-
- Ron Hubbard,
un escroc démasqué
-
- 1.
Ron Hubbard : son "vrai visage"
-
- Le
pseudo-enfant prodigue
- L'explorateur en
pantoufles
- Les romans de gare
- Les années de guerre
- Le pseudo invalide de
guerre
- Sexe
et magie noire
- La
Dianétique
- La
Scientologie
- La pseudo technologie de la
pensée métamorphosée
en une religion
-
- 2.
Témoignage d'une "servante"
de Ron Hubbard (Janvier 1980)
-
- De
belles promesses
- Apprendre
à mentir
- L'EPF,
le "Projet force de Biens"
- Servante
de Ron Hubbard
- Violation
des Droits de l'Homme
- Flag
: un gros mensonge
- Le
RPF "Redemptory Project Force"
- 2,5
dollars comme salaire ...
-
- 3.
Biographie de L. Ron Hubbard.
-
- Le gourou démasqué de Russell
Miller UN MUST
(version française
- 202 pages - pdf
550K)
-
- 4.
Propos
racistes de Ron Hubbard
-
- Les
Fondements de la pensée
(Extraits
- Textes en anglais de Ron Hubbard)
-
- 5.
Les écritures "sacrées" de Ron Hubbard
-
- Un éclairage sur la
dangerosité et la criminalité de la scientologie (Textes en
français de Ron Hubbard)
-
Hubbard did write in Science of Survival:
"While all men are created with equal rights under the law, an examination of
the individuals in the society rapidly demonstrates that all men are not created
with equal potential value to their fellows."
and
"In any event, any person from 2.0 down on the tone scale
(*) should not have, in any thinking
society, any civil rights of any kind, because by abusing those rights he brings
into being arduous and strenuous laws which are oppressive to those who need no
such restraints."
(*)
Tone Scale
: A scale which shows the emotional tones
of a person. These, ranged from the highest to the lowest, are, in part,
serenity, enthusiasm (as we proceed downward), conservatism, boredom,
antagonism, anger, covert hostility, fear, grief, apathy. (There are additional
tone levels than these in the Expanded Tone Scale, and for further information
see the book Scientology 0-8: The Book of Basics.)
Ron Hubbard
dixit: «I am utterly unable to approach
anything»
Ron Hubbard continues to claim for
disabilities (Ron Hubbard - May 1951)
L. Ron Hubbard and the "Nazi Spy"
(May
1940)
Ron kidnaps his daughter under an
alias
(Feb 1951)
Ron Hubbard denounces his wife to the FBI
(March
1951)
Ron Hubbard has an interview with the
FBI
(March
1951)
Ron Hubbard offers a $10,000 reward for clearing
his wife (March 1951)
Secret minute from Ron in Clearwater
(Nov 1975)
Scientology infiltrates the US
Government (Dec 1975)
Los Angeles Times
- Six-part series
The Scientology Story (June 1990)
|
-
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-
- "De toute évidence, cet homme se
révèle être un mythomane quand il parle de sa vie, ses origines et son oeuvre.
En outre, les écritures et documents reflètent son égoïsme, sa cupidité, son
avarice, sa soif de pouvoir, son caractère vindicatif et son agressivité envers
tous ceux qui lui sont perçus comme déloyaux ou hostiles." Juge Breckenridge, de
la Cour Suprême de Californie, à propos de Ron Hubbard, dans un verdict de
1984.
-
- Lafayette Ronald Hubbard, créateur de la
Dianétique et la Scientologie, est né aux Etats-Unis en 1911. Hubbard prétend
"être monté à cheval avant de pouvoir marcher, avoir parcouru seul les prairies
à l'âge de trois et demi, et savoir lire et écrire dès ce même
âge".
- Il se dit aussi "frère de sang" des Indiens Pieds-Noirs
depuis l'âge de quatre ans. Par malchance pour Ron Hubbard, les Indiens
Pieds-Noirs démentent l'existence des "frères de sang", qui ne sont qu'une
fantaisie hollywoodienne; et il n'y a pas plus de vérité dans ses autres
fanfaronnades. Son enfance est bien plus banale qu'il ne le dit, et un ami de
l'époque révèle que Ron Hubbard avait en fait une grande frayeur des chevaux.
D'après Hubbard, "son grand-père était un riche baron du bétail". En réalité,
Lafayette Waterbury exerçait le métier de vétérinaire dans une petite ville, et
a connu une série de déboires dans les affaires.
- Hubbard raconte que sa passion pour tout ce qui touche à
l'esprit humain s'est éveillée lors d'une rencontre avec le commandant Thompson,
un médecin de la US-Navy, alors qu'il avait 12 ans. Cependant, les journaux de
Ron Hubbard alors adolescent, utilisés comme pièce à conviction par une cour de
justice de Californie, ne révèlent aucun intérêt aux idées philosophiques ou
psychologiques.
- Hubbard affabule au sujet d'un "voyage de 5 années - de
14 à 19 ans - en Chine, en Mongolie, en Inde et au Tibet; et de ses entretiens
avec des sages et des lamas". En réalité, il n'a pas visité la Mongolie, ni
l'Inde et le Tibet. Ses 2 visites en Chine n'étaient que des excursions de courte durée dans
l'entreprise de sa mère. D'ailleurs, Hubbard avait fait part de la brièveté de
son séjour en Chine au cours d'une interview par Aventure Magazine en
1935.
- A 19 ans, Hubbard entre à l'Université George Washington
pour entreprendre des études dans le génie civil. Son passage en troisième année
est refusé à cause de ses résultats médiocres. Les scientologues prétendent que
"Ron Hubbard possédait des diplômes à la fois en génie civil et en
mathématiques". En fait, il n'a jamais eu aucun diplôme dans ces domaines, et
son niveau en mathématiques était très bas. A l'université, Hubbard échoue
également dans ses études sur la physique atomique et moléculaire, ce qui dément
sa ridicule prétention selon laquelle il est "un des premiers physiciens
nucléaires d'Amérique".
