L'Eglise de scientologie en Hollande

Escroqueries et Scientologie aux Pays-Bas - Les tonnes d'argent amassées par le discret Thomas G. (Det Parool - 14 janvier 2004)

 
Escroqueries et Scientologie aux Pays-Bas
Les tonnes d'argent amassées par le discret Thomas G.
 
Det Parool, 14 janvier 2004, par Bart Middelburg
[texte original]
 
Non seulement l'église hollandaise de scientologie a perdu une fameuse part de ses membres, mais pire, les adeptes de la secte ne se gènent pas pour s'escroquer entre eux au moyen de toute sorte de sociétés. "L'église" penche fortement vers la fraude mutualisée... il leur est en effet interdit de se poursuivre en justice devant les tribunaux civils. C'est le cas pour Thomas G.
 
En dehors du fait qu'il possède une Mercédès excessivement chère, Thomas G. n'a pas franchement l'air de l'escroc inné. "Au contraire", explique un homme d'affaires qui s'est fait avoir de quelques centaines de milliers d'euros. Ils n'ont carrément pas l'air de criminels de base. Ils vous parlent d'église, et ont tout l'air fort respectables. Ils flottent d'ailleurs dix centimètres au-dessus du sol... pas moyen d'avoir une conversation sensée avec eux. Mais pendant ce temps-là, vous vous faites refaire - yeux grand ouverts."
 
A la fin des années 90, Thomas G. a fondé Source Business Administration GmbH, à Baar, en Suisse. En dehors du fait que Thomas G. bénéficie des deux nationalités hollandaise et suisse, ses frères et soeurs et d'autres scientologues travaillaient dans la même affaire. Les documents expliquent que Source Business Administration travaille dans "le management et les relations publiques". Les camarades adeptes précisent: "en réalité, G. pratiquait un business très différent, consistant à développer des plans en apparence sérieux et profitables, en extrayant autant d'argent que possible de toute sorte de provenances, mais, une fois muni de l'argent, il disparut complètement.
 
On avait assisté à une véritable cascade de SARL hollandaises; Source Business avait une filiale à 100 %, Survive Group bv à Den Bosch; Survive Bv avait une filiale Eurotrade Bv à Roermond, Eurotrade une filiale Orangeclub Beheer Bv à Oss, et Orangeclub Beheer avait sa filiale KeepShape Bv à Oss... La direction de toutes ces sociétés était entre les mains d'amis et de la famille de G, généralement scientologues.
 
Le scientologue hollandais Johan (mieux vaut éviter de mentionner son nom) fut engagé pour tenir le rôle de "OES" ce qui signifie [dans le jargon scientologue, ndt] Secrétaire Exécutif d'Organisation - pour l'affaire "Source". Thomas G. et Johan firent connaissance au Centre des Célébrités de Rhénanie - autre centre d'entraînement scientologue exactement aussi coûteux que celui de Düsseldorf. "A l'époque, je croyais vraiment qu'il s'agissait d'une organisation de bonne foi, surtout en raison du fait que lui et sa famille étaient aussi des scientologues," explique Johan.
Principal actionnaire
 
En 2000, Thomas G, agissant en tant que principal actionnaire de Source Business Administration, élabora un plan destiné à créer une chaîne de centres de remise en forme, sous l'égide de Survive Group Pays-Bas. Il nomma l'employé de Den Bosch, Jan van Mastricht (qui n'est pas scientologue) comme directeur de Survive, et, en coopération avec PriceWaterhouseCoopers, élabora un plan destiné à attirer des investisseurs (le traducteur de hollandais à anglais signale ici que cela aurait rapporté quelques 400 millions d'euros).
 
OrangeClub Keep Shape était supposé représenter le premier maillon de cette chaine de remise en forme. Ils louèrent un espace coûteux, après que la famille Van der Goor l'ait rebâti et transformé en centre sportif. Ils recrutèrent cinq employés, firent beaucoup de publicité, et le nombre de clients s'accrut rapidement. Le groupe OrangeClub recruta par exemple comme clients tout le personnel de l'organisation AKZO à Oss.
 
Toutefois, d'après les gens impliqués, OrangeClub Bv ne paya jamais ses loyers, G. recueillant chaque semaine l'argent des cotisations, pour finalement laisser le groupe imploser, poursuivi par des tas de créditeurs.
 
