- INDEX
-
- DÉCISIONS ET AVIS DES AUTORITÉS
-
EXPERTISES
ET ANALYSES DES MÉTHODES DE LA SCIENTOLOGIE
-
- «Seules les personnes
très stables, ayant confiance en elles-mêmes,
de nature plutôt superficielle, peuvent s'adonner
à
la Dianétique et à la Scientologie sans trop de
risques. De telles
personnes s'adaptent facilement et peuvent opposer
une résistance suffisante à la pression de groupe,
ou bien elles s'identifient totalement à l'Organisation
et se trouvent confortées dans leurs tendances narcissiques».
-
- Hans
Kind
- Prof.
Dr. méd. Hans Kind - Ancien directeur de la Policlinique
psychiatrique de
l'Hôpital universitaire de Zürich
|
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- 1.
Textes universitaires critiques de la
Scientologie
- Nous
avons le plaisir de vous présenter ces quelques textes critiques des activités,
théories et comportements de la Scientologie, choisis afin de renseigner plus
particulièrement les communautés scientifique, politique, ou spécialisées
(religion, sociologie, médecine, psychologie).
-
- Voici:
-
- - des
articles parus dans les meilleures revues universitaires spécialisées
-
- - des
travaux commandés à d’autres savants par leur gouvernement ou par la Justice.
-
- - un
article du Time Magazine ayant acquis une notoriété mondiale du fait que la
scientologie a tout tenté pour le discréditer ou discréditer son auteur, devant
ou hors des tribunaux, depuis avant sa publication en 1991 jusqu’à nos jours.
(M. Behar a obtenu plusieurs récompenses prestigieuses pour ce travail).
-
- -
Une thèse démontrant les nombreuses illégalités
de la scientologie: escroquerie en bande
organisée - violation des Droits
de l'Homme
-
- -
Une étude sur les conséquences des manipulations (lavage de cerveau
!) au sein du "Projet Force de Réhabilitation"
de la
scientologie. (Le RPF)
-
- Les
textes présentés ci-dessous ont été traduits
par Roger Gonnet. Les traductions ne sont pas officielles, sauf celle du
Dr Keltsch, qui émane du Ministère de l’Intérieur Bavarois.
-
- Les
auteurs et leurs ouvrages (format pdf):
-
| Professeur
Benjamin Beit Hallahmi, Université de Haïfa, Israël:
Professeur
Stephen A. Kent, Université d’Edmonton-Alberta, Canada:
Dr
Jean Marie Abgrall, Psychiatre, Expert auprès la Cour d’Appel (France):
Richard
Behar, Grand reporter au Time, Forbes, New York Times:
Jürgen,
Keltsch, Docteur en droit - Ministère de l’Intérieur du Land de Bavière:
Arnaud
Palisson,
Docteur en droit (France):
«La
scientologie:
une secte
DANGEREUSE»
(Thèse - Faculté de Droit de Cergy-Pontoise
- février
2002)
Docteur
Clark, psychiatre américain:
|
|
Stephen A. Kent, Docteur en Philosophie, Professeur au
Département de Sociologie de l'Université d'Alberta -Canada

|
|
-
- 2
.
DÉCISIONS ET AVIS DES AUTORITÉS
- Suisse
- France - Europe - Usa - Fédération de Russie
La
pétition "pour un contrôle de la thérapie de scientologie
" obtient de la part du Conseil d'Etat du canton
de Vaud une réponse de normand ! (Réponse communiquée à l'AVDS le 8 septembre
2006, soit deux ans après le délai
légal et juste avant les
élections de cet automne
2006! Les électeurs du
canton de Vaud apprécieront
le manque de courage de
leurs élus ...)
- SUISSE
- 2005
-
- Christoph
Blocher, Chef des federalen Justizdepartements und Polizei, bestätigt die
Genauigkeit des Berichtes über die universelle Kirche (Die
Bruderschaft der Menschheit
- Die
Neue Franziskanishe Welt-Missionbestrebung
Der Universalen Kirchen)
-
- Die
antwort des Eidg.
Justiz - und
Polizeidepartements
(07.11.05)
|
-
-
- Vaud: Rapport de la commission des pétitions concernant la pétition de
l'AVDS pour un contrôle
de la thérapie scientologue
(juin 2004)
-
- Jura: La
commission des pétitions rejette la pétition : "sectes
et actions subreptices (septembre 2004)
-
- SUISSE
- 2003
-
- Lucerne: Pas d'autorisation pour une
école privée de Littau (août
2003)
-
- Genève: Proposition de résolution
concernant la création d'un centre
intercantonal d'information sur les croyances (CIC)
(avril 2000)
-
- SUISSE
- 1999
-
- Bâle-Ville: Le TF rejette un recours contre une disposition
prohibant le prosélytisme excessif
(juillet
1999)
-
- SUISSE
- 1998
-
- Bâle-Ville: Texte de la nouvelle loi contre le prosélytisme
excessif (novembre
1998)
-
- SUISSE
1997
-
- SUISSE
- 1994
-
-
-
- Une proposition de résolution
sur les sectes (
juin 1999)
-
-
- FRANCE
-
- 2006
-
-
- 2005
-
- Assemblée Nationale: Utilisation abusive par le
CCDH d'événements
tragiques récents. Le CCDH, le comité de citoyens pour la défense des droits
de l'Homme, est une émanation de
la scientologie (JO,
18 octobre 2005)
-
-
- Paris: manifestation d'élus devant l'Eglise de
scientologie (AFP,
5 octobre 2005)
-
- Quelle est la réalité des sectes
? Questions à Jean-Michel Roulet, préfet hors cadre, et
président de la Miviludes
(Libération,
30 septembre 2005)
-
-
-
- Assemblée
Nationale Politique à l'égard
des handicapés mentaux (février
2005)
-
- Assemblée
nationale: Prosélytisme à l'égard des jeunes. Lutte et prévention
(février
2005)
-
- Assemblée
Nationale: Esotérisme et sectes. Mission interministérielle. Bilan
et perspectives (février
2005)
-
- La
MILS et la position américaine sur la liberté
religieuse (avril 2004)
-
- 2003
-
- La scientologie dans le collimateur de la mairie in Courrier de
l'Ouest (avril
2003)
-
- 2000
-
- La
situation en France en 2000
-
- 1999
-
- Cour
d'appel de Lyon: "La consommation à doses excessives,
conjuguée avec les autres techniques utilisées en Scientologie, est de nature
à favoriser l'apparition de troubles mentaux confusionnels"
(juin
1999)
-
- Assemblée
nationale : La Scientologie
paraît s'être
en partie spécialisée dans le traitement, l'accompagnement et la réinsertion des
toxicomanes à travers ses centres Narconon. (juin
1999)
-
-
- ALLEMAGNE
-
- Le Ministre fédéral de l'intérieur, M.
Schilly, est invité à intensifier la surveillance de quelques pas jusqu’à
pouvoir décider éventuellement d’une interdiction de l'association
de scientologie (décembre 2004)
-
- Muenster: "La soi-disante 'Eglise de
scientologie' n'est pas une dénomination religieuse et, en matière de taxes,
peut donc être traîtée comme une entreprise commerciale"
(juin 2000)
-
- L'Eglise
de scientologie «offense» les victimes du nazisme
(2000?)
-
- La
situation en Allemagne en 2000
-
-
Düsseldorf: Selon
un rapport la scientologie agit de manière
«totalitaire» (janvier
1996)
-
-
- AUTRICHE
-
- La
situation en Autriche en 2000
-
-
- BELGIQUE
-
- L'abus de la position de faiblesse sera désormais puni
en Belgique (Communiqué de presse du Conseil des Ministres Sectes
- 31 mars 2006)
|
-
-
-
- En septembre 1998 le département Fédéral de Justice et
Police a commandé un rapport sur la scientologie et la Sécurité de l'Etat à un groupe d'experts parmi
lesquels l'historien Jean-François Mayer.
-
- Malgré une prétention scientifique Jean-François Mayer n'a
contacté à ce jour aucune association suisse romande de lutte contre les dérives sectaires et a répondu
au président de l'ADFI- suisse qu'il n'avait pas le temps de lire les volumes concernant les règles internes de
la scientologie, (une dizaine de volumes, chacun d'environ 500 pages). Une documentation que l'association se
proposait de mettre à sa disposition.
-
- D'autre part, Jean-François Mayer a signifié au président de
l'ADFI-Suisse qu'il n'était aucunement intéressé par le moindre témoignage d'une victime de la scientologie !
Un tel comportement est une violation déontologique grave.
Un tel aveuglement était-il prévisible ? Oui, pour preuve cette analyse du professeur de philosophie, Roland
Huckel.
- Analyse du livre de Jean-François Mayer :
- «Confessions d'un chasseur de sectes»
(Editions Cerf 1990)
-
- «J'avoue d'abord une grande perplexité face à un texte qui
provoque au moins trois niveaux de lectures:
-
- Par son apport
divertissant et son titre accrocheur, il peut avoir du succès dans les kiosques des gares;
- Par son apport
documentaire sur des dizaines de mouvements religieux, il peut apporter un intérêt
journalistique;
- Par le commentaire
personnel qui encadre les récits, il ébauche une théorie, très discutable, sur le rôle de
l'historien et du sociologue des religions.
-
Je m'arrêterai particulièrement à ce dernier aspect du livre
parce qu'il défend des positions qui sont a l'opposé de celles que je respecte avec mes amis du comité de
l'Association de Défense des Victimes de Sectes, Wissembourg. Je note d'abord avec satisfaction que l'auteur n'est pas un
«rat de bibliothèque» comme le laissaient supposer ses ouvrages précédents: bien au contraire, il est
un homme de terrain, n'hésitant pas à vivre quelque temps avec les communautés qu'il se propose de
décrire théoriquement.
II avoue enfin qu'il existe des «escrocs» (p.70), même s'ils ne sont pas des escrocs
«totaux»: après avoir «travesti leur biographie», certains fondateurs finissent
par croire réellement a leur rôle : «La manipulation de l'histoire est flagrante». Les escrocs ne constituent pas la majorité.
La s'arrêtent nos points d'accord.Les points de désaccord convergent en une constatation : il
ne s'agit pas avec cet ouvrage des "Confessions", mais des
- «CONFUSIONS D'UN CHASSEUR DE
SECTES»
-
- Première confusion
-
- II s'agit d'une attitude, que je rencontre tous les jours
avec les victimes de sectes, autant avec les ex-adeptes qu'avec leurs parents ou amis, qui consiste à
dire : «Vous n'allez rien m'apprendre sur cette secte: moi, je la connais parfaitement, puisque ma fille y
est depuis dix ans» !
