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Scientologie et sponsors à l'«assaut» des écoles

 
Canton d'Argovie: Le Tribunal fédéral s'oppose à l'ouverture d'une école scientologue (février 1995)
 
Canton de Vaud: L'État a fait fermer une école scientologue sauvage à Lausanne (décembre 1997)
 
Canton de Lucerne: Pas d'autorisation pour une école privée scientologue à Littau (août 2003)
 
«Ecole de l'Eveil»: La directrice d'une école parisienne liée à la scientologie condamnée pour publicité mensongère (décembre 1997)
 
Les jeunes Helvètes apprendront-ils bientôt à lire avec
des manuels sponsorisés par la scientologie ? (*)
 
Le journal du jura, 3 mai 2005
[Texte intégral]
Instruction publique et publicité à l'école
 
Les élèves à l'école de la consommation
 
Les jeunes Helvètes apprendront-ils bientôt à lire avec des manuels sponsorisés par Swatch ou Nestlé ? Non. sans doute, mais ... «J'aime manger chez McDonalds». «J'aime boire du Pepsi»... ce sont là les exercices de lecture pratiqués en classe par les enfants américains sur la base de livres fournis par les marques précitées. Insidieu- sement, le phénomène semble avoir également franchi l'Atlantique.
En France des publicités sont véhiculées dans le cadre scolaire (*)
 
En France, quand bien même une loi interdit la publicité à l'école, de nombreuses entreprises profitent du manque chronique de moyens de l'Education nationale pour offrir aux enseignants toute une panoplie de supports pédago- giques judicieusement conçus : Kellog's propose des kits sur l'équilibre alimentaire; le «Dr Quenotte» de Colgate apprend aux écoliers à se brosser les dents; Danone les initie à «l'alimentation plaisir», Michelin à la sécurité dans la rue, Coca-Cola à l'écologie et EDF au nucléaire ... Sous couvert d'un «message d'intérêt public», les annonceurs investissent ainsi peu à peu une sphère jusque-là préservée de toute intrusion publicitaire. C'est que les enfants et adolescents représentent une cible privilégiée.
 
Non seulement ils consomment (vêtements, jouets, articles de sport), mais de multiples études de marketing démontrent qu'ils exercent une influence déterminante dans le choix des achats effectués par les parents, de la voiture aux produits alimentaires, en passant par les vacances...
Et en Suisse ?
 
Dans notre pays, la pub est résolument proscrite des salles de classe. Les départements de l'instruction publique font preuve de la plus grande vigilance et des commissions d'experts filtrent soigneusement les moyens pédago- giques inscrits aux plans d'étude. Par ailleurs, des cours d'éducation aux médias se mettent en place pour aiguiser le sens critique des élèves.
 
Vigilance qui n'empêche pas quelques dérapages hors de l'enceinte de l'école. Ainsi ce n'est que vendredi dernier, à l'instance de la justice vaudoise, que le cigarettier British American Tobacco retirait les affiches associant ses clopes Lucky Strike à la Semaine du goût (action de sensibilisation aux saveurs menée à la même date dans les écoles romandes) !
 
La limite entre partenariat et sponsoring s'avère de plus en plus floue. Swisscom finance l'accès à Internet de quelque 5'000 classes d'école; le site «Kidnet» permet aux enseignants de télécharger des documents pédago- giques financés par des entreprises; «Budgetgame» est un jeu sponsorisé par Postfinance très apprécié des écoliers...
 
Jusqu'où l'école publique peut-elle aller sans franchir la ligne rouge? Vaste débat. Dans les prolongements de l'émission de la RSR, "On en parle», consacrée mardi dernier à ce sujet, des pédagogues de notre région tenter quelques réponses. 
«Nous redoublons de vigilance»
En Suisse il n'existe pas de réglementation au niveau fédéral. Un vide juridique qui ne semble toutefois pas poser problème. Entretien avec Dominique Chételat, adjoint de l'Office de l'enseignement préscolaire et obligatoire du canton de Berne (DECO).
 
- Alors, pas de pub à l'école ?
 
- La question de la publicité dans les manuels scolaires n'a jamais été à l'ordre du jour et n'a jamais posé problème, du moins à ma connaissance. Ce sont en général les autorités scolaires communales, en principe les commissions, qui sont compétentes pour toutes les questions de soutien financier et de sponsoring.
 
