie
en général d'élargir son cercle d'influence pour en tirer du pouvoir ou un
bénéfice financier. Pour réaliser leurs objectifs, les sectes destructrices -
contrairement aux groupes inoffensifs - utilisent une puissante combinaison de
techniques d'influence, afin de contrôler les adeptes sur le plan psychologique
(Rhoads 1998). Ces techniques exercent ce qu'on appelle souvent le "contrôle
mental" ou la "correction de pensée".
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- Diverses études ont montré qu'aux USA
aujourd'hui, 2 à 5 millions de jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans font partie de
2 à 5.000 groupes sectaires (Robinson, Frye and Bradley 1997). [En France, on
estime le nombre de groupes sectaires principaux à 170-200 (avec environ 800
filiales), et le nombre d'adeptes à 150-200.000 (Rapport Parlementaire N° 2468
de l'Assemblée Nationale du 22/12/1995). Ndt]
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- Ce qu'on
croit en général
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- De nombreux articles
paraissent régulièrement sur les sectes et les victimes des sectes. On se penche
moins sur la question de savoir comment on se retrouve dans une secte ! Une
manière simple d'écarter cette question consiste à dire
: "il n'y a que les
idiots, les gens seuls et les personnes dérangées qui grossissent les rangs des
sectes destructrices". La plupart des gens croient que les personnes entrent
dans une secte parce qu'elles manquent d'assurance, qu'elles sont motivées par
le désir de trouver une communauté soudée dans laquelle elles pourront affirmer
plus fortement leur identité et se sentir en sécurité, qu'elles cherchent une
protection du monde extérieur. On croit couramment que ces personnes sont
incapables de prendre des décisions par elles-mêmes, de supporter la difficulté
d'un choix individuel. La conséquence en serait donc que certaines personnes
sont à la recherche de quelqu'un qui choisira à leur place, et qui leur dictera
leurs actions et leur mode de vie. Selon cette logique, les adeptes des sectes
seraient des gens qui préfèrent le contrôle sectaire et la dépendance - à la
place du fardeau des choix qu'il leur faudrait faire.
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- Toutes ces notions sont
l'expression de l'ignorance, de la bêtise, et peut-être une forme de déni. Parce
que ces acceptations nous mettent à l'aise dans une sorte de sécurité où les
adeptes des sectes, c'est "eux", et ça ne sera jamais "nous". Avant
d'entreprendre ces recherches, ces notions sur les adeptes de sectes me
semblaient valables. Mais cette question a affecté ma vie personnelle lorsqu'un
ami proche, en bonne santé et équilibré, est entré dans une secte. Des études
ont été faites sur les techniques de recrutement des groupes sectaires. Et il
est important de faire l'inventaire des tactiques de prosélytisme sectaire afin
de pouvoir expliquer comment des personnes intelligentes et en bonne santé
mentale peuvent être persuadées de rejoindre une secte.
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- Un des objectifs de ce
document, c'est d'admettre que des milliers de personnes se font mystifier par
les sectes. Un autre but de cette étude, c'est de se souvenir avec respect de
ceux qui ont péri sous l'oppression psychologique exercée par des leaders
détraqués tels que Jim Jones, David Koresh, Marshall Applewhite, et d'éclaircir
les notions erronées courantes sur les sectes. Il s'agit également d'informer le
public de la manière dont les sectes se forment, et de la façon dont elles
recrutent leur adeptes.
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- Pourquoi
Devient-on Adepte d'une Secte ?
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- Durant mes recherches,
je n'ai cessé de rencontrer cette même explication: On ne devient pas
adepte, on est recruté. Voilà ce que dit Philip Zimbardo: "Les gens
rejoignent des groupes qui leurs promettent de satisfaire des besoins pressants.
Ces groupes sont des sectes s'il y a tromperie, s'il y a des anomalies, s'il y a
des dangers, ou s'ils s'opposent aux valeurs de base de la société" (Zimbardo
1998). Le fait est que les techniques de recrutement des sectes sont assez
efficaces. Des explications sur ces techniques figurent dans ce qui suit. Les
sectes cherchent évidemment le succès, et elles recrutent les personnes les plus
capables de les servir efficacement. Beaucoup d'adeptes sont médecins, juristes,
enseignants, des célébrités connues, des citoyens responsables. C'est pour cette
raison que certaines sectes ont survécu pendant des décennies, en dépit d'un
renouvellement rapide de leurs membres, malgré la désapprobation générale,
malgré des familles en colères. On croit souvent que les adeptes ont été
négligés par leurs familles. Cette explication ne correspond pas avec les
actions intentées par de nombreuses familles qui vont consacrer leur argent,
leur temps et leur énergie à intervenir pour essayer d'en faire sortir leurs
proches.
- Zimbardo nous presse de
ne pas faire des stéréotypes d'adeptes.
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- Au lieu de se demander "quelle sorte
de personnes entrent dans les sectes", il suggère de se demander plutôt
"Qu'est-ce qu'il y a de si attirant dans ce groupe pour que tant de personnes
soient recrutées/séduites et s'y joignent volontairement ? Quels sont les
besoins satisfaits par ce groupe, et qui ne sont pas satisfaits dans leur groupe
social ?" (Zimbardo 1998).
