INDEX
 
DÉCISIONS ET AVIS DES AUTORITÉS  
EXPERTISES ET ANALYSES DES MÉTHODES DE LA SCIENTOLOGIE
 
Index 1: Textes universitaires critiques de la Scientologie
 
Index 2: Avis et décisions des autorités (Suisse - France - Europe - Usa - Fédération de Russie)
 
Index 3: Expertises concernant la scientologie (E-meter - Narconon)
 
«Seules les personnes très stables, ayant confiance en elles-mêmes, de nature plutôt superficielle, peuvent s'adonner à la Dianétique et à la Scientologie sans trop de risques. De telles personnes s'adaptent facilement et peuvent opposer une résistance suffisante à la pression de groupe, ou bien elles s'identifient totalement à l'Organisation et se trouvent confortées dans leurs tendances narcissiques».
 
Hans Kind - Prof. Dr. méd. Hans Kind - Ancien directeur de la Policlinique psychiatrique de l'Hôpital universitaire de Zürich
 
1. Textes universitaires critiques de la Scientologie
Nous avons le plaisir de vous présenter ces quelques textes critiques des activités, théories et comportements de la Scientologie, choisis afin de renseigner plus particulièrement les communautés scientifique, politique, ou spécialisées (religion, sociologie, médecine, psychologie).
 
Voici:
 
- des articles parus dans les meilleures revues universitaires spécialisées
 
- des travaux commandés à d’autres savants par leur gouvernement ou par la Justice.
 
- un article du Time Magazine ayant acquis une notoriété mondiale du fait que la scientologie a tout tenté pour le discréditer ou discréditer son auteur, devant ou hors des tribunaux, depuis avant sa publication en 1991 jusqu’à nos jours. (M. Behar a obtenu plusieurs récompenses prestigieuses pour ce travail).
 
- Une thèse démontrant les nombreuses illégalités de la scientologie: escroquerie en bande organisée - violation des Droits de l'Homme
 
- Une étude sur les conséquences des manipulations (lavage de cerveau !) au sein du "Projet Force de Réhabilitation" de la scientologie. (Le RPF)
 
Les textes présentés ci-dessous ont été traduits par Roger Gonnet. Les traductions ne sont pas officielles, sauf celle du Dr Keltsch, qui émane du Ministère de l’Intérieur Bavarois.
 
Les auteurs et leurs ouvrages (format pdf):
 

Professeur Benjamin Beit Hallahmi, Université de Haïfa, Israël:


Professeur Stephen A. Kent, Université d’Edmonton-Alberta, Canada:


Dr Jean Marie Abgrall, Psychiatre, Expert auprès la Cour d’Appel (France):


Richard Behar, Grand reporter au Time, Forbes, New York Times:


Jürgen, Keltsch, Docteur en droit - Ministère de l’Intérieur du Land de Bavière:


Arnaud Palisson, Docteur en droit (France):

«La scientologie: une secte DANGEREUSE» (Thèse - Faculté de Droit de Cergy-Pontoise - février 2002)


Docteur Clark, psychiatre américain:

Stephen A. Kent, Docteur en Philosophie, Professeur au Département de Sociologie de l'Université d'Alberta -Canada

 
2 . DÉCISIONS ET AVIS DES AUTORITÉS
Suisse - France - Europe - Usa - Fédération de Russie
 
Remarque: Les décisions de Justice ne sont pas sur cette page 
voir ICI les nombreuses condamnations de la scientologie
 
SUISSE - 2006

La pétition "pour un contrôle de la thérapie de scientologie " obtient de la part du Conseil d'Etat du canton de Vaud une réponse de normand ! (Réponse communiquée à l'AVDS le 8 septembre 2006, soit deux ans après le délai légal et juste avant les élections de cet automne 2006! Les électeurs du canton de Vaud apprécieront le manque de courage de leurs élus ...)

SUISSE - 2005
 
Christoph Blocher, Chef des federalen Justizdepartements und Polizei, bestätigt die Genauigkeit des Berichtes über die universelle Kirche (Die Bruderschaft der Menschheit - Die Neue Franziskanishe Welt-Missionbestrebung Der Universalen Kirchen)
 
Die antwort des Eidg. Justiz - und Polizeidepartements (07.11.05)
 
Jura: Gilles Froidevaux, maire socialiste de Delémont, a fait remarquer aux députés jurassiens les nombreuses condamnations de la scientologie pour expliquer sa décision d'interdire leurs stands dans les rues de la capitale jurassienne (23 février 2005)
 
Jura: Rejet d'une pétition contre les activités de propagande de la scientologie (22 février 2005)
 
Jura: De nombreux députés veulent que le Parlement débatte de l'activité de l'Église de scientologie (22 février 2005)
 
Jura: Les autorités de Delémont considèrent que les agissements et le message des scientologues heurtent de plus en plus les sensibilités des citoyens (22 février 2005)
 
SUISSE - 2004
 
Vaud: Le Parlement acccepte la pétition de l'AVDS pour un contrôle de la thérapie de la scientologie (septembre 2004)
 
Vaud: Rapport de la commission des pétitions concernant la pétition de l'AVDS pour un contrôle de la thérapie scientologue (juin 2004)
 
Jura: La commission des pétitions rejette la pétition : "sectes et actions subreptices (septembre 2004)
 
Fribourg-Vaud: Des villes confrontées à la propagande scientologue (août 2004)
 
SUISSE - 2003
 
Lucerne: Pas d'autorisation pour une école privée de Littau (août 2003)
 
SUISSE - 2002
 
Genève: Aucune distribution de brochures ou de tracts n’est autorisée en dehors de la tente (août 2002)
 
SUISSE - 2001
 
Lausanne: Décision du tribunal cantonal : la scientologie n'est pas une religion (décembre 2001)
 
Lausanne : La justice approuve Lausanne qui limite la propagande scientologue (juillet 2001)
 
SUISSE - 2000
 
Genève: Rapport de la commission judiciaire chargée d'étudier le rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil relatif à la création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances (CIC) (avril 2000)
 
Genève: Proposition de résolution concernant la création d'un centre intercantonal d'information sur les croyances (CIC) (avril 2000)
 
Décembre 2000 : RAPPORT SUR LA SCIENTOLOGIE ET LES SECTES EN SUISSE
 
Rapport à l’intention du Département Fédéral de Justice et Police
 
Conclusions et recommandation de la commission d'enquête sur la scientologie 
 
SCIENTOLOGIE: DECISIONS DES AUTORITES DE BALE VILLE
 
SCIENTOLOGIE: DECISION DES AUTORITES DE LA VILLE DE ZURICH
 
SCIENTOLOGIE: DECISION DES AUTORITES DE LAUSANNE 
 
SCIENTOLOGIE: DECISION DES AUTORITES DE LUCERNE 
 
SCIENTOLOGIE: DECISION DU CANTON DE ZURICH
 
UN CENTRE D'INFORMATION INTERCANTONAL SUR LES CROYANCES OUVRIRA EN 2001
 
UN OBSERVATOIRE DES RELIGIONS A LAUSANNE
SUISSE - 1999
 
Bâle-Ville: Le TF rejette un recours contre une disposition prohibant le prosélytisme excessif (juillet 1999)
 
SUISSE - 1998
 
Bâle-Ville: Texte de la nouvelle loi contre le prosélytisme excessif (novembre 1998)
 
Lausanne: les scientologues chassés de la rue (mars 1998)
 
Lausanne: Les autorités mettent leur veto à une campagne de pub des scientologues (janvier 1998)
 
Genève: Les scientologues placarderont à Genève 400 affiches interdites à Lausanne (janvier 1998)
 
 
SUISSE 1997
 
Canton de VAUD: L'Etat a fait fermer une école scientologue sauvage à Lausanne (décembre 1997)
 
SUISSE - 1994
 
Genève, mars 1994 : Pétition du GPFI
Pétition soutenue par Jean-Luc Barbier (Centre Info-Sectes/Vaud)
 
Pétition du GPFI contre la scientologie  (mars 1994)
 
Rapport de la commission des pétitions à propos des mesures contre la scientologie (21 octobre 1994)
 
Audition de M. et Mme Robert-Louis Schreiner, ainsi que M. François Lavergnat
 
Audition de M. Paul Ranc, diacre de l'Eglise réformée du canton de Vaud
 
Audition des représentants de l'«Association Eglise de scientologie de Genève». Mme Suzanne Montangero, Mme Françoise Conod et M. Jean-Pierre Colle
 
Les médicaments vitaminés sont importés d'Allemagne ou d'Angleterre. Ils ne sont pas vendus en pharmacies et ils ne sont pas enregistré à l'OICM.
 
la scientologie à Genève n'a pas le statut d'église et ne figure pas sur la liste des associations dont les donateurs ont des exemptions fiscales Audition de M. Von Niederhausern, inspecteur principal de la Sûreté
 
Audition de M. Saurer, député
Il trouve inadmissible que la scientologie s'attaque à des enfants.
 
Discussion et conclusions de la commission sous les applaudissements

 
CONSEIL DE L'EUROPE
 
Réponse à la Recommandation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (janvier 2003)
 
Conditions d’une véritable prise en charge des jeunes drogués (mars 2003)
 
Activités illégales des sectes, recommandation 1412 (septembre 2001)
 
Religion et démocratie, recommandation 1396 (septembre 2001
 
Une proposition de résolution sur les sectes ( juin 1999)
 
 
FRANCE
 
2006
 
Les députés veulent mieux protéger les enfants (Le Quotidien du médecin, 20 mars 2006)
 
2005
 
Assemblée Nationale: Utilisation abusive par le CCDH d'événements tragiques récents. Le CCDH, le comité de citoyens pour la défense des droits de l'Homme, est une émanation de la scientologie (JO, 18 octobre 2005)
 
Manifestation: Des élus à Paris devant l'Eglise de Scientologie (Bulletin des communes, 9 octobre 2005)
 
Paris: manifestation d'élus devant l'Eglise de scientologie (AFP, 5 octobre 2005)
 
Quelle est la réalité des sectes ? Questions à Jean-Michel Roulet, préfet hors cadre, et président de la Miviludes (Libération, 30 septembre 2005)
 
Le Conseil d'Etat confirme l'intérêt «informatif» de la liste parlementaire qui reste donc une référence pour le travail de prévention et de lutte contre les dérives sectaires. (27 juin 2005, Communiqué de presse du groupe d'études sur les sectes à l’Assemblée nationale)
 
Assemblée Nationale: Circulaire relative à la lutte contre les dérives sectaires (27 mai 2005)
 
Rapport annuel de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : Développement de microstructures - "Essaimage" de sectes comme la Scientologie ou Moon - "Progression sensible du satanisme" - Risques de dérive dans l'enseignement hors contrat (22 mars 2005)
 
Assemblée Nationale Politique à l'égard des handicapés mentaux (février 2005)
 
Assemblée nationale: Prosélytisme à l'égard des jeunes. Lutte et prévention (février 2005)
 
Assemblée Nationale: Esotérisme et sectes. Mission interministérielle. Bilan et perspectives (février 2005)
 
Assemblée Nationale: Audiovisuel et communication. Présentateurs. Appartenance à une secte. Interdiction (février 2005)
 
Assemblée Nationale: Esotérisme et sectes. Prévention et répression des mouvements sectaires (février 2005)
 
2004
 
Assemblée Nationale: Le contrôle du travail dissimulé dans les groupes sectaires (novembre 2004)
 
