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TRs, l'entraînement à la dure
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Les
fameux "TRs", ou "Trainings".
L'un des exercices les plus redoutables, TR-0,
consiste à rester plusieurs heures rigoureusement immobile face à un autre
adepte, en se regardant dans les yeux sans jamais cligner de l'oeil
!
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Une partie de chaque niveau
d'entraînement comme auditeur consistait à effectuer des "Trainings", ou
TRs. Les TRs permettaient d'apprendre à l'auditeur à être en bonne
communication avec le PC. Le premier niveau, le TR de base s'appelait
TR-0. Au TR-0, l'auditeur doit s'asseoir face à face avec une autre
personne (en l'occurrence, un autre étudiant), maintenir le contact avec les
yeux et ne plus bouger. Pas de tic, pas de mouvement, pas d'interruption du
contact des yeux. Pour réussir cet entraînement, vous devez rester ainsi pendant
une durée de deux heures.
J'avais déjà réussi les TRs
dans des cours précédents et normalement ce n'était pas un problème pour moi de
passer TR-0. Cependant, cet été-là, Hubbard eut l'idée saugrenue de nous faire
pratiquer cet exercice sans cligner des yeux. C'était écrit dans les
instructions, mais personne ne l'avait jamais appliqué à la lettre jusqu'à
maintenant. Hubbard avait qualifié le "TR-0 sans cligner des yeux" le "TR à
la dure". Il aurait mieux fait de l'appeler le "TR impossible". Rester sans
cligner des yeux pendant deux heures est en pratique physiquement impossible, si
bien que les salles de cours se remplissaient de gens qui n'arrivaient pas à
passer le TR-0. Le Superviseur nous avait à l'oeil... et au premier
mouvement des paupières, nous devions recommencer l'exercice à zéro.
HUBBARD
EXIGE DES EXERCICES IMPOSSIBLES À RÉALISER !
Pendant 2 mois, j'ai passé
ainsi plus de 12 heures par jour, avec des centaines d'autres, à essayer
de passer TR-0. Faire TR-0 pendant si longtemps avait pour effet de me mettre
dans un état de transe similaire à celui obtenu pendant une longue séance de
méditation. Parfois, je perdais toute notion du temps et je me sentais
complètement séparée de mon corps. A d'autres moments, je me sentais frustrée
d'être incapable de réussir cet exercice.
En plus, je trouvais cela ridicule,
mais LRH avait donné cet ordre et personne n'osait jamais remettre en cause
un ordre de LRH. Chaque fois que j'avais des doutes, je me disais qu'il ne
fallait pas chercher à comprendre le but réel de cet entraînement, et que je
devais persister. Parfois, quelqu'un réussissait, ce qui donnait de la
crédibilité à cet exercice farfelu. Je suis sûre que ces gens n'avaient pas tenu
deux heures sans cligner des yeux; leurs clignements avaient simplement échappé
à la vigilance du Superviseur qui, après tout, n'avait pas la possibilité
d'observer tout le monde en même temps.
Après quelques mois,
quelqu'un - probablement Hubbard - réalisa que la Scientologie perdait de
l'argent avec les "TRs à la dure" parce que les étudiants ne se sortaient pas de
cet exercice. Ils étaient incapables de progresser, ce qui remettait à plus tard
le paiement des cours suivants. Les règles pour TR-0 furent finalement
assouplies, et nous fûmes de nouveau autorisés à cligner des yeux, pendant toute
la durée de l'exercice.
Après être restée si
longtemps à Los Angeles, je décidai de retourner au centre de Dianétique de Salt
Lake City pour un bon moment, et d'y travailler comme auditeur afin de
poursuivre mon entraînement. En décembre 1971, je partis pour San Francisco dans
le but de compléter mes Niveaux d'Académie. Les cours étaient particulièrement
intensifs, de 9 à 22 heures, avec de courtes pauses pour les repas. J'avais la
possibilité d'étudier uniquement pendant la journée, mais comme je voulais
progresser plus rapidement, je préférais encore cet emploi du temps très chargé.
Une partie des cours
consistait à auditer un PC au Grade IV. Celui qui me fut designé était un
merveilleux Préclair, très perspicace et ravi des résultats de son audition.
Même si San Francisco était une organisation d'un plus haut niveau que le centre
de Dianétique de Salt Lake City, il n'y avait pas encore à cette époque de
discipline stricte imposée aux auditeurs, comme c'était le cas à Flag. Si je
commettais une erreur, j'étais simplement renvoyée à une nouvelle étude des
cours. Je n'avais pas de problème pour avancer.