-
- Eh bien, non. Je remarque que personne ne peut se prévaloir
du titre d'«expert» en telle ou telle secte : chacun de nous, moi y compris, n'a qu'une connaissance
parcellaire, lacunaire donc, d'un mouvement religieux. Le fait d'avoir été Témoin de Jéhovah ou Mooniste
ne donne pas a quelqu'un une "autorité infaillible" sur ces deux mouvements : au contraire, le
vécu n'est qu'un seul des paramètres de la réalité.
-
- C'est la convergence des témoignages, leur confrontation
polémique surtout, qui nous rapprochent d'une synthèse valable (synthèse a revoir d'ailleurs tous les six
mois !). Le vécu dans des dizaines de sectes par Jean-François Mayer n'est donc qu'un des torrents qui
forment une rivière grâce à d'autres ruisseaux, avant de se jeter dans un fleuve, tranquille et utilisable. Mais
il ne donne a l'auteur aucun droit d'expertise en la matière, aucun monopole sur l'information, aucun titre
d'arbitre sur les questions litigieuses.
-
- Se présenter comme explorateur des cavernes sectaires ou
comme aventurier des expériences spirituelles, c'est certes intéressant. Mais s'il s'agit de se désigner
ainsi comme membre d'une élite, d'experts et de chercheurs scientifiques, j'émets les plus grandes réserves.
Le spécialiste attitré, ou universitairement diplômé, qui se présente comme tel, est éminemment suspect
par le fait même qu'il nous suggère d'utiliser l'«argument d'autorité» (tel spécialiste officiel l'a dit,
c'est donc vrai !). Ma propre expérience de la vie universitaire me rappelle précisément que les grands
«spécialistes» d'une discipline sont rarement d'accord entre eux !
-
- Les aventures du chasseur suisse des sectes ne peuvent avoir
d'audience qu'à l'intérieur de cette confusion entre l'«argument d'autorité» et l'argument, synthèse
d'informations de sources multiples et contradictoires.
-
- La profession «expert-es-sectes» est une imposture. Le
prestige international d'un écrivain, auteur d'une centaine de livres sur les mouvements religieux, ne donne
aucune valeur, privilégiée ou charismatique, à sa signature : au contraire, celle-ci ne serait plus qu'un
argument d'autorité, le poids de la célébrité. C'est là le moteur, précisément, de toutes les croyances sectaires en un
maître spirituel, un prophète ou nouveau sauveur !
-
- Deuxième confusion
-
- Au long de ses différents ouvrages, l'auteur s'obstine a
fournir des descriptions de sectes en l'absence de tout échafaudage conceptuel, mélangeant l'énoncé des
croyances au récit des divers comportements, ce qui s'y dit a ce qui s'y fait. Voila une confusion
méthodique, très consciente, qui rejoint l'amalgame volontaire que pratiquent tous les porte-paroles des groupes
sectaires (au nom de l'«adualité» de leurs principes fondateurs). C'est cette attitude, de type
oriental ou traditionnel, qui permet aux faux gourous de présenter un bloc indifférencié et inanalysable de règles et
de répondre à tout essai de contrôle ou d'accusation : «Mais vous ne respectez pas la liberté
d'expression religieuse : ce que nous faisons et ce que nous disons ne forment que la manifestation de notre foi !».
-
- Si ces mouvements religieux ont choisi l'adualité comme
principe, c'est leur droit : c'est aussi notre droit (et celui de nos tribunaux) de faire un choix différent; je cite
à ce propos le récent verdict d'un tribunal américain, qui oppose le principe de dualité (scientifique
et occidental) au principe de non dualité d'un groupe qui veut rendre «clair» le monde entier
! «Juillet 1989. U.S.A. - Bien que la COUR D'APPEL DE
CALIFORNIE ait réduit les dommages et intérêts que la Scientologie devra verser à un ex-adepte, Larry Wollersheim,
à 2.5 millions de dollars, ce verdict met fin à 10 ans de procédure. La cour a rejeté la prétention de la
Scientologie selon laquelle toutes ses pratiques étant religieuses, elles devraient être protégées par la
CONSTITUTION de toute ingérence juridique.
-
- Le juge a declaré que la Scientologie avait délibérément
ruiné Larry Wollersheim économiquement et psychologiquement et que cette conduite est trop scandaleuse
pour jouir de la protection constitutionnelle.»
-
- Voilà pourquoi, dès notre fondation en 1987, nous avons
adopté, au compte de l'ADVS (Association de Défense des Victimes de Sectes, Wissenbourg), la définition
de la secte dangereuse, élaborée par l'ADFI-Paris, parce que celle-ci distingue à priori les
croyances (du domaine de la liberté) des comportements (du domaine juridique). Cela nous convient
d'autant plus que nous ne nous occupons que des personnes qui s'adressent à nous: celles-ci ne sont
jamais victimes des croyances théoriques, mais bien des manoeuvres malhonnêtes des dirigeants sectaires.
-
- En se plongeant dans les petites communautés sectaires, Jean-François
Mayer est bien témoin de ce qui s'y fait : précisons, de ce qui s'y fait dans la belle vitrine,
destinée aux yeux des passants à séduire. La rapidité
de ses nombreuses visites ne lui permet certes
pas d'arriver dans les arrière-boutiques de ces entreprises fermées, où se décide la haute stratégie au jour
le jour, autour du grand maître, et où l'on distingue parfaitement le rôle du cerveau de celui de la
main qui exécute les missions, ce qui s'y dit de ce qui s'y fait ! Bref, le principe de non dualité, constitutif
de tout ce qui est sacré et transcendant (l'âme ou la «création»), est valable dans notre «dire», dans la
formulation de notre credo, mais non dans notre «faire», dans ce qui se déroule sur les deux vecteurs
spatiaux et temporels, dans nos événements donc, dans les activités concrètes d'un groupe.
-
- Appliquer la non dualité à notre activité, dans ses ouvrages
(dont quelques uns à prétention «scientifique»), c'est se cacher derrière un alibi savant, c'est manipuler
mentalement les juges ou les lecteurs.
-
- L'échafaudage conceptuel, élaboré par Roger Ikor, me semble
plus honnête : il distingue 7 catégories: Historique - Doctrine - Pratiques - Organisation -
Propagande - Puissance matérielle - Le groupe par lui-même. (Voir les Guides du CCMM).
-
- Troisième confusion
-
- Jean-François Mayer se réclame d'une démarche scientifique,
rappelant qu'il travaille avec le soutien financier du Fond National Suisse de la Recherche
Scientifique. Je lui demande ici de publier sa définition du concept «science» ou «scientifique» pour nous aider, les
lecteurs, à découvrir ce qu'il y a vraiment de "scientifique" dans ses différents ouvrages, en
opposition avec ce qu'il appelle le «militantisme» des associations qui aident les victimes des sectes (et qu'il
appelle, trop globalement, et avec de nouvelles confusions, des «associations anti-sectes»). Si je me réfère
à mon dictionnaire Larousse, l'activité de notre chasseur de sectes est vraiment «militante» («qui lutte,
combat pour une idée, une opinion, un parti»), elle n'est aucunement scientifique (selon ma définition de la
science, procède d'analyses méthodiques et non de confusions).
-
- Dans sa chasse, l'auteur précise bien que son livre « a mûri
et a été rédigé en marge» de la vaste enquête officielle (p.1). Mais cette marge ne présente aucune
différence avec les méthodes habituelles de l'auteur, qui mêle continuellement son commentaire personnel a toutes
les descriptions historiques des sectes, qui va, comme un syndicaliste, formuler des revendications au
gouvernement : verser aux Instituts deRecherche les subventions accordées jusque là aux
«associations anti-secte ». (p. 101 de «Sectes Nouvelles - Un regard neuf ?») Cerf 1985.
-
- Est-ce là une démarche scientifique ?
-
- Mais cette fois, sans doute grisé par ses succès de
traduction, il va plus loin ; il s'avance avec drapeau blanc entre deux camps (de son imagination) des pro-sectes
et des anti-sectes, il se prend pour un Ministre Plénipotentiaire chargé des négociations, et il pose ses
conditions, il édicte des règles à notre usage en tant que Grand Protecteur des Sectes Persécutées, en Grand
Responsable Mondial des «engagements religieux d'une intensité à laquelle notre époque n'est plus habituée»
(p. 111).
-
- Attention, il se demande : «la critique des sectes ne
risque-t-elle pas de tourner a une critique de tout ce qui n'est pas dans l'esprit du temps ?» (p. 111). Dangers
qui nous guettent si nous nous permettons de montrer les «mensonges fondateurs» des escrocs de la
spiritualité et les pratiques sectaires, interdites par les lois françaises : la démonisation des gourous, la
médicalisation de leurs comportements (paranoïaques) et, horreur, la criminalisation des conduites ! (p. 112). Le Plénipotentiaire, ami de tous les gourous sans distinction,
nous propose donc d'accorder une totale immunité morale, pénale, civile, administrative, fiscale...
à tous les dirigeants de sectes : il déconseille même toute procédure de contrôle de notre part ou de la part du
fisc ou des Renseignements Généraux : sa procédure en effet suffit largement ! Pourquoi ? «Car,
malheureusement, trop d'intervenants ignorent l'histoire, quand ne leur manque pas la connaissance du
phénomène religieux lui-même» (p. 113).
-
- Le voici le monopole de l'expert-es-sectes, seul habilité à
parler des phénomènes religieux et de l'histoire, qui demande le silence a tous, même aux experts en droit
(qui condamnent les dirigeants pour criminalité), aux experts en médecine (qui analysent les mégalomanies de
certains discours de gourous)... En tout cas, voila une démarche qui n'a absolument rien de
scientifique, qui relève plutôt du militantisme corporatiste, de la lutte des historiens super-experts en
tout, qui expertisent les différents experts spécialisés et qui leur donnent des conseils, des
interdictions même ! Médecins et juristes, il ne vous reste plus qu'à vous inscrire à un stage de recyclage idéologique
chez le chasseur suisse des sectes, l'expert absolu, le seul, et en tout : il n'existe pas, dans les
sectes, des criminels, des fous... Ce n'est donc pas la peine d'aller voir.