Assemblée Nationale: Réponse concernant les hospitalisations d'office (août 2004)
 
Parlement: 3 questions concernant la scientologie (septembre 2004)
 
Assemblée Nationale: Question concernant l'hospitalisation d'office (juin 2004)
 
Une brochure de prévention: question - réponse de l'Assemblée Nationale (juin 2004)
 
La France est-elle isolée dans sa lutte contre les dérives sectaires ? (avril 2004)
 
La France face au gouvernement américain (avril 2004)
 
La MILS et la position américaine sur la liberté religieuse (avril 2004)
 
Assemblée Nationale : L'association qui dénonce "l'augmentation des hospitalisations sur demande d'un tiers" est une émanation de la scientologie (mai 2003)
 
2003
 
La scientologie dans le collimateur de la mairie in Courrier de l'Ouest (avril 2003)
 
2000
 
La situation en France en 2000
 
1999
 
Cour d'appel de Lyon: "La consommation à doses excessives, conjuguée avec les autres techniques utilisées en Scientologie, est de nature à favoriser l'apparition de troubles mentaux confusionnels" (juin 1999)
 
Assemblée nationale : La Scientologie paraît s'être en partie spécialisée dans le traitement, l'accompagnement et la réinsertion des toxicomanes à travers ses centres Narconon. (juin 1999)
 
Avis du du Dr Roger Franck (septembre 1999)
 
Avis du Dr Lambert
 
Avis de Jean-Marie Abgrall : Des manipulateurs exploitent des manipulés (Bilan juin 1994)
 
 
ALLEMAGNE
 
Le Ministre fédéral de l'intérieur, M. Schilly, est invité à intensifier la surveillance de quelques pas jusqu’à pouvoir décider éventuellement d’une interdiction de l'association de scientologie (décembre 2004)
 
Echec pour la Scientologie devant le tribunal de Cologne (décembre 04)
 
Muenster: "La soi-disante 'Eglise de scientologie' n'est pas une dénomination religieuse et, en matière de taxes, peut donc être traîtée comme une entreprise commerciale" (juin 2000)
 
L'Eglise de scientologie «offense» les victimes du nazisme (2000?)
 
La situation en Allemagne en 2000
 
Düsseldorf: Selon un rapport la scientologie agit de manière «totalitaire» (janvier 1996)
 
 
AUTRICHE
 
La situation en Autriche en 2000
 
 
BELGIQUE
 
L'abus de la position de faiblesse sera désormais puni en Belgique (Communiqué de presse du Conseil des Ministres Sectes - 31 mars 2006)
 
CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS DE BELGIQUE: Rapport fait au nom du Groupe de travail chargé d'assurer le suivi des recommandations de la Commission d'enquête parlementaire «SECTES» (pdf -mars 2006
 
Bruxelles-Belgique: Le délégué général aux Droits de l'Enfant dénonce la Scientologie (La Libre Belgique - 8.11.05)
 
Question du Ministre de la Justice concernant l'inauguration à Bruxelles du Bureau européen de lobbying de la
scientologie (septembre 2003)
 
La situation en Belgique en 2000
 
 
SUEDE
 
La situation en Suède en 2000
 
 
HOLLANDE
 
La scientologie et les impôts (janvier 2004)
 
 
AUSTRALIE
 
Rapport de la commission d'enquête australienne (octobre 1965)
 
 
USA
 
L'association médicale californienne (CMA) a déclaré son soutien unanime aux districts scolaires qui ont laissé tomber Narconon (Non à la drogue, Oui à la vie) et d'autres approches "inexactes dans les faits" (mars 2005)
 
San Francisco: Les conférences de Narconon sont interdites (octobre 2004)
 
San Francisco: Les conférences de Narconon sont jugées dépassées et inexactes (octobre 2004)
 
Pourquoi les USA défendent-ils les sectes ? (livre "Les Sectes" de Thomas Lardeur, avril 2004)
 
IRS : Closing Agreement On Final Determination Covering Specific Matters (october 1993) en anglais
 
Avis du Juge Paul Breckenridge (mai 1984)
 
Réquisitoire du ministère public (octobre 1978)
 
 
ITALIE
 
Regard de l'UNADFI sur l'Italie et les sectes (mai 2000)
 
Cour de cassation: débat sur la définition du mot "religion" (1997)
 
Activités de la Scientologie examinées par trois importantes juridictions italiennes : celles de Rome, de Turin et de Milan (1996-1997)
 
L'institut de recherche pharmacologie "Mario Negri" juge "sans aucun fondement et pouvant avoir des effets toxiques" la thérapie pratiquée par le centre NARCONON de scientologie (mars 1991)
 
 
LONDRES
 
Avis d'un Juge (juin 1984)
 
 
LA FEDERATION DE RUSSIE
 
Moscou: La mairie interdit la construction d'un temple Krishna (AFP, 12 octobre 2005)
 
La justice russe refuse en appel d'interdire l'église de scientologie à Moscou (août 2002)
 
 
ROUMANIE
 
Roumanie: Moon interdit dans le pays (APIC, 27 octobre 2005)
 
 
HONGRIE
 
La scientologie sous surveillance de la justice en Hongrie pour importation illicite de détecteurs de mensonge (Budapest Sun - 1 décembre 2005)
 
3. EXPERTISES CONCERNANT LA SCIENTOLOGIE
 
SUISSE
 
Expertise judiciaire de l'électromètre-Hubbard par l'institut de criminologie de l'Université de Lausanne (1991)
 
Un expert incompétent, l'historien Jean-François Mayer (texte de Roland Huckel - juillet 1990)
 
Expertise (résumée) du professeur Hans Kind sur la scientologie (1989)
 
Expertise du professeur Hans Kind sur la thérapie de la scientologie et ses méthodes  Hans kind :Prof. Dr. méd. Hans Kind - Ancien directeur de la Policlinique psychiatrique de l'Hôpital universitaire de Zürich - (1989)
 


 
USA
 
USA expertises: les notions de Narconon que les experts médecins disent inexactes (mars 2005)
 
 
ITALIE
 
L'institut de recherche pharmacologie "Mario Negri" juge "sans aucun fondement et pouvant avoir des effets toxiques" la thérapie pratiquée par le centre NARCONON de scientologie (mars 1991)
 
JEAN-FRANCOIS MAYER - UN EXPERT SUISSE INCOMPÉTENT
 
Par Roland Huckel
 
En septembre 1998 le département Fédéral de Justice et Police a commandé un rapport sur la scientologie et la Sécurité de l'Etat à un groupe d'experts parmi lesquels l'historien Jean-François Mayer.
 
Malgré une prétention scientifique Jean-François Mayer n'a contacté à ce jour aucune association suisse romande de lutte contre les dérives sectaires et a répondu au président de l'ADFI- suisse qu'il n'avait pas le temps de lire les volumes concernant les règles internes de la scientologie, (une dizaine de volumes, chacun d'environ 500 pages). Une documentation que l'association se proposait de mettre à sa disposition.
 
D'autre part, Jean-François Mayer a signifié au président de l'ADFI-Suisse qu'il n'était aucunement intéressé par le moindre témoignage d'une victime de la scientologie ! Un tel comportement est une violation déontologique grave. Un tel aveuglement était-il prévisible ? Oui, pour preuve cette analyse du professeur de philosophie, Roland Huckel.
Analyse du livre de Jean-François Mayer :
«Confessions d'un chasseur de sectes» (Editions Cerf 1990)
 
«J'avoue d'abord une grande perplexité face à un texte qui provoque au moins trois niveaux de lectures:
 
  • Par son apport divertissant et son titre accrocheur, il peut avoir du succès dans les kiosques des gares;
  • Par son apport documentaire sur des dizaines de mouvements religieux, il peut apporter un intérêt journalistique;
  • Par le commentaire personnel qui encadre les récits, il ébauche une théorie, très discutable, sur le rôle de l'historien et du sociologue des religions.
  •  

Je m'arrêterai particulièrement à ce dernier aspect du livre parce qu'il défend des positions qui sont a l'opposé de celles que je respecte avec mes amis du comité de l'Association de Défense des Victimes de Sectes, Wissembourg. Je note d'abord avec satisfaction que l'auteur n'est pas un «rat de bibliothèque» comme le laissaient supposer ses ouvrages précédents: bien au contraire, il est un homme de terrain, n'hésitant pas à vivre quelque temps avec les communautés qu'il se propose de décrire théoriquement.

II avoue enfin qu'il existe des «escrocs» (p.70), même s'ils ne sont pas des escrocs «totaux»: après avoir «travesti leur biographie», certains fondateurs finissent par croire réellement a leur rôle : «La manipulation de l'histoire est flagrante». Les escrocs ne constituent pas la majorité. La s'arrêtent nos points d'accord.Les points de désaccord convergent en une constatation : il ne s'agit pas avec cet ouvrage des "Confessions", mais des

 «CONFUSIONS D'UN CHASSEUR DE SECTES»
 
Première confusion
 
II s'agit d'une attitude, que je rencontre tous les jours avec les victimes de sectes, autant avec les ex-adeptes qu'avec leurs parents ou amis, qui consiste à dire : «Vous n'allez rien m'apprendre sur cette secte: moi, je la connais parfaitement, puisque ma fille y est depuis dix ans» !
 
Eh bien, non. Je remarque que personne ne peut se prévaloir du titre d'«expert» en telle ou telle secte : chacun de nous, moi y compris, n'a qu'une connaissance parcellaire, lacunaire donc, d'un mouvement religieux. Le fait d'avoir été Témoin de Jéhovah ou Mooniste ne donne pas a quelqu'un une "autorité infaillible" sur ces deux mouvements : au contraire, le vécu n'est qu'un seul des paramètres de la réalité.
 
C'est la convergence des témoignages, leur confrontation polémique surtout, qui nous rapprochent d'une synthèse valable (synthèse a revoir d'ailleurs tous les six mois !). Le vécu dans des dizaines de sectes par Jean-François Mayer n'est donc qu'un des torrents qui forment une rivière grâce à d'autres ruisseaux, avant de se jeter dans un fleuve, tranquille et utilisable. Mais il ne donne a l'auteur aucun droit d'expertise en la matière, aucun monopole sur l'information, aucun titre d'arbitre sur les questions litigieuses.
 
Se présenter comme explorateur des cavernes sectaires ou comme aventurier des expériences spirituelles, c'est certes intéressant. Mais s'il s'agit de se désigner ainsi comme membre d'une élite, d'experts et de chercheurs scientifiques, j'émets les plus grandes réserves. Le spécialiste attitré, ou universitairement diplômé, qui se présente comme tel, est éminemment suspect par le fait même qu'il nous suggère d'utiliser l'«argument d'autorité» (tel spécialiste officiel l'a dit, c'est donc vrai !). Ma propre expérience de la vie universitaire me rappelle précisément que les grands «spécialistes» d'une discipline sont rarement d'accord entre eux !
 
Les aventures du chasseur suisse des sectes ne peuvent avoir d'audience qu'à l'intérieur de cette confusion entre l'«argument d'autorité» et l'argument, synthèse d'informations de sources multiples et contradictoires.
 
La profession «expert-es-sectes» est une imposture. Le prestige international d'un écrivain, auteur d'une centaine de livres sur les mouvements religieux, ne donne aucune valeur, privilégiée ou charismatique, à sa signature : au contraire, celle-ci ne serait plus qu'un argument d'autorité, le poids de la célébrité. C'est là le moteur, précisément, de toutes les croyances sectaires en un maître spirituel, un prophète ou nouveau sauveur !
 