- En 1932, durant son dernier semestre
à l'université, Hubbard prend en charge l'organisation d'une croisière estivale
qu'il baptise "l'Expédition Cinématographique aux Caraïbes". Le programme
comporte principalement "la reconstitution de scènes de piraterie, la récolte de
précieux spécimens de la flore locale et le tournage de films de court métrage
dont les scénarios seraient écrits en fonction des légendes et traditions de
chaque île visitée". L'expédition, à bord du Doris Hamlin, ne parcourra en fait
que 3 des 16 ports initialement prévus, et sans aucun tournage. Au cours d'une
interview de 1950, Hubbard reconnaît lui-même que "l'expédition était un fiasco
complet et financièrement chaotique".
- D'après une publication de l'Eglise de Scientologie en
1973, Mission into Time, "les prises de vue sous-marines réalisées par Ron
Hubbard au cours de cette expédition ont apporté à l'Université de Michigan et
au Bureau Hydrographique d'inestimables contributions à leurs recherches
scientifiques". Pourtant, aucune trace de ces contributions n'a été
retrouvée.
- D'après cette même publication, Ron Hubbard aurait
"accompli une première mondiale en réalisant, à la tête d'une équipe d'experts,
le premier relevé minéralogique complet de Porto Rico". Là encore, les résultats
de ses labeurs ne figurent dans aucune des archives officielles. Ron Hubbard a
plutôt préféré consacrer le plus clair de son temps à la prospection en vain
pour l'or. Il a travaillé à Porto Rico en tant qu'assistant d'un ingénieur des
travaux publics pendant une courte durée, avant de regagner les
Etats-Unis.
- En février 1940, Hubbard annonce
fièrement son appartenance à l'Explorers Club de New-York, où il lui est
attribuée la charge des préparatifs de sa prochaine grande aventure intitulée
"L'Expédition radio-expérimentale d'Alaska". Le projet du "Capitaine" Hubbard
comporte notamment la mise à jour d'un guide de navigation et l'étude de
nouvelles méthodes de radio-navigation à l'aide de matériel expérimental.
Hubbard se sert de cette expédition pour s'auto-proclamer chargé de mission par
divers organismes fédéraux, et solliciter des fonds auprès des fabricants en
leur proposant d'essayer leurs instruments. D'après Marnie, sa tante, il a
surtout trouvé un moyen commode de remettre en état son ketch de 32 pieds, le
Maggie, acquis avec le peu de ressources dont il dispose à cette
époque.
- Au cours de cette expédition, le moteur du Maggie montre
dès le départ des signes de faiblesse. Le ketch parvient péniblement à gagner
Ketchikan, en Alaska. Hubbard reste environ 4 mois bloqué dans ce petit port de
pêche, en attendant de se faire expédier gracieusement un vilebrequin de
rechange par un fabricant de Seattle. Le "Capitaine" a si mal estimé les coûts
de son équipée qu'il est déjà à court d'argent, et dans l'impossibilité de faire
réparer son moteur sur place. Dès que la nouvelle pièce parvient au "naufragé",
le Maggie prend enfin le chemin du retour. Hubbard regagne les Etats-Unis,
encore une fois criblé de dettes. (1)
- Selon les
scientologues; "à la fin de ses études, Hubbard a fait une percée fulgurante
dans le monde des auteurs de science-fiction et, en moins de 2 mois, amassé des
sommes qui étaient astronomiques pour l'époque". En fait, il vit durant
plusieurs années dans des conditions précaires, en signant ses oeuvres sous des
pseudonymes ronflants tels que René Lafayette, Tom Sterbrook, Kurt von Rachen,
Capitaine B.A, Northrup, et Winchester Remington Colt. Sous le nom de
Légionnaire 148, Hubbard concocte des "histoires vraies" au sujet de ses
prétendus exploits au sein de la Légion Etrangère Française. Mais il subsiste
surtout en écrivant des petits romans d'aventure pour des revues bon marché, en
participant à la rédaction de nombreux magazines tels que Thrilling Aventures,
The Phantom Detective et Smashing Novels Magazine; puis s'oriente définitivement
vers la science-fiction, principalement pour la revue Astounding Science
Fiction. Parmi ses romans populaires, certains portent le titre de Le carnaval
de la mort, Roi des terroristes et Pirate de l'air.
- A l'époque des débuts de la
Dianétique, en 1950, ses oeuvres de science fiction sont bourrées d'imagination,
mais d'un style fort peu élégant. Il explore déjà des idées qui seront
incorporées ultérieurement dans la Scientologie. A cause de sa vue, l'admission
de Ron Hubbard à la U.S. Naval Academy est refusée. En 1941, bénéficiant d'une
dérogation, il réussit à se faire enrôler en tant que réserviste de la
Navy.
- Ron Hubbard prétend avoir été "un brillant officier dans
la Navy". Parmi ses exploits militaires, il se targue d'être "le premier blessé
sur le front asiatique". En décembre 1941, il est en réalité affecté en
Australie. Là bas, il apporte suffisamment de contrariétés à ses supérieurs pour
se faire renvoyer aux Etats-Unis quelques mois plus tard. En février 1942, un
rapport de l'attaché naval américain indique que "cet officier n'est pas
qualifié pour exercer (... seul ... ) des responsabilités ... Il se prétend doué
de qualités exceptionnelles dans tous les domaines ... Il doit être surveillé de
très près". A son retour, en mars 1942, Hubbard est affecté à un poste de
censure du courrier à New York.
- Les scientologues prétendent que "Hubbard a été promu
commandant d'une escadre". Mais il n'a fait que superviser la remise en état de
deux navires de petite taille dans un port américain. Puis il a pris le
commandement à bord d'un chasseur de sous-marin de 280 tonneaux, l'USS
PC-815.
