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Interview de David Miscavige, patron de l'église de scientologie
Titre
original:
David
Miscavige, patron rarement accessible de l'église, décide de se faire
interviewer pour la première fois, pour parler de temps plus pacifiques pour la
Scientologie
LOS ANGELES --Lorsque David Miscavige raconte son accession au pouvoir en l'église de scientologie, -- épopée entreprise dès qu'il quitta le lycée à 16 ans -- on entend surtout parler d'une guerre. Une guerre à l'encontre de renégats scientologues. Une guerre vis-à-vis de l'Ennemi N° UN: le fisc américain (IRS). Une guerre contre les critiques de la secte. Mais le chef scientologue de 38 ans insiste sur ceci: il est également déterminé à conduire vers la paix. Au bout de tout ce temps passé hors des écrans radar, Miscavige dit planifier les étapes de son rôle central dans l'aplanissement des divergences toujours présentes en scientologie - cette technologie d'amélioration personnelle imaginée par feu L. Ron Hubbard dès les années 50. Dans son premier entretien avec un journal, Miscavige a dit au Times que Clearwater pourrait bien être la scène du conflit le plus durable subi par la scientologie; il annonce vouloir faire "de grands pas" pour faire cesser les hostilités ici. Pour y parvenir, Miscavige emploie une stratégie correspondant bien à son style: l'intervention personnelle. • • • La manière Miscavige peut comprendre une aide généreuse de l'audacieuse personnalité ayant engendré sa prise de pouvoir en scientologie, l'ayant assisté dès 21 ans à purger la scientologie de membres "traîtres". Elle peut aussi inclure un élément de surprise, comme l'IRS a pu s'en apercevoir en 1991, lorsque Miscavige s'est invité à rencontrer sans fanfare ni trompettes le directeur de l'agence fiscale au siège même de l'IRS à Washington. Miscavige a également surpris en avril le manager de la ville de Clearwater, Mike Roberto, lorsqu'il prit la présidence de la réunion prévue entre Roberto et des scientologues locaux. Roberto y a passé quatre heures. Les amis de Miscavige le disent "intense", "insistant", "pas facile à berner". Les critiques le décrivent comme une brute. Il lutte d'un oeil bleu ou se penche vers l'avant en posant des questions lourdes de sens, et ses mots à l'accent faubourien de Philadelphie tombent en mitraillage. Il tape sur la table pour insister, ou claque si fort des doigts qu'on croirait qu'ils frappent. C'est mélange de un lève-tôt - travaille-tard, d'énergie, d'émotion et de confiance en soi, le tout emballé dans une charpente de 1m69. "Permettez-moi de vous dire que j'ai une grande fierté à créer la paix", dit Miscavige, devenu chef de la scientologie mondiale à 26 ans, "et que j'ai traversé des circonstances ou des conflits qui parssaissaient insolubles... mais que j'ai su résoudre.." Il dit espérer que ses efforts amélioreront l'image jugée combative, sectaire et isolée de la scientologie auprès des habitants. Il dit que la scientologie pourrait être plus ouverte aux gens de l'extérieur; il est d'accord sur le fait qu'elle pourrait faire plus attention lorsqu'elle entreprend des bagarres. Il dit qu'il est faux qu'elle aime les conflits. Miscavige parle aussi d'une vieille crainte enracinée à Clearwater, où la scientologie avait établi en secret ses quartiers généraux spirituels dès 1975, et où elle continue à acheter des terrains en vue de l'expansion. 'Il n'y a pas de plan pour prendre d'assaut une quelconque ville dans le monde", ajoute-t'il. Plus généralement, Miscavige dit parlementer pour obtenir que l'exemption d'impôts accordée par l'IRs suite à "reconnaissance religieuse" s'étende aux principaux pays européens, où l'église combat pour se faire admettre. Il dit vouloir obtenir ceci en l'an 2000. Ce but fait écho à sa tonitruante intervention devant quelques 10000 scientologues éblouis, lorsqu'il leur annonça l'accord d'exemption avec l'IRS en 1993. Miscavige avait alors parlé "d'une espèce d'approbation gouvernementale", disant que "cela signifiait tout pour la scientologie". Dans son entretien avec le Times, il admet que ses efforts planifiés à Clearwater correspondent à cette approche de l'IRS. La ville est une destination essentielle pour des milliers de scientologues, dont beaucoup viennent acheter des "lots d'étude" qui, selon de récentes brochures, coûtent de 60000 à quelque 500000 FF. Mais c'est aussi ici que la police pense qu'un crime a été commis, lors du décès de Lisa Mc Pherson, adepte décédée après un séjour de 17 jours à l'hôtel Fort Harrisson. C'est ici qu'un des maires ayant éxécuté son mandat électif de quatre ans, est resté parmi les critiques de la scientologie; ici que 3000 scientologues ont fait une marche de protestation coléreuse pour s'opposer au Chef de la Police Sid Klein; ici aussi que l'église et la ville sont plongées dans une bataille au sujet de rapports d'enquète policière engagés depouis 13 ans sur la secte. Une "grande étape" en direction de la paix, dit Miscavige, serait de rencontrer le Chef de la Police Sid Klein afin "de résoudre toutes les affaires avec la police de Clearwater"; pas en trichant, mais pour de bon. Une autre consisterait à rencontrer le maire Rita Garvey, peut-être "dans un but multiple." Miscavige dit aussi qu'il est significatif qu'il ait accepté d'être interviewé par le Times: le Times a remporté un Prix Pulitzer en 1980 pour ses enquètes sur la scientologie, et continue à traîter vigoureusement du sujet. Il a même autorisé le journal à visiter la ligne de montage des "électromètres" - ces appareils électroniques que l'église dit capables de suivre les pensées. Il dit croire que la manager de la ville, Roberto, considère que le journal est une source essentielle sur la scientologie. "Vous savez maintenant pourquoi je désire vous parler", a-t'il dit à l'équipe de rédacteurs du Times, durant la visite de trois jours au QG de la scientologie à Los Angeles. "Si je fais un effort pour résoudre quelque chose, j'ai bien l'intention que ça se produise. ... J'ai bien l'intention de tenir parole." Pourra-t'il réussir? Miscavige peut-il domestiquer les instincts combattifs qu'Hubbard a si fortement encouragés - et que les gens extérieurs estiment effrayants et lourds de conséquences? "Je crois que l'incompréhension vient du fait qu'il est possible que nous menions une juste guerre", dit-il. "Si nous sommes impliqués dans une guerre où nous croyons que notre survie est en jeu, nous nous battrons avec dévouement. Mais je crois que toute institution dévouée, et en particulier religieuse, ferait de même. C'est toute l'histoire de la religion." "Mais une fois ceci achevé, nous pourrons nous consacrer à notre mission principale, la scientologie. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer à Roberto: non seulement je le dis, mais mon passé le démontre." Lorsqu'il était attaqué, Hubbard demandait à ses disciples de "traîter toutes les anicroches comme des guerres". Mais il leur disait aussi: "Soyez toujours prèts à parlementer, c'est à dire, à discuter et trouver un terrain d'entente." Il disait: "on ne peut se contenter de guerroyer". Nul n'est plus dévoué aux paroles Hubbardiennes en scientologie que Miscavige. Comme président du "RTC" de l'église de scientologie, son travail consiste à "préserver, maintenir et protéger" la scientologie, mais il insiste sur le fait qu'il n'est pas impliqué dans la direction quotidenne du management des opérations de la scientologie. Non seulement il fut le protégé et l'assistant de confiance d'Hubbard, mais il est aux scientologues ce que le pape est aux catholiques - un chef qui donne le ton, établit des buts et s'assure que les pratiques et enseignements hubbardiens soient précisément suivis. La question reste de savoir lesquelles des maximes du fondateur seront appliquées par Miscavige à la ville de Clearwater. "Je crois qu'il serait reçu avec bien du scepticisme", dit Roberto. "Ce n'est pas une organisatiuon qui a jamais arrondi les angles par le passé." Mais il a aussi dit que Miscavige et lui ont compris qu'ils pouvaient améliorer leurs relations, pourvu qu'il n'y ait plus d'attaques contre la police et que la poursuite judiciaire trouve une conclusion. Pendant que Miscavige propose de "grands pas", Roberto veut bien de "petits pas". Pourquoi? Il explique que Décembre 1997 et "les marches scientologiques contre les quartiers généraux de la police ne sont guère anciennes." La Maire, Rita Garvey, a dit que "Miscavige donnait une "tournure différente" à la scientologie. "On appelle ça faire un bon programme de relations Publiques", dit-elle. Ce qu'il font, actuellement, c'est "nous aimer à mort. Mais en fin de compte, les fonctionnements internes ne changent en rien. Elle dit n'avoir "aucune idée de ce que pourrait entreprendre Miscavige pour la convaincre: la communauté ne leur fait pas confiance". Le Chef de la Police Sid Klein dit que les deux protagonistes ne peuvent même pas trouver une entente quant à la plainte portant sur les enquètes policières, et moins encore, parvenir à une paix globale. "Si nous parlons de 'grand pas', je crois qu'il est temps de rengainer , ou de se taire. Il veulent un grand pas? Il existe." Monique Yingling, avocate washingtonnienne amie de Miscavige - elle l'aida dans le combat contre l'IRS - dit "Il dispose d'une capacité vraiment inimaginable à passer au travers des balles---" Malgré ses études arrètées à 16 ans, "Miscavige aurait aussi l'une des têtes les plus perspicaces qu'elle ait jamais rencontrées", dit aussi Yingling: "il peut être vraiment efficace en écoutant les problèmes des gens et en répondant 'nous parviendrons à une solution à ce propos'". David Miscavige est né en même temps que sa jumelle au sein d'une famille italo-polonaise, dans une maison de style colonial du New-Jersey méridional. Alors que les 2 frères et 2 soeurs fréquentaient l'école publique sans pour autant assister à toutes les messes dominicales, le cadet des fils de Ron Miscavige Sr et de sa femme Loretta fit sa première communion et ses premières confessions à l'église catholique. David Miscavige fut un gamin souffrant d'asthme et d'allergies importantes, mais déterminé à jouer au foot, au basket et au base-ball. Son père Ron avait une fois rempli ses poches d'un kilo de pièces de métal pour qu'il puisse atteindre le poids minmal exigé pour être accepté au sein des défenseurs de l'équipe des Pennypacker Patriots. Son père, qui gagnait sa vie comme trompettiste, entendit parler de la scientologie lors d'une réunion sur les possibilités de travail. Il lut quelques ouvrages hubbardiens et commença à se faire "auditer" - le conseil scientologue supposé apte à localiser des émotions négatives et les faire disparaître du mental. Au cours d'une importante crise d'asthme, son père l'emmena chez un scientologue. 45 minutes de séance d'audition plus tard, père et fils disent que l'attaque avait cessé. "C'était dans le mental réactif, dit David Miscavige, faisant allusion aux images nommées engrammes dont Hubbard dit qu'elles sont dans le mental réactif et qu'elles peuvent causer douleurs et émotions négatives. "J'ai imméditament su que c'était ça, dit-il. Je veux dire que j'étais absolument certain que c'est le moment de mon existence où j'ai dit : c'est ça, j'ai la réponse". Juste après, toute la famille Miscavige commençait à étudier dans une mission de scientologie locale. Ils passérent ensuite à des services plus avancés dans une organisation avancée, St Hill , en Angleterre. Ron Miscavige a vendu ses biens, mis ses meubles au garde-meubles, et emmené sa famille en Angleterre. "Avant de prendre cette décision, je m'étais arrangé pour qu'ils reçoivent un enseignement, dit-il - dès que j'ai passé à la scientologie, je me suis dit - oh, une minute! c'est un truc comme je n'en ai jamais vus... et je savais que ça les aiderait plus que toute autre chose que je pourrais leur apporter." Il ne fallut guère de temps en Angleterre au cadet des Miscavige pour marquer son territoire. Il commença à auditer des gens à 12 ans, devenat le 4687e scientologue à devenir "clair" - état indiquant que la personne serait débarrassée de son "mental réactif"; il élabore alors sa carrière de scientologue. A 15 ans, le voilà de retour dans les faubourgs de Philadelphie pour sa seconde au lycée. Nous étions au printemps 76, durant lequel Hubbard venait d'établir une "base à terre" - FLAG - où les adeptes pourraient venir en remplacement de leurs voyages à bord du bateau amiral "Apollo". Miscavige dit avoir été consterné à cette époque par l'intérêt de ses copains de lycée pour les drogues. Il décida qu'il lui fallait vivre à Clearwater pour travailler avec Hubbard: il quitta l'école lors de son 16e anniversaire. J'étais complètement d'accord," dit Miscavige Senior, désormais musicien scientologue en Californie. David Miscavige dit "Je voulais leur dédier mon existence - expliquant ainsi son besoin de quitter le lycée - la pensée de passer deux ans de plus pour une affaire de diplômes n'avait aucune signification pour moi, puisque je savais que je partirais de toute manière deux ans plus tard pour rejoindre l'église." Il y acquerra une vision très différente des études. A Clearwater, Miscavige rejoignit la Sae Org, au personnel stylé façon Marine qui fait voeu de service éternel à la scientologie. Il y travailla dans l'organisation des messagers du Commodore, un groupe chargé de s'assurer que le management scientologue fonctionnait selon les principes hubbardiens. Enfermé au 9e étage de l'hotel Harrsion, il livrait