Deuxième confusion
 
Au long de ses différents ouvrages, l'auteur s'obstine a fournir des descriptions de sectes en l'absence de tout échafaudage conceptuel, mélangeant l'énoncé des croyances au récit des divers comportements, ce qui s'y dit a ce qui s'y fait. Voila une confusion méthodique, très consciente, qui rejoint l'amalgame volontaire que pratiquent tous les porte-paroles des groupes sectaires (au nom de l'«adualité» de leurs principes fondateurs). C'est cette attitude, de type oriental ou traditionnel, qui permet aux faux gourous de présenter un bloc indifférencié et inanalysable de règles et de répondre à tout essai de contrôle ou d'accusation : «Mais vous ne respectez pas la liberté d'expression religieuse : ce que nous faisons et ce que nous disons ne forment que la manifestation de notre foi !».
 
Si ces mouvements religieux ont choisi l'adualité comme principe, c'est leur droit : c'est aussi notre droit (et celui de nos tribunaux) de faire un choix différent; je cite à ce propos le récent verdict d'un tribunal américain, qui oppose le principe de dualité (scientifique et occidental) au principe de non dualité d'un groupe qui veut rendre «clair» le monde entier ! «Juillet 1989. U.S.A. - Bien que la COUR D'APPEL DE CALIFORNIE ait réduit les dommages et intérêts que la Scientologie devra verser à un ex-adepte, Larry Wollersheim, à 2.5 millions de dollars, ce verdict met fin à 10 ans de procédure. La cour a rejeté la prétention de la Scientologie selon laquelle toutes ses pratiques étant religieuses, elles devraient être protégées par la CONSTITUTION de toute ingérence juridique.
 
Le juge a declaré que la Scientologie avait délibérément ruiné Larry Wollersheim économiquement et psychologiquement et que cette conduite est trop scandaleuse pour jouir de la protection constitutionnelle.»
 
Voilà pourquoi, dès notre fondation en 1987, nous avons adopté, au compte de l'ADVS (Association de Défense des Victimes de Sectes, Wissenbourg), la définition de la secte dangereuse, élaborée par l'ADFI-Paris, parce que celle-ci distingue à priori les croyances (du domaine de la liberté) des comportements (du domaine juridique). Cela nous convient d'autant plus que nous ne nous occupons que des personnes qui s'adressent à nous: celles-ci ne sont jamais victimes des croyances théoriques, mais bien des manoeuvres malhonnêtes des dirigeants sectaires.
 
En se plongeant dans les petites communautés sectaires, Jean-François Mayer est bien témoin de ce qui s'y fait : précisons, de ce qui s'y fait dans la belle vitrine, destinée aux yeux des passants à séduire. La rapidité de ses nombreuses visites ne lui permet certes pas d'arriver dans les arrière-boutiques de ces entreprises fermées, où se décide la haute stratégie au jour le jour, autour du grand maître, et où l'on distingue parfaitement le rôle du cerveau de celui de la main qui exécute les missions, ce qui s'y dit de ce qui s'y fait ! Bref, le principe de non dualité, constitutif de tout ce qui est sacré et transcendant (l'âme ou la «création»), est valable dans notre «dire», dans la formulation de notre credo, mais non dans notre «faire», dans ce qui se déroule sur les deux vecteurs spatiaux et temporels, dans nos événements donc, dans les activités concrètes d'un groupe.
 
Appliquer la non dualité à notre activité, dans ses ouvrages (dont quelques uns à prétention «scientifique»), c'est se cacher derrière un alibi savant, c'est manipuler mentalement les juges ou les lecteurs.
 
L'échafaudage conceptuel, élaboré par Roger Ikor, me semble plus honnête : il distingue 7 catégories: Historique - Doctrine - Pratiques - Organisation - Propagande - Puissance matérielle - Le groupe par lui-même. (Voir les Guides du CCMM).
 
Troisième confusion
 
Jean-François Mayer se réclame d'une démarche scientifique, rappelant qu'il travaille avec le soutien financier du Fond National Suisse de la Recherche Scientifique. Je lui demande ici de publier sa définition du concept «science» ou «scientifique» pour nous aider, les lecteurs, à découvrir ce qu'il y a vraiment de "scientifique" dans ses différents ouvrages, en opposition avec ce qu'il appelle le «militantisme» des associations qui aident les victimes des sectes (et qu'il appelle, trop globalement, et avec de nouvelles confusions, des «associations anti-sectes»). Si je me réfère à mon dictionnaire Larousse, l'activité de notre chasseur de sectes est vraiment «militante» («qui lutte, combat pour une idée, une opinion, un parti»), elle n'est aucunement scientifique (selon ma définition de la science, procède d'analyses méthodiques et non de confusions).
 
Dans sa chasse, l'auteur précise bien que son livre « a mûri et a été rédigé en marge» de la vaste enquête officielle (p.1). Mais cette marge ne présente aucune différence avec les méthodes habituelles de l'auteur, qui mêle continuellement son commentaire personnel a toutes les descriptions historiques des sectes, qui va, comme un syndicaliste, formuler des revendications au gouvernement : verser aux Instituts deRecherche les subventions accordées jusque là aux «associations anti-secte ». (p. 101 de «Sectes Nouvelles - Un regard neuf ?») Cerf 1985.
 
Est-ce là une démarche scientifique ?
 
Mais cette fois, sans doute grisé par ses succès de traduction, il va plus loin ; il s'avance avec drapeau blanc entre deux camps (de son imagination) des pro-sectes et des anti-sectes, il se prend pour un Ministre Plénipotentiaire chargé des négociations, et il pose ses conditions, il édicte des règles à notre usage en tant que Grand Protecteur des Sectes Persécutées, en Grand Responsable Mondial des «engagements religieux d'une intensité à laquelle notre époque n'est plus habituée» (p. 111).
 
Attention, il se demande : «la critique des sectes ne risque-t-elle pas de tourner a une critique de tout ce qui n'est pas dans l'esprit du temps ?» (p. 111). Dangers qui nous guettent si nous nous permettons de montrer les «mensonges fondateurs» des escrocs de la spiritualité et les pratiques sectaires, interdites par les lois françaises : la démonisation des gourous, la médicalisation de leurs comportements (paranoïaques) et, horreur, la criminalisation des conduites ! (p. 112). Le Plénipotentiaire, ami de tous les gourous sans distinction, nous propose donc d'accorder une totale immunité morale, pénale, civile, administrative, fiscale... à tous les dirigeants de sectes : il déconseille même toute procédure de contrôle de notre part ou de la part du fisc ou des Renseignements Généraux : sa procédure en effet suffit largement ! Pourquoi ? «Car, malheureusement, trop d'intervenants ignorent l'histoire, quand ne leur manque pas la connaissance du phénomène religieux lui-même» (p. 113).
 
Le voici le monopole de l'expert-es-sectes, seul habilité à parler des phénomènes religieux et de l'histoire, qui demande le silence a tous, même aux experts en droit (qui condamnent les dirigeants pour criminalité), aux experts en médecine (qui analysent les mégalomanies de certains discours de gourous)... En tout cas, voila une démarche qui n'a absolument rien de scientifique, qui relève plutôt du militantisme corporatiste, de la lutte des historiens super-experts en tout, qui expertisent les différents experts spécialisés et qui leur donnent des conseils, des interdictions même ! Médecins et juristes, il ne vous reste plus qu'à vous inscrire à un stage de recyclage idéologique chez le chasseur suisse des sectes, l'expert absolu, le seul, et en tout : il n'existe pas, dans les sectes, des criminels, des fous... Ce n'est donc pas la peine d'aller voir.
 
Quatrième confusion
 
J'ai failli sauter au plafond en lisant ces lignes prétentieuses : «Dans l'évaluation de ces controverses (sur les crimes et les folies de quelques escrocs de la religiosité), je crois que le regard de l'historien est particulièrement précieux, car l'examen du passé relativise la nouveauté des débats en cours» ... (et de rabâcher une fois de plus son lamentable exemple répété dans la plupart des ouvrages !) (p. 112). Voila l'auto-promotion narcissique, l'auto-félicitation professionnelle !
 
Si les livres agressés pouvaient émettre un signal d'alarme, comme nos autos protégées électroniquement, celui qui se tient là, sur mes rayons, hurlerait déjà a cette phrase : il s'appelle «Les grandes doctrines de l'histoire de Confucius a Toynbee » d'Alban G. Widgery (Gallimard 1965) et il montre tous les "regards d'historiens" qui, loin de relativiser les débats, les ont portés à l'absolu, en ont construit un système fermé, une synthèse finale, la toute dernière de l'humanité !
 
J'avais consacré quinze jours, en 1988, à examiner le «regard d'historien» de Moon, qui découpe le passé en tranches artificielles de 2000 ans pour aboutir à la synthèse de ses Principes Divins. Le «regard d'historien» de Ron Hubbard va encore plus loin dans le passé, plus loin aussi dans ses guérisons par synthèses ... Non, les regards d'historiens ne relativisent pas plus qu'ils ne synthétisent les débats : ils les dédramatisent peut-être en montrant qu'un événement n'est pas unique mais sériel. Tel crime de tel escroc de la spiritualité n'est pas le premier mais le millionième, depuis deux mille ans 150 nouveaux Christs ont fait leur apparition, etc ... Même sériel, un crime est toujours punissable.
 
La plus grave confusion qu'opère Jean-François Mayer consiste a écrire : «le regard d'historien relativise», en faisant comprendre que, dans le débat sur les crimes et les folies des faux gourous, le regard d'historien donne l'absolution à tous les escrocs de peur de condamner un gourou innocent et sain d'esprit (les juristes et les médecins n'ayant pas le niveau d'expertise et de compétences universelles, que possède évidemment le chasseur de sectes).
 
Relativiser signifie «absoudre», aussi dans les plaidoiries des avocats de la défense : l'enfance malheureuse de l'accusé, les violences de la société, les injustices qu'il a subies... tout le «regard de l'historien» d'un coupable en fait une victime. Analysée ainsi, une faute n'est plus une faute, mais une saine réaction...
 
Relativiser signifie absoudre, aussi dans les conclusions des psychologues qui montrent des mécanismes non maîtrisables à l'oeuvre dans les comportements d'un accusé (mais beaucoup d'autres psychologues relèvent la responsabilité et la préméditation; quand ils relativisent, ils accusent...).
 
L'historien n'est pas seul à relativiser, mais il est sans doute le seul a dire qu'il relativise pour cacher le fait qu'il innocente les accusés...
 
Dans la chasse aux sectes, une telle confusion sournoise est une habile manipulation conceptuelle. Et
précisément, la manipulation conceptuelle, avec la virtuosité de Ron Hubbard, est l'art suprême des
dirigeants de mouvements religieux discutables, objets de nombreux procès ...
 
P. 112 et p. 113: j'observe que ces deux pages constituent une répétition des schèmes obsessifs qui hantent l'esprit du chasseur de sectes. C'est une liste de clichés qui reviennent dans la plupart de ses écrits, rien que des stéréotypes : démonisation, médicalisation, criminalisation... Ce qui est bizarre, c'est que l'auteur utilise 4 fois le terme «stéréotype», faute commise par les associations anti-sectes, dans ces deux pages : se rendra-t-il compte un jour que ses reproches s'adressent avant tout à lui-même ?
 
