"Non à la drogue, oui à la vie"
Une
association aux mains de la scientologie
La scientologie prend prétexte de la lutte contre la drogue
pour recruter de nouveaux adeptes sous couvert de
l'association "Non à la drogue, oui à la vie" et de
son centre de désintoxication "Narconon"
Ou comment exploiter la détresse.

Drogue : le masque de la
Scientologie
Profiter de l'état de détresse ou de fragilité d'une
personne, ou de son inquiétude envers un de ses proches, c'est une tactique
assez classique des sectes pour recruter. Cette méthode a ainsi fait pas mal de
bruit après l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, où l'on vit débarquer, sous
couvert d'apporter de l'aide aux habitants, des mouvements sectaires occuper le
terrain. D'ailleurs, les partis extrémistes, ici ou ailleurs, adoptent assez
souvent la même stratégie pour se gagner les faveurs de la
population.
Logique, donc, que la lutte contre la toxicomanie, surtout avec le lot de
peurs fondées ou pas qu'elle véhicule, soit un terreau propice aux opérations de
"relations publiques" des sectes. Je viens
d'en avoir un exemple, d'autant plus frappant que trouvé là où je m'y attendais
le moins: sur le comptoir d'un restaurant grec de l'avenue de Clichy, à Paris,
où le patron vous offre avec un grand sourire un thé à la menthe en attendant
que votre plat chauffe.
L'opuscule déposé là, dans un petit coffret en carton, s'intitule
Ecstasy: le traître démasqué. Et c'est signé de l'association "Non à la
drogue, oui à la vie". Pour qui ne se préoccupe pas particulièrement
des sectes et de leurs trafics d'influences, rien à signaler.
Il suffit de de regarder la "quatrième de
couverture" de ce livret de seize pages pour comprendre d'où il vient. On y
trouve une citation de Ron Hubbard, ancien écrivain de science-fiction devenu
gourou fondateur de la Scientologie. Et en-dessous, une fois de plus, la
signature de l'association associée à celle des "églises de
Scientologie", avec bien sûr adresses et numéro de
téléphone.
On remarquera, au passage, le remarquable sens de
l'organisation commerciale des scientologues, puisqu'est précisé en lettres
minuscules que "Scientologie et L. Ron Hubbard sont des marques déposées et
des marques de service détenues par Religious Technology Center". Le
business avant tout.
Les scientologues ne sont tout de même pas fous. Le
livret comporte des témoignages et des affirmation sur l'usage des psychotropes,
et de l'ecstasy en particulier, qui ne sont pas toujours sans fondement. Le but
est clair: rabattre des toxicomanes ou des proches de toxicomanes inquiets vers
la secte et ses méthodes, qui ne doivent pas grand chose au serment
d'Hippocrate, sont inconnues au bataillon de la Sécurité sociale mais vont
remplir les comptes en banque de la richissime secte.
Prétendre aider à sortir d'une dépendance en vous
plongeant, mine de rien, dans une autre, cela réclame une dose assez concentrée
d'hypocrisie. Car, finalement, le but d'un dealer d'ecsta, d'héro ou de coke est
le même que celui de la Scientologie : faire de vous un accro.
Fabien Maréchal
(19/01/2004) |