des télexes et servait à manger comme garçon. Il prit aussi des photos de Clearwater pour les brochures de promo de la scentologie. Peu après, il était promu pour donner la main face à des problèmes dûs à l'afflux d'adeptes et de nouveaux membres du personnel à Clearwater. Il assistait et corrigeait les responsables du personnel - travail lui permettant de donner des ordres à des supérieurs hiérarchiques plus anciens. L'adolescent du New-Jersey n'en fut pas géné. Lorsque "quelqu'un de 15 ans votre cadet vous dit de faire quelque chose, soit vous la respectez vraiment, soit vous ne l'écoutez pas du tout... "dit Greg Wilhere, alors patron à Clearwater, actuellement sous les ordres de Miscavige en Californie. "Miscavige savait faire marcher les choses," ajoute-t'il. Miscavige était issu d'une culture qui pense que chaque personne est un "esprit" ou "thétan" opérant avec tout l'acquit d'expériences datant de nombreuses vies antérieures. Hubbard écrivait que les "enfants ne sont pas des races d'animaux particuliers distinctes des adultes, mais des hommes ou des femmes n'ayant pas encore atteint leur pleine maturité". Quelques dix mois après, quelqu'un - il ignore encore qui c'était - le prit pour rejoindre les élites travaillant directement avec Hubbard, qui produisait alors des films à LaQuinta, en Californie. Miscavige se souvient d'avoir rencontré le fondateur pour la première fois en 1977. Hubbard, alors âgé de 66 ans, portait une tenue de cow-boy, chemise à manches courtes et bottes. Il sortait de la salle à manger lorsque les jeunots arrivèrent pour se présenter: il leur dit "Oh, je sais qui vous êtes; bienvenue à bord." Comme l'essentiel des scientologues, Miscavige parle souvent d'Hubbard par ses initiales, "LRH"; il dit qu'Hubbard l'appelait par le diminutif de "Misc" [note du traducteur: mis- est une racine assez internationale pour 'mauvais': ex: misogynie; ou miscarriage - pour avortement, mise bas trop tôt]. "Je n'ai jamais pensé qu'il considérait que j'avais 16 ans, ou 18 ans, dit'il; j'étais simplement Dave, d'homme à homme. D'être spirituel à être spirituel, pour ainsi dire." Norman Starkey dit : "Miscavige était un naturel de la photo; il a vite fait de piger des concepts comme l'angle de prise de vue, la continuité etc." Starkey était alors cameraman, il est désormais un scientologue de haut rang. " Il pensait en avance, prévoyait, agissait en fonction." Hubbard nomma Miscavige chef cameraman et le considéra comme
son meilleur ami, dit Starkey. "Quand l'équipe de tournage se rassemblait, c'est
toujours à Miscavige qu'il serrait la main en premier
lieu." En 1979, Miscavige, alors âgé de 19 ans, progressait à la fonction de "chef des activités" dans l'organisation des messagers du commodore. Sa tâche consistait à expédier des équipes - des missions - pour enquètes, afin qu'Hubbard obtienne des rapports sur le management médiocre des organisations sciento de par le monde. Parmi les jeunes "missionnaires", Miscavige embaucha Mike Rinder et Marty Rathbun, désormais quadras installés aux plus hauts rangs de la scientologie.
En 1980, Hubbard était caché. Selon l'église, il continuait ses recherches en scientologie et reprenait la plume pour la science-fiction. Les critiques disent qu'il était en fuite en raison d'ennuis possibles en rapport avec des poursuites légales du fait qu'il dirigeait l'église de loin. Parmi les départements impliqués dans la direction de l'église, "l'office du Gardien" (GO) : Miscavige dit qu'il était autonome du reste de l'église. Il maniait les affaires légales, financières et publiques depuis 1966 ; la propre femme d'Hubbard menait ce département. Miscavige prétend que ses "missions" découvrirent nombre de problèmes au sein du GO, y compris l'emprunt des meilleurs staffs, le fait de ne pas règler les factures ou d'engager des poursuites juridiques suffisamment tôt. La scientologie eut aussi quelque ennuis du fait que Madame Hubbard a été poursuivie en 1979 en même temps que 10 autres membres du GO, pour conspiration afin de voler des documents du gouvernement. Miscavige, Rathbun et Rinder insistent sur le fait que le GO portait la responsabilité des activités qui ont tant mis en colère les gens de Clearwater. Selon les dossiers du FBI, la scientologie est arrivée ici avec des plans destinés à contrôler les chefs de la ville et à discréditer les critiques. Ils ont tenté de faire chanter le Maire Cazarès dans une affaire de sexe. "C'était il y a 20 ans, nous n'en savions rien, amis nous en manions encore les conséquences de nos jours", dit Rinder. Il ajoute: "Ce n'était pas nous". Clearwater a toujours ignoré que la scientologie ait failli s'effondrer alors en raison des ennuis légaux et de ses luttes internes, dit Miscavige. "J'ai cru que l'église allait se désintégrer pour de bon". En 1981, alors que Mary Sue Hubbard faisait appel de sa condamnation à la prison, Miscavige dit que lui et d'autres ont conclu qu'elle devait y aller. Alors qu'aucun de ses supérieurs ne voulait faire face à Madame Hubbard, c'est lui qui s'est avancé. "J'ai pensé que si je faisais quelque chose et que j'avais tort ou que je n'y arrivais pas, j'étais cuit. Mais si on ne fait rien, après avoir constaté dans quoi le GO s'était impliqué, je crois qu'on est cuit de toute manière !" En deux rencontres brûlantes, Miscavige convainquit Mary Sue Hubbard d'abandonner. Ils composèrent ensemble une lettre à l'attention des scientologues pour confirmer la décision - sans jamais parler même avec Hubbard. Il considéra cette rencontre comme la seule voie. "Je savais que ce serait du putsch physique, car ils avaient quelques milliers de staffs, alors que nous n'en avions qu'une cinquantaine. C'est le plus surprenant de l'affaire." Le scénario paraît effectivement difficile à imaginer dans toute autre organisation. Un employé de 21 ans, depuis 5 ans dans l'affaire, doté d'un pouvoir modique, s'arrange pour faire sauter la femme du patron en arguant que c'est ce que voudrait le patron. Les gens continuent à me dire "Comment as-tu eu le pouvoir" - mais personne ne vous le donne: je vais vous dire ce que c'est : le pouvoir, d'après moi, c'est que les gens vous écoutent. C'est tout." Actuellement, Mary Sue Hubbard vit en Californie: Miscavige dit qu'ils sont amis. Il a fallu 5 mois après sa résignation pour qu'elle puisse joindre son mari dans sa retraite, dit la scientologie. Hubbard a dit "Bien que nous soyons actuellement séparés, nous demeurons mari et femme". Pendant ce temps, Miscavige grimpait les échelons à grande allure au sein du mouvement, prenant les responsabilités que d'autres ne prenaient pas. La scientologie entreprit une restructuration de ses composantes après l'épisode du GO, Hubbard nommant Miscavige en 1982 pour qu'il conduise ses affaires