«LES CONFUSIONS D'UN CHASSEUR DE SECTES» ne s'arrêtent pas là : mais elles montrent suffisamment le caractère militant, non scientifique en tout cas, de sa démarche, la valeur peu fiable aussi de ses informations, la prétention ridicule de son ton d'expert universel !
 
J'ai analysé beaucoup de livres sur les sectes : c'est la première fois, avec Jean-François Mayer, que mes appréciations sont violemment négatives. J'avoue n'être pas un «expert» et je suis prêt à corriger mon opinion à la faveur d'autres critiques, plus élogieuses.
 
Je n'ai pas non plus la chance d'être un scientifique : mais je garde un petit espoir qu'avec la définition du scientifique que va publier Jean François Mayer, tout militant va devenir un vrai scientifique .
 
17 juillet 1990, Roland Huckel
 
MARSEILLE: AUDITION D'UN EXPERT PSYCHIATRE
 
Tribunal de Marseille, Mercredi 22 septembre 1999
Reuters. 22.9.1999. Par Thierry Cayol. Associated Press. 22.9.1999. Par Jean-Charles Banoun. AFP,
22.9.1999. Le Monde, 24.9.1999. Par Jean-Michel Dumay.
 
Le docteur Roger Franck a longuement évoqué la nature des produits prescrits aux adeptes. Pour lui, "l'ensemble des composants des produits administrés (généralement des vitamines additionnées de vinaigre chaud ...) n'ont aucune indication thérapeutique, et les doses prescrites dépassent parfois largement les doses recommandées, ce qui peut représenter un risque toxique".
 
Pour l'expert, au sein de l'Eglise de Scientologie, "ce ne sont pas les médicaments qui ont un effet psychotrope mais un système basé sur une interaction affective et psychologique, un système quasi religieux".
 
Les scientologues revendiquent cette vocation religieuse mais le docteur Franck s'est appuyé sur des documents saisis dans les "missions" de Nice et Marseille pour la contester : "Certains documents à usage interne insistaient sur la nécessité d'assurer un rendement commercial. Il fallait prioritairement vendre le matériel (livres, électromètres) et les services au public", a précisé l'expert, selon qui, "à aucun moment, dans les interrogatoires policiers des prévenus, on n'entrevoit quelque chose qui ait un rapport avec la foi".Pour le psychiatre toulousain, "sous prétexte de soins, la scientologie facilite la rechute chez des personnes qui traversent un moment difficile et propose ensuite un accompagnement".
 
En outre, le docteur Franck s'est dit persuadé que "ce qui était recueilli au cours des 'auditions' des adeptes ne pouvait être utilisé par des gens (en l'occurence certains prévenus) qui n'ont aucune connaissance". En conséquence, "les programmes proposés ne pouvaient être crédibles. Les sujets étaient sous l'emprise d'une névrose de répétition", a assuré le médecin.
 
Il est allé plus loin encore en assurant que "le recours à la religion dans les moments de souffrance crée un risque d'aliénation". Plusieurs des adeptes de la Scientologie ont d'ailleurs subi des dépressions nerveuses ou ont fini en hôpital psychiatrique.
 
"Etymologiquement, la religion relie alors que la secte sectionne les liens sociaux et familiaux et fait en sorte que des sujets fragilisés puissent donner toujours plus d'argent", a conclu l'expert-psychiatre.
 
 AVIS DU DOCTEUR LAMBERT, PSYCHIATRE
 
(Femme actuelle)
"On pense que les personnes qui ont besoin de s'identifier à un groupe peuvent tomber plus facilement en dépendance. Mais un cadre supérieur, mature intellectuellement et immature affectivement, est tout à fait susceptible d'être embrigadé"
 
 
(octobre 1965)
(Résumé publié dans le livre «Ron Hubbard, le gourou démasqué», Russel Miller, éditions Plon 1993)
 
Présidée par Kevin A. Anderson. Procureur de la Couronne, elle avait siégé 160 jours, entendu 151 témoins et condamnait en bloc la Scientologie.
 
La teneur du premier paragraphe suffit à donner le ton de l'ensemble : «Certains aspects de la Scientologie sont tellement absurdes qu'on pourrait avoir tendance à la traiter par la dérision et considérer ceux qui la pratiquent comme d'inoffensifs hurluberlus... En lisant ce rapport, il convient de ne pas perdre de vue les observations préliminaires suivantes: la Scientologie est néfaste: ses techniques sont nuisibles; sa pratique constitue une séreuse menace pour la collectivité sur les plans médical, moral et social; ses adhérents sont honteusement leurrés et souvent mentalement malades».
 
Dans bien des cas, poursuivait le rapport, le dérèglement de l'esprit et la perte du sens critique résultaient des procédures mêmes de la Scientologie, conçues pour induire une docilité allant jusqu'a l'asservissement. Le sujet ainsi conditionné par la peur, la tromperie et l'affaiblissement de ses facultés ne peut plus y échapper. L'existence de dossiers renfermant les confessions et les secrets les plus intimes de milliers de personnes constituait en outre une grave menace pour les libertés individuelles et collectives.
 
Quant à L. Ron Hubbard, sa propre santé mentale était «sérieusement mise en doute ». Ses écrits, truffés de propos hyperboliques à sa propre gloire, de pitreries, d'explosions de fureur hystérique, sortaient à l'évidence d'un esprit déséquilibré, de même que ses prétendus enseignements sur des absurdités aussi manifestes que les Thétans (les esprits) et les vies antérieures.
 
Il souffrait d'une maladie de la persécution; il manifestait une crainte morbide de tout ce qui concernait les femmes et une obsession malsaine de s'appesantir «de la manière la plus répugnante et la plus avilissante» sur des sujets tels que l'avortement, la sexualité, le viol, le sadisme, l'abandon d'enfants et autres perversions. Sa manie des néologismes était caractéristique de la schizophrénie; celle d'inventer des théories et des expériences de plus en plus aberrantes dénotait de fortes tendances à une schizo-paranoïa doublée d'un complexe de supériorité - «symptômes, ajoutait le rapport, communs à tous les dictateurs».
 
Au bout de 173 pages de la même veine, le rapport concluait: «Nous avons acquis la preuve que ses théories de la Scientologie sont invraisemblables, ses principes pernicieux, ses techniques avilissantes ... S'appuyant sur des rudiments de connaissances, son fondateur a bâti un édifice insensé ... la plus importante organisation au monde de gens incompétents pratiquant des techniques dangereuses sous le masque de la thérapie mentale».
 
 USA
 
PROCÈS DE LA FEMME DE RON HUBBARD ET DE SES CO-INCULPÉS
 
(octobre 1978)
Réquisitoire du ministère public:
 
«Le crime des accusés est d'une gravité sans précédent. Pas un bâtiment public, pas un bureau, pas un dossier n'était à l'abri de leurs agissements. Pas un individu, pas une organisation qui n'ait été exposé à leurs méprisables intrigues. En guise d'outils de travail, ils usaient d'émetteurs secrets, de codes, de fausses clés, de faux papiers ...»
 
N'oublions pas que leur fondateur et complice, L. Ron Hubbard, a écrit : «La vérité est ce qui est vrai pour vous», de sorte qu'ils s'estimaient en droit, avec la bénédiction de leur fondateur, de mentir et se parjurer sans scrupule du moment qu'ils le faisaient dans l'intérêt de la Scientologie».
 
 
(mai 1984)
Cour supérieure de Los Angeles
 
«Cette organisation, à la fois paranoïaque et schizophrène, n'est que le reflet de son fondateur. Les documents soumis à l'appréciation de la Cour tracent le portrait d'un mythomane pathologique à l'égard de son passé et de ses propres actes.
 
Ils démontrent son égoïsme, sa cupidité, son avarice, sa soif de pouvoir, son esprit vindicatif et son agressivité envers tous ceux qu'il considère ses adversaires ...
 
II apparaît en même temps comme un personnage charismatique capable de motiver, d'organiser, de dominer et de manipuler ses adeptes a sa guise.
 
Au cours de ce procès, certains témoins ont utilisé pour le décrire les mots de «génie», de «personne vénérée» . Il possède à l'évidence une personnalité complexe, dont la complexité même se reflète dans léglise de scientologie, sa création .
 
Il a choisi de vivre dans une retraite ... qui serait estimable si elle ne servait à l'abriter de ses responsabilités tout en ajoutant à sa mystique.»
 
 UN JUGE LONDONIEN QUALIFIE LA SECTE D'IMMORALE
 
(mai 1984)
Extrait du livre «Ron Hubbard, le gourou démasqué», Russell Miller, éditions Plon 1993
 
Un juge londonien qualifie la Scientologie d' «immorale, socialement odieuse, corrompue et néfaste»
 
Le Juge Latey avait à juger d'un litige opposant un scientologue pratiquant à sa femme, qui avait quitté la
secte, pour la garde de leur enfant.En confiant la garde de l'enfant à la mère, le juge ne mâcha pas ses mots pour dire ce qu'il pensait de la Scientologie : «Elle est corrompue parce que fondée sur le mensonge et la tromperie et que son réel objectif se borne à procurer argent et pouvoir à Monsieur Hubbard, sa femme et le sommet de la hiérarchie.
 
Elle est sinistre parce qu'elle applique des méthodes infâmes tant envers ses adhérents qui ne suivent pas aveuglement ses lois qu'envers ceux qui la critiquent ou s'y opposent de l'extérieur. Elle est dangereuse parce qu'elle cherche à capturer les enfants et les personnes impressionnables et les soumet à un lavage de cerveau qui en fait des outils sourds et aveugles au service de la secte, détachés de toute pensée et de toute vie normales comme de tous rapports avec autrui.»
 
Quant aux Hubbard, le juge n'y alla pas non plus par quatre chemins : «Monsieur Hubbard est un charlatan, voire pire, comme le sont sa femme et la clique des dirigeants de la secte.»
 
 
Résumé
 
Le rapport Kind est une étude réalisée en mars 1989 par le Prof. Hans Kind, ancien directeur de la Policlinique psychiatrique de l'Hôpital universitaire de Zurich, sur la demande d'un avocat, le Dr U. Eschmann,
en vue de répondre aux questions suivantes :
 
Que peut-on dire, sur la base des connaissances actuelles de la psychothérapie (psychiatrie) du modèle proposé par la Dianétique (scientologie) pour les maladies psychiques et physiques (cause, origine, guérison, etc.) ?
 
L'argumentation et les «preuves)) que la Dianétique (scientologie) fournit dans ses écrits correspondent-elles aux exigences d'un concept scientifique généralement reconnu ?
 
Que penser, du point de vue psychothérapeutique/psychiatrique, des méthodes d'audition de la scientologie ?
 
Concernant le premier point, le Prof. Kind montre que les principes de base de la Dianétique sont en contradiction flagrante avec les résultats actuels de la recherche en matière de psychologie et de psychiatrie. «L'idée que les névroses, les maladies psychosomatiques et les psychoses fonctionnelles seraient dues exclusivement à des événements pathogènes anciens, pouvant même remonter à la période prénatale, est totalement insoutenable. Les troubles de l'âme ne se comprennent en règle générale que par l'interaction de facteurs multiples. Toutes les théories qui veulent attribuer ces troubles à une cause unique sont à écarter».
 