- Au cours de l'une de ses campagnes maritimes, il engage
un combat durant 55 heures contre ce qu'il croit avoir identifié comme deux
sous-marins japonais, en épuisant la totalité de ses munitions et sans oublier
d'appeler à la rescousse pas moins de cinq autres bâtiments et deux dirigeables
d'observation. L'incident est reporté par l'Amiral Frank J. Fletcher qui révèle
qu'"une analyse de tous les rapports apporte la certitude qu'il n'y avait aucun
sous-marin dans les environs. Les officiers de tous les navires, exceptés le
PC-815 n'ont pas fait état de la présence d'un sous-marin".
- Hubbard complète ses "campagnes improvisées" en faisant
feu sur une petite île mexicaine, les Coronados, fort heureusement peu habitée,
mais qui a néanmoins entraîné des protestations officielles de la part du
gouvernement mexicain. Il est alors définitivement retiré du commandement. F. A.
Braisted, chef du commandement de la flotte du pacifique écrit dans un rapport:
"je considère cet officier comme dépourvu de qualités essentielles de jugement,
d'aptitude au commandement et de coopération. Il agit sans réfléchir aux
conséquences de ses actes... Il est actuellement inapte au commandement et ne
mérite pas de promotion. Je recommande pour cet officier un poste qui permettra
de le soumettre à une stricte surveillance."
- La recommandation est suivie, et Ron Hubbard sert
brièvement en tant qu'officier de navigation à bord de l'USS Algol construit
tout récemment. En septembre 1944, peu avant le premier départ du navire vers le
front du Pacifique, il demande à suivre un cours de quatre mois à l'Ecole de la
marine de Princeton. Sa demande est d'autant mieux acceptée que le commandant de
l'Algol note que si Ron Hubbard est un officier "capable et énergique", il est
également "d'une susceptibilité excessive et sujet à des sautes
d'humeur".
- Selon les moments, Ron Hubbard se
vante d'avoir été récompensé d'un certain nombre de médailles oscillant entre 21
et 27. Mais on ne trouve trace dans son dossier que de 4 médailles de routine
attribuées à tous les membres des forces armées en service, au moment de Pearl
Harbour, au jour de la Victoire, et à ceux qui ont été affectés en
Australie.
- Dans un article intitulé "Ma philosophie", Hubbard
prétend avoir été atteint au nerf optique et aveugle, et paralysé par ses
blessures aux hanches et au dos, à la fin de la seconde guerre mondiale.
Pourtant, dans son dossier, aucune trace d'un Ron Hubbard aveugle et estropié
n'a été retrouvée. Ses périodes d'hospitalisation ne sont pas la conséquence de
soi-disant blessures de guerre, mais de divers troubles et maladies allant de la
malaria à un ulcère et des douleurs dans le dos.
- Hubbard prétend avoir passé un ou deux ans à l'Hôpital
Naval de Oak Knoll, à développer la Dianétique et grâce à elle, à "guérir de sa
maladie déclarée incurable par les médecins". Les origines de la Dianétique
restent floues et contradictoires avec le contenu des livres sur la
Scientologie. Selon les ouvrages, l'année de la découverte de la Dianétique
oscille entre 1944, 1947 et 1949.
- Après son départ de la Navy, Ron
Hubbard abandonne sa première épouse, Margaret Louise Grubb, alias Polly, et ses
deux enfants en bas âge pour s'initier à la pratique de la "magie noire". En
1938, Hubbard est pris d'une étrange hallucination pendant une anesthésie pour
une intervention chirurgicale dentaire. Il se croit mort durant cette opération
et se persuade d'avoir reçu une grande richesse de savoir au cours de cette
expérience. Suite à cette découverte, il prétend avoir écrit un livre nommé
Excalibur, mais n'a jamais pu trouver un éditeur. On peut se demander s'il a
réellement écrit ce livre.
- L'intérêt de Ron Hubbard pour les sciences occultes le
conduit à adhérer pendant une brève période à une groupe de Rosicruciens. Il
raconte à un ami qu'il se croit lui-même protégé par un gardien spirituel appelé
"l'Impératrice" ; et le répétera à certains de ses fidèles plusieurs années
après.
- En 1945, Hubbard s'associe avec un certain Aleister
Crowley, le dirigeant d'une secte satanique. Crowley se fait appeler "La bête
666", servant de l'Antéchrist, et préconise d'étranges pratiques sexuelles et
l'utilisation de drogues à accoutumance. Grâce à lui, Ron Hubbard rencontre John
Parsons, alias Jack, un chimiste et un des premiers membres du laboratoire de
Jet Propulsion en Californie, mais dont la magie constitue sa passion nocturne.
Hubbard et Parsons se mettent à pratiquer des rituels sexuels sur Sara Elizabeth
Northup, alias Betty; voulant devenir la mère de "Babalon", l'incarnation du
mal.
- Cette étrange association prend fin avec la fuite de
Hubbard, non seulement avec la compagne de Jack, mais aussi avec son argent.
Hubbard devient bigame en épousant Sara Northrup et, toujours dans une situation
financière critique, commence à écrire des lettres pathétiques pour justifier
une demande d'augmentation de sa pension d'invalide de guerre. En 1947, alors
qu'il racontera plus tard qu'il s'était "guéri" lui-même grâce à la Dianétique,
Hubbard fait état de ses tendances suicidaires et sollicite l'Administration des
Vétérans pour une aide psychiatrique.
- Hubbard continue de pratiquer des rituels de magie noire
et se lance dans des exercices d'auto-hypnose, avec des affirmations suggestives
du genre "tous les hommes sont mes esclaves". En même temps, Il continue
d'envoyer des courriers de demande d'augmentation de sa pension d'invalidité, en
prétendant souffrir de tous les maux.
- A cette époque, Hubbard était déjà sous la dépendance
des barbituriques prescrits à l'origine pour son ulcère. Son usage de la drogue
s'est prolongé durant toute sa carrière dans la Scientologie, alors qu'il avait
créé des centres de désintoxication Narconon, organisation écran de la secte. La
Dianétique prétend triompher des tendances compulsives. Pourtant Ron Hubbard n'a
jamais pu s'affranchir du tabac.
