|
Une scientologue
derrière le harcèlement d'un
psychiatre...
- Source:
L'Evénement du Jeudi -
26 octobre 1996)
- [Extrait]
-
- Résumé:
La scientologie
est dans la tourmente. A Marseille et à
Paris, plusieurs plaintes ont abouti à l'inculpation d'autres scientologues.
Pour redresser la situation, L'Eglise ne peut compter que sur son bureau des
affaires spéciales, "OSA" (Office of Special
Affairs). Véritable service de renseignements de la secte, il est chargé
d'endiguer par tous les moyens l'offensive de la justice.
Patricia Forestier est l'une des membres de cette police
interne de scientologie.
Une
stratégie de harcèlement qui avait pour but de le faire craquer
Le crime d'Abgrall ? Avoir écrit dans la conclusion de son rapport
que: "La Scientologie est une secte pratiquant des techniques médicales et
paramédicales essentiellement psychiatriques. Son idéologie est basée sur
l'endoctrinement, la manipulation mentale et la soumission. L'argument religieux
n'apparaît que comme une couverture destinée à masquer des intérêts
économiques."
Las pour la Scientologie, Abgrall a réussi a démasquer certains des
scientologues chargés de le persécuter ! Leurs aveux sont accablants pour les
méthodes de l'Église, comme en témoignent ces extraits du procès-verbal
d'audition (en date du 25 janvier 1993) d'un des agents d'OSA, Rémy Petit:
- "Nous avions ordre de notre direction du Comité des citoyens pour les
droits de l'homme (CCDH, un des multiples
pseudopodes de l'Église, NDLR) de Paris de trouver de toute urgence des éléments
de discrédit du Dr Abgrall. (...) Il fallait absolument réagir et prouver que le
docteur Abgrall était une canaille."
- "Mme Patricia Forestier (une des responsables d'OSA, NDLR) nous a téléphoné de Paris. (...) Il
s'agissait de développer, selon la tactique dite de propagande noire, définie
par Ron Hubbard, une contre-attaque concernant les affirmations du
médecin-psychiatre Abgrall de Toulon (...). Mme Forestier ne m'avait pas
détaillé les raisons qui faisaient que M. Abgrall était ennemi de notre
association et j'avoue ne pas avoir demandé d'explications à ce sujet. En bon
scientologue, j'ai obéi à ma hiérarchie. "
Rémy Petit, 25
ans, est décédé quelques jours avant la confrontation avec Patricia Forestier.
Officiellement, il s'est suicidé. Aucune expertise n'a été ordonnée.
- L'article
en entier ici:
- Quand la Scientologie embauchait les ex-flics de l'Elysée
(L'Evénement du Jeudi -
26.11.1996)
- 18 septembre 1991: Le Tribunal correctionnel de Paris (17ème
Chambre) a déclaré irrecevable une action engagée par les scientologues contre
le Dr Abgrall. Ce dernier avait dénoncé publiquement l'organisation, l'accusant
d'avoir "fait pression sur lui" pour le faire "craquer". A l'appui de ces
accusations: vols de courrier, distribution de tracts injurieux, dégradation de
son véhicule, coups de téléphone anonymes... (source: Bulles, 3ème trimestre
1992).
- 11 octobre 1996: Les 3
scientologues sont condamnés à des peines de 6 à 18 mois de prison. En outre,
l'un d'eux est condamné à 50.000 francs d'amende. Extraits du délibéré
du 11 0ctobre 1996. Lors de ce procès, Mme Patricia Forestier était prévenue de
complicité de vol. Elle a été blanchie par la cour d'appel d'Aix-en-Provence,
puisqu'une relaxe définitive a été prononcée à son bénéfice.
(Voir ci-dessous dans l'encadré la partie mise en
bleu
(Décision du Tribubal d'Aix en Provence
du 12 janvier 1998)
- 12
janvier 1998: Les trois prévenus ont fait appel de ce jugement.
Voir l'encadré ci-dessous:
-
COUR D'APPEL, AIX EN PROVENCE, CHAMBRE
CORRECTIONNELLE 13, NO 12 D-13-98
12/01/1998, Docum.No 040222 (L)
- Résumé:
-
- Patricia
Forestier, une chef
parisienne des services secrets de la scientologie (OSA
- l'office des affaires spéciales),
a incité divers
scientologues, dont un médecin, à tenter de suborner l'expert auprès les
Tribunaux Jean-Marie Abgrall, psychiatre, criminologue, expert national auprès
la Cour de cassation, et à lui voler son courrier.
La
tentative de subornation émanait d'un étudiant en médecine.
L'auteur de ce larcin s'étant suicidé avant le procès,
la donneuse
d'ordre scientologue a été relaxée car ce sont les aveux de ce jeune suicidé,
Rémy Petit, qui avaient été déterminants dans sa mise en accusation.
Extrait du jugement
d'appel:
Infractions des simples particuliers, corruption
active de fonctionnaire, article 433-1 du code pénal, article 179 de l'ancien
code pénal, relaxe (oui), médecin expert judiciaire, désignation dans une
affaire concernant des membres de l'église de scientologie, offres ou promesses
pour obtenir un acte de la fonction (non), prévenu étudiant en médecine, demande
d'une présentation favorable de la secte, caractère vague et imprécis des
avantages proposés, offre d'une présentation de clientèle, avantages financiers
et voyages, simple contexte d'une conversation cordiale, réformation.
Infractions contre les biens, complicité de vol simple, article 121-6 du code
pénal, article 121-7 du code pénal, articles 59 de l'ancien code pénal et 60 de
l'ancien code pénal, article 311-1 du code pénal, articles 379 de l'ancien code
pénal et 381 de l'ancien code pénal, relaxe (oui), vol de correspondance par
l'auteur principal, provocation ou instruction (non), absence d'enquête sur les
activités professionnelles du médecin expert, instructions données par un membre
actif de l'église de scientologie à un autre adhérent, acte spontané de l'auteur
principal, enquête faisant partie d'une mission, réformation.
Ne constitue pas un acte de corruption active
le fait de tenir auprès d'un médecin, désigné par ailleurs en qualité d'expert
judiciaire dans une affaire concernant des membres de l'église de scientologie,
des propos relatifs à l'intérêt professionnel et financier de travailler en
accord avec l'église de scientologie et conformément à ses intérêts, en raison
du caractère particulièrement vague et imprécis des avantages évoqués, des
personnalités respectives des interlocuteurs, médecin et étudiant en médecine,
et du contexte même d'une conversation cordiale.
Ne
constitue pas le délit de complicité de vol de correspondance auprès de ce
dernier médecin, le fait pour un membre actif de l'église de scientologie
d'avoir donné à un adhérent des instructions ayant pour but de réaliser une
enquête sur l'expert désigné, consistant notamment à recueillir toutes
informations sur ce dernier et à se procurer tous documents "légaux", à défaut
d'instructions suffisamment précises incitant à la commission d'une infraction
caractérisée. De plus, l'acte de vol a été apparemment spontané, l'adhérent
s'étant pris "au jeu de détective" et cela nonobstant une influence certaine
mais insuffisante desdites instructions.
Décision attaquée: Tribunal
correctionnel de Toulon du 11 octobre 1996 |
|