Je retournai au centre de
Dianétique de Salt Lake City, cette fois-ci en tant qu'auditeur Class IV,
ce qui fut très valorisant pour moi parce que je pouvais enfin délivrer
n'importe lequel des services d'audition que le centre de Dianétique était
habilité à offrir. Durant l'hiver et le printemps 1972, passés à vivre et à
travailler à Salt Lake City, je me réjouissais de ma mission. A ce stade,
personne n'essayait de contrôler ma vie personnelle. Ce que je faisais de mon
temps libre était considéré comme mes affaires. Je m'entendais bien avec
l'ensemble du personnel.
Un de mes amis, un artiste
nommé Steve, était parti pour Los Angeles afin d'y suivre les cours avancés d'un
niveau supérieur appelé "OT III". OT signifie Thétan Opérant
(Operating Thetan). "Thétan" est le terme scientologue qui désigne l'esprit.
Un Thétan Opérant est un Thétan capable d'opérer sans avoir besoin de son corps,
et qui exerce un contrôle sur l'univers physique, composé de matière, d'énergie,
d'espace, et de temps. Hubbard croyait que l'univers physique était dans sa
totalité une création des Thétans; et la réalité, ce sur quoi un groupe de
Thétans était d'accord.
Hubbard n'a jamais
mentionné le concept de Dieu, même s'il appelle la Scientologie une "église". Le
plus haut niveau accessible à cette époque était OT VIII avec comme EP la
soi-disant capacité à être "cause sur la matière, l'énergie, l'espace et le
temps". A l'époque, les détails d'OT VIII n'avaient pas encore été publiés ni
diffusés auprès des scientologues (comme c'était pratique !), mais on nous
promettait sa disponibilité dans l'avenir. Actuellement (en 1989), les
scientologues se laissent toujours séduire par la perspective de recevoir des
cours de plus hauts niveaux. Cette promesse est soigneusement entretenue pour
les stimuler.
LES
MYSTERES D'OT III
Les matériaux de cours de
tous les niveaux d'OT étaient gardé secrets, mais OT III était considéré comme
le plus important. Personne n'avait le droit de voir les matériaux de chaque
niveau d'OT, aussi longtemps que le niveau précèdent n'était pas atteint. On
nous racontait que si quelqu'un découvrait ces cours avant d'avoir atteint OT
II, il risquait d'en tomber malade et même de mourir. Steven me raconta que OT
III était vraiment fantastique; qu'après avoir vu ces matériaux, il avait
compris un tas de choses sur lesquelles il se posait des questions depuis
longtemps. OT III permettait de tout expliquer ! Naturellement, j'étais très
curieuse de découvrir ce que recelait OT III, et très impatiente de pouvoir
trouver l'argent nécessaire pour acquérir ce niveau. C'était exactement l'effet
recherché par Ron Hubbard, qui faisait d'OT III un vrai mystère.
ENFIN
"CLAIR" !
En juin 1972, j'avais
réussi à économiser suffisamment pour retourner à Los Angeles et aborder mon
niveau d'entraînement suivant, intitulé "Cours Spécial d'Instruction
Saint-Hill". Ce cours avait initialement été délivré au manoir Saint-Hill
en Angleterre, et comprenait essentiellement des cassettes d'enregistrement
du cours original. A l'issue de cet enseignement, je fus considérée comme un
auditeur de haut niveau d'entraînement, en tant que Class VI.
Quand j'étudiai à Los
Angeles, je reçus de l'audition de Grade V, et accédai au Grade VI
(le premier cours avancé, audité en solo), puis, enfin, au cours de Clair
qui me permit d'atteindre l'état de Clair le 8 octobre 1972. Les EP
promis de Clair étaient de devenir "cause sur la matière, l'énergie, l'espace
et le temps". Cela signifiait que je pouvais être cause sur le contenu de
mes propres pensées, mais pas nécessairement dans l'univers physique. Néanmoins,
je me sentais déjà extrêmement puissante et exaltée. Je tenais à partager ma
joie avec tout le monde autour de moi. Je croyais que le meilleur moyen de le
faire était de me consacrer pleinement à la Scientologie et de rejoindre la Sea
Org. Les niveaux d'OT, qui succèdent à l'état de Clair, étaient censés permettre
de réaliser mon accomplissement. Quand je revins à Salt Lake City en octobre
1972, je savais que je retournerais prochainement à Los Angeles pour signer mon
engagement final.
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