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LE NAZISME ET SA RELIGION

"On est ou bien chrétien ou bien allemand, mais on ne peut
être les deux à la
fois"
« Pour
notre peuple, au contraire, la religion est affaire capitale. Tout dépend de
savoir s'il restera fidèle à la religion judéo-chrétienne et à la morale servile
de la pitié, ou s'il aura une foi nouvelle, forte, héroïque, en un Dieu immanent
dans la nature, en un Dieu immanent dans la nation même, en un Dieu
indiscernable de son destin et de son sang.»
« Nos paysans n'ont pas
oublié leurs croyances d'autrefois, la vieille religion vit toujours. Elle n'est
que recouverte par la mythologie chrétienne, qui est venue se superposer, comme
une couche de suif, et a conservé le contenu du pot.»
Adolf Hitler
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Voici un article tiré
du livre «Hitler m'a dit» de Hermann Rauschning écrit en 1939. Il explique ce
qu'était les intentions réelles de Hitler et sa stratégie de conquête du monde
et d'annihilation du christianisme et principalement de l'Église Catholique
qu'il admirait et haïssait tout à la fois.
Le rôle des SS en ce sens y est
abordé. Le Nazisme dont les racines remontent à la société
secrète de Thulé était un petit cousin «germain» de la
franc-maçonnerie et cela même si à partir d'un certain moment de l'histoire
nazie ces derniers ont décidé de se débarrasser du mouvement maçonnique
qu'il craignait. Les nazis avaient également des contacts avec le «Golden
Dawn» autre société secrète.
Ce livre a ceci de fabuleux et
c'est qu'il a été écrit par un proche de Hitler, un véritable prussien de
souche qui au fur et à mesure finit par éprouver une répulsion profonde de
celui qui se prenait pour le nouveau messie ... un collaborateur qui jour après
jour était au côté d'Hitler et compilait ses enseignements.
Il est parfois dit
de ce livre qu'il est sans doute l'un des ouvrages les plus importants sur
Hitler après «Mein Kampf».
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Je me souviens de la conversation qui
va suivre jusque dans ses moindres détails. Elle m'a laissé une impression
indestructible; elle marque le début de mon éloignement
progressif du parti : c'est ce jour-là que j'ai commencé à comprendre ce
qu'était le national-socialisme et surtout ce qu'il voulait être.
Nous étions réunis à la Chancellerie, dans les appartements d'Hitler. Un petit
canapé, quelques sièges, une table. Mme Raubal, Mme Goebbels, Forster, Goebbels
et moi, assis en rond. Derrière nous, le «Führer», le nouveau Chancelier du
Reich, était à sa table de travail et feuilletait des documents en discutant
avec Julius Streicher et Wagner de Munich. On servit du thé et des petits
gâteaux. Mme Raubal, la soeur de lait du Führer essaya bien d'amorcer une
conversation banale, mais nous étions tous fatigués. Mme Goebbels fardée comme
il n'était pas permis à une Allemande, écoutait attentivement Hitler, et de mon
côté, pour rien au monde, je ne me serais laissé arracher à la conversation qui
se tenait derrière mol et qui me semblait de plus en plus passionnante.
La soirée était déjà fort
avancée. Hitler avait été au Cinéma, honoré de sa présence un mauvais film
patriotique à la gloire de Frédéric le Grand. Nous étions arrivés à la
Chancellerie avant Hitler et nous attendions son retour. Goebbels entra le
premier : «Quel film fabuleux! s'écria-t-il, un grand film; exactement celui
qu'il nous fallait.» Quelques instants plus tard, le Führer sortit de
l'ascenseur. «Alors, et ce film ?» lança Forster en guise de salut. «Une horreur,
une immondice! Il faut le faire interdire par la police! Vraiment on commence à
abuser de ces âneries patriotiques! » --«Vous avez tout à fait raison mon
Führer» approuva Goebbels, en s'avançant. «C'est un film bien faible et bien
mauvais. Ah! nous avons encore une grande mission éducatrice à remplir. » Le
prince Auguste-Wilhelm de Prusse qui avait accompagné Hitler et qui voulait
rentrer chez lui, laissa tomber avec nonchalance sur le seuil de la porte : «Il
serait temps de faire une loi dans le genre de la loi sur la protection des
animaux, afin d'empêcher qu'on maltraite les souvenirs historiques.»