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- Il est également important de noter que, lors de
la phase initiale, les sectes font de nombreuses promesses aux recrues
potentielles, et que ce n'est que des mois ou des années plus tard que la
personne recrutée réalise que ces promesses étaient des stratagèmes pour obtenir
leur soumission. Mais entre-temps, l'adepte est déjà submergé par le groupe, et
vraisemblablement déjà soumis à sa direction, et sous son influence.
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- Celui qui devient
adepte ne sait pas que ses recruteurs ont un programme caché. S'il
connaissait dès le début les véritables intentions du groupe, il est
vraisemblable qu'il résisterait à leur persuasion. Pour la plupart des gens, il
est naturel de ne pas accepter d'ordres des autres. Si quelqu'un vous donnes des
ordres, c'est généralement considéré comme présomptueux, voire injurieux.
Margaret Thayer Singer, une psychologue respectée qui étudie le contrôle mental
depuis les années 50, explique que pendant la phase d'endoctrinement, l'adepte
recruté n'a pas conscience de l'importance de ses propres changements. George
Orwell a très bien compris qu'une manipulation réussie est "subtile et voilée"
(Singer 1996). L'apparence d'un Big Brother bénin est finalement la meilleure
manière de contrôler quelqu'un. La plupart des gens n'acceptent pas les efforts
de persuasion manifeste.
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- Celui qui ne se
doute de rien est une cible de choix pour les recruteurs. Certains
pourraient prétendre qu'il suffit d'être fort et courageux pour résister aux
efforts d'endoctrinement sectaire (Putman 1997). Ce genre de perspective est
absurde à mon avis. Pour que l'endoctrinement d'une secte radicale et
destructrice soit efficace, la cible ne connaîtra vraisemblablement pas le
programme caché. Il y a donc un élément de tromperie délibérée. Une personne se
retrouvant dans le contexte de l'endoctrinement sectaire détectera peut-être que
ses nouveaux 'amis' essaient de la convaincre de la philosophie du groupe, mais
il ou elle pensera probablement que c'est pour son bénéfice. Il est donc
difficile de penser qu'il ne faut pas être d'accord avec eux, alors qu'ils
semblent si "heureux" et "vraiment pleins de sollicitude". Selon le Journal
of Psychohistory, "les techniques de contrôle mental peuvent être appliquées
sur pratiquement n'importe qui, et la meilleure défense contre celles-ci, c'est
la connaissance de ces techniques, et savoir que les sectes existent" (Johnson
1994).
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- Blâmer les
victimes des stratégies de recrutement sectaire est une erreur. Chacun
peut être vulnérable à la persuasion si les circonstances s'y prêtent. Dans la
société, on peut trouver partout des exemples de tricheries, de tromperies et de
trucages efficaces. Il y a d'innombrables exemples de personnes trompées pour
payer des réparations inutiles pour leur voiture, ou de personnes convaincues de
subir des interventions chirurgicales coûteuses qui ne sont pas vraiment
nécessaires. Des vendeurs, des publicitaires, des avocats, des politiciens, et
même certains médecins font des efforts considérables pour développer leurs
facultés de persuasion.
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- Et pour les recruteurs
des sectes, les enjeux semblent encore plus élevés que dans le monde matériel -
car ils croient fréquemment qu'ils s'agit des âmes et de leur procurer le salut.
Beaucoup de personnes rejoignent des sectes dans leur jeunesse, alors qu'ils
sont naïfs et mal équipés pour affronter les froides réalités du monde et ses
supercheries. Qui plus est, lorsqu'on est dans une période de transition de la
vie, on est encore plus vulnérable. Par exemple - quelqu'un qui va très bien sur
le plan psychologique pourra très bien être approché lors d'une transition
majeure de sa vie, ou pendant une crise. Il ou elle pourra très bien être
recruté après la mort d'un proche, lors d'un déménagement vers un lieu nouveau
et non familier, ou peut-être après une rupture grave. Il ne faut pas accuser
les victimes de sectes de leur naïveté ni de leur vulnérabilité temporaire -
surtout s'il y a si peu d'enseignement dans notre société sur les dangers des
sectes destructrices. Beaucoup de gens qui ont pu croire que les adeptes sont
faibles et dérangés changent tout à coup d'opinion lorsqu'ils apprennent qu'un
ami proche ou qu'un membre de leur famille est entré dans un tel
groupe.
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- Les Médias
et les Sectes
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- Les médias présentent
des images variées des types de personnes qui rejoignent les sectes. Certains
blâment les victimes - affirmant que les adeptes sont à la recherche de telles
relations destructrices. D'autres rapportent les techniques insidieuses
employées par les leaders de sectes pour tromper et persuader les gens. J'ai
récemment lu un article typiquement négatif, qui insiste sur la nature bizarre
des sectes, et à quel point les adeptes doivent être débiles et avoir des
problèmes pour pouvoir être accepter d'y prendre part. Voilà ce qui, à mon avis,
et d'après mes études, s'appelle "taper sur la victime". Cet article affirme que
les adeptes ont sans doute des "vides tragiques dans leurs vies" (Fennell and
Branswell 1997).