"J'attendais sans cesse mon loyer, si bien que j'ai fini par les jeter à la porte", explique Harry Van de Goor. Tout ça faisait très cinéma; Thomas G parquait sa grosse Mercédès devant ma porte, puis ils s'amenaient tous pour déboucher une bouteille de champagne sous nos yeux. Tout le monde riait, ce gars-là n'avait pas du tout l'air de cacher quoi que ce soit. Il a fait son esbrouffe, a piqué l'argent, et a disparu. Officiellement, c'est le frère de G. qui dirigeait, mais il n'avait pas grand'chose à dire: c'est Thomas G. qui tirait les ficelles.
Taux...
 
M. Van de Goor tenta de nouveau de récupérer son argent. "J'ai finalement renoncé; pas moyen de mettre la pression où que ce soit, ce sont donc 350000 euros qui disparurent. J'ai même cherché chez son revendeur Mercédès en Allemagne, et la même chanson revint : il avait payé la première traite - et avait disparu.
 
Des employés font aussi partie des créditeurs: ils ne furent pas payés durant une longue période; le fisc n'encaissa pas non plus les taxes et impôts, et le directeur Jan van Masstricht ne toucha pas ses primes... ni ses salaires.
 
Fin 2002, Orangeclub Keep Shape fut mis en faillite, et de suite après, ce fut le tour de la société de holding "Eurotrade".
 
Essayant encore d'obtenir son argent, Van Maastricht attaqua Source Business au tribunal civil , sans plus de succès. Le tribunal condamna l'entreprise faillie à règler 20000 euros de salaires... "Mais je n'eus jamais rien", explique Van Maastricht. "J'essaie de retrouver ce Thomas G., mais il va de soi qu'il se cache bien."
 
Le curateur de la faillite, Maître A. van Zandvoort de Oss, explique "qu'il ne restait rien à partager." La faillite dépassait les centaines de milliers d'euros, et je n'obtins pas un sou. Je fus passablement surpris en tant que curateur que certaines personnes - c'est le mot qu'il faut ici - puissent être aussi naïves.
 
Le scientologue Johan, ancien Officier Secrétaire d'Organisation de Source Business, exigé aussi des centaines de milliers d'euros, en salaires impayés et en sommes directement versées ... à la secte. Puisque G. ne lui avait pas payé des mois de salaires, Johan ne pouvait remboursr ses emprunts, ce qui amena l'huissier à sa porte pour saisisr ses biens - puis il fut mis dehors de chez lui.
 
Le problème ici, c'est qu'un scientologue n'a pas le droit de porter plainte au tribunal contre un autre scientologue: cela permet à "l'église" de ne pas exposer son linge sale. Pour les actes criminels ( y compris le viol de mineurs - ou les disputes judiciaires) les adeptes hubbardites ont leurs propres tribunaux, par exemple des "Cours d'Ethique", tribunal pour Cadres" et les "Comités d'Evidence".
 
C'est ainsi que Johan continue à estimer la scientologie en partie responsable de ne pas avoir combattu les pratiques d'escroquerie de Thomas G. "L'éthique scientologue créée une situation empèchant d'aller devant les tribunaux pour obtenir son dû, c'est pourquoi j'estime qu'ils doivent payer les pots cassés."
L'aide apportée...
 
C'est une chose. Mais par ailleurs, la scientologie aide et défend l'escroc: ils connaissent en détail toutes ses pratiques, mais ne firent pourtant rien, tant qu'il ramenait l'argent... Il acheta par exemple 10 électromètres (le détecteur de mensonge qu'utilise la secte) à 20000 dollars pièce. Il paya de l'entraînement pour lui et sa famille à la scientologie Floride [le QG "technique" mondial de la secte], ainsi que sur le navire d'entraînement scientologue "Freewinds" qui navigue aux Caraïbes. Lui et sa famille sont en outre des "donateurs" à la scientologie; les gens de Source Business étaient scientologues; et tout le staff d'Orange Club devait passer en entraînement au Centre des Célébrités scientologue de Düsseldorf, et ainsi de suite."
 
Johan exigea , dans plusieurs courriers et mails, que la secte lui paie les dommages encourus - ce qui finit par porter ses fruits, la scientologie lui règlant alors plusieurs dizaines de milliers d'euros.
 
En dehors du sentiment de responsabilité vis-à-vis des problèmes que rencontrèrent Johan et d'autres, la peur joua aussi un rôle important : une peur que le ministère de la justice et les autorités fiscales ne considèrent tôt ou tard les méthodes d'escroc de "G." et la secte comme une seule et même chose, et que ces autorités débarquent dans l'Org scientologue, le QG de la secte à situé Nieuwezijds Voorburgwal , à Amsterdam...
 