-
- Quatrième confusion
-
- J'ai failli sauter au plafond en lisant ces lignes
prétentieuses : «Dans l'évaluation de ces controverses (sur les crimes et les folies de quelques escrocs de la
religiosité), je crois que le regard de l'historien est particulièrement précieux, car l'examen du passé relativise
la nouveauté des débats en cours» ... (et de rabâcher une fois de plus son lamentable exemple répété dans
la plupart des ouvrages !) (p. 112). Voila l'auto-promotion narcissique, l'auto-félicitation
professionnelle !
-
- Si les livres agressés pouvaient émettre un signal d'alarme,
comme nos autos protégées électroniquement, celui qui se tient là, sur mes rayons, hurlerait déjà a
cette phrase : il s'appelle «Les grandes doctrines de l'histoire de Confucius a Toynbee » d'Alban G. Widgery
(Gallimard 1965) et il montre tous les "regards d'historiens" qui, loin de relativiser les débats, les
ont portés à l'absolu, en ont construit un système fermé, une synthèse finale, la toute dernière de l'humanité !
-
- J'avais consacré quinze jours, en 1988, à examiner le
«regard d'historien» de Moon, qui découpe le passé en
tranches artificielles de 2000 ans pour aboutir à la
synthèse de ses Principes Divins. Le «regard d'historien»
de Ron Hubbard va encore plus loin dans le passé, plus loin
aussi dans ses guérisons par synthèses ... Non, les regards d'historiens ne relativisent pas plus
qu'ils ne synthétisent les débats : ils les dédramatisent peut-être en montrant qu'un événement n'est pas unique mais
sériel. Tel crime de tel escroc de la spiritualité n'est pas le premier mais le millionième,
depuis deux mille ans 150 nouveaux Christs ont fait leur apparition, etc ... Même sériel, un crime est toujours
punissable.
-
- La plus grave confusion qu'opère Jean-François Mayer
consiste a écrire : «le regard d'historien relativise», en faisant comprendre que, dans le débat sur les crimes et
les folies des faux gourous, le regard d'historien donne l'absolution à tous les escrocs de peur de condamner
un gourou innocent et sain d'esprit (les juristes et les médecins n'ayant pas le niveau d'expertise et de
compétences universelles, que possède évidemment le chasseur de sectes).
-
- Relativiser signifie «absoudre», aussi dans les plaidoiries
des avocats de la défense : l'enfance malheureuse de l'accusé, les violences de la société, les injustices
qu'il a subies... tout le «regard de l'historien» d'un coupable en fait une victime. Analysée ainsi, une faute
n'est plus une faute, mais une saine réaction...
-
- Relativiser signifie absoudre, aussi dans les conclusions
des psychologues qui montrent des mécanismes non maîtrisables à l'oeuvre dans les comportements d'un accusé
(mais beaucoup d'autres psychologues relèvent la responsabilité et la préméditation; quand ils
relativisent, ils accusent...).
-
- L'historien n'est pas seul à relativiser, mais il est sans
doute le seul a dire qu'il relativise pour cacher le fait qu'il innocente les accusés...
-
- Dans la chasse aux sectes, une telle confusion sournoise est
une habile manipulation conceptuelle. Et
- précisément, la manipulation conceptuelle, avec la
virtuosité de Ron Hubbard, est l'art suprême des
- dirigeants de mouvements religieux discutables, objets de
nombreux procès ...
-
- P. 112 et p. 113: j'observe que ces deux pages constituent
une répétition des schèmes obsessifs qui hantent l'esprit du chasseur de sectes. C'est une liste de
clichés qui reviennent dans la plupart de ses écrits, rien que des stéréotypes : démonisation,
médicalisation, criminalisation... Ce qui est bizarre, c'est que l'auteur utilise 4 fois le terme «stéréotype», faute
commise par les associations anti-sectes, dans ces deux pages : se rendra-t-il compte un jour que ses reproches
s'adressent avant tout à lui-même ?
-
- «LES CONFUSIONS D'UN CHASSEUR DE SECTES» ne s'arrêtent pas
là : mais elles montrent suffisamment le caractère militant, non scientifique en tout cas, de sa
démarche, la valeur peu fiable aussi de ses informations, la prétention ridicule de son ton d'expert
universel !
-
- J'ai analysé beaucoup de livres sur les sectes : c'est la
première fois, avec Jean-François Mayer, que mes appréciations sont violemment négatives. J'avoue n'être pas
un «expert» et je suis prêt à corriger mon opinion à la faveur d'autres critiques, plus élogieuses.
-
- Je n'ai pas non plus la chance d'être un scientifique : mais
je garde un petit espoir qu'avec la définition du scientifique que va publier Jean François Mayer, tout
militant va devenir un vrai scientifique .
-
- 17 juillet 1990, Roland Huckel
|
-
- MARSEILLE: AUDITION D'UN EXPERT PSYCHIATRE
-
- Tribunal de Marseille, Mercredi 22 septembre 1999
- Reuters.
22.9.1999. Par Thierry Cayol. Associated Press. 22.9.1999. Par
Jean-Charles Banoun. AFP,
- 22.9.1999. Le Monde, 24.9.1999. Par Jean-Michel Dumay.
-
- Le docteur Roger Franck a longuement évoqué la nature des
produits prescrits aux adeptes. Pour
lui, "l'ensemble des composants des produits administrés
(généralement des vitamines additionnées de vinaigre chaud ...) n'ont aucune indication thérapeutique, et les
doses prescrites dépassent parfois largement les doses recommandées, ce qui peut représenter un risque
toxique".
-
- Pour l'expert, au sein de l'Eglise de Scientologie, "ce
ne sont pas les médicaments qui ont un effet psychotrope mais un système basé sur une interaction
affective et psychologique, un système quasi religieux".
-
- Les scientologues revendiquent cette vocation religieuse
mais le docteur Franck s'est appuyé sur des documents saisis dans les "missions" de Nice et
Marseille pour la contester : "Certains documents à usage interne insistaient sur la nécessité d'assurer un rendement
commercial. Il fallait prioritairement vendre le matériel (livres, électromètres) et les services au
public", a précisé l'expert, selon qui, "à aucun moment, dans les interrogatoires policiers des prévenus, on
n'entrevoit quelque chose qui ait un rapport avec la foi".Pour le psychiatre toulousain, "sous prétexte de soins,
la scientologie facilite la rechute chez des personnes qui traversent un moment difficile et propose ensuite un
accompagnement".
-
- En outre, le docteur Franck s'est dit persuadé que "ce
qui était recueilli au cours des 'auditions' des adeptes ne pouvait être utilisé par des gens (en l'occurence
certains prévenus) qui n'ont aucune connaissance". En conséquence, "les programmes proposés ne pouvaient être
crédibles. Les sujets étaient sous l'emprise d'une névrose de répétition", a assuré le médecin.
-
- Il est allé plus loin encore en assurant que "le
recours à la religion dans les moments de souffrance crée un risque d'aliénation". Plusieurs des adeptes de la
Scientologie ont d'ailleurs subi des dépressions nerveuses ou ont fini en hôpital psychiatrique.
-
- "Etymologiquement, la religion relie alors que la secte
sectionne les liens sociaux et familiaux et fait en sorte que des sujets fragilisés puissent donner toujours plus
d'argent", a conclu l'expert-psychiatre.
|
-
-
- (Femme actuelle)
- "On pense que les personnes qui ont besoin de
s'identifier à un groupe peuvent tomber plus facilement en dépendance. Mais un cadre supérieur, mature
intellectuellement et immature affectivement, est tout à fait susceptible d'être
embrigadé"
|
-
-
- (octobre 1965)
- (Résumé publié dans le livre «Ron Hubbard, le gourou démasqué»,
Russel Miller, éditions Plon 1993)
-
- Présidée par Kevin A. Anderson. Procureur de la Couronne,
elle avait siégé 160 jours, entendu 151 témoins et condamnait en bloc la Scientologie.
-
- La teneur du premier paragraphe suffit à donner le ton de
l'ensemble : «Certains aspects de la Scientologie sont tellement absurdes qu'on pourrait avoir tendance à la
traiter par la dérision et considérer ceux qui la pratiquent comme d'inoffensifs hurluberlus... En lisant ce
rapport, il convient de ne pas perdre de vue les observations préliminaires suivantes: la Scientologie est
néfaste: ses techniques sont nuisibles; sa pratique constitue une séreuse menace pour la collectivité sur les
plans médical, moral et social; ses adhérents sont honteusement leurrés et souvent mentalement malades».
-
- Dans bien des cas, poursuivait le rapport, le dérèglement de
l'esprit et la perte du sens critique résultaient des procédures mêmes de la Scientologie, conçues pour
induire une docilité allant jusqu'a l'asservissement. Le sujet ainsi conditionné par la peur, la tromperie et
l'affaiblissement de ses facultés ne peut plus y échapper. L'existence de dossiers renfermant les confessions et les
secrets les plus intimes de milliers de personnes constituait en outre une grave menace pour les libertés
individuelles et collectives.
-
- Quant à L. Ron Hubbard, sa propre santé mentale était
«sérieusement mise en doute ». Ses écrits, truffés de propos hyperboliques à sa propre gloire, de pitreries,
d'explosions de fureur hystérique, sortaient à l'évidence d'un esprit déséquilibré, de même que ses
prétendus enseignements sur des absurdités aussi manifestes que les Thétans (les esprits) et les vies
antérieures.
-
- Il souffrait d'une maladie de la persécution; il manifestait
une crainte morbide de tout ce qui concernait les femmes et une obsession malsaine de s'appesantir «de la
manière la plus répugnante et la plus avilissante» sur des sujets tels que l'avortement, la sexualité, le viol,
le sadisme, l'abandon d'enfants et autres perversions. Sa manie des néologismes était caractéristique
de la schizophrénie; celle d'inventer des théories et des expériences de plus en plus aberrantes
dénotait de fortes tendances à une schizo-paranoïa doublée d'un complexe de supériorité - «symptômes, ajoutait
le rapport, communs à tous les dictateurs».
-
- Au bout de 173 pages de la même veine, le rapport concluait:
«Nous avons acquis la preuve que ses théories de la
Scientologie sont invraisemblables, ses principes pernicieux, ses techniques avilissantes ... S'appuyant sur
des rudiments de connaissances, son fondateur a bâti un édifice insensé ... la plus importante organisation
au monde de gens incompétents pratiquant des techniques dangereuses sous le masque de la thérapie
mentale».
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-
-
- (octobre 1978)
- Réquisitoire du ministère public:
-
- «Le crime des accusés est d'une gravité sans précédent. Pas
un bâtiment public, pas un bureau, pas un dossier n'était à l'abri de leurs agissements. Pas un
individu, pas une organisation qui n'ait été exposé à leurs méprisables intrigues. En guise d'outils de travail,
ils usaient d'émetteurs secrets, de codes, de fausses clés, de faux papiers ...»