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- Les tabloïds ont appris que le sensationnel fait vendre, et
qu'il est lucratif. De tels récits ne peuvent décrire la manière irrésistible
par laquelle une personne absolument normale est forcée à entrer dans une secte
par tromperie. On peut aussi considérer ce genre de récit comme une injure
injustifiable à la mémoire de ceux qui ont été victimisés d'une manière brutale
et parfois criminelle.
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- Dans un article publié
récemment, les victimes de sectes sont décrites d'une façon plus réaliste. Dans
cette histoire intitulée "Sauver Josh" (Reminick 1997), une mère raconte sa
bataille pour sauver son fils d'une une secte religieuse majeure. Josh y était
entré lorsqu'il avait 19 ans, lorsqu'il s'était rendu de San Francisco sur la
Côte Est, pour y poursuivre ses études. Le fait qu'il effectuait une transition
temporaire dans un lieu géographique différent, pour être dans une nouvelle
école, avait probablement rendu Josh plus vulnérable. Ses parents avaient
divorcé, et Josh avait grandi auprès de sa mère. Il est possible que son passé
ait contribué à sa vulnérabilité - surtout vis-à-vis d'un recruteur âgé doté
d'une figure paternelle. En réalité, c'était une femme d'un certain âge qui
l'avait recruté. Josh semblait être un jeune homme relativement normal et dans
la moyenne. Cet article a accru mon intérêt à étudier la manière dont les
adeptes rejoignent les sectes: sont-ils victimes de programmes de contrôle
mental trompeurs, ou bien changent-ils leurs vies volontairement et en toute
connaissance de cause pour satisfaire les lubies de leurs leaders ou de leurs
gourous ?
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- Les Huit
Caractéristiques de la Modification de Pensée d'Après Lifton
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- Robert Jay Lifton est
généralement considéré comme le fondateur de la notion de "modification de
pensée", et il a sans doute publié l'étude la plus fondamentale sur ce
phénomène. Il a étudié les techniques d'endoctrinement utilisées par les
communistes chinois pour convertir les prisonniers de guerre américains et
autres pendant la guerre de Corée. Plus tard, lorsque le phénomène sectaire est
apparu aux Etats-Unis, les découvertes de Lifton furent appliquées à
l'endoctrinement sectaire et aux pratiques de recrutement. Dans son livre
"Thought Reform and the Psychology of Totalism" (Modification de Pensée et
Psychologie du Totalitarisme), au chapitre 22 "Le Totalitarisme Idéologique", il
énonce huit motifs qui caractérisent la modification de pensée - et qui
correspondent aussi à la plupart des méthodes de persuasion forcée souvent
utilisées par les sectes. Lifton établit que "Toutes leurs combinaisons peuvent
être temporairement énergisantes ou vivifiantes, ce qui constitue la plus grande
des menaces pour l'humanité" (Lifton 1961).
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- 1·
Contrôle de l'Environnement
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- La première des
techniques utilisée par beaucoup de groupes totalitaires, c'est ce que Lifton
appelle le "Contrôle de l'Environnement". Elle est utilisée lorsque les adeptes
tentent d'amener une recrue potentielle sur le territoire du groupe, dans un
milieu ou une zone qu'ils peuvent contrôler. Entouré de personnes qui partagent
une croyance avec enthousiasme, l'individu peut être déstabilisé dans ses
croyances - et il est souvent trop loin de ses amis et de ses proches pour leur
en parler et effectuer un "contrôle de réalité". Si le visiteur s'exprime ou
agit selon des manières qui entrent en conflit avec les membres du groupe qui
dominent cet environnement, il va se sentir embarrassé et en faute - bien qu'il
agisse peut-être d'une manière tout à fait acceptable selon les normes de la
société. Il est souvent difficile pour un individu de garder longtemps confiance
lorsqu'il est entouré d'un groupe de personnes apparemment bienveillantes, et
qu'elles utilisent cette technique d'approche en douceur.
-
- Le groupe récompense
aussi l'accord éventuel du membre en puissance - les adeptes félicitent et
encouragent les sentiments d'acceptation lorsqu'il ou elle se conforme au
groupe, et/ou lorsqu'il ou elle répond favorablement à sa doctrine. C'est dans
cet environnement assez hermétiquement contrôlé que les recruteurs la recrue
potentielle, sans contacts avec famille et amis - qui pourraient connaître cette
organisation et donc l'avertir du danger. Dans un environnement contrôlé de
cette sorte, on est plus vulnérable aux pressions des hôtes.