Si la date de cette soirée
m'est restée gravée dans la mémoire, c'est aussi à cause du jour qui la suivit.
J'étais à midi chez Hitler. J'étais allé lui faire mon rapport de bonne heure.
Ce jour était d'une importance capitale car il avait vu naître l'institution des
Statthalter ou représentants du Reich dans les divers pays. Cette mesure n'avait
d'autre but que d'étouffer à temps les tendances séparatistes qui commençaient à
se faire jour un peu partout. En Bavière, par exemple, le mouvement autonomiste
redevenait très dangereux pour les nationaux-socialistes. Si la Bavière avait su
profiter de l'heure et surtout si le Kronprinz Rupprecht avait montré plus de
décision, il est probable qu'une monarchie bavaroise aurait préparé au mouvement
national-socialiste une fin rapide et brutale. La réforme de la vieille
Allemagne aurait pris une autre direction et d'autres formes ...
Notre conversation nocturne
avait porté sur les graves soucis que causaient ces tendances. C'était pour en
discuter en détail que deux Gauleiters bavarois, Streicher, de Franconie, et
Wagner, de Munich, avaient été convoqués à Berlin. Je n'avais pas écouté le
début de la conversation. Mais derrière moi la voix d'Hitler s'éleva, stridente
pour répondre à un propos de Streicher, et je prêtais l'oreille.
«Les religions
? Toutes se
valent. Elles n'ont plus, l'une ou l'autre aucun avenir. Pour les Allemands tout
au moins. Le fascisme peut, s'il le veut, faire sa paix avec l'Église. Je ferai
de même. Pourquoi pas? Cela ne m'empêchera nullement
d'extirper le christianisme de l'Allemagne. Les Italiens, gens naïfs,
peuvent être en même temps des païens et des chrétiens. Les Italiens et les
Français, ceux qu'on rencontre à la campagne, sont des païens. Leur
christianisme est superficiel, reste à l'épiderme. Mais l'Allemand est
différent. Il prend les choses au sérieux : il est chrétien ou païen, mais non
l'un et l'autre. D'ailleurs, comme Mussolini n'arrivera jamais à faire de ses
fascistes des héros, peu importe qu'ils soient païens ou chrétiens.»
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« Pour
notre peuple, au contraire, la religion est affaire capitale. Tout dépend de
savoir s'il restera fidèle à la religion judéo-chrétienne et à la morale servile
de la pitié, ou s'il aura une foi nouvelle, forte, héroïque, en un Dieu immanent
dans la nature, en un Dieu immanent dans la nation même, en un Dieu
indiscernable de son destin et de son sang.»
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- Après une légère pause, Hitler
poursuivit : «Laissons de côté les subtilités. Qu'il s'agisse de l'Ancien
Testament ou du Nouveau, ou des seules paroles du Christ, comme le voudrait
Houston Stewart Chamberlain, tout cela n'est qu'un seul et même bluff judaïque.
Une Église allemande ! .Un christianisme allemand ? Quelle blague! On est ou bien
chrétien ou bien allemand, mais on ne peut pas être les deux à la fois. Vous
pourrez rejeter Paul l'épileptique de la chrétienté. D'autres l'ont déjà fait.
On peut faire de Jésus une noble figure et nier en même temps sa divinité. On
l'a fait de tous temps. Je Crois même qu'il existe en
Amérique et en Angleterre, encore aujourd'hui, des chrétiens de cet acabit,
qu'on nomme des «unitaires» ou quelque chose dans ce goût-là». Toute
cette exégèse ne sert exactement à rien. On n'arrivera pas
ainsi à se délivrer de cet esprit chrétien que nous voulons détruire.