Concernant le second point, le Prof. Kind relève que le traité de Ron Hubbard «se caractérise par l'absence totale de toute description vérifiable d'essais thérapeutiques avec contrôles de succès. Ron Hubbard se contente d'affirmer, purement et simplement, qu'il est scientifiquement prouvé que la Dianétique possède des effets merveilleux. Il ne lui en ccûterait guère d'établir une comparaison entre la Dianétique et une thérapie par la parole centrée sur le patient. Il lui suffirait pour cela de procéder auprès de la clientèle d'une institution psychothérapeutique à un essai où les patients seraient désignés au hasard pour suivre l'un ou l'autre des deux traitements. Nous n'avons jamais eu connaissance que Ron Hubbard ait soumis sa méthode à un tel test. Tant qu'aucun test scientifiquement vérifiable n'a été effectué, la dianétique ne saurait se réclamer du titre de science».
 
Concernant le troisième point, le Prof. Kind souligne que la relation du patient au thérapeute est essentielle pour le bon déroulement d'une psychothérapie. Or, la procédure dianétique exclut une telle relation. Selon les directives données par Ron Hubbard, le thérapeute, nommé «auditeur», doit rester totalement impassible,quelles que soient les réactions du patient. Ce dernier reste donc complètement seul face à ses difficultés et ses conflits. «Les personnes qui sont en conflit avec elles-mêmes ou avec leur entourage, celles qui présentent une certaine fragilité nerveuse ou manquent d'assurance, celles enfin qui souffrent de troubles psychiques, courent des dangers élevés tels que: états d'angoisse, dépression, crises psychotiques»).
 
D'autres dangers menacent encore le patient en raison de la théorie même de la Dianétique. Comme tous les troubles et maux du patient sont attribués à des événements anciens survenus dans la petite enfance, voire dans la période prénatale, les parents, la mère notamment, deviennent des cibles de prédilection. Toute opposition de leur part est aussitôt interprétée comme l'expression de leur culpabilité et de leur angoisse à la pensée que le patient pourrait découvrir les «mauvaises actions» qu'ils auraient commises contre lui dans son jeune âge, voire lorsqu'il était encore un foetus (tentatives d'avortement). De telles idées ont pour effet «de séparer le patient de sa famille et de le rendre complètement dépendant de la scientologie».
 
Le rapport Kind présente encore des histoires de cas concernant des personnes victimes de la scientologie. (témoignages ici)
 
Expertise du professeur Hans Kind
 
 
 
18 décembre 2001
communiqué de l'ATS
[Texte intégral]
 
LAUSANNE - L'Eglise de scientologie n'est pas une religion, estime le Tribunal cantonal de Lausanne. Il a rejeté la plainte déposée par les scientologues contre trois conseillers municipaux de la Ville pour discrimination religieuse.
 
Selon le Tribunal cantonal, une religion doit être acceptée et reconnue comme telle. Il ne suffit donc pas qu'elle se désigne par les termes d'Eglise ou de religion pour bénéficier de la protection contre la discrimination religieuse.
 
«On ne discerne dans la scientologie aucun rapport de l'homme à Dieu ou à un principe supérieur et sacré», estiment les juges. Ses prestations et les biens qu'elle offre «n'ont rien de religieux».
 
Le Tribunal cantonal confirme ainsi le non-lieu préalablement prononcé par le juge d'instruction du canton de Vaud. Pour l'Eglise de scientologie, le syndic Jean-Jacques Schilt, le municipal de la police Bernard Métrauxet la directrice des affaires sociales Silvia Zamora s'étaient rendus coupables de discrimination religieuse. Les scientologues leur reprochaient d'avoir rendu un préavis négatif à une campagne d'affichage.
 
Bernard Métraux était également accusé d'abus d'autorité. Il avait refusé la location d'une salle dans un restaurant appartenant à la ville, et avait restreint l'usage du domaine public aux scientologues.
 
La Municipalité de Lausanne se félicite de la décision du Tribunal cantonal. Elle lève à son sens toute équivoque quant à la nature des activités des scientologues, que la justice a clairement apparentée à une activité commerciale non religieuse.
 
 
 
Het Parool, 11 janvier 2004
Trad d'Anglais en Français: Jacques RICHARD
[texte intégral]
 
Le Ministère des Finances et le Service des Impôts, concernant l'Eglise de Scientologie, ont oscillé dans leur ligne de conduite pendant beaucoup trop de temps, selon M. van Overbeeke, Professeur de droit fiscal à l'Université Vrije d'Amsterdam. "Il est grand temps que le Ministère [des finances] commence à agir plus énergiquement, et dise : ce n'est pas du tout une église, mais simplement une entreprise commerciale ; et qu'à partir de maintenant elle doive être traitée comme une organisation commerciale.", dit M. van Overbeeke, qui, entre autres choses est spécialisé dans les relations entre des églises et le Service des Impôts.
 
"La Scientologie s'est placée exprès dans la zone grise entre une église et une entreprise, et simplement cette zone appelle la clarification. En tant que gouvernement vous pouvez mettre cela aux oubliettes pendant longtemps, mais il vient un temps où vous devez décider. Le Ministère des Finances a qualité pour prendre une position unique : Nous, Etat Néerlandais, nous considérons que la Scientologie est un commerce, pas une église. Il n'y a aucun doute qu'elle donnera une suite judiciaire [face à une telle décision], mais ceci est une autre affaire. "
 
Depuis les années 70 la Scientlogy Kerk Amsterdam se présente avec opiniâtreté au Service des impôts et au public comme une " religion " et une "église", qui (exactement comme les églises traditionnelles) serait acceptée pour l'exemption d'impôts.
 
Pendant des années les personnes en charge d'en juger au Ministère des Finances et au Service des impôts ont fortement varié sur la manière de traiter ce sujet : tantôt elles ont considéré que la Scientologie était une église, d'autre fois comme une entreprise commerciale. "Cette oscillation est due au fait que les inspecteurs et les juges ne sont pas toujours constants dans leurs opinions. Quelquefois ils sont mystifiés (bambooozled) par de belles histoires ayant trait à la liberté de religion ; quelquefois il est difficile de décider, lorsque la ligne de partage passe entre une entreprise commerciale qui prétend être une église et une église authentique. C'est pourquoi il y a un besoin de clarification , selon le professeur.
 
Il arrive que pour un temps des églises qui n'usent pas de tarifs aussi exorbitants que ceux en usage dans la Scientologie soient imposées. "Des monastères qui brassent de la bière, par exemple. En pareil cas le monastère n'est pas imposé, mais la brasserie l'est. Mais la Scientologie, c'est une toute autre histoire. Au maximum il s'agit pour 5% d'église, et le reste est une organisation commerciale qui ramasse de l'argent pour des services, et pas un petit peu d'ailleurs. "
 
Le Ministère des Finances ne veut pas répondre sur cette affaire. "L'église de Scientologie est une entreprise commerciale qui porte un masque religieux, et qui de plus en plus agit comme un groupe haineux . la Scientologie a une longue histoire de haine et d'actes de persécution, qui au moyen de mensonge et de tromperie, sont prônés et encouragés dans les propres "écritures " de la secte (Voir par exemple ses méthodes "dead agenting" et "fair game". C'est pourquoi le Apologetics Index classe l'organisation comme un groupement de haine.
 
Le responsable de publication du Religion News Blog est d'accord avec le point de vue du Gouvernement Allemand sur la Scientologie. Le gouvernement Allemand considère l'organisation de Scientologie comme une entreprise commerciale ayant une histoire [consistant à] tirer profit de personnes vulnérables, et en situation de perte de tout esprit critique. Le Gouvernement est aussi en garde quant au fait que la structure totalitaire et les méthodes pourraient constituer un risque pour la société démocratique d'Allemagne.
 
Plusieurs sortes de preuves ont contribué à cette perception sur la Scientologie, y compris les activités de l'organisation aux Etats Unis.
 
Source: Scientology and Germany
http://www.germany-info.org/relaunch/info/archives/background/scientology.html
[German Embassy in Washington]
 
LAUSANNE : LES SCIENTOLOGUES ABUSENT
LA VILLE PERD PATIENCE ET LES CHASSE DE LA RUE
 
24h00, 5 mars 1998, Madeleine Schürch
[texte intégral]
 
Désormais, la secte sera interdite de toute activité sur le domaine public de la commune. Pour avoir trop harcelé les Lausannois, ses adeptes devront ranger stands et tracts.
 
Après leur avoir interdit de lancer une campagne d'affichage sur son territoire, en février dernier, la Municipalité de Lausanne a décidé de frapper encore plus fort envers les scientologues. Hier, elle a décidé de leur refuser toute utilisation du domaine public lausannois ! Cette mesure draconienne traduit un certain ras-le-bol des autorités face à cette secte fortement ancrée au centre de la ville. Car les activités de cette «église» sont en nette recrudescence ces dernières semaines, notamment depuis le lancement de sa campagne publicitaire «Sachez penser par vous-même».
 
Nombreuses plaintes
 
Si la Ville avait refusé leurs placards géants, dans le cadre de la convention qui, lie la commune à la Société générale d'affichage, elle avait accepté, dans la même période, que les scientologues tiennent des stands lors des marchés plusieurs samedis de suite. «Mais' ils ont fait des demandes pour être présents partout dans la ville». Or, leur première opération, samedi dernier, n'a pas été du goût de tout le monde. De nombreuses personnes se sont plaintes à la police du harcèlement et du démarchage agressif des adeptes de la secte, qui n'hésitaient pas à barrer le chemin aux gens, et à insister en dépassant largement les limites de leur stand.
 
Considérant que les agissements et le message «ambigu» des scientologues heurtent de plus en plus la sensibilité des citoyens, le directeur de la police a décidé .d'interdire désormais aux scientologues toute activité sur le domaine public. «Ils pourront bien sûr poursuivre leur action, mais seulement sur territoire privé ou dans leurs lieux de réunion», précise Bernard Métraux.
 
Sa décision se base sur l'article du règlement de police qui stipule que la direction de police peut retirer le permis d'une manifestation publique en cas de non respect des mesures d'ordre. C'est donc une décision de police, contre laquelle, l'Eglise de scientologie peut faire recours au Tribunal administratif. Nul doute que celle-ci utilisera ce droit pour contrer cette nouvelle mesure «discriminatoire» et censure de sa liberté d'expression.
 
Une volonté politique ?
 
Cette décision est-elle l'aboutissement d'une volonté politique de museler les scientologues ? «Les citoyens sont molestés et les plaintes ne cessent de se multiplier. On doit arrêter de dire qu'on ne peut rien faire contre cette église et utiliser tous les moyens à disposition», estime Silvia Zamora, la municipale des travaux qui avait interdit la campagne d'affichage. Se référant aux récentes condamnations de l'église de scientologie, à Lyon comme à Genève.
 
Bernard Métraux entend bien mettre un frein aux agissements de cette secte avec laquelle la ville est d'ailleurs en conflit depuis cinq ans pour une question d'imposition. Ses services encouragent en outre les citoyens qui s'estiment agressés à porter plainte auprès d'un juge ...
 
