Ron Hubbard, un escroc démasqué
 
1. Ron Hubbard : son "vrai visage"
 
Le pseudo-enfant prodigue
L'explorateur en pantoufles
Les romans de gare
Les années de guerre
Le pseudo invalide de guerre
Sexe et magie noire
La Dianétique
La Scientologie
La pseudo technologie de la pensée métamorphosée en une religion
 
2. Témoignage d'une "servante" de Ron Hubbard (Janvier 1980)
 
De belles promesses
Apprendre à mentir
L'EPF, le "Projet force de Biens"
Servante de Ron Hubbard
Violation des Droits de l'Homme
Flag : un gros mensonge
Le RPF "Redemptory Project Force"
2,5 dollars comme salaire ...
 
3. Biographie de L. Ron Hubbard.
 
Le gourou démasqué de Russell Miller UN MUST (version française - 202 pages - pdf 550K)
 
4. Propos racistes de Ron Hubbard  
 
Les Fondements de la pensée (Extraits - Textes en anglais de Ron Hubbard)
 
5. Les écritures "sacrées" de Ron Hubbard
 
Un éclairage sur la dangerosité et la criminalité de la scientologie (Textes en français de Ron Hubbard)
 

Hubbard did write in Science of Survival:

"While all men are created with equal rights under the law, an examination of the individuals in the society rapidly demonstrates that all men are not created with equal potential value to their fellows."

and

"In any event, any person from 2.0 down on the tone scale (*) should not have, in any thinking society, any civil rights of any kind, because by abusing those rights he brings into being arduous and strenuous laws which are oppressive to those who need no such restraints."

(*) Tone Scale : A scale which shows the emotional tones of a person. These, ranged from the highest to the lowest, are, in part, serenity, enthusiasm (as we proceed downward), conservatism, boredom, antagonism, anger, covert hostility, fear, grief, apathy. (There are additional tone levels than these in the Expanded Tone Scale, and for further information see the book Scientology 0-8: The Book of Basics.)


Ron Hubbard dixit: «I am utterly unable to approach anything»

Ron Hubbard continues to claim for disabilities (Ron Hubbard - May 1951)

L. Ron Hubbard and the "Nazi Spy" (May 1940)

Ron kidnaps his daughter under an alias (Feb 1951)

Ron Hubbard denounces his wife to the FBI (March 1951)

Ron Hubbard has an interview with the FBI (March 1951)

Ron Hubbard offers a $10,000 reward for clearing his wife (March 1951)

Secret minute from Ron in Clearwater (Nov 1975)

Scientology infiltrates the US Government (Dec 1975)


Los Angeles Times - Six-part series

The Scientology Story (June 1990)

 
 
 
"De toute évidence, cet homme se révèle être un mythomane quand il parle de sa vie, ses origines et son oeuvre. En outre, les écritures et documents reflètent son égoïsme, sa cupidité, son avarice, sa soif de pouvoir, son caractère vindicatif et son agressivité envers tous ceux qui lui sont perçus comme déloyaux ou hostiles." Juge Breckenridge, de la Cour Suprême de Californie, à propos de Ron Hubbard, dans un verdict de 1984.
 