Mais toute décision est subordonnée à la mission de l'école obligatoire qui notamment protège l'intégrité psychique et physique des élèves comme le stipule la loi sur l'école obligatoire. Dès lors les décisions doivent être prises dans l'intérêt des enfants et assurer leur protection. Ce qui exclut bien sûr toute forme de publicité pour l'alcool par exemple. Par contre, un établissement scolaire peut disposer d'un distributeur à l'effigie d'une marque de boisson gazeuse.
 
- Jamais de problème... vraiment ?
 
- A quelques exceptions près. Des discussions ont porté sur des bus de transport d'écoliers, véhicules qui étaient offerts par des entreprises à condition qu'elles puissent apposer de la publicité. Mais là aussi, c'est à la commune de décider.
 
- Comment éviter les dérapages ?
 
- Le matériel courant (stylos, gommes, cahiers, etc.) est acquis par chaque établissement scolaire. Par contre, les moyens d'enseignement (livres, logiciels) font l'objet de recommandations de la DIP (direction de l'instruction publique) avant de figurer sur les catalogues d'ouvrages des Editions scolaires.
 
Pour les ordinateurs, le rôle de la DIP se limite à émettre un avis sur les possibilités de tel ou tel équipement. Mais là aussi, il faut distinguer entre le PC et les programmes, les logiciels étant acquis sur recommandation des Editions scolaires.
 
- Les commissions ne sont pas infaillibles... On l'a vu avec les livres de mathématiques estampillés de l'humour très par­ticulier du caricaturiste Barrigue ...
 
- Depuis cette affaire, des commissions de relecture verront la maquette de l'ouvrage et non seulement le manuscrit, afin de redoubler de vigilance. Tous les nouveaux moyens d'enseignement sont passés au crible avant même qu'ils ne soient disponibles.
 
- Reste la propagande insidieuse. En France, il y a quelques années, la scientologie aurait infiltré l'Education nationale. Les messages subliminaux des multinationales sont déjà monnaie courante à la télévision ... le même procédé pourrait être utilisé dans les moyens didactiques ?
 
- C'est là un vaste débat qui dépasse le cadre du sponsoring. Mais chaque fois que l'on donne mandat à une entreprise, quelle qu'elle soit, les commissions de relecture doivent analyser avec la plus grande rigueur le message que le mandataire entend faire passer, ainsi que la pertinence pédagogique dudit ouvrage.
 
- La Suisse ne va donc pas suivre la tendance américaine du marketing à l'école ?
 
- La mission même de l'école va à l'encontre de tels procédés. Au contraire, on doit apprendre aux élèves à développer un sens critique par rapport aux messages délivrés. C'est toute la problématique de l'éducation aux médias, cours qui figure dans le nouveau plan d'étude. Et si l'on peut difficilement échapper aux modes d'outre-Atlantique, il faut espérer que ces dernières subissent quelques transformations pour rester en adéquation avec les valeurs socioculturelles de notre système éducatif.
 
Catherine FAVRE
 
«Brésil un «Disney pédagogique»
 
Au Brésil, la publicité est dans les livres scolaires depuis une dizaine d'années, formant ce qu'un chercheur en éducation a appelé un «Disneyland pédagogique».
 
Des livres de toutes les disciplines - portugais, géographie, maths, etc. - sont remplis de messages publicitaires. Les exercices pour les écoliers du primaire prennent fréquemment des exemples à partir de produits de consommation : «Copie dans ton cahier la phrase qui a la même signification : Kolynos (marque de dentifrice, n.d.l.r.) procure une haleine pure et rafraîchissante.» Puis, en illustration pleine page, l'emballage d'un tube de Kolynos. Et le retentissement de la sonnerie libère les enfants de l'école, mais pas des devoirs, qu'ils feront à la maison avec un membré de leur famille. C'est pour ce lectorat adulte que l'on trouve aussi dans ces manuels des images de l'hebdomadaire féminin Marie-Claire et des exercices impliquant des logos de Volkswagen, Varig ou Hertz.
Pour beaucoup de Brésiliens, ces manuels illustrés constituent la seule lecture, avec la Bible.
 
Contrairement à l'Allemagne, à la Belgique et à la France où elle est théoriquement interdite, la publicité dans le cadre scolaire en Suisse bénéficie d'un vide juridique. Mais même dans ces pays-là, «en réalité on la retrouve partout», conclut l'étude «Les pratiques commerciales dans les écoles» réalisée à la demande de la Commission européenne. «Des messages à caractère publicitaire pour Nestlé, JVC ou Swatch apparaissent dans certains manuels scolaires de pays membres, notamment dans un livre édité par Hachette à l'intention d'élèves de l'école primaire en France.»
De tels dérapages pourraient-ils se produire dans le système scolaire helvétique ?
 
