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Scientologues visés dans la faillite d'un ex-adepte
 
Le Tribune de Genève, ? mai 1997
[Texte intégral]
Décision de poids de la part de l'Office des poursuites et faillites qui a porté à l'inventaire
de la masse en faillite une créance de plus d'un million de francs
 
La vie se complique pour les scientologues. Après avoir essuyé deux condamnations en diffamation (notre édition du 22 avril) - qu'ils se disent prêt à contester jusqu'à la Commission Européenne des Droits de l'Homme pour «violation de leur liberté de parole et de religion» - ils sont maintenant visés dans le cadre de la faillite, en 1995, d'un ex-adepte de la secte.
 
Le GPFI (Groupement pour la protection de la famille et de l'individu) vient en effet d'obtenir de l'Office des poursuites et faillites que la scientologie soit colloquée parmi les débiteurs. Le gestionnaire de la faillite doit porter à l'inventaire de la masse une créance de 1'331'594 francs à l'encontre de l'Eglise de scientologie.
 
«Mon client espère que cette décision, qui devrait être une première, encouragera d'autres personnes lésées à réagir», commente Me Robert Assaël, l'avocat du président du GPFI, François Lavergnat. Pour ce dernier, la décision de l'office est une nouvelle victoire dans son long combat contre les dérives sectaires. «En aucun cas les créanciers n'ont à faire les frais d'une faillite au profit de l'Eglise de scientologie.» Le directeur de l'Office Rhône-Arve, Jean-Jacques Notzli, ne tient pas à commenter cette affaire.
 
II fait uniquement remarquer que «l'administration d'une masse en faillite n'agit que dans l'intérêt de l'ensemble des créan- ciers.» La créance n'a pas eccore été réclamée au débiteur. Christian Bösiger, porte-parole de l'Eglise de scientologie genevoise, ignore à quoi correspond cette somme de 1,3 million. Réponse du président du GPFI: «A deux titres de patron (un grade de l'Association internationale des scientologues, ndlr.) payés en 1989 pour 350'000 dollars, soit à l'époque 525'000 francs suisses, ainsi qu'à 250'000 francs de cours, sans compter les intérêts.»
 
On s'en doute, la scientologie ne va pas ouvrir facilement son porte­monnaie. «il s'agit encore d'une action de François Lavergnat, qui nous utilise afin de régler un différend familial. De toute manière, un règlement est déjà intervenu avec la personne mise en faillite», affirme Jürg Stettler, porte-parole de l'Eglise de scientologie suisse. Le montant de la transac- tion ? Affaire privée: M. Stettler certifie que «l'Eglise produira auprès de l'office tous les documents demandés afin de clarifier cette situation».
 
Dans une semaine, le conseiller d'Etat Gérard Ramseyer présentera les différents projets de loi nés de l'audit sur les déri- ves sectaires, publiés en février dernier. Parmi eux, la création d'un centre d'information sur les groupements à caractère religieux, spirituel et ésotérique, ainsi que la possibilité pour les associations de défense des familles et des individus de se constituer partie civile.
 
Valérie Duby
 
Accusés d'être responsables d'une faillite, les scientologues se rebutent
 
Le temps, 9 mai 1997
[Texte intégral]
L'Office des poursuites de Genève admet que l'engagement dans une secte puisse
être à l'origine d'une débâcle financière. Une première.
 
Manuella MAGNIN
 
L'année 1997 a commencé sous d'excellents auspices pour François Lavergnat. Ce Genevois, président du Groupement de protection de la famille et des individus (GPFI), vient de remporter une nouvelle bataille contre les scientologues. L'Office des poursuites et faillites de Genève a en effet demandé au gestionnaire de la faillite d'un ex-scientologue - qui fut le patron de la plus grande entreprise de fleurs coupées du canton - de porter à l'inventaire de la masse une créance de 1'331'594 francs à l'encontre de l'Eglise de scientologie.
 
En clair, l'Office accepte d'envisager l'hypothèse que la secte puisse être responsable de la faillite de l'ex-adepte, quand bien même il n'est pas en possession de quittances attestant des versements de l'ancien scientologue et de son épouse. «La déclaration d'un créancier ou d'un personne tierce suffit», explique le préposé Jean-Jacques Notzli.
 
Pour François Lavergnat, si l'ex­adepte et son épouse ont dû déposer le bilan de leur société, c'est parce qu'ils ont dépensé 350'000 dollars, soit 525'000 francs en 1989 pour obtenir le titre de «Patrons de la scientologie». A ces montants, il convient d'ajouter 250'000 francs pour atteindre en 1988 le niveau de Clear. On augmentera encore ces sommes des intérêts cumulés et capitalisés jusqu'en 1997.
Les ex-adeptes remboursés s'engagent a se taire
 
Porte-parole de la scientologie en Suisse, Jürg Stettler n'entend pas en rester là : «Pour l'heure, nous n'avons reçu aucun commandement de payer. Mais si ce devait être le cas, nous ferions opposition. Nous avons remboursé ce monsieur. Nous le prouverons. Il s'agit encore une fois du même différend de famille qui nous oppose à M. Lavergnat et à ses proches, ex­membres de l'Eglise.»
 
Quoi qu'il en soit, l'affaire risque bien de finir devant les tribunaux car François Lavergnat est déjà prêt à riposter: «Si l'ex-adepte et son épouse ont été remboursés, alors nous accuserons les scientologues de leur avoir fait commettre un acte illégal en cachant l'argent. Car faillite et dépôt de bilan il y a eu. Pour un trou de 14'000 francs.»
 
Et François Lavergnat d'évoquer les conventions que les sciento­ogues font signer aux ex-adeptes au moment de leur verser l'argent réclamé. Ces derniers doivent s'engager à cesser toute action contre l'Eglise. En gros, ils promettent de se taire.
 
Avocat du président du GPFI, Me Robert Assaël pense que la prise de position de l'Office devrait encourager les personnes qui s'estiment lésées par les sectes à agir. Les scientologues ont, eux, le sentiment que Genève mène une véritable croisade contre eux.
 
Récemment, deux membres de l'Eglise ont été condamnés par ordonnance du procureur général pour diffamation à l'encontre de François Lavergnat. Ils ont d'ailleurs annoncé hier qu'ils faisaient opposition à cette condamnation et entendent demander au Tribunal fédéral que cette affaire soit jugée dans un autre canton.
 

     «Ron Hubbard, le gourou démasqué»

 

Ce livre de Russell Miller révèle la face cachée de l'église de scientologie. On y découvre un Ron Hubbard, malade, mythomane et poursuivi par la justice. Il est disponible en format pdf ou html sur notre site. Nous avons également publié une version résumée.

 

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Ces reportages vidéo dénoncent les dangers de la thérapie de scientologie. La scientologie est une nébuleuse sur laquelle ont enquêté de nombreux journalistes. Il suffit de répondre une fois à un questionnaire pour recevoir des prospectus et des invitations. Au départ elle peut même paraître séduisante mais très rapidement les premières dérives apparaissent.

 

Témoignage de Jean-Luc Barbier

       

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