Lafayette Ronald Hubbard, créateur de la Dianétique et la Scientologie, est né aux Etats-Unis en 1911. Hubbard prétend "être monté à cheval avant de pouvoir marcher, avoir parcouru seul les prairies à l'âge de trois et demi, et savoir lire et écrire dès ce même âge".
Il se dit aussi "frère de sang" des Indiens Pieds-Noirs depuis l'âge de quatre ans. Par malchance pour Ron Hubbard, les Indiens Pieds-Noirs démentent l'existence des "frères de sang", qui ne sont qu'une fantaisie hollywoodienne; et il n'y a pas plus de vérité dans ses autres fanfaronnades. Son enfance est bien plus banale qu'il ne le dit, et un ami de l'époque révèle que Ron Hubbard avait en fait une grande frayeur des chevaux. D'après Hubbard, "son grand-père était un riche baron du bétail". En réalité, Lafayette Waterbury exerçait le métier de vétérinaire dans une petite ville, et a connu une série de déboires dans les affaires.
Hubbard raconte que sa passion pour tout ce qui touche à l'esprit humain s'est éveillée lors d'une rencontre avec le commandant Thompson, un médecin de la US-Navy, alors qu'il avait 12 ans. Cependant, les journaux de Ron Hubbard alors adolescent, utilisés comme pièce à conviction par une cour de justice de Californie, ne révèlent aucun intérêt aux idées philosophiques ou psychologiques.
Hubbard affabule au sujet d'un "voyage de 5 années - de 14 à 19 ans - en Chine, en Mongolie, en Inde et au Tibet; et de ses entretiens avec des sages et des lamas". En réalité, il n'a pas visité la Mongolie, ni l'Inde et le Tibet. Ses 2 visites en Chine n'étaient que des excursions de courte durée dans l'entreprise de sa mère. D'ailleurs, Hubbard avait fait part de la brièveté de son séjour en Chine au cours d'une interview par Aventure Magazine en 1935.
A 19 ans, Hubbard entre à l'Université George Washington pour entreprendre des études dans le génie civil. Son passage en troisième année est refusé à cause de ses résultats médiocres. Les scientologues prétendent que "Ron Hubbard possédait des diplômes à la fois en génie civil et en mathématiques". En fait, il n'a jamais eu aucun diplôme dans ces domaines, et son niveau en mathématiques était très bas. A l'université, Hubbard échoue également dans ses études sur la physique atomique et moléculaire, ce qui dément sa ridicule prétention selon laquelle il est "un des premiers physiciens nucléaires d'Amérique".  
En 1932, durant son dernier semestre à l'université, Hubbard prend en charge l'organisation d'une croisière estivale qu'il baptise "l'Expédition Cinématographique aux Caraïbes". Le programme comporte principalement "la reconstitution de scènes de piraterie, la récolte de précieux spécimens de la flore locale et le tournage de films de court métrage dont les scénarios seraient écrits en fonction des légendes et traditions de chaque île visitée". L'expédition, à bord du Doris Hamlin, ne parcourra en fait que 3 des 16 ports initialement prévus, et sans aucun tournage. Au cours d'une interview de 1950, Hubbard reconnaît lui-même que "l'expédition était un fiasco complet et financièrement chaotique".
D'après une publication de l'Eglise de Scientologie en 1973, Mission into Time, "les prises de vue sous-marines réalisées par Ron Hubbard au cours de cette expédition ont apporté à l'Université de Michigan et au Bureau Hydrographique d'inestimables contributions à leurs recherches scientifiques". Pourtant, aucune trace de ces contributions n'a été retrouvée.
D'après cette même publication, Ron Hubbard aurait "accompli une première mondiale en réalisant, à la tête d'une équipe d'experts, le premier relevé minéralogique complet de Porto Rico". Là encore, les résultats de ses labeurs ne figurent dans aucune des archives officielles. Ron Hubbard a plutôt préféré consacrer le plus clair de son temps à la prospection en vain pour l'or. Il a travaillé à Porto Rico en tant qu'assistant d'un ingénieur des travaux publics pendant une courte durée, avant de regagner les Etats-Unis.
En février 1940, Hubbard annonce fièrement son appartenance à l'Explorers Club de New-York, où il lui est attribuée la charge des préparatifs de sa prochaine grande aventure intitulée "L'Expédition radio-expérimentale d'Alaska". Le projet du "Capitaine" Hubbard comporte notamment la mise à jour d'un guide de navigation et l'étude de nouvelles méthodes de radio-navigation à l'aide de matériel expérimental. Hubbard se sert de cette expédition pour s'auto-proclamer chargé de mission par divers organismes fédéraux, et solliciter des fonds auprès des fabricants en leur proposant d'essayer leurs instruments. D'après Marnie, sa tante, il a surtout trouvé un moyen commode de remettre en état son ketch de 32 pieds, le Maggie, acquis avec le peu de ressources dont il dispose à cette époque.
Au cours de cette expédition, le moteur du Maggie montre dès le départ des signes de faiblesse. Le ketch parvient péniblement à gagner Ketchikan, en Alaska. Hubbard reste environ 4 mois bloqué dans ce petit port de pêche, en attendant de se faire expédier gracieusement un vilebrequin de rechange par un fabricant de Seattle. Le "Capitaine" a si mal estimé les coûts de son équipée qu'il est déjà à court d'argent, et dans l'impossibilité de faire réparer son moteur sur place. Dès que la nouvelle pièce parvient au "naufragé", le Maggie prend enfin le chemin du retour. Hubbard regagne les Etats-Unis, encore une fois criblé de dettes. (1)
Selon les scientologues; "à la fin de ses études, Hubbard a fait une percée fulgurante dans le monde des auteurs de science-fiction et, en moins de 2 mois, amassé des sommes qui étaient astronomiques pour l'époque". En fait, il vit durant plusieurs années dans des conditions précaires, en signant ses oeuvres sous des pseudonymes ronflants tels que René Lafayette, Tom Sterbrook, Kurt von Rachen, Capitaine B.A, Northrup, et Winchester Remington Colt. Sous le nom de Légionnaire 148, Hubbard concocte des "histoires vraies" au sujet de ses prétendus exploits au sein de la Légion Etrangère Française. Mais il subsiste surtout en écrivant des petits romans d'aventure pour des revues bon marché, en participant à la rédaction de nombreux magazines tels que Thrilling Aventures, The Phantom Detective et Smashing Novels Magazine; puis s'oriente définitivement vers la science-fiction, principalement pour la revue Astounding Science Fiction. Parmi ses romans populaires, certains portent le titre de Le carnaval de la mort, Roi des terroristes et Pirate de l'air.   
A l'époque des débuts de la Dianétique, en 1950, ses oeuvres de science fiction sont bourrées d'imagination, mais d'un style fort peu élégant. Il explore déjà des idées qui seront incorporées ultérieurement dans la Scientologie. A cause de sa vue, l'admission de Ron Hubbard à la U.S. Naval Academy est refusée. En 1941, bénéficiant d'une dérogation, il réussit à se faire enrôler en tant que réserviste de la Navy.