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- 2·
Manipulation Mystique
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- Le second motif
introduit par Lifton, c'est ce qu'il appelle la Manipulation Mystique. Le
groupe donne aux nouvelles recrues le sentiment qu'ils sont des "élus" - comme
s'ils font partie d'un corps d'élite au service de la cause héroïque consistant
à sauver le monde. Chaque membre croit sincèrement que le monde compte sur eux
pour accomplir cette responsabilité spéciale. Les membres du groupe partagent ce
sentiment profond de leur mission avec le nouvel arrivant. Il arrive même
parfois qu'ils disent que Dieu a guidé cette personne vers leur groupe avec ses
pouvoirs surnaturels/mystiques, afin de sauver l'humanité. Les membres sont
fréquemment accueillis par une cérémonie spéciale pour les "heureux élus". Ce
type d'admission fait que le nouvel arrivant se sent profondément signifiant -
et la tentation de se joindre au groupe devient pratiquement irrésistible. Bien
que les membres du groupe aient utilisé des outils puissants, tels le contrôle
de l'environnement, la pression psychologique et parfois même le mensonge sur la
nature du groupe, la nouvelle recrue est dans l'illusion qu'elle a décidé de s'y
joindre de manière libre et délibérée.
-
- A ce stade, il est
possible que la recrue pense se joindre à une sorte de club amusant où ses
besoins seront satisfaits. Après tout, durant les phases initiales, les
recruteurs traitent royalement le nouveau venu - donnant souvent l'impression
qu'il ne se passe peut-être rien d'autre dans ce groupe. En réalité, ça n'est
fait que pour obtenir l'engagement initial. Une fois que le nouveau s'est engagé
envers le groupe, souvent même par écrit - les choses changent. Graduellement,
la chaleur et l'affection - qui était le facteur de motivation principal pour se
joindre au groupe - va diminuer, à mesure que le nouveau membre est tiré vers
les mêmes exigences de soumission qu'attendent la plupart des sectes. Dans
certains groupes (Eglise de l'Unification), ça va même jusqu'à 16 à 20 heures de
travail quotidien, avec peu de repos. Il y a même des régimes appauvris en
protéines, pour rendre les adeptes plus malléables.
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- Les leaders de groupes
destructeurs en arrivent même à utiliser des pressions psychologiques extrêmes
pour forcer les nouveaux à se conformer à l'état d'esprit du groupe. Ce
processus fait aussi partie de la "manipulation mystique". Dans la
plupart des cas, la recrue n'aura pas connaissance des véritables attentes du
groupe, ni de son programme caché, ni de son mode de vie souvent épuisant. Ils
seront bien sur informés après avoir 'librement' choisi de se joindre au groupe.
Les cultes destructeurs font tout pour donner l'impression que les personnes s'y
joignent après une décision basée sur un libre choix. Cette impression est
soigneusement incrustée chez les adeptes, les empêchant de se plaindre plus tard
d'avoir été enrôlés de force. Mais ils omettent souvent d'informer les recrues
potentielles de ce à quoi ils vont vraiment s'engager - jusqu'à ce qu'il soit
trop tard. On ne peut donc pas dire que le processus de recrutement de ces
groupes fournisse des circonstances favorables à un choix vraiment
éclairé.
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- 3·
Exigence de Pureté
-
- L'Exigence de Pureté
est une autre contrainte commune au milieu sectaire. Les sectes
destructrices enseignent aux nouveaux adeptes que toute personne ne faisant pas
partie du groupe est corrompue, d'une manière ou d'une autre, qu'elle est
négative et/ou généralement non illuminée - alors que les membres du groupe sont
saints, et que la vérité parfaite leur a été révélée. De plus, beaucoup de
groupes appliquent strictement une séparation additionnelle entre les hommes et
les femmes, au nom de la 'pureté', afin d'éviter le développement d'une intimité
particulière. Mais la vraie raison, c'est souvent la jalousie des leaders de
secte vis-à-vis de l'engagement d'un disciple envers toute autre personne ou
toute autre chose. Les leaders peuvent ainsi exercer davantage de contrôle sur
leurs disciples, dont l'attention et le temps ne sont pas subvertis par une
aventure amoureuse 'impure' avec une autre personne importante. Dans certains
groupes, seul le(s) leader(s) peut/peuvent décider de qui sort avec qui, des
mariages et des divorces (Rev. Moon de l'Eglise de l'Unification).
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- L'"Exigence de
Pureté" sert à diminuer l'estime de soi des membres. Plus
spécifiquement, il y a dans de nombreux groupes une exigence de 'pureté
sexuelle' dont les gens peuvent ne pas être informés lorsqu'ils sont recrutés.
Il arrive fréquemment qu'ils ne savent pas qu'on attend d'eux qu'ils pratiquent
le célibat, jusqu'au moment où le groupe va sanctionner une relation amoureuse.
Il est évidemment souvent difficile d'accepter un tel mode de vie. Avant de se
joindre au groupe, beaucoup d'adeptes ont pu avoir une relation amoureuse, ils
ont été fiancés ou même mariés. Si une nouvelle recrue exprime une difficulté à
se conformer à cette exigence de vie - de dures réprimandes vont provoquer chez
lui un malaise, et il va se sentir négatif au regard de ses soi-disant
faiblesses et échecs. En trouvant continuellement de nouvelles manières de faire
baisser l'estime de soi du disciple, souvent par une 'exigence de pureté'
implacable et toujours croissante, les leaders de sectes arrivent à maintenir
leur contrôle d'une manière plus efficace, et ils encouragent la dépendance
du/des leader(s) du groupe pour valoriser le disciple. Il est important de noter
que beaucoup de leaders de tels groupes ont eu des relations sexuelles, et
qu'ils sont coupables d'abus sexuels, malgré de telles exigences envers leurs
disciples (cf. David Koresh).
