LE GOUROU DEMASQUE: L. RON HUBBARD
Chapitre 9: Les débuts étranges de la Dianétique
"J'espère par vanité que vous me créditerez de mes onze années de recherche
désintéressée, mais mon altruisme me pousse surtout à espérer que cette science
sera utilisée aussi largement et intelligemment que possible, car il s'agit bien
d'une science aux résultats constants et précis qui pourra, je crois, se montrer
bénéfique." (Lettre de Ron Hubbard au Dr Joseph Winter, Août 49.)
Au printemps 49, Ron et Sara s'installent à Bay Head, paisible port de
plaisance dans la baie de Barnegat, New Jersey. La petite maison que louent les
Hubbard fit l'effet d'un paradis à Sara, enceinte et lasse des errances: mariés
depuis trois ans, ils avaient habité sept États différents sans jamais rester
plus de quelques mois au même endroit. Désireux que Ron se rapproche de lui,
John Campbell l'avait incité à quitter Savannah et lui avait trouvé la maison de
Bay Head, à une heure de voiture de chez lui, car il souhaitait avec passion
participer à la genèse de la Dianétique qu'il considérait comme un événement
d'importance historique.
Éclectique dans sa culture comme dans ses intérêts,Campbell avait fait de
sérieuses études de physique et dechimie; fasciné par la technique et les
gadgets, il abordait la psychologie en ingénieur croyant fermement aux
phénomènes parapsychiques, radiésthésie, télékinèsie, télépathie, voyance. Ron
trouva en lui un auditeur particulièrement réceptif à la théorie selon laquelle
le cerveau fonctionnait comme un ordinateur dont on pouvait améliorer les
performances en "effaçant" sa mémoire de données inutiles ou nuisibles. Ses
idées avaient beau provenir davantage des délires de son imagination que du
produit d'une quelconque recherche, pour Campbell c'était plus qu'une
illumination : une véritable révélation divine. Convaincant et brillant orateur,
Hubbard avait toujours su parsemer ses propos de jargon scientifique et
organiser des lambeaux de connaissances superficielles en thèses d'apparence
cohérente. Son approche "scientifique" des mystères du psychisme collait à
merveille aux vues de Campbell, pour qui l'observation de la nature humaine
relevait de la méthodologie rigoureuse et objective des sciences exactes Or,
Hubbard comparait la mémoire à une piste magnétique sur laquelle s' enregistrait
chaque instant de la vie. Une certaine pratique de l'hypnose permettait,
disait-il, de remonter jusqu' aux mauvais souvenirs et de les "effacer" pour le
plus grand bien de la santé physique et mentale. L'ayant démontré sur Campbell
lui-même, il l'avait persuadé à la fin des séances avoir revécu sa propre
naissance et être guéri d'une sinusite chronique. Convaincu que la découverte de
Hubbard était capable de bouleverser les fondements mêmes de la vie au profit de
l'humanité, Campbell devint le disciple le plus fervent de la Dianétique et son
plus ardent propagandiste. (De son côté, Hubbard pensait surtout aux chèques,
plutôt qu'à venir en aide à l'humanité). Vers la même époque, invité à prendre
la parole à Newark devant un cercle d' amateurs de Science-fiction, il déclarait
encore : "Il est ridicule de s'évertuer à écrire pour gagner un cent du mot. Si
on veut vraiment devenir millionnaire, le meilleur moyen c'est de fonder sa
propre religion. Soucieux d' aider Ron à propager sa nouvelle "science",
Campbell écrivit en juillet 1949 au Dr Joseph Winter, un jeune généraliste du
Michigan ayant publié quelques articles sur des sujets médicaux dans Astounding.
"Ron Hubbard, un de mes auteurs, a effectué des recherches en psychologie...
avec des résultats remarquables. Il se fonde sur certains des premiers travaux
de Freud... et, pour l'essentiel, sur une recherche personnelle. N'étant pas
psychiatre ou psychanalyste de formation mais ingénieur, il aborde la
psychiatrie d'un point de vue heuristique pour avoir des résultats pratiques.
Campbell citait le cas d'un grand blessé de guerre, dépressif et suicidaire,
guéri par Hubbard après échec des méthodes de la psychiatrie classique. Les
psychiatres lui avaient administré du pentothal pour lui faire revivre ses
épreuves entre le moment où il avait été touché par un obus de mortier jusqu'à
celui de son retour à la conscience, mais le patient restait déprimé et répétait
qu'il voulait mourir. Ayant revu sa "piste du temps" par les méthodes
dianétiques, Hubbard avait découvert que, pendant sa période d'inconscience, il
avait entendu les infirmiers du poste de secours dire : "Ce type est foutu. De
toute façon, il vaudrait mieux pour lui qu'il soit mort. C'était de cette phrase
que découlaient tous ses problèmes. Stupéfait qu'un malade dans le coma ait pu
enregistrer ce qui se passait autour de lui, Winter voulut en savoir davantage.
