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LA RÉPUBLIQUE, LES RELIGIONS, L'ESPÉRANCE Le Néo-Testament de Nicolas Sarkozy
Remplacer les assistantes sociales par des prêtres, des mollahs et des scientologues, telle est l'idée lancée par Sarkozy dans son livre d'entretiens sur la place de la religion dans la société française. Le modèle de Nicolas Sarkozy est américain, voire texan. Et pas uniquement le modèle économique, puisque notre futur exministre des Finances projette de faire passer la France d'une laïcité séparative à une laïcité pluraliste à l'américaine, où le religieux aurait son mot à dire sur le politique sans que le contraire soit vrai. Dans sa bible, La République, les religions, l'espérance, Sarkozy troque donc son image d'«homme pressé» ultrapragma- tique contre une panoplie de sacristain. Le credo de Sarko... Dès les premières pages, saint Nicolas nous met dans l'ambiance: «Ma conviction longuement mûrie est que le besoin d'espérer est consubstantiel à l'existence humaine; et que ce qui rend la liberté religieuse si importante est qu'il s'agit en réalité d'une liberté d'espérer.» Sur le même mode angélique, le futur président de l'UMP nous prie de prendre ce livre comme «un appel à la tolérance». De son côté, toutefois, la tolérance a ses limites. Les laïques, par exemple, sont volontiers qualifiés de « sectaires» quand ils ne sont pas carrément «intégristes». Sans parler des athées, décrits comme des hommes «sans aucune espérance». L'espérance, la vraie, ne peut venir que de la religion. Et l'État doit l'encourager en la subventionnant, car, hors la religion, point de salut. La question sociale, pour ne citer qu'elle, est bonne à jeter: «Pour fondamentale qu'elle soit, la question sociale nest pas aussi consubstantielle à l'existence humaine que la question spirituelle», écrit-il. À en croire Sarkozy, l'intervention du religieux dans toutes les sphères du politique aurait des effets carrément miraculeux. Il n'y aurait plus aucun problème dans les quartiers. Modifier la loi de 1905, en permettant la construction de mosquées et des instituts de formations pour imams, "serait une façon de lutter contre « les identités humiliées». Tant pis si cela signifie que tous les Français d'origine maghrébine doivent subitement devenir de «bons musulmans» pour être reconnus comme de «bons citoyens». Et tant pis si leurs nouveaux chiens de garde s'appellent Tariq Ramadan ou Hassan Iquious- sen. Même intégristes, les prédicateurs coûtent moins cher que les assistantes sociales... ...un credo antilaïcité Si, dans son credo antilaïcité, Sarkozy soigne tout particulièrement les intégristes, il n'oublie pas pour autant les sectes. Il considère en effet qu'il faut refuser les «amalgames» entre les sectes et ce qu'il nomme sobrement les «nouveaux mouve- ments spirituels». De toute évidence, lorsqu'il a chaleureusement reçu Tom Cruise, l'ambassadeur hollywoodien de la Scientologie, à Bercy en septembre dernier, ce n'était pas uniquement pour parler cinéma et talonnettes. La Scientologie use de tout son pouvoir de lobbying - et elle en a - pour être universellement reconnue comme un «nouveau mouvement spirituel», justement. Et la France est dans sa ligne de mire depuis que la commision parlementaire présidée par Alain Vivien l'a classée parmi les groupes les plus sectaires qui soient. Il est vrai que ce genre d'«amalgame» ne se serait pas produit si, à la place de députés, on avait eu des évêques. Fiametta Venner |
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La France de Nicolas Sarkozy À propos de son livre : «La République, les religions, l'espérance» [Note
du Gravis: Ci-dessous voici un article de presse non censuré
par le futur président de la France. Un Président par ailleurs
que nous tenons à remercier pour sa gentillesse envers Tom Cruise,
cet acteur américain de grande culture qui traverse ces jours-ci
une grave crise d'identité en se demandant s'il ne va pas cesser
de jouer les idôles pour venir en France cultiver des potirons
dans la Drôme à la ferme du Céleri-Center. Le Gravis se demande
toutefois si les préceptes de Nicolas Sarkozy ne sont pas ceux
du père Fouettard]
La France de Sarko, fille préférée de l'Eglise À quoi ressemblerait la France gouvernée selon les préceptes de saint Nicolas ?
L'usage de la contraception chimique serait découragé et on lui préférerait la contraception naturelle - c'est-à-dire le saut de carpe en catastrophe, plus connu sous le nom de coïtus interruptus, qui est par ailleurs excellent pour lutter contre les maladies cardio-vasculaires, car ça fait faire de l'exercice. L'avortement serait sévèrement restreint et dans les écoles, on distribuerait des photos de fœtus sanguinolants avec la phrase suivante: «Je m'appelle Andrew, Maman m'a tué», comme l'a récemment obtenu Human Life International dans les écoles de Virginie. Nous aurions une vraie politique de préventlon du sida. Aux Etats-Unis, où les églises ont largement eu leur mot à dire sur la question, on a préféré préconiser l'abstinence plutôt que le port du préservatif et le résultat a été significatif : en 2000, le taux de malades y était d'environ 15 pour 100'000 habitants, contre 3 pour 100'000 habitants en France. La légalisation du couple homosexuel serait abolie, car Philippe de Villiers aurait pris la tête de la croisade, non pas depuis l'Assemblée comme il l'a fait en 1999, mais depuis le ministère des Bonnes Mœurs et de la Politesse à table: «Votre innovation du Pacs, c'est tout simplement le retour à la barbarie. Vous vous inscrivez dans la suite de ceux qui, pour saper la société, ont commencé par saper la famille. La loi la mieux établie de notre vieille civilisation, vous vous apprêtez à la violenter ! Vous touchez là aux fondements de la sodété !» Les poètes pourraient tranquillement continuer à dire «les pédés au bûcher !» sous prétexte que ça rime. Car, comme vient de le déclarer l'archevêque de Bordeaux, le projet de loi sur la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste ou homophobe, qui va être discuté à l'Assemblée, tend «à supprimer la liberté d'expression sur un sujet qui doit rester ouvert à la discussion. En ce sens, on peut en redouter des effets liberticides». L'État défendrait la présence du crucifix dans les salles de classe pour «le bien du pays», comme cela s'est produit en Italie tout récemment. A l'école, les filles suivraient l'exhortation papale du 15 août dernier et apprendraient à devenir de bonnes «sentinelles de l'Invisible». On y célébrerait«l'amour de Jésus-Christ» et les «valeurs du mariage» comme l'avait décidé le gouvernement Aznar, qui voulait rendre les cours de religion obligatoires à partir de 2004 afin que l'élève découvre sa capacité spirituelle «dans le langage de la Bible, dans les modèles chrétiens d'identification et notamment en la présence de Jésus-Christ». Au programme, pour les élèves de sixième, un enseignement sur «la finalité de la sexualité», «le sacrement du mariage et sa morale», «le divorce et sa problématique», puis, dans les classes supérieures, «la manipulation génétique, l'avortement, l'euthanasie». Les nouveaux mouvements religieux seraient enfin reconnus et la Bibliothèque François-Mitterrand serait transformée en université Ron-Hubbard. |
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