Ron Hubbard prétend avoir été "un brillant officier dans la Navy". Parmi ses exploits militaires, il se targue d'être "le premier blessé sur le front asiatique". En décembre 1941, il est en réalité affecté en Australie. Là bas, il apporte suffisamment de contrariétés à ses supérieurs pour se faire renvoyer aux Etats-Unis quelques mois plus tard. En février 1942, un rapport de l'attaché naval américain indique que "cet officier n'est pas qualifié pour exercer (... seul ... ) des responsabilités ... Il se prétend doué de qualités exceptionnelles dans tous les domaines ... Il doit être surveillé de très près". A son retour, en mars 1942, Hubbard est affecté à un poste de censure du courrier à New York.
Les scientologues prétendent que "Hubbard a été promu commandant d'une escadre". Mais il n'a fait que superviser la remise en état de deux navires de petite taille dans un port américain. Puis il a pris le commandement à bord d'un chasseur de sous-marin de 280 tonneaux, l'USS PC-815.
Au cours de l'une de ses campagnes maritimes, il engage un combat durant 55 heures contre ce qu'il croit avoir identifié comme deux sous-marins japonais, en épuisant la totalité de ses munitions et sans oublier d'appeler à la rescousse pas moins de cinq autres bâtiments et deux dirigeables d'observation. L'incident est reporté par l'Amiral Frank J. Fletcher qui révèle qu'"une analyse de tous les rapports apporte la certitude qu'il n'y avait aucun sous-marin dans les environs. Les officiers de tous les navires, exceptés le PC-815 n'ont pas fait état de la présence d'un sous-marin".
Hubbard complète ses "campagnes improvisées" en faisant feu sur une petite île mexicaine, les Coronados, fort heureusement peu habitée, mais qui a néanmoins entraîné des protestations officielles de la part du gouvernement mexicain. Il est alors définitivement retiré du commandement. F. A. Braisted, chef du commandement de la flotte du pacifique écrit dans un rapport: "je considère cet officier comme dépourvu de qualités essentielles de jugement, d'aptitude au commandement et de coopération. Il agit sans réfléchir aux conséquences de ses actes... Il est actuellement inapte au commandement et ne mérite pas de promotion. Je recommande pour cet officier un poste qui permettra de le soumettre à une stricte surveillance."
La recommandation est suivie, et Ron Hubbard sert brièvement en tant qu'officier de navigation à bord de l'USS Algol construit tout récemment. En septembre 1944, peu avant le premier départ du navire vers le front du Pacifique, il demande à suivre un cours de quatre mois à l'Ecole de la marine de Princeton. Sa demande est d'autant mieux acceptée que le commandant de l'Algol note que si Ron Hubbard est un officier "capable et énergique", il est également "d'une susceptibilité excessive et sujet à des sautes d'humeur".  
Selon les moments, Ron Hubbard se vante d'avoir été récompensé d'un certain nombre de médailles oscillant entre 21 et 27. Mais on ne trouve trace dans son dossier que de 4 médailles de routine attribuées à tous les membres des forces armées en service, au moment de Pearl Harbour, au jour de la Victoire, et à ceux qui ont été affectés en Australie.
Dans un article intitulé "Ma philosophie", Hubbard prétend avoir été atteint au nerf optique et aveugle, et paralysé par ses blessures aux hanches et au dos, à la fin de la seconde guerre mondiale. Pourtant, dans son dossier, aucune trace d'un Ron Hubbard aveugle et estropié n'a été retrouvée. Ses périodes d'hospitalisation ne sont pas la conséquence de soi-disant blessures de guerre, mais de divers troubles et maladies allant de la malaria à un ulcère et des douleurs dans le dos.
Hubbard prétend avoir passé un ou deux ans à l'Hôpital Naval de Oak Knoll, à développer la Dianétique et grâce à elle, à "guérir de sa maladie déclarée incurable par les médecins". Les origines de la Dianétique restent floues et contradictoires avec le contenu des livres sur la Scientologie. Selon les ouvrages, l'année de la découverte de la Dianétique oscille entre 1944, 1947 et 1949.  
Après son départ de la Navy, Ron Hubbard abandonne sa première épouse, Margaret Louise Grubb, alias Polly, et ses deux enfants en bas âge pour s'initier à la pratique de la "magie noire". En 1938, Hubbard est pris d'une étrange hallucination pendant une anesthésie pour une intervention chirurgicale dentaire. Il se croit mort durant cette opération et se persuade d'avoir reçu une grande richesse de savoir au cours de cette expérience. Suite à cette découverte, il prétend avoir écrit un livre nommé Excalibur, mais n'a jamais pu trouver un éditeur. On peut se demander s'il a réellement écrit ce livre.
L'intérêt de Ron Hubbard pour les sciences occultes le conduit à adhérer pendant une brève période à une groupe de Rosicruciens. Il raconte à un ami qu'il se croit lui-même protégé par un gardien spirituel appelé "l'Impératrice" ; et le répétera à certains de ses fidèles plusieurs années après.
En 1945, Hubbard s'associe avec un certain Aleister Crowley, le dirigeant d'une secte satanique. Crowley se fait appeler "La bête 666", servant de l'Antéchrist, et préconise d'étranges pratiques sexuelles et l'utilisation de drogues à accoutumance. Grâce à lui, Ron Hubbard rencontre John Parsons, alias Jack, un chimiste et un des premiers membres du laboratoire de Jet Propulsion en Californie, mais dont la magie constitue sa passion nocturne. Hubbard et Parsons se mettent à pratiquer des rituels sexuels sur Sara Elizabeth Northup, alias Betty; voulant devenir la mère de "Babalon", l'incarnation du mal.
Cette étrange association prend fin avec la fuite de Hubbard, non seulement avec la compagne de Jack, mais aussi avec son argent. Hubbard devient bigame en épousant Sara Northrup et, toujours dans une situation financière critique, commence à écrire des lettres pathétiques pour justifier une demande d'augmentation de sa pension d'invalide de guerre. En 1947, alors qu'il racontera plus tard qu'il s'était "guéri" lui-même grâce à la Dianétique, Hubbard fait état de ses tendances suicidaires et sollicite l'Administration des Vétérans pour une aide psychiatrique.
Hubbard continue de pratiquer des rituels de magie noire et se lance dans des exercices d'auto-hypnose, avec des affirmations suggestives du genre "tous les hommes sont mes esclaves". En même temps, Il continue d'envoyer des courriers de demande d'augmentation de sa pension d'invalidité, en prétendant souffrir de tous les maux.
A cette époque, Hubbard était déjà sous la dépendance des barbituriques prescrits à l'origine pour son ulcère. Son usage de la drogue s'est prolongé durant toute sa carrière dans la Scientologie, alors qu'il avait créé des centres de désintoxication Narconon, organisation écran de la secte. La Dianétique prétend triompher des tendances compulsives. Pourtant Ron Hubbard n'a jamais pu s'affranchir du tabac.  
"L'hypnose a été utilisée pour la recherche, puis abandonnée" (Ron Hubbard, citation de son livre : "La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps").
En 1948, Hubbard présente des démonstrations sur l'hypnose, et écrit à son éditeur à propos d'un nouvel ouvrage qu'il assure d'un succès très prometteur. Mariant les techniques de l'hypnose avec des recherches abandonnées depuis longtemps par Freud, Hubbard invente la Dianétique.
En 1950, il modifie les techniques de l'hypnose sans avoir effectué davantage de "recherches", pour sortir le livre "La Dianétique".
 