Campbell lui répondit par une longue lettre se terminant ainsi : "Grâce à la
coopération d' hopitaux et de psychiatres, Hubbard est intervenu sur toutes
sortes de troubles mentaux : schizophrénie, apathie pathologique, psychoses
maniaco-dépressives, perversions , névroses, bégaiement [sic] en tout, plus d'un
millier de cas, bien que peu nombreux dans chaque catégorie, de sorte qu'il ne
dispose pas de statistiques au sens habituel. Sauf une : chacun des patients
traités par lui a été guéri. Franchement incrédule devant ce taux de guérison de
cent pour cent obtenu sans formation médicale,Winter ne partageait cependant pas
l'attitude de la majorité de ses confrères, pour qui les médecines dites
parallèles étaient le fait de dangereux charlatans. Intéressé depuis fort
longtemps aux énigmes du comportement humain, il estimait que la médecine devait
avoir une approche globale de la maladie et ne pas écarter certaines hypothèses
non orthodoxes. Il prit donc contact avec Hubbard, lui suggéra de présenter ses
découvertes au corps médical et proposa son assistance :Hubbard le remercia
chaleureusement et lui fit parvenir un "mode d'emploi" de sa méthode pour qu'il
l'essaie. Winter en transmit des copies à quelques amis psychiatres, dont les
réactions le déçurent : certaines idées de Hubbard leur paraissaient ingénieuses
mais leur efficacité les laissaient sceptiques. Estimant toutefois que l'affaire
méritait d'être suivie, Winter annonça qu'il irait à Bay Head voir la Dianétique
fonctionner. Hubbard était trop conscient de la valeur du ralliement d'un
médecin à sa cause pour ne pas sauter sur l'occasion et l'inviter chez lui.
Le 1er octobre1949, Winter arriva donc à Bay Head où Sara le logea de son
mieux malgré l'exiguïté du logement. Il put alors constater comment Hubbard
appliquait ses théories sur des volontaires envoyés par Campbell. Le processus,
lui expliqua Hubbard, consistait à leur faire "remonter le temps" afin de
découvrir leurs "blocages". Winter assista à plusieurs séances et accepta de s'y
soumettre aussi : "Dans l'ensemble, dira-t-il, les méthodes thérapeutiques de
Hubbard m'ont procuré quelques bienfaits. Craignant toutefois de commettre des
erreurs subjectives dans l'évaluation de mon propre cas, je me suis astreint à
en observer les effets sur d' autres patients, faute de temps pour noter autre
chose que l'évolution de leur comportement avant et après, j'ai noté des
changements flagrants : un sujet agité, déprimé, irritable au début d'une séance
était détendu et calme à la fin." Winter retirait donc de ses observations une
impression d' ensemble assez favorable, malgré les réserves que lui inspirait la
tendance d'Hubbard à l'arbitraire et aux généralisations irrationnelles. A
demi-convaincu, Winter rentra chez lui pour la fête de Thanksgiving. C'est alors
qu'un incident le convainquit de la validité de la Dianétique. Son fils, âgé de
six ans, avait peur du noir au point d'éprouver des accès de panique en croyant
que des fantômes se cachaient dans sa chambre pour l'étrangler. Sachant que sa
femme avait eu un accouchement difficile, Winter essaya les techniques
dianétiques pour vérifier s'il y avait un rapport entre les deux faits. Il fit
allonger l' enfant les yeux fermés et lui dit d'essayer de se rappeler quand il
avait vu un fantôme pour la première fois. Winter l'entendit alors avec
effarement décrire en détail la blouse, le masque et la calotte de l'accoucheur
qui l' avait mis au monde et son impression que "l'homme blanc" l'étouffait. Or,
sa femme et lui savaient que le seul moment de sa vie où leur fils avait vu le
médecin dans cette tenue était celui de sa naissance; la terreur de l'enfant
plongeait donc ses racines dans sa lutte pour survivre pendant l'accouchement. A
la suite de cette évocation, sa phobie de l'obscurité et des fantômes diminua et
finit par disparaître. Désormais convaincu, Winter revint à Bay Head plein d'
optimisme sur l' avenir de la Dianétique et rédigea un mémoire sur les principes
et méthodes de la Dianétique pour le corps médical. N'ayant jamais caché son
mépris de la médecine et des médecins, Hubbard ne s'étonna donc pas de l'accueil
réservé à cet exposé de son ami : le bulletin officiel de l' American Medical
Association et l'American Journal of Psychiatry refusèrent de publier le mémoire
pour "insuffisance d' expérimentation clinique probante" sur l' efficacité des
thérapies. Sans se démonter, les trois pionniers poursuivirent leur effort d'
amélioration et de développement théorique de la Dianétique tout en attirant
dans leur orbite de nouveaux
convertis, notamment Don Rogers, jeune ingénieur élec- tricien, et Art
Ceppos, directeur de Hermitage House, petite maison d'édition d'ouvrages
d'enseignement médical et psychiatrique, qui avait accepté à la demande de
Campbell d'éditer le livre de la Dianétique. Le "Cercle de Bay Head", nom adopté
ensuite par ce groupe , consacra de longues heures à affiner la terminologie.