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- 4·
Culte de la Confession
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- Les groupes
destructeurs utilisent aussi souvent le "Culte de la Confession" pour contrôler
les nouvelles recrues. Grâce à la confession personnelle de celle-ci, la
secte obtient des informations importantes sur la vulnérabilité de cette
personne et sur son amour-propre. Ces informations significatives pourront être
utilisées par la suite pour manipuler le nouveau venu. Ces connaissances,
découvertes par la confession, sont utilisées comme preuves de corruption et de
répugnance de la vie de cette personne avant son arrivée, en comparaison avec le
mode de vie correct prescrit par le groupe. Le groupe accède à des moyens de
pression importants, ce qui l'aidera à modeler une nouvelle recrue pour qu'elle
conforme son état d'esprit et sa personnalité. Cette
pratique produit un contexte de honte/culpabilité qui renforce
l'Exigence de Pureté du groupe - opposée à l'ancien mode de vie de
l'adepte, bourré de 'péchés'. En définitive, cette pratique diminuera
vraisemblablement aussi l'estime de soi de la personne qui se confesse -
augmentant sa passivité et sa soumission à la volonté du groupe.
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- 5·
Science Sacrée
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- Les sectaires
présentent de fait leur idéologie comme une "Science Sacrée" aux nouveaux
venus. Les recruteurs parlent de leur doctrine comme d'une
certitude scientifique - afin de convaincre les plus critiques de la validité et
de l'exactitude de leurs croyances. On est en général plus apte à accepter une
idéologie à l'aspect scientifique. Dans le modèle de Lifton ("Thought Reform
and the Psychology of Totalism" - Modification de Pensée et Psychologie du
Totalitarisme), les communistes chinois présentent leur idéologie comme la
réalisation ultime et scientifiquement prouvable, la réalisation la plus évoluée
d'une société véritablement 'de progrès'. Et ceux qui étaient en
désaccord étaient qualifiés de 'non-scientifiques', et d'obstinément
ignorants des soi-disant lois scientifiques de l'évolution sociale constructive.
Dans certains groupes soi-disant basés sur la "Bible" - l'interprétation
souvent unique et idiosyncrasique de l'écriture est offerte non comme une
interprétation, mais comme la Vérité, la révélation de Dieu absolue et
donc indiscutable.
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- Malgré de telles
affirmations, une véritable analyse critique prouve encore et encore que de
telles affirmations sectaires sont typiquement non scientifiques, ou du moins
souvent des exégèses discutables. Mais la plupart des nouvelles recrues n'ont
pas l'occasion d'examiner de près de telles affirmations afin de prouver leur
validité grâce à des preuves objectives. De plus, les membres du groupes
semblent tellement sincères, que les nouveaux arrivants ont tendance à leur
faire confiance, et ils se sentiraient embarrassés de discuter ou de remettre
leur 'Vérité' en question. En fait, la plupart des recruteurs sectaires
sont sincèrement convaincus des doctrines et des affirmations de leur groupe -
ayant eux-mêmes probablement rejoint ce groupe suivant le même processus
d'influence non justifiée. Comme certains ne seront pas convaincus par la simple
force émotionnelle du système d'embrigadement du groupe, une petite poussée
supplémentaire est fournie par la présentation de la doctrine comme 'vérité
scientifique' ou comme 'vérité biblique' - ce qui est souvent
irréfutable.
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- 6·
Langage Codé
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- "Coder le
langage" est une autre caractéristique commune de l'environnement
sectaire. Il s'agit d'un jargon spécial qui donne aux adeptes un
sentiment d'exclusivité, l'impression qu'ils possèdent une connaissance
ésotérique. Ce "langage codé" participe à la construction d'une
solidarité dans un groupe d'élite partageant le même verbiage/jargon sectaire.
Cela donne aussi au nouveau venu une incitation supplémentaire pour s'impliquer
davantage dans le groupe, afin d'apprendre ce langage et d'en comprendre la
signification. Le Langage Codé est caractérisé par des mots ronflants et
des phrases "coupant court à toute pensée", limitant la pensée et
remplaçant typiquement toute analyse constructive et toute critique
indépendante. Cela devient parfois accablant, dominant le discours de l'adepte
et la conversation - tout en liant le groupe par son langage commun.