 
 FRANCE - UNE BROCHURE DE PRÉVENTION
 
Assemblée Nationale - Question - Réponse
 
Journal Officiel, 8 juin 2004
[Texte intégral]
 
12ème législature
Question N°: 30755 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes )
Ministère interrogé: intérieur
Ministère attributaire: santé
Question publiée au JO le: 22/12/2003 page 9754
Réponse publiée au JO le: 08/06/2004 page 4305
 
Texte de la QUESTION :
 
M. Philippe Vuilque s'inquiète de la place croissante prise par les mouvements sectaires dans l'aide humanitaire. Comme en témoigne la presse, des attentats de New-York aux inondations en France, des mouvements sectaires assimilables à de grandes multinationales ont porté secours aux personnes sinistrées. Mais cette action n'est en rien désintéressée puisqu'il s'agit avant tout pour eux de chercher de nouveaux adeptes. C'est pourquoi il demande à M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales quelles actions de prévention ont pu être entreprises pour mettre en garde contre la présence de ces mouvements sectaires sur le lieu des sinistres en France. - Question transmise à M. le ministre de la santé et de la protection sociale.
 
Texte de la REPONSE:
 
Le ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées a publié et diffusé, début 2004, un fascicule de 49 pages portant le titre : «Accidents collectifs, attentats, catastrophes naturelles : conduites à tenir pour les professionnels de santé». Cette brochure contient une partie (p.44 et 45) expressément consacrée au thème : «Le risque de dérives sectaires : la pénétration des sectes sur les lieux de catastrophes». Cette partie explique les modalités des tentatives d'emprise des mouvements sectaires sur les victimes de catastrophes et appelle les intervenants à la vigilance face à la présence croissante de ces mouvements sur le lieu des sinistres. La brochure, tirée jusqu'à présent 5'000 exemplaires, a fait l'objet d'une diffusion en direction des organismes et des institutions concernés par l'organisation et la pratique des interventions en cas de catastrophe.
 
 
 
Bilan, juin 1994, Philippe Le Bé
 
Pour le médecin-expert français Jean-Marie Abgrall, la scientologie utilise des méthodes éprouvées dans maints domaines d'activité, mais sensiblement perverties. A l'instar de bien d'autres sectes, «des manipulateurs exploitent des manipulés».
 

    Jean -Marie Abgrall
     
    Médecin, psychiatre, criminologue, médecin légiste et expert auprès de la cour d'appel et des tribunaux français, Jean­Marie Abgrall (44 ans) vit à Toulon. Il a soigné de nombreuses victimes de sectes et expertisé des délinquants sectaires. Pour le compte de la justice, il a aussi rédigé des rapports sur les techniques de conditionnement mental et de manipulation utilisées par les sectes.
     
    Photo : AIR/J.-C Curchod
Bilan - Jean-Marie Abgrall, la scientologie est-elle une secte ?
 
Jean-Marie Abgrall - C'est ainsi qu'elle est qualifiée par divers auteurs, journalistes, universitaires, religieux ou ex-adeptes.
 
Bilan - Pour vous, qu'est-ce qu'une secte ?
 
J.-M. A. Affirmer, comme le font certains auteurs, qu'une secte est un nouveau mouvement religieux ou bien une minorité religieuse, cela pose d'emblée le problème de la liberté de penser, de la liberté d'expression personnelle ou religieuse, etc. Or, ce n'est pas du tout le propos. A mon avis, une secte est un mouvement replié sur lui-même, organisé autour d'une idéologie, qu'elle soit religieuse ou politique, et d'un gourou. Ou bien des deux, la plupart du temps. Son mode de fonctionnement est donc fermé et son organisation pyramidale. Des manipulateurs exploitent des manipulés.
 
Bilan - En quoi la scientologie est-elle une organisation fermée ?
 
J.-M. A. - La scientologie connaît un mode de fonctionnement occulte articulé autour de l'OSA, son bureau des affaires spéciales. L'OSA est un véritable service secret qui, dans le cadre de la propagande noire, lance des informations destinées à discréditer certaines personnes. Lorsqu'un individu est considéré comme dangereux pour la scientologie, les adeptes ont le droit et même le devoir de le réprimer.
 
Bilan - Quelles méthodes utilisent les scientologues pour pour attirer du monde ?
 
J.-M. A. - Ce sont des techniques de marketing et de publicité classiques. Les scientologues choisissent un groupe social donné. Puis ils,:proposent aux cibles de ce groupe tel produit peu coûteux, leur faisant miroiter un pronostic de réussite rapide. Cela peut concerner l'éveil de la personnalité (la dianétique), la musique (l'école de l'éveil) ou la santé (les techniques de «purification»). Dans un deuxième temps, une prestation de services beaucoup plus large est offerte. Mais à un prix sensiblement plus élevé.
 
Bilan - Et quels sont les sources, les fondements de ces techniques ?
 
J.-M. A. - Les techniques d'éveil de la personnalité, par exemple, sont relativement banales. Elles s'inspirent du bouddhisme, du yoga ou de la psychatrie traditionnelle. Mais celui qui ne les connaît pas a l'impression de découvrir quelque chose d'extraordinaire. Dans le monde des affaires, il est aussi fait appel à des méthodes largement éprouvées dans les secteurs de la publicité ou de la formation pour cadres. Mais, sorties de leur contexte et appliquées sans discernement par des gens incompétents, de telles méthodes sont vite perverties. Pour les scientologues, cela n'a évidemment aucune importance.
 
Bilan - Ron Hubbard a lui-même côtoyé certains milieux ésotériques ...
 
J.-M A. - En effet, il a notamment été en relation avec des ordres «initiatiques» branchés sur l'Inde comme la théosophie de Helena Petrovna Blavatsky, et sur l'Angleterre comme l'Ordo Templis Orientis (O.T.O.) dirigé par Aleister Crowley. Hubbard a donc alimenté sa cosmogonie personnelle avec des données récupérées un peu partout dans les écoles «initiatiques» classiques. Mais ensuite, il a su s'enrichir du mouvement psychiatrique naissant aux Etats-Unis dans les années de l'après-guerre. Parmi les techniques utilisées par la scientologie, certaines sont directement issues de la psychiatrie traditionnelle. Comme par exemple la dynamique de groupe, le psychodrame, la relaxation, la «renaissance», etc.
 
Bilan - Ya-t-il un profil type de l'adepte de la scientologie ?
 
J.-M. A. - Non. Mais il est vrai que de nombreuses personnes attirées par la secte se trouvent dans une état de fragilité psychique, dans une situation de rupture et de solitude. Dépressives, anxieuses, ces victimes potentielles ne connaissent personne à qui se confier. Elles ne vivent pas dans un cadre de référence, par exemple un club sportif ou une école artistique, où elles pourraient exprimer leurs doutes. Autre cible privilégiée: les gens fascinés par l'ésotérisme, la métaphysique, la parapsychologie, etc
 
Bilan - Comment se déroule le processus d'inculcation de la scientologie ?
 
J.-M. A. - Au commencement de leur approche, les scientologues utilisent un langage normal. Pour ne pas effrayer les futurs adeptes. Au fil du temps, après quelques séances, ils proposent à leurs sujets de manier un langage qu'ils considèrent comme indispensable à la lecture et à la bonne compréhension des ouvrages des scientologues. Mais, à la différence d'une initiation à une technique nouvelle, qui exige l'apprentissage d'une terminologie nouvelle précise, les termes employés par la scientologie, à quelques exceptions près, continuent d'appartenir au langage courant. Ce­pendant, ils sont légèrement déviés de leur sens original.
 
Bilan - Quels sont les effets d'une telle déviance ?
 
J.-M. A. - Après avoir pratiqué une sémantique trafiquée pendant plusieurs mois, le sujet ne sait plus très bien où se trouve la frontière entre le réel et l'imaginaire. Il a perdu ses repères culturels et sémantiques habituels. Quand, ensuite, il reçoit des informations de plus en plus aberrantes, ces dernières lui sont alors présentées sous forme de symboles. Lesquels, peu à peu, deviennent réalité ! Imaginez un chrétien adorant une croix et qui aurait oublié qu'en vérité c'est le Christ cloué sur la croix qu'il adore. Il finirait par adorer l'instrument de torture et non plus la signification du sacrifice. Le voilà sorti du système de référence traditionnel. Dans la scientologie, on commence donc par vous inculquer des idées à peine marginales, avant de vous faire glisser, peu à peu, dans la marginalité complète.
 
Bilan - Quel rôle joue l'électromètre dans la scientologie ?
 
J.-M. A. - L'électromètre est une prestation supplémentaire dans le fonctionnement de la scientologie. Instrument de mesure des variations galvaniques de conductivité de la peau sous l'effet d'un stimulus ou d'un stress, il équivaut grosso modo à un détecteur de mensonge. A quoi sert-il ? Pour commencer, les scientologues vendent une doctrine. Mais, à un certain moment, le sujet est tiraillé par le doute. Il se dit : manifestement, cela ne marche pas très bien ! Or, l'électromètre est précisément destiné à lui prouver le contraire. Réintégré dans le discours abscons de la scientologie, cet appareil devient une manifestation de l'au-delà, des thétans, de l'esprit. Devenu objet de culte, l'électromètre est divinisé aux yeux des scientologues.
 
Bilan - Comment passe-t-on de l'état de manipulé à celui de manipulateur ?
 
J.-M. A. - Ces précisions, pour commencer: les manipulés inconscients sont incapables de faire la part du réel et de l'attrape­gogo. Quant aux leaders financiers, ils se trouvent à Los Angeles ou à Copenhague, un centre de la scientologie pour l'Europe. Ils contrôlent économiquement et financièrement la secte. Cela dit, parmi les manipulés, certains finissent malgré tout par émettre des doutes. Ils se forgent une autoanalyse sincère et critique. A ce moment-là, les «superviseurs des cours» vont cerner davantage la personnalité de ces individus. Jusqu'à présenter à quelques-uns un contrat du genre: «Je te paie désormais tes cours, mais en échange tu fais tel travail pour nous.» C'est un peu comme dans une entreprise. Ceux qui ne peuvent sortir du travail à la chaîne restent en bas de l'échelle. Alors que ceux qui sont faits pour devenir leaders le deviennent. Les quelque quatre cents dirigeants tout en haut de la pyramide scientologue vivent comme des nababs.
 
Bilan - Il y a pourtant un grand nombre d'adeptes scientologues qui un jour quittent la secte ...
 
J.-M. A. - Tant qu'un individu est productif, soit parce qu'il est fortuné ou qu'il peut fournir un travail, la secte le garde. Mais si ce n'est plus le cas, elle l'exclut. Il y a certes des gens qui prennent réellement conscience qu'ils vivent dans un univers aberrant. Deux cas de figure se présentent alors : ou bien, comme je l'ai dit, ils s'intègrent toujours plus à la secte et deviennent des manipulateurs de haut vol, ou bien tout explose dans leur tête. L'initiation se fait à l'envers. Au lieu de se dire: «J'ai vu ou lu Ron Hubbard et je suis convaincu», ils prennent conscience qu'ils se sont fait piéger durant des années. Ils claquent la porte de la scientologie et, bien souvent, se dressent alors contre elle.
 
Bilan- Quelles traces laisse une telle expérience ?
 
J.-M. A. - Beaucoup des ex-scientologues ont perdu une partie de leur famille et leurs biens. Certains souffrent par ail1eurs de troubles psychiatriques plus ou moins graves. Cela va de la dépression à la psychose, aux délires chroniques, ou aux hallucinations. D'ailleurs, la secte ne souhaite pas garder en son sein hallucinés ou psychopathes. Exemples détestables pour les autres adeptes, ces malades peuvent être la source de graves ennuis d'un point de vue criminologique. Ils ne sont finalement utilisables que dans un cas bien particulier : quand leur délire s'intègre dans la cosmogonie de la secte. Un OT 8 convaincu de passer le mur du feu sans problème demeure parfaitement utilisable. A la fois fou et divinisé, il joue le rôle des chamans dans les sociétés tribales.
 