Dans un ouvrage datant de 1909, Freud décrivait une méthode pour faire remonter à la conscience des souvenirs traumatisants. Il demande aux patients de remonter à des incidents situés de plus en plus tôt sur une "chaîne", jusqu'à ce que la charge émotionnelle soit libérée. Non seulement Hubbard reprend la technique, mais il transforme certaines expressions utilisées par le traducteur de ces lectures. Freud avait abandonné la technique, parce que le procédé était trop laborieux et ne permettait pas de découvrir les sources des blocages. La Dianétique apporte parfois un soulagement initial, mais donne surtout la dangereuse conviction que certains incidents purement imaginaires correspondent à la réalité.
Hubbard adopte les techniques de Freud, y ajoute une terminologie spécifique à la Dianétique, et développe une théorie selon laquelle le "basique", en d'autres termes le premier incident traumatique, se produit dans l'utérus. En fait, cette affirmation fait suite aux recherches de Otto Rank, Nandor Fodor et J. Sadger. Hubbard déclare en plus qu'il est réellement possible de se remémorer les incidents prénataux, et même les instants précédant la conception (le "rêve du spermatozoïde"). Fodor aussi avait écrit au sujet des souvenirs prénataux.
Hubbard redéfinit le terme d'"engramme" comme étant l'image d'un incident traumatique qui a échappé à la conscience de l'individu. Une fois que le premier engramme (ou "basique-basique") est éliminé, l'individu est supposé à l'état de "Clair", par conséquent libéré de toutes ses carences, et pourvu d'un QI élevé. L'audition est dotée de vertus miraculeuses.
"La Dianétique augmente le QI comme résultat accessoire de l'audition habituelle, d'une moyenne d'un point par heure de processing. (...) Les membres atrophiés, les taches de peau, les éruptions cutanées, et même la cécité et la surdité peuvent être guéris par la Dianétique". Hubbard, 24 avril 1969.
Le livre "La Dianétique, la puissance de la pensée sur le corps", soutient que par l'élimination des engrammes, l'individu est libéré de ses compulsions, obsessions, névroses, et des risques tels que les troubles cardiaques, déficience visuelle, asthme, daltonisme, allergies, bégaiement, surdité, sinusite, hypertension, dermatite, migraine, ulcères, arthrite, nausées, refroidissement, conjonctivite, alcoolisme et tuberculose. Hubbard prétend aussi guérir des cancers et de la leucémie. Pourtant, aucune preuve sérieuse de ces prétendues vertus miraculeuses n'a jamais été établie.
En août 1950, face aux multiples contestations, Hubbard entreprend de présenter "le premier Clair au monde" à l'auditorium de Shrine à Los Angeles, en la personne d'une jeune physicienne, Sonya Bianca. Selon Hubbard, elle jouit d'une "mémoire infaillible lui permettant de se souvenir sans erreur de chaque instant de sa vie". Mais la jeune femme, peu maîtresse d'elle-même, est incapable de dominer la situation sur scène. En outre, intimidée par les questions très sceptiques du public, elle ne parvient pas à se souvenir d'une formule de base en physique, pourtant sa spécialité. Les fidèles de Ron Hubbard occultent le fait qu'une partie du public s'est aperçu de l'incroyable exagération des prétendus bienfaits de la Dianétique. Ron Hubbard ne se risquera à exhiber un autre "Clair" en public avant longtemps.(1)
La secte se garde bien de révéler la faillite des premières fondations de Dianétique et l'échec du second mariage de leur gourou, avec Sara. Sara Hubbard a accusé son mari de l'avoir battue et privée de sommeil. Elle révèle qu'il l'avait un jour étranglée jusqu'à la rupture de la trompe d'Eustache de son oreille droite, entraînant une surdité définitive. Hubbard s'est réfugié à Cuba; après avoir kidnappé leur fille, dans le but de s'assurer, avec succès, du silence de sa première épouse.
Avec le soutien financier du millionnaire Don Purcell, Hubbard retourne aux Etats-Unis pour créer une fondation à Wichita. Il règle également les conditions du divorce avec Sara, qui renonce à ses exigences initiales en échange de la garde de leur fille, qu'elle n'a pas vue depuis des mois.
La nouvelle fondation de Wichita sombre rapidement dans des difficultés financières, et Ron Hubbard l'abandonne à ses créditeurs en accusant Don Purcell - qui l'avait aidé auparavant - d'avoir accepté de toucher 500.000 dollars par l'Association Américaine des Médecins pour le ruiner. Ce n'est qu'un épisode de la paranoïa de Ron Hubbard. Puis il ouvre un "Collège Hubbard" concurrent.  
"Nous avons trouvé les moyens de transformer les hommes en esclaves." Ron Hubbard, Conférences de Philadelphie, lecture 20, 1952.
 "Les scientologues sont les gens les plus intelligents du monde." The Auditor n°168.
En février 1952, Hubbard se trouve sans le sou et gaspille à la fois les droits de son livre "La Dianétique" et l'argent de ses fidèles du "Collège Hubbard". Un de ses associés vole les listes des adhérents de la fondation de Wichita, et Hubbard commence à lancer des attaques ridicules contre la fondation et à réclamer des dédommagements de plus en plus importants pour "rupture abusive de contrat" ou "graves fautes de gestion".
Il donne aussi des lectures du Collège Hubbard à une audience restreinte, et pendant 6 semaines il travaille sur un sujet en apparence nouveau. Il reconnaîtra plus tard son admiration pour Aleister Crowley, son "véritable ami", dont les idées sur la "magie noire" ont beaucoup inspiré les fondements de la Scientologie, constitués d'un amalgame avec la science-fiction.
Avec la Scientologie, Hubbard affirme que nous sommes tous des êtres appelés "thétans", qui existent depuis des milliards d'années, et se réincarnent. Selon lui, grâce à l'utilisation de ses nouvelles techniques, n'importe qui peut acquérir des pouvoirs surnaturels. En 40 ans, aucune étude sérieuse n'a permis de mettre en évidence ces prétendues aptitudes.
Au cours des lectures du Hubbard College, Hubbard introduit l'Electromètre, ou E-meter, mis au point par le dianéticien Volney Mathison. L'Electromètre est en réalité une sorte de détecteur de mensonge, basée sur la mesure de la résistance électrique du corps humain, avec deux électrodes en forme de boîtier, que l'audité tient dans ses mains. La mesure est effectuée à l'aide d'un pont de Wheatstone relié à un galvanomètre. C'est un appareil peu coûteux à fabriquer.
Hubbard prétend que les guérisons par la Dianétique sont infaillibles. Pourtant, deux ans plus tard, il dénigre ce traitement, en le qualifiant de "lent et médiocre", au profit de la Scientologie.
"La Scientologie est une philosophie religieuse qui mène l'humanité à la Liberté Totale" L. Ron Hubbard, Philosophie Religieuse et Pratique de la Religion, 21 Juin 1960, mise à jour le 18 Avril 1967.
"Une libération sans limites de tous les pièges, de toutes les craintes ... Prisonnier de sa condition, l'homme aspire à la liberté et veut sortir de sa situation misérable et sans but pour parvenir à une liberté totale." L. Ron Hubbard, La raison; 15 Mai 1956.
 