Christian Berger, secrétaire général de la Conférence intercantonale de l'instruction publique pour la Suisse romande et le Tessin (CIIP), est catégorique: "Une influence traditionnelle très ancrée s'oppose à ce que l'école s'acoquine avec le privé. Les manuels diffusés par la CIIP dans l'ensemble de la Suisse romande sont exempts de publicités, pour protéger l'enfance contre les manipulations à un âge critique.» L' instruction publique veille.
Mais que penser du comportement des entreprises suisses à l'étranger ?
 
Nestlé y fait du marketing dans les écoles alors que cette pratique serait unanimement condamnée en Suisse. "Si Nestlé trouve un terrain favorable au Brésil, nous n'avons pas à prendre position sur ce qu'ils font, ni sur ce que fait le Brésil», estime M. Berger.
 
P.d.R. (Cet article est paru initialement dans le journal de «La Liberté»)
 

Il y a sponsor et... sponsor
 
La situations dans les écoles biennoises (canton de Berne)
 
Dans les classes de Bienne et du Jura bernois, tout le matériel didactique est préalablement passé au crible de la Commission des moyens d'enseignement et des plans d'étude (COMEO).
 
Jean­Claude Wyssbrod, président de la Conférence des directeurs des écoles primaires francophones de la ville de Bienne : «Les enseignants doivent s'en tenir aux recommandations de cette commission chargée d'examiner le matériel didactique mis à disposition des classes. Pour les ordinateurs, c'est Berne qui recommande le nombre de PC par classe. Nous travaillons pratiquement tous avec les petits programmes «Dictaticiels» spécialement conçus pour les écoliers.
 
- Mais c'est bien Swisscom qui sponsorise l'accès à Internet ?
 
- Swisscom offre gratuitement la connection à Internet; mais le logo de l'entreprise n'apparaît nulle part, ni sur les ordinateurs, ni sur les sites Internet que nous visitons en classe. Mais bien sûr, la politique de l'opérateur n'est pas totalement désintéressée. Il y a bien des chances qu'à la maison, les enfants demandent à leurs parents une connection à Internet.
 
- ... il y a eu aussi les campagnes de sensibilisation à l'hygiène dentaire avec le dentifrice X ou Y ...
 
- Dans le cadre de la prévention des caries, nous devons utiliser en classe une pâte spéciale au fluor d'une marque donnée. Mais il n'existe pas de produit équivalent chez un autre fabricant. Nous sommes très vigilants pour défendre l'indépendance de l'école face à l'économie privée. Quitte même à refuser un équipement coûteux. Ce cas s'est produit avec un bus, une firme voulait nous l'offrir contre une publicité sur le véhicule; nous avons décliné l'offre. De même, il y a plusieurs années, nous avons refusé les équipements en informatique que nous proposait une école­club... Ce sont des offres parfois tentantes dans le contexte de restrictions budgétaires actuel.
Plus royaliste que le roi ?
 
Hors des salles de classe, la limite entre publicité et sponsoring devient parfois confuse.
 
Exemple: les installations sportives ! La Ville de Bienne fait un subtil distinguo entre les infra-structures spécifi- quement utilisées par les écoliers et celles qui ne le sont qu'occasionnellement. Non à la pub autour du terrain de football des Tilleuls par exemple ou dans les halles de gymnastique, là seules des banderoles sont autorisées le temps d'une manifestation. Par contre, oui à la pub à la Gurzelen, au Stade de Glace ou à la Plage .., ces infrastructures étant exploitées par une SA, la CTS.
 
Jean-Pierre von Kaenel, responsable de l'ancien Office des sports : «De la publicité autour du terrain des Tilleuls par exemple porterait atteinte au paysage. Ça tombe sous le sens de l'interdire. Mais dans d'autres cas, ces dispositions sont un peu dépassées. De façon générale, il ne faut pas être plus royaliste que le roi. Aujourd'hui, le sponsoring a remplacé le mécénat, les entreprises n'investissent plus à fonds perdus dans une manifestation, elles veulent une contre-partie. Et sans sponsor, de nombreuses actions d'utilité publique ne pourraient tout simplement pas avoir lieu.» 
 
Catherine FAVRE
 
(*) Titres ajoutés par le gravis       
 
Le directeur du lycée cantonal de porrentruy abusé
 
Le Matin 22 mai 2004, par Jean-Pierre Molliet
[Texte intégral]
 
Le matériel mis à disposition du Lycée cantonal de Porrentruy par le mouvement de scientologie se réclamait de manière fallacieuse de la caution de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique. Mercredi devant le Parlement, la ministre Elisabeth Baume Schneider a dénoncé la stratégie des scientologues «qui se parent des meilleurs atours pour informer, mais surtout pour ensuite s'intéresser aux personnes en termes d'affiliation à un mouvement de pensée».
 