 

LE DROIT PENAL ET LA PROGRESSION SPIRITUELLE AU SEIN DES SECTES :
L'EXEMPLE DE L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE

Faculté de Droit de Cergy-Pontoise, février 2002 Les personnes (magistrats, juristes, universitaires etc.) ayant besoin d'obtenir une autorisation d'impression ou de copie peuvent en faire la demande à: gonnet@antisectes.net
 

Thèse d'Arnaud Palisson

«La scientologie : une secte DANGEREUSE»

Tome Un: La Thèse
 
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Plan sommaire
Introduction
 
1ère Partie – La pureté du corps physique:
procédure de purification et exercice illégal de la médecine.
 
Titre Préliminaire : Descriptif de la procédure de purification
Titre 1: L’élément matériel.
Titre 2: L’élément moral
Titre 3: La répression des différents intervenants
 
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2ème Partie – Le traitement du mental
audition de dianétique et tromperies
 
Titre préliminaire : Présentation de la thérapie dianétique
Titre 1: Escroquerie et audition dianétique proprement dite
Titre 2: Escroquerie et procédés employés pour susciter l’intérêt envers la dianétique
Titre 3: La vente de l'électromètre et la tromperie en droit de la consommation
 
3ème Partie – L'Ethique, garant de la pureté spirituelle :
du droit disciplinaire au droit pénal
 
Titre préliminaire: Les fondements de l'Ethique
Titre 1: L'Ethique, un règlement associatif traditionnel en droit disciplinaire
Titre 2: L'Ethique et le droit pénal
 
Conclusion générale
Bibliographie
Tables des matières
Tome Deux:
 
Annexes
Plusieurs fichiers pdf zippés volumineux en raison des images contenues.
 
1. - pages A1 > 24 --(1,2 meg)
 
2. - pages A25 > 31-- (1,7 megs)
 
3. - pages A32 > 88 -- (1,2 megs)
 
4. - pages A89 > 139-- (2,4 megs)
 
5. - pages A 140 > fin--(1,9 megs)
 
LA FRANCE EST-ELLE ISOLÉE DANS SA LUTTE
CONTRE LES DÉRIVES SECTAIRES ?
 
"Les sectes":Thomas Lardeur, Presses de la Renaissance, avril 2004
[p.145-148]
 
Depuis le milieu des années 1990, certaines ont laissé entendre, dans leurs journaux internes ou dans des interventions médiatiques, que la France serait isolée en Europe dans la lutte contre les agissements des mouvements sectaires. Et qu'en conséquence, elle serait sur la mauvaise voie. Force est pourtant de constater qu'il en va tout autrement.
 
La Suède
 
II est vrai que certains pays ont pris des décisions qui peuvent paraître surprenantes : ainsi de la Suède, qui, en mars 2000, a érigé la Scientologie au rang de « communauté religieuse », ce qui a permis au quartier général de la secte de se féliciter aussitôt de cette «reconnaissance sans équivoque». Encore faut-il savoir que cette décision a été prise à la suite de la séparation de l'Église luthérienne de Suède et de l'État depuis le 1er janvier 2000 afin de mieux ordonner le paysage religieux local. Qui plus est, cette décision a seulement pour effet d'ouvrir la voie à une demande d'aide de l'État et ne doit en aucune mesure, dixit un haut fonctionnaire au ministère de la Culture suédois, être interprétée comme une «approbation par les autorités» du type d'activités menées par les communautés. Pour preuve, comme l'a relevé le rapport 2001 de la Mils, la Suède vient de décider «la fermeture d'un établissement scolaire scientologue, les méthodes pédagogiques envisagées ne correspondant pas au standard éducatif suédois».
 
Allemagne, Belgique et Suisse
 
À l'inverse, plusieurs pays européens se sont montrés particulièrement actifs sur le sujet des sectes, ainsi de l'Allemagne, de la Belgique ou encore de la Suisse, où des commissions d'enquêtes parlementaires et des études menées par des ministères publics ont été diligentées, diverses lois votées et des centres d'information et d'avis sur les organisations sectaires créés.
 
Parlement européen et Conseil de l'Europe
 
À cela s'ajoute l'attitude de l'Europe qui, après avoir longtemps considéré que le phénomène sectaire relevait de la compétence de chaque État membre, a estimé nécessaire de s'exprimer clairement contre les agissements de certains groupes aux pratiques contraires aux droits de l'homme. Ainsi, la Commission des libertés publiques et des affaires intérieures du Parlement européen a invité, en février 1998, les États membres à «prendre des mesures, dans le respect des principes de l'État de droit, pour combattre les atteintes aux droits des personnes provoquées par certaines sectes auxquelles devrait être refusé le statut d'organisation religieuse ou cultuelle qui leur assure des avantages fiscaux et une certaine protection juridique».
 
Sans oublier le Conseil de l'Europe (41 États membres), qui a adopté en juin 1999 une recommandation spécifique à propos des sectes, estimant «qu'il faut veiller à ce que les activités de ces groupes, qu'ils soient à caractère religieux, ésotérique ou spirituel, soient en conformité avec les principes de nos sociétés démocratiques, et notamment avec les dispositions de l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme, et soient égale­ment légaux. [...] L'Assemblée attache une grande importance à la protection des plus vulnérables, et notamment des enfants d'adeptes de groupes à caractère religieux, ésotérique ou spirituel, en cas de mauvais traitements, absence de soins, endoctrinement par lavage de cerveau et non scolarisation qui rend impossible tout contrôle de la part des services sociaux». Ce qui n'a pas empêché les sectes, fidèles à leur politique d'intoxication, de faire dire à ce texte le contraire de ce qu'il disait.
 
 
 
 
"Les sectes":Thomas Lardeur
Presses de la Renaissance, avril 2004
[p 148- 149]
 
Pourquoi le gouvernement américain défend-il les grandes organisations sectaires ?
 
La conception de la liberté religieuse aux États­Unis découle du 1er amendement de la Constitution américaine qui dispose que le «Congrès ne fera aucune loi relativement à l'établissement d'une religion ou en interdisant le libre exercice». Résultat, il suffit de se déclarer comme une religion dans ce pays pour s'en voir reconnaître le statut et les menus avantages afférents. Une facilité qui a incité de nombreuses sectes à installer leur siège outre-Atlantique, à l'instar de la Scientologie, reconnue depuis 1993 comme une religion à part entière.
 
Libre aux Américains de faire comme bon leur semble sur leur propre territoire, cela relève de leur souveraineté. En revanche, on est en droit de critiquer leur attitude lorsque ce pays décide unilatéralement d'imposer au reste du monde sa propre conception de la liberté religieuse, de manière autoritaire et avec une certaine arrogance. Car telle est la réalité depuis que le Congrès a décidé en 1998 de voter une loi sur la liberté religieuse dans le monde, avec nomination d'un ambassadeur spécial, d'une commission, prévoyant même des sanctions à prendre contre des États récalcitrants «en réponse aux violations de la liberté de religion» - heureusement pas encore appliquées. Conséquence de ce vote, les Américains publient chaque année un rapport dans lequel ils dénoncent les pays qui inquièteraient des mouvements comme la Scientologie et les Témoins de Jéhovah, élevés outre-Atlantique au rang de religions «nouvelles et minoritaires». Une autre forme de «l'axe du mal» !
 
Plus choquant, le Congrès américain s'est même arrogé le droit d'intervenir directement auprès de certaines instances communautaires européennes afin d'infléchir leur attitude. Ce fut notamment le cas en 1999 lorsque des parlementaires américains demandèrent en toute simplicité à l'Assemblée de Strasbourg de rejeter le projet de recommandation sur «les activités illégales des sectes». Et même si le Conseil de l'Europe passa outre et adopta le texte à l'unanimité le 22 juin, il n'en reste pas moins que cette attitude américaine pose un vrai problème, celui d'apporter un' soutien considérable aux sectes - qui ont beau jeu de crier à la discrimination religieuse -, en même temps qu'un bouclier idéal.
 
 
"Les sectes":Thomas Lardeur
Presses de la Renaissance, avril 2004
[Extraits p 148- 152]
 
(...) Libre aux Américains de faire comme bon leur semble sur leur propre territoire, cela relève de leur souveraineté. En revanche, on est en droit de critiquer leur attitude lorsque ce pays décide unilatéralement d'imposer au reste du monde sa propre conception de la liberté religieuse, de manière autoritaire et avec une certaine arrogance. Car telle est la réalité depuis que le Congrès a décidé en 1998 de voter une loi sur la liberté religieuse dans le monde, avec nomination d'un ambassadeur spécial, d'une commission, prévoyant même des sanctions à prendre contre des États récalcitrants «en réponse aux violations de la liberté de religion» - heureusement pas encore appliquées. Conséquence de ce vote, les Américains publient chaque année un rapport dans lequel ils dénoncent les pays qui inquièteraient des mouvements comme la Scientologie et les Témoins de Jéhovah, élevés outre-Atlantique au rang de religions «nouvelles et minoritaires». Une autre forme de «l'axe du mal» !
 
Plus choquant, le Congrès américain s'est même arrogé le droit d'intervenir directement auprès de certaines instances communautaires européennes afin d'infléchir leur attitude. Ce fut notamment le cas en 1999 lorsque des parlementaires américains demandèrent en toute simplicité à l'Assemblée de Strasbourg de rejeter le projet de recommandation sur «les activités illégales des sectes». Et même si le Conseil de l'Europe passa outre et adopta le texte à l'unanimité le 22 juin, il n'en reste pas moins que cette attitude américaine pose un vrai problème, celui d'apporter un' soutien considérable aux sectes - qui ont beau jeu de crier à la discrimination religieuse -, en même temps qu'un bouclier idéal.
 
Face à cette situation, il serait nécessaire que nos hommes politiques prennent ouvertement et officiellement position. Hormis une simple lettre adressée en 1997 par le ministre français des affaires etrangères, Hubert Védrine, à son homologue américaine Madeleine Albright, force est de constater que les pouvoirs publics ne se sont pas mobilisés sur cette question. Faut-il y voir la traduction d'un principe de neutralité diplomatique imposant de minorer un phénomène que d'autres auraient pu qualifier d'immixtion ?
 
 République Française
8 décembre 98
 
Le Ministre des Affaires Etrangères
 
Madame Madeleine Albright
Secrétaire d'Etat des Etats-Unis d'Amérique
Madame la Secrétaire d'Etat,
 
      Lors de notre rencontre du 16 juin demier, vous avez exprimé le souhait que s'ouvre entre nos administrations un dialogue amical et constructif sur la : liberté religieuse. Je vous ai répondu positivement et, de fait, dès le 17 juin, le Directeur des Amériques au Ministère des Affaires étrangères recevait votre sous-secrétaire d'Etat pour les droits de l'Homme.
 
       Au cours des derniers mois, le Directeur ou le Directeur adjoint des Amériques ont reçu six délégations du Département d'Etat venues présenter à Paris la conception de votre pays en matière de "liberté religieuse", Malgré la densité de ces échanges, vos collaborateurs se sont le plus souvent employés à nous démontrer que les libertés religieuses n'étaient pas convenablement garanties en France.
 