financières par l'intermédiaire d'une entité - parapluie extérieure à la scientologie. Miscavige avait 21 ans. C'est "ASI" (Services Auteur, inc) qui dirigerait désormais les affaires personnelles et littéraires d'Hubbard. Pendant que Miscavige grimpait l'échelle, les bruits sur son comportement se faisaient entendre. Il parle de deux de ces allégations sans qu'on le lui demande.. La première, c'est qu'il effectua de mauvaises affaires avec les biens d'Hubbard et "fit du tort au fondateur"; l'autre, c'est que Miscavige fut impliqué dans le suicide de sa belle-mère Florence Barnett en 1985, celle-ci étant supposée s'être alliée avec des scientologues dissidents. Miscavige ne sait trop ce qui a entraîné sa mort. Les autorités californiennes ont dit qu'elle s'était tiré trois balles dans la poitrine et une dans la tête avec un pistolet 22 LR. L'autre, c'est qu'une de ses filles a dit à un enquèteur qu'elle avait été déprimée suite à une opération. En novembre 82, le fils ainé déshérité d'Hubbard entreprenait une poursuite légale, disant que son père était décédé ou incapable. Il dit que Miscavige dirigeait alors la scientologie via la société ASI, et qu'un autre officiel de l'église et lui vidaient les comptes du fondateur. En 1983, la scientologie produisait devant les tribunaux une attestation sous serment dans laquelle Hubbard affirmait être en retraite de son plein gré, et en bonne santé. Le document portait ses empreintes digitales et avait été signé par une encre spéciale garantissant la date de signature. Il y nommait Miscavige une "associé de confiance" et un "bon ami" l'ayant aidé à garder ses affaires en ordre. Un juge déclara que le témoignage était authentique. Dans des déclarations sous serments et lors de plusieurs poursuites anti-scientologiques, Miscavige fut aussi accusé d'avoir ordonné la destruction de documents recherchés par l'IRS et les tribunaux, aisni que d'avoir ordonné des attaques contre des ennemis de l'église, ou d'avoir frappé des subordonnés. Le bras droit de Miscavige, Marty Rathbun, a dit que les tribunaux avaient obtenu tous les documents qu'ils exigeaient. Il dit aussi n'avoir jamais vu Miscavige frapper qui que ce soit en 20 ans. "Ce n'est pas dans son caractère, dit-il: il a assez de pouvoir pour être contraint d'utiliser des moyens de cette espèce". Miscavige: "si une fraction de ce qu'on dit de moi était exacte, je ne serais pas là." Il ajoute ensuite: "Non seulement je n'ai jamais été condamné, mais jamais même accusé. Je crois que c'est le moment de dire, face à la critique, bon, c'est maintenant ou jamais: montrez les preuves." Il montre quelque agacement sur ces accusations, disant que "c'est de l'histoire ancienne". Irrité, il dit au Times "Je me demande ce que je fais dans cette pièce?" L'un des critiques est Robert Vaughn Young, qui travailla dans le temps pour Miscavige et quitta la scientologie en 1989, après 20 années de services. "Ses subordonnés lui répondaient dans un mélange d'admiration et de crainte; il y avait en lui un de ces déclencheurs que vous n'aviez pas envie du tout de titiller," dit Young. Mais il le loue aussi: "Il dispose d'une sacré sens politique; il sait comment faire réagir les gens, comment les faire travailler pour lui. Il sait comment les favoriser, comment instiller juste ce qu'il faut de faveurs et de menaces. Il sait comment pousser les gens à faire davantage qu'ils ne s'en croyaient capables.". Miscavige pense que Young est un conseiller payé pour dire du mal de la scientologie. Il croit être la cible de ceux "qui voudraient voir la scientologie par terre et la détruire", ceux qui n'ont jamais pardonné la disparition du GO. "Vous croiriez que ça me ferait dire un simple merci, dit-il - mais au lieu de ça, ce que je crois, c'est que la plus criminelle des organisations d'enquètes du passé, c'est l'IRS" Parmi tous les conflits sciento, aucun n'a atteint de tels niveaux de virulence en dehors de la bataille de 40 ans avec l'IRS. Des décennies durant; l'IRS a refusé l'exemption d'impôt à l'église, disant qu'il s'agissait d'une entreprise commerciale. L'église faisait appel et dépensait des millions de dollars en frais d'avocats. Au fur et à mesure que montait la tension après la disparition du GO, l'IRS lançait une enquète criminelle sur la scientologie, avec Miscavige en point de mire. Il était constamment sur la défensive, dit l'avocat new-yorkais Gerald Feffer, qui a représenté l'église face à l'IRS depuis 1984. "Il vivait dans un environnement où des gens (les enquèteurs) tentaient selon lui de le détruire, ainsi que sa famille, ses amis et son église." Miscavige dit qu'il était la cible des agents de l'IRS à Los Angeles, qui lui imputaient les crimes du GO. Il dit que les principaux témoins à charge présentés par le gouvernement étaient d'anciens staffs rejetés du GO. L'IRS ne confirme pas l'enquète et refuse tout aussi bien d'en discuter. Feffer a dit n'avoir jamais agi sur le Ministère de la Justice, et avoir laissé tomber en 1985. Un peu plus tard, il aurait approché l'IRS au sujet de l'exemption d'impôits de la sciento, mais aurait été mal reçu. Pendant ces ennuis avec l'IRS, Hubbard mourait en 1986, toujours caché. C'est peu après que Miscavige accédait à la position qu'il occuppe de nos jours après avoir éjecté une dirigeante de l'église qui, dit-il, réembauchait d'anciens membres du staff du GO. Les hostilités prirent une tournure de plus en plus violente vers la fin des années 1980, lorsque l'IRS entama l'audit des déclarations fiscales de milliers de scientologues. La scientologie répondit par des milliers de plaintes en justice et des demandes d'explications en masse. Elle enquèta aussi sur des employés de l'IRS et publia des rapports cinglants sur l'IRS dans son magazine "Freedom". Au plus fort de la guerre, fin des années 80 et début des années 90, l'église dépensait environ 10 millions de F par mois en honoraires d'avocat, essentiellement pour combattre l'IRS. Les avocats d' l'église disent avoir tenté des années durant de travailler par l'intermédiaire des voies de l'IRS, Miscavige continuant à exiger une rencontre directe au sommet . Cela devint une blague interne, jusqu'à ce qu'un jour de 1991, Miscavige et Rathbun annoncent à leurs avocats qu'ils avaient un rendez-vous avec Fred Goldberg, Commissaire de l'IRS. "Il vous fait sortir de l'état d'esprit avec lequel vous envisagez quelque chose de façon normale, disait Goldberg à son sujet. Il refuse tout bonnement d'accepter qu'il n'y ait pas d'autre façon de résoudre le problème." Miscavige n'a pas vu Goldberg le jour-même, mais la visite inopinée lui obtint un rendez-vous ensuite, et une révision du processus qui dura deux ans. L'IRS avait des centaines de questions. La scientologie dut expliquer des règles hubbardoiennes