Le directeur de l'établissement scolaire, Pierre-Alain Cattin, admet avoir été abusé : «J'avais reçu un courrier me demandant de distribuer aux élèves une brochure qui avait été agréée par les milieux scolaires. Je l'ai feuilletée. Son contenu présentait bien la problématique de la drogue et les moyens de s'en sortir. Ce n'est que le lendemain qu'un professeur m'a rendu attentif au nom de Ron Hubbard qui figurait en très petit au bas d'une page.» Les brochures ont été immédiatement retirées.
 
Une pétition cantonale a été lancée. Elle demande que la distribution de plaquettes ou autre promotion subreptice de mouvements sectaires dans l'espace public soit soumise à une autorisation de police.
 
La commission des pétitions rejette la pétition (6 septembre 2004)
 
Scientologie: pas d'autorisation pour une école privée de Littau
 
Dépêche AFP, 07 août 2003
 
Canton de Lucerne
 
En Suisse, sur décision des autorités cantonales, une école privée avait été fermée fin juillet 2003 à Littau, sur décision des autorités cantonales, décision confirmée par un jugement du Tribunal fédéral.
 
La directrice scientologue avait démissionné de son poste mais restait "enseignante principale". Dans ces conditions, le département de l'instruction publique de Lucerne a refusé la réouverture de l'établissement, estimant qu'il ne bénéficiait pas de la "crédibilité nécessaire".
 
L'Etat a fait fermer une école scientologue sauvage à Lausanne
 
24 Heures, 23 décembre 1997
[Texte intégral]
C'est par hasard que le Canton a découvert l'existence d'une classe
d'une vingtaine d'enfants dans un apppartement de la capitale.
 
Les Scientologue sne feront pas école dans le canton. Ils ont pourtant essayé par tous les moyens. Légalement d'abord : en juin 1995, un adepte de cette église avait demandé au Département de l'instruction publique et des cultes (DIPC) l'autorisation d'ouvrir une école privée.
 
Au terme d'une longue procédure, l'Etat vient de rendre un verdict définitif, négatif évidemment.  Mais, l'épilogue de cette affaire, hier, a mis à jour une autre tentative, effectuée par des scientologues, en toute illégalité cette fois.
 
A l'abri des regards indiscrets, dans un appartement du centre lausannois, une vingtaine d'enfants ont suivi durant près d'une année les cours dispensés par des enseignants proches du mouvement scientologue.
 
Comment le DIPC a­t-il découvert cette classe tapie dans l'ombre ? «Précisément parce que des enfants avaient disparu du circuit officiel. Nous avons cherché leur trace et découvert ainsi le problème», se souvient, Jean Jacques Schwaab, patron de l'Instruction publique.
 
Le conseiller d'Etat rappelle que la scolarisation à domicile est admise tant que le nombre d'élèves ne dépasse pas six. «Or, il y avait là une dizaine de petits en âge d'être à l'école enfantin et une dizaine d'autres, mûrs pour la primaire.»
 
Sur demande de Jean Jacques Schwaab, la police est intervenue afin de mettre un terme à ces dérapages. Cette classe sauvage a fermé définitivement ses portes à la fin septembre.  
«Méthode très perverse»
 
La fermeté du DIPC dans cette affaire, ainsi que dans son refus d'octroyer une autorisation pour l'ouverture d'une école, pose évidemment des questions quant aux méthodes d'enseignement prônées par les fidèles de la scientologie. En quoi diffèrent-elles de celles utilisées dans le public ? «Elles sont très semblables. C'est bien pourquoi elles sont dangereuses, explique François Lavergnat, président, du Groupement pour la défense de la famille et de l'individu. Les matières sont les mêmes. Mais entre deux cours sérieux, on leur inculque petit à petit la doctrine, à savoir la notion d'appartenance à une élite ainsi que la soumission au mouvement.
 
C'ést une méthode d'autant plus perverse qu'elle s'applique à des enfants plus modelables par définition que des adultes. Si l'on songe que leurs parents sont pour la plupart des adeptes du mouvement; cela donne des jeunes complètement déphasés à l'âge de 15 ans. lis sont totalement coupés de la société. On arrive parfois à les remettre sur les rails. Mais c'est très difficile quand ils sont été conditionnés dès le départ. C'est bien pour ça que les scientologues essaient d'ouvrir des écoles aux quatre coins du monde. Sans succès a ma connaissance.»
 