- "L'hypnose a été utilisée pour la recherche, puis
abandonnée" (Ron Hubbard, citation de son livre :
"La Dianétique,
la puissance de la pensée sur le corps").
- En 1948, Hubbard présente des démonstrations sur
l'hypnose, et écrit à son éditeur à propos d'un nouvel ouvrage qu'il assure d'un
succès très prometteur. Mariant les techniques de l'hypnose avec des recherches
abandonnées depuis longtemps par Freud, Hubbard invente la
Dianétique.
- En 1950, il modifie les techniques de l'hypnose sans
avoir effectué davantage de "recherches", pour sortir le livre "La Dianétique".
-
- Dans un ouvrage datant de 1909, Freud
décrivait une méthode pour faire remonter à la conscience des souvenirs
traumatisants. Il demande aux patients de remonter à des incidents situés de
plus en plus tôt sur une "chaîne", jusqu'à ce que la charge émotionnelle soit
libérée. Non seulement Hubbard reprend la technique, mais il transforme
certaines expressions utilisées par le traducteur de ces lectures. Freud avait
abandonné la technique, parce que le procédé était trop laborieux et ne
permettait pas de découvrir les sources des blocages. La Dianétique apporte
parfois un soulagement initial, mais donne surtout la dangereuse conviction que
certains incidents purement imaginaires correspondent à la
réalité.
- Hubbard adopte les techniques de Freud, y ajoute une
terminologie spécifique à la Dianétique, et développe une théorie selon laquelle
le "basique", en d'autres termes le premier incident traumatique, se produit
dans l'utérus. En fait, cette affirmation fait suite aux recherches de Otto
Rank, Nandor Fodor et J. Sadger. Hubbard déclare en plus qu'il est réellement
possible de se remémorer les incidents prénataux, et même les instants précédant
la conception (le "rêve du spermatozoïde"). Fodor aussi avait écrit au sujet des
souvenirs prénataux.
- Hubbard redéfinit le terme
d'"engramme" comme étant l'image d'un incident traumatique qui a échappé à la
conscience de l'individu. Une fois que le premier engramme (ou
"basique-basique") est éliminé, l'individu est supposé à l'état de "Clair", par
conséquent libéré de toutes ses carences, et pourvu d'un QI élevé. L'audition
est dotée de vertus miraculeuses.
- "La Dianétique augmente le QI comme
résultat accessoire de l'audition habituelle, d'une moyenne d'un point par heure
de processing. (...) Les membres atrophiés, les taches de peau, les éruptions
cutanées, et même la cécité et la surdité peuvent être guéris par la
Dianétique". Hubbard, 24 avril 1969.
- Le livre "La Dianétique, la puissance
de la pensée sur le corps", soutient que par l'élimination des engrammes,
l'individu est libéré de ses compulsions, obsessions, névroses, et des risques
tels que les troubles cardiaques, déficience visuelle, asthme, daltonisme,
allergies, bégaiement, surdité, sinusite, hypertension, dermatite, migraine,
ulcères, arthrite, nausées, refroidissement, conjonctivite, alcoolisme et
tuberculose. Hubbard prétend aussi guérir des cancers et de la leucémie.
Pourtant, aucune preuve sérieuse de ces prétendues vertus miraculeuses n'a
jamais été établie.
- En août 1950, face aux multiples contestations, Hubbard
entreprend de présenter "le premier Clair au monde" à l'auditorium de Shrine à
Los Angeles, en la personne d'une jeune physicienne, Sonya Bianca. Selon
Hubbard, elle jouit d'une "mémoire infaillible lui permettant de se souvenir
sans erreur de chaque instant de sa vie". Mais la jeune femme, peu maîtresse
d'elle-même, est incapable de dominer la situation sur scène. En outre,
intimidée par les questions très sceptiques du public, elle ne parvient pas à se
souvenir d'une formule de base en physique, pourtant sa spécialité. Les fidèles
de Ron Hubbard occultent le fait qu'une partie du public s'est aperçu de
l'incroyable exagération des prétendus bienfaits de la Dianétique. Ron Hubbard
ne se risquera à exhiber un autre "Clair" en public avant
longtemps.(1)
- La secte se garde bien de révéler la faillite des
premières fondations de Dianétique et l'échec du second mariage de leur gourou,
avec Sara. Sara Hubbard a accusé son mari de l'avoir battue et privée de
sommeil. Elle révèle qu'il l'avait un jour étranglée jusqu'à la rupture de la
trompe d'Eustache de son oreille droite, entraînant une surdité définitive.
Hubbard s'est réfugié à Cuba; après avoir kidnappé leur fille, dans le but de
s'assurer, avec succès, du silence de sa première épouse.
- Avec le soutien financier du millionnaire Don Purcell,
Hubbard retourne aux Etats-Unis pour créer une fondation à Wichita. Il règle
également les conditions du divorce avec Sara, qui renonce à ses exigences
initiales en échange de la garde de leur fille, qu'elle n'a pas vue depuis des
mois.
- La nouvelle fondation de Wichita sombre rapidement dans
des difficultés financières, et Ron Hubbard l'abandonne à ses créditeurs en
accusant Don Purcell - qui l'avait aidé auparavant - d'avoir accepté de toucher
500.000 dollars par l'Association Américaine des Médecins pour le ruiner. Ce
n'est qu'un épisode de la paranoïa de Ron Hubbard. Puis il ouvre un "Collège
Hubbard" concurrent.
- "Nous avons trouvé les moyens de
transformer les hommes en esclaves." Ron Hubbard, Conférences de Philadelphie,
lecture 20, 1952.
- "Les scientologues sont les gens les
plus intelligents du monde." The Auditor n°168.
- En février 1952, Hubbard se trouve sans le sou et
gaspille à la fois les droits de son livre "La Dianétique" et l'argent de ses
fidèles du "Collège Hubbard". Un de ses associés vole les listes des adhérents
de la fondation de Wichita, et Hubbard commence à lancer des attaques ridicules
contre la fondation et à réclamer des dédommagements de plus en plus importants
pour "rupture abusive de contrat" ou "graves fautes de gestion".