-
- N'oublions pas que leur fondateur et complice, L. Ron
Hubbard, a écrit : «La vérité est ce qui est vrai pour vous», de sorte qu'ils s'estimaient en droit, avec la
bénédiction de leur fondateur, de mentir et se parjurer sans scrupule du moment qu'ils le faisaient dans l'intérêt
de la Scientologie».
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-
- (mai 1984)
- Cour supérieure de Los Angeles
-
- «Cette organisation, à la fois paranoïaque et schizophrène,
n'est que le reflet de son fondateur. Les documents soumis à l'appréciation de la Cour tracent le
portrait d'un mythomane pathologique à
l'égard de son passé et de ses propres actes.
-
- Ils démontrent son égoïsme, sa cupidité, son avarice, sa
soif de pouvoir, son esprit vindicatif et son agressivité envers tous ceux qu'il considère ses adversaires
...
-
- II apparaît en même temps comme un personnage charismatique
capable de motiver, d'organiser, de dominer et de manipuler ses adeptes a sa guise.
-
- Au cours de ce procès, certains témoins ont utilisé pour le
décrire les mots de «génie», de «personne vénérée» . Il possède à l'évidence une personnalité
complexe, dont la complexité même se reflète dans léglise de scientologie, sa création .
-
- Il a choisi de vivre dans une retraite ... qui serait
estimable si elle ne servait à l'abriter de ses responsabilités tout en ajoutant à sa mystique.»
|
-
-
- (mai 1984)
- Extrait du livre «Ron Hubbard, le gourou démasqué», Russell
Miller, éditions Plon 1993
-
- Un juge londonien qualifie la Scientologie d'
«immorale, socialement odieuse, corrompue et néfaste»
-
- Le Juge Latey avait à juger d'un litige opposant un
scientologue pratiquant à sa femme, qui avait quitté la
- secte, pour la garde de leur enfant.En confiant la garde de l'enfant à la mère, le juge ne mâcha
pas ses mots pour dire ce qu'il pensait de la Scientologie : «Elle est corrompue parce que fondée sur le mensonge et la
tromperie et que son réel objectif se borne à procurer argent et pouvoir à Monsieur Hubbard, sa femme et
le sommet de la hiérarchie.
-
- Elle est sinistre parce qu'elle applique des méthodes
infâmes tant envers ses adhérents qui ne suivent pas aveuglement ses lois qu'envers ceux qui la critiquent ou s'y
opposent de l'extérieur. Elle est dangereuse parce qu'elle cherche à capturer les
enfants et les personnes impressionnables et les soumet à un lavage de
cerveau qui en fait des outils sourds
et aveugles au service de la secte, détachés de toute pensée et de
toute vie normales comme de tous
rapports avec autrui.»
-
- Quant aux Hubbard, le juge n'y alla pas non plus par quatre
chemins : «Monsieur Hubbard est un charlatan, voire pire, comme le sont sa femme et la clique des
dirigeants de la secte.»
|
-
-
- Résumé
-
- Le rapport Kind est une étude réalisée en mars 1989 par le
Prof. Hans Kind, ancien directeur de la Policlinique psychiatrique de l'Hôpital universitaire de
Zurich, sur la demande d'un avocat, le Dr U. Eschmann,
- en vue de répondre aux questions suivantes
:
-
- Que peut-on
dire, sur la base des connaissances actuelles de la psychothérapie
(psychiatrie) du modèle proposé par
la Dianétique (scientologie) pour les maladies psychiques et physiques (cause, origine, guérison,
etc.) ?
-
- L'argumentation
et les «preuves)) que la Dianétique (scientologie) fournit dans ses écrits
correspondent-elles aux exigences d'un concept scientifique généralement
reconnu ?
-
- Que penser, du
point de vue psychothérapeutique/psychiatrique, des méthodes d'audition de la scientologie ?
-
- Concernant le premier point, le Prof. Kind montre que les
principes de base de la Dianétique sont en contradiction flagrante avec les résultats actuels de la
recherche en matière de psychologie et de psychiatrie. «L'idée que les névroses, les maladies
psychosomatiques et les psychoses fonctionnelles seraient dues exclusivement à des événements pathogènes
anciens, pouvant même remonter à la période prénatale, est totalement insoutenable. Les troubles de
l'âme ne se comprennent en règle générale que par
l'interaction de facteurs multiples. Toutes les théories qui
veulent attribuer ces troubles à une cause unique sont à écarter».
-
- Concernant le second point, le Prof. Kind relève que le
traité de Ron Hubbard «se caractérise par l'absence totale de toute description vérifiable d'essais
thérapeutiques avec contrôles de succès. Ron Hubbard se contente d'affirmer, purement et simplement, qu'il est
scientifiquement prouvé que la Dianétique possède des effets merveilleux. Il ne lui en ccûterait guère
d'établir une comparaison entre la Dianétique et une thérapie par la parole centrée sur le patient. Il lui
suffirait pour cela de procéder auprès de la clientèle d'une
institution psychothérapeutique à un essai où les patients
seraient désignés au hasard pour suivre l'un ou l'autre des deux traitements. Nous n'avons jamais eu
connaissance que Ron Hubbard ait soumis sa méthode à un tel test. Tant qu'aucun test scientifiquement
vérifiable n'a été effectué, la dianétique ne saurait se réclamer du titre de science».
-
- Concernant le troisième point, le Prof. Kind souligne que la
relation du patient au thérapeute est essentielle pour le bon déroulement d'une psychothérapie. Or, la
procédure dianétique exclut une telle relation. Selon les directives données par Ron Hubbard, le thérapeute, nommé
«auditeur», doit rester totalement impassible,quelles que soient les réactions du patient. Ce
dernier reste donc complètement seul face à ses difficultés et ses conflits. «Les personnes qui sont en
conflit avec elles-mêmes ou avec leur entourage, celles qui présentent une certaine fragilité nerveuse ou
manquent d'assurance, celles enfin qui souffrent de troubles psychiques, courent des dangers élevés tels que:
états d'angoisse, dépression, crises psychotiques»).
-
- D'autres dangers menacent encore le patient en raison de la
théorie même de la Dianétique. Comme tous les troubles et maux du patient sont attribués à des événements
anciens survenus dans la petite enfance, voire dans la période prénatale, les parents, la mère
notamment, deviennent des cibles de prédilection. Toute opposition de leur part est aussitôt interprétée comme
l'expression de leur culpabilité et de leur angoisse à la pensée que le patient pourrait découvrir les
«mauvaises actions» qu'ils auraient commises contre lui dans son jeune âge, voire lorsqu'il était encore
un foetus (tentatives d'avortement). De telles idées ont pour effet «de séparer le patient de sa famille et
de le rendre complètement dépendant de la scientologie».
-
- Le rapport Kind présente encore des histoires de cas
concernant des personnes victimes de la scientologie. (témoignages
ici)
-
- Expertise
du professeur Hans Kind
-
|
-
-
- 18 décembre 2001
- communiqué de l'ATS
- [Texte
intégral]
-
- LAUSANNE - L'Eglise de scientologie n'est pas une religion,
estime le Tribunal cantonal de Lausanne. Il a rejeté la plainte déposée par les scientologues contre trois
conseillers municipaux de la Ville pour discrimination religieuse.
-
- Selon le Tribunal cantonal, une religion doit être acceptée
et reconnue comme telle. Il ne suffit donc pas qu'elle se désigne par les termes d'Eglise ou de religion
pour bénéficier de la protection contre la discrimination religieuse.
-
- «On ne discerne dans la scientologie aucun rapport de
l'homme à Dieu ou à un principe supérieur et sacré», estiment les juges. Ses prestations et les biens
qu'elle offre «n'ont rien de religieux».
-
- Le Tribunal cantonal confirme ainsi le non-lieu
préalablement prononcé par le juge d'instruction du canton de Vaud. Pour l'Eglise de scientologie, le syndic Jean-Jacques
Schilt, le municipal de la police Bernard Métrauxet la directrice des affaires sociales Silvia Zamora
s'étaient rendus coupables de discrimination religieuse. Les scientologues leur reprochaient d'avoir rendu un préavis
négatif à une campagne d'affichage.
-
- Bernard Métraux était également accusé d'abus d'autorité. Il
avait refusé la location d'une salle dans un restaurant appartenant à la ville, et avait restreint
l'usage du domaine public aux scientologues.
-
- La Municipalité de Lausanne se félicite de la décision du
Tribunal cantonal. Elle lève à son sens toute équivoque quant à la nature des activités des scientologues,
que la justice a clairement apparentée à une activité commerciale non religieuse.
|
-
-
- Het
Parool, 11 janvier 2004
- Trad d'Anglais en Français: Jacques RICHARD
- [texte intégral]
-
- Le Ministère des Finances et le Service des Impôts, concernant l'Eglise de
Scientologie, ont oscillé dans leur ligne de conduite pendant beaucoup trop de
temps, selon M. van Overbeeke, Professeur de droit fiscal à l'Université Vrije
d'Amsterdam. "Il est grand temps que le Ministère [des finances] commence
à agir plus énergiquement, et dise : ce n'est pas du tout une église, mais
simplement une entreprise commerciale ; et qu'à partir de maintenant elle doive
être traitée comme une organisation commerciale.", dit M. van Overbeeke,
qui, entre autres choses est spécialisé dans les relations entre des églises et
le Service des Impôts.
-
- "La Scientologie s'est placée exprès dans la zone grise entre une église
et une entreprise, et simplement cette zone appelle la clarification. En tant
que gouvernement vous pouvez mettre cela aux oubliettes pendant longtemps, mais
il vient un temps où vous devez décider. Le Ministère des Finances a qualité
pour prendre une position unique : Nous, Etat Néerlandais, nous considérons que
la Scientologie est un commerce, pas une église. Il n'y a aucun doute qu'elle
donnera une suite judiciaire [face à une telle décision], mais ceci est une
autre affaire. "
-
- Depuis les années 70 la Scientlogy Kerk Amsterdam se présente avec
opiniâtreté au Service des impôts et au public comme une " religion " et
une "église", qui (exactement comme les églises traditionnelles)
serait acceptée pour l'exemption d'impôts.