Nous ne voulons plus d'hommes qui louchent vers «l'au-delà» Nous voulons
des hommes libres, qui savent et qui sentent que Dieu est en eux ».
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- À une observation de
Streicher, ou de Goebbels, que je n'entendis d'ailleurs point, Hitler reprit :
«Ce serait folie de notre part de vouloir faire de Jésus un Aryen, Ce que
Chamberlain a écrit là-dessus est tout simplement idiot; encore suis-je poli. Ce
que nous ferons ? Je vais vous le dire : nous empêcherons que les Églises fassent
autre chose que ce qu'elles font à présent, c'est-à-dire perdre tous les jours
un peu plus de terrain. Croyez-vous, par hasard, que les
masses redeviendront jamais chrétiennes ? Stupidité ! Jamais plus. Le film
est terminé, plus personne n'entrera dans la salle, et nous y veillerons. Les
curés devront creuser leur propre tombe. Ils nous vendront d'eux-mêmes leur bon
Dieu! Pour conserver leurs fonctions et leur misérable traitement, ils
consentiront à tout.»
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- Et nous, quel programme
devrons-nous suivre ? Exactement celui de l'Église catholique, lorsqu'elle a
imposé sa religion aux païens : conserver ce qu'on peut conserver et réformer le
reste. Par exemple, Pâques ne sera plus la Résurrection,
mais l'éternelle rénovation de notre peuple. Noël sera la naissance de
notre sauveur, c'est-à-dire de l'esprit d'héroïsme et d'affranchissement.
Pensez-vous qu'ils n'enseigneront pas ainsi notre Dieu dans leurs églises, ces
prêtres libéraux qui n'ont plus aucune croyance et qui exercent simplement une
fonction ? qu'ils ne remplaceront pas leur Croix par notre croix gammée
?
Au lieu de célébrer le sang de leur Sauveur d'autrefois, ils
célébreront le sang pur de notre peuple; ils feront de leur hostie le symbole
sacré des fruits de notre terre allemande et de la fraternité de notre peuple.
Mais oui, je vous l'assure, ils mangeront ce pain-là, et alors, Streicher, vous
verrez les églises de nouveau remplies.
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- Si nous le voulons ce sera notre
culte à nous qui sera célébré dans les églises. Mais ce n'est pas encore pour
aujourd'hui, Hitler se recueillit un instant. Mme Raubal me posa quelques
questions à propos de ma famille, mais Hitler reprit aussitôt : «Pour le moment,
on peut laisser les choses aller leur train. Mais cela ne durera pas. A quoi bon
une religion unitaire; une Église allemande, détachée de Rome
? Ne voyez-vous pas
que tout cela est déjà dépassé ? Chrétiens allemands Église allemande, chrétiens
schismatiques! Vieilles histoires que tout cela. Je sais bien ce qui doit
fatalement arriver, et quand le moment sera favorable, nous nous en chargerons.
Sans religion propre, le peuple allemand ne peut avoir de stabilité. Que sera
cette religion ? personne ne le sait encore. Nous le sentons, mais cela ne suffit
pas. » Quelqu'un lui posa une question que je n'entendis pas et à laquelle il
répondit :«Non, ces professeurs et ces ignorantins qui échafaudent des mythes
nordiques ne valent rien pour nous. Ils me gênent dans mon action. Vous me
demanderez pourquoi je les tolère? parce qu'ils contribuent à la décomposition,
parce qu'ils provoquent du désordre, et que tout désordre est créateur. Si vaine que soit leur agitation, laissons-les faire, parce qu'ils
nous aident à leur façon, comme les curés à la leur. Nous les obligerons, les
uns comme les autres, à détruire eux-mêmes leurs religions par effondrement
intérieur, en les vidant de toute autorité et de tout contenu vivant, en ne
laissant subsister qu'un vain rituel de phrases creuses. Nous y arriverons, n'en
doutez pas. »
- La conversation devint plus
calme. Goebbels s'assit à notre table. Hanfstangel entra dans le salon. Les deux
Gauleiter bavarois dénoncèrent au Führer quelques exemples de résistance
caractérisée de la part de l'Église catholique en Bavière.