- Il donne aussi des lectures du Collège Hubbard à une
audience restreinte, et pendant 6 semaines il travaille sur un sujet en
apparence nouveau. Il reconnaîtra plus tard son admiration pour Aleister
Crowley, son "véritable ami", dont les idées sur la "magie noire" ont beaucoup
inspiré les fondements de la Scientologie, constitués d'un amalgame avec la
science-fiction.
- Avec la Scientologie, Hubbard affirme que nous sommes
tous des êtres appelés "thétans", qui existent depuis des milliards d'années, et
se réincarnent. Selon lui, grâce à l'utilisation de ses nouvelles techniques,
n'importe qui peut acquérir des pouvoirs surnaturels. En 40 ans, aucune étude
sérieuse n'a permis de mettre en évidence ces prétendues
aptitudes.
- Au cours des lectures du Hubbard College, Hubbard
introduit l'Electromètre, ou E-meter, mis au point par le dianéticien Volney
Mathison. L'Electromètre est en réalité une sorte de détecteur de mensonge,
basée sur la mesure de la résistance électrique du corps humain, avec deux
électrodes en forme de boîtier, que l'audité tient dans ses mains. La mesure est
effectuée à l'aide d'un pont de Wheatstone relié à un galvanomètre. C'est un
appareil peu coûteux à fabriquer.
- Hubbard prétend que les guérisons par la Dianétique sont
infaillibles. Pourtant, deux ans plus tard, il dénigre ce traitement, en le
qualifiant de "lent et médiocre", au profit de la Scientologie.
-
"La Scientologie est une philosophie religieuse
qui mène l'humanité à la Liberté Totale" L. Ron
Hubbard, Philosophie Religieuse
et Pratique de la Religion, 21 Juin 1960, mise à jour le 18 Avril
1967.
- "Une libération sans limites de tous les pièges,
de toutes les craintes ... Prisonnier de sa condition, l'homme aspire à
la liberté et veut sortir de sa situation misérable et sans but pour parvenir à
une liberté totale." L. Ron Hubbard, La raison; 15 Mai
1956.
- "J'aimerais lancer une religion.
C'est là que se trouve l'argent".L. Ron Hubbard à Lloyd Eshbach, en 1949;
cité par Eshbach dans "Over My Shoulder".
- A sa mort en 1986, la fortune
personnelle de Hubbard est estimée à plus de 640 millions de dollars, amassés
grâce à la Scientologie (en dépit de son démenti selon lequel il n'a jamais
touché de royalties sur la vente de ses livres).
- C'est seulement à la fin des années soixante que la
Scientologie se réfugie derrière son manteau religieux, face aux critiques de
plus en plus virulentes de la part des gouvernements occidentaux. Des "pasteurs"
de la Scientologie suivent un stage de pratique d'une sorte de religion basée
sur un simple livre, et s'entraînent à la célébration de cérémonies écrites par
Hubbard. A l'issue de leur stage de quelques jours, ils s'accoutrent de
vêtements comparables à ceux de leurs homologues chrétiens, incluant un collier
et une "croix barrée".
|
-
- De
belles promesses
-
- Mon nom est Tonya Burden, de Las Vegas, Nevada. J'ai 20 ans.
Vers le 3 Mars 1973, alors que j'avais treize ans, mon père et ma mère
furent recrutés en scientologie. J'ai moi-même été recrutée en scientologie par
Billy Kohn et j'ai signé mon contrat d'un milliard d'années à la Sea Org
(Organisation Maritime, "l'élite" de la secte, ndt) vers la même date.
-
- Kohn nous avait déclaré que nous serions en poste dans les locaux de Las
Vegas, que nous aurions un espace bien meublé et suffisamment grand, que nous
mangerions bien et gagnerions assez d'argent, et que nous disposerions aussi de
deux jours de sortie par semaine. Papa vendit sa Cadillac et ses voitures de
sport, et nous partîmes pour Los Angeles avec le recruteur.
-
- La Scientologie me plaça dans "l'organisation des Cadets" tandis que mes
parents étaient affectés à l'Organisation Saint Hill Américaine (ASHO en
abrégé). L'org des cadets était dirigée par Dorothy Jefferson et située 811
Beacon Street à Los Angeles, dans un bâtiment de deux étages qui abritait
environ 400 enfants. Elle avait pour but d'enseigner la scientologie aux
enfants. Mes obligations consistaient à nourrir, laver et prendre soin des
enfants. Une autre fille et moi étions les aînées des enfants. Les conditions
de vie étaient ignobles. Il y avait des morceaux de vitres cassées par terre,
des fils éléctriques dénudés là où jouaient les enfants. On nous nourrissait
mal. On nous a plusieurs fois servi du lait contenant des cafards. On ôtait les
cafards à la main avant de servir à table. En plus de m'occuper des enfants, je
devais nettoyer les toilettes chaque jour. J'ai écrit à L. Ron Hubbard pour lui
expliquer les conditions, mais rien n'a changé.
-
- On ne laissait pas les enfants avec leurs parents. La scientologie
autorisait une visite tous les quinze jours, et seulement pendant trois quarts
d'heure à l'heure des repas. Mes parents furent placés à l'ASHO et quittèrent la
scientologie en Septembre 1973, alors que j'étais à bord du navire
Apollo.
-
- Un homme arriva de Flag (QG de la secte, ndt) à l'org des cadets. Le QG de
Flag était à bord de l'Apollo. Ce type parla de la "Source", c'est à dire, L.
Ron Hubbard. Hubbard avait besoin de "messagères" et d'autres gens pour
travailler à bord du bateau.