-
- Pendant des années les personnes en charge d'en juger au Ministère des
Finances et au Service des impôts ont fortement varié sur la manière de traiter
ce sujet : tantôt elles ont considéré que la Scientologie était une église,
d'autre fois comme une entreprise commerciale. "Cette oscillation est due au
fait que les inspecteurs et les juges ne sont pas toujours constants dans leurs
opinions. Quelquefois ils sont mystifiés (bambooozled) par de belles histoires
ayant trait à la liberté de religion ; quelquefois il est difficile de décider,
lorsque la ligne de partage passe entre une entreprise commerciale qui prétend
être une église et une église authentique. C'est pourquoi il y a un besoin de
clarification , selon le professeur.
-
- Il arrive que pour un temps des églises qui n'usent pas de tarifs aussi
exorbitants que ceux en usage dans la Scientologie soient imposées. "Des
monastères qui brassent de la bière, par exemple. En pareil cas le monastère
n'est pas imposé, mais la brasserie l'est. Mais la Scientologie, c'est une toute
autre histoire. Au maximum il s'agit pour 5% d'église, et le reste est une
organisation commerciale qui ramasse de l'argent pour des services, et pas un
petit peu d'ailleurs. "
-
- Le Ministère des Finances ne veut pas répondre sur cette affaire.
"L'église de Scientologie est une entreprise commerciale qui porte un masque
religieux, et qui de plus en plus agit comme un groupe haineux . la Scientologie
a une longue histoire de haine et d'actes de persécution, qui au moyen de
mensonge et de tromperie, sont prônés et encouragés dans les propres "écritures
" de la secte (Voir par exemple ses méthodes "dead agenting" et "fair game". C'est pourquoi le Apologetics Index classe l'organisation comme
un groupement de haine.
-
- Le responsable de publication du Religion News Blog est d'accord avec le
point de vue du Gouvernement Allemand sur la Scientologie. Le gouvernement Allemand considère l'organisation de Scientologie comme une
entreprise commerciale ayant une histoire [consistant à] tirer profit de
personnes vulnérables, et en situation de perte de tout esprit critique. Le
Gouvernement est aussi en garde quant au fait que la structure totalitaire et
les méthodes pourraient constituer un risque pour la société démocratique
d'Allemagne.
-
- Plusieurs sortes de preuves ont contribué à cette perception sur la
Scientologie, y compris les activités de l'organisation aux Etats Unis.
-
- Source: Scientology and Germany
- http://www.germany-info.org/relaunch/info/archives/background/scientology.html
- [German
Embassy in Washington]
|
-
-
- 24h00, 5 mars 1998,
Madeleine Schürch
- [texte
intégral]
-
- Désormais, la secte sera
interdite de toute activité sur le domaine public de la commune. Pour avoir trop
harcelé les Lausannois, ses adeptes devront ranger stands et
tracts.
-
- Après leur avoir interdit
de lancer une campagne d'affichage sur son territoire, en février dernier, la
Municipalité de Lausanne a décidé de frapper encore plus fort envers les
scientologues. Hier, elle a décidé de leur refuser toute utilisation du
domaine public
lausannois ! Cette mesure draconienne traduit un certain ras-le-bol des
autorités face à cette secte fortement ancrée au centre de la ville. Car les
activités de cette «église» sont en nette recrudescence ces dernières
semaines, notamment depuis le lancement de sa campagne publicitaire «Sachez
penser par vous-même».
-
- Nombreuses
plaintes
-
- Si la Ville avait refusé
leurs placards géants, dans le cadre de la convention qui, lie la commune à la
Société générale d'affichage, elle avait accepté, dans la même période, que les
scientologues tiennent des stands lors des marchés plusieurs samedis de suite.
«Mais' ils ont fait des demandes pour être présents partout dans la ville». Or,
leur première opération, samedi dernier, n'a pas été du goût de
tout le monde. De nombreuses
personnes se sont plaintes à la police du harcèlement et du démarchage agressif
des adeptes de la secte, qui n'hésitaient pas à barrer le chemin aux gens, et à
insister en dépassant largement les limites de leur stand.
-
- Considérant que les
agissements et le message «ambigu» des scientologues heurtent de plus en plus la sensibilité des
citoyens, le directeur de la police a décidé .d'interdire désormais aux
scientologues toute activité sur le domaine public. «Ils pourront bien sûr poursuivre
leur action, mais seulement sur territoire privé ou dans leurs lieux de
réunion», précise Bernard Métraux.
-
- Sa décision se base sur
l'article du règlement de police qui stipule que la direction de police peut
retirer le permis d'une manifestation publique en cas de non respect des mesures
d'ordre. C'est donc une décision de police, contre laquelle, l'Eglise de
scientologie peut faire recours au Tribunal administratif. Nul doute que
celle-ci utilisera ce droit pour contrer cette nouvelle mesure «discriminatoire»
et censure de sa
liberté d'expression.
-
- Une volonté politique
?
-
- Cette décision est-elle
l'aboutissement d'une volonté politique de museler les scientologues ? «Les
citoyens sont molestés et les plaintes ne cessent de se multiplier. On doit
arrêter de dire qu'on ne peut rien faire contre cette église et utiliser tous
les moyens à disposition», estime Silvia Zamora, la municipale des travaux qui
avait interdit la campagne d'affichage. Se référant aux récentes condamnations
de l'église de scientologie, à Lyon comme à Genève.
-
- Bernard Métraux entend bien
mettre un frein aux agissements de cette secte avec laquelle la ville est
d'ailleurs en conflit depuis cinq ans pour une question d'imposition. Ses
services encouragent en outre les citoyens qui s'estiment agressés à porter
plainte auprès d'un juge ...
-
|
-
- Journal
Officiel, 8 juin 2004
- [Texte intégral]
-
- 12ème législature
- Question N°: 30755 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste
- Ardennes )
- Ministère interrogé: intérieur
- Ministère attributaire:
santé
- Question publiée au JO le: 22/12/2003 page
9754
- Réponse publiée
au JO le: 08/06/2004 page 4305
-
- Texte de la QUESTION :
-
- M. Philippe Vuilque s'inquiète de
la place croissante prise par les mouvements sectaires dans l'aide humanitaire.
Comme en témoigne la presse, des attentats de New-York aux inondations en
France, des mouvements sectaires assimilables à de grandes multinationales ont
porté secours aux personnes sinistrées. Mais cette action n'est en rien
désintéressée puisqu'il s'agit avant tout pour eux de chercher de nouveaux
adeptes. C'est pourquoi il demande à M. le ministre de l'intérieur, de la
sécurité intérieure et des libertés locales quelles actions de prévention ont pu
être entreprises pour mettre en garde contre la présence de ces mouvements
sectaires sur le lieu des sinistres en France. - Question transmise à M. le
ministre de la santé et de la protection sociale.
-
- Texte de la REPONSE:
-
- Le
ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées a publié et
diffusé, début 2004, un fascicule de 49 pages portant le titre : «Accidents
collectifs, attentats, catastrophes naturelles : conduites à tenir pour les
professionnels de santé». Cette brochure contient une partie (p.44 et 45)
expressément consacrée au thème : «Le risque de dérives sectaires : la
pénétration des sectes sur les lieux de catastrophes». Cette partie explique
les modalités des tentatives d'emprise des mouvements sectaires sur les victimes
de catastrophes et appelle les intervenants à la vigilance face à la présence
croissante de ces mouvements sur le lieu des sinistres. La brochure, tirée
jusqu'à présent 5'000 exemplaires, a fait l'objet d'une diffusion en direction
des organismes et des institutions concernés par l'organisation et la pratique
des interventions en cas de catastrophe.
-
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-
-
- Bilan,
juin 1994, Philippe Le Bé
-
- Pour
le médecin-expert français Jean-Marie Abgrall,
la scientologie utilise des méthodes éprouvées
dans maints domaines d'activité, mais sensiblement perverties.
A l'instar de bien d'autres sectes, «des manipulateurs
exploitent des manipulés».
-
|

|
- Jean
-Marie Abgrall
-
- Médecin,
psychiatre, criminologue, médecin légiste
et expert auprès de la cour d'appel et
des tribunaux français, JeanMarie
Abgrall (44 ans) vit à Toulon. Il a soigné
de nombreuses victimes de sectes et expertisé
des délinquants sectaires. Pour le compte
de la justice, il a aussi rédigé
des rapports sur les techniques de conditionnement
mental et de manipulation utilisées par
les sectes.
-
- Photo
: AIR/J.-C Curchod
|
- Bilan
- Jean-Marie Abgrall, la scientologie est-elle une secte ?
-
- Jean-Marie
Abgrall - C'est ainsi qu'elle est qualifiée par divers
auteurs, journalistes, universitaires, religieux ou ex-adeptes.
-
- Bilan
- Pour vous, qu'est-ce qu'une secte ?
-
- J.-M.
A. Affirmer, comme le font certains auteurs, qu'une secte
est un nouveau mouvement religieux ou bien une minorité
religieuse, cela pose d'emblée le problème de
la liberté de penser, de la liberté d'expression
personnelle ou religieuse, etc. Or, ce n'est pas du tout le
propos. A mon avis, une secte est un mouvement replié
sur lui-même, organisé autour d'une idéologie,
qu'elle soit religieuse ou politique, et d'un gourou. Ou bien
des deux, la plupart du temps. Son mode de fonctionnement est
donc fermé et son organisation pyramidale. Des manipulateurs
exploitent des manipulés.
-
- Bilan
- En quoi la scientologie est-elle une organisation fermée
?
-
- J.-M.
A. - La scientologie connaît un mode de fonctionnement
occulte articulé autour de l'OSA, son bureau des affaires
spéciales. L'OSA est un véritable service secret
qui, dans le cadre de la propagande noire, lance des informations
destinées à discréditer certaines personnes.
Lorsqu'un individu est considéré comme dangereux
pour la scientologie, les adeptes ont le droit et même
le devoir de le réprimer.
-
- Bilan
- Quelles méthodes utilisent les scientologues pour pour
attirer du monde ?
-
- J.-M.
A. - Ce sont des techniques de marketing et de publicité
classiques. Les scientologues choisissent un groupe social donné.
Puis ils,:proposent aux cibles de ce groupe tel produit peu
coûteux, leur faisant miroiter un pronostic de réussite
rapide. Cela peut concerner l'éveil de la personnalité
(la dianétique), la musique (l'école de l'éveil)
ou la santé (les techniques de «purification»).
Dans un deuxième temps, une prestation de services beaucoup
plus large est offerte. Mais à un prix sensiblement plus
élevé.
-
- Bilan
- Et quels sont les sources, les fondements de ces techniques
?
-
- J.-M.