       Le rapport que le Département d'Etat a publié le 9 septembre demier et qui, au chapitre France, met en cause l'action d'un organisme institué par le Premier Ministre, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes ("some observers assert that this commission targets group not on the basis of their presumed illegal activities, but on the basis of their religious or other beliefs"), en est une illustration. Cette mise en cause sans fondement de l'action publique française par votre administration, alors même que Je dialogue entre nos hauts fonctionnaires se poursuivait, a jeté une ombre sur la richesse même de ce dialogue.
 
       Je pense que l'échange que nous avons engagé depuis plusieurs mois a permis à nos deux administrations de bien comprendre nos points de vue respectifs, mais ne trouve pas d'utilité à être poursuivi, Naturellement, nous continuerons d'avoir l'occasion de défendre ces différents points de vue dans les enceintes multilatérales compétentes, j'espère de manière plus équilibrée et constructive.
 
       Je vous prie, Madame la Secrétaire d'Etat, d'agréer mes hommages. amicaux
[ce dernier mot ajouté à la main - ndlr]
 
Hubert Vedrine
 
 
Tout porte à croire, en tout état de cause, que la défense de la liberté religieuse ne compte pas parmi les priorités gouvernementales, alors même qu'elle mériterait, y compris dans un État laïc, des prises de position plus courageuses.
 
Comment ne pas non plus dénoncer ici une attitude qui me paraît inacceptable de la part de nos services diplomatiques qui, depuis quelques mois et dans la plus grande discrétion, sont prêts à remettre dangereusement en question la politique suivie par la France jusqu'à maintenant pour éviter de froisser les États-Unis.
 
À en croire une prise de position récente du service des affaires religieuses du ministère des affaires étrangères, il ne faudrait plus parler de «sectes» mais de «nouveaux mouvements religieux », revendication exposée de façon continue depuis plusieurs années par diverses sectes et par certains sociologues des religions italiens ou français. Sur ce point, un examen un tant soit peu documenté de ce qu'est une secte permet de s'apercevoir que, lorsqu'elle utilise le masque du religieux, d'une part ce n'est qu'une apparence, un produit d'appel, et d'autre part que cet ersatz de religieux n'a rien de «nouveau» et n'est que le produit réchauffé d'une vieille forme d'une spiritualité scientiste du XIX ème siècle, mâtinée d'un vernis biblique ou hindouiste, ou encore la nième version d'un vitalisme désuet relooké version science­fiction des années 50.
 
L'appellation «nouveau mouvement religieux» n'est donc qu'une tromperie et l'on peut se demander pour quelle raison la diplomatie française se prête à ce petit jeu, bien dangereux pour les valeurs républicaines. Il m'est difficile de penser une seule seconde que les services diplomatiques français aient pu tomber dans le piège tendu par les sectes, qui veulent faire croire qu'elles sont victimes d'une atteinte aux libertés fondamentales et individuelles alors que leur action consiste justement à porter atteinte aux libertés fondamentales de leurs propres adeptes placés tout simplement en état de soumission et de sujétion par le groupe.
 
Autre surprise, la MILS aurait eu une « attitude maximaliste» pour avoir fait ressortir le fait que les sectes étaient en réalité des mouvements de type totalitaire. Ce qui aurait conduit à son remplacement par la Miviludes qui devrait désormais seulement s'intéresser aux dérives pénales commises par les sectes et s'atteler à s'ouvrir au dialogue avec ces «nouveaux mouvements religieux », qui n'ont pourtant rien de nouveau ni de religieux au sens où l'Europe l'entend. Enfin, le «modèle français» de lutte contre les sectes devrait être abandonné !
 
Chacun pourra se faire une idée de l'état de désorganisation d'un service gouvernemental qui oublie jusqu'à la notion de continuité de l'État, de la méconnaissance grave d'un phénomène dangereux, et de l'urgence qu'il y a à revenir à une saine vision des choses tant que l'infiltration sectaire des rouages de l'État n'est pas arrivée à un point qui ne permettera plus d'envisager l'exercice de la lucidité.
 
 
"Les sectes":Thomas Lardeur
Presses de la Renaissance, avril 2004
[p 153- 154]
 
Tous les rapports du département d'État américain sur la liberté de religion dans le monde ont mis en cause plusieurs pays européens (la France, l'Allemagne, la Belgique ...) qui stigmatiseraient «certaines religions en les associant à tort à des sectes dangereuses». Comment les Américains arrivent-ils à cette conclusion ? Par des arguments qui laissent songeurs et que la Mission interministérielle de lutte contre les sectes s'est empressée de commenter, non sans malice.
 
Morceaux choisis extraits du rapport 2001 de la MILS:
 
« Dans son sommaire de présentation, le rapport reprend, sous le même discutable titre que l'an dernier, "Stigmatisation de certaines religions en les assimilant à tort à des sectes dangereuses", sa très étrange mise en accusation, toujours sans aucun éléments de preuve, "des gouvernements de quelques pays qui, afin de protéger leurs citoyens contre des groupes dangereux ou nocifs, ont adopté des lois et des politiques discriminatoires".
 
Et le texte poursuit:
 
"En estompant les distinctions entre religions et groupes violents ou frauduleux, les gouvernements de ces pays ont désavantagé des groupes qui peuvent apparaître comme différents ou inhabituels mais sont en fait paisibles et honnêtes." [...] Une telle allégation du département d'État implique que lui-même a établi des listes distinguant entre les religions "paisibles et honnêtes" et des groupes pseudo-religieux "violents ou frauduleux". Or, cet exercice d'appréciation par le département d'État de la nature religieuse ou non d'un groupe ne s'accomplit-il pas en violation pure et simple de la Constitution américaine qui, dans son célèbre (et très célébré aux États-Unis) premier amendement, interdit à l'État de juger du fait religieux? Ou bien les États-Unis auraient-ils, par nécessité, établi ces listes? Dans ce cas, il serait utile de les connaître.
 
» De même peut-on légitimement s'interroger sur quel élément de droit américain le département d'État se fonde pour qualifier, comme il le fait par exemple à propos de la France, "les scientologues, les raëliens, les adeptes du Vajra triomphant et ceux de l'Ordre du Temple solaire" de "groupes religieux minoritaires" (sic) ! ...
 
» On notera également que, tout en incitant les États du monde entier à mieux garantir les libertés religieuses et à mieux lutter contre les atteintes à celles-ci, le département d'État incite des pays comme le nôtre à un urgent immobilisme législatif : "Dans tous ces pays, le code pénal existant suffit à sanctionner les attitudes criminelles, qu'elles soient le fait d'individus ou de groupes." Vient ensuite une inadmissible conclusion, totalement malveillante et diffamatoire puisqu'elle laisse entendre, sans aucune justification, même vague, que dans des pays comme la France, l'Autriche, la Belgique et l'Allemagne, "des lois ou des politiques nouvelles qui criminalisent ou stigmatisent l'expression religieuse peuvent mettre en danger la liberté religieuse" ».
 
 
AFP (article transmis à L'avds sans date)
[Texte intégral]
 
Une partie des autorités allemandes répond à une lettre ouverte publiée jeudi dans l'International Herald Tribune.
 
Plusieurs personnalités politiques allemandes, dont trois ministres et un responsable de l'opposition, ont réfuté, hier, dans le quotidien Bild, les arguments de l'Eglise de scientologie comparant sa situation en Allemagne à celle des Juifs sous le régime nazi. Quant au chancellier Helmut Kohl à qui ces accusations sont personnellement adressées, il n'a pas l'intention de réagir.
 
Le chef de la diplomatie allemande, Iqaus Kinkel, estime que l'Eglise de scientologie, «en comparant la manière dont elle est traitée en Allemagne avec l'Holocauste, fait de la falsification historique et blesse le sentiment des victimes du nationalisme» et qu'on ne pouvait absolument pas «parler de persécution de la scientologie».
 
Le ministre du Travail, Norbert Bluem, précise que «comparer nos explications sur les intrigues des scientologues avec les méthodes d'Hitler prouve un extrême mauvais goût vis-à-vis des victimes d'Auschwitz». Claudia Nolte, ministre de la Famille, juge cette comparaison «absurde» et critique les personnalités qui soutiennent l'Eglise de scientologie, et qui «offensent les victimes du nationalisme».
Une trentaine de personnalités américaines - dont les auteurs Costa-Gavras et Mario Puzo, le présentateur de la chaîne de télévision CNN Larry King et les acteurs Dustin Hoffman et Oliver Stone - ont publié pleine page une lettre au chancelier Kohl dans l'International Herald Tribune, jeudi, comparant les mesures prises en Allemagne contre les adhérents de la scientologie à celles d'Hitler contre les Juifs dans les années 1930.
 
Les autorités allemandes mènent depuis des mois une campagne contre l'Eglise de scientologie qui revendique environ 30'000 membres en Allemagne. Mi-décembre, Etat fédéral et régions se sont mis d'accord pour combattre par tous les moyens légaux «les tentatives d'expansion et la prétention à la domination» de la secte et la Bavière a interdit l'accès de la fonction publique aux scientologues.
 
 
(La liberté de commerce (ou de religion) n'autorise par n'importe quoi, ni les actions d'une bande d'escrocs dans notre espace publique. En attendant voilà ce que nos autorités utilisent comme tactiques, certaines à vrai dire plutôt efficaces, comme à Romont ou Yverdon, et nous les félicitons. ndlr)
 
La Liberté, 20 août 2004, Marc Allgöwer
[extrait]
 
Stands scientologues : à chaque ville sa tactique
 
Les opérations des scientologues avec un stand nécessitent une autorisation délivrée par la police du commerce. Seul le trouble à l'ordre public saurait motiver un refus.
 
A Payerne, la révision en cours du règlement communal permettra de limiter les stands dès le printemps prochain. «Nous n'avons enregistré aucune plainte, plutôt constaté un certain étonnement dans la population», explique Daniel Jomini, municipal de la police.
 
Ce problème a donné des cheveux blancs à l'administration lausannoise. Le centre régional de l'Eglise de. scientologie y est implanté depuis plus de vingt ans. En 1998, les demandes d'autorisation pour des stands augmentent, conjuguées à une distribution massive d'imprimés dans les boîtes à lettres. «Certaines de ces actions relevaient du trouble a l'ordre public», rappelle Florence Nicollier, cheffe du Service de la police du commerce de Lausanne. Depuis, le groupe ne peut tenir que deux stands par mois au marché de la place Saint­François et ne se livrer qu'à une distribution de papillons par semaine.
 
Après avoir été déboutés par le Tribunal administratif, les scientologues ont fait recours auprès du Tribunal fédéral en demandant un effet suspensif. Les Juges de Mon-Repos l'ayant refusé, le mouvement a retiré son recours. Conclusion de Florence Nicollier : «Les communes ont une marge de manœuvre tant qu'elles évitent l'arbitraire.». Chaque ville de Suisse romande. applique des mesures différentes.
 
Fribourg, Bulle et Châtel-Saint-Denis autorisent annuellement deux à trois stands. Morat en a refusé un en 2003. Seul Romont refuse systématiquement. Mais il invite ce genre de groupes à faire passer leur message de façon œcuménique, en s'adressant aux Eglises officielles.
 
En terre vaudoise, la prudence est aussi de mise. «Nous refusons de cautionner les activités de prosélytisme», explique Vincent Audemars, inspecteur de la Police du commerce d'Yverdon.