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Les maux d'enfant
- SOCIÉTÉ Sectes /
L'Express le 3 août 2006
- [Texte
intégral]
La protection des mineurs, particulièrement vulnérables face aux
gourous, est au cœur de la mission de la nouvelle commission
d'enquête parlementaire
Pourquoi les députés unanimes viennent-ils de voter la création
d'une commission d'enquête parlementaire sur la nocivité des
sectes à l'égard de la santé physique et mentale des enfants ? «Parce
que la situation s'est détériorée depuis dix ans», soutient le
président de la toute nouvelle commission, le député (UMP) du
Rhône Georges Fenech.
Après le rapport parlementaire de 1995, très
généraliste, et celui de 1999, sur l'argent des sectes, le cru 2006
se focalisera donc sur les victimes les plus vulnérables. «On estime
à 80'000, dont 45'000 chez les Témoins de Jéhovah, le nombre de
mineurs sous emprise sectaire», souligne Catherine Picard,
présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles
et de l'individu (Unadfi).
Pour Jean-Michel Roulet, président de la Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), le
danger est aujourd'hui plus grand pour les enfants parce que le
paysage sectaire s'est atomisé : «Des centaines voire des milliers de
groupuscules portent atteinte à la santé d'enfants de manière
d'autant moins visible que les gourous abandonnent généralement leurs
chapeaux à plumes pour de simples blouses blanches.»
A la fin de
l'année, les parlementaires proposeront des actions préventives et
de nouvelles lois. Reste à savoir si elles seront efficaces pour
juguler un fléau déjà identifié depuis de nombreuses années.
François Koch
En ligne de mire
Parmi les principaux mouvements sectaires
identifiés par la Miviludes ou l'Unadfi, la commission d'enquête parlementaire sur les dangers des sectes à l'égard des
enfants pourrait étudier :
L'ancien et mystique ordre de la
Rose-Croix (Amorc) La Communication facilitée (comme technique)
Ecoovie La Famille (ex-Enfants de Dieu) La Fraternité
blanche universelle (FBU) Les Frères de Plymouth n°4 Horus Les Enfants indigo Invitation à la vie (IVI) La
kinésiologie (comme technique) Kryéon Krishna La Nouvelle
Acropole Le Mouvement raélien La Scientologie
SahajaYoga la Soka Gakkaï Tabitha's Place Les Témoins de
Jéhovah
F. K.
D'une drogue à l'autre
Sous couvert de lutte contre
la toxicomanie, la Scientologie tente d'attirer de nouveaux
adeptes
- SOCIÉTÉ Sectes /
L'Express le 3 août 2006
- [Texte
intégral]
Sortie du métro Château-Rouge, à Paris, un matin de juillet. Les
bénévoles de l'association Oui à la vie, non à la drogue
distribuent aux passants des livrets d'information sur l'ecstasy,
l'héroïne ou le cannabis. Carole et ses enfants signent la pétition et
s'engagent à devenir «am- bassadeurs pour une vie sans drogue».
Fionna, 12 ans, prévoit d'apporter les livrets à l'école «pour en faire
un exposé». Quand on lui apprend que l'association est financée
par la Scientologie, classée parmi les sectes dans les rapports
parlementaires de 1995 et 1999, Carole ne regrette pas d'avoir signé.
«Je ne soutiens pas la Scientologie, dit-elle, mais c'est pour la
bonne cause.» Karim, 28 ans, dont le frère est mort d'une overdose, a
peur pour ses enfants : «S'ils devaient y toucher, je me tournerais
vers cette association. Je lui fais confiance.»
Depuis quelque temps, la Scientologie se sert de la lutte antidrogue
pour s'offrir une virginité. Mais, par méconnaissance, certains
jeunes drogués et des parents désemparés risquent d'être recrutés.
«S'ils veulent vraiment s'en sortir, nous les orientons vers les
centres Narconon», explique François, l'un des bénévoles.
«Des théories incorrectes» Ce programme antidrogue, dispensé à travers le monde depuis 1966, est
fondé sur les travaux de L. Ron Hubbard, auteur de science fiction et créateur de la Scientologie. Le traitement, dit naturel,
combine des exercices de communication et une procédure de purification. Jogging, sauna et vitamines à très haute dose, le tout censé
déloger les toxines des «tissus adipeux», pour environ 80 euros par
jour. Taux de succès affiché : 70 %. Pour ceux qui finissent le
programme ...
A l'instar de plusieurs études très critiques, l'avis
fourni en 1996 au Conseil national suédois de la santé par le Pr. Folke
Sjôqvist est, lui, sans appel : les méthodes «reposent sur des
théories incorrectes et ne devraient pas être utilisées dans le cadre
de la médecine suédoise».
Les scientologues prévoient d'ouvrir un centre Narconon en France
d'ici à deux ans. Le dernier avait fermé en 1984, après la mort
d'une patiente.
Solenne Durox L'EXPRESS 3/8/2006
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