La technologie de la pensée métamorphosée en une religion
"J'aimerais lancer une religion. C'est là que se trouve l'argent".L. Ron Hubbard à Lloyd Eshbach, en 1949; cité par Eshbach dans "Over My Shoulder".
A sa mort en 1986, la fortune personnelle de Hubbard est estimée à plus de 640 millions de dollars, amassés grâce à la Scientologie (en dépit de son démenti selon lequel il n'a jamais touché de royalties sur la vente de ses livres).
C'est seulement à la fin des années soixante que la Scientologie se réfugie derrière son manteau religieux, face aux critiques de plus en plus virulentes de la part des gouvernements occidentaux. Des "pasteurs" de la Scientologie suivent un stage de pratique d'une sorte de religion basée sur un simple livre, et s'entraînent à la célébration de cérémonies écrites par Hubbard. A l'issue de leur stage de quelques jours, ils s'accoutrent de vêtements comparables à ceux de leurs homologues chrétiens, incluant un collier et une "croix barrée".
 
 TEMOIGNAGE D'UNE PROCHE DE RON HUBBARD
Témoignage de Tonya Burden
 
De belles promesses
 
Mon nom est Tonya Burden, de Las Vegas, Nevada. J'ai 20 ans. Vers le 3 Mars 1973, alors que j'avais treize ans, mon père et ma mère furent recrutés en scientologie. J'ai moi-même été recrutée en scientologie par Billy Kohn et j'ai signé mon contrat d'un milliard d'années à la Sea Org (Organisation Maritime, "l'élite" de la secte, ndt) vers la même date.
 
Kohn nous avait déclaré que nous serions en poste dans les locaux de Las Vegas, que nous aurions un espace bien meublé et suffisamment grand, que nous mangerions bien et gagnerions assez d'argent, et que nous disposerions aussi de deux jours de sortie par semaine. Papa vendit sa Cadillac et ses voitures de sport, et nous partîmes pour Los Angeles avec le recruteur.
 
La Scientologie me plaça dans "l'organisation des Cadets" tandis que mes parents étaient affectés à l'Organisation Saint Hill Américaine (ASHO en abrégé). L'org des cadets était dirigée par Dorothy Jefferson et située 811 Beacon Street à Los Angeles, dans un bâtiment de deux étages qui abritait environ 400 enfants. Elle avait pour but d'enseigner la scientologie aux enfants. Mes obligations consistaient à nourrir, laver et prendre soin des enfants. Une autre fille et moi étions les aînées des enfants. Les conditions de vie étaient ignobles. Il y avait des morceaux de vitres cassées par terre, des fils éléctriques dénudés là où jouaient les enfants. On nous nourrissait mal. On nous a plusieurs fois servi du lait contenant des cafards. On ôtait les cafards à la main avant de  servir à table. En plus de m'occuper des enfants, je devais nettoyer les toilettes chaque jour. J'ai écrit à L. Ron Hubbard pour lui expliquer les conditions, mais rien n'a changé.
 
On ne laissait pas les enfants avec leurs parents. La scientologie autorisait une visite tous les quinze jours, et seulement pendant trois quarts d'heure à l'heure des repas. Mes parents furent placés à l'ASHO et quittèrent la scientologie en Septembre 1973, alors que j'étais à bord du navire Apollo.
 
Un homme arriva de Flag (QG de la secte, ndt) à l'org des cadets. Le QG de Flag était à bord de l'Apollo. Ce type parla de la "Source", c'est à dire, L. Ron Hubbard. Hubbard avait besoin de "messagères" et d'autres gens pour travailler à bord du bateau.
 