A. - Les techniques d'éveil de la personnalité,
par exemple, sont relativement banales. Elles s'inspirent du
bouddhisme, du yoga ou de la psychatrie traditionnelle. Mais
celui qui ne les connaît pas a l'impression de découvrir
quelque chose d'extraordinaire. Dans le monde des affaires,
il est aussi fait appel à des méthodes largement
éprouvées dans les secteurs de la publicité
ou de la formation pour cadres. Mais, sorties de leur contexte
et appliquées sans discernement par des gens incompétents,
de telles méthodes sont vite perverties. Pour les scientologues,
cela n'a évidemment aucune importance.
-
- Bilan
- Ron Hubbard a lui-même côtoyé certains
milieux ésotériques ...
-
- J.-M
A. - En effet, il a notamment été en relation
avec des ordres «initiatiques» branchés sur
l'Inde comme la théosophie de Helena Petrovna Blavatsky,
et sur l'Angleterre comme l'Ordo Templis Orientis (O.T.O.) dirigé
par Aleister Crowley. Hubbard a donc alimenté sa cosmogonie
personnelle avec des données récupérées
un peu partout dans les écoles «initiatiques»
classiques. Mais ensuite, il a su s'enrichir du mouvement psychiatrique
naissant aux Etats-Unis dans les années de l'après-guerre.
Parmi les techniques utilisées par la scientologie, certaines
sont directement issues de la psychiatrie traditionnelle. Comme
par exemple la dynamique de groupe, le psychodrame, la relaxation,
la «renaissance», etc.
-
- Bilan
- Ya-t-il un profil type de l'adepte de la scientologie ?
-
- J.-M.
A. - Non. Mais il est vrai que de nombreuses personnes attirées
par la secte se trouvent dans une état de fragilité
psychique, dans une situation de rupture et de solitude. Dépressives,
anxieuses, ces victimes potentielles ne connaissent personne
à qui se confier. Elles ne vivent pas dans un cadre de
référence, par exemple un club sportif ou une
école artistique, où elles pourraient exprimer
leurs doutes. Autre cible privilégiée: les gens
fascinés par l'ésotérisme, la métaphysique,
la parapsychologie, etc
-
- Bilan
- Comment se déroule le processus d'inculcation de la
scientologie ?
-
- J.-M.
A. - Au commencement de leur approche, les scientologues
utilisent un langage normal. Pour ne pas effrayer les futurs
adeptes. Au fil du temps, après quelques séances,
ils proposent à leurs sujets de manier un langage qu'ils
considèrent comme indispensable à la lecture et
à la bonne compréhension des ouvrages des scientologues.
Mais, à la différence d'une initiation à
une technique nouvelle, qui exige l'apprentissage d'une terminologie
nouvelle précise, les termes employés par la scientologie,
à quelques exceptions près, continuent d'appartenir
au langage courant. Cependant, ils sont légèrement
déviés de leur sens original.
-
- Bilan
- Quels sont les effets d'une telle déviance ?
-
- J.-M.
A. - Après avoir pratiqué une sémantique
trafiquée pendant plusieurs mois, le sujet ne sait plus
très bien où se trouve la frontière entre
le réel et l'imaginaire. Il a perdu ses repères
culturels et sémantiques habituels. Quand, ensuite, il
reçoit des informations de plus en plus aberrantes, ces
dernières lui sont alors présentées sous
forme de symboles. Lesquels, peu à peu, deviennent réalité
! Imaginez un chrétien adorant une croix et qui aurait
oublié qu'en vérité c'est le Christ cloué
sur la croix qu'il adore. Il finirait par adorer l'instrument
de torture et non plus la signification du sacrifice. Le voilà
sorti du système de référence traditionnel.
Dans la scientologie, on commence donc par vous inculquer des
idées à peine marginales, avant de vous faire
glisser, peu à peu, dans la marginalité complète.
-
- Bilan
- Quel rôle joue l'électromètre dans la
scientologie ?
-
- J.-M.
A. - L'électromètre est une prestation
supplémentaire dans le fonctionnement de la scientologie.
Instrument de mesure des variations galvaniques de conductivité
de la peau sous l'effet d'un stimulus ou d'un stress, il équivaut
grosso modo à un détecteur de mensonge. A quoi
sert-il ? Pour commencer, les scientologues vendent une doctrine.
Mais, à un certain moment, le sujet est tiraillé
par le doute. Il se dit : manifestement, cela ne marche pas
très bien ! Or, l'électromètre est précisément
destiné à lui prouver le contraire. Réintégré
dans le discours abscons de la scientologie, cet appareil devient
une manifestation de l'au-delà, des thétans,
de l'esprit. Devenu objet de culte, l'électromètre
est divinisé aux yeux des scientologues.
-
- Bilan
- Comment passe-t-on de l'état de manipulé à
celui de manipulateur ?
-
- J.-M.
A. - Ces précisions, pour commencer: les manipulés
inconscients sont incapables de faire la part du réel
et de l'attrapegogo. Quant aux leaders financiers, ils
se trouvent à Los Angeles ou à Copenhague, un
centre de la scientologie pour l'Europe. Ils contrôlent
économiquement et financièrement la secte. Cela
dit, parmi les manipulés, certains finissent malgré
tout par émettre des doutes. Ils se forgent une autoanalyse
sincère et critique. A ce moment-là, les «superviseurs
des cours» vont cerner davantage la personnalité
de ces individus. Jusqu'à présenter à quelques-uns
un contrat du genre: «Je te paie désormais tes
cours, mais en échange tu fais tel travail pour nous.»
C'est un peu comme dans une entreprise. Ceux qui ne peuvent
sortir du travail à la chaîne restent en bas de
l'échelle. Alors que ceux qui sont faits pour devenir
leaders le deviennent. Les quelque quatre cents dirigeants tout
en haut de la pyramide scientologue vivent comme des nababs.
-
- Bilan
- Il y a pourtant un grand nombre d'adeptes scientologues qui
un jour quittent la secte ...
-
- J.-M.
A. - Tant qu'un individu est productif, soit parce qu'il
est fortuné ou qu'il peut fournir un travail, la secte
le garde. Mais si ce n'est plus le cas, elle l'exclut. Il y
a certes des gens qui prennent réellement conscience
qu'ils vivent dans un univers aberrant. Deux cas de figure se
présentent alors : ou bien, comme je l'ai dit, ils s'intègrent
toujours plus à la secte et deviennent des manipulateurs
de haut vol, ou bien tout explose dans leur tête. L'initiation
se fait à l'envers. Au lieu de se dire: «J'ai vu
ou lu Ron Hubbard et je suis convaincu», ils prennent
conscience qu'ils se sont fait piéger durant des années.
Ils claquent la porte de la scientologie et, bien souvent, se
dressent alors contre elle.
-
- Bilan-
Quelles traces laisse une telle expérience ?
-
- J.-M.
A. - Beaucoup des ex-scientologues ont perdu une partie
de leur famille et leurs biens. Certains souffrent par ail1eurs
de troubles psychiatriques plus ou moins graves. Cela va de
la dépression à la psychose, aux délires
chroniques, ou aux hallucinations. D'ailleurs, la secte ne souhaite
pas garder en son sein hallucinés ou psychopathes. Exemples
détestables pour les autres adeptes, ces malades peuvent
être la source de graves ennuis d'un point de vue criminologique.
Ils ne sont finalement utilisables que dans un cas bien particulier
: quand leur délire s'intègre dans la cosmogonie
de la secte. Un OT
8 convaincu de passer le mur du feu sans problème
demeure parfaitement utilisable. A la fois fou et divinisé,
il joue le rôle des chamans dans les sociétés
tribales.
-
|
LE DROIT PENAL ET LA
PROGRESSION SPIRITUELLE AU SEIN DES SECTES : L'EXEMPLE DE L'EGLISE DE
SCIENTOLOGIE
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- Faculté de Droit de Cergy-Pontoise, février
2002 Les personnes (magistrats, juristes,
universitaires etc.) ayant besoin d'obtenir une autorisation d'impression ou de
copie peuvent en faire la demande à: gonnet@antisectes.net
-
Thèse
d'Arnaud
Palisson
«La
scientologie :
une secte
DANGEREUSE»
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- Tome Un: La Thèse
-
- Fichier pdf n°
1 (0,7 meg)
-
- Plan sommaire
- Introduction
-
- 1ère Partie – La pureté
du corps physique:
- procédure de purification et exercice illégal de la
médecine.
-
- Titre Préliminaire : Descriptif de la procédure de
purification
Titre 1: L’élément
matériel. Titre
2: L’élément moral Titre 3: La répression des différents intervenants
-
- Fichier pdf n°
2 (1,2 meg)
-
- 2ème Partie – Le
traitement du mental
- audition de dianétique et
tromperies
-
- Titre préliminaire : Présentation de la thérapie
dianétique
Titre 1: Escroquerie et
audition dianétique proprement
dite Titre 2: Escroquerie et procédés
employés pour susciter l’intérêt envers la
dianétique Titre 3: La vente de l'électromètre et la tromperie en droit de la
consommation
-
- 3ème Partie –
L'Ethique, garant de la pureté spirituelle :
- du droit disciplinaire au droit
pénal
-
- Titre préliminaire: Les fondements de
l'Ethique
Titre 1:
L'Ethique, un règlement associatif traditionnel en droit disciplinaire
Titre 2: L'Ethique et le droit pénal
-
- Conclusion
générale
- Bibliographie
- Tables des
matières
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- Tome Deux:
-
- Annexes
- Plusieurs fichiers pdf zippés volumineux en raison
des images contenues.
-
- 1. - pages A1 > 24
--(1,2 meg)
-
- 2. - pages A25 > 31-- (1,7 megs)
-
- 3. - pages A32 > 88 -- (1,2 megs)
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- 4. - pages A89 > 139-- (2,4 megs)
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- 5. - pages A 140 > fin--(1,9 megs)
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-
- "Les
sectes":Thomas Lardeur, Presses de la Renaissance,
avril 2004
- [p.145-148]
-
- Depuis
le milieu des années 1990, certaines ont laissé
entendre, dans leurs journaux internes ou dans des interventions
médiatiques, que la France serait isolée en Europe
dans la lutte contre les agissements des mouvements sectaires.
Et qu'en conséquence, elle serait sur la mauvaise voie.
Force est pourtant de constater qu'il en va tout autrement.
-
- La
Suède
-
- II est
vrai que certains pays ont pris des décisions qui peuvent
paraître surprenantes : ainsi de la Suède, qui,
en mars 2000, a érigé la Scientologie au rang
de « communauté religieuse », ce qui a permis
au quartier général de la secte de se féliciter
aussitôt de cette «reconnaissance sans équivoque».