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- «Il ne faut pas que les hommes
noirs se fassent des illusions, gronda Hitler. Leur temps est révolu. Ils ont
perdu la partie.» déclara qu'il se garderait bien de faire comme Bismarck. «Je
suis catholique. La Providence l'a voulu. En effet, seul un
catholique connaît les points faibles de l'Église. Je sais de quelle manière on
peut attaquer ces gens-là. Bismarck a été stupide. Il était protestant et
les protestants ne savent pas bien ce que c'est que l'Église. Bismarck a eu ses
décrets et son sergent de ville prussien, et il n'est arrivé à rien. Moi, je ne
me lancerai pas dans un nouveau Kulturkampf, ce serait vraiment trop bête, Je ne
tiens pas à ce que les hommes noirs puissent se parer de la couronne des martyrs
devant de pauvres femmes. Mais, je saurai les mater, soyez-en sûrs.»
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- Hitler s'échauffait, retombait
sans s'en apercevoir dans le dialecte viennois : «L'Église catholique, c'est une
grande chose. Ce n'est pas rien pour une institution d'avoir pu tenir pendant
deux mille ans. Nous avons là une leçon à apprendre. Une telle longévité
implique de l'intelligence et une grande connaissance des hommes. Oh ! ces ensoutanés connaissent bien leur monde et savent
exactement où le bât les blesse. Mais leur temps est passé. Du reste, ils le
savent bien. Ils ont assez d'esprit pour le comprendre et pour ne pas se laisser
entraîner dans le combat. Si toutefois ils voulaient entamer la lutte, je n'en
ferais certainement pas des martyrs. Je me contenterais de les dénoncer
comme de vulgaires criminels. Je leur arracherais du visage leur masque de
respectabilité. Et si cela ne suffit pas, je les rendrais ridicules et
méprisables. Je ferai tourner des films qui raconteront l'histoire des hommes
noirs. Alors on pourra voir de près l'entassement de folie, d'égoïsme sordide,
d'abrutissement et de tromperie qu'est leur Église. On verra comment ils ont
fait sortir l'argent du pays, comment ils ont rivalisé d'avidité avec les Juifs,
comment ils ont favorisé les pratiques les plus honteuses. Nous rendrons le
spectacle si excitant que tout le monde voudra le voir et qu'on fera de longues
queues à la porte des cinémas. Et si les cheveux se dressent sur la tête des
bourgeois dévots, tant mieux. La jeunesse sera la première à nous suivre. La
jeunesse et le peuple. «Quant aux autres, je n'ai pas besoin d'eux. Je vous garantis que, si je le veux, j'anéantirai l'Église en
quelques années, tant cet appareil religieux est creux, fragile et mensonger. Il
suffira d'y porter un coup sérieux pour le démolir. Nous les prendrons par leur
rapacité et leur goût proverbial des bonnes choses. Je leur donne tout au plus
quelques années de sursis. Pourquoi nous disputer?
Ils avaleront tout, à
la condition de pouvoir conserver leur situation matérielle. Ils succomberont
sans combat. Ils flairent déjà d'où souffle le vent, car ils sont loin d'être
bêtes. Certes, l'Église a été quelque chose autrefois. A présent, nous sommes
ses héritiers, nous sommes nous aussi, une Église. Ils connaissent leur
impuissance. Ils ne résisteront pas. D'ailleurs peu m'importe. Dès l'instant où
j'ai la jeunesse avec moi, les vieux peuvent aller moisir au confessionnal si ça
leur chante. Mais pour la jeunesse c'est autre chose, et c'est moi que cela
regarde.»