J'ai quitté l'org des cadets au bout d'environ trois mois, pour aller à FOLO, autre service scientologique logé au "Manor" de Franklin Street à Los Angeles. On me mit au service "FRU" (Unité Préparation de Flag) chez FOLO. C'est Chuck Pierce qui dirigeait l'unité. Le programme était destiné à faire passer des "vérifications de sécurité" pour s'assurer que les gens conviendraient comme sujets d' Hubbard à bord de l'Apollo.
 
Pendant les questionnaires, ils cherchaient à savoir si j'étais liée à des "personnes suppressives" - c'est à dire des gens hostiles à la secte. On me fit passer un test de personnalité, un autre de QI, et d'autres encore. Je reçus de l'endoctrinement (lavage de cerveau) pendant trois mois. Et finalement, on m'accepta et on m'envoya au Briefing.
 
Le Briefing eût lieu en Août 73 ou vers cette période. C'est Peter Cook qui m'instruisit pour donner certaines réponses à des questions que pourraient poser des non-scientologues. Il s'agissait surtout de pouvoir répondre aux questions qu'on me poserait à terre, quand je serais nommée à bord de l'Apollo. Nombre des choses qu'on m'apprit étaient des mensonges. La localisation et les activités de l'Apollo demeuraient secrètes. On me disait que si un agent des douanes ou autre non-scientologue me posait une question sur la destination, il faudrait répondre que j'étais "en transit".
 
Apprendre à mentir
 
Peter Cook m'instruisit sur le récit "de couverture"; il fallait dire que j'étais "en transit"sur OTC (Corporation Operation Transport"), une unité d'enseignement de la gestion à bord du bateau. Il m'a démontré ce que c'était en se servant de "démonstration en pâte à modeler": il faisait un bateau, des bonshommes en pâte, et imitait les interactions avec les autres gens, de façon à ce que je donne les réponses standardisées.
 
J'ai pris l'avion pour New York après ça, et j'ai été reçue par Kevin Campbell. Il travaillait dans un bâtiment à New York, aidant RONY. J'ai appris ensuite que RONY était une liaison recevant des télex codés depuis l'Apollo, télexes ensuite rééxpédiés à d'autres "orgs" dans le monde. Une fois à bord, je rencontrerais Mike Henderson, qui prenait les messages du bateau et les envoyait à RONY. Parfois, Henderson recevait les télex de Rony à terre. Je compris ces principes une fois messagère de L. Ron Hubbard.
 
Campbell me mit sur un avion et me dit de rencontrer Chuck Adams à destination: Lisbonne. Au Portugal, je rencontrai Adams qui m'informa que le bateau avait pris la mer. Quelques heures plus tard, il sut que la destination était Madère. On me mit sur un avion vers Madrid, où je changeais d'avion  pour aller à l'île de Madère.
 
Questionnée par les agents de la douane, je leur dis que j'étais "en transit"; je pris le taxi qui m'amena à l'Apollo.
 
Je vis donc l'Apollo pour le première fois, et fut très déçue de son état lamentable. Une fois à bord, on me mit sous la garde d'un "buddy" (un instructeur) qui devait m'apprendre le bateau en deux jours. C'était l'un des cinq bateaux que la scientologie utilisait, et depuis lesquels Hubbard dirigeait les organisations du monde entier. Il y avait environ 3 à 500 membres de la "Sea Org" à bord. On me mit dans une couchette dans les dortoirs des femmes, et je fus assignée à l'EPF "Projet Force des Biens".
 
L'EPF le "Projet Force des Biens"
 
L' EPF servait à juger quelle était la résistance de la personne. On me dit que ça me transformerait en "un vrai marin". A l'EPF, on démarrait à 6 heures du matin. Je nettoyais des vêtements de 6 heures à midi sans interruption ni casse-croûte. On lavait les vêtements à la main dans une cuvette, et il fallait rincer dans TREIZE cuvettes séparées. Puis les suspendre pour les faire sècher.
 
Ensuite, on avait une heure pour déjeûner et on m'envoyait nettoyer les cabines. Il fallait que l'inspection "gants blancs" soit convenable, c'est à dire que l'inspecteur passait les gants blancs dans les coins etc; s'il trouvait des traces de poussière ou autre, on me forçait à faire des tours de bateau en courant, avant de me renvoyer au nettoyage. Un tour de bateau fait dans les 3 ou 400 mètres. La journée s'achevait vers minuit.
 
Les jours de pluie, il fallait repasser les vètements pour les faire sècher. Cela voulait dire repasser la matin et le soir. Et plus d'une fois, toute la nuit, en terminant à 6 heures du matin. Il m'arrivait de passer trois ou quatre jours sans dormir. Je tombai un jour de sommeil sur la table de repassage, le fer à la main. Ma supérieure, Doreen Gilliam, me prit en train de dormir et me cria dessus comme une folle. Elle m'envoya faire des tours de pont en courant et m'assigna "une condition de doute", c'est à dire qu'il fallait que je fasse 15 heures de "projet- travail-amende", en supplément du reste, aux heures des repas ou de repos, jusqu'à ce que j'ai fini mon projet. Pendant toute cette punition, je n'avais pas le droit de parler à quiconque, je mangeais seule; et finalement, j'ai parlé, et j'ai dit que j'en avais assez. On m'a expédiée voir le Commandant des Messagères, qui me punit d'un mois de cuisine, où je lavais les plats et les casseroles. J'ai fait ça tout un mois et suis retournée sur l'EPF.
 
L'EPF était comme une prison. Il fallait que je m'adresse à tous les gens en leur disant "Sir", et on me laissait seulement quinze minutes pour manger.On ne me laissa quitter l'EPF que quand j'eus fait mes preuves. J'avais le cerveau complètement lavé pour bien  obéir aux ordres. On me donnait 2,9 dollars par semaine (20 F, ndt) pour ce travail.
 