Ainsi, Hubbard se servait du mot "blocage" (impediment) pour désigner les
souvenirs pénibles qui provoquaient chez le sujet blocages ou traumatismes.
Souhaitant en choisir un autre qui ne prête pas à confusion, ils se décidèrent
pour le terme d'engramme", défini dans les dictionnaires comme une "trace
durable laissée dans le système nerveux par tout événement du passé individuel"
L'article de présentation pour Astounding fut terminé peu avant Noël 1949, mais
Campbell en retarda la publication jusqu'à la sortie du livre pour des raisons
de promotion En dépit des réticences que lui inspiraient encore certaines
allégations extravagantes de Hubbard, Winter accepta d'écrire quelques lignes en
guise d'avant-propos pour l' article, son titre de docteur en médecine devant
apporter à la Dianétique une utile caution de crédibilité. Au milieu de ce
tourbillon d'activités - rédaction d' articles, correction d' épreuves,
réception de patients, réponses aux demandes de renseignement qui affluaient
toujours plus nombreuses - Ron Hubbard devint père pour la troisième fois : le 8
mars 1950, avec l'aide du Dr Winter, Sara mit au monde sa fille Alexis V alerie,
qui, pour la plus grande joie de sa mère, arborait des cheveux d'un roux
éclatant.
Les éditoriaux de Campbell soulevaient un tel intérêt que Hubbard
décida, au début d' avril, de créer la Fondation Hubbard pour la Recherche
Dianétique, destinée à répandre sa nouvelle thérapie et stimuler la recherche.
Le premier comité de direction comprenait Ron et Sara Hubbard, Campbell, Winter,
Don Rogers, un avocat du nom de Parker C. Morgan. Le Dr Winter, qui avait vendu
sa clientèle pour se consacrer à plein temps à la Dianétique, exerçait aussi les
fonctions de directeur médical. Ron installa le siège de la Fondation dans un
vieil immeuble de bureaux d'Elizabeth, petite ville industrielle proche de
Newark, et loua un logement proche. Ulcérée d'abandonner Bay Head pour venir
s'enterrer dans cette localité sinistre, Sara suivit en maugréant avec le bébé.
Elle n'était pas la seule à souffrir de l'obsession de son mari : Dona, la femme
de Campbell, le quitta peu après en accusant la Dianétique d'être "la goutte
d'eau qui fait déborder le vase". Quant aux collaborateurs réguliers
d'Astounding, inquiets de l'obsession de leur éditeur pour la "nouvelle science"
d'Hubbard au point de se désintéresser du reste, ils étaient loin de partager
son enthousiasme. Ayant lu l' article de présentation de la Dianétique, Isaac
Asimov le traita de "charabia" et Jack Williamson le qualifia de "psychologie
freudienne révisée par un cinglé".
Rien ne put décourager pour autant Campbell :
"J' ai la certitude, écrivit-il à Williamson, que la Dianétique est l'une des
plus colossales, sinon la plus importante découverte de l'Histoire écrite ou
orale de l'Humanité. Elle apporte aux hommes l'équilibre et la santé mentale
dont ils rêvent depuis des siècles." Le numéro de mai 1950 d'Astounding
Science-Fiction sortit en kiosque dans la troisième semaine d' avril. Sur la
couverture, un être velu et d' allure simiesque dardait sur les passants le
regard menaçant de ses yeux jaunes. Les lecteurs allaient apprendre qu'il s'
agissait du diabolique duc de Kraakahaym, envoyé spécial de l'Empire de Skontar
auprès de la Confédération de Sol, mais ils savaient surtout que le magazine
renfermait quelque chose d'infiniment plus captivant : l'introduction tant
attendue à la Dianétique - la toute première science de "l'Histoire écrite ou
orale de l'Humanité" à être lancée dans un magazine populaire à dix sous...
Lancement tellement insolite que Campbell se croyait obligé de préciser que l'
auteur était parfaitement sérieux : "Je tiens à assurer sans la moindre
équivoque à nos lecteurs que cet article n'est ni un canular ni une plaisanterie
: c'est l'exposé clair et précis d'une thèse scienti-fique entièrement
nouvelle". Hubbard aurait peut-être préféré un support plus respectable pour
lancer sa "science nouvelle"; il n'aurait toutefois pu souhaiter de public plus
réceptif. A l'époque, les amateurs de science-fiction étaient ingénieurs ou
scientifiques; les arguments développés par Hubbard sur une quarantaine de pages
leur donnèrent l'impression d' être le fruit d' années d'études et de recherches
approfondies aboutissant à des conclusions logiques et convaincantes, très
différentes en tout cas de ce qu'il avait écrit jusqu'alors. Le style habituel
et ses phrases ampoulées avaient fait place à un style sobre et didactique, même
s'il lui arrivait encore de sombrer dans une verbosité quasi incompréhensible,
par exemple : "Lorsque le déterminisme externe est introduit dans un être humain
de telle sorte qu'il déséquilibre son déterminisme interne, la justesse de ses
solutions décline rapidement."