De bakken geld van sluwe Thomas G.
BART MIDDELBURG
 
 
De Scientology Kerk Nederland verliest niet alleen massaal leden, maar volgelingen van de sekte schromen ook niet elkaar en ongelovigen via allerlei bv'tjes voor tonnen op te lichten. De 'kerk' leent zich dan ook bij uitstek voor onderlinge oplichting: het is scientologen ten strengste verboden elkaar voor de rechter te slepen. Een reconstructie van de zaak-Thomas G.
 
Even afgezien van zijn Mercedes van twee ton: echt ogen als een doorgewinterde oplichter doet Scientoloog Thomas G. niet. ''Integendeel,'' zegt een zakenman die door G. een paar ton lichter is gemaakt. ''Ze zien er beslist niet uit als ruige criminelen. Ze praten over de kerk, over kindertjes, heel zoetsappig en braaf allemaal. Ze zweven ook tien centimeter boven de grond: er is geen concreet gesprek mee te voeren. En intussen laten ze je er met open ogen in lopen.''
 
Eind jaren negentig richtte Thomas G. Source Business Administration Gmbh op, gevestigd in het Zwitserse Baar. Behalve G. (die zowel de Nederlandse als de Zwitserse nationaliteit heeft) figureerden ook broers en zusters van hem in het firmaatje, eveneens Scientologen. Op papier richtte Source Business zich op 'management and public relations', in werkelijkheid houdt G. er een heel andere core business op na, zeggen collega-gelovigen: schijnbaar serieuze en lucratieve plannen ontwikkelen, daarmee inks en rechts zo veel mogelijk geld zien los te peuteren, en dan - met het geld - spoorloos verdwijnen.
 
Aan Source werd vervolgens een kerstboompje aan Nederlandse bv's geplakt: Source kreeg als honderd-procentdochter Survive Group bv in Den Bosch, Survive kreeg als dochter Eurotrade bv in Roermond, Euro-trade kreeg als dochter Orangeclub Beheer bv in Oss,en Orangeclub Beheer kreeg Orangeclub Keep Shape bv in Oss. Het management van al die bedrijfjes kwam ook in handen van vrienden en familie van G., meestal Scientologen.
 
De Nederlandse Scientoloog Johan ('liever geen achternaam') werd aangetrokken als 'OES', oftewel Organization Executive Officer van Source Business. Thomas G. en Johan hadden elkaar leren kennen op het Celebrity Centre Rheinland, een even prijzig als elitair opleidingscentrum van Scientology in D¸sseldorf. ''Ik dacht toen nog echt dat het een bonafide club was, helemaal omdat hij en zijn familie ook bij Scientology zitten,'' aldus Johan.
Grootaandeelhouder
 
Als grootaandeelhouder van Source Business ontwikkelde Thomas G. in 2000 het plan via de Survive Group in Nederland een keten aan fitnesscentra uit de grond te stampen. Hij benoemde de Bosschenaar Jan van Maas-tricht (geen Scientoloog) tot directeur van Survive, en in samenwerking met adviesbureau Price Waterhouse Coopers ontwikkelde hij een businessplan dat investeerders over de streep moest trekken. De Orangeclub Keep Shape in Oss moest het eerste fitnesscentrum in de reeks worden.
 
Van de familie Van de Goor in Oss, eigenaar van een garagebedrijf, werd vervolgens een kapitale ruimte gehuurd, nadat die door de Van de Goors eerst voor circa drie ton (nog in guldens) was verbouwd tot sportruimte. Er werd vijf man personeel ingehuurd, er werd volop geadverteerd en het klantenbestand groeide enige tijd gestaag; de Orangeclub Keep Shape kreeg bijvoorbeeld de voltallige personeelsvereniging van Akzo-Organon in Oss als klant.
 
Huur betaalde de Orangeclub bv echter niet, de contributiegelden werden volgens betrokkenen wekelijks door G. opgehaald en uiteindelijk liet hij de zaak ploffen, met achterlating van een reeks schuldeisers.
 
''Ik ontving steeds maar geen huur, dus op een gegeven moment heb ik ze eruit gezet,'' zegt Harry van de Goor. ''Dat was ook net een film. Die G. zette z'n Mercedes pontificaal op de stoep, en vervolgens hebben ze met z'n allen op straat een grote fles campagne opengetrokken. Dat was puur even iedereen uitlachen, die jongen deinst nergens voor terug. Even indruk maken, geld aftroggelen, en weer wegwezen. Officieel was een broer van G. directeur, maar die had niks te vertellen: die G is degene die aan de touwtjes trekt.''
Termijnen
 
Van de Goor heeft nog wel geprobeerd wat van zijn geld te achterhalen. ''Maar daar ben ik mee gestopt. Er was gewoon nergens een vinger achter te krijgen, dus ik ben voor ruim drieÎenhalve ton het schip in gegaan. Ik heb ook nog navraag gedaan bij de Duitse dealer waar-ie z'n Mercedes heeft gekocht, maar dat was hetzelfde liedje: hij had daar ÈÈn of twee termijnen betaald en daarna hadden ze nooit meer iets van hem gehoord.''
 