Pendant que j'étais sur l'EPF,  je n'entendis jamais parler de mes parents, ni lettres, ni appels téléphoniques. A bord, je reçus un télex de Peter Albert, qui était Chef de la Justice sur le Continent à FOLO: il m'informait que mon père avait été déclaré par la scientologie "Personne Suppressive": ils disaient qu'il était un 'espion' ennemi de la scientologie'. J'ai commencé à pleurer et demandé à m'en aller en leur disant que je pourrai convaincre mon papa de revenir en scientologie.
 
Dede Riesdorf, le "supercargo" (niveau adjudant) de notre "org" ne me permit pas de m'en aller. Je lui ai expliqué que je voulais réunir mon papa et ma maman, mais elle refusa. Elle me dit alors de "déconnecter" parce que mes parents étaient tous deux des SPs (personnes suppressives, une injure maximale au sein de la secte). La déconnexion, ça voulait dire: plus aucun contact avec mes parents. Ils m'expliquèrent que mes parents ne feraient pas leur chemin dans la vie, mais que moi, si.
 
Tony Armstrong, l'officier commandant, m'assigna une autre "condition de doute" et me renvoya sur l'EPF. Elle disait que si je voulais partir, il fallait que je retourne à l'EPF. On m'assigna automatiquement les quinze heures de "projet travail amende" de la condition de doute. Je repris l'horaire 6 heures minuit, travaillant parfois 24 heures par jour. Un mois plus tard, on me renvoya étudier les "Routines d'Entraînement", les "TRs".
 
Pendant ces exercices, deux personnes et moi devions porter les messages de LRH. Il fallait l'écouter, le répéter de la même manière, et faire les saluts.
 
Servante de Ron Hubbard ...
 
Faire "l' Ombre" faisait partie du lot : c'est comme ça que j'ai appris à servir LRH. J'ai suivi une autre messagère pour l'observer quand elle lui passait sa casquette, allumait ses cigarettes, lui portait le cendrier, et préparait ses habits. Finalement, je fis ça aussi.
 
Etant sa servante, je m'asseyais dehors à la porte, et je l'aidais à se tirer du lit quand il appelait "Messagère !". Je réagissais en lui allumant ses cigarettes, en portant le cendrier, en préparant ses toilettes, et en l'aidant à s'habiller. Après, je passais dans son bureau pour le vérifier, et je passais l'inspection gants blancs. Il se fichait très souvent en colère quand il voyait une poussière ou qu'il sentait le savon sur ses habits. C'est pour ça que nous utilisions treize cuvette successives pour rincer.
 
Après, je lui préparais sa salle d'audition: il s'auditait lui-même. Je lui préparais un casse-croûte. Il se faisait des séances d'audition de plusieurs heures. Plus tard, je faisais passer ses messages: je les amenais à la pièce de télex, d'où ils partaient vers les orgs à terre. Ils partaient parfois des ports quand nous étions à l'ancre.
 
Violation des Droits de l'Homme
 
Quand j'étais à bord du bateau, j'ai observé pas mal de punitions pour des péccadilles ou des erreurs sans importance par rapport aux règlements très stricts d'Hubbard. A plusieurs reprises, j'ai vu des gens expédiés dans les puits d'ancre du bateau sur ordre direct d'Hubbard. Ces endroits étaient minuscules, sales et puants, et couverts de rouille. J'ai vu un gamin gardé là pendant trente nuits, hurlant et pleurant pour qu'on le libère. On ne le laissait sortir que pour aller nettoyer les boues là où l'eau passe. Je crois que son 'crime' était de s'être servi d'un instrument de musique, une flûte, sans permission. J'ai aussi vu un garçon et une fille jetés là-dedans parce qu'ils avaient eu des relations romantiques avec d'autres personnes. Hubbard interdisait fanatiquement les relations sexuelles, ou "out-2D" comme ils disent. Les gens mariés avaient le droit de se voir, mais c'était très contrôlé aussi.
 
Flag : un gros mensonge
 
LRH me raconta qu'il vendait le bateau et qu'on allait à terre. On le vendit vers Octobre 1975. Quelques 500 personnes arrivèrent à Daytona Beach. On loua plusieurs hotels là-bas. Quelques mois plus tard, on partit pour Clearwater, au Fort Harrison. Hubbard commença par appeler la sciento "Les Eglises Unifiées", alors qu'aucune église n'était en jeu. Finalement, le Maire Cazarès découvrit que ce nom cachait la scientologie.
 
J'ai découvert tout ça en lisant des papiers de relations publiques, que des officiers de relations publiques préparaient, et qui expliquaient ce qu'était la façade des "Eglises Unifiées".
 
La discipline scientologue
 
Au Fort Harrison, des gardes de la sécurité gardaient les sorties pour empècher les staffs de filer à l'anglaise , on dit "blower" en scientologie. On ne permettait pas aux gens de s'en aller. Il y en a trente ou 40 qui ont essayé. Ils se faisaient reprendre et envoyer au "RPF" (Projet Force de Réhabilitation), un camp de concentration scientologique où les gens qui "présentent une menace envers la sécurité" sont sous bonne garde. Le RPF était dans un entrepôt du Fort Harrison.
 
Certains eurent le droit de s'en aller après avoir passé par les "vérifications de sécurité", avoir été fouillés, s'être fait confisquer les livres et matériaux scientologiques, même ceux qu'ils avaient payés. Il leur fallait aussi signer des documents sur leurs "crimes" et divers autres préparés par l'Office du Gardien, le "GO", qui est le bras armé de la scientologie.
 