Adoptant la démarche de l'ingénieur en quête de
solutions pragmatiques aux énigmes de l'esprit humain, Hubbard soumettait ses
postulats à l'épreuve d'une seule et même question simple : est-ce que cela
marche ? Il y comparait d'abord le cerveau à un ordinateur doté d'une capacité
de mémoire illimitée et d'un fonctionnement sans défaut. "Chaque cerveau humain,
est potentiellement capable du fonctionnement optimal de cet ordinateur modèle,
ce qui apporterait à l'individu comme à l'humanité entière d'inestimables
bienfaits -dont les moindres ne seraient pas de rendre la raison aux aliénés, de
guérir toutes sortes de maladies et de mettre fin aux guerres. Des "aberrations"
causées par la douleur physique ou mentale lui imposent des pressions. La
douleur constituant une menace à la survie, principe fondamental de l'existence,
le "mental analytique" sain cherche à l'éviter à l'aide du "mental réac-tif",
mécanisme adéquat fourni par l'évolution. En cas de stress, le "mental
analytique" s' efface au profit du "mental réactif" qui stocke les données dans
des cellules d' enregistrement, ou "engrammes" Ainsi, un enfant mordu par un
chien à l' âge de deux ans en perd le souvenir conscient, mais l' engramme de
l'incident peut être réactivé au cours de la vie par un certain nombre de
stimuli qui déclenchent chez le sujet des angoisses incompréhensibles à l'
observateur non averti, par exemple le bruit d'une voiture qui passait au moment
de la morsure, une odeur de chien ou une égratignure similaire à celle subie en
tombant lors de la morsure du chien.
La thérapie dianétique cherche à accéder à
ces engrammes stockés dans le mental réactif et de les mettre dans le mental
analytique où ils n'ont plus d'effet. Afin de "débloquer" la mémoire réactive,
il faut localiser les engrammes les plus anciens d' origine souvent prénatale,
parfois même dans les vingt-quatre heures de la conception, affirmait-il : si le
foetus ne comprend pas les mots qu'il entend prononcer à travers l'utérus, il
reste capable de les reconnaître et de les identifier plus tard. Le mental
analytique ayant effacé la mémoire du mental réactif et fonctionnant désormais
avec l'efficacité optimale de l' ordinateur, le sujet obtient une remontée
spectaculaire de son Q.I., dispose d'une capacité mémorielle illimitée et se
libère de ses ennuis psychologiques et psychosomatiques. La Dianétique est très
simple à mettre en oeuvre une fois axiomes et mécanismes bien compris, si bien
que toute personne "intelligente et motivée" peut la pratiquer sur ses amis et
sa famille. "A ce jour,concluait -il, nous avons traité deux cents patients et
obtenu deux cents guérisons." Une "science" simple, accessible au premier venu
et qui réussissait à coup sûr en affichant des résultats miraculeux, voilà qui
ouvrait des perspectives alléchantes.
Mais Hubbard n'était pas stupide au point de donner la méthodologie dans un
magazine à 25 cents : le lecteur était averti que les informations contenues
dans l'article nesuffisaient pas à faire de lui un "technicien" dianéticien
qualifié. Les explications techniques indispensable sseraient développées dans
un ouvrage, à paraître sous peu aux éditions Hermitage House et qu'on pourrait
se procurer dans toutes les bonnes librairies pour la modique somme de 4
dollars.
Le 9 mai 1950, La Dianétique, Science Moderne de la Santé Mentale par L. Ron
Hubbard, arriva dans les librairies américaines. D'un optimisme mesuré quant au
succès commercial du livre, Hermitage House n' avait fait tirer la première
édition qu'à six mille exemplaires. Dédié à Will Durant, éminent auteur d'une
Histoire de la philosophie, le livre était bien plus pompeux que l' article
d'Astounding. Hubbard y présentait au contraire sa "science" avec autant de
pompe que de clairons. : "La création de la Dianétique, proclamait-il dès la
première phrase, constitue pour l'Homme une étape de son Histoire aussi capitale
que la découverte du feu, et d'une portée bien plus considérable que l'invention
de la roue et de l'arc... Nous avons découvert la source cachée de toutes les
maladies psychosomatiques et des aberrations humaines et développé les
techniques permettant de les guérir à coup sûr" Notons que les maladies qu'il se
vante de guérir arthrite, ulcères, maladie des yeux, etc. sont précisément
celles dont il n'avait cessé de se plaindre auprès de l' Administration des
Anciens Combattants, liste à laquelle il ajoute l' affection la plus notoirement
réfractaire aux efforts de la science médicale, le vulgaire rhume de cerveau.