comme "faites de l'argent, encore plus d'argent, et faites en produire aux autres". L'église argua que l'IRS avait pris ces règles hors contexte; que les paroles d'Hubbard étaient destinées aux seules divisions financière et trésorière, ce qui ne constituait que 4% du personnel. Goldberg, le commissaire de l'IRS, ne fit pas de rapports à ses avocats de Washington sur ces entretiens téléphoniques. "Une semaine après l'approbation d'exemption, 10000 scientologues furent invités à se présenter au terrain de psorts de Los Angeles pour une grande nouvelle. Miscavige prit la parole en queue-de-pie noir, deux torches olympiques brûlant derrière lui. Il tint son audience en suspens deux heures et demie durant, avant d'annoncer fièrement "La guerre est finie". Les ovations durèrent plus de dix minutes. Bien que la paix soit à sa portée, Miscavige profite de l'occasion pour raconter tout l'épisode de guerre, attribuant ses origines à une conspiration des psychiatres. Ils les qualifie de " moustiques à têtes de petit-pois endoctrinés façon psycho, ayant comploté avec des gouvernements pour parvenir à une société d'esclaves". Il parle des officiels de l'IRS comme des "vampires" et débite une litanie de leurs fautes à l'égard de la scientologie. Et se moque de ceux qui "ont délibérément tenté de les arrèter", ajoutant dans un sourire "nous savons de qui il s'agit et nous les aurons pour finir". Après l'affaire IRS, la scientologie put dépenser ses millions à d'autres projets qu'elle envisageait depuis les années 80. Entre autres: essayer d'amplifier le mouvement en attirant de nouveaux membres; pousser les adeptes à signer pour les niveaux supérieurs de scientologie, standardiser les pratiques scientologues selon les méthodes d'Hubbard, préserver et distribuer ses nombreux écrits et conférences, et rénover les bâtiments scientologues. Chick Corea, le célèbre jazzman, dit "la chose impensable dont nous avions besoin, c'est un David Miscavige: il est arrivé, a repris toutes les balles perdues et empèché d'une certaine façon que toute l'organisation n'explose en satellites; il a alors tout recollé." Le plan actuel de la sciento pour la décennie future, c'est d'avoir une mission dans chaque ville de plus de 100000 habitants et une organisation (église) dans toute ville de plus de 250 000 âmes, dit Miscavige. Aux USA, Miscavige envisage d'ouvrir des antennes dans des points à peine touchés par la scientologie: "il n'y a quasiment rien dans le Midwest", dit-il. Il a aussi cherché à améliorer l'image publique de la scientologie, bien que des rapports persistent quant au fait que la scientologie harrasse ses critiques au moyen d'enquèteurs privés, de plaintes juridiques, et de tactiques propres à bâtir de mauvaises réputations auprès des voisins, des associés et des parents de ces critiques. "Il reste à faire quant à l'image", dit-il. "Est-ce que je suis satisfait? Non, certes pas. Est-ce que je crois que ça peut s'améliorer ? Oui. Est-ce que je nous crois plus crédible qu'au cours des années passées? Oui. Est-ce que ça devrait changer ? Ca devrait s'améliorer. Est-ce que ça se fera en une journée? Pas tout à fait." Les scientologues n'ont pas toujours eu la possibilité de faire autre chose que de se battre, dit-il. "Ai-je toujours eu raison ? Probablement pas. Devrions-nous faire l'effort suffisant de baisser la garde? Je suppose ... aurait-on pu prendre une autre approche? J'imagine que oui." L'une des casseroles que la secte traîne encore reste l'affaire de Lisa Mc Pherson, actuellement aux mains du procureur qui décidera si des charges criminelles doivent être retenues. Mc Pherson a piqué une crise psychotique après un accident de la route sans gravité en 1995. Elle fut reprise par les scientos pour lui éviter un traîtement psychiatrique à l'hopital Morton Plant où elle venait d'arriver. Les scientologues croient les traîtements psy dangereux. Ses collègues scientologues l'ont gardée 17 jours à l'hotel Fort Harrison, avant de l'amener à l'hopital où elle arriva morte. Emaciée et déshydratée, elle était morte d'une embollie pulmonaire. Miscavige suggère que la situation serait différemment maniée dans l'avenir. "Est-ce que je pense que nous devrions travailler conjointement avec la police ou les médecins si un autre scientologue avait besoin de soins, mais que nous voulions lui éviter des traîtements psychiatriques? Je le crois. Et pourquoi le crois-je? Parce que ni'mporte qui aimerait éviter que quelqu'un ne meure." C'est la première fois que la scientologie accuse réception au fait que le séjour au quatre étoiles de la secte n'était peut-être pas la meilleure solution pour Mlle Lisa Mc Pherson. Miscavige dit aussi que les gens ont été passionnés, du fait que l'affaire Mc Pherson pourrait être utilisée contre la scientologie. "Voilà ce que je sais, dit -il en martelant chaque mot de la main sur son dossier de chaise: aucun scientologue, aucun scientologue - ne veut faire une telle chose à un autre scientologue". Miscavige dit aussi qu'il ne s'implique habituellement pas dans les affaires locales, comme les bâtiments que la sciento désire acheter à Clearwater. Il n'a pas non plus été tenu au courant la nuit où Lisa Mc Pherson est décédée. Il agit néanmoins sur des dossiers plus importants, comme le building de 25000 m2 que la scientologie veut bâtir face à l'hôtel Fort Harrison. Quand on lui a présenté des études d'architectures au design "lui faisant penser à des pistes de hockey", Miscavige a demander aux planificateurs de réviser leur copie pour qu'elle s'adapte au Fort harrison. Malgré son poste élevé au sein de la secte, ses associés disent qu'il ne reçoit pas grand chose d'autre qu'un beau bureau, une garde robe fantastique et la proximité constante de stars scientologues comme Travolta et Cruise, qui comptent parmi ses amis. A côté de son aspect extérieur intense, Miscavige peut faire preuve d'humour. Ses amis disent qu'il envoie des notes et cadeaux inattendus. Il conduit une Honda dans les parages de Los Angeles, et vit dans des quartiers du staff avec sa femme Michelle - Shelley - son assistante salariée. Les déclarations d'impôt indiquent qu'il touchait quelques 350'000 F dans le début des années 90, et quelques 300'000 FF maintenant. Durant ses visites fréquentes à Clearwater, où vit sa mère, Miscavige passe ses nuits au dortoir du staff scientologique, un appartement reconverti situé avenue Saturne. Il dit manger au réfectoire commun, et sortir parfois au restaurant Capri sur la baie de Clearwater. Il va au cinéma, aime faire du VTT dans Hillsborough County, et a été vu pilotant un jet-ski. Il dit jouer du piano, prendre des photos sous-marines, lire plusieurs livres par semaine, faire du sport chaque jour, et regarder de temps à autre les sports