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- À l'époque où j'entendis cette
conversation, j'ai d'abord crû qu'il s'agissait de simples vantardises, d'une
concession au pornographe Streicher. Cependant, elle m'avait profondément
troublée. Je n'avais jamais encore pensé qu'Hitler put faire preuve d'un tel
cynisme. Je me suis souvent rappelé ces propos quand on a
poursuivi plus tard les prêtres catholiques pour trafic de devises ou pour
attentats aux moeurs afin de les représenter aux yeux de la masse comme des
criminels et de leur enlever, par avance, la palme du martyr et le bénéfice de
la persécution. Ce fut comme on peut le voir, une entreprise cynique et
depuis fort longtemps préméditée dont Hitler, et Hitler seul, porte toute la
responsabilité.
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- Je n'entendis plus grand chose
de la suite de la conversation. Je retiens cependant le mépris qu'il affichait
pour l'Église luthérienne. Il ne partageait aucunement les
conceptions et les espoirs d'un grand nombre de protestants combatifs et ennemis
de Rome, qui voulaient détruire l'Église catholique à l'aide du
national-socialisme, pour créer une Église unitaire allemande, essentiellement
évangélique, et dans laquelle les fidèles catholiques auraient été incorporés de
force et auraient formé une section spéciale; Je me suis entretenu plus
tard, à plusieurs reprises, avec l'Évêque du Reich Muller, qui avait failli être
mon prédécesseur à la présidence du Sénat de Dantzig. Ses plans ambitieux
étaient orientés dans le sens que je viens d'indiquer.
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- «Les pasteurs protestants, dit
encore Hitler, n'ont même pas l'idée de ce qu'est une Église. On peut se
permettre avec eux tout ce qu'on voudra, ils s'inclineront toujours. Ils sont
habitués aux humiliations; ils ont appris à les endurer chez leurs hobereaux,
qui les invitaient le dimanche à venir manger le rôti d'oie. Mais ils n'avaient
pas leur place à la grande table; ils mangeaient avec les enfants ou les
précepteurs. C'était déjà beau qu'on ne les eût pas obligés à partager le repas
des domestiques. Ce sont de pauvres diables besogneux, soumis jusqu'au baisemain
et transpirant de confusion quand on leur adresse la parole. Au fond, ils n'ont
aucune foi qu'ils prennent au sérieux et ils n'ont pas non plus une grande
position à défendre comme Rome.» La conversation, qui s'était un instant égarée
sur des détails insignifiants et de faciles injures, redevint intéressante quand
Hitler aborda le thème de notre paysannerie. Il prétendit
que même chez nous, sous la carapace chrétienne, il y avait le vieil et éternel
paganisme qui toujours, reparaissait à la surface. «Vous êtes bien agriculteur,
n'est-ce pas? me dit-il. Qu'en pensez-vous? Comment les choses se
passent-elles chez vous? » Je me levais et m'approchais de lui. «Chez nous,
répondis-je, la paysannerie est déjà très instruite. Elle a conservé bien peu de
choses des anciennes coutumes. Cependant, si l'on grattait un peu la surface, il
est probable qu'on en retrouverait les vieilles croyances ancestrales.
»
«Vous
voyez bien, triompha Hitler. C'est là-dessus que je bâtis. Nos paysans n'ont pas
oublié leurs croyances d'autrefois, la vieille religion vit toujours. Elle n'est
que recouverte par la mythologie chrétienne, qui est venue se superposer, comme
une couche de suif, et a conservé le contenu du pot.»
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- «J'ai dit à Darré qu'il était
temps d'aborder la vraie Réforme. Darré m'a fait des propositions étonnantes que
j'ai immédiatement approuvées. Il remettra en honneur les anciennes coutumes par
tous les moyens. Pendant la Semaine Sainte et dans les expositions agricoles
mobiles, il fera connaître notre conception religieuse par l'image et d'une
façon si expressive que le paysan le plus borné la saisira. On ne fera plus
comme autrefois, on n'évoquera pas le passé avec des cavalcades et mascarades
romantiques. Le paysan doit. savoir ce que l'Église lui a dérobé: l'appréhension
mystérieuse et directe de la Nature, le contact instinctif, la communion avec
l'Esprit de la terre. C'est ainsi qu'il doit apprendre à
haïr l'Église. Il doit apprendre progressivement par quels trucs les
prêtres ont volé leur âme aux Allemands. Nous gratterons le
vernis chrétien et nous retrouverons la religion de notre race. C'est par
la campagne que nous commencerons, et non par les grandes villes,
Goebbels !