Avec un optimisme et une confiance inébranlables dans la capacité de la
Dianétique à résoudre pratiquement tous les problèmes de l'humanité, Hubbard
délivrait un message aussi simple que séduisant : voici un progrès décisif
accompli dans le domaine de la psychothérapie : ses techniques faciles à
assimiler sont à la portée de tous et, surtout, elles sont infaillibles! Le
premier défi que le lecteur devait relever consistant néanmoins à lire jusqu' au
bout un texte abscons, confus, truffé de répétitions, de néologismes sans raison
d'être, empesé d'interminables notes de bas de page, dont Hubbard devait penser
qu'elles ajouteraient sérieux et vraisemblance. L'auteur de Science-fiction L.
Sprague de Camp avoua l' avoir trouvé incompréhensible : il ne fut pas le seul
[à titre indicatif, parmi un public d'adultes ayant acheté le livre après une
conférence, moins d'un sur dix en venait à bout, ndt] .
Le souci de donner à son oeuvre un vernis intellectuel aurait dû inciter
Hubbard à faire taire ses préjugés : Il y laisse au contraire éclater une
misogynie viscérale, illustrée par son obsession morbide pour les "tentatives d'
avortement" responsables, selon lui, de la plupart des engrammes prénataux. "Une
forte proportion d'enfants considérés comme faibles d'esprit, écrivait-il, sont
en réalité victimes de tentatives d' avortement.. Les milliards que l' Amérique
dépense chaque année pour mettre ses malades mentaux en asiles et emprisonner
ses criminels sont le résultat des séquelles des tentatives d'avortement
perpétrées par des mères sexuellement inhibées, pour qui les enfants sont une
malédiction plutôt qu'une bénédiction divine... Il s'agit là de faits
scientifiquement établis et démontrés."
Dans ces "études cliniques", les femmes qui ne se défonçent pas les organes
génitaux à coups d' aiguille à tricoter trompent leurs maris; sont en outre
battues, violées et exposées à toutes sortes d' outrages de sorte que tous les
embryons qu' elles portent subissent le contre-coup de ces mauvais traitements :
"Un père doutant de sa paternité, par exemple, battra ou insultera sa femme en
menaçant de tuer l'enfant s'il ne lui ressemble pas C'est un très mauvais
engramme.. pouvant pousser un "aberré" [néologisme dianétique désignant une
personne souffrant d'aberrations "consécutives à de mauvais engrammes] à
embrasser un métier qu'il n'aime pas et à le détourner du" commandement
engrammique "de ressembler au père." Le même genre d'engramme, affirmait Hubbard
sans autre explication, pouvait aussi provoquer une calvitie précoce ou allonger
le nez de l'enfant.
Parmi les nombreux problèmes découlant des engrammes prénataux, certains
exemples devaient sembler difficiles à avaler, même pour les lecteurs les plus
crédules. Ainsi, dans le cas d'un père qui roue de coups sa femme enceinte en
criant : "Prends ça! Prends ça !", le foetus pourra l'interpréter littéralement
plus tard et devenir cambrioleur. Les plus mauvais engrammes prénataux
provenaient aussi parfois du fait de donner à l'enfant le prénom de son père. Si
sa mère commettait l' adultère pendant sa grossesse (sport apparemment favori de
la plupart des femmes enceintes citées), elle ne manquait pas de se moquer de
son mari tout en baisant avec son amant. Le foetus comprenant bien évidemment
tout cela, ce malheureux qui porte le prénom du père, supposera plus tard que c'
était de lui-même que parlait sa mère indigne quand elle proférait toutes ces
horreurs.
Après les femmes, et à un degré à peine moindre, le corps médical
excitait l'hostilité féroce de Hubbard, qui accusait notamment les
neuro-chirurgiens de transformer leurs "victimes" en "zombies en leur calcinant
le cerveau par des électrochocs ou en charcutant leur matière grise à coups de
scalpel. "La sauvagerie du traitement des aliénés par les "chamans" ou [l'
obscurantisme] n'est rien à côté des techniques dites civilisées, qui ravagent
les cellules nerveuses, détruisent la personnalité, anihilent l' ambition et
ravalent [le patient] au rang d'animal docile." Mais la partie essentielle de l'
ouvrage était sans contredit celle où le lecteur apprenait comment pratiquer la
Dianétique. Avec son jargon inspiré par la technologie moderne, Hubbard
baptisait sa procédure Audition. Celui qui l'appliquait était l' Auditeur et son
sujet un Preclair/préclair. But : l'état de Clair, débarrassé de tous ses
Engrammes car le Clair, délivré de ses névroses et de ses psychoses, exerce un
contrôle absolu sur son imagination, améliore son Q.I. et auraune mémoire quasi
illimitée.