Encore faut-il savoir que cette décision a été
prise à la suite de la séparation de l'Église
luthérienne de Suède et de l'État depuis
le 1er janvier 2000 afin de mieux ordonner le paysage religieux
local. Qui plus est, cette décision a seulement pour
effet d'ouvrir la voie à une demande d'aide de l'État
et ne doit en aucune mesure, dixit un haut fonctionnaire au
ministère de la Culture suédois, être interprétée
comme une «approbation par les autorités»
du type d'activités menées par les communautés.
Pour preuve, comme l'a relevé le rapport 2001 de la Mils,
la Suède vient de décider «la fermeture
d'un établissement scolaire scientologue, les méthodes
pédagogiques envisagées ne correspondant pas au
standard éducatif suédois».
-
- Allemagne,
Belgique et Suisse
-
- À
l'inverse, plusieurs pays européens se sont montrés
particulièrement actifs sur le sujet des sectes, ainsi
de l'Allemagne, de la Belgique ou encore de la Suisse, où
des commissions d'enquêtes parlementaires et des études
menées par des ministères publics ont été
diligentées, diverses lois votées et des centres
d'information et d'avis sur les organisations sectaires créés.
-
- Parlement
européen et Conseil de l'Europe
-
- À
cela s'ajoute l'attitude de l'Europe qui, après avoir
longtemps considéré que le phénomène
sectaire relevait de la compétence de chaque État
membre, a estimé nécessaire de s'exprimer clairement
contre les agissements de certains groupes aux pratiques contraires
aux droits de l'homme. Ainsi, la Commission des libertés
publiques et des affaires intérieures du Parlement européen
a invité, en février 1998, les États membres
à «prendre des mesures, dans le respect des principes
de l'État de droit, pour combattre les atteintes aux
droits des personnes provoquées par certaines sectes
auxquelles devrait être refusé le statut d'organisation
religieuse ou cultuelle qui leur assure des avantages fiscaux
et une certaine protection juridique».
-
- Sans
oublier le Conseil de l'Europe (41 États membres), qui
a adopté en juin 1999 une recommandation spécifique
à propos des sectes, estimant «qu'il faut veiller
à ce que les activités de ces groupes, qu'ils
soient à caractère religieux, ésotérique
ou spirituel, soient en conformité avec les principes
de nos sociétés démocratiques, et notamment
avec les dispositions de l'article 9 de la Convention européenne
des droits de l'homme, et soient également légaux.
[...] L'Assemblée attache une grande importance à
la protection des plus vulnérables, et notamment des
enfants d'adeptes de groupes à caractère religieux,
ésotérique ou spirituel, en cas de mauvais traitements,
absence de soins, endoctrinement par lavage de cerveau et non
scolarisation qui rend impossible tout contrôle de la
part des services sociaux». Ce qui n'a pas empêché
les sectes, fidèles à leur politique d'intoxication,
de faire dire à ce texte le contraire de ce qu'il disait.
-
|
-
-
- "Les
sectes":Thomas Lardeur
- Presses de la Renaissance,
avril 2004
- [p 148-
149]
-
- Pourquoi
le gouvernement américain défend-il les grandes
organisations sectaires ?
-
- La conception
de la liberté religieuse aux ÉtatsUnis découle
du 1er amendement de la Constitution américaine qui dispose
que le «Congrès ne fera aucune loi relativement
à l'établissement d'une religion ou en interdisant
le libre exercice». Résultat, il suffit de se déclarer
comme une religion dans ce pays pour s'en voir reconnaître
le statut et les menus avantages afférents. Une facilité
qui a incité de nombreuses sectes à installer
leur siège outre-Atlantique, à l'instar de la
Scientologie, reconnue depuis 1993 comme une religion à
part entière.
-
- Libre
aux Américains de faire comme bon leur semble sur leur
propre territoire, cela relève de leur souveraineté.
En revanche, on est en droit de critiquer leur attitude lorsque
ce pays décide unilatéralement d'imposer au reste
du monde sa propre conception de la liberté religieuse,
de manière autoritaire et avec une certaine arrogance.
Car telle est la réalité depuis que le Congrès
a décidé en 1998 de voter une loi sur la liberté
religieuse dans le monde, avec nomination d'un ambassadeur spécial,
d'une commission, prévoyant même des sanctions
à prendre contre des États récalcitrants
«en réponse aux violations de la liberté
de religion» - heureusement pas encore appliquées.
Conséquence de ce vote, les Américains publient
chaque année un rapport dans lequel ils dénoncent
les pays qui inquièteraient des mouvements comme la Scientologie
et les Témoins de Jéhovah, élevés
outre-Atlantique au rang de religions «nouvelles et minoritaires».
Une autre forme de «l'axe du mal» !
-
- Plus
choquant, le Congrès américain s'est même
arrogé le droit d'intervenir directement auprès
de certaines instances communautaires européennes afin
d'infléchir leur attitude. Ce fut notamment le cas en
1999 lorsque des parlementaires américains demandèrent
en toute simplicité à l'Assemblée de Strasbourg
de rejeter le projet de recommandation sur «les activités
illégales des sectes». Et même si le Conseil
de l'Europe passa outre et adopta le texte à l'unanimité
le 22 juin, il n'en reste pas moins que cette attitude américaine
pose un vrai problème, celui d'apporter un' soutien considérable
aux sectes - qui ont beau jeu de crier à la discrimination
religieuse -, en même temps qu'un bouclier idéal.
|
-
-
- "Les
sectes":Thomas Lardeur
- Presses de la Renaissance,
avril 2004
- [Extraits
p 148- 152]
-
- (...)
Libre
aux Américains de faire comme bon leur semble sur leur
propre territoire, cela relève de leur souveraineté.
En revanche, on est en droit de critiquer leur attitude lorsque
ce pays décide unilatéralement d'imposer au reste
du monde sa propre conception de la liberté religieuse,
de manière autoritaire et avec une certaine arrogance.
Car telle est la réalité depuis que le Congrès
a décidé en 1998 de voter une loi sur la liberté
religieuse dans le monde, avec nomination d'un ambassadeur spécial,
d'une commission, prévoyant même des sanctions
à prendre contre des États récalcitrants
«en réponse aux violations de la liberté
de religion» - heureusement pas encore appliquées.
Conséquence de ce vote, les Américains publient
chaque année un rapport dans lequel ils dénoncent
les pays qui inquièteraient des mouvements comme la Scientologie
et les Témoins de Jéhovah, élevés
outre-Atlantique au rang de religions «nouvelles et minoritaires».
Une autre forme de «l'axe du mal» !
-
- Plus
choquant, le Congrès américain s'est même
arrogé le droit d'intervenir directement auprès
de certaines instances communautaires européennes afin
d'infléchir leur attitude. Ce fut notamment le cas en
1999 lorsque des parlementaires américains demandèrent
en toute simplicité à l'Assemblée de Strasbourg
de rejeter le projet de recommandation sur «les activités
illégales des sectes». Et même si le Conseil
de l'Europe passa outre et adopta le texte à l'unanimité
le 22 juin, il n'en reste pas moins que cette attitude américaine
pose un vrai problème, celui d'apporter un' soutien considérable
aux sectes - qui ont beau jeu de crier à la discrimination
religieuse -, en même temps qu'un bouclier idéal.
-
- Face
à cette situation, il serait nécessaire que nos
hommes politiques prennent ouvertement et officiellement position.
Hormis une simple lettre adressée en 1997 par le ministre
français des affaires etrangères, Hubert Védrine,
à son homologue américaine Madeleine Albright,
force est de constater que les pouvoirs publics ne se sont pas
mobilisés sur cette question. Faut-il y voir la traduction
d'un principe de neutralité diplomatique imposant de
minorer un phénomène que d'autres auraient pu
qualifier d'immixtion ?
-
- République
Française
- 8
décembre 98
-
- Le
Ministre des Affaires Etrangères
-
- Madame
Madeleine Albright
- Secrétaire
d'Etat des Etats-Unis d'Amérique
- Madame
la Secrétaire d'Etat,
-
- Lors
de notre rencontre du 16 juin demier, vous avez
exprimé le souhait que s'ouvre entre nos
administrations un dialogue amical et constructif
sur la : liberté religieuse. Je vous ai répondu
positivement et, de fait, dès le 17 juin,
le Directeur des Amériques au Ministère
des Affaires étrangères recevait votre
sous-secrétaire d'Etat pour les droits de
l'Homme.
-
- Au
cours des derniers mois, le Directeur ou le Directeur
adjoint des Amériques ont reçu six
délégations du Département
d'Etat venues présenter à Paris la
conception de votre pays en matière de "liberté
religieuse", Malgré la densité
de ces échanges, vos collaborateurs se sont
le plus souvent employés à nous démontrer
que les libertés religieuses n'étaient
pas convenablement garanties en France.
-
- Le
rapport que le Département d'Etat a publié
le 9 septembre demier et qui, au chapitre France,
met en cause l'action d'un organisme institué
par le Premier Ministre, la
Mission interministérielle de lutte contre
les sectes ("some observers assert that
this commission targets group not on the basis of
their presumed illegal activities, but on the basis
of their religious or other beliefs"), en est
une illustration. Cette mise en cause sans fondement
de l'action publique française par votre
administration, alors même que Je dialogue
entre nos hauts fonctionnaires se poursuivait, a
jeté une ombre sur la richesse même
de ce dialogue.
-
- Je
pense que l'échange que nous avons engagé
depuis plusieurs mois a permis à nos deux
administrations de bien comprendre nos points de
vue respectifs, mais ne trouve pas d'utilité
à être poursuivi, Naturellement, nous
continuerons d'avoir l'occasion de défendre
ces différents points de vue dans les enceintes
multilatérales compétentes, j'espère
de manière plus équilibrée
et constructive.
-
- Je
vous prie, Madame la Secrétaire d'Etat, d'agréer
mes hommages. amicaux
-
[ce
dernier mot ajouté à la main - ndlr]
-
- Hubert
Vedrine
-
|
-
- Tout
porte à croire, en tout état de cause, que la
défense de la liberté religieuse ne compte pas
parmi les priorités gouvernementales, alors même
qu'elle mériterait, y compris dans un État laïc,
des prises de position plus courageuses.
-
- Comment
ne pas non plus dénoncer ici une attitude qui me paraît
inacceptable de la part de nos services diplomatiques qui, depuis
quelques mois et dans la plus grande discrétion, sont
prêts à remettre dangereusement en question la
politique suivie par la France jusqu'à maintenant pour
éviter de froisser les États-Unis.