d'équipe de Philadelphie. Il communique essentiellement avec les autres scientologues par le biais des publications de l'église et de spectacles reflètant son intérêt en matière audio-visuelle et artistique. Ces spectacles sont enregistrés et expédiés dans le monde entier, ils contiennent plusieurs marques de fabrique; des scènes immenses, des accessoires grandioses, des rayons lasers, une musique rythmée, une audience de scientologues surchauffés et une photo gigantesque d'Hubbard. La capitaine David Miscavige, élégamment vétu d'un queue-de-pie ou de l'unforme gris-bleu de la Sea Organization, y joue la confiance et y annonce des tonnes de bonnes nouvelles sur la scientologie. En fin de soirée, il peut baisser les bras et demander des applaudissments, en se tournant vers son mentor en applaudissant, pour enfin conduire un chant traditionnel scientologue: “Hip hip hooray! Hip hip hooray! Hip hip hooray!” Après tout, c'est Hubbard dont Miscavige répercute les paroles tout en tentant d'améliorer l'image de la scientologie à Clearwater et dans le monde. Ces quelques mots d'Hubbard se lisent au mur de sa salle de bains: "Ce sont les idées et non les guerres qui marquent le progrès de l'humanité". |
David Miscavige est violent et paranoïaque D’anciens cadres de la Scientologie témoignent de la violence du chef de la scientologie, David Miscavige, de ses agressions répétées sur ses proches et ses employés Source: http://infinitecomplacency.blogspot.com/ (mars 2009) - Jonny Jacobsen Jeff Hawkins n’avait aucun à-priori sur la violence de David Miscavige jusqu'à ce qu'il soit agressé pour la première fois en 2002 – alors qu’il travaillait depuis plus de 10 ans à la Base Internationale scientologue, là où vit Miscavige. «Le gens ne disent pas ‘Oh tu as entendu ? Miscavige a tabassé untel ou untel ?’ On n’en parlait pas. » C’est lorsqu’il a commencé à assister aux réunions quotidiennes avec Miscavige qu’il a découvert sa brutalité. «Nous étions en réunion – peut-être une cinquantaine de personnes dans la salle,» rappelle Hawkins, qui à l’époque était un cadre supérieur du marketing scientologue. «Et DM (David Miscavige) était en train de lire un rapport j'avais écrit, et il n'aimait pas ça du tout. Il le lisait en s’en moquant. Pour les Scientologues à la Base Internationale, David Miscavige est «DM». «Puis il a commencé à me regarder et à dire: ‘Regardez comment il me regarde, regardez comment il me regarde’. Et tout le monde me dit "Ne le regardez pas comme ça !" - Et je suis comme quoi - "Comment ?" J'étais simplement là, vous comprenez ? «Il devenait de plus en plus furieux et tout d'un coup il a simplement sauté - il a littéralement sauté sur la table de la salle de conférence, il s’est lancé sur moi, a commencé à me frapper sur la tête, m'a jeté par terre, il a saisi ma chemise et a arraché les boutons… et puis il m'a frappé par terre et a filé. «Les gens autour de moi étaient juste – je pense qu'ils étaient terrorisés, mais ils chuchotaient de me relever et de ne pas répliquer à Miscavige. Un autre ancien membre, qui pour l’instant préfère ne pas être identifié, a confirmé les détails de l'agression. «Je me souviens qu’ensuite, quelqu'un a recueilli les boutons et la monnaie tombée de ses poches et les lui a rendus. Il [Hawkins] était vraiment ébranlé. " John Peeler, un ancien agent de sécurité à la base, a observé deux autres agressions de Miscavige sur Hawkins. Il rappelle aussi que chaque fois que Miscavige visait quelqu'un de cette manière, les agents de sécurité lui amenaient ensuite la victime pour un interrogatoire, histoire de découvrir quels étaient leurs ‘crimes’. « C’est cela qui est arrivé après DM a tabassé Jeff.» Avec le recul, dit Hawkins, il s’est rendu compte qu’il avait été coupable de ce que George Orwell, en 1984 appelait «face crime» -- c'est-à-dire qu’il arborait une expression suspecte, voire criminelle. C’était une des obsessions de Miscavige, dit Hawkins. Une autre fois, Miscavige l’a agressé alors qu’Hawkins l’accompagnait avec d’autres cadres lors d’une tournée des bâtiments à la base. Miscavige était sur le point de sortir d’une salle quand, tout à coup, il a frappé Hawkins à l'estomac. «Il m’a simplement donné un coup dans l’estomac au point que je ne pouvais plus parler. Je gémissais parce qu'il m'avait frappé fort … et il a dit aux autres: "Je peux sentir la Propagande Noire d'un mile de distance, et m'en éloigner». En scientologie ‘propagande noire’, c’est un peu comme des ondes négatives. Hawkins, c’est quelqu’un de réfléchi: quand il parle, il choisit bien ses mots: c’est de loin le plus éloquent de la nouvelle génération des critiques de la Scientologie. Il n’y avait de sa part aucune menace physique envers Miscavige. Miscavige a dix ans de moins que Hawkins et met un point de honneur de se maintenir en forme. «J'avais 56 ans quand Miscavige m’a agressé pour la première fois, » se souvient-il. Au fil des ans, Hawkins, a observé 10 ou 15 agressions physiques de Miscavige envers au moins quatre autres cadres. Il les giflait, il les frappait à coup de poing, il les jetait à terre, dit-il. D’autres hauts dirigeants finissaient par suivre l’exemple de Miscavige: ils commencent à donner des gifles à leurs collègues, dit Hawkins, ce qui est confirmé par John Peeler. Hawkins se souvient d’un cadre en particulier avec un réel dégoût: «[Il] avait pris l’habitude de passer dans mon bureau, de me prendre la tête et de lui faire heurter le clavier de l’ordinateur – c’était juste sa façon de dire bonjour. » Depuis plusieurs années maintenant, des anciens de la Scientologie échangent des anecdotes sur la violence de Miscavige sur un site Internet privé pour les anciens membres de l’élite de la scientologie. XSO (Ex-Sea Org) est pour les anciens de l’organisation maritime scientologue, la Sea Org, qui regroupe les partisans de la Scientologie les plus dévoués. On retrouve désormais les agressions de Miscavige sur d’autres sites Internet accessibles à tous. Certains de ces anciens préfèrent de garder l’anonymat pour l’instant. Certains disent avoir peur d’être harcelés par la Scientologie; d’autres craignent que ceux de leurs proches qui sont encore membres du mouvement risqueraient de subir des représailles. Cependant, ils sont de plus en plus nombreux de parler de la violence publiquement. Ce n'est que récemment que Hawkins lui-même en a parlé publiquement. Quand Miscavige annonçait une confé- rence, les cadres étaient forcés à courir pour aller à la salle de réunion. Mais une fois sur place, il leur fallait quand-même attendre 20 minutes ou une demi-heure qu’il arrive avec son entourage immédiat. «Habituellement, il critiquait immédiatement quelqu'un. Chacun espérait que ce ne serait pas son tour. Miscavige s'en prenait en général à celui