L' audition devait se dérouler dans une pièce sombre afin d'amener le
preclair à la condition de "Rêverie Dianétique", caractérisée par les battements
de ses paupières closes. Il s' agissait non pas d'une transe hypnotique, mais
d'un état de relaxation favorisant l'exploration de la Piste du Temps. Une fois
le preclair en état de rêverie, l' auditeur le ramenait à divers stades de sa
vie en remontant vers sa naissance, voire sa conception. De nombreux preclairs,
déclarait Hubbard, connaîtraient alors l'expérience du Rêve Spermique, au cours
duquel ils se verraient sous forme de spermatozoïde en train de nager à
contre-courant vers l'ovule, ou inversement. Une fois les engrammes les plus
anciens effacés, les suivants devenaient plus faciles à éliminer.
Une séance
d'audition devait durer en moyenne deux heures selon lui , et il fallait prévoir
une vingtaine d'heures d' audition pour que le preclair puisse en récolter les
premiers bénéfices. Pour un peuple de plus en plus enclin à se décharger de ses
problèmes sur le coûteux divan du psychanalyste, les promesses de la Dianétique
confinaient au miracle. Processus logique, pragmatique, attirant et apte à vous
redonner une nouvelle vie. Ce livre en main, quels problèmes resteraient
insolubles ? On disposait enfin d'une thérapie à la portée de tous, qu'un homme
pouvait offrir à un ami, un mari à sa femme, un père à son enfant, le tout
accompagné d'une certitude absolue balayant doutes et hésitations : qui oserait
avancer de pareilles prétentions si elles n' étaient pas rigoureusement exactes
? Même les attaques effarantes de l' auteur contre le corps médical passaient
dans la foulée. Les mystérieuses techniques de l'électrochoc et de la lobotomie
préfrontale engendraient alors la crainte en ravivant le ssouvenir des
expériences barbares pratiquées par les nazis dans les camps de concentration,
révélations récentes dont l'horreur était encore présente dans les mémoires.
Comment s'étonner, dans ces conditions, que le public accordât sa confiance à la
Dianétique, ne serait-ce que par désir de reléguer une fois pour toutes ces
pratiques moyenâgeuses aux oubliettes de l'Histoire.
Les premiers jours qui suivirent la sortie de La Dianétique semblèrent donner
raison aux prévisions prudentes de son éditeur : les ventes stagnaient, les
critiques étaient muets. Mais fin Mai, les courbes de ventes grimpèrent à bloc.
Les premiers acheteurs du livre, pour la plupart des amateurs de
science-fiction, lecteurs d'Astounding, étaient avant tout désireux de s'
assurer si la science de Hubbard fonctionnait aussi bien qu'il le prétendait.
Parmi eux, Jack Horner, chercheur en psychologie à Los Angeles, donne un exemple
typique de leurs réactions : "J'étais fan de science-fiction depuis 1934 et les
éditoriaux de Campbell dans Astounding m'avaient fasciné . J' ai commandé le
livre... je l'ai reçu un lundi, j'avais fini de le lire le mardi et, le
mercredi, je commençais à pratiquer l'audition sur cinq personnes. Et cela
marchait exactement comme Hubbard prétendait!"
A.E. Van Vogt, auteur réputé de
science-fiction, avait entendu parler du livre par Hubbard, qui lui téléphonait
tous les jours dans l'espoir de l'y intéresser. Van Vogt répondait chaque fois
qu'il n'était pas psychothérapeute mais écrivain et n'avait pas l'intention de
le lire, jusqu' au jour où Hubbard lui en fit envoyer un exemplaire. L'ayant
parcouru par curiosité, Van Vogt eut la surprise de constater que la théorie de
la Dianétique cadrait parfaitement avec sa fiction, car son roman le plus vendu,
Slan, mettait en scène des surhommes acquérant de fantastiques pouvoirs mentaux
à l' aide de procédés proches de ceux de la Dianétique. Intrigué, il lut plus
attentivement et décida de tenter l'expérience sur la soeur de sa femme qui
séjournait chez eux à ce moment-là. Suivant les instructions, il la soumit à une
séance d' audition. Sa femme et lui furent alors stupéfaits de la voir revivre
en les mimant les circonstances douloureuses de sa naissance aux forceps.
Le
lendemain même, Van Vogt invita Forrest Ackerman et sa femme."Van Vogt était le
premier en ville à avoir reçu le livre de Ron, se souvient Ackerman. Son
téléphone n'arrêtait pas de sonner, tout le monde voulait savoir si la
Dianétique était du bidon ou si elle valait vraiment le coup. J'ai été son
second cobaye. Il m'a fait étendre sur un canapé et m'a expliqué ce qu'était la
Piste du Temps. Je me suis souvenu d'un poème sur la Première Guerre Mondiale
que j'avais appris à l'école, où il était question de champs de coquelicots
remplacés par des croix et je me suis retrouvé devant la tombe de mon frère, tué
dans les Flandres. La douleur que m' avait causé la nouvelle de sa mort m'est
revenue d'un seul coup et je m'en suis senti libéré.. Sur le moment, cela parut
si stupéfiant que j'étais sûr qu'il y avait là quelque chose de valable."