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- 7·
La Doctrine Avant l'Individu
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- La notion de
"Doctrine Avant l'Individu" intervient lorsque la secte insiste pour que le
nouvel arrivant se soumette à l'enseignement - en édictant les règles et les
besoins de la secte, et qu'il s'y subordonne. Les dirigeants enseignent
généralement que les objectifs et les buts déclarés du groupe sont beaucoup plus
importants que les besoins des membres. Par conséquent, les opinions et les
préoccupations individuelles des membres - telles que des projets personnels,
doivent toujours être abandonnés en faveur du service pour le groupe et ses
idées. La secte enseigne que les adeptes doivent soumettre leurs expériences et
même leurs pensées au filtre de sa doctrine. C'est à dire qu'il faut soumettre
ses perceptions personnelles de la réalité à la réalité de ce qu'offre la
doctrine du groupe. On apprend aux individus à pratiquement tout interpréter
d'une manière cohérente avec la doctrine, ce qui la renforçe par la même
occasion. La volonté du groupe prend toujours l'ascendant sur l'individu -
couplé avec l'intolérance à tout cadre de référence extérieur.
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- 8·
Dispensation de l'Existence
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- Le dernier motif
de Lifton, c'est la "Dispensation de l'Existence". Ce qui revient à dire
que seuls les membres du groupe ont une véritable existence. Eux seuls sont
"bons" et/ou "sauvés". Ce qui est en contraste absolu avec les non membres qui
sont "mauvais" et/ou "damnés". Seuls les membres du groupe "marchent dans la
lumièr"', eux seuls "connaissent la vérité", ou sont "au royaume des cieux" -
alors que les autres sont en quelque sorte négatifs et exclus. Pour résumer cet
état d'esprit, cette croyance, on peut dire que ceux qui sont extérieurs au
groupe sont essentiellement inférieurs, en quelque sorte, et les personnes du
groupe sont considérées comme supérieures. Les groupes destructeurs encouragent
souvent cette mentalité, et ils la renforcent en affirmant qu'ils sont les seuls
à dire la vérité - parfois même, dans les cas extrêmes, de la terre entière.
Ceux qui sont inférieurs, vils, et/ou simplement considérés comme n'étant pas
prêts à prendre leurs responsabilités comme il le faudrait, peuvent être traités
avec moins d'attention, moins de respect, et parfois même avec dédain par les
membres de sectes (par ex. les membres de leur famille ayant une attitude
critique, les autorités gouvernementales, les vieux amis, etc). Pour eux, "la
fin justifie (ou peut justifier) les moyens". Ce sentiment de supériorité ou de
mérite devient souvent la raison pour laquelle les gens restent dans les
sectes.
-
- Des traces de
certaines de ces caractéristiques que Lifton décrit peuvent être trouvées dans
d'autres groupes ou dans d'autres domaines de la vie. Ce qui ne signifie pas
pour autant que ces groupes, ou ces situations, soient sectaires ou
dangereuses. Quand chacun de ces huit motifs (ou au moins six
d'entre-eux) sont simultanément présents dans un certain environnement, ou bien
s'ils sont joints en une puissante combinaison, il faut vraiment
s'inquiéter.
-
* *
*
- Dissonance Cognitive
-
- Il y a d'autres
explications aux tactiques sectaires. D'après les découvertes de Leon
Festinger sur la théorie de la dissonance cognitive ("Cognitive Dissonance
theory" - Festinger 1964), on peut comprendre comment les sectes obtiennent
la soumission des nouvelles recrues. D'après Festinger, pour altérer un être
humain, il est nécessaire d'affecter au moins un des trois aspects de sa
personne: comportement, pensée, ou émotions. Flo Conway et
Jim Siegelman (auteurs de "Snapping" 1978,1997) ont introduit l'addition
d'un autre composant - le contrôle de l'information, qui, selon eux, a une
profonde influence sur la modification du comportement. Conway et Siegelman ont
qualifié les résultats d'un tel contrôle de l'information de "Maladie de
l'Information" ("Information Disease").
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- Les sectes
essaient de contrôler leurs recrues en contrôlant au moins un des composants
précédents. Plus elles contrôlent de ces composants avec efficacité, plus vite
et plus complètement elles font la conquête de la personne. Les sectes tentent
de contrôler les recrues en contrôlant un ou plus des composants précédents.
Plus elles contrôlent de composants avec efficacité, plus vite et plus
totalement peuvent-elles conquérir l'individu.
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- On peut constater des
exemples de contrôle du comportement dans la manière dont une secte surveille
les activités quotidiennes des membres - façonnant et modelant leur comportement
à travers les habitudes et les rites qu'ils ont développé. Les sectes peuvent
décider de la durée du sommeil de l'adepte et de son mode de nourriture. En
guidant le nouveau venu durant les activités quotidiennes, les nouvelles
habitudes et les rites prescrits, la secte arrive à réduire la dissonance chez
la nouvelle recrue. C'est ainsi qu'il est possible d'affecter davantage les
pensées et les émotions de l'adepte. Comme Festinger l'a dit, "Si vous
changez le comportement d'une personne, ses pensées et ses sentiments se
modifieront pour minimiser la dissonance" (Festinger 1964).
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- En pratiquant
l'endoctrinement au moyen du dogme et des attitudes sectaires, grâce au système
de "Modification de Pensée" tel que le décrit Lifton, la secte finit par
arriver à contrôler les pensées des nouvelles recrues. La secte fournit aux
adeptes un nouveau "Langage Codé" pour adapter sa vision du monde.
