- Quotidien
Jurassien, 6 octobre 2004
- Thierry Bédat
- [Texte
intégral]

- Ces
derniers mois, L'Eglise de scientologie a plusieurs fois
participé à des foires dans le Jura.
- Cette
présence a provoqué plusieurs réactions
et une pétition.
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- La présence de ministres bénévoles
de scientologie aux foires de Porrentruy, Delémont et Saignelégier
a suscité plusieurs réactions de Jurassiens auprès
des autorités communales concernées et l'envoi au
Parlement jurassien d'une nouvelle pétition de Jean-Luc
Barbier, président de l'Association d'aide aux victimes de
la scientologie (AVDS) établi en Ajoie. Déposée
cette fois-ci au nom de l'association, cette deuxième
requête demande aux députés d'interdire
de tels stands sur les marchés et foires du canton.
- Il réclame des auditionsde victimes de la scientologie
-
- Pourtant, la Commission parlementaire de la justice et des
pétitions vient de rendre son rapport proposant aux
députés de rejeter la précédente pétition
de Jean-Luc Barbier qui revendiquait «une meilleure prévention
concernant les sectes et leurs actions subreptices.»
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- Dans son rapport au Parlement, la Commission relève que
les cas isolés, cités par le pétitionnaire;
de distributions de dépliants liés à la scientologie
au Lycée cantonal et dans deux pharmacies du canton ont tous été décelés
préalablement par les autorités compétentes
qui les ont fait retirer.
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- «Dès lors, l'opportunité de la base légale
que demande la pétition est discutable», écrit
la Commission. Elle souligne également que l'introduction
d'une telle norme dans la législation cantonale ne serait
pas conforme au droit fédéral, même si
elle considère fondée l'interrogation du pétitionnaire.
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- Avec sa seconde pétition envoyée la semaine
dernière, JeanLuc Barbier dénonce la présence
de stands scientologues sur les marchés de Porrentruy et
Delémont. Il demande aux députés de les interdire.
«La scientologie n'est rien d'autre qu'une thérapie
pseudo-médicale dangereuse pour la santé mentale
se cachant derrière une façade pseudo-religieuse»,
dénonce le président de l'AVDS. Il propose également
aux autorités cantonales d'organiser des auditions de
victimes de la scientologie, afin de confirmer ses affirmations.
- Deux autorisations par an à Delémont
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- Les autorités communales concernées par ces stands
n'ont toutefois pas attendu cette pétition pour s'intéresser
à cette problématique.
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- A Delémont,où les scientologues ont tenu
un banc en décembre dernier, en février et en
août cette année, le maire Pierre-Alain Gentil souligne que le Conseil municipal
ne
peut refuser à une association le droit de s'exprimer et de manifester.
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- «La foire est ouverte à tous les
courants d'opinions dans une fréquence raisonnable, d'autant plus que pour les associations venant
de l'extérieur du canton. Nous avons donné l'autorisation à l'Eglise de
scientologie
de venir deux fois par an. Si elle
nous en demandait une supplémentaire, nous refuserions», assure le
maire delémontain. Il poursuit : «Si ces gens avaient
des comportements agressifs ou trop insistants, nous interviendrions, mais nous n'avons rien constaté de tel.»
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- A Porrentruy, le 27 septembre dernier, la responsable du stand
des ministres bénévoles de scientologie ayant
présenté une patente de forain à son nom personnel,
l'agent de police responsable de la foire n'a avisé que plus
tard le maire, après avoir été interpellé
par plusieurs personnes.
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- Les autorités communales ont alors décidé
de tolérer ce banc, mais ont indiqué à ses
responsables qu'il leur faudra demander une autorisation
avant leur prochain passage pour éviter de se voir refuser l'accès à la foire bruntrutaine.
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- «Nos stands sont présents dans toutes les villes
romandes. Cette action se passe très bien, également
dans le Jura. Nous sommes bien reçus et cela ouvre le dialogue
avec le public et les autorités, c'est très agréable»,
commente pour sa part Suzanne Montangero, chargée des
affaires extérieures de l'Eglise de scientologie de Lausanne,
tout à fait satisfaite de la décision du Conseil
municipal delémontain.
- TROIS
APPROCHES DIFFERENTES
-
- Les
députés vaudois
légifèrent ...
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- Les députés vaudois
ont accepté, le 28 septembre dernier par 81 voix
contre 31 et 22 abstentions,
une troisième pétition de Jean-Luc Barbier portant
sur «un contrôle de la scientologie et de sa thérapie».
Les élus recommandent
ainsi à leur exécutif cantonal de se pencher sur
la pratique de la scientologie, notamment en ce qui concerne
l'adhésion et la liberté de démission de
ses membres. Avec ce vote, le Grand Conseil vaudois estime que
l'Etat a un droit de regard à titre préventif
sur l'activité de la scientologie,
notamment en vertu de la protection de l'ordre public.
- ... mais
pas les députés jurassiens
-
- Porte-parole
suisse de L'Eglise de scientologie, Jürg Stettler met en
évidence la grande différence de traitement
constatée entre Le canton du Jura et celui de Vaud,
car ce dernier a refusé tout contact avec l'Eglise de
scientologie lors du traitement de la pétition de Jean-Luc
Barbier. «Nous sommes pourtant dans un pays démocratique,
il devrait être possible de se défendre, surtout
lorsqu'il est porté des accusations aussi graves»,
dénonce
Le porte-parole. Il se félicite donc de la décision
de la Commission parlementaire jurassienne de la justice
et des pétitions. Quand à la seconde pétition,
Jürg Stettler considère que c'est une «demande
totalitaire», allant contre l'avis du Tribunal fédéral.
- Jean-Luc
Barbier poursuit sa lutte
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- «Peut-être
que ma pétition n'était pas assez précise,
raison pour laquelle L'Association
de défense des victimes de La scientologie (ADVS)
vient d'en déposer une nouvelle pour demander
l'interdiction des stands scientologues.
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- J'espère que
nous seront mieux entendus», explique son président
Jean-Luc Barbier.
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- Il regrette de ne pas avoir été
entendu par la Commission parlementaire jurassienne de
la justice et des
pétitions, mais se déclare
satisfait de la décision vaudoise. «Les dépliants
de l'Association Dites non à la drogue, financés
par l'Eglise de scientologie, viennent d'être interdits
dans les écoles de San Francisco, ce qui démontre
le bien-fondé de ma première
pétition», insiste le président qui s'étonne
que les Jurassiens laissent entrer si facilement
le renard dans leur poulailler.
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- Thierry
Bedat
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