Une fois au Fort Harrison, je suis restée messagère de LRH. J'observais le contrôle exercé par LRH sur les diverses orgs du monde entier, depuis le Fort Harrison. Il se servait d'une quinzaine de codes différents pour cacher ses opérations, programmes et règlements qu'il envoyait au monde entier. J'ai personnellement délivré des messages concernant l'opération "Snowwhite" (blanc comme neige), Freakout (Déboussoler), ou "Goldmine (mine dor), ainsi que d'autres opérations scientologiques secrètes et illégales. J'ai aussi classé ces opérations dans les classseurs personnels d'Hubbard, et ensuite, dans ceux du GO.
 
Toutes les communications télex transitaient par les messagères; les télex étaient codés en direction de Los Angeles, Office du Guardien; Folo; RONY; Afrique; Henning Hedt; Arthur Maren, Jane Kember et quelques autres endroits et individus. On expédiait des télex dans les bureaux GO du monde entier. Un des télex demandait des tuyaux sur l'éducation du Maire Casarès. Il la trouva grâce à un détective privé.
 
LRH déclarait que des gens étaient des suppressifs quand ils filaient de la scientologie. il envoyait des télex aux Offices du Guardien avec leur liste. J'ai vu les noms de ceux qu'il déclarait suppressifs.
 
En Février 1976, LRH quitta Clearwater pour New York. J'ai continué le même travail qu'avant, codage et décodage, mais pour le compte du GO. Je recevais quantité de messages d'Hubbard. Quand il partit à La Quinta en Californie, j'ai continué le même train-train codage-décodage, sept jours par semaine, jusqu'en Août 1977.
 
Le RPF, "Redemptory Project Force"
 
En Août, j'ai refusé d'obéir à un certain ordre et on m'expédia aux cuisines où je dus faire les mêmes tâches abjectes jusqu'à ce que je sois cassée émotionnellement, et qu'on m'expédie au RPF sous les ordres directs d'Hubbard.
 
Au RPF, on est étiqueté comme "traître" et forcé à travailler 18 heures par jour, souvent nourris de quelque riz et haricots à l'eau. J'ai personnellement pu voir une personne enchaînée aux tuyauteries de la chaufferie du Fort Harrison pendant des semaines. J'ai vu des gens du RPF qui hurlaient et pleuraient constamment pendant "l'audition à l'électromètre" (c'est un appareil qui sert de détecteur de mensonges - pendant l'audition). Les prisonniers du RPF étaient forcés à "auditer" pour faire sauter leurs "buts malfaisants" contre Hubbard et la Scientologie. J'ai pleuré à peu près tout le temps que j'étais au RPF.
 
Finalement, en Novembre 1977, j'ai décidé de m'échapper. Vers 4h30 du matin, j'ai volé les clefs d'un garde qui dormait à la porte de notre chambrée. J'ai passé par une conduite d'aération en rampant, et vu le téléphone. J'ai appelé mon père et lui ai tout raconté. Il m'a dit qu'il envoyait mon oncle me prendre à Fort Lauderdale. J'ai convaincu les officiers du RPF que mon oncle était un VIP aux "Dauphins de Miami" - ce n'était pas vrai - qu'il avait demandé à me voir, et que ça pourrait faire mauvais effet s'il ne pouvait me voir. J'ai pu finalement m'échapper grâce à lui et je suis revenue à Las Vegas.
 
A peu près quinze jours après mon retour, deux agents d'Hubbard sont venus chez moi en disant qu'Hubbard voulait me voir. Je leur ai dit que je ne reviendrai jamais plus. Mais ils m'ont demandé de venir boire un café, et j'ai accepté. Je suis montée devant dans la voiture, entre eux deux. Au bout de quelques minutes, j'ai remarqué qu'ils prenaient l'autoroute., et j'ai demandé où on allait. Ils m'ont dit qu'on partait voir Hubbard à Los Angeles.
 
On m'a enfermée en arrivant, et forcée à faire une "vérification de sécurité" à l'électromètre. J'avais terriblement peur, je pleurais, je leur ai dit qu'il y avait une réunion de famille pendant le week-end, que j'avais des parents et des amis policiers à Las Vegas, qu'il fallait que je rentre pour les vacances. Je les ai convaincus de me relâcher, et je suis revenue en bus à la maison. Des semaines durant, ils ont continué à m'appeler pour savoir quand je reviendrai. J'ai dit: JAMAIS.
 
2,5 dollars comme salaire
 
J'ai passé cinq ans entre 13 et 18 ans, en scientologie. On m'a payé dans les 2,5 dollars par semaine, et une fois, 17,5 dollars. Je n'ai eu aucune formation; en réalité, on montrait de fausses classes aux officiels de l'éduication de Clearwater pour les empècher de découvrir que nous dormions par terre dans des entrepôts, parfois sans même un matelas.
 
L'organisation détient encore dans les 800 dollars d'affaires m'appartenant. Quand je leur ai demandé de me les renvoyer, ils m'ont facturé pour 58'000 dollars [de formation supposée, ndt], je leur ai réexpédié la facture; ils m'en ont renvoyé une de 36'005,70 dollars, jointe à ma déclaration.
 
En Décembre 1979, après une action de groupe en justice contre la scientologie par divers anciens membres, j'ai obtenu une "proclamation d'amnistie" [d'Hubbard] que je joins également. Il se peut que certains anciens membres puissent se faire avoir par cette "amnistie" et qu'ils retournent en scientologie. J'ai très peur pour eux, car je sais ce qu'on y trouve. J'espère seulement que le public apprendra ce que fait Hubbard.
 
Les faits dont j'ai personnellement connaissance dans l'affidavit présent sont vrais. Je crois que les autres faits dont je n'ai pas personnellement connaissance mais qui sont basés sur mes informations et sur ce que je crois sont également vrais. Les dates sont citées au mieux de mes souvenirs, mais je ne suis pas strictement sûre de leur exactitude.
 
Signé sous peine de pénalité de parjure ce 25 Janvier 1980, à Las Vegas
Tonya C. Burden de Las Vegas, Nevada.