La même scène se répéta dans tout le pays : les amateurs de science-fiction
achetaient le livre et l' expérimentaient sur leurs amis, qui filaient l'
acheter et "auditer" d'autres amis. Dans ces premiers élans d'enthousiasme, nul
ne doutait de la parole d'Hubbard : la Dianétique ne pouvait que marcher. Chacun
découvrait quelqu'engramme dans sa piste du temps et seuls les plus critiques
refusaient d' admettre avoir ressenti un immense soulagement à l'issue d'une
séance. Et puisque le processus marchait si bien, il fallait de la mauvaise foi
pour ne pas en attribuer en bloc le succès à la Dianétique. A New York,
Astounding reçut plus de deux mille lettres dans la première quinzaine suivant
la parution du livre et ne cessa plus d'être submergé de courrier ; intéressé
par les statistiques, Campbell calcula qu'il n'exprimait que 0,2 0/0 d'opinions
défavorables. Chez Hermitage House, Art Ceppos ne parvenait pas à faire
réimprimer et distribuer le livre assez vite! Partout, les libraires se
plaignaient d'être en rupture de stock et de manquer des ventes. A Los Angeles,
la demande était telle qu'il s'établissait un véritable marché noir de la
Dianétique.
A Elizabeth, New Jersey, après l'annonce en Juin que L. Ron Hubbard en
personne enseignerait le premier cours complet de formation des Auditeurs de
Dianétique, les demandes affluèrent au siège de la Fondation. Les postulants
parcoururent des milliers de kilomètres pour aller s' inscrire. Jack Horner, le
psychologue de Los Angeles, en faisait partie : "J'avais obtenu le numéro de
téléphone de Hubbard qui m' a répondu que c'était déjà complet mais que je
serais quand-même admis. Avec un de mes amis s'y intéressant aussi, nous avons
traversé tout le pays dans sa Cadillac pour arriver à temps. L'inscription
coûtait 500 dollars grosse somme à l'époque mais qui en valait largement la
peine... Il y avait là trente-cinq ou quarante personnes, hommes et femmes, très
différentes mais tous d'instruction supérieure. Leur seul point commun était
sans doute leur passion pour la science-fiction... Ron avait un charisme
extraordinaire : on était suspendu à ses lèvres pour ne pas en perdre une
miette. Nous n'avons jamais su d'où il tenait toutes ses connaissances mais,
pour moi, cela ne comptait pas. J'avais étudié les plus récentes découvertes de
la psychologie qui ne valaient rien à côté de ce qu'il nous proposait et des
résultats potentiels."
On peut dire, poursuivait Horner, que le début des années cinquante était le
moment idéal pour lancer la Dianétique. L'explosion de la bombe atomique, la
terreur d'une guerre nucléaire provoquaient une atmosphère de désespoir... Le
Maccarthysme sévissait, nos troupes se battaient en Corée dans une guerre
invraisemblable... Là-dessus, Hubbard est arrivé en disant que si nous
parvenions à améliorer juste un peu la santé mentale des hommes, le problème de
la menace d'une guerre nucléaire serait en partie résolu. Pas étonnant que les
gens aient voulu l'écouter."
Pendant ce temps, la Dianétique devenait du jour au lendemain une "folie"
générale, du même ordre que l'hystérie des marathons de Canasta dans l'Amérique
d'après-guerre. Les cercles de Dianétique poussaient comme des champignons; des
villages paumés aux campus prestigieux, chacun voulant avoir le sien. Les
"Dianetic Parties" se répandaient sur la côte Ouest; à Hollywood, où névroses et
dollars allaient de pair, les gens de cinéma se ruaient avec entrain sur une
thérapie qui les délivrait de longues et ennuyeuses séances exigées par les
psychanalystes Tout le monde voulait "auditer" tout le monde et, de la frontière
du Canada à celle du Mexique, de l' Atlantique au Pacifique, des Américains
revivaient avec délice l'instant de leur naissance grâce à L Ron Hubbard, leur
tout nouveau gourou. Les médias avaient jusqu'alors dédaigné Hubbard et sa
science, mais le raz-de-marée de l'intérêt public ne leur permit pas de passer
l'affaire sous silence plus longtemps.
Le 2 juillet 1950, La Dianétique : Science Moderne de la Santé Mentale "Le
Livre", comme disaient les initiés se hissa au sommet de la liste des
best-sellers du Los Angeles Times et n'allait plus la quitter pendant des mois.