-
- J'ai quitté l'org des cadets au bout d'environ trois mois, pour aller à
FOLO, autre service scientologique logé au "Manor" de Franklin Street à Los
Angeles. On me mit au service "FRU" (Unité Préparation de Flag) chez FOLO. C'est
Chuck Pierce qui dirigeait l'unité. Le programme était destiné à faire passer
des "vérifications de sécurité" pour s'assurer que les gens conviendraient comme
sujets d' Hubbard à bord de l'Apollo.
-
- Pendant les questionnaires, ils cherchaient à savoir si j'étais liée à des
"personnes suppressives" - c'est à dire des gens hostiles à la secte. On me fit
passer un test de personnalité, un autre de QI, et d'autres encore. Je reçus de
l'endoctrinement (lavage de cerveau) pendant trois mois. Et finalement, on
m'accepta et on m'envoya au Briefing.
-
- Le Briefing eût lieu en Août 73 ou vers cette période. C'est Peter Cook
qui m'instruisit pour donner certaines réponses à des questions que pourraient
poser des non-scientologues. Il s'agissait surtout de pouvoir répondre aux
questions qu'on me poserait à terre, quand je serais nommée à bord de l'Apollo.
Nombre des choses qu'on m'apprit étaient des mensonges. La localisation et les
activités de l'Apollo demeuraient secrètes. On me disait que si un agent des
douanes ou autre non-scientologue me posait une question sur la destination, il
faudrait répondre que j'étais "en transit".
-
- Apprendre
à mentir
-
- Peter Cook m'instruisit sur le récit "de couverture"; il fallait dire que
j'étais "en transit"sur OTC (Corporation Operation Transport"), une unité
d'enseignement de la gestion à bord du bateau. Il m'a démontré ce que c'était en
se servant de "démonstration en pâte à modeler": il faisait un bateau, des
bonshommes en pâte, et imitait les interactions avec les autres gens, de façon à
ce que je donne les réponses standardisées.
-
- J'ai pris l'avion pour New York après ça, et j'ai été reçue par Kevin
Campbell. Il travaillait dans un bâtiment à New York, aidant RONY. J'ai appris
ensuite que RONY était une liaison recevant des télex codés depuis l'Apollo,
télexes ensuite rééxpédiés à d'autres "orgs" dans le monde. Une fois à bord, je
rencontrerais Mike Henderson, qui prenait les messages du bateau et les envoyait
à RONY. Parfois, Henderson recevait les télex de Rony à terre. Je compris ces
principes une fois messagère de L. Ron Hubbard.
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- Campbell me mit sur un avion et me dit de rencontrer Chuck Adams à
destination: Lisbonne. Au Portugal, je rencontrai Adams qui m'informa que le
bateau avait pris la mer. Quelques heures plus tard, il sut que la destination
était Madère. On me mit sur un avion vers Madrid, où je changeais d'avion pour
aller à l'île de Madère.
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- Questionnée par les agents de la douane, je leur dis que j'étais "en
transit"; je pris le taxi qui m'amena à l'Apollo.
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- Je vis donc l'Apollo pour le première fois, et fut très déçue de son état
lamentable. Une fois à bord, on me mit sous la garde d'un "buddy" (un
instructeur) qui devait m'apprendre le bateau en deux jours. C'était l'un des
cinq bateaux que la scientologie utilisait, et depuis lesquels Hubbard dirigeait
les organisations du monde entier. Il y avait environ 3 à 500 membres de la "Sea
Org" à bord. On me mit dans une couchette dans les dortoirs des femmes, et je
fus assignée à l'EPF "Projet Force des Biens".
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- L'EPF
le "Projet Force des Biens"
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-
L' EPF servait à juger quelle était la résistance de la personne. On me
dit que ça me transformerait en "un vrai marin". A l'EPF, on démarrait à 6
heures du matin. Je nettoyais des vêtements de 6 heures à midi sans interruption
ni casse-croûte. On lavait les vêtements à la main dans une cuvette, et il
fallait rincer dans TREIZE cuvettes séparées. Puis les suspendre pour les faire
sècher.
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- Ensuite, on avait une heure pour déjeûner et on m'envoyait nettoyer les
cabines. Il fallait que l'inspection "gants blancs" soit convenable, c'est à
dire que l'inspecteur passait les gants blancs dans les coins etc; s'il trouvait
des traces de poussière ou autre, on me forçait à faire des tours de bateau en
courant, avant de me renvoyer au nettoyage. Un tour de bateau fait dans les 3 ou
400 mètres. La journée s'achevait vers minuit.
-
- Les jours de pluie, il fallait repasser les vètements pour les faire
sècher. Cela voulait dire repasser la matin et le soir. Et plus d'une fois,
toute la nuit, en terminant à 6 heures du matin. Il m'arrivait de passer trois
ou quatre jours sans dormir. Je tombai un jour de sommeil sur la table de
repassage, le fer à la main. Ma supérieure, Doreen Gilliam, me prit en train de
dormir et me cria dessus comme une folle. Elle m'envoya faire des tours de pont
en courant et m'assigna "une condition de doute", c'est à dire qu'il fallait que
je fasse 15 heures de "projet- travail-amende", en supplément du reste, aux
heures des repas ou de repos, jusqu'à ce que j'ai fini mon projet. Pendant toute
cette punition, je n'avais pas le droit de parler à quiconque, je mangeais
seule; et finalement, j'ai parlé, et j'ai dit que j'en avais assez. On m'a
expédiée voir le Commandant des Messagères, qui me punit d'un mois de cuisine,
où je lavais les plats et les casseroles. J'ai fait ça tout un mois et suis
retournée sur l'EPF.
-
- L'EPF était comme une prison. Il fallait que je m'adresse à tous les gens
en leur disant "Sir", et on me laissait seulement quinze minutes pour manger.On
ne me laissa quitter l'EPF que quand j'eus fait mes preuves. J'avais le cerveau
complètement lavé pour bien obéir aux ordres. On me donnait 2,9 dollars par
semaine (20 F, ndt) pour ce travail.