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- «Nous n'allons pas nous mêler
à la stupide propagande marxiste de l'athéisme. Dans les masses des grandes
villes, il n'y a plus rien. Là où tout est mort, on ne peut plus rien rallumer.
Mais nos paysans vivent encore sur des croyances païennes et
c'est en partant de là que nous pourrons un jour évangéliser les masses des
grandes villes. Nous en sommes d'ailleurs encore bien loin.» La
conversation était terminée. Nous restâmes assis pendant quelques instants
autour de la table. Hitler s'était assis avec nous. Mme Goebbels se montra
particulièrement attentive à la santé du Führer. Elle décréta qu'il était
l'heure de se retirer. «Vous avez derrière vous, mon Führer, une journée
chargée, et une journée tout aussi chargée vous attend demain.»
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- Nous prîmes donc congé et je rentrais
dans mon petit hôtel, près de la gare de Friederichstrasse.
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- Par la suite, tout ce
qu'Hitler avait prédit s'est réalisé. On a fait et on fait encore toutes sortes
de tentatives pour déchristianiser les paysans allemands. J'ai vu les sections
spéciales de déchristianisation dans les expositions agricoles; j'ai vu la série
des affiches, réunies avec une réelle astuce pédagogique, représentant la lutte
des paysans de Steding, contre l'Église de Brême. Tous les visiteurs de cette
exposition ont pu observer comme moi l'habile mélange des leçons de choses
agronomiques et de la propagande contre les religions établies et pour la
renaissance d'un nouveau paganisme dont les dogmes restaient dans le vague.
Les personnalités du parti qui étaient, comme moi-même, à la
tête de districts paysans recevaient régulièrement des invitations aux nouvelles
assemblées «sans Dieu» des nationaux-socialistes, aux «soirées religieuses » où
l'on essayait de définir un rituel du nouveau culte. Il était évident que
ces invitations, qui émanaient de Darré en personne, étaient la pierre de
touche, permettant de vérifier si l'on pouvait nous compter dans la véritable
élite, et jusqu'à quel point nous prenions au sérieux la révolution totale du
national-socialisme; on estimait ainsi, suivant notre attitude, jusqu'à quel
point on pouvait nous faire confiance.
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- Telle a
été la première étape. La deuxième a été l'obligation pour nous de renier
officiellement les Églises. Les choses ont marché à pas de géant. J'ai pu
m'en rendre compte par l'exemple d'un de mes amis, l'agronome Meinberg, type
splendide du terrien allemand. C'était un homme dont la sincérité et la
conviction ne pouvaient être mises en doute. Meinberg, conseiller provincial,
Führer local des paysans, et représentant de Darré à l 'office du Ravitaillement
du Reich, se montra un catéchumène docile. Une nouvelle cheminée fut installée
dans sa vieille demeure paysanne en guise de foyer runique; des runes et des
maximes païennes décorèrent les murs. Les croix avaient fait
place à d'autres emblèmes pieux. Wotan, le vieux
chasseur, retrouva un autel chez Meinberg, et devant son foyer la flamme
perpétuelle fut rallumée. Hitler avait-il eu raison en prétendant que
chez nos paysans la couche de christianisme n'était que le plus mince des
badigeons ?
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- Ce fut ensuite le tour des hommes des S.S.,
et surtout des chefs et dirigeants de toutes sortes, puis des gradés supérieurs
de la Jeunesse hitlérienne. Méthodiquement, scientifiquement, avec une logique
inflexible, on a entrepris la lutte d'extermination contre tout ce qui était
chrétien en Allemagne.
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