Le même jour, dans le New York Times, paraissait le premier compte rendu sous la
plume de Rollo May, psychologue et écrivain renommé. Pas de critique de sa part:
une entreprise de démolition systématique. May ne reconnaissait aucun mérite à
la Dianétique. Il ne s' agissait, écrivait-il, que d'une méthode ultra-simpliste
de psychothérapie ordinaire avec une pincée d'hypnose. Il se demandait si
l'auteur ne se moquait pas du monde, car on chercherait en vain des critères
scientifiques à l' appui de ses théories saugrenues "Des livres comme celui-ci
sont nocifs, concluait May, tant par les promesses illusoires qu'ils font
miroiter aux personnes désemparées que par leur simplification abusive des
problèmes psychologiques.".
Dans le Scientific American, un professeur de
physique de l'université de Columbia déclarait que le livre contenait moins de
propos valables à la page que n'importe quel ouvrage publié depuis l'invention
de l'imprimerie : "Les énormes ventes de ce livre sont un affligeant témoignage
des ambitions frustrées, des espoirs et des idéaux déçus de tous les angoissés y
ayant cherché un secours". Le New Republic décrivait le livre comme un "mélange
impudent d'absurdités et de bon sens élémentaire, concocté d'évidences connues
de longue date rendues méconnaissables par une terminologie absconse."
Scandalisé, le corps médical réagit avec vigueur : L'association psychologique
américaine souligna que Hubbard n'étayait ses "généralisations abusives" d'
aucune preuve et exigeait "dans l'intérêt public" que la Dianétique soit soumise
à enquête scientifique. "Sans la compassion qu'inspirent les souffrances morales
de personnes troublées, écrivait le Dr Frederick Hacker, psychiatre à Los
Angeles, la prétendue science de la Dianétique devrait être considérée pour ce
qu' elle est, une vulgaire fraude conçue à seule fin de puiser impunément dans
les poches des gogos. L' Auditeur n'est qu'un autre nom du charlatan qui
exploite un besoin réel par des méthodes d'escroc.".
Quantité d'experts médicaux soulignèrent que la Dianétique n' apportait rien
de nouveau et qu'Hubbard se contentait de renommer des phénomènes classiques,
depuis longtemps connus et appliqués en psychanalyse. L'engramme n' était qu'une
forme d' "abréaction", terme de psychiatrie qui définit la réapparition
consciente de sentiments ou souvenirs refoulés. Confrontés à de telles
critiques, les dianéticiens se dressèrent en masse pour défendre les idées de
leur fondateur et bombardèrent de lettres indignées les publications osant les
critiquer. Frederick L. Schuman, professeur de science politique converti par
Hubbard à qui il avait rendu visite, prit la tête du mouvement de protestation :
"L'Histoire est devenue une course de vitesse entre la Dianétique et la
catastrophe, écrivit-il au New-York Times, et la Dianétique la gagnera s'il se
trouve assez de gens lucides pour le comprendre" En fait, ces controverses se
révélèrent plus efficaces qu'une coûteuse campagne de publicité : plus le corps
médical s'en prenait à la Dianétique, plus le public se disait qu'il devait y
avoir du vrai dans ses théories.
Deux mois à peine après la sortie du livre,
Newsweek mentionnait qu'il s'en était déjà vendu plus de cinquante-cinq mille
exemplaires et que cinq cents clubs de Dianétique existaient aux USA. Si la
cause du remue-ménage ainsi provoqué éprouva une quelconque surprise de son
soudain changement de situation, elle n'en laissa rien voir. En réalité, Hubbard
ne s'attendait certainement pas à ce que son livre connût un tel succès, mais il
affecta de l' avoir prévu depuis toujours et s'adapta sans peine à son nouveau
rôle de sommité. On s' arrachait ses interviews auxquelles il se prêtait avec
complaisance, en refilant aux journalistes quantité d' anecdotes sur sa vie
aventureuse et ses années de recherche dans "les laboratoires du vaste monde".
Toujours courtois, distrayant, prêt à répondre à toutes les questions et à poser
pour les photographes, il ne laissait personne sur sa faim en inventant de
nouvelles informations. C'est ainsi, par exemple, que le magazine Parade put
révéler à ses lecteurs "en scoop" que "l'homme à qui l' on devait cette nouvelle
mode de la santé mentale" était aussi "le père du premier bébé dianétique".
Alexis Valerie Hubbard, expliquait Ron, avait été soigneusement protégée au
cours de sa vie prénatale de tous les bruits, traumatismes et conversations,
parentales ou autres, susceptibles de lui provoquer des engrammes néfastes ; il
ajoutait fièrement que sa fille avait commencé à parler à l'âge de trois mois,
marchait à quatre pattes un mois plus tard et ignorait les craintes et les
phobies dont tant d'enfants sont affligés de naissance.." Depuis le succès
foudroyant de son livre sur la Dianétique, rapportait le Los Angeles Daily News,
Hubbard est devenu en quelques mois une star nationale et son "mouvement"
connaît le taux de croissance le plus rapide des États-Unis."
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