Typiquement, une philosophie sectaire fournit des réponses simplistes et/ou
quasiment magiques à tous les mystères de la vie. Ainsi, les sectes
n'enseignent pas véritablement de doctrine, mais elles programment
l'esprit des personnes à accepter cette doctrine sans discussion. Durant le
processus de programmation, les recruteurs soumettent les nouvelles recrues à
leur dogme d'une manière répétitive, et souvent hypnotique (par ex. provocation
de transes, techniques de méditation) - jusqu'à ce que cette doctrine finisse
par subjuguer la personne. Une fois que la secte lui a ainsi inculqué ses idées
dans l'esprit, le nouvel adepte évite la dissonance personnelle en essayant de
remodeler ses comportements et ses émotions pour qu'ils correspondent à sa
nouvelle manière de pensée.
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- Le contrôle
émotionnel est un autre moyen par lequel les sectes changent les gens.
Les sectes manipulent les émotions afin d'obtenir la soumission des recrues.
Leur objectif, c'est de convaincre les gens qu'au sein du groupe, tout est
joyeux - alors que dans le monde extérieur, il n'y a le plus souvent que
négativité, indifférence à la spiritualité, ou même parfois misère et désespoir.
Les groupes essaient parfois de créer une atmosphère de spiritualité élevée -
surtout pendant la période de recrutement initiale. Ceci accroît la perception
forcée que la vie dans le groupe possède une certaine euphorie - tout en
suggérant que le monde extérieur est froid et impersonnel. La secte tente
souvent de retourner les adeptes contre leurs proches en affirmant que le seul
"amour" authentique est la propriété du groupe. Elle utilise souvent une
culpabilité déraisonnable, la honte et la peur pour maintenir la loyauté de ses
membres à travers leur confession publique, et en les endoctrinant avec une
quasi-phobie et une peur déraisonnable de ce qui leur arrivera s'ils quittent la
secte. Les individus essaieront de changer leurs pensées, leur comportement et
leurs émotions pour s'adapter au programme que la secte a réussi à leur
instiller durant le processus d'endoctrinement.
-
- Les sectes
essaient de réguler le flot d'information qui parvient à leurs membres -
surtout pendant les premières étapes de l'endoctrinement. Au sein de nombreuses
communautés sectaires, ou au cours de retraites prévues pendant la phase
d'induction, l'individu peut avoir peu ou pas d'accès aux journaux, à la
télévision ou à la radio. A la place, ils sont bombardés par un barrage de
propagande - tel que des publications du groupes ou des enregistrements faits
par le/les leader(s). Dans une telle isolation de la société normale, les sectes
entourent les gens d'un cocon, évitant l'information critique sur leur groupe et
l'accès immédiat à l'avis de leurs proches. Ceci bloque généralement tout retour
d'information précis sur la secte et ses pratiques.
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- A mesure que les
recruteurs bombardent l'adepte potentiel avec des informations favorables au
groupe - il devient difficile pour le nouveau venu de développer une opinion
informée et objective. Si une personne n'a pas la possibilité d'entendre "les
deux versions de l'histoire", il lui est difficile de se faire une opinion
éclairée. Les sectes masquent souvent aux nouveaux venus les niveaux plus élevés
de leur enseignement (cf. la Scientologie), parce que cela pourrait faire peur
aux nouvelles recrues - montrant un aspect trop bizarre aux premiers stages de
l'endoctrinement. Les adeptes reçoivent une information incrémentale, à mesure
qu'ils prouvent leur loyauté et leur dévotion, et qu'ils deviennent plus
malléables grâce à leur suggestibilité croissante (Walsh et Bor 1997). Cette
suggestibilité est souvent le résultat final du processus de "Modification de
Pensée". Disposant d'un accès aussi limité aux informations objectives sur
le groupe et son histoire, il est difficile pour une personne de faire le tri
parmi ses difficultés, de raisonner de manière rationnelle, et de quitter un
environnement si contrôlant qu'il en semble parfois tellement
chaleureux.
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- Conformité
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- Les expériences
dirigées par le Dr. Solomon Asch, au cours desquelles il a étudié la conformité
sociale sont maintenant célèbres (Asch 1956). Le résultat de ces expériences
peut être aider à comprendre la manière par laquelle des personnes en bonne
santé et intelligentes peuvent souvent s'impliquer dans des groupes sectaires.
Dans une de ses expériences, il demande à des personnes de sa classe ayant l'air
assurées et autoritaires, de donner de mauvaises réponses, afin de faire douter
les autres étudiants de leur propre jugement. Les sectes utilisent souvent ces
mêmes tactiques, car lorsqu'un porte-parole de secte enseigne la doctrine du
groupe, certains nouveaux venus peuvent effectivement douter des idées du
groupe.
- Pourtant, même
lorsqu'une grande majorité d'adeptes entourant quelqu'un acquiesce avec
enthousiasme à ce qu'il dit, il peut arriver que beaucoup de personnes soient
irrésistiblement amenées à se soumettre malgré elles au sentiment prédominant du
groupe. Asch le démontre clairement par ses expériences concrètes. Ce qui montre
que dans certains contextes, n'importe qui peut être vulnérable à une puissance
de conformité - malgré la confiance qu'ils peuvent avoir en eux, et leur estime
de soi.