Tot de schuldeisers behoorden onder anderen ook het personeel, dat lange tijd niet betaald werd, de belastingdienst, aangezien geen loonbelasting en premies werden afgedragen, en directeur Jan van Maastricht, die ook nooit salaris heeft gehad.
 
Uiteindelijk werd de Orangeclub Keep Shape vorig jaar failliet verklaard; korte tijd later gebeurde hetzelfde met 'moedermaatschappij' Eurotrade.
 
In een poging alsnog zijn geld te krijgen, spande Van Maastricht een civiele procedure aan tegen Source Business, en met succes: de rechtbank Den Bosch veroordeelde Source tot betaling van 20.000 euro aan achterstallig salaris. ''Maar dat geld heb ik nooit gehad,'' aldus Van Maastricht. ''Ik ben op zoek naar die Thomas G., maar die is natuurlijk spoorloos.''
 
De curator in het faillissement van Orangeclub Keep Shape, advocaat A. van Zandvoort uit Oss, bevestigt dat bij de bv 'niks meer te halen' viel. ''Het faillissement liep in de tonnen, en daar heb ik geen cent van terug kunnen vinden. Het heeft me als curator ook wel een beetje verbaasd dat sommige mensen zo - om maar eens een passende term te gebruiken - goedgelovig konden zijn.''
 
Scientoloog Johan, gewezen Organization Executive Officer van Source Business, claimt eveneens tonnen: aan achterstallig salaris, en aan betalingen die hij rechtstreeks aan de sekte heeft gedaan. Aangezien G. hem maandenlang geen salaris betaalde, kon Johan leningen niet meer aflossen, met als gevolg deurwaarders, beslagleggingen en zelfs een huisuitzetting.
 
Probleem bij zijn claim is echter dat scientologen elkaar niet mogen 'berechten', ofwel procedures tegen elkaar voeren: zo houdt de sekte de vuile was binnen. Voor misdrijven (zelfs als het gaat om seksueel misbruik van kinderen) en juridische geschillen hebben de volgelingen van L. Ron Hubbard eigen rechtbanken, zoals de Court of Ethics, de Executive Court, en het Committee of Evidence.
 
Mede om die reden houdt Johan de Scientology Kerk deels aansprakelijk voor de uitdagende oplichtingspraktijken van Thomas G. ''De ethics van Scientology maken dat ik niet tegen hem kan procederen om m'n geld terug te krijgen, dus dan moeten ze daar ook maar de consequenties van dragen.''
Hand boven het hoofd
 
''Dat is ÈÈn, maar bovendien houdt de kerk hem al jaren de hand boven het hoofd: ze weten van de hoed en de rand van zijn praktijken, maar ze ondernemen steeds maar niets, omdat hij het geld natuurlijk wel met bakken tegelijk binnen brengt. Hij koopt zo tien E-meters (de zelf ontworpen leugendetectoren die Scientology gebruikt - bm) van 20.000 dollar per stuk; hij betaalt opleidingen van hemzelf en familieleden in Florida, en op The Freewinds, een opleidingsschip in het Caribisch gebied; hij en z'n familie zijn ook donateurs van Scientology; de mensen bij Source Business waren allemaal scientoloog; al het personeel van de Orangeclub moest steeds op cursus bij het Celebrity Centre in D¸ssel-dorf - en ga zo maar door.''
 
In diverse brieven en mails aan Scientology heeft Johan de sekte gemaand hem schadeloos te stellen, met als resultaat dat de top van de 'kerk' hem kort geleden een 'schadevergoeding' van enkele tienduizenden euro's heeft aangeboden. ''Veel te weinig natuurlijk, maar het toont dat ze zich wel medeverantwoordelijk voelen. Ik weet dat ze ontzettend met G. in hun maag zitten en grote druk op hem uitoefenen.''
 
Behalve een gevoel van aansprakelijkheid voor de problemen waarin Johan en anderen verzeild zijn geraakt, speelt daarbij overigens ook angst een rol: de angst dat ook justitie en/of de belastingdienst de oplichtingspraktijken van G. vandaag of morgen gaan vereenzelvigen met de sekte zelf, en besluiten maar eens een inval te doen bij de 'Org', het hoofdkantoor van Scientology aan de Amsterdamse Nieuwezijds Voorburgwal.
 
Zie ook: Dossier Scientology Kerk Amsterdam
© Het Parool, 14-1-2004