ou celle qui venait de présenter quelque chose - un script, un programme, une proposition de marketing ou pour un événement, etc. «Il déchirait la proposition de lambeaux, et la personne avec», dit Hawkins. «Je ne l’ai jamais vu faire autrement. Tout ce qu’on lui donnait, «c’était de la merde». Il critiquait la personne et mettait en pièces devant le groupe." Miscavige faisait durer ces réunions parfois plus de six heures d’affilée, elles s’achevaient bien après minuit, dit Hawkins. "Et pendant la réunion, il précisait exactement ce qu'il fallait faire « et déposer sur son bureau avant qu’il se lève.» Hawkins se souvient d’une période quand il a dû travailler toute la nuit pendant plusieurs mois – mais chaque fois sa dernière proposition était taillée en pièces lors de la réunion de la nuit suivante. C'était la norme pour les cadres supérieurs. «Personne pouvait rien faire de bien. DM était obligé à tout faire lui- même. C'était le mantra constant, il répétait et répétait au cours de ces réunions… Il a toujours dit qu'il était ‘entouré par les SP’.» SP, ce sont les initiales de « Personne Suppressive», ou simplement Suppressif: un ennemi de la Scientologie. Et il ajoutait la violence, dit Hawkins. «Je l'ai vu battre les gens jusqu’ils s’écroulent par terre , les jeter à bas de leur chaise, les pousser violemment contre le mur et ainsi de suite.» Hawkins se souvient d’un autre incident où Miscavige l’avait frappé: «Il a dit ‘Est-ce que tu sais pourquoi je te frappe ? ’ Et je lui ai dit ‘Non, Sir.’ Et il a dit: ‘C’est pour que tu saches qui est le patron.’» |
Source: http://infinitecomplacency.blogspot.com/ (mars 2009) For at least two years, it was one of the main topics of conversation on the Internet news groups and message groups devoted to exposing Scientology. But nobody was ready to go on the record. Then in 2008, a handful of senior former members of the movement began speaking out in public to whoever would listen. Their stories were shocking but consistent. They alleged that David Miscavige, the leader of Scientology, had for years been subjecting senior executives at one of the movement’s California bases to an abusive regime that ranged from expletive-filled tirades to physical assaults. Among the most articulate of the new wave of whistleblowers is Jeff Hawkins, 62. Once a senior marketing executive with Scientology, he quit the movement in 2005 at the age of 59 after more than three decades. Hawkins said Miscavige harangued his staff, often singling out individuals for a humiliating dressing down and sometimes physically attacking them. He saw a number of fellow executives assaulted and was the victim of several such attacks himself. Two former Scientologists who worked alongside Hawkins have publicly confirmed his account, and other witnesses are waiting in the wings. Much of the reported abuse took place at late-night meetings at the International Base, Scientology’s 500-acre, high-security compound at the north end of California’s San Jacinto Valley, about 90 miles east of Los Angeles. Celebrity member Tom Cruise used to visit there regularly in the 1990s with his then wife Nicole Kidman. Miscavige is a close friend of Cruise and served as best man at his November 2006 wedding to actress Katie Holmes. He is revered by many inside the movement. But Hawkins said: "The International Base in Hemet, California, is run by fear, threats, and physical and emotional abuse.” Hawkins only left after experiencing what he calls "the dark side" of organised Scientology. Hawkins described being assaulted on five separate occasions by Miscavige himself. "I was slapped repeatedly, punched, and knocked to the ground by him. That was in addition to his constant stream of profanity, threats and verbal abuse." Other senior executives got the same treatment, he said. "He likes to keep those around him in fear and terror. It is ironic that while Scientology publicly preaches communication and tolerance, its leader, Miscavige, practises just the opposite." John Peeler, who used to work as a security officer at the base, has confirmed Smith’s account. Peeler, 36, described two of the assaults on Hawkins by Miscavige, or DM as he called him. “DM was grabbing and shoving him against a wall over and over and screaming in his face about how he was an SP [suppressive person] and deliberately not following his orders. He also punched him in the chest. DM was so mad he was red.” A suppressive person or SP is what Scientologists call an enemy of the movement. Marc Headley, another former member, has also confirmed Miscavige’s assaults on Hawkins in Internet postings and media interviews. In a speech in Hamburg on September 4, 2008, he said he had seen Miscavige assault several other executives. And he has repeated the allegation in his lawsuit, filed in California on January 5, 2009. Hawkins, Peeler and Headley are among a new wave of defectors speaking out about the abuses they witnessed and experienced at the California base. Scientology’s representatives have dismissed them as embittered drop-outs from the movement and vehemently denied reports of Miscavige’s violence. But their accounts echo previous allegations contained in court testimony and affidavits from former members stretching back over the past 20 years. For years now, defectors have described how executives get training in how to scream abuse at subordinates; and how security officers routinely open members’ mail and monitor outgoing calls. Former members have also testified to the bizarre punishments practised at the base. Staff members can be thrown, fully clothed, into the lake there. They can be forced to run for hours in the hot California sun in full dress uniform and city shoes. They also say that those considered the worst offenders in the movement are held in a work camp known as the Rehabilitation Project Force (RPF) for years at a time. Miscavige, 48, rose to power in the early 1980s when Scientology’s founder, L. Ron Hubbard, appointed a group of young executives to reorganise the movement. When Hubbard died in 1986, Miscavige was one of the most powerful figures in the movement. Ex-members say he is now Scientology’s undisputed leader. The former members' campaign against Scientology was boosted by the appearance in January 2008 of a group of young Net-based activists calling themselves “Anonymous”. This group, which has also declared war on what it says is Scientology’s abusive behaviour, has developed new websites critical of the movement and organises regular pickets of the movement’s offices worldwide. High-level defectors from Scientology are beginning to speak out about the movement’s leader, David Miscavige and the beatings they say he hands out to fellow executives. Jeff Hawkins says he had no idea about David Miscavige’s violence until he was himself attacked for the first time in 2002 – and he had been working at the base for more than 10 years. “People don’t say ‘Oh did you hear that Miscavige beat up so-and-so?’ – it is just not mentioned,” he said. It was only once he started attending regular meetings with Miscavige – or DM as he is known – that he says he found out the hard way. “We were at one meeting – there must have been 50 people in the room,” said Hawkins, who at that time was a senior marketing executive inside Scientology. “And DM was reading out a report I had written, and he didn’t like it at all. He was reading it and making fun of it.” DM is what many Scientologists call David Miscavige, Scientology’s current leader. “Then he started looking at me and then he started saying: ‘Look at how he looks at me, look at how he looks at me’. And everybody else is telling me ‘Stop looking at him like that!’ – and I’m like – ‘What ?’ I was just there, you know ? “He got madder and madder and madder and all of a sudden he just jumped – he literally jumped up on the conference room table, launched himself at me, started hitting me on the head, knocked me on the ground … grabbed my shirt and just ripped buttons off… and then he knocked me on the ground and then he walked away. “And the people around me were just – I guess they were petrified, but they were whispering to me to get up and to straighten myself up and to not make him [Miscavige] wrong.” Another former member, who did not want to be named, confirmed the details of the attack. “I remember after- wards, somebody collected up the buttons and change that fell out of his pockets and gave it all back to him. He was really shaken.” John Peeler, a former security officer at the base, described two other attacks by Miscavige on Hawkins. Peeler recalled that whenever Miscavige singled somebody out for this kind of abuse, the base’s security officers would take that person down for interrogation to find out what their “crimes” were, said Peeler. “The same happened after DM beat up Jeff.” Looking back at that first beating, Hawkins said he realised now that he had been guilty of what George Orwell, in his dystopian novel 1984, called “face-crime” – wearing an improper expression on one's face. This was one of Miscavige’s obsessions, he said. Another of Miscavige’s assaults took place when Hawkins was touring one of the buildings at the base with fellow executives, he said. As Miscavige was leaving one room he suddenly rabbit-punched Hawkins in the stomach. “He just punched me in the gut to the point where I couldn’t talk. I was just croaking because he hit me so hard in the stomach … and he said to the other people, ‘I can smell Black PR a mile away,’ and walked off.” One Scientology dictionary defines black PR, or black propaganda, as "a covert attack on the reputation of a person, company or nation using slander and lies in order to weaken or destroy." Miscavige is 13 years younger than Hawkins. He prides himself on keeping in shape: he even had a gym installed at the base. “I was 56 when Miscavige beat me up for the first time,” said Hawkins. Over the years, he added, he witnessed between 10 and 15 of Miscavige’s assaults on at least four other execu- tives. He would slap them punch them, wrestle them to the ground, he said. And other senior executives, following Miscavige’s lead, started assaulting their subordinates, said Hawkins – a point confirmed by John Peeler. Hawkins remembered one executive with particular distaste: “[He] used to routinely come by my desk take my head and shove it into my keyboard, just as his way of saying hello.” As soon as Miscavige called a conference, said Hawkins, staffers would have to run to the venue. Once there, they might wait 20 to 30 minutes for Miscavige and his entourage to arrive. “He would usually launch straight into an attack on someone. Everyone is hoping it’s not them. It’s usually whoever has submitted something to him – a script, a programme, a marketing proposal, an event proposal, whatever. “He would rip the proposal to shreds, and the person along with it,” said Hawkins. “I never saw him do other than this. “Anything submitted to him was ‘sh_t’. He would invalidate the person and tear them to shreds in front of the group.” Miscavige would run these meetings for up to six hours, well past midnight, said Hawkins. “And during the meeting, he would dictate exactly what had to be done ‘and have on my desk when I get up’.” For one period of several months, said Hawkins, he had to work all-nighters only to have his latest proposal “ripped to shreds” at the meeting the following night. But this was the norm for senior executives. “No one could do anything right. DM had to do everything himself. This was the constant mantra he would repeat and repeat at these meetings … He would always say he was ‘surrounded by SPs.’” And on top of that, he added, there was the violence. “I saw him beat people to the floor, shove them out of their chair to the floor, slam them up against a wall and so forth.” Hawkins is a thoughtful, soft-spoken man, one of the most articulate of the new generation of defectors currently speaking out. But in July 2008, Scientology spokeswoman Karin Pouw dismissed his claims as “classic apostate behavior” in a written response to an article in The Portland Mercury. “He grossly mischaracterizes the church, its purposes, and activities in an effort to harm its reputation,” she added. And she took personal offence at the allegations against Miscavige. “I know him personally, and I can tell you in no uncertain terms that the disgusting claims made by Mr. Hawkins could not be further from the truth.” But Hawkins is far from being the first person to make such allegations. In many cases, these stories were first aired on a private Internet message board called XSO for former members of Scientology’s Sea Organization: its most dedicated followers. It was only later that they leaked out on to Internet news groups and message boards accessible to anyone. Most of those who posted such accounts remain wary about revealing their identity. Some say they fear harass- ment from Scientology, while others worry that loved ones still inside the movement might suffer reprisals. Increasing numbers however are going on the record, and their stories appear to match. Hawkins recalled Miscavige’s question after another assault. “He said ‘Do you know why I beat you up ?’ And I said ‘No Sir’, and he said, ‘To remind you who’s boss.’” |
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Exposing Scientology through streaming video Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent. |
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