-
- Pendant que j'étais sur l'EPF, je n'entendis jamais parler de mes
parents, ni lettres, ni appels téléphoniques. A bord, je reçus un télex de Peter
Albert, qui était Chef de la Justice sur le Continent à FOLO: il m'informait que
mon père avait été déclaré par la scientologie "Personne Suppressive": ils
disaient qu'il était un 'espion' ennemi de la scientologie'. J'ai commencé à
pleurer et demandé à m'en aller en leur disant que je pourrai convaincre mon
papa de revenir en scientologie.
-
- Dede Riesdorf, le "supercargo" (niveau adjudant) de notre "org" ne me
permit pas de m'en aller. Je lui ai expliqué que je voulais réunir mon papa et
ma maman, mais elle refusa. Elle me dit alors de "déconnecter" parce que mes
parents étaient tous deux des SPs (personnes suppressives, une injure maximale
au sein de la secte). La déconnexion, ça voulait dire: plus aucun contact avec
mes parents. Ils m'expliquèrent que mes parents ne feraient pas leur chemin dans
la vie, mais que moi, si.
-
- Tony Armstrong, l'officier commandant, m'assigna une autre "condition de
doute" et me renvoya sur l'EPF. Elle disait que si je voulais partir, il fallait
que je retourne à l'EPF. On m'assigna automatiquement les quinze heures de
"projet travail amende" de la condition de doute. Je repris l'horaire 6 heures
minuit, travaillant parfois 24 heures par jour. Un mois plus tard, on me renvoya
étudier les "Routines d'Entraînement", les "TRs".
-
- Pendant ces exercices, deux personnes et moi devions porter les messages
de LRH. Il fallait l'écouter, le répéter de la même manière, et faire les
saluts.
-
- Servante
de Ron Hubbard ...
-
- Faire "l' Ombre" faisait partie du lot
: c'est comme ça que j'ai appris à
servir LRH. J'ai suivi une autre messagère pour l'observer quand elle lui
passait sa casquette, allumait ses cigarettes, lui portait le cendrier, et
préparait ses habits. Finalement, je fis ça aussi.
-
- Etant sa servante, je m'asseyais dehors à la porte, et je l'aidais à se
tirer du lit quand il appelait "Messagère !". Je réagissais en lui allumant ses
cigarettes, en portant le cendrier, en préparant ses toilettes, et en l'aidant à
s'habiller. Après, je passais dans son bureau pour le vérifier, et je passais
l'inspection gants blancs. Il se fichait très souvent en colère quand il voyait
une poussière ou qu'il sentait le savon sur ses habits. C'est pour ça que nous
utilisions treize cuvette successives pour rincer.
-
- Après, je lui préparais sa salle d'audition: il s'auditait lui-même. Je
lui préparais un casse-croûte. Il se faisait des séances d'audition de plusieurs
heures. Plus tard, je faisais passer ses messages: je les amenais à la pièce de
télex, d'où ils partaient vers les orgs à terre. Ils partaient parfois des ports
quand nous étions à l'ancre.
-
- Violation
des Droits de l'Homme
-
- Quand j'étais à bord du bateau, j'ai observé pas mal de punitions pour des
péccadilles ou des erreurs sans importance par rapport aux règlements très
stricts d'Hubbard. A plusieurs reprises, j'ai vu des gens expédiés dans les
puits d'ancre du bateau sur ordre direct d'Hubbard. Ces endroits étaient
minuscules, sales et puants, et couverts de rouille. J'ai vu un gamin gardé là
pendant trente nuits, hurlant et pleurant pour qu'on le libère. On ne le
laissait sortir que pour aller nettoyer les boues là où l'eau passe. Je crois
que son 'crime' était de s'être servi d'un instrument de musique, une flûte,
sans permission. J'ai aussi vu un garçon et une fille jetés là-dedans parce
qu'ils avaient eu des relations romantiques avec d'autres personnes. Hubbard
interdisait fanatiquement les relations sexuelles, ou "out-2D" comme ils disent.
Les gens mariés avaient le droit de se voir, mais c'était très contrôlé
aussi.
-
- Flag
: un
gros mensonge
-
- LRH me raconta qu'il vendait le bateau et qu'on allait à terre. On le
vendit vers Octobre 1975. Quelques 500 personnes arrivèrent à Daytona Beach. On
loua plusieurs hotels là-bas. Quelques mois plus tard, on partit pour
Clearwater, au Fort Harrison. Hubbard commença par appeler la sciento "Les
Eglises Unifiées", alors qu'aucune église n'était en jeu. Finalement, le Maire
Cazarès découvrit que ce nom cachait la scientologie.
-
- J'ai découvert tout ça en lisant des papiers de relations publiques, que
des officiers de relations publiques préparaient, et qui expliquaient ce
qu'était la façade des "Eglises Unifiées".
-
- La
discipline scientologue
-
- Au Fort Harrison, des gardes de la sécurité gardaient les sorties pour
empècher les staffs de filer à l'anglaise , on dit "blower" en scientologie. On
ne permettait pas aux gens de s'en aller. Il y en a trente ou 40 qui ont essayé.
Ils se faisaient reprendre et envoyer au "RPF" (Projet Force de Réhabilitation),
un camp de concentration scientologique où les gens qui "présentent une menace
envers la sécurité" sont sous bonne garde. Le RPF était dans un entrepôt du Fort
Harrison.
-
- Certains eurent le droit de s'en aller après avoir passé par les
"vérifications de sécurité", avoir été fouillés, s'être fait confisquer les
livres et matériaux scientologiques, même ceux qu'ils avaient payés. Il leur
fallait aussi signer des documents sur leurs "crimes" et divers autres préparés
par l'Office du Gardien, le "GO", qui est le bras armé de la
scientologie.
