- Le centre Narconon a cessé ses activités. Pour mieux renaître
?
- 24heures,
le 19 août 2006 par Florence Perret
- [Texte
intégral]
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- SURPRISE.
L'institution pour toxicomanes
teintée de scientologie n'accueille plus aucun pensionnaire depuis l'automne
dernier. Arrêt «définitif», comme l'a annoncé la commission de gestion de l'Etat
de Vaud, ou simple «restructuration», comme l'affirme son fondateur ?
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 LES PLANS-SUR-BEX
: Le chalet, racheté en mai 1988 à Pro
Juventute, a accueilli des toxicomanes durant dix-sept. Il est vide aujourd'hui.
Son propriétaire, le scientologue et médecin Bernard Uthemann, n'exclut pas de
le vendre. / Photo
Andrée-Noelle Pot |
Narconon ne répond plus. Ni au téléphone -
la ligne a été coupée - ni via son
site internet. Le chalet des Plans-sur-Bex, acheté en 1988 par le Dr Bernard
Uthemann et son épouse Catherine, aurait-il fermé ? C'est en tout cas
l'information qu'a fournie la commission de gestion de l'Etat de Vaud (COGES)
dans son rapport de juin dernier: «L'institution Narconon a cessé totalement ses
activités à la fin de l'année 2005».
Etonnement
général
Cette nouvelle, noyée dans la somme du rapport, est passée
inaperçue. Au point que ni le médecin cantonal Daniel Laufer ni le directeur de
la Fondation du Levant, Yves Lanini, ni le député Francis Thévoz qui s'était
mouillé dans cette affaire ni même l'ancien médecin cantonal Jean Martin, «très
impliqué» lorsque la polémique battait son plein (lire encadré), étaient au
courant de la fermeture du chalet des Plans-sur-Bex. Seul Michel Flückiger, le
syndic de Bex, semble savoir quelque chose: «Ah mais c'est vieux ça, c'était
l'année passée, ou il y a deux ans!»
Que s'est-il passé pour que Narconon
ferme ainsi? L'autorisation d'exploiter lui aurait-elle été retirée?
Vérifications faites auprès du Service de la santé publique (SSP) et du Service
de prévoyance et d'aide sociale (SPAS), elle courait jusqu'au 30 novembre 2004
et était en passe d'être renouvelée. En sa qualité de gestionnaire des
institutions, le SPAS n'avait rien constaté d'anormal lors de ses quatre visites
entre décembre 2002 et décembre 2004. C'est dix mois plus tard qu'il a appris
que Narconon ne répondait pas aux courriers. Après avoir trouvé un chalet «vide»
fin octobre 2005, le SPAS a rencontré début décembre Mme Uthemann qui aurait
«confirmé la cessation d'activités», relate Anouck Farine, déléguée à la
communication du Département de la Santé et de l'action sociale
(DSAS).
La fermeture serait-elle due à un problème d'ordre, de santé
publique? «Non, il faut être correct, dit le syndic, Narconon ne nous gênait pas
tellement.» «Il n'y a pas eu de motifs de notre côté», affirme pour sa part le
médecin cantonal. «Il n'y a rien eu de grave, c'était l'établissement le plus
surveillé du canton», ajoute Jean Martin.
Alors quoi ? Sont-ce des
questions d'ordre financier, de fréquentation, de personnel? Un peu de tout
cela, vraisemblable- ment. «Le public changeait, confirme le Dr Bernard Uthemann.
La structure d'accueil était très lourde et il n'y avait plus aucun soutien
financier !» Le scientologue fait allusion à la décision, en 2002, du DSAS de
Charles-Louis Rochat de couper les aides individuelles aux pensionnaires de
Narconon. Une subvention indirecte de 500 000 francs par an abandonnée, selon
Jean Martin, «sous la pression de parlementaires alimentés par la polémique» et,
selon le DSAS, «pour des raisons d'approches de traitement, moins en profondeur
que les autres».
Nouveau rebondissement
Mais le plus
étonnant est à venir et sort de la bouche du Dr Uthemann: «Nous n'avons jamais
parlé de fermeture défini- tive, dit-il. Nous avons arrêté avec les pensionnaires,
mais c'est une période de transition.» Un passage à vide? «Je dirais plutôt une
restructuration», insiste-t-il alors que cela fait près d'une année que le
centre ne remplit plus son rôle. «Je reconnais que c'est un peu long, poursuit
le scientologue. Mais nous avons été un peu démotivés et puis nous n'avons pas
encore trouvé le mode de faire». Pour faire revivre Narconon. Dans ce même
chalet? «Il m'appartient toujours», répond-il. «Mais s'il faut le vendre pour
recréer d'autres structures ailleurs...», Bernard Uthemann n'hésitera probablement
pas.
Les dates clés de Narconon
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FÉVRIER 1966 Dans une prison d'Arizona, William Benitez, héroïnomane,
fonde Narco (tics) Non(e). Le premier centre ouvre à Los Angeles en
1971.
MAI 1988 Deux scientologues, le Dr Bernard Uthemann et sa
femme Catherine, rachètent à Pro Juventute le chalet des
Plans-sur-Bex.
ÉTÉ 1988 Refusé à Lausanne, le centre Narconon
accueille ses premiers pensionnaires.
DÉCEMBRE 1988 L'autorisation
d'exploiter est accordée à Narconon. Le centre est toutefois soumis à des règles
particulières et des visites régulières.
AVRIL 1992 Pétition de
tous les habitants (moins un) des Plans-sur-Bex: ils craignent «une mainmise de
la secte sur le village».
1992-2002 L'institution et ses
dirigeants scientologues sont régulièrement pris à partie pour leurs
agissements, notamment par des parlementaires.
DÉCEMBRE 2002 Le
DSAS supprime le soutien financier individuel qu'il accordait aux pensionnaires
de Narconon, de l'ordre de 500 000 francs par an.
OCTOBRE 2005
Visite du SPAS: le chalet est inoccupé.
DÉCEMBRE 2005 Catherine
Uthemann confirme au SPAS la cessation d'activité.
JUIN 2006 La
COGES annonce dans son rapport que Narconon a cessé totalement ses activités à
la fin de l'année 2005.
AOÛT 2006 Le Dr Bernard Uthemann annonce
que son «action n'est pas terminée».
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Narconon
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