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La
justice dissout la branche grecque de l'Eglise de
scientologie
- Le
Nouveau Quotidien, 21 janvier 1997
- [Texte
intégral]
Accusant
le «Centre de philosophie appliquée» d'opérer un
véritable lavage de cerveau sur ses membres, le
préfet d'Athènes et l'Eglise orthodoxe ont tranché.
La
justice grecque a ordonné la dissolution de la branche
grecque de l'Eglise de scientologie, baptisée KEPHE,
a-t-on appris hier de source judiciaire.
Cette
décision fait suite à un procès intenté le 7 octobre
1996 à la suite d'une plainte du préfet d'Athènes,
soutenu par l'Eglise orthodoxe de Grèce et accusant
le KEPHE - «Centre de philosophie appliquée» - «de
s'être transformée en centre de prosélytisme».
Cette
association «a comme unique objectif de trouver
des membres qu'elle soumet à un véritable lavage
de cerveau pour fabriquer des êtres sans volonté»,
souligne le tribunal d'Athènes qui a rendu cette
décision.
«En
réalité, cette association injurie l'essence même
de l'Homme puisqu'elle oblige ses membres à modifier
leur personnalité et leur comportement», poursuit
le tribunal, cité par cette même source.
Le
tribunal estime par ailleurs que «le KEPHE ne peut
pas assimiler cette dissolution à une violation
de la liberté de culte puisque, dans ses statuts,
il apparaît comme étant un Centre de philosophie
et non une religion».
Le
préfet d'Athènes, Dimitris Efstathiadis, avait ordonné
l'ouverture d'une enquête après une pétition signée
par plus de quatre mille personnes, dont de nombreux
parents de jeunes adhérents du KEPHE, qui deman-
daient son intervention.
Durant
le procès, un responsable de l'Eglise orthodoxe
de Grèce, qui estime que l'Eglise de scientologie
fait partie des nombreuses «sectes et hérésies»
qu'elle combat, avait demandé la fermeture du centre,
estimant que la jeu- nesse de Grèce était en danger.
La cour avait mis sa décision en délibéré le 20
décembre 1996. Elle a prononcé son jugement le 16
janvier sans toutefois le rendre public, a-t-on
précisé de même source
Au
début du procès, la présidente du KEPHE, Katie Diamantara,
avait déclaré : «Nous servons notre religion qui
est la scientologie. Le KEPHE ne peut pas être sanctionné
pour ses opinions.» Lors d'une récente conférence
de presse, Mme Diamantara, assistée d'un expert
en graphologie, avait soutenu qu'à la suite d'un
examen minutieux effectué par le KEPHE et un graphologue,
la pétition à l'origine du procès «n'avait pas été
signée par 4000 person- nes, une même personne ayant
signé plusieurs fois».
Le
KEPHE, fondé en 1983, compterait 1000 membres actifs,
et près de 7000 autres personnes auraient participé
au minimum à un séminaire de l'association.
AFP
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