-
- Une fois au Fort Harrison, je suis restée messagère de LRH. J'observais le
contrôle exercé par LRH sur les diverses orgs du monde entier, depuis le Fort
Harrison. Il se servait d'une quinzaine de codes différents pour cacher ses
opérations, programmes et règlements qu'il envoyait au monde entier. J'ai
personnellement délivré des messages concernant l'opération "Snowwhite" (blanc
comme neige), Freakout (Déboussoler), ou "Goldmine (mine dor), ainsi que
d'autres opérations scientologiques secrètes et illégales. J'ai aussi classé ces
opérations dans les classseurs personnels d'Hubbard, et ensuite, dans ceux du
GO.
-
- Toutes les communications télex transitaient par les
messagères; les télex étaient codés en direction de Los Angeles, Office du
Guardien; Folo; RONY; Afrique; Henning Hedt; Arthur Maren, Jane Kember et
quelques autres endroits et individus. On expédiait des télex dans les bureaux
GO du monde entier. Un des télex demandait des tuyaux sur l'éducation du Maire
Casarès. Il la trouva grâce à un détective privé.
-
- LRH déclarait que des gens étaient des suppressifs quand ils filaient de
la scientologie. il envoyait des télex aux Offices du Guardien avec leur liste.
J'ai vu les noms de ceux qu'il déclarait suppressifs.
-
- En Février 1976, LRH quitta Clearwater pour New York. J'ai continué le
même travail qu'avant, codage et décodage, mais pour le compte du GO. Je
recevais quantité de messages d'Hubbard. Quand il partit à La Quinta en
Californie, j'ai continué le même train-train codage-décodage, sept jours par
semaine, jusqu'en Août 1977.
-
- Le
RPF, "Redemptory Project Force"
-
- En Août, j'ai refusé d'obéir à un certain ordre et on m'expédia aux
cuisines où je dus faire les mêmes tâches abjectes jusqu'à ce que je sois cassée
émotionnellement, et qu'on m'expédie au RPF sous les ordres directs
d'Hubbard.
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- Au RPF, on est étiqueté comme "traître" et forcé à travailler 18 heures
par jour, souvent nourris de quelque riz et haricots à l'eau. J'ai
personnellement pu voir une personne enchaînée aux tuyauteries de la chaufferie
du Fort Harrison pendant des semaines. J'ai vu des gens du RPF qui hurlaient et
pleuraient constamment pendant "l'audition à l'électromètre" (c'est un appareil
qui sert de détecteur de mensonges - pendant l'audition). Les prisonniers du RPF
étaient forcés à "auditer" pour faire sauter leurs "buts malfaisants" contre
Hubbard et la Scientologie. J'ai pleuré à peu près tout le temps que j'étais au
RPF.
-
- Finalement, en Novembre 1977, j'ai décidé de m'échapper. Vers 4h30 du
matin, j'ai volé les clefs d'un garde qui dormait à la porte de notre chambrée.
J'ai passé par une conduite d'aération en rampant, et vu le téléphone. J'ai
appelé mon père et lui ai tout raconté. Il m'a dit qu'il envoyait mon oncle me
prendre à Fort Lauderdale. J'ai convaincu les officiers du RPF que mon oncle
était un VIP aux "Dauphins de Miami" - ce n'était pas vrai - qu'il avait demandé
à me voir, et que ça pourrait faire mauvais effet s'il ne pouvait me voir. J'ai
pu finalement m'échapper grâce à lui et je suis revenue à Las Vegas.
-
- A peu près quinze jours après mon retour, deux agents d'Hubbard sont venus
chez moi en disant qu'Hubbard voulait me voir. Je leur ai dit que je ne
reviendrai jamais plus. Mais ils m'ont demandé de venir boire un café, et j'ai
accepté. Je suis montée devant dans la voiture, entre eux deux. Au bout de
quelques minutes, j'ai remarqué qu'ils prenaient l'autoroute., et j'ai demandé
où on allait. Ils m'ont dit qu'on partait voir Hubbard à Los Angeles.
-
- On m'a enfermée en arrivant, et forcée à faire une "vérification de
sécurité" à l'électromètre. J'avais terriblement peur, je pleurais, je leur ai
dit qu'il y avait une réunion de famille pendant le week-end, que j'avais des
parents et des amis policiers à Las Vegas, qu'il fallait que je rentre pour les
vacances. Je les ai convaincus de me relâcher, et je suis revenue en bus à la
maison. Des semaines durant, ils ont continué à m'appeler pour savoir quand je
reviendrai. J'ai dit: JAMAIS.
-
- 2,5
dollars comme salaire
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- J'ai passé cinq ans entre 13 et 18 ans, en scientologie. On m'a payé dans
les 2,5 dollars par semaine, et une fois, 17,5 dollars. Je n'ai eu aucune
formation; en réalité, on montrait de fausses classes aux officiels de
l'éduication de Clearwater pour les empècher de découvrir que nous dormions par
terre dans des entrepôts, parfois sans même un matelas.
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- L'organisation détient encore dans les 800 dollars d'affaires
m'appartenant. Quand je leur ai demandé de me les renvoyer, ils m'ont facturé
pour 58'000 dollars [de formation supposée, ndt], je leur ai réexpédié la
facture; ils m'en ont renvoyé une de 36'005,70 dollars, jointe à ma
déclaration.
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- En Décembre 1979, après une action de groupe en justice contre la
scientologie par divers anciens membres, j'ai obtenu une "proclamation
d'amnistie" [d'Hubbard] que je joins également. Il se peut que certains anciens
membres puissent se faire avoir par cette "amnistie" et qu'ils retournent en
scientologie. J'ai très peur pour eux, car je sais ce qu'on y trouve. J'espère
seulement que le public apprendra ce que fait Hubbard.
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- Les faits dont j'ai personnellement connaissance dans l'affidavit présent
sont vrais. Je crois que les autres faits dont je n'ai pas personnellement
connaissance mais qui sont basés sur mes informations et sur ce que je crois
sont également vrais. Les dates sont citées au mieux de mes souvenirs, mais je
ne suis pas strictement sûre de leur exactitude.
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- Signé sous peine de pénalité de parjure ce 25 Janvier 1980, à Las
Vegas
- Tonya C. Burden de Las Vegas, Nevada.
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