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- Obéissance
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- Stanley Milgram a
entrepris des expériences qui aident à comprendre la dynamique sectaire. Il
s'agit encore une fois de nous aider à comprendre comment des personnes tout à
fait normales peuvent manifester des comportements bizarres dans une secte. Sa
fameuse expérience des chocs démontrent que les gens finissent par obéir à une
personne en position d'autorité - au point de faire du mal à quelqu'un - au
cours d'un exercice de pouvoir bizarre et punitif.
-
- En bref: Milgram
embauche, à leur insu, des étudiants pour une expérience d'observation de leurs
réactions à l'influence. Il en met certains dans le rôle d'exécuteurs, chargés
d'administrer des chocs électriques d'intensité croissante à d'autres étudiants
qui jouent le rôle des victimes. Les chocs étaient administrés si les réponses
correctes à des questions n'étaient pas données dans un délais prescrit. Le fait
de ne pas répondre correctement et rapidement nécessitait une punition par un
choc électrique - dont l'intensité augmentait à chaque fois. Les supposées
"victimes" de cette expérience mimaient en réalité leurs réactions, jouant leur
rôle - les chocs électriques étant factices. Mais les étudiants qui jouaient le
rôle d'exécuteurs administraient les chocs, croyant que leurs sujets les
recevaient réellement et qu'ils en souffraient. Ils étaient volontaires pour
agir comme il leur était demandé - apparemment contents que leur responsabilité
soit évitée en se soumettant à une autorité légitime.
-
- Les leaders de sectes
sont manifestement considérés par leurs disciples comme des figures autoritaires
légitimes, sinon divines ou de droit divin. Les disciples convaincus de cette
autorité et contrôlés par de tels leaders (qui sont eux-mêmes souvent instables
sur le plan psychologique), vont faire des choses de plus en plus bizarres. Il
semble que les adeptes de sectes soient prêts à faire pratiquement n'importe
quoi pour promouvoir les buts et les intérêts de leurs leaders - justifiant
l'idée que "la fin justifie les moyens". Rabbi Maurice Davis , un éminent
pionnier dans l'étude des sectes, a dit une fois que l'idée selon laquelle "la
fin justifie les moyens" n'est pas seulement une idée discutable, mais qu'elle
doit être considérée comme la "recette des tragédies". Il veut surtout dire
qu'au sein des groupes où les dictateurs "déterminent ce qui est juste et ce qui
est bon, et que les membres ne peuvent pas être en désaccord", pratiquement tout
comportement peut être rationalisé. Aux ordres de tels leaders, beaucoup
d'adeptes ont commis des crimes contre d'autres personnes ou contre eux-mêmes,
alors que ces mêmes personnes ne les auraient pas commis de manière
indépendante.
-
- Les crimes des
fanatiques de Hitler, pendant la période nazie, en sont un autre exemple - et il
y en a beaucoup d'autres dans l'histoire: par ex. les purges de Staline, la
"Révolution Culturelle" de Mao. Ces dernières années, les violences de Aum, des
Davidiens de Waco, et les suicides du Temple Solaire et du Heaven's Gate offrent
d'autres preuves de comportement apparemment irrationnels promulgués par des
leaders de sectes destructrices.
-
- Des millions de
personnes qui ne se doutaient de rien ont été victimisées par les techniques de
persuasion coercitive utilisées par de nombreuses sectes, et par l'influence
indue qui en a résulté. La meilleure défense contre un tel phénomène, c'est
d'affronté la réalité, et de reconnaître que nombre de sectes destructrices
travaillent dur, tous les jours, pour recruter de nouveaux adeptes au moyen de
telles techniques. Il faut admettre que les techniques de persuasion et
d'influence qu'elles utilisent ont prouvé leur efficacité. Une bonne dose de
précaution informée est nécessaire, de sorte que si nous nous trouvons en
contact avec de tels groupes cherchant à nous recruter, nous serons mieux
préparés.
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- Les personnes qui
entrent dans les sectes ne sont pas différentes des autres - elles sont comme la
majorité des gens. Certaines sont passées par une période de transition
stressante, ou par une crise temporaire. Nous sommes tous davantage susceptibles
à la persuasion à de tels moments. Il est important de faire attention pendant
ces périodes sensibles, surtout si nous sommes approchés par un groupe ou par
une organisation. Bien sûr, nous avons tous entendu parler des sectes, nous
avons lu des choses sur le sujet, ou nous avons vu des sujets sensationnels à ce
propos à la télévision, et nous pensons que nous ne pouvons pas nous faire avoir
par une secte. Beaucoup croient encore au mythe selon lequel il n'y a que les
personnes ayant de sérieux problèmes qui peuvent en être victimes. Mais la
réalité, c'est que des personnes tout à fait saines d'esprit et normales se font
avoir tous les jours à leur insu. Il faut faire davantage attention aux sectes
destructrices, nous sommes plus sensibles que nous le croyons, et il faut parler
de ces sujets avec nos proches.
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