-
- À
en croire une prise de position récente du service des
affaires religieuses du ministère des affaires étrangères,
il ne faudrait plus parler de «sectes» mais de «nouveaux
mouvements religieux », revendication exposée de
façon continue depuis plusieurs années par diverses
sectes et par certains sociologues des religions italiens ou
français. Sur ce point, un examen un tant soit peu documenté
de ce qu'est une secte permet de s'apercevoir que, lorsqu'elle
utilise le masque du religieux, d'une part ce n'est qu'une apparence,
un produit d'appel, et d'autre part que cet ersatz de religieux
n'a rien de «nouveau» et n'est que le produit réchauffé
d'une vieille forme d'une spiritualité scientiste du
XIX ème siècle, mâtinée d'un vernis
biblique ou hindouiste, ou encore la nième version d'un
vitalisme désuet relooké version sciencefiction
des années 50.
-
- L'appellation
«nouveau mouvement religieux» n'est donc qu'une
tromperie et l'on peut se demander pour quelle raison la diplomatie
française se prête à ce petit jeu, bien
dangereux pour les valeurs républicaines. Il m'est difficile
de penser une seule seconde que les services diplomatiques français
aient pu tomber dans le piège tendu par les sectes, qui
veulent faire croire qu'elles sont victimes d'une atteinte aux
libertés fondamentales et individuelles alors que leur
action consiste justement à porter atteinte aux libertés
fondamentales de leurs propres adeptes placés tout simplement
en état de soumission et de sujétion par le groupe.
-
- Autre
surprise, la MILS aurait eu une « attitude maximaliste»
pour avoir fait ressortir le fait que les sectes étaient
en réalité des mouvements de type totalitaire.
Ce qui aurait conduit à son remplacement par la Miviludes
qui devrait désormais seulement s'intéresser aux
dérives pénales commises par les sectes et s'atteler
à s'ouvrir au dialogue avec ces «nouveaux mouvements
religieux », qui n'ont pourtant rien de nouveau ni de
religieux au sens où l'Europe l'entend. Enfin, le «modèle
français» de lutte contre les sectes devrait être
abandonné !
-
- Chacun
pourra se faire une idée de l'état de désorganisation
d'un service gouvernemental qui oublie jusqu'à la notion
de continuité de l'État, de la méconnaissance
grave d'un phénomène dangereux, et de l'urgence
qu'il y a à revenir à une saine vision des choses
tant que l'infiltration sectaire des rouages de l'État
n'est pas arrivée à un point qui ne permettera
plus d'envisager l'exercice de la lucidité.
|
-
-
- "Les
sectes":Thomas Lardeur
- Presses de la Renaissance,
avril 2004
- [p 153-
154]
-
- Tous
les rapports du département d'État américain
sur la liberté de religion dans le monde ont mis en cause
plusieurs pays européens (la France, l'Allemagne, la
Belgique ...) qui stigmatiseraient «certaines religions
en les associant à tort à des sectes dangereuses».
Comment les Américains arrivent-ils à cette conclusion
? Par des arguments qui laissent songeurs et que la Mission
interministérielle de lutte contre les sectes s'est empressée
de commenter, non sans malice.
-
- Morceaux
choisis extraits du rapport 2001 de la MILS:
-
- «
Dans son sommaire de présentation, le rapport reprend,
sous le même discutable titre que l'an dernier, "Stigmatisation
de certaines religions en les assimilant à tort à
des sectes dangereuses", sa très étrange
mise en accusation, toujours sans aucun éléments
de preuve, "des gouvernements de quelques pays qui, afin
de protéger leurs citoyens contre des groupes dangereux
ou nocifs, ont adopté des lois et des politiques discriminatoires".
-
- Et le
texte poursuit:
-
- "En
estompant les distinctions entre religions et groupes violents
ou frauduleux, les gouvernements de ces pays ont désavantagé
des groupes qui peuvent apparaître comme différents
ou inhabituels mais sont en fait paisibles et honnêtes."
[...] Une telle allégation du département d'État
implique que lui-même a établi des listes distinguant
entre les religions "paisibles et honnêtes"
et des groupes pseudo-religieux "violents ou frauduleux".
Or, cet exercice d'appréciation par le département
d'État de la nature religieuse ou non d'un groupe ne
s'accomplit-il pas en violation pure et simple de la Constitution
américaine qui, dans son célèbre (et très
célébré aux États-Unis) premier
amendement, interdit à l'État de juger du fait
religieux? Ou bien les États-Unis auraient-ils, par nécessité,
établi ces listes? Dans ce cas, il serait utile de les
connaître.
-
- »
De même peut-on légitimement s'interroger sur quel
élément de droit américain le département
d'État se fonde pour qualifier, comme il le fait par
exemple à propos de la France, "les scientologues,
les raëliens, les adeptes du Vajra triomphant et ceux de
l'Ordre du Temple solaire" de "groupes religieux minoritaires"
(sic) ! ...
-
- »
On notera également que, tout en incitant les États
du monde entier à mieux garantir les libertés
religieuses et à mieux lutter contre les atteintes à
celles-ci, le département d'État incite des pays
comme le nôtre à un urgent immobilisme législatif
: "Dans tous ces pays, le code pénal existant suffit
à sanctionner les attitudes criminelles, qu'elles soient
le fait d'individus ou de groupes." Vient ensuite une inadmissible
conclusion, totalement malveillante et diffamatoire puisqu'elle
laisse entendre, sans aucune justification, même vague,
que dans des pays comme la France, l'Autriche, la Belgique et
l'Allemagne, "des lois ou des politiques nouvelles qui
criminalisent ou stigmatisent l'expression religieuse peuvent
mettre en danger la liberté religieuse" ».
|
-
-
- AFP (article
transmis à L'avds sans date)
- [Texte
intégral]
-
- Une
partie des autorités allemandes répond à
une lettre ouverte publiée jeudi dans l'International
Herald Tribune.
-
- Plusieurs
personnalités politiques allemandes, dont trois ministres
et un responsable de l'opposition, ont réfuté,
hier, dans le quotidien Bild, les arguments de l'Eglise de scientologie
comparant sa situation en Allemagne à celle des Juifs
sous le régime nazi. Quant au chancellier Helmut Kohl
à qui ces accusations sont personnellement adressées,
il n'a pas l'intention de réagir.
-
- Le chef
de la diplomatie allemande, Iqaus Kinkel, estime que l'Eglise
de scientologie, «en comparant la manière dont
elle est traitée en Allemagne avec l'Holocauste, fait
de la falsification historique et blesse le sentiment des victimes
du nationalisme» et qu'on ne pouvait absolument pas «parler
de persécution de la scientologie».
-
- Le ministre
du Travail, Norbert Bluem, précise que «comparer
nos explications sur les intrigues des scientologues avec les
méthodes d'Hitler prouve un extrême mauvais goût
vis-à-vis des victimes d'Auschwitz». Claudia Nolte,
ministre de la Famille, juge cette comparaison «absurde»
et critique les personnalités qui soutiennent l'Eglise
de scientologie, et qui «offensent les victimes du nationalisme».
- Une trentaine
de personnalités américaines - dont les auteurs
Costa-Gavras et Mario Puzo, le présentateur de la chaîne
de télévision CNN Larry King et les acteurs Dustin
Hoffman et Oliver Stone - ont publié pleine page une
lettre au chancelier Kohl dans l'International Herald Tribune,
jeudi, comparant les mesures prises en Allemagne contre les
adhérents de la scientologie à celles d'Hitler
contre les Juifs dans les années 1930.
-
- Les autorités
allemandes mènent depuis des mois une campagne contre
l'Eglise de scientologie qui revendique environ 30'000 membres
en Allemagne. Mi-décembre, Etat fédéral
et régions se sont mis d'accord pour combattre par tous
les moyens légaux «les tentatives d'expansion et
la prétention à la domination» de la secte
et la Bavière a interdit l'accès de la fonction
publique aux scientologues.
|
-
-
- (La liberté
de commerce (ou de religion) n'autorise par n'importe quoi,
ni les actions d'une bande d'escrocs dans notre espace publique.
En attendant voilà ce que nos autorités utilisent
comme tactiques, certaines à vrai dire plutôt efficaces,
comme à Romont ou Yverdon, et nous les félicitons.
ndlr)
-
- La Liberté,
20 août 2004, Marc Allgöwer
- [extrait]
-
- Stands
scientologues : à
chaque ville sa tactique
-
- Les opérations
des scientologues avec un stand nécessitent une autorisation
délivrée par la police du commerce. Seul le trouble
à l'ordre public saurait motiver un refus.
-
- A Payerne,
la révision en cours du règlement communal permettra
de limiter les stands dès le printemps prochain. «Nous
n'avons enregistré aucune plainte, plutôt constaté
un certain étonnement dans la population», explique
Daniel Jomini, municipal de la police.
-
- Ce problème
a donné des cheveux blancs à l'administration
lausannoise. Le centre régional de l'Eglise de. scientologie
y est implanté depuis plus de vingt ans. En 1998, les
demandes d'autorisation pour des stands augmentent, conjuguées
à une distribution massive d'imprimés dans les
boîtes à lettres. «Certaines de ces actions
relevaient du trouble a l'ordre public», rappelle Florence
Nicollier, cheffe du Service de la police du commerce de Lausanne.
Depuis, le groupe ne peut tenir que deux stands par mois au
marché de la place SaintFrançois et ne se
livrer qu'à une distribution de papillons par semaine.
-
- Après
avoir été déboutés par le Tribunal
administratif, les scientologues ont fait recours auprès
du Tribunal fédéral en demandant un effet suspensif.
Les Juges de Mon-Repos l'ayant refusé, le mouvement a
retiré son recours. Conclusion de Florence Nicollier
: «Les communes ont une marge de manœuvre tant qu'elles
évitent l'arbitraire.». Chaque ville de Suisse
romande. applique des mesures différentes.
-
- Fribourg,
Bulle et Châtel-Saint-Denis autorisent annuellement
deux à trois stands. Morat
en a refusé un en 2003. Seul
Romont refuse systématiquement. Mais il invite ce genre
de groupes à faire passer leur message de façon
œcuménique, en s'adressant aux Eglises officielles.
-
- En
terre vaudoise, la prudence est aussi de mise. «Nous refusons
de cautionner les activités de prosélytisme»,
explique Vincent Audemars, inspecteur de la Police du commerce
d'Yverdon.
|
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-
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