Secrétaire général du DIPC, Fabien Loi Zedda rappelle pour sa part que Vaud n'est pas le premier en Suisse à s'oppposer à l'ouverture d'écoles dirigées par des scientologues: «Deux cantons suisses alémaniques ont pris des décisions analogues.»
 
Jean-Marc Rapaz
 
 Le Tribunal fédéral s'oppose à une école scientologue
    
24 Heures, 21 février 1995
[Texte intégral]
L'organisation de scientologie n'est pas digne de confiance
 
Les scientologues ne pourront pas ouvrir une école privée à Waltenswil, dans le canton d'Argovie. Le Tribunal fédéral a confirmé le refus des autorités cantonales.
 
 A l'appui de leur demande d'autorisation, présentée en 1988, les membres d'une fondation privée avaient déclaré qu'ils souhaitaient dispenser un enseignement s'inspirant des méthodes didactiques et philosophiques de Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie.
 
Ces principes devaient à leurs yeux compléter le programme scolaire argovien auquel ils entendaient également se référer. Après avoir donné provisoirement son accord au projet, le Département de l'instruction publique était revenu sur sa déclaration.
 
Dans son jugement, publié hier, le Tribunal fédéral dresse une liste des différents procès qui ont, ces dernières années, mis en cause des adeptes de cette Eglise.
 
Il relève que les scientologues sont connus pour propager leurs idées avec «des méthodes de publicité très agressives».
 
Le canton d'Argovie a par conséquent agi de manière correcte en refusant de donner son autorisation aux recourants, en raison des liens étroits qu'ils entretiennent avec l'Eglise de scientologie.
 
L'Etat ne doit pas prêter la main à une telle opération en donnant une autorisation d'exploiter une école privée à une organisation qui n'est pas «digne de confiance».
 
(ats)
 

La directrice d'une école scientologue parisienne
condamnée pour publicité mensongère
 
Source: Libération, 3 décembre 1997
 
Le Ministère de l'Education Nationale a déposé plainte le 18 octobre 1996 pour utilisation abusive de la notion d'agrément contre l'École de l'Éveil et l'École Mont-Louis, deux écoles liées à la scientologie.
 
Jean-Pierre Brard avait attiré l'attention de monsieur le ministre de l'Education nationale sur l'utilisation abusive, par certains établissements de la notion d'agrément dans leurs documents publicitaires. Ainsi, il a été porté à la connaissance que l'École de l'Éveil - 11 passage Courtois 75012 Paris - qui dispense un enseignement maternel, élémentaire et secondaire basé sur les méthodes de Ron Hubbard, présentait comme numéro d'agrément un simple numéro d'enregistrement attribué par la direction de l'Académie de Paris lors de la déclaration d'ouverture.
 
Il lui a demandé, en conséquence, quelles dispositions il entendait prendre afin que cesse dans les plus brefs délais cette utilisation abusive de la notion d'agrément qui fausse incontestablement l'appréciation portée par les parents sur cet établissement.
Utilisation abusive de la notion d'agrément par deux écoles scientologues
 
Quelques chiffres bien alignés comme l'exige la rectitude administrative pour mieux impressionner la clientèle : deux responsables d'écoles parisiennes ont utilisé une astuce pour assurer leur clientèle que leurs établissements avaient bien reçu l'agrément de l'Education nationale, et le numéro y correspondant.
 
En fait, la directive de l'école de l'Eveil (primaire), Arlette Sanguinetti, et le directeur de l'école Mont-Louis (secondaire), Jean-Michel Doliger, se contentaient d'afficher sur leurs messages publicitaires les numéros d'inscriptions au registre des établissements privés.
 
Ce procédé leur a valu une condamnation obtenue par un autre procédé : des poursuites ont été engagées pour publicité mensongère par le tribunal de grande instance de Paris, à l'issue d'un procès où Ségolène Royal, ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, s'était constituée partie civile.
 
Réprimés pour affichage de faux agrément, les deux responsables de ces écoles sont surtout considérés comme des animateurs de deux antennes déguisées de l'Eglise de scientologie.
 
Arlette Sanguinetti, directrice de l'Ecole de l'Eveil, a été condamnée à 30'000 francs d'amende pour publicité mensongère.

Index - décisions de justice

 

Documents vidéo sur les abus de la secte de scientologie

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Témoignage de
Jean-Luc Barbier
LE GRAVIS
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CH - 2900 Porrentruy 2
 
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